{"id":2540,"date":"2014-09-28T01:03:34","date_gmt":"2014-09-28T01:03:34","guid":{"rendered":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/?p=2540"},"modified":"2014-09-28T03:45:29","modified_gmt":"2014-09-28T03:45:29","slug":"ballade-a-travers-le-centre-ville-de-tunis-de-lavant-independance-du-passage-au-belvedere","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/ballade-a-travers-le-centre-ville-de-tunis-de-lavant-independance-du-passage-au-belvedere\/","title":{"rendered":"Ballade \u00e0 travers le centre-ville de Tunis de l\u2019avant-Ind\u00e9pendance &#8211; Du Passage au Belv\u00e9d\u00e8re"},"content":{"rendered":"<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tBallade &agrave; travers le centre-ville de Tunis de l&#39;avant-Ind&eacute;pendance &#8211; Du Passage au Belv&eacute;d&egrave;re<\/p>\n<p>\n\tTahar Melligi<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tNous sommes au mois de juin 1955. La Tunisie vit une profonde mutation avec le passage vers l&#39;Ind&eacute;pendance qui se profile &agrave; l&#39;horizon apr&egrave;s l&#39;interminable et oppressante nuit coloniale.<\/p>\n<p>\n\tAu Th&eacute;&acirc;tre municipal<\/p>\n<div class=\"google_ad float-left\" id=\"google_inset_a\">\n<p>\n<!-- open google_inset_a div ---><!-- Display Google AdManager Ad for 'AllAfrica_Story_InsetA'--><script><\/script><script><\/script>\t<\/p>\n<p>\n\t\t<br \/>\n\t\t<span class=\"Apple-style-span\">Au Th&eacute;&acirc;tre municipal de Tunis, la troupe &eacute;gyptienne &laquo;Rams&egrave;s&raquo;, dirig&eacute;e par le doyen du th&eacute;&acirc;tre et du cin&eacute;ma arabe, Youssef Wahby, se produisait. J&#39;en garde un profond sentiment d&#39;enchantement. J&#39;avais, en effet, sous les yeux, des monstres sacr&eacute;s du 4e art arabe : Youssef Wahby, Amina Rezk, Fakher Fakher (qui n&#39;est autre que le p&egrave;re de la charmante com&eacute;dienne H&eacute;la Fakher), Afef Chaker (la soeur de la cantatrice Chadia) et l&#39;in&eacute;galable Taoufik Dakn lequel faisant ses premi&egrave;res armes dans un univers o&ugrave; il allait percer.<\/span><\/p>\n<p>\n\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t<span class=\"Apple-style-span\">On avait alors jou&eacute; quelques pi&egrave;ces de l&eacute;gende Khafaya Al Qahira (Les dessous du Caire), Awled echawaraa (Les enfants de la rue), Al ma&iuml;da al khadhra (La table verte).<\/span><\/p>\n<\/div>\n<p>\n\tC&#39;est &eacute;galement dans les ann&eacute;es 50 que le sublime F&eacute;rid Latrache d&eacute;barque &agrave; Tunis en compagnie de Samia Gamal, la gracieuse danseuse voluptueuse, et du fantaisiste libanais Elyas Moaddeb.<\/p>\n<p>\n\tAutres figures mythiques &agrave; s&#39;&ecirc;tre produites nagu&egrave;re sur les planches du Th&eacute;&acirc;tre municipal : Na&iuml;ma Akef, le t&eacute;nor Mohamed Abdelmotaleb, celui qui use de sa voix de stentor &agrave; au moins un m&egrave;tre du micro, l&agrave; o&ugrave; d&#39;autres ont besoin d&#39;y coller leur bouche, et la chanteuse syrienne Nourh&egrave;ne. Ce dernier concert a co&iuml;ncid&eacute; avec une grande date de l&#39;histoire de la Tunisie. En effet, le 18 janvier 1952 &eacute;clatait des manifestations de grande envergure, amenant l&#39;arrestation du leader Habib Bourguiba et sa d&eacute;portation &agrave; l&#39;&icirc;le de Croix, au large des c&ocirc;tes fran&ccedil;aises.<\/p>\n<p>\n\tDans le feu de ces &eacute;v&eacute;nements tragiques, beaucoup de Tunisiens ont pr&eacute;f&eacute;r&eacute; tout simplement boycotter le gala.<\/p>\n<p>\n\tAli Riahi, bon chic<\/p>\n<p>\n\tEn ce temps-l&agrave;, le Casino de Tunis attenait au Th&eacute;&acirc;tre municipal. Ce sont surtout les Fran&ccedil;ais qui s&#39;y retrouvaient. Ali Riahi, bon chic, s&#39;installait &agrave; une table donnant sur l&#39;ext&eacute;rieur (la cloison &eacute;tait vitr&eacute;e) et saluait de son coin, avec son sourire distinctif, les passants.<\/p>\n<div class=\"google_ad float-right\" id=\"google_inset_b\">\n<p>\n<!-- open google_inset_b div ---><!-- Display Google AdManager Ad for 'AllAfrica_Story_InsetB'--><script><\/script><script><\/script>\t<\/p>\n<p>\n<!-- -------------- Advertising.com ------ AllAfrica Inc - AllAfrica 180x150 - 768910 - (180x150) ------------ --><script><\/script><script><\/script><!-- ---------- Copyright 2009, Advertising.com ---------- -->\t<\/p>\n<p>\n<script><\/script><script><\/script><!-- Template Id = 16,556 Template Name = Banner Creative (Flash) - In Page - AK\/DV - Moxie (July2011) --><!-- Template Id = 15,546 Template Name = Banner Creative (Flash) - In Page - AK\/DV - Moxie (AK First) --><script><\/script>\t<\/p>\n<div>\n<p>\n\t\t\t&nbsp;<\/p>\n<\/p><\/div>\n<p>\n\t\t<img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" border=\"0\" height=\"1\" src=\"http:\/\/d.agkn.com\/pixel!t=650!?ct=US&amp;st=CA&amp;ac=213&amp;zp=90011&amp;bw=3&amp;dma=195&amp;city=13318&amp;che=2770897&amp;uuid=2461347080296202391&amp;camid=5645623&amp;plaid=66863458&amp;creid=43524236&amp;adgid=243054538\" width=\"1\" \/><!-- end AK code --><\/p>\n<\/div>\n<p>\n<!-- close google_inset_b div ---><\/p>\n<p>\n\tAvenue de Carthage, avant le Palmarium, vous trouverez une bo&icirc;te de nuit souterraine (le Caveau). Trois petites marches de marbre &agrave; franchir et vous voil&agrave; introduit dans un haut lieu des plaisirs nocturnes.<\/p>\n<p>\n\tA l&#39;angle des avenues Jules-Ferry (Habib-Bourguiba aujourd&#39;hui) et Carthage, l&#39;imposant Caf&eacute; de Paris qui &eacute;tait fr&eacute;quent&eacute; essentiellement par les colons puis, l&#39;h&ocirc;tel Le Capitole, tout &agrave; c&ocirc;t&eacute; du caf&eacute; de Paris. A son rez-de-chauss&eacute;e, un caf&eacute; tenu par M. Ali Azzouni, et une salle de cin&eacute;ma nagu&egrave;re sp&eacute;cialis&eacute;e dans le genre de films &agrave; suspense, tels que L&#39;homme qui en savait trop avec James Stewart, Doris Day et Daniel Gelin (1956). Psychose avec Anthony Perkins, Vera Miles et John Gavin (1956 &eacute;galement). La mort aux trousses (1960) et Les oiseaux (1963) avec Tippi Hedien, tous des chefs- d&#39;oeuvre tourn&eacute;s par le gigantesque Alfred Hitchcok.<\/p>\n<p>\n\tBrik aux pommes de terre<\/p>\n<p>\n\tNous sommes donc dans les ann&eacute;es 1940 et 1950. Nos pas nous emm&egrave;nent &agrave; Tunis-Marine. Tunis-Soir a install&eacute; ses imprimeries de ce c&ocirc;t&eacute;-l&agrave;. Tout comme le caf&eacute;-bar &laquo;El Prado&raquo;.<\/p>\n<p>\n\tPuis, un grand saut vers le Passage o&ugrave; vous ne pouvez vous soustraire &agrave; l&#39;attrait de &laquo;L&#39;Ecran&raquo;, une salle de cin&eacute;ma o&ugrave; nous avions vu pour la premi&egrave;re fois Taxi El Gharam (Le taxi des amourettes), le long m&eacute;trage du grand Abdelaziz Mahmoud. Celui-ci y interpr&egrave;te une chanson du m&ecirc;me nom&#8230; Lahn El Wafa (Le chant de la fid&eacute;lit&eacute;), le premier film de Abdelhalim Hafez, &agrave; ses c&ocirc;t&eacute;s Chadia, et Risselet gharam (Lettre d&#39;amour) avec F&eacute;rid Latrache, Myriem Fakhreddine et Kamel Chenaoui en 1954.<\/p>\n<p>\n\tA l&#39;angle du Passage et de la rue de Ghana, une p&acirc;tisserie tenue par un Tunisien de confession juive, et Le caf&eacute; des parasols tenu par le Fran&ccedil;ais Jean Buhajar.<\/p>\n<div class=\"google_ad float-left\" id=\"google_inset_c\">\n<p>\n<!-- open google_inset_c div ---><!-- Display Google AdManager Ad for 'AllAfrica_Story_InsetC'--><script><\/script><script><\/script>\t<\/p>\n<p>\n\t\t<br \/>\n\t\t<span class=\"Apple-style-span\">A c&ocirc;t&eacute; de la station du m&eacute;tro &laquo;La R&eacute;publique&raquo;, un supermarch&eacute; occupait un large espace. Sans oublier un caf&eacute;-bar, Le flor&eacute;al g&eacute;r&eacute; par un juif tunisien, et dont le sous-sol proposait une succulente k&eacute;mia &agrave; base de lablabi et de brik aux pommes de terre. On y consommait la bi&egrave;re Stella &agrave; profusion.<\/span><\/p>\n<p>\n\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t<span class=\"Apple-style-span\">Le Belv&eacute;d&egrave;re<\/span><\/p>\n<\/div>\n<p>\n\tEn 1893, la municipalit&eacute; de Tunis a d&eacute;cid&eacute;, dans le cadre de l&#39;embellissement de la ville, de cr&eacute;er &agrave; partir de l&#39;extr&eacute;mit&eacute; de l&#39;avenue de Paris un jardin public.<\/p>\n<p>\n\tLe m&egrave;tre carr&eacute; valait en ce temps-l&agrave; un quart de franc. Le choix s&#39;est fix&eacute; sur une colline d&#39;oliviers qui repr&eacute;sente le prolongement de l&#39;oliveraie de l&#39;Ariana et de Jebel Lahmar.<\/p>\n<p>\n\tAu d&eacute;part, on avait retenu une superficie de 120 hectares, avant de revoir ce chiffre &agrave; la baisse. L&#39;architecture et le plan g&eacute;n&eacute;ral ont &eacute;t&eacute; confi&eacute;s &agrave; un architecte de la mairie de Paris, sp&eacute;cialiste des jardins et des grands espaces verts. Il a pens&eacute; &agrave; une reproduction des jardins de Boulogne.<\/p>\n<p>\n\tCharles, un agronome de renom qui exer&ccedil;ait dans la r&eacute;gion de Lyon, s&#39;est charg&eacute; de faire pousser cultures et plantes. Un travail qui a dur&eacute; quatorze ans.<\/p>\n<p>\n\tOn donna le nom de Belv&eacute;d&egrave;re &agrave; cette r&eacute;gion en r&eacute;f&eacute;rence &agrave; la beaut&eacute; du site.<\/p>\n<p>\n\tUn casino a &eacute;t&eacute; install&eacute; au coeur du Belv&eacute;d&egrave;re.<\/p>\n<p>\n\tUn lac artificiel a &eacute;t&eacute; cr&eacute;&eacute; permettant aux gens de s&#39;installer &agrave; bord de cette vaste surface d&#39;eau.<\/p>\n<p>\n\tDes p&eacute;pini&egrave;res ont &eacute;t&eacute; cr&eacute;&eacute;es pour renouveler les plantes en tous genres.<\/p>\n<p>\n\tA partir de l&agrave;, on peut avoir une superbe vue sur la ville de Tunis, sur le lac et les jardins de l&#39;Ariana .<\/p>\n<p>\n\tQuartier g&eacute;n&eacute;ral, au Belv&eacute;d&egrave;re<\/p>\n<p>\n\tEn 1942 et 1943, les arm&eacute;es allemande et italienne firent des jardins du Belv&eacute;d&egrave;re leur quartier g&eacute;n&eacute;ral. Le d&eacute;p&eacute;rissement du jardin, qui en r&eacute;sulta lorsque les Alli&eacute;s puis les habitants de la ville eux-m&ecirc;mes particip&egrave;rent &agrave; la destruction du quartier g&eacute;n&eacute;ral, causa la mort de 2.200 eucalyptus, de 930 pins, de 650 oliviers, de 1.100 palmiers, de 3.670 arbres en tous genres et de 12.900 arbustes.<\/p>\n<p>\n\tTous ces chiffres ont &eacute;t&eacute; recens&eacute;s en avril 1944.<\/p>\n<p>\n\tMalgr&eacute; toutes les tentatives de r&eacute;implantation, le Belv&eacute;d&egrave;re ne retrouvera jamais sa richesse d&#39;antan.<\/p>\n<p>\n\tLes d&eacute;penses de reconstruction furent &eacute;valu&eacute;es en 1954 &agrave; 2.540.000 francs.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&nbsp; Ballade &agrave; travers le centre-ville de Tunis de l&#39;avant-Ind&eacute;pendance &#8211; Du Passage au Belv&eacute;d&egrave;re Tahar Melligi &nbsp; &nbsp; &nbsp; Nous sommes au mois de juin 1955. 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