{"id":25959,"date":"2026-09-30T01:41:17","date_gmt":"2026-09-30T01:41:17","guid":{"rendered":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/?p=25959"},"modified":"2026-09-30T02:03:17","modified_gmt":"2026-09-30T02:03:17","slug":"quelques-souvenirs-de-lalliance-de-la-hafsia-1948-1950-par-avraham-bar-shay-version-2","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/quelques-souvenirs-de-lalliance-de-la-hafsia-1948-1950-par-avraham-bar-shay-version-2\/","title":{"rendered":"Quelques Souvenirs de l\u2019Alliance de la Hafsia, 1948-1950, par Avraham Bar-Shay (version 2)"},"content":{"rendered":"<div>\n<div>\n<div>\n<div>\n<div>\n<\/div><\/div>\n<\/p><\/div>\n<\/p><\/div>\n<\/div>\n<hr\/>\n<div>\n<div>\n<div>\n<p><b>\u00a0Parler de l\u2019Alliance et de mon passage l\u00e0-bas entre f\u00e9vrier 48 et d\u00e9cembre 50, ne peut \u00eatre enti\u00e8rement objectif, vue l\u2019importance de ces ann\u00e9es dans l\u2019\u00e9volution de ma vie. Je venais d\u2019arriver du Sud (Gab\u00e8s) vers la Capitale, et tout \u00e9tait nouveau pour moi, m\u00eame l\u2019accent et une partie du langage.<\/b><\/p>\n<p><b>A Tunis, notre vie \u00e9tait devenue plus difficile qu\u2019au Sud o\u00f9 nous avions l\u2019\u00e9lectricit\u00e9 et l\u2019eau courante \u00e0 la maison, ce qui n\u2019\u00e9tait plus le cas. La situation s\u2019est aggrav\u00e9e quand mon p\u00e8re succomba \u00e0 sa maladie 8 mois apr\u00e8s notre arriv\u00e9e, et ma m\u00e8re se retrouva seule sans famille, sans instruction, sans profession, avec 4 enfants dont un \u00e2g\u00e9 de 18 mois et sans aucune ressource. J\u2019avais 11 ans et demi et j\u2019\u00e9tais l\u2019a\u00een\u00e9.<\/b><\/p>\n<p><b>Cette femme tr\u00e8s fi\u00e8re, qui s\u2019ent\u00eatait \u00e0 porter les habits du Sud comme une b\u00e9douine, a du retrousser les manches et travailler comme lessiveuse sur les toits des maisons de Juifs ais\u00e9s, pour nourrir ces 4 gosses. <\/b><\/p>\n<p><b>L\u2019aide de la Communaut\u00e9 \u00e9tait insuffisante et nous manquions beaucoup de choses.<\/b><\/p>\n<p><b>Bien sur qu\u2019il y avait des familles assez ais\u00e9es au ghetto, mais il y avait aussi d\u2019autres enfants a l\u2019Alliance de la Hafsia qui vivaient dans des conditions plus difficiles que la notre. J\u2019ai vite appris de ma m\u00e8re que pauvret\u00e9 ne voulait pas dire mis\u00e8re, mais plut\u00f4t un manque passager de certaines conditions minimales qu\u2019il fallait surmonter en regardant des moins chanceux que soi et que par l\u2019instruction et l\u2019espoir tout s\u2019arrangera dans l\u2019avenir. <\/b><\/p>\n<p><b>Le soir, nous faisions nos devoirs\u00a0 \u00e0 la lumi\u00e8re de la lampe \u00e0 p\u00e9trole, tandis que le petit fr\u00e8re n\u2019avait pas encore fini son repas sur la m\u00eame table. Une seule chambre, \u00e0 peine 6 sur 3 m\u00e8tres, qui servait \u00e0 tous les besoins de 5 personnes. On ne se lavait qu\u2019une fois par semaine, avec de l\u2019eau chauff\u00e9e au Primus. Quand on a un peu grandi, toute la famille devait quitter la chambre quand un des membres faisait sa toilette. <\/b><\/p>\n<p><b>Quand les cours commen\u00e7aient (apr\u00e8s des vacances) au milieu de la semaine, il fallait se baigner la veille, aussi. D\u2019ailleurs il y avait dans le langage parl\u00e9 de l\u00e0-bas une expression sp\u00e9ciale pour la rentr\u00e9e de l\u2019\u00e9cole: \u201cel aa\u2019ssa ouelma skhoun\u201d (le b\u00e2ton et l\u2019eau chaude) <\/b><\/p>\n<p><b> <img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" height=\"310\" src=\"https:\/\/harissa.com\/D_Souvenirs\/images\/clip_image002.jpg\" width=\"376\"\/><\/b><\/p>\n<p><b>La carte ci-jointe montre la location approximative de certaines institutions juives du ghetto. Elles sont indiqu\u00e9es ici, de m\u00e9moire, l\u00e0 o\u00f9 elles \u00e9taient \u00e0 une \u00e9poque d\u2019avant le dessin du plan de ce quartier qui montre les reconstructions r\u00e9centes men\u00e9es par les autorit\u00e9s tunisiennes.<\/b><\/p>\n<p><b> -H-<\/b>\u00a0 Ecole de la Hafsia<\/p>\n<p><b> -OT<\/b>&#8211; Ecole Rabbinique de L\u2019OR-THORA<\/p>\n<p><b> -G-<\/b> Garderie <\/p>\n<p><b> -O-<\/b> L\u2019infirmerie de l\u2019OSE<\/p>\n<p><b> -D.T.-<\/b> Dar-Atqia<\/p>\n<p><b>-Imm.- Les 3 immeubles de recasement\u00a0.<\/b><\/p>\n<h2>L\u2019Ecole<\/h2>\n<p><b>L\u2019\u00e9cole de l\u2019Alliance de la Hafsia se trouvait \u00e0 la limite du quartier Juif de la Hara. Son mur arri\u00e8re donnait sur le quartier arabe. On y entrait par un portail qui \u00e9tait situ\u00e9 \u00e0 la fin d\u2019une impasse qu\u2019on atteignait par la rue Achour. Juste en face de cette impasse et sur la m\u00eame rue Achour se trouvait l\u2019\u00e9cole de l\u2019Or-Thora ou l\u2019enseignement \u00e9tait plut\u00f4t Rabbinique. C\u2019\u00e9tait la que le c\u00e9l\u00e8bre chanteur Asher Mizrah\u2019i recrutait ses enfants de ch\u0153ur.<\/b><\/p>\n<p><b>L\u2019espace qui servait de cour me paraissait assez grand. Je n\u2019ai pu le v\u00e9rifier lors de mon voyage en l\u2019an 2000 a Tunis, tout \u00e9tait en ruines et difficile a voir de l\u2019ext\u00e9rieur.<\/b><\/p>\n<p><b> <img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" height=\"360\" src=\"https:\/\/harissa.com\/D_Souvenirs\/images\/clip_image004.jpg\" width=\"400\"\/><\/b><\/p>\n<p><b>\u00a0(citations d\u2019un article que j\u2019ai publi\u00e9 sur Harissa; dont voici le link)<\/b><\/p>\n<p> <a href=\"https:\/\/harissa.com\/D_Religion\/souvenirsdedeuxsynas.htm\"> https:\/\/harissa.com\/D_Religion\/souvenirsdedeuxsynas.htm<\/a><\/p>\n<p><b> \u201cLes terrains vagues ne manquaient pas \u00e0 la Hafsia. Ils dataient de la premi\u00e8re phase de reconstruction du ghetto de Tunis. Ce projet qui avait commenc\u00e9 sous le Protectorat, a \u00e9t\u00e9 interrompu par la deuxi\u00e8me guerre mondiale. Une partie du quartier a \u00e9t\u00e9 ras\u00e9e et l\u2019on y a construit trois grandes b\u00e2tisses (quatre \u00e9tages et des entr\u00e9es avec cage d\u2019escaliers sur chaque cot\u00e9) au centre de cette plate-forme, laissant ainsi des lots de terrains vagues autour de ces \u2018immeubles de recasement\u2019\u00a0. Ces terrains\u00a0 ont tout de suite trouv\u00e9 leur place dans les activit\u00e9s de la vie communautaire: lieu de rencontre ou souk \u00e0 certaines heures, mini stade de football ou f\u00eate foraine en d\u2019autres jours, etc&#8230;<\/b><\/p>\n<p><b> Les autorit\u00e9s tunisiennes ont repris la d\u00e9molition des maisons du ghetto en 1961, et ont commenc\u00e9 la reconstruction de la\u00a0\u2018premi\u00e8re tranche Hafsia\u2019 dans les ann\u00e9es 70. Le projet avait re\u00e7u le Prix Aga Khan en 1983. La deuxi\u00e8me tranche a aussi re\u00e7u ce prix en 1995. Cette reconstruction n\u2019a malheureusement\u00a0 \u00e9pargn\u00e9 aucune\u00a0 des synagogues du ghetto.\u201d<\/b> (ni l\u2019\u00e9cole de l\u2019Alliance)<\/p>\n<p><b>\u00a0Le b\u00e2timent des classes avait 2 \u00e9tages. La maison du concierge de l\u2019\u00e9cole, qui s\u2019appelait Aiiche (je crois), \u00e9tait \u00e0 droite apr\u00e8s l\u2019entr\u00e9e. On le connaissait surtout parce qu\u2019il vendait des sandwichs durant les r\u00e9cr\u00e9ations. Il vendait des sandwichs tunisiens bien garnis, mais aussi des petits pains imbib\u00e9s d\u2019harissa dilu\u00e9e, qui co\u00fbtaient moins cher.<\/b><\/p>\n<p><b>Il y avait les toilettes et \u00e0 cot\u00e9, si je me rappelle, il y avait une infirmerie o\u00f9 on allait faire soigner ses petits \u2018bobos\u2019 de r\u00e9cr\u00e9ations.<\/b><\/p>\n<p><b> Les classes allaient jusqu\u2019en 1<sup>\u00e8re<\/sup>, qui \u00e9tait la classe du C.E.P. Il y avait, je pr\u00e9sume, entre 8 et 10 classes. C\u2019\u00e9tait une \u00e9cole de gar\u00e7ons. <\/b><\/p>\n<p><b> A Gab\u00e8s, je n\u2019ai rejoins l\u2019Ecole qu\u2019\u00e0 un age avanc\u00e9, apr\u00e8s avoir pass\u00e9 mes premi\u00e8res ann\u00e9es au Kouttab. Mes parents d\u00e9cid\u00e8rent alors \u00ab\u00a0qu\u2019il y avait assez de rabbins dans la famille\u00a0\u00bb, et ils m\u2019envoy\u00e8rent \u00e0 une \u00e9cole Jud\u00e9o-francaise o\u00f9 on n\u2019\u00e9tudiait pas le Shabbat. Il n\u2019y avait pas d\u2019\u00e9cole de l\u2019Alliance Isra\u00e9lite \u00e0 Gab\u00e8s a cause de l\u2019opposition du Grand Rabbin H\u2019aim H\u2019ouri.<\/b><\/p>\n<p><b> Arriv\u00e9 \u00e0 la Capitale, on m\u2019inscrit \u00e0 l\u2019\u00e9cole de l\u2019Alliance la plus proche, celle de la Hafsia. Elle \u00e9tait un \u00e9l\u00e9ment important de mon int\u00e9gration comme enfant tunisois, et un terrain de comp\u00e9tition dans le \u2018parcours\u2019 des meilleurs \u00e9l\u00e8ves, qui d\u2019ailleurs \u00e9tait tr\u00e8s encourag\u00e9e par le syst\u00e8me \u00e9ducatif. La possibilit\u00e9 d\u2019aider d\u2019autres enfants dans leurs devoirs m\u2019emplissait de satisfaction et am\u00e9liorait ma position sociale parmi les autres gosses.<\/b><\/p>\n<p><b> L\u2019age moyen des \u00e9l\u00e8ves \u00e9tait un peu plus \u00e9lev\u00e9 que la moyenne des autres \u00e9coles et se rapprochait du mien, peut \u00eatre parce que certains ont du redoubler.<\/b><\/p>\n<p><b> Il y avait des familles tr\u00e8s pauvres \u00e0 la Hara, mais il y avait aussi des familles ais\u00e9es qui habitaient une grande maison\u00a0 avec entr\u00e9e priv\u00e9e. Ceux qui habitaient les \u2018Immeubles de Recasement.\u2019 n\u2019\u00e9taient pas riches mais n\u2019\u00e9taient pas des n\u00e9cessiteux non plus. <\/b><\/p>\n<p><b> Beaucoup quittaient l\u2019\u00e9cole avant la classe du CEP, g\u00e9n\u00e9ralement ce n\u2019\u00e9tait gu\u00e8re pour raison de pauvret\u00e9, mais parce que l\u2019enfant n\u2019avait plus \u2018la t\u00eate \u00e0 cela\u2019 ou bien qu\u2019il devait aider dans la boutique familiale. Savoir lire, \u00e9crire et compter suffisait a certains parents, ou \u00e9taient-ils\u00a0 peut \u00eatre indiff\u00e9rents pour poursuivre des \u00e9tudes sup\u00e9rieures. C\u2019\u00e9tait, probablement, pour cette raison que la classe finale n\u2019\u00e9tait pas aussi peupl\u00e9e que les classes inf\u00e9rieures.<\/b><\/p>\n<p><b> Le livres<\/b><\/p>\n<p><b> Les \u00e9tudes \u00e0 la Hafsia \u00e9taient exactement les m\u00e8mes que dans toute autre \u00e9cole de Tunis. On utilisait les m\u00e8mes livres. Qui peut oublier les livres de lectures de \u2018Souchet\u2019 d\u2019ou on nous faisait lire a chaque fois, un seul chapitre d\u2019un des classiques de la litt\u00e9rature francaise, comme \u2018Cosette et le seau d\u2019eau\u2019, \u2018Les moutons de Panurge\u2019, \u2018Le grand Maulne\u2019 et autres. Il n\u2019y avait pas de biblioth\u00e8que publique au Ghetto, et je ne me rappelle pas que l\u2019\u00e9cole en poss\u00e9dait une. Ce sont ces textes qui serviront plus tard de base a notre \u00e9ducation autodidacte quand on vint choisir ses premiers livres de lecture. Nous r\u00e9citions par c\u0153ur des po\u00e8mes (Oceano nox de V. Hugo) ou des fables (le corbeau et le renard de La Fontaine). Les livres d\u2019Histoire de \u2018Jules Isaac\u2019 avec (si je me rappelle bien)\u00a0 la t\u00eate de P\u00e9ricl\u00e8s sur la couverture, d\u2019ou on nous apprenait \u00abAutrefois notre pays s\u2019appelait\u00a0La Gaule et ces habitants les Gaulois\u00bb<\/b><\/p>\n<h2>Le personnel enseignant<\/h2>\n<p><b>A tout seigneur tout honneur, le directeur M. Danon, que tout le monde craignait, les professeurs et les \u00e9l\u00e8ves. Il donnait quelques le\u00e7ons dans les grandes classes. Avec lui il ne fallait jamais laisser tra\u00eener un plumier ou une r\u00e8gle sur la table, parce qu\u2019il s\u2019en servirait sans raison pour vous l\u2019abattre, d\u2019une fa\u00e7on quasi paternelle, sur la t\u00eate. Je me rappelle de son illustration didactique du mot \u2018clairsem\u00e9\u2019 quand il nous montra son crane chauve comme exemple.<\/b><\/p>\n<p><b>Mme L\u00e9vy, une femme tr\u00e8s imposante par ses dimensions, je n\u2019ai jamais \u00e9t\u00e9 son \u00e9l\u00e8ve, mais tous se rappellent s\u00fbrement d\u2019elle.<\/b><\/p>\n<p><b>M. Fiorentino, qui \u00e9tait mon premier professeur \u00e0 l\u2019Alliance, il devait \u00eatre une personne tr\u00e8s agr\u00e9able et tr\u00e8s aim\u00e9 des \u00e9l\u00e8ves. Ce dont je me rappelle le plus de lui, c\u2019est qu\u2019il nous invita un soir \u00e0 la maison o\u00f9 il nous montra sa collection de Cartes-postales, de plusieurs places \u00e0 travers le monde. Je crois que cette visite inoubliable avait r\u00e9veill\u00e9 ma curiosit\u00e9 et plant\u00e9 le grain qui a fait pousser chez moi une grande passion des voyages. <\/b><\/p>\n<p><b>Du professeur qui nous a conduits aux grands examens je n\u2019ai retenu que le nom, c\u2019\u00e9tait M. El-Haiik.<\/b><\/p>\n<h2>Les \u201cPoulains\u201d<\/h2>\n<p><b>Nos professeurs \u00e9taient tr\u00e8s contents quand ils avaient un bon \u00e9l\u00e8ve dans leur classe et ils devaient s\u00fbrement s\u2019en vanter un peu. Je me rappelle qu\u2019un jour je fus appel\u00e9 hors de ma classe et je me trouvai en face de 2 professeurs et d\u2019un \u00e9l\u00e8ve de la classe parall\u00e8le. On nous expliqua que nous allions passer un petit examen qui devait d\u00e9cider qui de nos ma\u00eetres poss\u00e9dait le meilleur \u00e9l\u00e8ve. Notre vanit\u00e9 gonfl\u00e9e \u00e0 bloc, nous jou\u00e2mes le jeu. Depuis cet \u00e9l\u00e8ve est devenu mon ami et il l\u2019est encore aujourd\u2019hui.<\/b><\/p>\n<h2>L\u2019\u00e9cole des filles<\/h2>\n<p><b>L\u2019\u00e9cole, parall\u00e8le, des filles se trouvait \u00e0 l\u2019autre extr\u00e9mit\u00e9 du ghetto, \u00e0 la rue de la Mechnaka (la potence). J\u2019habitais pas loin de cette \u00e9cole mais je n\u2019y ai mis les pieds que lors de mon voyage en Tunisie en l\u2019an 2000.<\/b><\/p>\n<p><b> <img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" height=\"299\" src=\"https:\/\/harissa.com\/D_Souvenirs\/images\/clip_image006.jpg\" width=\"383\"\/><\/b><\/p>\n<p><b>Il n\u2019y avait plus de cour mais seulement le b\u00e2timent des classes et de la direction, qui \u00e9tait devenu un hotel-bon-march\u00e9, mais les anciennes c\u00e9ramiques\u00a0 au sol et aux murs restaient toujours tr\u00e8s impressionnantes.<\/b><\/p>\n<h2>R\u00e9compenses, Prix et Tableaux d\u2019Honneur<\/h2>\n<p><b>L \u00e9ducation \u00e9tait tr\u00e8s comp\u00e9titive, \u00e0 chaque \u00e9preuve ou examen, l\u2019\u00e9l\u00e8ve recevait en plus de sa note, le classement de cette note par rapport aux autres. Cela cr\u00e9ait des \u00e9mulations chez les bons \u00e9l\u00e8ves mais d\u00e9courageait les autres. Il y avait les Bons Points et les Tableaux d\u2019Honneur hebdomadaires et mensuels pour les encouragements \u00e0 court terme. A la fin de l\u2019ann\u00e9e il y avait la grande c\u00e9r\u00e9monie de la distribution des prix. Il y avait un Prix pour le premier dans chaque mati\u00e8re, un Prix de bonne conduite et un Prix de bonne camaraderie. Mais les prix les plus convoit\u00e9s \u00e9taient le Prix d\u2019Excellence et le Prix d\u2019Honneur qui \u00e9taient d\u00e9cern\u00e9s au premier et au 2\u00e8me\u00a0 \u00e9l\u00e8ve de chaque classe. Cette c\u00e9r\u00e9monie \u00e9tait la grande f\u00eate pour certains parents qui \u00e9taient tr\u00e8s fiers du succ\u00e8s de leur enfant et de l\u2019avenir qu\u2019il repr\u00e9sentait pour eux.<\/b><\/p>\n<h2>Punitions<\/h2>\n<p><b>Les punitions corporelles n\u2019\u00e9taient pas rares. Les plus utilis\u00e9es \u00e9taient les coups, avec une r\u00e8gle carr\u00e9e, sur les bouts des 5 doigts rassembl\u00e9s, ou bien les coups de r\u00e8gle plate sur la paume de la main.<\/b><\/p>\n<p><b>Bien sur il y avait aussi les billets aux parents et les exclusions de quelques jours de l\u2019\u00e9cole. Mais le plus humiliant \u00e9tait \u201cle bonnet d\u2019\u00e2ne\u201d qu\u2019on posait sur la t\u00eate du \u2018criminel\u2019. On lui \u00e9pinglait son mauvais cahier sur le dos et on le promenait d\u2019une classe \u00e0 l\u2019autre pour montrer l\u2019exemple aux\u00a0 autres, et \u00e0 bon entendeur salut.<\/b><\/p>\n<h2>Encriers<\/h2>\n<p><b>On \u00e9crivait avec des porte-plume qu\u2019on trempait dans un encrier qui \u00e9tait incrust\u00e9, dans un trou perc\u00e9 de la table, entre les 2 \u00e9l\u00e8ves. On employait les buvards pour s\u00e9cher les lignes humides d\u2019encre.<\/b><\/p>\n<p><b>Les plus chanceux utilisaient des stylos \u00e0 encre et des bouteilles d\u2019encre Waterman. Les stylos \u00e0 bille, qui \u00e9taient une nouveaut\u00e9, donc tr\u00e8s chers, n\u2019\u00e9taient pas admis en classe, parce qu\u2019ils ne donnaient pas les pleins et le d\u00e9li\u00e9s exig\u00e9s et parce qu\u2019ils d\u00e9formaient la page du cahier. <\/b><\/p>\n<h2>Le Tablier<\/h2>\n<p><b>Les \u00e9l\u00e8ves portaient un uniforme \u00e0 l\u2019\u00e9cole, un tablier bleu-fonc\u00e9 qui se fermait de cot\u00e9 comme une chemise russe. Ce tablier qui nous \u00e9tait fourni par l\u2019\u00e9cole et qui nous servait pour\u00a0 couvrir nos pauvres habits, devenait \u00e0 la sortie des classes une sorte de \u2018cape\u2019, qui nous permettait d\u2019imiter les h\u00e9ros des films de Corsaires. Nos petits b\u00e2tons de bois rempla\u00e7aient alors les \u00e9p\u00e9es des Mousquetaires. On le portait sur le dos comme un Burnous, sans enfiler les manches,\u00a0 attach\u00e9 autour du cou par le premier bouton seulement. <\/b><\/p>\n<h2>Examens<\/h2>\n<p><b>L\u2019\u00e9cole de la Hafsia \u00e9tait une \u00e9cole primaire pour gar\u00e7ons, qui pr\u00e9parait\u00a0 au CEP et aux examens d\u2019entr\u00e9e en 6\u00e8me. Ceux qui passaient avec succ\u00e8s cet examen continuaient leurs \u00e9tudes \u00e0 l\u2019\u00e9cole de l\u2019Alliance de Malta Srira. Le CEP \u00e9tait le grand dipl\u00f4me qui pouvait ouvrir certaines portes de l\u2019administration locale ou celles de la Communaut\u00e9, ou encore une carri\u00e8re d\u2019aide employ\u00e9 chez certains avocats Juifs. <\/b><\/p>\n<p><b> <img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" height=\"317\" src=\"https:\/\/harissa.com\/D_Souvenirs\/images\/clip_image008.jpg\" width=\"445\"\/>\u00a0<\/b><\/p>\n<h2>Tremblement de terre<\/h2>\n<p><b>Un jour, tandis qu\u2019on \u00e9tait en pleine \u2018dict\u00e9e\u2019, les bancs se mirent \u00e0 bouger et nos responsables ont vite compris que c\u2019\u00e9tait un tremblement de terre et nous firent \u00e9vacuer les classes . On a attendu, une demie-heure peut-\u00eatre, dans la cour, et quand tout s\u2019apaisa nous repr\u00eemes nos le\u00e7ons.<\/b><\/p>\n<h2>Coca-Cola<\/h2>\n<p><b>Un jour, on nous rassembla en doubles rang\u00e9es et par classes, pour nous faire une surprise. Apr\u00e8s quelques instants on vit des hommes amener une grosse caisse rouge. On nous expliqua que c\u2019\u00e9tait une nouvelle boisson qui s\u2019appelle Coca Cola et que durant 2 semaines on allait nous en offrir, chaque jour, une bouteille au go\u00fbter.<\/b><\/p>\n<h2>Hygi\u00e8ne<\/h2>\n<p><b>A part les maladies enfantines courantes qui se transmettaient facilement \u00e0 cause des conditions hygi\u00e9niques et du nombre de personnes qui vivaient dans la m\u00eame chambre, il y avait des maladies qui frappaient certains \u00e9l\u00e8ves. <\/b><\/p>\n<p><b>Les poux, on voyait souvent des gar\u00e7ons qui se grattaient la t\u00eate. La contagion n\u2019\u00e9tait pas difficile vue la proximit\u00e9 des enfants. On entendait des fois parler de la gale, cette maladie qui faisait qu\u2019on se grattait tout le corps, il fallait vite aller \u00e0 l\u2019infirmerie et se faire d\u00e9sinfecter \u00e0 plusieurs reprises. Mais la pire des maladies \u00e9tait la teigne, une maladie du cuir chevelu. Un jour des infirmi\u00e8res de l\u2019OSE ont pass\u00e9 tous les \u00e9l\u00e8ves du quartier, gar\u00e7ons et filles, \u00e0 l\u2019inspection de la teigne. Tous ceux qui furent d\u00e9sign\u00e9s devaient d\u2019abord avoir la t\u00eate compl\u00e8tement ras\u00e9e. Ensuite ils devaient aller plusieurs fois \u00e0 l\u2019H\u00f4pital pour subir une radiation qui \u00e9tait sens\u00e9e les \u2018gu\u00e9rir\u2019 de la maladie. Entre ces traitements, on leur induisait la t\u00eate d\u2019une pommade noire qui \u00e9tait d\u2019une odeur insupportable. Les filles se couvraient d\u2019un foulard et les gar\u00e7ons portaient alors le grand b\u00e9ret. Dieu merci, je fus \u00e9pargn\u00e9 de cette torture. <\/b><\/p>\n<p><b>Apr\u00e8s plus de 40 ans, ces radiations ce sont av\u00e9r\u00e9es fatales pour plusieurs de ceux qui les avaient re\u00e7ues. J\u2019ai entendu qu\u2019en Isra\u00ebl, aussi, les enfants des nouveaux immigrants du d\u00e9but des ann\u00e9es 50\u2019s avaient \u00e9t\u00e9 soumis aux m\u00eames traitements. Plusieurs de ceux qui en ont souffert plus tard ont \u00e9t\u00e9 indemnis\u00e9s, suite \u00e0 des plaintes d\u00e9pos\u00e9es.<\/b><\/p>\n<p><b>La tuberculose \u00e9tait une maladie qui planait dans l\u2019air et on nous envoyait une fois par an nous faire radiographier. Ceux qui en montraient des signes, m\u00eame les plus faibles \u00e9taient imm\u00e9diatement envoy\u00e9s au Sanatorium de l\u2019Ariana pour quelques semaines.<\/b><\/p>\n<p><b>Tout cela \u00e9tait organis\u00e9 par l\u2019OSE, ses infirmi\u00e8res et ses m\u00e9decins<\/b><\/p>\n<h2>Aide communautaire<\/h2>\n<p><b>\u00a0Je ne me rappelle pas si l\u2019\u00e9cole nous fournissait tous les livres de classe, mais je me souviens  qu\u2019on se les achetait aussi de nos a\u00een\u00e9s. Ainsi sur la plupart des bancs il n\u2019y avait souvent qu\u2019un seul livre pour 2 \u00e9l\u00e8ves. Probablement chacun achetait un livre a son tour.\u00a0 Pour les cahiers, je me rappelle qu\u2019on allait des fois au march\u00e9 aux puces (Sabatt Edbabez, rue de la semoule) o\u00f9 on achetait des vieux cahiers \u00e0 moiti\u00e9 vide pour pouvoir nous en servir.<\/b><\/p>\n<p><b>La communaut\u00e9 aidait s\u00fbrement les plus n\u00e9cessiteux. Les plus importantes institutions d\u2019aide, dont je me rappelle, \u00e9taient: La Garderie, l\u2019Ose, Nos Petits, Dar-Etkia, Le Halouk. Les 3 premi\u00e8res sont assez connues.<\/b><\/p>\n<p><b><i>Dar-Atqyia<\/i> (la maison du secours) \u00e9tait une sorte de cantine gratuite pour enfants pauvres. Les d\u00e9jeuners \u00e9taient gratuits, et on y amenait tous ses petits fr\u00e8res avec soi.<\/b><\/p>\n<p><b><i>Le H\u2019alouk<\/i> (une petite somme hebdomadaire) que la communaut\u00e9 distribuait aux plus d\u00e9munis. <\/b><\/p>\n<p><b>A Pourim, une fois l\u2019ann\u00e9e on\u00a0 distribuait des chaussures. <\/b><\/p>\n<p><b>Il y avait aussi les <i>colonies de vacances<\/i> gratuites qui duraient 2 semaines et qui nous permettaient de sortir du ghetto et vivre un peu loin de la famille.<\/b><\/p>\n<p><b>J\u2019ai toujours \u00e9t\u00e9 myope comme une taupe. Je me mettais toujours au premier rang et me d\u00e9pla\u00e7ait des fois pour approcher le tableau. Quelques mois apr\u00e8s mon arriv\u00e9e \u00e0 Tunis le professeur m\u2019expliqua qu\u2019il me fallait des lunettes. A mon age, personne ne portait de lunettes au ghetto et ma m\u00e8re ne pouvait me les payer. Je crois que ma premi\u00e8re paire de lunettes me fut offerte par un opticien Juif de\u00a0 bonne volont\u00e9, en face de la Porte de France, et je profite ici pour le remercier. <\/b><\/p>\n<h2>Les enfant qui quittaient l\u2019\u00e9cole<\/h2>\n<p><b>Pour diverses raisons, plusieurs \u00e9l\u00e8ves quittaient l\u2019\u00e9cole bien avant la classe du CEP. Ils \u00e9taient alors\u00a0 plac\u00e9s comme apprentis chez des artisans du ghetto: coiffeur, ciseleur de cuivre, marbrier, cordonnier, tailleur, tapissier, boucher ou autre. <\/b><\/p>\n<p><b>Ceux qui tenaient jusqu\u2019au bout se trouvaient alors devant une p\u00e9riode d\u2019examens intenses. <\/b><\/p>\n<p><b>Tous les candidats de la ville \u00e9taient rassembl\u00e9s dans une \u00e9cole au centre de Tunis, pour passer les examens officiels de CEP. Je me rappelle encore d\u2019un \u00e9l\u00e8ve b\u00e9douin, \u00e2g\u00e9 de pr\u00e8s de 20 ans, qui tentait pour la ni\u00e8me fois sa chance. Il m\u2019expliqua que sans ce dipl\u00f4me il serait oblig\u00e9 de s\u2019engager \u00e0 l\u2019arm\u00e9e fran\u00e7aise.<\/b><\/p>\n<p><b>Ensuite pour ceux qui voulaient continuer leurs \u00e9tudes secondaires, il y avait les examens de passage en 6\u00e8me. Les \u00e9l\u00e8ves qui venaient du ghetto devaient marcher jusqu\u2019\u00e0 l\u2019\u00e9cole de Malta- Srira.<\/b><\/p>\n<p><b> <img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" height=\"203\" src=\"https:\/\/harissa.com\/D_Souvenirs\/images\/clip_image011.jpg\" width=\"232\"\/> <img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" height=\"269\" src=\"https:\/\/harissa.com\/D_Souvenirs\/images\/clip_image012.jpg\" width=\"312\"\/><\/b><\/p>\n<p><b>J\u2019ai pass\u00e9 ces 2 \u00e9preuves, je crois que la joie de ma m\u00e8re \u00e9tait plus forte \u00e0 ce moment que celle qu\u2019elle ressentit quand je re\u00e7us plus tard, mon dipl\u00f4me d\u2019ing\u00e9nieur, au Technion de Ha\u00effa. Elle avait tenu la promesse donn\u00e9e \u00e0 son mari, qui l\u2019a faite jurer; qu\u2019elle fasse tout pour que j\u2019aie mon CEP, dipl\u00f4me qu\u2019il n\u2019a pu avoir dans sa jeunesse. <\/b><\/p>\n<p><b>Me voila donc \u00e0 l\u2019\u00e9cole des grands et des enfants qui \u00e9taient plus ais\u00e9s que ceux de la Hafsia. <\/b><\/p>\n<p><b>Ma m\u00e8re encourag\u00e9e par mon succ\u00e8s et mes professeurs, a d\u00e9cid\u00e9 de renoncer \u00e0 l\u2019aide que je pouvais apporter et de tout sacrifier afin que je puisse \u2018devenir un m\u00e9decin\u2019, pas moins que cela ! Elle \u00e9tait analphab\u00e8te, mais elle \u00e9tait dou\u00e9e d\u2019un grand esprit de sacrifice et d\u2019une tr\u00e8s haute intelligence; elle avait une admiration infinie pour l\u2019instruction (la H\u2019okhma). Fille de Rabbin et cousine germaine du grand rabbin de Djerba, elle avait \u00e9pous\u00e9 un homme qui, sans avoir fini l\u2019\u00e9cole primaire ni la Yeshiva, \u00e9tait un autodidacte accompli. Il avait appris l\u2019Arabe \u00e0 tel point que je revois aujourd\u2019hui comment il r\u00e9digeait des lettres \u00e0 des marchands arabes qui le sollicitaient. Il lisait des livres en Fran\u00e7ais et le parlait couramment. Il lisait surtout la litt\u00e9rature Jud\u00e9o-arabe traduite du fran\u00e7ais et le journal El-Nejma chaque semaine.<\/b><\/p>\n<p><b>Apr\u00e8s trois mois \u00e0\u00a0Malta Sghira, en 6<sup>\u00e8me\u00a0<\/sup>, j\u2019ai quitte l\u2019Alliance pour l\u2019\u00e9cole de l\u2019ORT qui venait d\u2019ouvrir ses portes. Cette d\u00e9cision, que je ne regrette point, avait compl\u00e8tement chang\u00e9 le cours de ma vie. Ce qui est arriv\u00e9 apr\u00e8s janvier 1951 est \u00e9crit dans un article,\u00a0 publi\u00e9 sur ce site Harissa, dont voici le lien\u00a0: <\/b><\/p>\n<p> <a href=\"https:\/\/harissa.com\/D_Ecoles\/lespremieresanneesdelort.htm\"> https:\/\/harissa.com\/D_Ecoles\/lespremieresanneesdelort.htm<\/a><\/p>\n<p><b> Avraham Bar-Shay (Benattia)<\/b><\/p>\n<p> <a href=\"mailto:absf@netvision.net.il\"> absf@netvision.net.il<\/a><\/p>\n<\/p><\/div>\n<\/p><\/div>\n<\/p><\/div>\n<hr\/>\n<blockquote>\n<blockquote><\/blockquote>\n<\/blockquote>\n<h6><\/h6>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00a0Parler de l\u2019Alliance et de mon passage l\u00e0-bas entre f\u00e9vrier 48 et d\u00e9cembre 50, ne peut \u00eatre enti\u00e8rement objectif, vue l\u2019importance de ces ann\u00e9es dans l\u2019\u00e9volution de ma vie. Je venais d\u2019arriver du Sud (Gab\u00e8s) vers la Capitale, et tout \u00e9tait nouveau pour moi, m\u00eame l\u2019accent et une partie du langage. A Tunis, notre vie&hellip;&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"author":0,"featured_media":27164,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"neve_meta_sidebar":"","neve_meta_container":"","neve_meta_enable_content_width":"","neve_meta_content_width":0,"neve_meta_title_alignment":"","neve_meta_author_avatar":"","neve_post_elements_order":"","neve_meta_disable_header":"","neve_meta_disable_footer":"","neve_meta_disable_title":"","footnotes":""},"categories":[17],"tags":[492],"class_list":["post-25959","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-souvenirs","tag-a-verifier"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/25959","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=25959"}],"version-history":[{"count":3,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/25959\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":28843,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/25959\/revisions\/28843"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/media\/27164"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=25959"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=25959"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=25959"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}