{"id":26510,"date":"2026-09-30T01:41:51","date_gmt":"2026-09-30T01:41:51","guid":{"rendered":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/?p=26510"},"modified":"2026-09-30T02:10:57","modified_gmt":"2026-09-30T02:10:57","slug":"souvenirs-den-face-chapitre-1-par-amm","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/souvenirs-den-face-chapitre-1-par-amm\/","title":{"rendered":"Souvenirs d&rsquo;en face, Chapitre 1 par AMM"},"content":{"rendered":"<h2><\/h2>\n<p> <i> <\/p>\n<\/p>\n<p> <\/i> <\/p>\n<hr\/>\n<p> <b> <\/p>\n<hr\/>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" height=\"304\" src=\"https:\/\/harissa.com\/harissa\/Fortunee_et_Jacob_Chiche_le_jour_de_la_Bar_Mitzvah_avril_60.JPG\" width=\"307\"\/><\/p>\n<p>Le jour de la Bar-Mitzvah de jacob Chiche<\/p>\n<p> <i> <\/p>\n<p>\u00ab\u00a0L\u0092homme vient au monde en pleurant\u0085et \u00e0 quelques semaines, il rit aux \u00e9clats.<\/p>\n<p>Un b\u00e9b\u00e9 en bonne sant\u00e9 est un b\u00e9b\u00e9 heureux et je connais bien des vieillards sereins.<\/p>\n<p>On peut toujours avoir le go\u00fbt des larmes\u00a0; mais l\u0092enfant pleure pour exprimer ses malaises afin de les faire cesser. Nous pleurons pour \u00eatre consol\u00e9s. M\u00eame le sacrifice est une source de satisfaction. Ne dit-on pas des martyrs qu\u0092ils sont des bienheureux\u00a0?<\/p>\n<p>La conscience est une sup\u00e9riorit\u00e9 humaine, mais la conscience du malheur n\u0092est pas sup\u00e9rieure \u00e0 celle du bonheur. Si l\u0092on peut fonder une philosophie sur le malheur, pourquoi ne pourrait-on pas la construire sur la joie de vivre\u00a0?\u00a0\u00bb<\/p>\n<p> <\/i><u> <\/u><\/p>\n<p>Albert Memmi<\/p>\n<p>A nos anc\u00eatres, ces cha\u00eenons qui nous ont conduit jusqu\u0092en terre tunisienne puis dispers\u00e9 dans le monde\u0085<\/p>\n<p>Et \u00e0 nos enfants pour qu\u0092ils perp\u00e9tuent leurs m\u00e9moires.<\/p>\n<p>CHAPITRE 1<\/p>\n<p>JE PLEURE ET JE REPLEURE<\/p>\n<p>En chacun d\u0092entre nous, il y a un enfant qui pleure\u0085 Et moi, \u00e0 Nabeul, ce jour-l\u00e0, le soleil me troue la peau. Etonnant pour un mois d\u0092avril en Tunisie. Les murs blancs de la rue de la r\u00e9publique longent le stade, les gens m\u0092attendent devant la synagogue. Je n\u0092arrive pas \u00e0 m\u0092avancer vers eux. Ebloui par la lumi\u00e8re, comme dans un r\u00eave, j\u0092essaye de mettre un pied devant l\u0092autre et j\u0092ai l\u0092impression d\u0092\u00eatre paralys\u00e9. Tous me sourient, sp\u00e9cialement tonton Maurice et tante Odette, et ne comprennent pas ce qui se passe r\u00e9ellement.<\/p>\n<p>Que fait-il\u00a0? Le Rabin l\u0092attend pour lui mettre les t<\/p>\n<p>efilins. \u00ab\u00a0Elie va devenir majeur aujourd\u0092hui.\u00a0\u00bb a d\u00e9clar\u00e9 ma m\u00e8re. Elle parle de la majorit\u00e9 religieuse, le droit de faire partie des dix juifs n\u00e9cessaires pour la pri\u00e8re\u00a0: le minian. Pourtant, je marche \u00e0 reculons. L\u0092\u00e9motion embourbe mon visage, me fait faire des grimaces. Je ressens comme une boule au ventre. Plus rien n\u0092existe, ni ma ville, ni mes amis, ni le soleil, tout se dissous dans une explosion soudaine compl\u00e8tement inattendue. <\/p>\n<p>C\u0092est le jour de ma bar-mitsva et\u0085 Je me met \u00e0 pleurer. Je ne sais pas pourquoi mais mes larmes coulent. J\u0092en ai encore le go\u00fbt, mi-sal\u00e9, mi-amer. Je n\u0092arrive pas \u00e0 d\u00e9celer l\u0092origine de mes sanglots. Ils d\u00e9ferlent, telles des vagues, me secouent et d\u00e9truisent toutes les vell\u00e9it\u00e9s de c\u00e9l\u00e9bration. Le beau temps, les senteurs de fleurs d\u0092oranger, l\u0092odeur des piments s\u00e9ch\u00e9s, rien n\u0092y fait. J\u0092ai chaud, j\u0092ai froid, je d\u00e9gouline de sueur. L\u0092ambiance est insoutenable. Je suis d\u00e9lib\u00e9r\u00e9ment sinistre.<\/p>\n<p>D\u0092habitude, les adolescents sont joyeux pendant leur communion. Ils re\u00e7oivent des cadeaux et pleins de compliments. Moi, c\u0092est tout le contraire\u0085 Plus le temps avance, plus je deviens triste. D\u0092un seul coup, tout s\u0092arr\u00eate, la magie de la f\u00eate, les rires, les copains\u0085 et je me retrouve l\u00e0 \u00e0 larmoyer.<\/p>\n<p>Je me revois encore dans mon beau costume gris, en chemise blanche et cravate sombre, l\u0092air idiot de celui qui joue, qui vit, \u00e0 contre-temps, \u00e0 contre-sens. Tous les amis, cousines et cousins, tournent autour de moi en m\u0092inspectant, curieux de mon comportement, de type anormal, incompr\u00e9hensible, \u00e0 cot\u00e9 de la plaque. \u00ab\u00a0Pourquoi pleures-tu\u00a0?\u00a0\u00bb Mon fr\u00e8re Claude me pose la question fatidique, et mes larmes repartent de plus belles. Je n\u0092ai bien s\u00fbr aucune r\u00e9ponse \u00e0 sa question et cela me rend encore plus sombre.<\/p>\n<p>La derni\u00e8re fois que j\u0092avais pleur\u00e9, il y avait des raisons rationnelles. J\u0092avais \u00e9t\u00e9 mis en pension \u00e0 l\u0092age de neuf ans. Apr\u00e8s avoir quitt\u00e9 le chaud cocon familial de Nabeul et m\u0092\u00eatre retrouv\u00e9 au beau milieu d\u0092\u00e9trangers au Lyc\u00e9e de Carthage. J\u0092\u00e9prouvais une intense solitude, j\u0092entendais m\u00eame la voix de ma m\u00e8re qui m\u0092appelait dans la cour vide du lyc\u00e9e\u0085 J\u0092envoyais lettre sur lettre \u00e0 mes parents en finissant toujours par la formule maintenant consacr\u00e9e dans la famille\u00a0: \u00ab\u00a0Je pleure et je repleure.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Comme si le simple fait de pleurer ne suffisait pas, n\u0092attisait pas toute l\u0092\u00e9tendue de ma tristesse et qu\u0092il fallait en rajouter toujours un peu plus pour montrer le caract\u00e8re insupportable de ce que je ressentais. Pour tout le monde, je crois, il suffit de pleurer pour \u00e9vacuer sa peine ou son conflit. Moi, il me fallait plus\u00a0: la sensation de ne pas pouvoir m\u0092arr\u00eater. Pleurer est une attitude normale, moi, il me fallait repleurer. Je ne sais toujours pas si ce verbe existe, mais en employant le pr\u00e9fixe re, je marquais le coup comme l\u0092enfant g\u00e2t\u00e9 qui exprime sa volont\u00e9 d\u0092en finir pour de bon avec la cause de son d\u00e9sagr\u00e9ment.<\/p>\n<p>Pour le lyc\u00e9e de Carthage, la strat\u00e9gie avait \u00e9t\u00e9 efficace. Au bout de quatre ou cinq lettres soigneusement imbib\u00e9es de larmes, mes parents avaient convaincu dans l\u0092urgence, le proviseur du coll\u00e8ge tunisien de Nabeul de me transf\u00e9rer dans une classe de sixi\u00e8me o\u00f9 je devenais le seul \u00e9l\u00e8ve gar\u00e7on parmi quarante filles. Les pleurs, cela pouvait \u00eatre efficace, parfois.<\/p>\n<p>Mais pour revenir \u00e0 ma f\u00eate, je ne pouvais desserrer le n\u009cud d\u0092angoisse qui \u00e9treignait ma gorge. Ma bar-mitsva devait se d\u00e9rouler dans la joie; cela ne s\u0092est pas pass\u00e9 comme pr\u00e9vu. Je venais d\u0092avoir douze ans et j\u0092avais perdu le mois dernier mon grand-p\u00e8re paternel, Nono, dont j\u0092\u00e9tais le pr\u00e9f\u00e9r\u00e9. On ne pouvait pas repousser la communion \u00e0 cause de sa mort, mais il fallait respecter la tradition et organiser quand m\u00eame la f\u00eate sans apparats.<\/p>\n<p>Une f\u00eate solennelle et religieuse a donc \u00e9t\u00e9 pr\u00e9vue sans les youyous \u0096 les dzarits \u0096 la danseuse du ventre et l\u0092orchestre oriental. Tout cela, j\u0092allais en \u00eatre priv\u00e9. Serais-ce la mort de mon grand-p\u00e8re\u00a0? La c\u00e9r\u00e9monie diminu\u00e9e ou la tristesse de ma famille\u00a0? Je n\u0092en sais rien mais sur le moment, j\u0092ai \u00e9t\u00e9 encore submerg\u00e9 et j\u0092ai du encore fuir dans des cohortes de sanglots interminables.<\/p>\n<p>Je ne pouvais pas faire revenir le grand-p\u00e8re qui aurait \u00e9t\u00e9 si fier de me voir monter tout seul sur l\u0092autel de la synagogue. Je portais le m\u00eame pr\u00e9nom que lui comme le veut la tradition. Et il avait \u00e9t\u00e9 si fier, le jour des r\u00e9sultats de l\u0092examen de sixi\u00e8me, de voir son nom dans les journaux et les commer\u00e7ants, voisins de la librairie familiale, le f\u00e9liciter de sa r\u00e9ussite. J\u0092aurais \u00e9t\u00e9 tellement heureux qu\u0092il soit l\u00e0 avec moi, et f\u00eater ma communion comme tous mes copains dans cette ambiance inimitable des f\u00eates orientales du Nabeul-Plage. Quand tous les ados fumaient comme le jour de Pourim et ressentaient des picotements devant le ventre d\u00e9nud\u00e9 des danseuses gentiment provocatrices !<\/p>\n<p>Bon, mon grand-p\u00e8re m\u0092a manqu\u00e9 et je n\u0092ai pas eu la f\u00eate dont je r\u00eavais\u00a0! Pourquoi en reparler aujourd\u0092hui\u00a0? Pourquoi ressasser cet \u00e9v\u00e9nement qui aurait du s\u0092enfouir dans le lot de mes souvenirs\u00a0? Je ne sais pas. Mais je crois que dans la vie que je m\u00e8ne aujourd\u0092hui en Occident, la terre de mes anc\u00eatres me fait toujours d\u00e9faut. Je pense aussi \u00e0 la douceur du pays dont je suis s\u00e9par\u00e9. Je me repose la question\u00a0: est-ce qu\u0092en cet instant o\u00f9 j\u0092\u00e9cris tranquillement pench\u00e9 sur mon ordinateur portable, je pleure ou je repleure les yeux secs\u00a0? Une autre r\u00e9ponse surgit \u00e0 mes yeux, qui me rappelle un jour, un autre jour\u0085 plus tard\u0085 En 1967, sur le bateau qui nous amenait de Tunis \u00e0 Marseille, laissant le port de la Goulette s\u0092effacer dans la brume, j\u0092ai vu mon sandwich \u00e0 l\u0092harissa, celui dont parle Michel Bougenah, le m\u00eame, houa bidou, qui pleurait et repleurait aussi.<\/p>\n<p>Etre coup\u00e9s de notre jardin d\u0092enfance, le paradis perdu, constitue une souffrance. J\u0092ai laiss\u00e9 le corps de mes a\u00efeux derri\u00e8re moi sur la terre de Tunisie. Je ne sais pas encore si je suis vraiment arriv\u00e9 \u00e0 en faire mon deuil. Je n\u0092aime toujours pas le mot s\u00e9paration. Je r\u00e9cuse le syndrome d\u0092abandon. J\u0092\u00e9vite la solitude. Je dors la lumi\u00e8re allum\u00e9e. Je regrette la musique des soir\u00e9es d\u0092\u00e9t\u00e9 \u00e0 d\u00e9guster des melons, des figues et des past\u00e8ques \u00e0 la terrasse de nos maisons. Le jasmin, le soleil, la mer et le ciel bleu me manquent. Mais en fait est-ce que je ne regrette pas tout simplement pas ma jeunesse, le temps de tous les possibles.<\/p>\n<p>Pourquoi nos racines doivent-elles nous faire aussi mal\u00a0? Notre d\u00e9chirure commune nous renvoie \u00e0 la tristesse de l\u0092instant de l\u0092adieu, comme une vieille blessure qui n\u0092en finit pas de cicatriser. Nous avons conquis le monde mais nous nous attendrissons devant un morceau de boutargue ou un verre de boukha. Nous adorons les sushis pourtant un simple complet poisson a pour nous la force de la madeleine de Proust, celle de la recherche du temps perdu. Mais \u00e0 force de retourner creuser la blessure de notre d\u00e9part, n\u0092y a-t-il pas danger de cultiver cette nostalgie\u00a0? A force de naviguer dans un pass\u00e9 qui de toutes fa\u00e7ons ne reviendra pas, nous risquons peut-\u00eatre de nous perdre dans ses racines\u00a0? Il nous faut absolument grandir.<\/p>\n<p>Oui, accepter de tourner la page, m\u00eame si c\u0092\u00e9tait douloureux car nous avons coup\u00e9 le cordon ombilical sans p\u00e9ridurale ni anesth\u00e9sie. Mais la contemplation de leur nombril n\u0092a jamais suffit \u00e0 rendre les gens heureux. Pourquoi ne faut-il pas accepter notre nouvelle situation, vivre le pr\u00e9sent, r\u00eaver le futur, s\u0092ouvrir aux autres, en acceptant nos diff\u00e9rences et aussi nos blessures originelles.<\/p>\n<p>C\u0092est vrai que nous ne nous sommes jamais sentis aussi juifstunes que depuis que nous avons quitt\u00e9 la Tunisie. Nous apportons \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 notre \u00e9nergie de d\u00e9racin\u00e9s, notre sensibilit\u00e9 un peu d\u00e9boussol\u00e9e \u00e0 l\u0092avant-garde des modes et des routes balis\u00e9es. Nous avons le courage de cr\u00e9er, sans complexes ni fausse honte. Nous avons transform\u00e9 l\u0092univers pathos en en inventant un autre plus \u00e0 notre mesure. Les autres immigr\u00e9s sont tellement contents d\u0092\u00eatre accueillis qu\u0092ils se moulent dans les habits trop grands de leurs h\u00f4tes. Nous avons fait l\u0092inverse\u00a0: pour leur rendre hommage, nous leur avons montr\u00e9 notre singularit\u00e9, notre joie de vivre et d\u0092exister ensemble.<\/p>\n<p> <\/b> <\/p>\n<p><b>Aux USA, en France en Isra\u00ebl et ailleurs, nous avons fond\u00e9 des familles, fait de nouveaux amis, ajout\u00e9 de nouvelles communaut\u00e9s, jet\u00e9 de nouvelles racines. Professionnels de la diaspora, \u00e0 chaque fois que l\u0092on nous bouge, nous reprenons le collier pour retisser du lien social, de la bonne humeur, de la solidarit\u00e9. Comme des fourmis remises \u00e0 l\u0092ouvrage, nous devons travailler la soci\u00e9t\u00e9 humaine pour qu\u0092elle soit plus jolie et mieux supportable pour les g\u00e9n\u00e9rations futures.<\/b><\/p>\n<p><b>Nous sommes des juifstunes mais nous sommes aujourd\u0092hui, \u00e0 la fois du Nord et du Sud, citoyens de la plan\u00e8te et enfants d\u0092Internet. Nous avons \u00e9labor\u00e9 une philosophie de la bonne humeur face aux cyniques et int\u00e9gristes de tous poils. Nous convertissons notre douleur de transplant\u00e9 en une arme pour mieux respecter les autres et les \u00e9couter. Et ce travail collectif, il faut le perp\u00e9tuer en avan\u00e7ant tous vers un monde mosa\u00efque, meilleur, tol\u00e9rant, plus amusant et plus fraternel.<\/b><\/p>\n<p><b>Malgr\u00e9 le froid du Nord, toutes nos \u00e9tincelles d\u0092\u00e2mes r\u00e9chauff\u00e9es par leur incarnation en juiftunisien tentent en communion de mette de la lumi\u00e8re, du feu et de la chaleur dans notre nouveau monde. Gr\u00e2ce \u00e0 cela, nous avons retrouv\u00e9 le go\u00fbt de la vie.<\/b><\/p>\n<p>En chacun d\u0092entre nous, il y a un enfant qui pleure\u0085 et puis sourit.<\/p>\n<p> <a href=\"mailto:amm@miriadtech.com\">amm@miriadtech.com<\/a> CHAPITRE 2 A VOUS DE JOUER\u00a0!!! <\/p>\n<p><b>Entrez ci-dessous vos souvenirs de tunes, une pensee nostalgique ou les emotions qui sont encore presentes chez vous. Ca ne doit pas necessairement etre la suite de ce qui est au chapitre premier. Ca peut etre quelques mots ou quelques phrases ou plus. <\/b><\/p>\n<hr\/>\n<blockquote>\n<blockquote><\/blockquote>\n<\/blockquote>\n<h6><\/h6>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le jour de la Bar-Mitzvah de jacob Chiche \u00ab\u00a0L\u0092homme vient au monde en pleurant\u0085et \u00e0 quelques semaines, il rit aux \u00e9clats. Un b\u00e9b\u00e9 en bonne sant\u00e9 est un b\u00e9b\u00e9 heureux et je connais bien des vieillards sereins. 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