{"id":26319,"date":"2026-09-30T01:41:37","date_gmt":"2026-09-30T01:41:37","guid":{"rendered":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/?p=26319"},"modified":"2026-09-30T02:08:11","modified_gmt":"2026-09-30T02:08:11","slug":"les-metiers-disparus-du-ghetto-de-tunis-par-avraham","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/les-metiers-disparus-du-ghetto-de-tunis-par-avraham\/","title":{"rendered":"Les m\u00e9tiers disparus du Ghetto de Tunis, par Avraham"},"content":{"rendered":"<div>\n<div>\n<div>\n<div>\n<div>\n<\/div><\/div>\n<\/p><\/div>\n<\/p><\/div>\n<\/div>\n<hr\/>\n<div>\n<div>\n<div>\n<blockquote>\n<p> <b>Cette liste ne contient pas les m\u00e9tiers qui \u00e9taient tr\u00e8s connus en dehors du ghetto, ni ceux que les Tunisiens, immigr\u00e9s \u00e0 Paris (ou ailleurs), ont repris dans leurs nouveaux pays. <\/b><\/p>\n<p><b> N\u2019ayant pas conserv\u00e9 des photos des professions trait\u00e9es ici, j\u2019ai voulu illustrer ces pages de vieilles photos, noir et blanc de certains petits m\u00e9tiers (de mon album et de bien d\u2019autres places), que j\u2019ai travaill\u00e9es sur l\u2019ordinateur. Je les colori\u00e9es et leur ai donn\u00e9 un aspect \u00ab peinture-pointilliste \u00bb de mani\u00e8re \u00e0 les rendre plus g\u00e9n\u00e9rales, moins personnelles. <\/b><\/p>\n<p> <b>Leur point commun, les sc\u00e8nes qui y sont repr\u00e9sent\u00e9es se passent toutes (ou auraient pu se passer) dans un rayon de 200 m\u00e8tres autour du croisement\u00a0: Sidi-Bou-H\u2019did, Sidi-Mardoum, Sidi-Khlef et la rue du Palmier, en somme le c\u0153ur de la H\u2019ara.<\/b><\/p>\n<p> <b> <img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" height=\"306\" src=\"https:\/\/harissa.com\/D_Souvenirs\/images\/lesmet28.jpg\" width=\"245\"\/><\/b><\/p>\n<p><b>\u00a0Je d\u00e9crirai donc des m\u00e9tiers qui avaient fleuri au ghetto et qu\u2019on ne rencontre plus. <\/b><\/p>\n<p><b>Je voudrai d\u00e9dier ces lignes \u00e0 ces artisans que je n\u2019ai plus revus et qui faisaient si bien leur m\u00e9tier, en gagnant si peu. Je pense que parmi les jeunes, qui les ont observ\u00e9s de pr\u00e8s ou seulement approch\u00e9s, il y a plusieurs qui ont \u00e9t\u00e9 contamin\u00e9s par le germe qui a fait d\u2019eux, les artistes ou les ing\u00e9nieurs de la g\u00e9n\u00e9ration d\u2019apr\u00e8s le ghetto.<\/b><\/p>\n<p><b>Dans le secteur de l\u2019habillement, il y \u00e0 d\u2019abord le vendeur de coupons de tissus au poids. Ces coupons provenaient des fins de rouleaux et des rebuts que les fabricants ou les grands commer\u00e7ants\u00a0 liquidaient \u00e0 tr\u00e8s bas\u00a0 prix. L\u2019honn\u00eatet\u00e9 exigeait, du revendeur, de montrer les d\u00e9fauts l\u00e0 o\u00f9 il y en avait. On trouvait des tissus de tous les styles et mati\u00e8res. Le coupon se vendait, au poids et en entier.<\/b><\/p>\n<p><b>On prend le coupon chez un tailleur qui en fera un pantalon, une veste, une chemise, ou une robe, et sur mesure s\u2019il vous plait\u00a0; la confection qui se vendait dans les grands magasins en dehors du ghetto co\u00fbtait plus ch\u00e8re. La plupart du temps ces tailleurs gagnaient leur pain en faisant\u00a0 de la confection. Leur travail \u00e9tait tr\u00e8s soign\u00e9, une veste prenait plusieurs jours et exigeait au moins trois essayages. Ils prenaient grand soin de la doublure et des renforts int\u00e9rieurs qui bombent\u00a0 le torse. Les jeunes choisissaient leurs mod\u00e8les parmi ceux vus au cin\u00e9ma ou dans les magazines. Les travaux de petites mains \u00e9taient confi\u00e9s \u00e0 des apprentis et \u00e0 des m\u00e8res de familles, qui trouvaient l\u00e0 de quoi finir le mois. Ces besognes se faisaient chez elles \u00e0 la maison, les apprentis leur amenaient les oeuvres \u00e0 moiti\u00e9 finies.<\/b><\/p>\n<p> <b>Un autre m\u00e9tier de l\u2019habillement \u00e9tait \u2018l\u2019inverseur\u2019 de manteaux. L\u2019hiver de Tunis \u00e9tant souvent assez rude et le gros manteau coutait cher. Le tissus qu\u2019il fallait pour le faire \u00e9tait presque inaccessible. On venait alors renouveler son vieux \u2018pardessus\u2019 ou bien celui qu\u2019on a h\u00e9rit\u00e9 d\u2019un vieux parent. La couleur a d\u00e9teint et les coutures se sont us\u00e9es avec l\u2019age. L\u2019artisan, donne son diagnostic et prend des mesures. Il commence son travail en d\u00e9faisant toutes les coutures, avec la plus grande attention, de la doublure aux revers, puis il faut nettoyer toute l\u2019ancienne filasse.\u00a0 Ensuite vient le repassage et le redressage des plis tout autour de chaque pi\u00e8ce d\u00e9tach\u00e9e. Avec toute son adresse, le ma\u00eetre ajustera les pi\u00e8ces pour la phase d\u2019inversement, car dans le processus de retournement, les pi\u00e8ces de droite passent \u00e0 gauche et vice versa. Ce qui exige le d\u00e9placement des accessoires asym\u00e9triques, comme les boutons etc\u2026 Le manteau, une fois refait, aura un air presque neuf.<\/b><\/p>\n<p> <b> <img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" height=\"291\" src=\"https:\/\/harissa.com\/D_Souvenirs\/images\/lesmet29.jpg\" width=\"287\"\/><\/b><\/p>\n<p><b>L\u2019artisanat de la chaussure fleurissait aussi au Ghetto, et le sur-mesure revenait moins cher.\u00a0La fabrication d\u2019une paire de chaussure se partageait entre plusieurs artisans. <\/b><\/p>\n<p><b>Celui qui \u00e9tait consid\u00e9r\u00e9 comme l\u2019artiste, c\u2019est le \u2018tigeur\u2019 . Il est le designer qui d\u00e9coupait et cousait la partie sup\u00e9rieure de la chaussure, en cuir tr\u00e8s fin, celle qui couvre le pied. Il avait souvent des vieilles coupures de journaux dans lesquelles on pouvait choisir le mod\u00e8le d\u00e9sir\u00e9. Comme les tailleurs, la plupart\u00a0 de ces messieurs faisait aussi de la confection.<\/b><\/p>\n<p><b>Ensuite c\u2019est le \u2018cordonnier\u2019 qui moulait la \u2018tige\u2019 sur la forme-en-bois pour monter et coudre la semelle, puis le talon. On choisissait leurs \u00e9paisseurs et les fers des extr\u00e9mit\u00e9s, selon son gout. Il pouvait aussi adopter la forme aux dimensions du pied du client. La couture des semelles, qui se faisait \u00e0 la main, n\u2019\u00e9tait pas des plus faciles. Il faisait passer \u00e0 travers un petit trou, perc\u00e9 avec un poin\u00e7on manuel, les deux extr\u00e9mit\u00e9s d\u2019un fil qu\u2019il avait, auparavant, liss\u00e9es \u00e0 la cire. Ensuite il les tirait tr\u00e8s fort pour serrer les couches de cuir. Ce travail se r\u00e9p\u00e9tait trois ou quatre fois sur chaque centim\u00e8tre du pourtour de la semelle. <\/b><\/p>\n<p><b>C\u2019est un autre artisan, le \u2018fraiseur\u2019, qui poss\u00e9dant les machines ad\u00e9quates, fera la finition de la semelle. <\/b><\/p>\n<p><b><br \/>\u00a0<img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" height=\"238\" src=\"https:\/\/harissa.com\/D_Souvenirs\/images\/lesmet30.jpg\" width=\"297\"\/><\/b><\/p>\n<p><b>Une autre famille d\u2019artisans faisait un peu, dans la m\u00e9canique. A ma connaissance, il n\u2019y avait pas de garage au ghetto, mais il y avait des r\u00e9parateurs de bicyclettes qui faisaient aussi de la location de v\u00e9los.<\/b><\/p>\n<p><b>Le ferblantier\u00a0 r\u00e9parait les \u2018primus\u2019 qui se bouchaient souvent. M\u00eame si certaines familles avaient d\u00e9j\u00e0 le \u2018butagaz\u2019, cet instrument r\u00e9gnait en ma\u00eetre \u00e0 la cuisine. Le ferblantier faisait des miracles avec son fer \u00e0 souder. Il r\u00e9parait, les trous des r\u00e9cipients en t\u00f4le galvanis\u00e9e. Il fabriquait lui-m\u00eame des ustensiles divers, comme les seaux ou les Kma\u2019a, entonnoirs indispensables pour la Asbanna.<\/b><\/p>\n<p> <b> <img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" height=\"256\" src=\"https:\/\/harissa.com\/D_Souvenirs\/images\/lesmet31.jpg\" width=\"272\"\/><\/b><\/p>\n<p><b>Pas loin de chez moi il y avait une fonderie de cuivre et de ses alliages. Il coulait entre autres, des Hanoukia et le plus souvent des marteaux pilons. Apr\u00e8s la fonderie, il nettoyait tous les d\u00e9chets et machinait\u00a0 les pi\u00e8ces au \u2018tour\u2019 pour leur donner l\u2019aspect final. <\/b><\/p>\n<p><b>Celui qui repr\u00e9sentait, pour moi le vrai artiste, plus qu\u2019un artisan, \u00e9tait le \u2018ciseleur\u2019. Il combinait l\u2019art et les math\u00e9matiques.\u00a0 Son atelier \u00e9tait \u00e0 la rue du palmier, pas loin de celui du fondeur. Je restais des heures, fascin\u00e9, devant ce ma\u00eetre qui avec son grand compas-\u00e0-pointes-s\u00e8ches et sa r\u00e8gle m\u00e9talliques, cr\u00e9ait sur des immenses plats de cuivre, des figures g\u00e9om\u00e9triques de toutes les formes. <\/b><\/p>\n<p><b>Deux plats vierges \u00e9taient coll\u00e9s dos \u00e0 dos, \u00e0 un disque \u00e9pais de goudron, coul\u00e9 entre eux. Une fois le goudron refroidi, il durcissait, comme de l\u2019\u00e9b\u00e8ne, et ne permettait aucune d\u00e9formation du plat, durant le ciselage. J\u2019ai vu des ciseleurs depuis, en Isra\u00e9l et m\u00e8me durant mon voyage \u00e0 Tunis, ils n\u2019employaient plus le support en goudron durci. Ils frappaient plutot une contre une lourde plate d\u2019acier, ce qui d\u00e9formait la surface du plat. <\/b><\/p>\n<p><b>Aux figures g\u00e9om\u00e9triques, il ajoutait des fois, \u00e0-main-lev\u00e9e, d\u2019autres d\u00e9corations florales ou animales. Alors vient le travail d\u00e9licat du marteau qui pousse le fin ciseau, par petits coups et transforme les lignes dessin\u00e9es en\u00a0 un sillon profond. Ces sillons peuvent rester tels qu\u2019ils sont ou bien il y sertit, \u00e0 l\u2019aide d\u2019un petit marteau, un fil d\u2019argent ou de cuivre. Ces coups provoquaient une soudure \u00e0 froid du fil dans le sillon, et le \u2018remplissaient\u2019. Apr\u00e8s polissage, il obtenait un dessin \u2018cloisonn\u00e9\u2019, avec des lignes de couleur rouge ou blanche. <\/b><\/p>\n<p> <b> <img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" height=\"270\" src=\"https:\/\/harissa.com\/D_Souvenirs\/images\/lesmet32.jpg\" width=\"264\"\/><\/b><\/p>\n<p><b><br \/>A l\u2019aide d\u2019autres poin\u00e7ons, les ouvriers remplissaient l\u2019int\u00e9rieur de certaines figures et selon l\u2019alignement des formes fines grav\u00e9es, ils obtenaient diff\u00e9rents effets sur la surface du plat. <\/b><\/p>\n<p><b>L\u2019atelier du ciseleur occupait un coin dans une grande cour dont le propri\u00e9taire \u00e9tait le marbrier du quartier. Je ne m\u2019attarderai pas sur cet artisan, puisqu\u2019on le retrouve partout m\u00eame de nos jours. Quand j\u2019y pense aujourd\u2019hui, je ne comprends pas comment ces grosses pi\u00e8ces de marbre \u00e9taient transport\u00e9es jusqu&rsquo;\u00e0 cet atelier, ou partaient de l\u00e0-bas, \u00e0 travers les ruelles de la H\u2019ara.<\/b><\/p>\n<p><b>Il n\u2019y avait pas beaucoup de menuiseries, mais par contre on voyait plusieurs \u00e9b\u00e9nisteries. C\u2019\u00e9tait peut \u00eatre parce qu\u2019on achetait les meubles en dehors du Ghetto ou surtout parce qu\u2019on les h\u00e9ritait de nos grands-parents, et puis il fallait pas beaucoup de meubles pour remplir les petites chambres. Mais on prenait ses vieux meubles chez l\u2019\u00e9b\u00e9niste pour leur redonner une jeunesse. C\u2019\u00e9tait surtout de grandes armoires\u00a0 aux portes un peu baroques et des \u2018Comodas\u2019, cette commode dont les tiroirs contenaient le linge qui n\u2019allait pas dans l\u2019armoire. Elle contenait aussi des tr\u00e9sors de la famille tels que photos, bijoux et autres bagatelles.<\/b><\/p>\n<p> <b> <img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" height=\"227\" src=\"https:\/\/harissa.com\/D_Souvenirs\/images\/lesmet33.jpg\" width=\"306\"\/><\/b><\/p>\n<p><b><br \/>L\u2019atelier n\u2019\u00e9tant pas tr\u00e8s grand, le travail se faisait dehors, devant la porte. Il astiquait pendant des heures, avec un grand tampon imbib\u00e9 d\u2019un vernis noir, la surface d\u2019une porte ou d\u2019une autre pi\u00e8ce jusqu&rsquo;\u00e0 pleine satisfaction. Ce travail \u00e9tait tr\u00e8s physique et les gars qui le pratiquaient \u00e9taient bien muscl\u00e9s. On ne peut oublier les odeurs des vernis qui r\u00e9gnait dans l\u2019atelier et autour.  <\/b><\/p>\n<p><b>Le courant \u00e9lectrique ne passait dans toutes les maisons. L\u2019\u00e9clairage \u00e9tait \u00e0 la lampe \u00e0 p\u00e9trole ou \u00e0 la lampe au \u2018carbure\u2019 (de calcium), pierre que l\u2019on achetait chez des \u00e9piciers sp\u00e9cialis\u00e9s. Cette lampe ressemble plut\u00f4t \u00e0 une cafeti\u00e8re o\u00f9, comme pour le caf\u00e9, le bloc de carbure est renferm\u00e9 dans un r\u00e9cipient int\u00e9rieur et l\u2019eau y coule goutte \u00e0 goutte en provocant une r\u00e9action chimique avec la pierre, r\u00e9action contr\u00f4l\u00e9e qui d\u00e9gage le gaz d\u2019ac\u00e9tyl\u00e8ne. Ce gaz (malodorant) sort alors par un petit orifice, et une fois allum\u00e9, il \u00e9clairait la chambre d\u2019une forte lumi\u00e8re blanch\u00e2tre. <\/b><\/p>\n<p> <b> <img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" height=\"247\" src=\"https:\/\/harissa.com\/D_Souvenirs\/images\/lesmet34.jpg\" width=\"518\"\/><\/b><\/p>\n<p><b><br \/>J\u2019ai pu me procurer une lampe pareille, lors de mon voyage en Tunisie, je joins la photo ici.<\/b><\/p>\n<p><b>Un autre groupe de petits m\u00e9tiers \u00e9tait attach\u00e9 \u00e0 la \u2018bouffe\u2019.<\/b><\/p>\n<p><b>Une de nos voisines \u00e9tait une faiseuse de feuilles de briks. On la disait tr\u00e8s dou\u00e9e, puisqu\u2019on venait de loin pour en acheter chez elle. Je la revois aujourd\u2019hui assise par terre, comme le marchand de beignets arabe. Elle avait, \u00e0 sa droite, une grande cuvette pleine de p\u00e2te molle, et devant elle, une po\u00eale de cuivre renvers\u00e9e, chauff\u00e9e presque au rouge, au-dessus d\u2019un grand primus. Elle prenait dans sa main un morceau de p\u00e2te avec lequel elle touchait d\u00e9licatement la po\u00eale chaude. Ce geste se r\u00e9p\u00e9tait jusqu\u2019\u00e0 couvrir toute la surface de la po\u00eale, et \u00e0 chaque fois on entendait un bruit qui ressemblait \u00e0 celui d\u2019un fer chauff\u00e9 qu\u2019on trempait dans l\u2019eau. Ces bruits secs m\u2019accompagnait souvent quand je faisais mes devoirs. Puis comme par magie, elle d\u00e9tachait ais\u00e9ment la feuille\u00a0 et la posait sur la pile de feuilles d\u00e9j\u00e0 refroidies.<\/b><\/p>\n<p><b>Beaucoup de maisons n\u2019avaient pas l\u2019eau courante. Il y avait au ghetto des fontaines publiques d\u2019eau potable, dispers\u00e9es tous les cent ou deux cent m\u00e8tres. C\u2019\u00e9tait la corv\u00e9e des enfants de jouer \u00e0 Cosette-et-le-seau-d\u2019eau. Mais ceux qui le voulaient, pouvaient appeler le Garbaji, le porteur d\u2019eau, qui vous amenait pour quelques sous, une outre pleine qu\u2019il d\u00e9versait directement dans vos jarres. L\u2019outre, une peau de ch\u00e8vre qui avait les pattes attach\u00e9es et dont l\u2019ouverture du cou servait au passage de l\u2019eau, avait la peau poreuse et l\u2019eau en d\u00e9goulinait sur un tablier de cuir \u00e9pais que le porteur avait sur le dos. <\/b><\/p>\n<p> <b> <img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" height=\"270\" src=\"https:\/\/harissa.com\/D_Souvenirs\/images\/lesmet35.jpg\" width=\"313\"\/><\/b><\/p>\n<p><b>La vendeuse de l\u00e9gumes-de-bouillon-\u00e0-la-botte (Kattat L\u00e9broudou), assise sur une natte, \u00e9talait des bottes de l\u00e9gumes qui contenaient tout pour faire un bouillon. Il y avait un quart de t\u00e8te de c\u00e9leri, quelques carottes, des herbes etc\u2026juste pour le jour m\u00eame, pas plus, pas de restes \u00e0 jeter. <\/b><\/p>\n<p><b>Un autre m\u00e9tier curieux \u00e9tait celui du vendeur de jaunes d\u2019\u0153ufs. Certains patissiers n\u2019utilisaient que le blanc de l\u2019\u0153uf et vendaient le jaune, \u00e0 bas prix, le matin \u00e0 Sidi Bou H&rsquo;did. \u00a0Le casseur \u00e9tait arm\u00e9 d\u2019un grand panier plein d\u2019\u0153ufs frais et d\u2019une cuvette pour accumuler\u00a0le liquide blanc g\u00e9latineux. On ne savait rien du cholest\u00e9rol dans le temps, mais on nous a beaucoup vant\u00e9 les bienfaits du jaune de l\u2019\u0153uf. Alors sur la route de l\u2019\u00e9cole, on avalait deux ou trois de ces boules jaunes, on aimait \u00e7a et ce n\u2019\u00e9tait pas cher.<\/b><\/p>\n<p><b>Il y avait aussi le berger qui promenait ses ch\u00e8vres dans nos ruelles et qui nous servait du lait tout chaud, directement de la t\u00e9tine. Cela fait penser \u00e0 Pasteur qui n\u2019aurait s\u00fbrement pas bu de ce lait. <\/b><\/p>\n<p><b>Chez le confiseur, le fabricant de bonbons, on aimait voir ses \u2018laminoirs\u2019 et le travail qu\u2019il investissait dans le malaxage de la p\u00e2te de sucre. <\/b><\/p>\n<p> <img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" height=\"585\" src=\"https:\/\/harissa.com\/D_Souvenirs\/images\/Confiseur.jpg\" width=\"439\"\/><\/p>\n<p><b>Apres le p\u00e9trissage \u00e0 la machine, il pliait et repliait cette grosse masse de pate chaude, color\u00e9e et brillante, contre de gros clous qui sortaient du mur, et cela pendant des heures. Ensuite il la passait\u00a0 dans une esp\u00e8ce de laminoir dont les rouleaux avaient des creux de la forme de la moiti\u00e9 du bonbon. Chaque creux avait son jumeau sur le rouleau d\u2019en face. Quel plaisir que de voir des centaines de bonbons sortir de cette p\u00e2te amorphe, qui passait entre ces cylindres d\u2019acier brillants. Quand on ne d\u00e9rangeait pas trop le travail, on \u00e9tait bien r\u00e9compens\u00e9.<\/b><\/p>\n<p> <b> <img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" height=\"237\" src=\"https:\/\/harissa.com\/D_Souvenirs\/images\/lesmet36.jpg\" width=\"332\"\/><\/b><\/p>\n<p><b>La vari\u00e9t\u00e9 de g\u00e2teaux\u00a0 qui se vendaient sur la rue Sidi Bou Hdid est connue de presque tous les Tunisiens. Bien entendu que leur qualit\u00e9, existait aussi dans les p\u00e2tisseries des quartiers plus ais\u00e9s, et se retrouve, bien s\u00fbr, \u00e0 Paris depuis presque un demi-si\u00e8cle. <\/b><\/p>\n<p><b> Il y avait un vieux marchand ambulant de petits g\u00e2teaux, qui se pla\u00e7ait tr\u00e8s souvent \u00e0 l\u2019ombre d\u2019un des immeubles de recasement de la Hafsia et qui vendait des Ghr\u00e9iba au H\u2019ams ou au beurre. Il vendait aussi ces cubes g\u00e9latineux et color\u00e9s, qui \u00e9taient loin d\u2019\u00eatre du Halkoum. Mais ses g\u00e2teaux faits de copeaux de noix de coco avaient un gout que je n\u2019ai pas retrouv\u00e9 depuis.<\/b><\/p>\n<p><b> Ces m\u00e9tiers existaient surement en dehors de la H\u2019ara, et je serai heureux si j\u2019ai pu r\u00e9veiller en certains lecteurs le souvenir d\u2019une connaissance ou d\u2019un membre de leur famille qui faisaient partie de cette noble famille d\u2019artisans.<\/b><\/p>\n<p><b> Une partie de l\u2019artisanat juif d\u00e9crit ici, \u00e9tait n\u00e9e ou s\u00fbrement influenc\u00e9e par le contact avec d\u2019autres communaut\u00e9s\u00a0 qui n\u2019\u00e9taient pas plus ais\u00e9es. Ce sont les Maltais et les Siciliens, et on aimerait un jour retrouver, dans un des villages lointains de ces \u00eeles, des artisans qui font encore ces m\u00e9tiers.\u00a0 <\/b><\/p>\n<p><b> Avraham Bar Shay (Benattia) <a href=\"mailto:absf@netvision.net.il\"> absf@netvision.net.il<\/a> <\/b> <\/p>\n<\/blockquote><\/div>\n<\/p><\/div>\n<\/p><\/div>\n<hr\/>\n<blockquote>\n<blockquote><\/blockquote>\n<\/blockquote>\n<h6><\/h6>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Cette liste ne contient pas les m\u00e9tiers qui \u00e9taient tr\u00e8s connus en dehors du ghetto, ni ceux que les Tunisiens, immigr\u00e9s \u00e0 Paris (ou ailleurs), ont repris dans leurs nouveaux pays. N\u2019ayant pas conserv\u00e9 des photos des professions trait\u00e9es ici, j\u2019ai voulu illustrer ces pages de vieilles photos, noir et blanc de certains petits m\u00e9tiers&hellip;&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"author":0,"featured_media":27409,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"neve_meta_sidebar":"","neve_meta_container":"","neve_meta_enable_content_width":"","neve_meta_content_width":0,"neve_meta_title_alignment":"","neve_meta_author_avatar":"","neve_post_elements_order":"","neve_meta_disable_header":"","neve_meta_disable_footer":"","neve_meta_disable_title":"","footnotes":""},"categories":[17],"tags":[],"class_list":["post-26319","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-souvenirs"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/26319","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=26319"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/26319\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":29194,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/26319\/revisions\/29194"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/media\/27409"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=26319"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=26319"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=26319"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}