{"id":26356,"date":"2026-09-30T01:41:38","date_gmt":"2026-09-30T01:41:38","guid":{"rendered":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/?p=26356"},"modified":"2026-09-30T02:08:43","modified_gmt":"2026-09-30T02:08:43","slug":"ma-bouee-par-albert-simeoni","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/ma-bouee-par-albert-simeoni\/","title":{"rendered":"Ma bouee, par Albert Simeoni"},"content":{"rendered":"<div>\n<div>\n<div>\n<div>\n<div>\n<\/div><\/div>\n<\/p><\/div>\n<\/p><\/div>\n<\/div>\n<hr\/>\n<div>\n<div>\n<div>\n<p><b>\u00a0Un montage, du film imaginaire \u2018&#8230;Sur l\u2019\u00cele de la Sensation&#8230;\u00a0!\u2019 fait par mon amie,  m\u2019a rappel\u00e9 ma bou\u00e9e, celle que j\u2019avais \u00e0 la Goulette vers l\u2019\u00e2ge de 12 13 ans. <\/b> <\/p>\n<p><b>Une vieille chambre \u00e0 air toute rapi\u00e9c\u00e9e et souvent d\u00e9gonfl\u00e9e toutes les fois que je montais \u00a0la r\u00e9cup\u00e9rer \u00e0 la buanderie, situ\u00e9e \u00e0 la terrasse.<\/b><\/p>\n<p><b>Je la descendais en cachette de mes parents et l\u00e0 faisait remonter toujours avec cette \u00a0crainte dans le ventre d\u2019\u00eatre surpris \u00a0par mon p\u00e8re qui craignait qu\u2019elle ne m\u2019emporte au large. Un jour.<\/b><\/p>\n<p><b>J\u2019\u00e9tais \u00e0 cette \u00e9poque tr\u00e8s bon nageur, rares d\u2019ailleurs \u00a0\u00e9taient les \u00a0jeunes ou vieux goulettois qui ne savaient pas barboter dans une eau dont la profondeur au rivage \u00e9tait de 10 cm.<\/b><\/p>\n<p><b>\u00a0Il fallait rentrer \u00e0 plus de 60 m\u00e8tres de la plage pour pr\u00e9tendre flotter. <\/b><\/p>\n<p><b>Il est vrai aussi que le mauvais vent\u00a0 fort qui soufflait parfois, de la cote vers la mer, pouvait emporter les\u00a0 moins avertis au\u00a0 large. \u2018Ces\u00a0 joujoux \u00a0en caoutchouc\u2019 si l\u2019on n\u2019y prenait pas garde \u00a0\u00e9taient dangereux et non sans \u00a0risques. Des enfants, laiss\u00e9s en errance par leurs parents, plus enclins \u00e0 papoter qu\u2019\u00e0 surveiller leur prog\u00e9niture ont \u00e9t\u00e9 quitte par une grande frayeur.<\/b><\/p>\n<p><b>A d\u00e9faut d\u2019une bou\u00e9e comme celle qui fleurissent aujourd\u2019hui en plastic avec de jolies motifs et faciles \u00e0 gonfler, la mienne \u00e9tait grosse et surtout lourde \u00e0 manier.<\/b><\/p>\n<p><b>Souvent d\u00e9gonfl\u00e9e comme je le dis plus haut, je l\u2019enfilais comme une \u00e9charpe tricolore de Maire ou de d\u00e9put\u00e9s. Sauf que la mienne \u00e9tait noire et plate avec une valve en \u00e9rection.<\/b><\/p>\n<p><b>Mise\u00a0 en bandouli\u00e8re, j\u2019allais donc la \u00a0gonfler, chez mon ami Rzouga, dont le p\u00e8re Hamouda, \u00e9tait propri\u00e9taire \u00a0de la station d\u2019essence AGIP.<\/b><\/p>\n<p><b>Gonfl\u00e9e \u00e0 bloc, la vessie reprenait en un clin d\u2019\u0153il\u00a0 sa forme primitive pour la modique somme de 10 millimes. Une grande d\u00e9pense pour moi, par contre le Habib, un fain\u00e9ant de premier ordre et adepte de la divine bouteille, \u00a0le r\u00e9parateur de mobylettes, m\u2019\u00e9pargnait cette charge financi\u00e8re. Il me la gonflait gracieusement et pour cause. Je louais chez lui les engins casse cous, les GINO BARTALI, que nos parents nommaient engins de mort. Malheureusement, notre m\u00e9canicien qui tenait boutique \u00e0 deux p\u00e2t\u00e9es de maison\u00a0 de chez moi, \u00e9tait le plus souvent ferm\u00e9. <\/b><\/p>\n<p><b>L\u2019op\u00e9ration gonflage termin\u00e9e, je faisais rouler ma bou\u00e9e, \u00a0comme un vulgaire \u00a0squelette d\u2019une roue de v\u00e9lo, sur un macadam chaud \u00e0 faire griller les plantes des pieds les plus coriaces, \u00a0vers sa destination finale, la plage.<\/b><\/p>\n<p><b>Tous mes amis en avaient une et rares sont ceux qui pouvaient se targuer d\u2019en avoir \u00a0de modernes. D\u2019ailleurs m\u00eame les plus nantis, ne l\u2019utilisaient pas, pr\u00e9f\u00e9rant user de ces pneumatiques \u00a0et chambres \u00e0 air usag\u00e9s, chers aux \u00a0enfants indigents.<\/b><\/p>\n<p><b>Que nous \u00e9tions.<\/b><\/p>\n<p><b>Une fois mise \u00e0 l\u2019eau, je sautais sur elle comme sur un \u00e9dredon moelleux. <\/b><\/p>\n<p><b>Je me calais bien au centre, \u00e9vitant la valve pour ne pas me blesser.<\/b><\/p>\n<p><b>Une fois install\u00e9, je commen\u00e7ais \u00e0 battre des pieds pour naviguer, comme le ferait une h\u00e9lice d\u2019un paquebot pour avancer. Pour reculer\u00a0 mes bras prenaient le relais. Ils servaient aussi bien de rames que de gouvernails au cas o\u00f9 mes jambes ne r\u00e9pondaient plus par la fatigue.<\/b><\/p>\n<p><b>Lorsque je sentais que je m\u2019\u00e9loignais trop du rivage, les paroles de mon p\u00e8re r\u00e9sonnaient comme un feu clignotant rouge\u00a0 me rappelant le danger que j\u2019encourais.<\/b><\/p>\n<p><b>Je\u00a0 kiffais donc de tout mon soul,\u00a0 ce\u00a0 plaisir de navigation assez loin de l\u2019endroit pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 de mon p\u00e8re. Goulette Casino. J\u2019avais toujours cette hantise qu\u2019il  me surprenne allong\u00e9 sur ce rafiot de fortune\u00a0 et d\u2019en subir plus tard l\u2019admonestation.<\/b><\/p>\n<p><b>Je n\u2019\u00e9tais pas seul \u00e0 naviguer dans cette grande marre bleue, mes copains logeaient \u00e0 la m\u00eame enseigne.<\/b><\/p>\n<p><b>Aussi craintifs que moi, \u00e9vitant toujours d\u2019\u00eatre surpris par papa ou maman ou par le grand fr\u00e8re, , nous concourrions ensemble dans des joutes o\u00f9, le premier arriv\u00e9 aux abords du canal, ce qui \u00e9tait quand m\u00eame assez loin de notre point de d\u00e9part, \u00a0gagner la seule r\u00e9compense honorifique admise, \u00a0celui\u00a0 le\u00a0 premier arriv\u00e9 \u00e0 la force de ses poignets et \u00a0mollets, \u00e0 la hauteur du piquet plant\u00e9 dans l\u2019eau sur lequel flottait un fanion rouge qui interdisait d\u2019aller au-del\u00e0, c&rsquo;est-\u00e0-dire \u00a0la travers\u00e9e de ce fameux canal de Kherredine. <\/b><\/p>\n<p><b>Je pouvais voir\u00a0 une fois arriv\u00e9 \u00e0 la hauteur de ce panneau, le fameux mur de Kherredine, sur lequel tants de dos c\u00e9l\u00e8bres se sont pos\u00e9s pour une \u2018friture\u2019 corporel. <\/b><\/p>\n<p><b>La buvette\u00a0 de Hassan n\u2019existait pas encore. Il y avait cependant de nombreux parasols et surtout une foule de jeunes juifs qui se tr\u00e9moussaient dans l\u2019eau. Cette c\u00e9l\u00e8bre plage n\u2019\u00e9tait pas large. Une quinzaine de m\u00e8tres de long \u00a0sur vingt m\u00e8tres de large. Mais on s\u2019y bousculait quand m\u00eame lors des fortes chaleurs.<\/b><\/p>\n<p><b>La notre par contre \u00e9tait beaucoup plus longue mais pas tr\u00e8s large. Elle commen\u00e7ait \u00e0 Goulette Casino pour finir bien loin, du cot\u00e9 de ce que nous \u00a0surnommions les blocs. <\/b><\/p>\n<p><b>Il ne m\u2019\u00e9tait pas permis, \u00e0 cette \u00e9poque,\u00a0 comme on le disait en arabe, \u00a0de fouler \u2018EL KONTRA\u2019 le pont, la fronti\u00e8re nord EL HOUDOUD,\u00a0 de mon pays du soleil et de la s\u00e9r\u00e9nit\u00e9, \u00a0et aussi de d\u00e9passer, celle que m\u2019imposait mes parents, la plage dite TAKET\u2019S.<\/b><\/p>\n<p><b>Ils nous arrivaient aussi mes amis et moi, de braver l\u2019interdit lorsque le mauvais vent n\u2019\u00e9tait pas au rendez-vous, de rentrer un plus\u00a0 vers le large. Mais l\u00e0 aussi, les paroles de mes parents me dissuadaient de franchir le rubicon.<\/b><\/p>\n<p><b>Je revenais donc sur mes pas, laissant les autres braver le danger. <\/b><\/p>\n<p><b>Par moment, un emmerdeur d\u00e9s\u0153uvr\u00e9 et sans bou\u00e9e,\u00a0 en mal d\u2019amusements, venait par surprise tel un sous marin, plonger sous ma bou\u00e9e pour me faire capoter et\u00a0 mordre ainsi la poussi\u00e8re. Un jeu comme un d\u2019autre.<\/b><\/p>\n<p><b>De ma bou\u00e9e, j\u2019ai gard\u00e9 le souvenir d\u2019un adolescent de 12, 13 ans gonfl\u00e9 \u00e0 bloc.<\/b><\/p>\n<p><b>Aujourd\u2019hui, je ne rame plus, je me laisse emporter par mon matelas pos\u00e9 sur un plan d\u2019eau de piscine, r\u00eavant par moment \u00e0 ma bou\u00e9e qui me noircissait les aisselles.<\/b><\/p>\n<p><b>Et voici donc l\u2019ambiance d\u2019une journ\u00e9e pass\u00e9e sur la plage croqu\u00e9 par notre ami HENRI BELLICHA z\u2019al artiste peintre.<\/b><\/p>\n<p><b>Vous remarquerez les bou\u00e9es flottants sur la mer.<\/b><\/p>\n<p><b>ALBERT SIMEONI<\/b><\/p>\n<p> <img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" height=\"815\" src=\"https:\/\/harissa.com\/D_Souvenirs\/images\/bouee.jpg\" width=\"616\"\/><\/p>\n<\/p><\/div>\n<\/p><\/div>\n<\/p><\/div>\n<hr\/>\n<blockquote>\n<blockquote><\/blockquote>\n<\/blockquote>\n<h6><\/h6>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00a0Un montage, du film imaginaire \u2018&#8230;Sur l\u2019\u00cele de la Sensation&#8230;\u00a0!\u2019 fait par mon amie, m\u2019a rappel\u00e9 ma bou\u00e9e, celle que j\u2019avais \u00e0 la Goulette vers l\u2019\u00e2ge de 12 13 ans. 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