{"id":26344,"date":"2026-09-30T01:41:38","date_gmt":"2026-09-30T01:41:38","guid":{"rendered":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/?p=26344"},"modified":"2026-09-30T02:08:34","modified_gmt":"2026-09-30T02:08:34","slug":"lexode-du-20eme-siecle-par-albert-simeoni","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/lexode-du-20eme-siecle-par-albert-simeoni\/","title":{"rendered":"L\u2019EXODE (du 20\u00e9me si\u00e8cle.) par Albert Simeoni"},"content":{"rendered":"<div>\n<div>\n<div>\n<div>\n<div>\n<\/p><\/div>\n<\/p><\/div>\n<\/p><\/div>\n<\/p><\/div>\n<\/div>\n<hr\/>\n<div>\n<div>\n<div>\n<div>\n<p><b>\u00a0Un exode cela ne se pr\u00e9voit pas, prenons pour exemple celui qui a frapp\u00e9 la population \u00ab Europ\u00e9enne \u00bb de Tunisie.C\u2019est un vent de panique qui souffle, qui enveloppe la population, le bouche \u00e0 oreille circule \u00e0 la vitesse d\u2019un TGV, allez savoir pourquoi.Tout le monde se retrouve au port, les uns accompagnant les autres.Au d\u00e9but ceux qui accompagnent sont plus nombreux que ceux que l\u2019on accompagne, au fur et \u00e0 mesure, la tendance s\u2019inverse.En fin de compte, il ne reste plus personne pour accompagner les derniers partants. C\u2019est un peu comme pour les fossoyeurs, il faut bien qu\u2019il y en ait pour les enterrer, non ?Des bateaux il y en a eu beaucoup qui faisaient la travers\u00e9e de Tunis \u00e0 Marseille.Ils partaient pleins \u00e0 ras bord, ils revenaient \u00e0 vide, recharger leur cargaison, avec les pleurs en suppl\u00e9ment de bagage, mais gratuits.Il y avait le Chanzy, le Ville de Tunis, le Ville d\u2019Alger, le Kairouan, le Ville de Marseille, le Ville d\u2019Oran, mais le plus ancien \u00e9tait le Pr\u00e9sident Cazalet.Les sc\u00e8nes \u00e9taient toutes identiques.Les familles partantes \u00e9taient escort\u00e9es des parents, des amis et m\u00eame des voisins.Chacun portait ou faisait transporter par un portefaix, ses bagages.Et les cocottes-minutes, car on \u00e9tait persuad\u00e9 \u00e0 Tunis, qu\u2019il n\u2019y avait pas de cocottes-minutes en France.Les douaniers n\u2019ont jamais compris pourquoi chaque famille emportait cet ustensile.Egalement \u00e0 la main, la petite valise dite \u00ab valise nord-africaine \u00bb, qui contenait des victuailles pour la travers\u00e9e Un poulet r\u00f4ti, des sandwiches de toutes sortes, de la boutargue, etc.Le pain \u00e9tait conserv\u00e9 dans un sac, pour ne pas s\u00e9cher.Pour les boissons, on aviserait, on en ach\u00e8terait \u00e0 bord.On allait faire les formalit\u00e9s d\u2019embarquement, et munis des cartes d\u2019acc\u00e8s \u00e0 bord, on poursuivait les recommandations pour certains et les regrets de rester pour les autres.-Fais attention, mon fils, n\u2019oublie pas de rendre visite \u00e0 tata Claudine, tu te rappelles son adresse, \u00e0 Bagnolet.-Garde bien tes valises pr\u00e8s de toi dans le train, ma fille, ferme-les bien.Etc. etc.Et les pleurs redoublaient d\u2019intensit\u00e9, \u00e0 mesure que l\u2019heure d\u2019embarquer approchait.Premier coup de sir\u00e8ne, comme si le commandant voulait \u00e0 loisir leur d\u00e9chirer le c\u0153ur.Alors l\u00e0 on se jetait au cou, on s\u2019embrassait pour l\u2019\u00e9ni\u00e8me fois, on renouvelait les recommandations.Il fallait embarquer. Les mouchoirs \u00e9taient sortis, pour les agiter et aussi pour s\u2019essuyer les yeux et se moucher. A BORD ! La plupart des personnes voyageaient \u00e0 fond de cale. Il ne fallait pas trop d\u00e9penser pour un voyage sans retour.Ce n\u2019\u00e9tait pas un voyage d\u2019agr\u00e9ment, chaque sou \u00e9conomis\u00e9, comptait.A bord, on louait des chaises longues, qu\u2019on installait en cercle, par famille.Quelques fois des amis ou voisins se rejoignaient.Au d\u00e9but on bavardait pour se remonter le moral, certains, plus fanfarons, montraient qu\u2019ils ne craignaient pas la mer, ils montaient sur le pont sup\u00e9rieur, voir d\u00e9filer la route tout le long du canal, l\u2019usine \u00e9lectrique de la Goulette, le canal et la mer.Jusqu\u2019\u00e0 la \u00ab passe \u00bb, tout se passait bien, on se croirait \u00e0 bord d\u2019une felouka, longeant les c\u00f4tes.Une fois la \u00ab passe \u00bb franchie, c\u2019est l\u00e0 que commen\u00e7ait le balancement du paquebot.Selon la nature du vent, sa force, il y avait tangage ou roulis.On entendait alors ces phrases :-Ya Rebbi Miyer ! ya Rebbi Fraji ! ya Rebbi Ha\u00ef Tayeb ! Qalbi bache yemchi aaliya ! Rani bache nmoute !La grand-m\u00e8re ou le grand-p\u00e8re avait le mal de mer.Cette indisposition \u00e9tant \u00ab contagieuse \u00bb moralement, petit \u00e0 petit l\u2019ensemble des voyageurs avait le c\u0153ur retourn\u00e9.Ensuite, on se reprenait, et on adoptait le pied marin.Comme la mer donne faim, c\u2019est connu, on ouvrait les valises et on commen\u00e7ait \u00e0 pr\u00e9parer les casse-cro\u00fbtes.Chacun selon son app\u00e9tit, ses dispositions.Il y avait parmi les voyageurs, quelques d\u00e9gourdis, qui se mettaient d\u2019accord avec le chef de cabines ; moyennant un petit suppl\u00e9ment pay\u00e9 de la main \u00e0 la main, ils passaient en classe sup\u00e9rieure pour b\u00e9n\u00e9ficier d\u2019avantages substantiels.Une cabine, avec d\u00eener et petit-d\u00e9jeuner compris.A bord la vie s\u2019organisait, on louait des couvertures pour la nuit.Le balancement du bateau ber\u00e7ait, on s\u2019endormait.Quelques fois en entendait quelqu\u2019un vomir, de suite chacun se proposait de lui donner un rem\u00e8de de son savoir.Le lendemain matin, on arrivait tout pr\u00e8s du golfe du lion, \u00e0 quelques miles de Marseille.Souvent les choses se g\u00e2taient.Si le mistral soufflait, il emp\u00eachait le bateau d\u2019avancer, malgr\u00e9 un renforcement des machines.Le bateau tanguait, le mal de mer redoublait, on rendait tout ce que l\u2019on avait ingurgit\u00e9.Le navire pouvait parfois mettre plusieurs heures avant d\u2019accoster.En bout de peine, et avec la gr\u00e2ce de D.ieu, on arrivait \u00e0 bon port.C\u2019est l\u00e0, que les vraies difficult\u00e9s commen\u00e7aient. J&rsquo;ai quitt\u00e9 mon pays, j&rsquo;ai quitt\u00e9 ma maison Ma vie, ma triste vie se tra\u00eene sans raison J&rsquo;ai quitt\u00e9 mon soleil, j&rsquo;ai quitt\u00e9 ma mer bleue Leurs souvenirs se r\u00e9veillent, bien apr\u00e8s mon adieu Soleil, soleil de mon pays perdu Des villes blanches que j&rsquo;aimais, des filles que j&rsquo;ai jadis connues.Avec l&rsquo;aimable collaboration de mon ami, qu&rsquo;il trouve l\u00e0 toute mon estime. Raby Myak.NB\/ Ce que je vais vous d\u00e9crire l\u00e0 en ajout.Les familles rest\u00e9s sur les quais, apr\u00e8s le d\u00e9part du paquebot, se pr\u00e9cipitaient vers la Goulette, pour attendre le passage du bateau qui devait croiser, \u00e0 quelques m\u00e8tres des blocs le Phare du Bouraz, et l\u00e0, les \u00e9migr\u00e9s sur le pont se faisaient de grands signes de la main par un signe distinctif pour se faire reconna\u00eetre des leurs, un mouchoir de couleur, une serviette, un tricot bref un tissu qu&rsquo;ils faisaient tourner au dessus de leur t\u00eate. Les mouettes suivaient et les remous des h\u00e9lices venaient se fracasser sur les digues. Certains t\u00e9m\u00e9raires allaient m\u00eame se positionner sur les premi\u00e8res roches pour \u00eatre plus pr\u00e8s de leurs cousins ou alli\u00e9s. Je me souviens que la surface de l&rsquo;eau \u00e9tait comme aspir\u00e9e par le passage du paquebot. Ghbin\u00e8\u2026.Voil\u00e0 Lala\u2026.<\/p>\n<p> Non Sidney Lellouche, un ami goulettois.<br \/> lALA mon histoire viendra en temps voulu. C&rsquo;est une fresque comme j&rsquo;en sais en faire. <\/b><\/p>\n<\/p><\/div>\n<div>\n<p> <b>Merci.<br \/> <\/b><\/p>\n<\/p><\/div>\n<div>\n<p> <b>Albert SIMEONI L&rsquo;ENFANT DE LA GOULETTE. <\/b>\u00a0<\/p>\n<\/p><\/div>\n<\/p><\/div>\n<\/p><\/div>\n<\/p><\/div>\n<hr\/>\n<blockquote>\n<blockquote><\/blockquote>\n<\/blockquote>\n<h6><\/h6>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00a0Un exode cela ne se pr\u00e9voit pas, prenons pour exemple celui qui a frapp\u00e9 la population \u00ab Europ\u00e9enne \u00bb de Tunisie.C\u2019est un vent de panique qui souffle, qui enveloppe la population, le bouche \u00e0 oreille circule \u00e0 la vitesse d\u2019un TGV, allez savoir pourquoi.Tout le monde se retrouve au port, les uns accompagnant les autres.Au&hellip;&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"author":0,"featured_media":23295,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"neve_meta_sidebar":"","neve_meta_container":"","neve_meta_enable_content_width":"","neve_meta_content_width":0,"neve_meta_title_alignment":"","neve_meta_author_avatar":"","neve_post_elements_order":"","neve_meta_disable_header":"","neve_meta_disable_footer":"","neve_meta_disable_title":"","footnotes":""},"categories":[17],"tags":[],"class_list":["post-26344","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-souvenirs"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/26344","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=26344"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/26344\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":29219,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/26344\/revisions\/29219"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/media\/23295"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=26344"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=26344"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=26344"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}