{"id":26184,"date":"2026-09-30T01:41:30","date_gmt":"2026-09-30T01:41:30","guid":{"rendered":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/?p=26184"},"modified":"2026-09-30T02:06:15","modified_gmt":"2026-09-30T02:06:15","slug":"la-baraka-par-albert-simeoni","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/la-baraka-par-albert-simeoni\/","title":{"rendered":"La Baraka, par Albert Simeoni"},"content":{"rendered":"<div>\n<div>\n<div>\n<div>\n<div> <\/div>\n<\/p><\/div>\n<\/p><\/div>\n<\/p><\/div>\n<\/div>\n<hr\/>\n<div>\n<div>\n<div>\n<p><strong>LES MEMOIRES D\u0092 UN GOULETTOIS<\/strong><\/p>\n<p><strong>L\u0092ENFANT DE LA GOULETTE<\/strong><\/p>\n<p><strong>PAR ALBERT SIMEONI (BEBERT)<\/strong><\/p>\n<p><strong>A Chacun sa Goulette\u0085.<\/strong><\/p>\n<p><strong>Dans la s\u00e9rie des lieux de rencontres\u0085..<\/strong><\/p>\n<p><strong>Le premier \u00e0 l\u0092avoir cr\u00e9e Jacqui Moatti\u0085<\/strong><\/p>\n<p><strong> \u0091 ..Brakh\u00e9h FEL\u00a0 BARAKA\u0085\u0092<\/strong><\/p>\n<p><strong> ( = B\u00e9n\u00e9diction dans la protection)<\/strong><\/p>\n<p><strong> \u0091 DANCING\u00a0 \u0091<\/strong><\/p>\n<p><strong>\u0091 If you don\u0092t know me by now\u0085<\/strong><\/p>\n<p><strong>\u00a0 You will never know me\u0085\u0092\u0085fermez les yeux et continuez \u00e0 chanter dans votre t\u00eate&#8230;<\/strong><\/p>\n<p><strong>Une vieille ferme, d\u00e9labr\u00e9e et r\u00e9nov\u00e9e, plantait dans un coin d\u0092un grand champ qui a cess\u00e9 de produire. On y acc\u00e9dait par un petit chemin de terre serpentant\u00a0 \u00e0 travers des arbres de campagne. Son emplacement \u00e9tait \u00e0 mi-chemin entre la Marsa et Sidi-Bou-Said. Les \u0091non-auto\u0085ris\u00e8s\u0092 ou si vous pr\u00e9f\u00e9rez \u0091non-v\u00e9hicul\u00e9s\u0092, s\u0092y rendaient \u00e0 pieds, en taxi ou parfois en train ( T.G.M). <\/strong><\/p>\n<p><strong>Un\u00a0 immense terrain d\u00e9frich\u00e9, juxtapos\u00e9 au dancing \/grange servait de parking \u00e0 ciel ouvert.\u00a0 Tr\u00e8s pris\u00e9,\u00a0 il abritait des formations\/couples isol\u00e9s, immatricul\u00e9es , qui,\u00a0 profitant de l\u0092obscurit\u00e9 et du calme,\u00a0 flirtaient sous le regard indulgent, souriant, argent\u00e9, et vicieux de la lune. T\u00e9moin\u00a0 privil\u00e9gi\u00e9 et immuable, sentinelle post\u00e9e au-dessus de leur t\u00eate en chaleur. L\u0092astre silencieux, grand \u0091taffard\u0092, suivait leurs \u00e9bats dans leur habitacle\/voiture. <\/strong><\/p>\n<p><strong>\u00a0D\u00e8s qu\u0092on franchissait le portail de style andalou\/arabe, Le Dancing, aux lumi\u00e8res tamis\u00e9es, \u00e9tait am\u00e9nag\u00e9 de la fa\u00e7on suivante\u00a0: \u00e0 l\u0092int\u00e9rieur, hormis la piste,\u00a0 sur les deux cot\u00e9s lat\u00e9raux,\u00a0 se trouvaient des tables basses de style rustique en bois \u0091 couleur br\u00fbl\u00e9e\u0092 entour\u00e9es de petits tabourets recouverts de tissu rouge. Une longue banquette drap\u00e9e du m\u00eame tissu courrait le long du mur droit. On pouvait s\u0092y adosser, et\u00a0 voir \u00e0 loisir les danseurs \u00e9voluer. Au fond tr\u00f4nait le bar au-dessus duquel \u00e9taient suspendues une vieille charrue avec soc et une grande roue en bois. Le style \u00e9tait du genre campagnard. <\/strong><\/p>\n<p><strong>On atenait \u00e0 la mezzanine par deux escaliers en ciment assez \u00e9troits. M\u00eame d\u00e9cor que le bas mais plus intime. La piste d\u0092une superficie d\u0092environ 40 M2 \u00e9tait souvent prise d\u0092assaut. On dansait fesses contre fesses, tout en lorgnant la copine du copain. Sur les deux cot\u00e9s de la piste, deux b\u00e2tis sur- \u00e9lev\u00e9s, faisaient office de promontoire\u00a0 mini-piste pour ceux qui, \u00e0 tour de r\u00f4le, tenaient-la \u0091drag\u00e9e haute\u0092. Les \u0091gogo\u0092, nous en pantalon velours cotel\u00e9,\u00a0 s\u0092entortillaient sous les rythmes du Madison et autres airs \u0091Disco\u0092 du moment. Le \u0091D J \u0091 \u00e9tait install\u00e9 dans une cabine surplombant la piste. Et comme d\u0092habitude, il \u00e9tait toujours flanqu\u00e9 d\u0092une jeune \u0091criquiyonne\u0092 ( jeune fille) en mal de compagnie. <\/strong><\/p>\n<p><strong>Musique\u00a0 \u0091Last night\u0092\u0085.Ya baba\u0085avec Gaz-night\u0085il \u00e9tait partout\u0085..\u0092l\u0092\u00e9nergie de la nuit.\u0092.<\/strong><\/p>\n<p><strong>Quand la \u0091foule\u0092 devenait trop dense et qu\u0092il y faisait surtout tr\u00e8s chaud, on d\u00e9gageait l\u0092espace\/ piste pour se rafra\u00eechir un peu \u00e0 l\u0092ext\u00e9rieur tout\u00a0 ou esquivant, un verre de whisky \u00e0 la main,\u00a0 quelques pas \u00e0 port\u00e9e de la musique et du rythme. La \u0092boite \u0092 avait un franc succ\u00e8s alors que les autres concurrents tels que la \u0091Dokhana\u0092, \u0091Le Sancho\u0092 ou \u0091Les Dunes \u0091 perdaient de leur attrait. La majorit\u00e9 de la client\u00e8le \u00e9tait juive en \u00e9t\u00e9 tandis que le pourcentage\u00a0 s\u0092inversait au profit des autochtones en hiver apr\u00e8s le d\u00e9part de nos\u00a0 \u00e9tudiants en France. Elle ressemblait \u00e0 ces hirondelles qui venaient se ressourcer pendant\u00a0 les quelques jours de vacances hivernales, pascales ou estivales pour repartir une\u00a0 fois rassasi\u00e9e de bonheur.<\/strong><\/p>\n<p><strong>L\u00e0\u00a0 aussi, tout le gratin de l\u0092Olivier \u00e0 pr\u00e9sent d\u00e9sert\u00e9, paradait et s\u0092\u00e9tait report\u00e9 sur la <\/strong><\/p>\n<p><strong>( Protection = Baraka ) d\u0092autant plus que cette derni\u00e8re inaugurait son espace restaurant plein air sous la direction de la famille SAAD. De grands parasols en paille abritaient les couverts, les nappes en papier blanc\u00a0 et les t\u00eates par trop d\u0092humidit\u00e9.<\/strong><\/p>\n<p><strong>\u00a0On pouvait donc se restaurer vers les 21 h 30, papoter de tables en tables puis aller <\/strong><\/p>\n<p><strong>\u0092 fr\u00e9tillonner\u0092, sous le regard indulgent des parents,\u00a0 sur la piste ciment\u00e9e et talqu\u00e9e. Nos filles en mini, n\u0092avaient rien \u00e0 envier \u00e0 celle d\u0092aujourd\u0092hui sauf que le nombril \u00e9tait moins apparent. Un d\u00e9tail. Pour le reste y\u0092avait de quoi boire et manger. En cachette.<\/strong><\/p>\n<p><strong>L\u0092ambiance atteignait son paroxysme vers les 1 heure du matin. Une grande camaraderie et fraternit\u00e9 r\u00e9gnaient sous \u0091ce chapiteau de tuiles rouges\u0092 qui battait son plein tous les soirs. <\/strong><\/p>\n<p><strong>Les mauvais genres \u00e9taient interdits d\u0092entr\u00e9e, une s\u00e9curit\u00e9 tout \u00e0 l\u0092avantage de la jeune client\u00e8le qui pouvait s\u0092adonner \u00e0 leur plaisir sans \u00eatre importun\u00e9e. <\/strong><\/p>\n<p><strong>Les quelques rares incidents\u00a0 \u00e9taient vite r\u00e8prim\u00e9s par le patron et fr\u00e8res souvent \u00e0 l\u0092insu des visiteurs. <\/strong><\/p>\n<p><strong>Je ne sais plus ce qu\u0092elle est devenue apr\u00e8s les d\u00e9c\u00e8s des deux piliers Saad et MESSAOUD.<\/strong><\/p>\n<p><strong>Et comme on dit \u0091Chey mey doum. ( Rien ne dure ).<\/strong><\/p>\n<p><strong>ANECDOTES \u0091BOULINOISE\u0092<\/strong><\/p>\n<p><strong>Fils unique et c\u00e9libataire, la cinquantaine, orphelin de p\u00e8re, Boulin avait une bonne bouille ronde et chauve. Un\u00a0 homme tranquille, de bonne corpulence qui relevait souvent son pantalon bleu sur sa chemise de couleur jaune \/vanille\u00a0 ou pistache. Il n\u0092\u00e9tait pas fada mais comme on dit chez nous \u0091Yaklou chwey\u00e8 sghir ( un esprit enfantin). <\/strong><\/p>\n<p><strong>Boulin\u0085\u0085.\u0092Alors\u0085B\u00e9b\u00e9rt\u0085\u00a0? Tu vas \u00e0 la Baraka ce soir\u0085.\u00a0?\u0092 sous entendu tu m\u0092emm\u00e8nes..)<\/strong><\/p>\n<p><strong>Moi\u0085\u0085\u0085.\u0092Non\u0085ourrass Boulin\u0085\u00a0! Je vais dormir\u00a0!\u0092<\/strong><\/p>\n<p><strong>Un mensonge. 1 heure plus tard.<\/strong><\/p>\n<p><strong>Boulin\u0085\u0085.\u0092Voil\u00e0\u0085tu es l\u00e0..\u00a0?\u0092<\/strong><\/p>\n<p><strong>Moi\u0085\u0085\u0085.\u0092Le sommeil est parti\u0085\u00a0!\u0092<\/strong><\/p>\n<p><strong>Boulin s\u0092enorgueillait de plaire \u00e0 toutes les filles et fort par cette id\u00e9e et\u00a0 sa classe, il squattait la piste au grand damne des danseurs qui voyait ce \u0091brouillon \u0091 gesticulait, les bras ballants dans une \u0091danse tourbillonnesque\u0092, sans pr\u00e9caution aucune envers les \u0091raffin\u00e9s\u0092. Sa chemise \u00e9tait si tremp\u00e9e au bout de trois heures qu\u0092elle collait \u00e0 sa peau. <\/strong><\/p>\n<p><strong>Moi\u0085\u0085\u0085\u0092Alors Boulin..\u00a0? Tu t\u0092\u00e9clates\u0085\u00a0?\u0092<\/strong><\/p>\n<p><strong>Lui\u0085\u0085\u0085.\u0092 Tu as vu avec qui je danse\u0085si je voulais ..Mais bon\u0085elles sont trop jeunes pour moi\u0085Brass B\u00e9b\u00e8rt\u0085\u00a0 ! Tu crois que ma m\u00e8re va accepter une fille comme \u00e7a\u0085\u00a0?\u0092<\/strong><\/p>\n<p><strong>Moi\u0085\u0085\u0085\u0092Elle veut que tu te maries\u0085\u00a0?\u0092<\/strong><\/p>\n<p><strong>Avec un peu de bave blanche aux commissures des l\u00e8vres..<\/strong><\/p>\n<p><strong>\u0091 Je sais\u0085.Mais il ne faut pas que je lui apporte n\u0092importe quoi\u0085\u00a0!\u0092<\/strong><\/p>\n<p><strong>Sa maman est d\u00e9c\u00e9d\u00e9e depuis et je crois qu\u0092il est \u00e0\u00a0 la Goulette\u00a0\u0085..\u00e0 l\u0092 O.S.E.<\/strong><\/p>\n<p><strong>ALBERT SIMEONI<\/strong><\/p>\n<\/p><\/div>\n<\/p><\/div>\n<\/p><\/div>\n<hr\/>\n<blockquote>\n<blockquote><\/blockquote>\n<\/blockquote>\n<h6><\/h6>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>LES MEMOIRES D\u0092 UN GOULETTOIS L\u0092ENFANT DE LA GOULETTE PAR ALBERT SIMEONI (BEBERT) A Chacun sa Goulette\u0085. Dans la s\u00e9rie des lieux de rencontres\u0085.. Le premier \u00e0 l\u0092avoir cr\u00e9e Jacqui Moatti\u0085 \u0091 ..Brakh\u00e9h FEL\u00a0 BARAKA\u0085\u0092 ( = B\u00e9n\u00e9diction dans la protection) \u0091 DANCING\u00a0 \u0091 \u0091 If you don\u0092t know me by now\u0085 \u00a0 You will&hellip;&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"author":0,"featured_media":23295,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"neve_meta_sidebar":"","neve_meta_container":"","neve_meta_enable_content_width":"","neve_meta_content_width":0,"neve_meta_title_alignment":"","neve_meta_author_avatar":"","neve_post_elements_order":"","neve_meta_disable_header":"","neve_meta_disable_footer":"","neve_meta_disable_title":"","footnotes":""},"categories":[17],"tags":[],"class_list":["post-26184","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-souvenirs"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/26184","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=26184"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/26184\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":29065,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/26184\/revisions\/29065"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/media\/23295"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=26184"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=26184"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=26184"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}