{"id":2740,"date":"2011-09-29T00:28:37","date_gmt":"2011-09-29T00:28:37","guid":{"rendered":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/?p=2740"},"modified":"2011-10-02T16:47:14","modified_gmt":"2011-10-02T16:47:14","slug":"elisabeth-badinter-un-peu-de-kantisme-dans-notre-societe-serait-bienvenu","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/elisabeth-badinter-un-peu-de-kantisme-dans-notre-societe-serait-bienvenu\/","title":{"rendered":"Elisabeth Badinter : Un peu de kantisme dans notre soci\u00e9t\u00e9 serait bienvenu"},"content":{"rendered":"<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<div class=\"teaser\">\n<h2>\n\t\t<a href=\"http:\/\/dafina.net\/entretiens\/elisabeth-badinter-un-peu-kantisme-dans-notre-societe-serait-bienvenu-28-09-2011-1894_111.php\">Elisabeth Badinter : Un peu de kantisme dans notre soci&eacute;t&eacute; serait bienvenu<\/a><\/h2>\n<p class=\"metadata\">\n\t\t<span class=\"author\">propos recueillis par Jennifer Schwarz<\/span><\/p>\n<p class=\"summary\">\n\t\tPour la philosophe &Eacute;lisabeth Badinter, la fin des grandes id&eacute;ologies du XXe si&egrave;cle a fait place &agrave; un d&eacute;sarroi, &agrave; un vide de sens qu&rsquo;il s&rsquo;agit de combler pour contrer le retour en force du religieux et la tentation du fondamentalisme, et ainsi d&eacute;fendre la la&iuml;cit&eacute; fran&ccedil;aise.<\/p>\n<\/div>\n<p class=\"summary\">\n\t<strong>Dans son dernier ouvrage, Chantal Delsol d&eacute;veloppe l&rsquo;id&eacute;e que nous sommes pass&eacute;s de l&rsquo;&acirc;ge de la d&eacute;construction &agrave; l&rsquo;&acirc;ge du renoncement fataliste. L&rsquo;ath&eacute;isme est-il, selon vous, synonyme d&rsquo;une forme de nihilisme&thinsp;?<\/strong><\/p>\n<p>\n\tLa fin de l&rsquo;imperium de la loi religieuse serait pour moi un grand progr&egrave;s de l&rsquo;humanit&eacute;. La religion est certes une grande consolation &#8211; les Norv&eacute;giens se sont retrouv&eacute;s dans les &eacute;glises apr&egrave;s la trag&eacute;die du 22 juillet -, mais elle est trop souvent, &agrave; mes yeux, source d&rsquo;intol&eacute;rance, voire de guerre. Je suis de ceux qui pensent que ce sont les sionistes religieux qui, en Isra&euml;l, emp&ecirc;chent en partie la paix, &agrave; l&rsquo;instar des islamistes radicaux. Croire en Dieu doit rester une affaire intime, une pratique int&eacute;rioris&eacute;e. L&rsquo;exc&egrave;s d&rsquo;ext&eacute;riorisation du religieux, les rituels qui deviennent sacro-saints, le renfermement sur sa communaut&eacute; &agrave; l&rsquo;exclusion des autres groupes, est profond&eacute;ment contraire &agrave; mon universalisme, &agrave; ma philosophie avant tout fond&eacute;e sur la conviction que nos ressemblances nous unissent. Sortir de cette soumission &agrave; la v&eacute;rit&eacute; religieuse reviendrait &agrave; sortir de l&rsquo;enfance.<\/p>\n<p>\tMalheureusement, je ne consid&egrave;re pas que les orthodoxies religieuses soient en perte de vitesse en Occident ou que nous revenions &agrave; une forme de sagesse ant&eacute;rieure au christianisme. Il n&rsquo;y a pas de retour en arri&egrave;re et je ne crois pas au temps cyclique. Nous assistons, au contraire, &agrave; un formidable retour en force du religieux depuis une vingtaine d&rsquo;ann&eacute;es, tant dans le juda&iuml;sme que dans l&rsquo;islam.<\/p>\n<p>\tPar exemple, depuis les ann&eacute;es 1990, s&rsquo;impose l&rsquo;id&eacute;e qu&rsquo;un bon Juif doit absolument manger casher et les kippas jadis r&eacute;serv&eacute;es au moment des pri&egrave;res se r&eacute;pandent de plus en plus dans l&rsquo;espace public, au cas o&ugrave; l&rsquo;on prononcerait le nom de Dieu chez son &eacute;picier&thinsp;! Il en est de m&ecirc;me chez un nombre grandissant de musulmans&thinsp;: manger halal, cacher les cheveux des femmes et les formes de leur corps. Si le catholicisme traditionnel est en perte de vitesse, on voit s&rsquo;implanter tr&egrave;s vite dans les banlieues de nouvelles formes r&eacute;actionnaires de sectes chr&eacute;tiennes telles les &eacute;vang&eacute;liques qui nous viennent des &Eacute;tats-Unis.<\/p>\n<p>\tJe ne comprends pas ce besoin actuel d&rsquo;exhiber une identit&eacute; religieuse et de se d&eacute;finir par opposition aux autres qui deviennent des &eacute;trangers. Je retrouve ce m&ecirc;me &eacute;tat d&rsquo;esprit dans le combat f&eacute;ministe am&eacute;ricain des ann&eacute;es 1980 qui a largement gagn&eacute; nos c&ocirc;tes et qui exalte de la m&ecirc;me mani&egrave;re les diff&eacute;rences homme-femme. De par leur puissance de reproduction, les femmes seraient d&eacute;tentrices de comportements et de valeurs diff&eacute;rentes permettant d&rsquo;&eacute;quilibrer le monde viril fait de comp&eacute;tition, d&rsquo;agression. Malheureusement, cette conception du monde qui nous r&eacute;duit au biologique l&rsquo;emporte aujourd&rsquo;hui, et notamment au sein du Parti socialiste, au travers de la philosophie du &laquo; care &raquo;, d&eacute;fendue par Martine Aubry.<\/p>\n<p>\t<strong>La qu&ecirc;te de la v&eacute;rit&eacute; a-t-elle, selon vous, disparu&thinsp;?<\/strong><\/p>\n<p>\tChantal Delsol a raison sur certains points mais pour ma part, je ne consid&egrave;re pas que nous ayons abandonn&eacute; la qu&ecirc;te de la v&eacute;rit&eacute;. La pulsion, le d&eacute;sir de v&eacute;rit&eacute; est sans fin. En ce sens, je me distingue radicalement du sto&iuml;cisme qui, soit dit en passant, a &eacute;t&eacute; tr&egrave;s longtemps pour moi une philosophie de la consolation. Elle m&rsquo;a aid&eacute;e &agrave; r&eacute;pondre &agrave; une question obs&eacute;dante&thinsp;: comment supporter la vie dans un camp de concentration&thinsp;?<br \/>\n\tPour en revenir &agrave; la v&eacute;rit&eacute;, si nous n&rsquo;y avons pas renonc&eacute;, nous avons, en revanche, perdu le go&ucirc;t des grandes id&eacute;ologies. Celles du XXe si&egrave;cle nous ont vaccin&eacute;s pour un petit moment&thinsp;! Nous nous retrouvons, &agrave; pr&eacute;sent, dans le vide. Cela me semble l&eacute;gitime et sain apr&egrave;s ce que le communisme et le nazisme nous ont fait subir. Ce vide est l&rsquo;effet d&rsquo;une crise profonde et tr&egrave;s d&eacute;concertante, mais aussi fructueuse. Nous rebattons les cartes. Je n&rsquo;ignore pas que les nouvelles g&eacute;n&eacute;rations en souffrent, et c&rsquo;est l&agrave;, peut-&ecirc;tre, un facteur de renforcement du religieux.<\/p>\n<p>\t<strong>Est-il, selon vous, n&eacute;cessaire de fonder une nouvelle &eacute;thique&thinsp;?<\/strong><\/p>\n<p>\tMon ambition reste que chacun puisse acc&eacute;der &agrave; la responsabilit&eacute;. Il para&icirc;t n&eacute;cessaire, non de cr&eacute;er une nouvelle morale, mais de revenir aux fondements de la morale universelle. Un peu de kantisme serait bienvenu. Nous vivons, en parall&egrave;le &agrave; la fin des id&eacute;ologies, une r&eacute;volution technologique qui bouleverse nos rapports humains, notre fa&ccedil;on d&rsquo;acc&eacute;der au savoir, les relations entre les individus, mais aussi une r&eacute;volution des m&oelig;urs inou&iuml;e&hellip; Je per&ccedil;ois cela avec un enthousiasme tr&egrave;s r&eacute;confortant. Quelque chose de neuf se construit, m&ecirc;me si nous sommes d&eacute;bord&eacute;s par la rapidit&eacute; des changements, m&ecirc;me si nous ne sommes pas encore capables de penser la globalisation et la mondialisation. Observez la pauvret&eacute; de notre pens&eacute;e, au niveau mondial. Elle est sans g&eacute;nie. Notre litt&eacute;rature est pauvre et je suis frapp&eacute;e de voir &agrave; quel point ma g&eacute;n&eacute;ration post-soixante-huitarde est d&rsquo;une m&eacute;diocrit&eacute; philosophique incroyable par rapport &agrave; celle de nos ma&icirc;tres.<\/p>\n<p>\tMon regard d&rsquo;historienne m&rsquo;aide &agrave; prendre du recul&thinsp;: il existe de nombreuses p&eacute;riodes, dans l&rsquo;histoire, de d&eacute;sert de talent et de pens&eacute;e. Cela peut durer un demi-si&egrave;cle ou plus. Le d&eacute;sarroi actuel est si profond que la tentation du retour &agrave; la puret&eacute; initiale, au fondamentalisme, est grande. Cette tentation de nous dire&thinsp;: &laquo; Nous nous sommes tromp&eacute;s, nous avons fait fausse route en nous fourvoyant dans le consum&eacute;risme, dans un monde d&rsquo;artifices. Revenons aux &eacute;ternels fondamentaux&thinsp;: Dieu et\/ou la nature qui ne nous trompent pas&hellip; &raquo;<\/p>\n<p>\t<strong>Dans votre dernier ouvrage, <em>Le Conflit, la femme et la m&egrave;re,<\/em> vous &eacute;voquez un risque de retour au naturalisme&hellip;<\/strong><\/p>\n<p>\tIl y a une tentation de retour &agrave; des fondements de la sagesse humaine, mais pas au sens o&ugrave; l&rsquo;entend Chantal Delsol. La soci&eacute;t&eacute; occidentale est scind&eacute;e entre deux visions de l&rsquo;homme. Il y a d&rsquo;un c&ocirc;t&eacute; cette tentation de retour &agrave; la nature, &agrave; ses fondements, et de l&rsquo;autre, il y a ceux, comme moi, pour qui une rupture doit continuer d&rsquo;exister entre l&rsquo;homme et l&rsquo;animal. Ces deux positions sont antith&eacute;tiques.<\/p>\n<p>\t<strong>Vous croyez donc au propre de l&rsquo;homme.<\/strong><\/p>\n<p>\tOui, s&rsquo;il n&rsquo;y a pas de propre de l&rsquo;homme, alors nous devons nous soumettre aux lois naturelles avec tout ce que cela comporte d&rsquo;injustice et de souffrance. En ce sens, une m&egrave;re se doit d&rsquo;allaiter son enfant comme n&rsquo;importe quel mammif&egrave;re. Notre condition d&rsquo;&ecirc;tre humain nous fait, selon moi, sortir de cet &eacute;tat de nature parce que nous avons un inconscient et des d&eacute;sirs diff&eacute;rents. Nous restons certes des mammif&egrave;res, mais nous pouvons, en raison de notre histoire et de notre inconscient, adopter des comportements radicalement distincts les uns des autres. Il n&rsquo;existe donc pas une esp&egrave;ce humaine unifi&eacute;e comme les autres esp&egrave;ces animales.<\/p>\n<p>\tL&rsquo;histoire, la culture, l&rsquo;environnement sont des facteurs beaucoup plus puissants &agrave; mes yeux que le biologique. Je me d&eacute;finis comme cart&eacute;sienne, mais sans la dimension extr&ecirc;me de Ren&eacute; Descartes. Je ne comprends pas que l&rsquo;on puisse donner la priorit&eacute; &agrave; la biodiversit&eacute; naturelle plut&ocirc;t qu&rsquo;&agrave; l&rsquo;homme. Comment peut-on, par exemple, imposer des loups aux bergers et sacrifier l&rsquo;homme et ses int&eacute;r&ecirc;ts au respect de la biodiversit&eacute;&thinsp;? La nature &eacute;volue. Des esp&egrave;ces disparaissent, d&rsquo;autres apparaissent. Rien n&rsquo;est &eacute;ternel. Je ne comprends pas le point de vue catastrophiste des vrais tenants du naturalisme. En ce qui me concerne, je mets l&rsquo;homme au c&oelig;ur de tout, mais pas &agrave; n&rsquo;importe quel prix.<\/p>\n<p>\t<strong>La lib&eacute;ration de l&rsquo;individu a-t-elle entra&icirc;n&eacute; des effets pervers que vous d&eacute;plorez&thinsp;?<\/strong><br \/>\n\tL&rsquo;individualisme extr&ecirc;me, qui est trop souvent le n&ocirc;tre, m&rsquo;inqui&egrave;te. Nous sommes pass&eacute;s en l&rsquo;espace de quarante ans &#8211; soit de mani&egrave;re tr&egrave;s brutale &#8211; d&rsquo;un mod&egrave;le &agrave; un autre, avec les exc&egrave;s que cela comporte. Je ne sens plus bien la volont&eacute; de vivre ensemble. Nous sommes vraiment dans le &laquo; chacun-pour-soi &raquo;. En cons&eacute;quence, nous assistons &agrave; un m&eacute;pris de la loi collective et d&eacute;mocratique qui me bouleverse. La pulsion est devenue toute-puissante comme un effet pervers de la reconnaissance tr&egrave;s positive des d&eacute;sirs de l&rsquo;individu. Aucune soci&eacute;t&eacute; ne peut survivre sans le respect de la loi. Cela renvoie &agrave; une forme de barbarie.<\/p>\n<p>\tMalgr&eacute; ces effets pervers, je ne regrette pas la r&eacute;volution des m&oelig;urs. L&rsquo;allongement de la dur&eacute;e de la vie n&rsquo;est pas seulement d&ucirc; aux progr&egrave;s scientifiques, mais &agrave; cette &eacute;volution psychologique qui lib&egrave;re les &ecirc;tres humains, hommes et femmes, du carcan des normes obligatoires. La reconnaissance, par exemple, gr&acirc;ce &agrave; la psychanalyse, puis au f&eacute;minisme, de la bisexualit&eacute; humaine &#8211; chacun d&rsquo;entre nous &eacute;tant un compos&eacute; exceptionnel de f&eacute;minit&eacute; et de virilit&eacute; &#8211; a &eacute;t&eacute; fort propice au fait que nous puissions aujourd&rsquo;hui vivre plus longtemps.<\/p>\n<p>\t<strong>Quels sont, selon vous, les combats &agrave; mener les prochaines ann&eacute;es&thinsp;?<\/strong><\/p>\n<p>\tEn dehors de Marine Le Pen, plus personne ne d&eacute;fend la la&iuml;cit&eacute;. Au sein de la gauche, le combat a &eacute;t&eacute; compl&egrave;tement abandonn&eacute;, si ce n&rsquo;est par Manuel Vals. La gauche a laiss&eacute; s&rsquo;installer l&rsquo;&eacute;quation suivante&thinsp;: d&eacute;fense de la la&iuml;cit&eacute; &eacute;gal racisme. Cela est tragique. Je me bats aussi pour l&rsquo;&eacute;galit&eacute; des sexes, la gestation pour autrui, l&rsquo;adoption par les couples homosexuels. Le retard de nos repr&eacute;sentants sur ces questions est d&rsquo;une part li&eacute; &agrave; la sacralisation de la nature et, d&rsquo;autre part, &agrave; la vitesse des changements soci&eacute;taux.<\/p>\n<h3>\n\t&Eacute;lisabeth Badinter<\/h3>\n<p>\n\tPhilosophe et &eacute;crivaine, elle est l&rsquo;auteure de <em>Fausse route<\/em> (Odile Jacob, 2003), de <em>XY, <\/em>de <em>l&rsquo;identit&eacute; masculine<\/em> (Odile Jacob, 2004), de <em>Les Passions intellectuelles<\/em> (3 tomes, Fayard, 2011) et de <em>Le Conflit, la femme et la m&egrave;re<\/em> (Flammarion, 2010).<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&nbsp; Elisabeth Badinter : Un peu de kantisme dans notre soci&eacute;t&eacute; serait bienvenu propos recueillis par Jennifer Schwarz Pour la philosophe &Eacute;lisabeth Badinter, la fin des grandes id&eacute;ologies du XXe si&egrave;cle a fait place &agrave; un d&eacute;sarroi, &agrave; un vide de sens qu&rsquo;il s&rsquo;agit de combler pour contrer le retour en force du religieux et&hellip;&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":16254,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"neve_meta_sidebar":"","neve_meta_container":"","neve_meta_enable_content_width":"","neve_meta_content_width":0,"neve_meta_title_alignment":"","neve_meta_author_avatar":"","neve_post_elements_order":"","neve_meta_disable_header":"","neve_meta_disable_footer":"","neve_meta_disable_title":"","_themeisle_gutenberg_block_has_review":false,"footnotes":""},"categories":[20,23,1],"tags":[],"class_list":["post-2740","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-juif","category-litterature","category-uncategorized"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2740","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=2740"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2740\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/media\/16254"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=2740"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=2740"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=2740"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}