{"id":26106,"date":"2026-09-30T01:41:26","date_gmt":"2026-09-30T01:41:26","guid":{"rendered":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/?p=26106"},"modified":"2026-09-30T02:05:05","modified_gmt":"2026-09-30T02:05:05","slug":"ghzal-le-cordonnier-par-albert-simeoni","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/ghzal-le-cordonnier-par-albert-simeoni\/","title":{"rendered":"Ghzal, le cordonnier, par Albert Simeoni"},"content":{"rendered":"<div>\n<div>\n<div>\n<div>\n<div>\n<\/p><\/div>\n<\/p><\/div>\n<\/p><\/div>\n<\/p><\/div>\n<\/div>\n<hr\/>\n<div>\n<div>\n<div>\n<div>\n<p><b>Chez les Ghzal, p\u00e8re et fils ( deux), la cordonnerie n&rsquo;avait pas de secret d&rsquo;alc\u00f4ve. Leur \u00e9troite \u00e9choppe, situ\u00e9 sur l&rsquo;avenue Roosevelt, recevait toutes les paires de chaussures handicap\u00e9es. Du talon de femme d\u00e9coll\u00e9 \u00e0 celui des hommes us\u00e9s. Sans oublier les semelles \u00e0 remplacer. Il y avait le p\u00e8re Ghzal, les deux fils, Balbik et Bichi qui r\u00e9gnaient en seigneur dans un espace r\u00e9duit, pas plus grand qu&rsquo;une cave parisienne en tout cas comme la mienne.<\/p>\n<p> Toutes sortes de chaussures h\u00e9t\u00e9roclites gisaient dans un coin, p\u00eale-m\u00eale. Sans ordre.<\/p>\n<p> Assis sur des tabourets de taille basse, ils avaient devant leur petits \u00e9tablis, un tiroir \u00e0 compartiment \u00e0 ciel ouvert dans lequel, clous, rivets, aiguilles, tranchets, all\u00e8nes, boite de colle, r\u00e2pes, marteau- clouteur et ficelle se tenaient compagnie en bric a brac. Tout sentait le d\u00e9sordre. Ils portaient un tablier en cuir et cela afin de ne pas se blesser lors d&rsquo;une coupe de bavure de cuir. La chaussure \u00e0 r\u00e9parer se retrouvant coinc\u00e9e entre leur main et la poitrine. Les phalanges et la paume \u00e9taient souvent tach\u00e9es par de la colle ou du colorant.<\/p>\n<p> Les r\u00e9parations se faisaient souvent en pr\u00e9sence du client ou cliente qui attendait patiemment sa bottine ou haut talon. Je suivais du regard l&rsquo;op\u00e9ration rafistolage. Il d\u00e9collait d&rsquo;abord la vieille semelle \u00e0 remplacer et d\u00e9couper, d&rsquo;un tapis de cuir enroul\u00e9, un bout de cette mati\u00e8re. Un morceau assez large ( 15 cm sur 20 ) de forme rectangulaire qu&rsquo;il enduisait de colle forte: une sorte de glue. Puis, une fois cette premi\u00e8re prise en main termin\u00e9e, il mettait de c\u00f4t\u00e9 ce morceau afin de laisser le produit prendre l&rsquo;air. Quelques minutes plus tard, il reprenait celui l\u00e0 qu&rsquo;il pressait sur l&rsquo;envers de la vieille chaussure puis prenait quelques clous ( semences) coinc\u00e9s entre ses l\u00e8vres qu&rsquo;il pointait et par petits coups secs et pr\u00e9cis, cloutait son rectangle \u00e0 intervalles r\u00e9guliers sur un pied-debout ( sorte d&rsquo;enclume). Pour conclure, il recoupait les d\u00e9bords en suivant la forme de la chaussure. La finition se faisait par \u00e0 coup de r\u00e2pe.<\/p>\n<p> Il passait ensuite un liquide noir pour teindre le nouveau bord.<\/p>\n<p> Les fr\u00e8res cousaient aussi toutes sortes de cartables \u00e0 riveter ou sac \u00e0 main dont les anses se sont d\u00e9tach\u00e9es.<\/p>\n<p> Une vraie passion dont ils se sont fait les champions.<\/p>\n<p> La famille \u00e9tait nombreuse, D ieu b\u00e9nisse, 7 fr\u00e8res et s\u0153urs que je cite de m\u00e9moire, gr\u00e2ce \u00e0 mon ami Henri, qui me les a souffl\u00e9.<br \/> En plus de Bichi et Balbik, on trouvait Baiza ( l&rsquo;ami de mon p\u00e8re &lsquo;Z&rsquo;L) Manou, Chenchen, Yvette et Traki. <\/b><\/p>\n<p><b>ALBERT SIMEONI <\/b> <\/p>\n<\/p><\/div>\n<\/div><\/div>\n<\/p><\/div>\n<hr\/>\n<blockquote>\n<blockquote><\/blockquote>\n<\/blockquote>\n<h6><\/h6>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Chez les Ghzal, p\u00e8re et fils ( deux), la cordonnerie n&rsquo;avait pas de secret d&rsquo;alc\u00f4ve. 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