{"id":26039,"date":"2026-09-30T01:41:21","date_gmt":"2026-09-30T01:41:21","guid":{"rendered":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/?p=26039"},"modified":"2026-09-30T02:04:14","modified_gmt":"2026-09-30T02:04:14","slug":"chronique-des-lotophages-par-berdah","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/chronique-des-lotophages-par-berdah\/","title":{"rendered":"Chronique des Lotophages, par Berdah"},"content":{"rendered":"<div>\n<div>\n<div>\n<div>\n<div>\n<\/p><\/div>\n<\/p><\/div>\n<\/p><\/div>\n<\/p><\/div>\n<\/div>\n<hr\/>\n<div>\n<div>\n<div>\n<div>\n<p><b><br \/> Le juda\u00efsme tunisien, install\u00e9 depuis vingt cinq si\u00e8cles pour les Isra\u00e9lites de Djerba, et depuis vingt si\u00e8cles pour le reste de la Tunisie, a conserv\u00e9 son identit\u00e9 malgr\u00e9 le passage des Ph\u00e9niciens, des Romains, des Vandales, des Espagnols, des Turcs, des Arabes et des Fran\u00e7ais.<\/p>\n<p> Pour cela, il a fait preuve de tol\u00e9rance et a su discerner l&rsquo;essentiel de l&rsquo;accessoire, acceptant ou supportant le compromis pour ce qui est accessoire et se refusant \u00e0 se compromettre sur l&rsquo;essentiel.<\/p>\n<p> Il suivait ainsi l&rsquo;enseignement de Maimonide et l&rsquo;exemple des Isra\u00e9lites espagnols et portugais qui, dans certains cas, ont adopt\u00e9 la foi impos\u00e9e quitte \u00e0 r\u00e9cup\u00e9rer leur juda\u00efsme en lieu s\u00fbr contrairement aux Isra\u00e9lites d&rsquo;York qui ont pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 la mort, un choix qui a servi la politique de l&rsquo;adversaire et affaibli d&rsquo;autant le juda\u00efsme vivant.<\/p>\n<p> Cette tol\u00e9rance du juda\u00efsme tunisien a engendr\u00e9, au contact avec les \u00e9l\u00e9ments ambiants, une joie de vivre int\u00e9rieure et familiale qui se retrouve aujourd&rsquo;hui dans les communaut\u00e9s tunisiennes.<\/p>\n<p> Il est \u00e0 craindre que le juda\u00efsme tunisien ne finisse par se dissoudre dans les communaut\u00e9s d&rsquo;accueil. Cependant, \u00e0 Paris. Sarcelles, Strasbourg ou Marseille se sont form\u00e9s des groupements attach\u00e9s \u00e0 l&rsquo;h\u00e9ritage du pass\u00e9.<\/p>\n<p> \u00c0 Marseille, notre communaut\u00e9 Keter Thora pratique le particularisme jud\u00e9o-tunisien, enrichi de ce breuvage qui s&rsquo;est impos\u00e9 en France, la Boukha ; ne dit-on pas que le juda\u00efsme tunisien, c&rsquo;est Torah et Boukha ? Ce serait si dommage que la diversit\u00e9 construite dans des pays diff\u00e9rents et \u00e0 des si\u00e8cles diff\u00e9rents se termine dans l&rsquo;optique feutr\u00e9e des mus\u00e9es.<br \/> <\/b><\/p>\n<p> <b>Depuis la haute antiquit\u00e9, notre \u00eele de Djerba \u00e9tait une terre d&rsquo;accueil connue. Elle avait re\u00e7u moult visiteurs : Grecs, Ph\u00e9niciens et autres.<\/p>\n<p> Mais le plus c\u00e9l\u00e8bre fut le roi d&rsquo;Ithaque, Ulysse. Celui-ci, ballott\u00e9 par la temp\u00eate, d\u00e9couvrit au 8\u00e8me si\u00e8cle av. J.C., fortuitement, l&rsquo;\u00eele enchanteresse des Lotophages.<\/p>\n<p> Cette histoire est longuement et savoureusement cont\u00e9e dans l&rsquo;Odyss\u00e9e par le grec Hom\u00e8re:<br \/> \u00ab\u00a0Pouss\u00e9 par les forces du dieu Eole, Ulysse tira les nefs fatigu\u00e9es sur le sable fin de l&rsquo;\u00eele des Lotophages. A peine arriv\u00e9 et d\u00e9barqu\u00e9, et apr\u00e8s avoir satisfait faim et soif, Ulysse envoie des hommes reconna\u00eetre les lieux.<\/p>\n<p> Mais \u00e0 peine en chemin, ses envoy\u00e9s se lient avec des Lotophages qui, loin de m\u00e9diter le meurtre de ces \u00e9trangers, leur servent du lotos. Et aussit\u00f4t qu&rsquo;ils eurent mang\u00e9 de ce fruit, quelques uns oubli\u00e8rent tout ce qui n&rsquo;\u00e9tait pas cette \u00eele.<\/p>\n<p> Ulysse eut du mal \u00e0 rassembler ses marins m\u00eal\u00e9s \u00e0 la population de l&rsquo;\u00eele car, sit\u00f4t que l&rsquo;un d&rsquo;eux gouttait \u00e0 ces fruits de miel, il ne voulait plus rentrer ni donner de nouvelles. Ulysse dut les ramener de force, tous en pleurs, et les mettre aux cha\u00eenes, allon\u00e9ges sous les bancs au fond de leur vaisseaux.<\/p>\n<p> Puis il fit rembarquer ses marins fid\u00e8les. Pas de retard! A bord! s&rsquo;\u00e9cria Ulysse, le rus\u00e9, qui craignait qu&rsquo;\u00e0 manger de ces fruits, les autres &#8211; les fid\u00e8les &#8211; n&rsquo;oubliassent aussi le jour du retour\u00a0\u00bb.<br \/> <\/b><\/p>\n<p><b>Entre le 8eme si\u00e8cle av. J.C. et l&rsquo;\u00e8re chr\u00e9tienne, l&rsquo;\u00eele des Lotophages fut fr\u00e9quente par une multitude de visiteurs.<\/p>\n<p> Parmi les plus connus, on peut citer le navigateur Pseudo-Scylax qui explora au 5eme si\u00e8cle \u00ab\u00a0le golfe de Syrte et l&rsquo;\u00eele &#8211; jardin des hauts fonds\u00a0\u00bb. Au 4eme si\u00e8cle, l&rsquo;historien grec H\u00e9rodote, qui s\u00e9journa chez Garmantes et les Libons, parla dans ses r\u00e9cits des Lotophages de l&rsquo;\u00eele de Phla&#8230;<\/p>\n<p> Au 3eme si\u00e8cle av. J.C., l&rsquo;observateur Polybe donna des d\u00e9tails pr\u00e9cis sur cette \u00eele qu&rsquo;il d\u00e9signa, cette fois-ci, par le nom Meninx que les Carthaginois donn\u00e8rent a cette \u00eele d\u00e9pourvue de sources et de rivi\u00e8res.<\/p>\n<p> D&rsquo;origine ph\u00e9nicienne, ce toponyme Meninx, qui d\u00e9rive du mot \u00ab\u00a0me-nages\u00a0\u00bb &#8211; signifie \u00ab\u00a0manque d&rsquo;eau\u00a0\u00bb. L&rsquo;\u00eele garda cette appellation punique, Meninx, jusqu&rsquo;au 3eme siecle ap. J.C.<\/p>\n<p> A cette \u00e9poque, romaine, elle prit le nom de DJERBA, vocable qui d\u00e9rive de Girba, un lieu-dit antique situe pr\u00e9s de la forteresse et du port de Houmt-Souk.<\/p>\n<p> Tr\u00e8s t\u00f4t, l&rsquo;\u00eele de Djerba connut le d\u00e9veloppement de plusieurs activit\u00e9s qui faisaient non seulement la richesse de sa population, mais aussi sa renomm\u00e9e. Ainsi, au 3eme si\u00e8cle av. J.C., les Carthaginois qui connaissaient, comme leurs anc\u00eatres les Tyriens, le murex, surent-ils utiliser ce coquillage \u00e0 la chair rouge, tr\u00e8s abondant jadis sur l&rsquo;\u00eele, afin d&rsquo;en extraire le pourpre.<\/p>\n<p> D&rsquo;ailleurs, la cape de pourpre de Djerba, symbole de la dignit\u00e9, fut longtemps r\u00e9serv\u00e9e et port\u00e9e uniquement par les empereurs et les hauts dignitaires th\u00e9ocrates et aristocrates.<\/p>\n<p> Certes, sous les Carthaginois, l&rsquo;\u00eele connut un sort heureux; mais avec la fin des guerres puniques et la destruction en 146 av. J.C. de la splendide cit\u00e9e de Carthage, l&rsquo;\u00eele fut abandonn\u00e9e momentan\u00e9ment par les Romains.<\/p>\n<p> Il fallut attendre le 1er si\u00e8cle pour que cette \u00eele connaisse un nouvel essor et retrouve son r\u00f4le \u00e9conomique d&rsquo;antan. En effet, des le 2eme si\u00e8cle ap. J.C., des commer\u00e7ants et des colons romains s&rsquo;install\u00e8rent sur l&rsquo;\u00eele qui devint rapidement une importante place de n\u00e9goce et de commerce et un vaste entrep\u00f4t d&rsquo;huile d&rsquo;olive et d&rsquo;autres produits: ivoire, plumes d&rsquo;autruche, or, peaux en provenance des pays du sud du Sahara&#8230;<\/p>\n<p> N\u0153ud de commercialisation entre l&rsquo;Afrique et l&rsquo;Europe, Djerba vit sous les Romains ses activit\u00e9s s&rsquo;accro\u00eetre. Et ce fut, jusqu&rsquo;a la fin de la domination des Byzantins, l&rsquo;\u00e9poque d&rsquo;une extraordinaire apog\u00e9e. Car, dans ses ports de Meninx, de Ghizen, de Tipasa, d\u2019 Hadrien s&rsquo;entreposaient les marchandises les plus diverses et, en particulier, les fameuses pommes de l&rsquo;\u00eele, avant d&rsquo;\u00eatre redistribu\u00e9es et vendues sur les places de grandes m\u00e9tropoles : Carthage, Rome, Alexandrie, Constantinople&#8230;<\/p>\n<p> Cette formidable prosp\u00e9rit\u00e9 permit alors d&rsquo;\u00e9difier de grandes cit\u00e9es et d&rsquo;urbaniser m\u00eame la campagne de l&rsquo;\u00eele, afin de loger et de distraire une population en croissance constante, d&rsquo;autant que Djerba \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 devenue le si\u00e8ge d&rsquo;un \u00e9v\u00e9ch\u00e9. Partout des basiliques, des temples, des thermes et des demeures se pressaient, luxueux ou modestes selon les lieux.<\/p>\n<p> Le visiteur d&rsquo;aujourd&rsquo;hui peut \u00eatre surtout frapp\u00e9 par un sentiment saisissant, poignant, qui se d\u00e9gage de tous ces hauts lieux historiques jalonnant l&rsquo;\u00eele.<\/p>\n<p> Avec le 7eme si\u00e8cle, les Byzantins oppresseurs et champions des discussions interminables, aux pr\u00e9textes les plus futiles, furent chass\u00e9s et remplac\u00e9s par les cavaliers arabes porteurs d&rsquo;un nouveau message : l&rsquo;Islam.<\/p>\n<p> La nouvelle et brillante civilisation arabo-musulmane modifia compl\u00e8tement les structures existantes \u00e0 Djerba. D\u00e9s lors, l&rsquo;\u00eele, qui cessa d&rsquo;\u00eatre une plaque tournante, vit peu a peu l&rsquo;importance de ses activit\u00e9s commerciales changer, voire m\u00eame diminuer, alors qu&rsquo;elle connut, en m\u00eame temps, un important brassage de races.<\/p>\n<p> Ainsi, l&rsquo;arriv\u00e9e massive au 10eme si\u00e8cle des Kharejites-Ibadhites sur l&rsquo;\u00eele, marqua-t-elle le d\u00e9but de querelles intestines au sein de la communaut\u00e9, scind\u00e9e \u00e0 la suite d&rsquo;une dispute d&rsquo;ordre dogmatique, en deux factions : Wahabites et Nakkeriens, diam\u00e9tralement oppos\u00e9s.<\/p>\n<p> Leurs conflits furent suivis par des guerres ruineuses et continues. Ev\u00e8nements dramatiques pour l&rsquo;\u00eele de Djerba qui, suivant toutes les fluctuations, fut, un mill\u00e9naire durant soumise aux soldats que le sort des armes favorisait.<\/p>\n<p> Pendant tous ces si\u00e8cles, l&rsquo;\u00eele fut harcel\u00e9e par les attaques et les agressions permanentes d&rsquo;assaillants et d&rsquo;envahisseurs venus de l&rsquo;ext\u00e9rieur : les Fatimides de Kairouan, les B\u00e9douins de Beni Hilal, les Germains et les Normands de Sicile, les Aragonais, les Chevaliers de Malte, les G\u00e9nois, les Espagnols en lutte contre les Turcs, les nomades voisins et, enfin, les corsaires, les Barbaresques dont les razzias balay\u00e8rent les c\u00f4tes de l&rsquo;\u00eele, \u00e0 partir du 14eme jusqu&rsquo;\u00e0 la fin du 18eme si\u00e8cle.<\/p>\n<p> Cet \u00e9pisode douloureux fut le plus meurtrier de toute l&rsquo;histoire de Djerba, pourtant riche en \u00e9v\u00e8nements tragiques.<\/p>\n<p> Pendant toute cette p\u00e9riode, l&rsquo;ins\u00e9curit\u00e9 fut telle que la population abandonna toutes les fameuses cites antiques situ\u00e9es sur la c\u00f4te. Ces c\u00e9l\u00e8bres agglom\u00e9rations entr\u00e8rent d\u00e9sormais dans une irr\u00e9m\u00e9diable d\u00e9cadence, puis dans l&rsquo;oubli et, enfin, dans un silence absolu.<\/p>\n<p> Comme pour toutes les \u00eeles de la M\u00e9diterran\u00e9e, la mer a jou\u00e9 le r\u00f4le d&rsquo;\u00e9l\u00e9ment r\u00e9pulsif. Les Djerbiens ont reflu\u00e9 vers l&rsquo;int\u00e9rieur, se groupant dans leurs \u00ab\u00a0ch\u00e2teaux\u00a0\u00bb, dans leurs menzels fortifi\u00e9s, afin de pouvoir mieux r\u00e9sister \u00e0 la horde des envahisseurs venant de la terre ou de la mer.<\/p>\n<p> Vigilants, ces insulaires ont cr\u00e9e, \u00e0 l&rsquo;instar des Carthaginois, une ceinture de tours de guet et d&rsquo;observation, le long du littoral. Remarquons que la transmission de l&rsquo;information se faisait, \u00e0 cette \u00e9poque, par signaux lumineux. Ainsi, le s\u00e9maphore, la fum\u00e9e dans la journ\u00e9e et le feu la nuit \u00e9taient-ils le seul moyen efficace, rapide et signifiant.<\/p>\n<p> Symbole de la perp\u00e9tuelle menace, ces petites tours \u00e0 couples blanches, s\u00e9par\u00e9es de 2 \u00e0 5 km, ont surv\u00e9cu. Leur conservation vient du fait que ces petits \u00e9difices sont devenus, curieusement, en temps de paix, des lieux de culte. Toutes ces petites constructions tr\u00e8s caract\u00e9ristiques, auxquelles la population a donne un nom de saint, sont encore tr\u00e8s nombreuses sur les rivages tels Sidi Slimane, Sidi Bakkour, Sidi Mahrez, Sidi Saad, Sidi Salem, Sidi J&rsquo;mour, Sidi Slim, Sidi Garous, Lella El Hadhria, et j&rsquo;en oublie.<\/p>\n<p> Signalons que \u00ab\u00a0sidi\u00a0\u00bb signifie saint. Bref, tous ces lieux de culte sont anim\u00e9s chaque ann\u00e9e par la pr\u00e9sence de maintes familles venant \u00e0 dates fixes, en \u00e9t\u00e9, pour accomplir le p\u00e8lerinage rituel : ezziara.<\/p>\n<p> A cette occasion, des manifestations collectives sont organis\u00e9es autour des mausol\u00e9es. Les pratiques rituelles, sacrifice du mouton, repas en commun&#8230; rappelant les c\u00e9r\u00e9monies de f\u00eates pa\u00efennes du solstice ou d&rsquo;Aoussou en ao\u00fbt, seul mois de l&rsquo;ann\u00e9e qui \u00e9tait, jadis, consacr\u00e9 au bain de mer traditionnel.<\/p>\n<p> Cependant, nombreux sont \u00e0 Djerba les sites arch\u00e9ologiques vides et pourtant vivants, comme celui de la c\u00e9l\u00e8bre cit\u00e9 de Meninx, reparti sur 5 ha. Avec tant d&rsquo;autres, ces monuments historiques charment ceux qui veulent retrouver le cadre quotidien de la vie antique de notre \u00eele.<\/p>\n<p> Rien de plus int\u00e9ressant et de plus enrichissant, de ce point de vue, qu&rsquo;une promenade \u00e0 travers des ruines d\u00e9vast\u00e9es, certes, mais qui pr\u00e9sentent les vestiges de toutes les civilisations anciennes juxtapos\u00e9es \u00e0 savoir: punique, romaine, byzantine et islamique. Parmi les vestiges, on remarquera, pr\u00e8s du rivage, jonchant le sol, les colonnes et les chapiteaux en marbre blanc, granit rouge ou gris et porphyre vert, et les d\u00e9bris du fort beau fronton d&rsquo;un gigantesque temple.<\/p>\n<p> D&rsquo;autres d\u00e9tails rappellent ce que fut, \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque, le luxe et la prosp\u00e9rit\u00e9 de la cit\u00e9 Meninx: des \u00e9normes citernes, des thermes, des basiliques et des demeures somptueuses, dont le sol est rev\u00eatu de tr\u00e8s belles mosa\u00efques portant signes et symboles de toutes les croyances d&rsquo;alors.<\/p>\n<p> <\/b><\/p>\n<p><b>La g\u00e9ographie de l&rsquo;\u00eele de Djerba<\/p>\n<p> A cinq cents kilom\u00e8tres de Tunis et \u00e0 2H30 de vol de Paris, Djerba est la plus grande \u00eele de la Tunisie. Situ\u00e9e sur la c\u00f4te sud-est, elle baigne dans les eaux du golfe de Gab\u00e8s, encore appell\u00e9 Petite Syrte.<\/p>\n<p> Djerba a une superficie de 514 km2 et 125 km de c\u00f4tes. Son relief est presque totalement plat, la colline la plus \u00e9lev\u00e9e ne faisant que 54m de haut&#8230;<\/p>\n<p> Ni sources, ni rivi\u00e8res \u00e0 Djerba ; on trouve par contre de nombreux puits. H\u00e9las! ceux-ci ne fournissent en grande majorit\u00e9 qu&rsquo;une eau saum\u00e2tre, impropre \u00e0 la consommation. Le g\u00e9nie inventif des Djerbiens a rem\u00e9di\u00e9 \u00e0 cet inconv\u00e9nient par la construction d&rsquo;immenses citernes recueillant l&rsquo;eau de pluie. De plus, des aqueducs acheminent l&rsquo;eau du continent vers l&rsquo;\u00eele.<\/p>\n<p> Bien sur, Djerba est une \u00eele, mais si proche du continent que les Romains purent construire une route la reliant \u00e0 la presqu\u2019\u00eele de Zarzis. L&rsquo;actuelle route, longue de 7km, suit de pr\u00e8s la trace de l&rsquo;ancienne chauss\u00e9e romaine et sert \u00e9galement \u00e0 l&rsquo;acheminement de l&rsquo;eau. D&rsquo;autre part, \u00e0 l&rsquo;ouest, Djerba n&rsquo;est s\u00e9par\u00e9e de la terre ferme que de 2,3 km et des bacs y assurent la travers\u00e9e.<\/p>\n<p> Le Climat de Djerba a fait sa renomm\u00e9e. En effet, l&rsquo;influence du climat d\u00e9sertique, qui s\u00e9vit \u00e0 cette latitude sur le continent, est temp\u00e9r\u00e9e par la pr\u00e9sence de la mer. Et donc un climat doux, m\u00e9diterran\u00e9en qui domine. Descendant rarement en dessous de 10\u00b0 au plus froid de l&rsquo;hiver, la temp\u00e9rature ne d\u00e9passe g\u00e9n\u00e9ralement pas les 36\u00b0 au c\u0153urs de l&rsquo;\u00e9t\u00e9. Les pluies sont rares, il est vrai, mais l&rsquo;humidit\u00e9 de l&rsquo;air compense le manque de pr\u00e9cipitations.<\/p>\n<p> Tout cela concourt \u00e0 asseoir la r\u00e9putation de \u00ab\u00a0douceur de vivre\u00a0\u00bb de l&rsquo;\u00eele de Djerba.<\/p>\n<p> Propos Recueillis<\/p>\n<p> Berdah <\/b><\/p>\n<\/p><\/div>\n<\/div><\/div>\n<\/p><\/div>\n<hr\/>\n<blockquote>\n<blockquote><\/blockquote>\n<\/blockquote>\n<h6><\/h6>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le juda\u00efsme tunisien, install\u00e9 depuis vingt cinq si\u00e8cles pour les Isra\u00e9lites de Djerba, et depuis vingt si\u00e8cles pour le reste de la Tunisie, a conserv\u00e9 son identit\u00e9 malgr\u00e9 le passage des Ph\u00e9niciens, des Romains, des Vandales, des Espagnols, des Turcs, des Arabes et des Fran\u00e7ais. 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