{"id":2726,"date":"2011-09-27T23:20:51","date_gmt":"2011-09-27T23:20:51","guid":{"rendered":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/?p=2726"},"modified":"2011-09-27T23:20:51","modified_gmt":"2011-09-27T23:20:51","slug":"presse-juive-larche-une-pause-fatale","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/presse-juive-larche-une-pause-fatale\/","title":{"rendered":"Presse juive : L\u2019Arche, une pause fatale ?"},"content":{"rendered":"<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<div property=\"dc:description\">\n<p>\n\t\tPresse juive : L&rsquo;Arche, une pause fatale ?<\/p>\n<p>\n\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\tPar Jos-Eduardo Pereira<\/p>\n<p>\n\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\tVictime de l&rsquo;&eacute;rosion de son lectorat, L&rsquo;Arche, &laquo; le mensuel du juda&iuml;sme fran&ccedil;ais &raquo;, a cess&eacute; de para&icirc;tre en avril dernier. &Agrave; sa place, un site internet et un trimestriel anim&eacute;s par une nouvelle &eacute;quipe verront le jour au mois d&rsquo;octobre. Mais pour certains familiers de cette revue charg&eacute;e d&rsquo;histoire, la perte para&icirc;t irr&eacute;parable.<\/p>\n<p>\n\t\tAutour de son bureau, les livres amoncel&eacute;s en piles tortueuses ne semblent attendre qu&rsquo;un geste maladroit pour s&rsquo;effondrer. Dans quelques jours, quel&shy;ques semaines tout au plus, Me&iuml;r Wain&shy;trater aura quitt&eacute; ses chers locaux de la rue Broca et, avec lui, s&rsquo;effaceront ces souvenirs d&rsquo;une &eacute;poque r&eacute;volue.<\/p>\n<p>\n\t\tUne p&eacute;riode de dix-huit ans durant laquelle il aura dirig&eacute; avec une in&eacute;puisable passion et une rigueur exemplaire la r&eacute;daction de L&rsquo;Arche, un mensuel dont la communaut&eacute; juive fran&ccedil;aise a pu s&rsquo;enor&shy;gueillir jusqu&rsquo;en avril dernier.<\/p>\n<p>\n\t\tMalgr&eacute; ses qualit&eacute;s ind&eacute;niables, la revue, propri&eacute;t&eacute; du Fonds social juif unifi&eacute; (FSJU), &eacute;tait depuis longtemps d&eacute;ficitaire. Alors qu&rsquo;en 1993, elle pouvait se targuer d&rsquo;une diffusion payante de 6 000 &agrave; 7 000 exemplaires, elle ne comptait plus au d&eacute;but de l&rsquo;ann&eacute;e 2011 que 2 900 abonn&eacute;s pour 500 &agrave; 600 exemplaires vendus en kiosque.<\/p>\n<p>\n\t\tUne diffusion bien trop faible pour les respon&shy;sables du FSJU, au regard des 250 000 euros auxquels ses pertes an&shy;nuelles &eacute;taient estim&eacute;es. &laquo; Nous avons fait ce que nous avons pu pour redresser les ventes, assure Patrick Chasqu&egrave;s, directeur du marketing et de la communication du FSJU. Nous avons envoy&eacute; 845 000 e-mails en utilisant nos listes de diffusion, propos&eacute; des abonnements &agrave; tarif r&eacute;duit. Mais nous n&rsquo;avons gagn&eacute; que quelques centaines d&rsquo;abonn&eacute;s. &raquo;<\/p>\n<p>\n\t\tLa crise &eacute;conomique n&rsquo;ayant du reste pas &eacute;pargn&eacute; les Juifs de France, le FSJU, dont la vocation est de financer des projets &agrave; caract&egrave;re social, &eacute;ducatif ou culturel, se devait selon Patrick Chasqu&egrave;s de s&rsquo;orienter vers un m&eacute;dia moins co&ucirc;teux. &laquo; Dans ce contexte, poursuit-il, le plus judicieux nous a sembl&eacute; de passer &agrave; internet. &raquo;<\/p>\n<p>\n\t\tMOBILISATION<\/p>\n<p>\n\t\tEnt&eacute;rinant ce choix, le directeur g&eacute;n&eacute;ral du FSJU, Jacques B&eacute;nichou, fait transmettre le 24 f&eacute;vrier 2011 par courrier &eacute;lectronique une lettre aux soixante-douze collaborateurs de L&rsquo;Arche, informant ces derniers d&rsquo;une &laquo; pause &raquo; impos&eacute;e &agrave; la revue, le temps d&rsquo;une &laquo; r&eacute;flexion sur le r&ocirc;le de ce m&eacute;dia (&hellip;) son positionnement et sa ligne &eacute;ditoriale &raquo;.<\/p>\n<p>\n\t\tL&rsquo;&eacute;motion est imm&eacute;diate parmi les destinataires du courrier qui, entre les lignes de ce communiqu&eacute; laconique, lisent l&rsquo;arr&ecirc;t de mort du journal.<\/p>\n<p>\n\t\tCeux-ci s&rsquo;organisent, r&eacute;clament des comptes, interpellent sans m&eacute;nagement Pierre Besnainou, le pr&eacute;sident du FSJU, lors d&rsquo;une r&eacute;union organis&eacute;e le 7 mars &agrave; Paris. Ils accusent les responsables de l&rsquo;institution de dissimuler leurs v&eacute;ritables desseins, d&rsquo;ordre politique selon certains, refusent tous la substitution pure et simple d&rsquo;un site internet &agrave; la revue mensuelle.<\/p>\n<p>\n\t\tLe 15 mars, ils vont jusqu&rsquo;&agrave; publier dans Lib&eacute;ration une p&eacute;tition sign&eacute;e par des intellectuels en vue comme Alain Finkielkraut, Pascal Bruckner, Andr&eacute; Glucks&shy;mann, Didier Decoin, Claude Lanzmann ou le prix Nobel de Physique Claude Cohen-Tannoudji.<\/p>\n<p>\n\t\tDans le m&ecirc;me temps, Alain Finkielkraut croise le fer avec Pierre Besnainou sur les ondes de la radio communautaire RCJ et, sur Facebook, un groupe baptis&eacute; &laquo; L&rsquo;Arche ne doit pas mourir en mars &raquo; est cr&eacute;&eacute;, qui r&eacute;unit bient&ocirc;t plus de cinq cents lecteurs.<\/p>\n<p>\n\t\tOUVERTURE<\/p>\n<p>\n\t\tLes r&eacute;actions sont &agrave; la mesure du poids symbolique et du r&ocirc;le historique de la revue, n&eacute;e en janvier 1957. Alors que les traumatismes de la guerre avaient fait &eacute;clater une parole juive autrefois f&eacute;d&eacute;r&eacute;e, L&rsquo;Arche a fait office, d&rsquo;embl&eacute;e, de lieu de rassemblement.<\/p>\n<p>\n\t\tLes cultures, les identit&eacute;s, les sensibilit&eacute;s juives les plus diverses, de gauche ou de droite, religieuses ou non, y ont trouv&eacute; un espace de repr&eacute;sentation et d&rsquo;expression sous les plumes de journalistes, d&rsquo;universitaires, d&rsquo;&eacute;crivains ou de rabbins.<\/p>\n<p>\n\t\tEn donnant voix &agrave; leur sp&eacute;cificit&eacute;, la revue a m&ecirc;me contribu&eacute; &agrave; l&rsquo;int&eacute;gration des Juifs arriv&eacute;s d&rsquo;Afrique du Nord, dans les ann&eacute;es soixante et soixante-dix.<\/p>\n<p>\n\t\tPar ailleurs, attentifs &agrave; la situation proche-orientale et aux formes anciennes et nouvelles d&rsquo;antis&eacute;mitisme, les r&eacute;dacteurs de L&rsquo;Arche ont su &eacute;galement sortir de la sph&egrave;re proprement juive pour s&rsquo;int&eacute;resser &agrave; d&rsquo;autres communaut&eacute;s, &agrave; d&rsquo;au&shy;tres exp&eacute;riences humai&shy;nes. En t&eacute;moignent le dossier sur les relations jud&eacute;o-chr&eacute;tiennes publi&eacute; conjointement avec TC en avril 2002 et le num&eacute;ro consacr&eacute; aux g&eacute;nocides arm&eacute;nien et rwandais, paru en avril 2004.<\/p>\n<p>\n\t\tC&rsquo;est cette vocation et cette singularit&eacute; que collaborateurs et lecteurs de L&rsquo;Arche ont tenu &agrave; d&eacute;fendre face &agrave; une d&eacute;cision jug&eacute;e aussi pr&eacute;cipit&eacute;e que peu justifi&eacute;e.<\/p>\n<p>\n\t\tS&rsquo;avisant des cons&eacute;quences de sa communication malhabile, la direction du FSJU, en m&ecirc;me temps qu&rsquo;elle a d&eacute;cid&eacute; de l&rsquo;arr&ecirc;t provisoire de la publication du magazine, a mis en place une commission de r&eacute;flexion qui, &agrave; trois occasions, aura r&eacute;uni autour de Patrick Chasqu&egrave;s des collaborateurs de L&rsquo;Arche et des professionnels des m&eacute;dias.<\/p>\n<p>\n\t\tREVUE TRIMESTRIELLE<\/p>\n<p>\n\t\tLe 6 juillet, finalement, le comit&eacute; directeur du FSJU adopte l&rsquo;id&eacute;e d&rsquo;un site internet accompagn&eacute; d&rsquo;une revue trimestrielle. Le site, qui sera en ligne &agrave; partir du 3 octobre, proposera des articles d&rsquo;analyse, des d&eacute;bats, des vid&eacute;os en lien avec l&rsquo;actualit&eacute;, un forum de discussion ainsi que des blogs, tenus par de jeunes plumes ou des intellectuels connus.<\/p>\n<p>\n\t\tLe trimestriel, quant &agrave; lui, comportera une grande interview, un dossier central, des articles consacr&eacute;s au juda&iuml;sme dans ses diff&eacute;rentes composantes ainsi que des rubriques &laquo; France &raquo;, &laquo; Isra&euml;l &raquo;, &laquo; Culture &raquo; et &laquo; Lifestyle &raquo;, cette derni&egrave;re con&ccedil;ue sur le mod&egrave;le des pages &laquo; Sortir &raquo; de L&rsquo;Express.<\/p>\n<p>\n\t\tLe premier num&eacute;ro, qui para&icirc;tra &agrave; la fin du mois d&rsquo;octobre, comptera 144 pages et sera tir&eacute; &agrave; 6 000 exemplaires. Selon Patrick Chasqu&egrave;s, qui assure d&eacute;sormais les fonctions de directeur de la publication, une trentaine d&rsquo;anciens collaborateurs a d&eacute;j&agrave; accept&eacute; de participer &agrave; cette entreprise, qui pourra compter sur le concours de personnalit&eacute;s de l&rsquo;envergure du sociologue Michel Wieviorka ou de la philosophe Blandine Kriegel.<\/p>\n<p>\n\t\tP&Eacute;RENNISER<\/p>\n<p>\n\t\tMe&iuml;r Waintrater, lui, ne sera pas de la partie. &laquo; On ne m&rsquo;a pas demand&eacute; de prendre part au nouveau projet et on a eu raison de ne pas le faire &raquo;, confie l&rsquo;ancien directeur, qui se d&eacute;finit comme un &laquo; homme de l&rsquo;&eacute;crit &raquo; et n&rsquo;a jamais con&ccedil;u L&rsquo;Arche autrement que comme une revue mensuelle.<\/p>\n<p>\n\t\tPour lui succ&eacute;der, le choix de la direction du FSJU s&rsquo;est port&eacute; sur Laurent-David Samama, membre du comit&eacute; de r&eacute;daction de La R&egrave;gle du Jeu, la revue de Bernard-Henri L&eacute;vy.<\/p>\n<p>\n\t\t&Acirc;g&eacute; d&rsquo;&agrave; peine vingt-quatre ans, au fait des nouveaux mo&shy;des de communication, il incarne donc l&rsquo;esprit que la direction du FSJU entend insuffler &agrave; la nouvelle formule. Sa mission sera de rajeunir et d&rsquo;&eacute;largir le lectorat de L&rsquo;Arche mais, assure-t-il, il compte bien pr&eacute;server et p&eacute;renniser ce &laquo; lieu de rassemblement des Juifs de toute tendance &raquo; et esp&egrave;re, d&egrave;s le premier num&eacute;ro, rassurer ceux qui doutent encore de ses intentions.<\/p>\n<p>\n\t\tD&Eacute;RIVE ?<\/p>\n<p>\n\t\tL&rsquo;&eacute;crivain Mich&egrave;le Kahn, qui a pris part au groupe de r&eacute;flexion mis en place par le FSJU, est de ceux qu&rsquo;il aura &agrave; convaincre.<\/p>\n<p>\n\t\t&laquo; Je crains, pr&eacute;vient-elle, que L&rsquo;Arche perde l&rsquo;&eacute;clectisme qui le caract&eacute;risait, que le lien soit rompu avec les abonn&eacute;s, des personnes parfois &acirc;g&eacute;es et extr&ecirc;mement cultiv&eacute;es qui n&rsquo;ont pas forc&eacute;ment acc&egrave;s &agrave; internet. Le risque est aussi de voir le titre sombrer dans une d&eacute;rive &laquo; people &raquo;, &agrave; l&rsquo;ima&shy;ge du mensuel Tribune Juive, qui avait &eacute;t&eacute; repris un temps par Pierre Besnainou et a fini par &ecirc;tre mis en liquidation judiciaire, en mars dernier. &raquo;<\/p>\n<p>\n\t\tAutre collaborateur de L&rsquo;Arche, Rapha&euml;l Dra&iuml; va plus loin en comparant la disparition du mensuel &agrave; un &laquo; attentat culturel contre la communaut&eacute; &raquo;. L&rsquo;universitaire accuse Pierre Besnainou d&rsquo;avoir &eacute;t&eacute; &laquo; le fossoyeur de Tribune Juive &raquo; et de s&rsquo;&ecirc;tre comport&eacute; avec L&rsquo;Arche comme &laquo; un pr&eacute;dateur &raquo;, g&eacute;rant le dossier de mani&egrave;re &laquo; autocratique et r&eacute;voltante &raquo;.<\/p>\n<p>\n\t\t&laquo; Sans ces deux titres, s&rsquo;inqui&egrave;te-t-il, quel espace reste-t-il aux Juifs de France pour s&rsquo;exprimer librement ? &raquo; C&rsquo;est peu dire, dans ces conditions, que le d&eacute;fi sera de taille pour la nouvelle &eacute;quipe. Elle aura sur les &eacute;paules le poids de toute une histoire et, au moins en partie, la responsabilit&eacute; d&rsquo;un avenir pour la presse juive de France.<\/p>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&nbsp; Presse juive : L&rsquo;Arche, une pause fatale ? &nbsp; Par Jos-Eduardo Pereira &nbsp; Victime de l&rsquo;&eacute;rosion de son lectorat, L&rsquo;Arche, &laquo; le mensuel du juda&iuml;sme fran&ccedil;ais &raquo;, a cess&eacute; de para&icirc;tre en avril dernier. &Agrave; sa place, un site internet et un trimestriel anim&eacute;s par une nouvelle &eacute;quipe verront le jour au mois d&rsquo;octobre.&hellip;&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":16247,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"neve_meta_sidebar":"","neve_meta_container":"","neve_meta_enable_content_width":"","neve_meta_content_width":0,"neve_meta_title_alignment":"","neve_meta_author_avatar":"","neve_post_elements_order":"","neve_meta_disable_header":"","neve_meta_disable_footer":"","neve_meta_disable_title":"","_themeisle_gutenberg_block_has_review":false,"footnotes":""},"categories":[465,10,14,240,1],"tags":[],"class_list":["post-2726","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-alain-finkielkraut","category-france","category-paris","category-pierre-besnainou","category-uncategorized"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2726","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=2726"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2726\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/media\/16247"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=2726"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=2726"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=2726"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}