{"id":2756,"date":"2016-10-16T02:21:20","date_gmt":"2016-10-16T02:21:20","guid":{"rendered":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/?p=2756"},"modified":"2016-10-16T05:33:00","modified_gmt":"2016-10-16T05:33:00","slug":"dou-nous-vient-le-shofar","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/dou-nous-vient-le-shofar\/","title":{"rendered":"D\u2019o\u00f9 nous vient le Shofar ?"},"content":{"rendered":"<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<div property=\"description\">\n<p>\n\t\tD&rsquo;o&ugrave; nous vient le Shofar ?<\/p>\n<p>\n\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t&nbsp;<\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<div property=\"description\">\n<p>\n\t\tD&rsquo;o&ugrave; nous vient le Shofar ?<\/p>\n<p>\n\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\tDe tous les instruments de musique, &agrave; corde, &agrave; vent et &agrave; percussion seul le shofar a suivi le peuple juif dans son exil. On ne se sert plus de cette corne de b&eacute;lier qu&#39;&agrave; deux occasions dans le juda&iuml;sme, &agrave; savoir le jour du nouvel an (Rosh ha-Shana) et le jour des propitiations (Yom Kippour). D&#39;o&ugrave; peut bien provenir cette tradition et comment s&#39;expliquer les interpr&eacute;tations mystiques et &eacute;sot&eacute;riques qu&#39;elle a re&ccedil;ues au cours des &acirc;ges?<br \/>\n\t\tAu fond, la Bible ne pr&eacute;cise nulle part les r&egrave;gles aff&eacute;rentes au shofar; c&#39;est le talmud -surtout dans le trait&eacute; de Rosh ha-Shana 16a-b- qui s&#39;en charge. Les th&eacute;ories qui cherch&egrave;rent &agrave; en rendre compte varient selon que l&#39;on est rationaliste, &eacute;clair&eacute; ou franchement mystique; on peut retenir grosso modo deux id&eacute;es: la sonnerie du shofar cherche &agrave; attirer l&#39;attention de Dieu, voire m&ecirc;me &agrave; le r&eacute;veiller et &agrave; lui rappeler que sa mis&eacute;ricorde doit prendre le pas sur sa rigueur; ou bien elle sert &agrave; chasser les forces mal&eacute;fiques, singuli&egrave;rement Satan qui prend peur lorsqu&#39;il per&ccedil;oit ces sons pr&eacute;cis et abandonne alors toutes les accusations qu&#39;il entendait porter contre Isra&euml;l.<\/p>\n<p>\n\t\tVoyons &agrave; pr&eacute;sent les occurrences du shofar et sa signification dans la Bible et dans le talmud afin de mieux comprendre la dimension &eacute;sot&eacute;rique de ce ph&eacute;nom&egrave;ne religieux. Dans la litt&eacute;rature biblique le shofar servait tout d&#39;abord lors de l&#39;intronisation d&#39;un roi (II Sam. 15;10, I R. 1;34, 39, I R. 1;41s, II R. 9;13). Psaume 47;6 -sur lequel nous reviendrons plus bas- renvoie &agrave; l&#39;intronisation de Dieu lui-m&ecirc;me: &ldquo;Elohim monte en fanfare (teru&#39;a) JHWH au sens du cor (shofar)&rdquo;. La seconde utilisation du shofar, pris comme le son du cor ou du tocsin, se rapporte &agrave; la guerre: II Sam. 18;16 et 20;22 notifient l&#39;arr&ecirc;t des combats alors que Juges 3;27 et 6;34 appellent au contraire &agrave; la lutte arm&eacute;e. Il en est de m&ecirc;me de I Sam. 13;3 o&ugrave; on invite les Isra&eacute;lites &agrave; venir combattre pour Sa&uuml;l. J&eacute;r&eacute;mie 51;27 et Job 9;14 connotent toujours l&#39;id&eacute;e de combattre. Il en est de m&ecirc;me pour Ez&eacute;chiel 33;3-6 et Os&eacute;e 5 ; 8. Zacharie 1.16 parle de &quot;Dieu lui-m&ecirc;me qui sonne du shofar&rdquo; pour combattre aux c&ocirc;t&eacute;s de ses prot&eacute;g&eacute;s. On conna&icirc;t l&#39;&eacute;pisode des murailles de J&eacute;richo: il n&#39;est pas impossible qu&rsquo;aux yeux de Josu&eacute; l&#39;id&eacute;e de sonner de la corne de b&eacute;lier visait &agrave; chasser les esprits qui prot&eacute;geaient la ville&#8230; On rejoindrait alors la seconde interpr&eacute;tation du sens du shofar, mais toujours dans un m&ecirc;me contexte guerrier.<br \/>\n\t\tHormis la guerre, le shofar intervient dans les contextes suivants: lors de la procession de l&#39;arche sous la direction de David (II Sam. 6;15 et I Chr. 15;28) ou &agrave; l&#39;occasion de l&#39;annonce d&#39;une f&ecirc;te ou d&#39;une n&eacute;om&eacute;nie (Ps. 81;4 et Lev. 25;9 ou encore Lev. 23;24).<br \/>\n\t\tLa litt&eacute;rature biblique connait un autre vocable hatzozzera qui signifie trompette mais qui est souvent utilis&eacute; comme un synonyme de shofar. Les deux instruments sont cit&eacute;s ensemble en quatre passages bibliques: Ps. 98;6, I Chr. 15;28 II Chr. 15;24 et Os&eacute;e 5.8. Le verbe qui suit le shofar pour dire sonner est toujours li-teqo&#39;a&#39; et celui qui suit hatzozzera est constamment le-hariya&#39;. La Bible h&eacute;bra&iuml;que donne une d&eacute;finition des plus pr&eacute;cises de ces sons et notamment de la t&eacute;ru&#39;a en Nombres 10;2-10:<\/p>\n<p>\n\t\t&ldquo;Fais toi deux trompettes d&#39;argent. D&#39;argent massif tu les feras et elles te serviront &agrave; la convocation de la communaut&eacute; ainsi qu&#39;au d&eacute;placement des camps. D&egrave;s qu&#39;on en sonnera, toute la communaut&eacute; se groupera pr&egrave;s de toi, &agrave; l&#39;entr&eacute;e de la tente du rendez-vous. Que si l&#39;on en sonne une seule fois, ceux qui se grouperont pr&egrave;s de toi seront les princes, les chefs des tribus d&#39;Isra&euml;l. Quand vous sonnerez en fanfare (bi-teru&#39;a) les camps, ceux qui campent &agrave; l&#39;est, partiront. Et quand vous sonnerez une seconde fois en fanfare, les camps, ceux qui campent au sud, partiront. On sonnera en fanfare pour leurs d&eacute;placements. Et pour rassembler l&#39;assembl&eacute;e, vous sonnerez, mais non en fanfare.<br \/>\n\t\tCe sont les fils d&#39;Aaron, les pr&ecirc;tres, qui sonneront des trompettes et celles-ci feront partie, pour vous, d&#39;un rite &eacute;ternel suivant vos g&eacute;n&eacute;rations. Quand vous entrerez en guerre dans votre pays contre l&#39;adversaire qui vous attaquera, vous sonnerez des trompettes en fanfare, vous vous rappellerez ainsi &agrave; la face de Dieu et vous serez sauv&eacute;s de vos ennemis.<br \/>\n\t\tEn votre jour de r&eacute;jouissance, en vos solennit&eacute;s, en vos n&eacute;om&eacute;nies, vous sonnerez des trompettes durant vos holocaustes et vos sacrifices pacifiques. Elles vous serviront de m&eacute;morial devant votre Dieu..&rdquo;<\/p>\n<p>\n\t\tOn peut avancer l&#39;hypoth&egrave;se suivante: le shofar &eacute;tait l&#39;instrument qui avait la faveur du peuple tandis que la hatzozzera &eacute;tait mieux consid&eacute;r&eacute;e dans les milieux sacerdotaux; ceci expliquerait alors la quasi-disparition de cette derni&egrave;re apr&egrave;s la chute du temple de J&eacute;rusalem. Cette id&eacute;e est plus cr&eacute;dible gr&acirc;ce &agrave; une d&eacute;claration de Shabbat 36a selon laquelle un certain nombre de choses ont chang&eacute; de nom depuis la destruction du temple: par exemple ce qui s&#39;appelait shofar s&#39;appelle d&eacute;sormais hatzozzera et inversement. Cette d&eacute;claration signifie tout simplement qu&#39;apr&egrave;s la chute du temple le shofar avait totalement supplant&eacute; la hatzozzera. Ainsi, apr&egrave;s la destruction du temple, seul le shofar &eacute;tait utilis&eacute; pour les f&ecirc;tes de Rosh ha-Shana et de Kippour. La tradition juive attribue au shofar trois sons: la teqi&#39;a (son prolong&eacute;), la teru&#39;a (sons saccad&eacute;s) et les shebarim (sons bris&eacute;s).<br \/>\n\t\tQuelles sont les explications donn&eacute;es par l&#39;ex&eacute;g&egrave;se juive ancienne au sujet de la sonnerie du shofar? En Rosh ha-Shana 16a, le passage classique du talmud &agrave; ce sujet, quelqu&#39;un demande pour quelle raison on sonne de la corne de b&eacute;lier (teqi&#39;a) le jour du nouvel an? L&#39;auteur est imm&eacute;diatement interrompu par la r&eacute;ponse anonyme suivante: parce que Dieu a ordonn&eacute; de sonner la teqi&#39;a (sons prolong&eacute;s); la m&ecirc;me r&eacute;ponse est faite pour ce qui est de la teru&#39;a (sons plus saccad&eacute;s). Il semble que les talmudistes aient &eacute;t&eacute; d&eacute;&ccedil;us par toutes les explications qui pouvaient s&#39;offrir &agrave; eux. Or, Nombre 10;9 &eacute;dictait clairement que Dieu se souvenait de son peuple Isra&euml;l engag&eacute; dans le combat lorsqu&#39;il percevait le son du shofar&#8230; Et en se souvenant de ses enfants il change de place: du tr&ocirc;ne de la rigueur il se dirige vers celui de la mis&eacute;ricorde. Cette explication trouve un &eacute;cho dans un passage du midrach (L&eacute;vitique rabba &sect; 29, Gen&egrave;se rabba &sect; 56 et Rosh ha-Shana 16a):<\/p>\n<p>\n\t\t&ldquo;Juda bar Nahmani a commenc&eacute; en ces termes, au nom de Resh Laqish: Psaume 47;6 dit: Elohim monte en fanfare (teru&#39;a), YHWH au son du cor (shofar). Lorsque le Saint b&eacute;ni soit-il monte pour prendre place sur le tr&ocirc;ne du jugement c&#39;est pour rendre un verdict, ainsi qu&#39;il est dit: Dieu monte en fanfare&#8230;Mais lorsque les Isra&eacute;lites se saisissent de leur shofar le Saint b&eacute;ni soit-il change de tr&ocirc;ne: il quitte celui du jugement pour occuper celui de la mis&eacute;ricorde, ainsi qu&#39;il est dit: Dieu (monte) au son du cor. Son c&oelig;ur est empli de mis&eacute;ricorde et il leur pardonne. Quand cela a-t-il lieu? Le premier jour du 7&egrave;me mois.&rdquo;<\/p>\n<p>\n\t\tLe m&ecirc;me passage midrachique rapproche la racine SH F R (qui a donn&eacute; shofar) du verbe h&eacute;bra&iuml;que shafar qui signifie am&eacute;liorer, rendre meilleur: c&#39;est le b&eacute;lier qui a remplac&eacute; Isaac sur l&#39;autel. En percevant le son du shofar Dieu se souvient de l&#39;amour d&#39;Abraham pour Lui car il n&#39;a pas h&eacute;sit&eacute; &agrave; offrir son fils en sacrifice. Yoma 20a donne une explication: l&#39;expression h&eacute;bra&iuml;que Ha-STN (le Satan) a pour valeur num&eacute;rique le chiffre 364. Les Sages en d&eacute;duisent l&#39;enseignement suivante: Satan peut s&eacute;vir tous les jours de l&#39;ann&eacute;e, &agrave; l&#39;exception d&#39;un seul, le jour de Kippour au cours duquel on sonne la corne de b&eacute;lier&#8230; Rosh ha-Shana 16b pr&eacute;conise de prononcer la formule suivante lorsqu&#39;on per&ccedil;oit la sonnerie du shofar: Qera&#39; Satan: D&eacute;chiquette Satan! On conseille m&ecirc;me d&#39;y ins&eacute;rer le Nom divin afin d&#39;obtenir plus d&#39;efficacit&eacute;, ce qui donne la formule h&eacute;bra&iuml;que suivante: YQHR&#39;H YSHTWNH. On peut reconstituer le Nom t&eacute;tragrammate dans cette formule: YHWH. D&#39;autres passages talmudiques pr&ecirc;tent &agrave; la sonnerie du shofar des vertus anti-d&eacute;moniaques (comme on l&#39;a vu supra pour les esprits protecteurs de la ville de J&eacute;richo): Hullin 105b parle de Mar bar Rav Ashi qui chassa le d&eacute;mon d&#39;une goutti&egrave;re gr&acirc;ce au son du shofar; Ketubot 17a sugg&egrave;re de conduire &agrave; la synagogue toute personne poss&eacute;d&eacute;e par le d&eacute;mon: au son du shofar, elle retrouvera la s&eacute;r&eacute;nit&eacute; et l&#39;apaisement.<br \/>\n\t\tDans son Mishn&eacute; Tora, Ma&iuml;monide (1138-1204) voyait dans la sonnerie du shofar un acte rituel mais aussi symbolique:<\/p>\n<p>\n\t\t&ldquo;Bien que la sonnerie du shofar soit un pr&eacute;cepte biblique concernant le nouvel an et le jour des propitiations on y trouve aussi l&#39;allusion suivante: O vous qui dormez, sortez enfin de votre l&eacute;thargie et vous qui somnolez &eacute;mergez donc de votre torpeur. Examinez votre conduite et faites amende honorable. Que chacun rejette ses mauvaises pens&eacute;es et ses actions iniques.&rdquo;<\/p>\n<p>\n\t\tLe Zohar, la Bible des kabbalistes, voyait les choses autrement; commentant Levitique 23;4 le Ra&#39;ya m&eacute;h&eacute;mna (le berger fid&egrave;le) dit ceci:<\/p>\n<p>\n\t\t&ldquo;Outre le procureur, deux notaires entourent Dieu&#8230;Celui-ci laisse toujours le temps de se repentir. Si le p&eacute;cheur vient &agrave; r&eacute;sipiscence Dieu d&eacute;chire alors le d&eacute;cret funeste le concernant et dit: Qui souhaite invoquer des circonstances att&eacute;nuantes en faveur de l&#39;accus&eacute;? C&#39;est alors que retentit le son du shofar dont l&#39;&eacute;cho parvient jusqu&#39;au ciel. A la seconde sonnerie tous les accusateurs sont plong&eacute;s dans la confusion. La col&egrave;re de Dieu s&#39;apaise, son c&oelig;ur est empli de mis&eacute;ricorde et de bienveillance.&rdquo;<\/p>\n<p>\n\t\tIshaya Horowitz, l&#39;auteur de l&#39;important ouvrage Shen&eacute; luhot ha-berit (les Deux tables de la loi) affirme (fol. 117b) que le son du shofar avilit Satan dans son r&ocirc;le d&#39;accusateur d&#39;Isra&euml;l. Il ne faut pas oublier que la sonnerie du shofar a son Sitz im Leben dans la liturgie de Rosh ha-Shana o&ugrave; l&#39;on parle de malkhouyot (allusion &agrave; la royaut&eacute; de Dieu: Ez&eacute;chiel 20;3), de zikhronot (souvenirs) (Ps. 78;39) et de shofarot (Zacharie 9;15)<\/p>\n<p>\n\t\tLes sp&eacute;cialistes des religions compar&eacute;es ont donn&eacute; de l&#39;usage du shofar une toute autre explication qui renvoie au r&ocirc;le jou&eacute; par les animaux &agrave; cornes dans les conceptions primitives de la divinit&eacute;. Il est ind&eacute;niable que les traces de telles repr&eacute;sentations subsistent m&ecirc;me au sein de la Bible.<br \/>\n\t\tCertes, on pourrait objecter que les m&eacute;taphores bibliques comparent Dieu &agrave; une s&eacute;rie d&#39;animaux, notamment &agrave; un lion, comme en Isa&iuml;e 38;13 (comme un lion, il broie mes os). Mais pour les b&ecirc;tes &agrave; cornes la situation est un peu diff&eacute;rente en raison m&ecirc;me de la polys&eacute;mie du terme h&eacute;bra&iuml;que k&eacute;r&eacute;n (corne): la Bible interdit express&eacute;ment l&#39;adoration des satyres (se&#39;ir)(Is. 13;21 II Chr. 11;15) mais elle compare Dieu &agrave; un buffle (r&eacute;&#39;&eacute;m) et s&#39;en r&eacute;f&egrave;re justement &agrave; ses cornes (Nb 23;22). Joseph lui-m&ecirc;me est dot&eacute; de cornes de buffle (Dt 33;17): &ldquo;Ses cornes sont deux cornes de buffle avec lesquelles il heurtera les peuples, tous ensemble jusqu&#39;aux confins de la terre.&rdquo; Le proph&egrave;te Mich&eacute;e (4;13) fait dire &agrave; Dieu &ldquo;je te ferai une corne de fer&#8230;&rdquo;<br \/>\n\t\tOn trouve une s&eacute;rie de passages o&ugrave; le terme corne (k&eacute;r&eacute;n) signifie la puissance et la force: Job 16;15 (ma force g&icirc;t &agrave; terre), Amos 6;13 (N&#39;est-ce point par notre force que nous nous sommes procur&eacute;s des cornes?) Jer 48;25 (la corne de Moab et son bras sont bris&eacute;s) Ps. 148;14 (Et il &eacute;l&egrave;ve la corne de son peuple) ou encore Ps. 92;11 (Et tu &eacute;l&egrave;ves ma corne comme celle des buffles)&#8230;<br \/>\n\t\tProlongeant cette m&eacute;taphore de la corne comme l&#39;expression de la puissance le midrash (Lamentations rabba 2;3) dit ceci:<\/p>\n<p>\n\t\t&ldquo;Il y a dix types de cornes en Isra&euml;l: la corne d&#39;Abraham, celle d&#39;Isaac, celle de Joseph, celle de Mo&iuml;se, celle de la Tora, celle du sacerdoce, celle des L&eacute;vites, celle des proph&egrave;tes, celle du temple et enfin celle d&#39;Isra&euml;l. Toutes ces cornes furent pos&eacute;es sur la t&ecirc;te d&#39;Isra&euml;l (afin de le rendre invincible) mais il les perdit toutes en raison de ses nombreux p&eacute;ch&eacute;s. Ainsi qu&#39;il est dit (Lam. 2;3): Dans l&#39;ardeur de sa col&egrave;re il a abattu toute corne en Isra&euml;l&#8230;&rdquo;<\/p>\n<p>\n\t\tUn passage du livre de l&#39;Exode (19;13) semble appartenir &agrave; une strate tr&egrave;s ancienne de la litt&eacute;rature biblique: et il n&#39;est pas inint&eacute;ressant de constater qu&#39;il s&#39;agit de la th&eacute;ophanie du Sina&iuml;. On y dit: Lorsque le Yov&eacute;l (b&eacute;lier) poussera des cris prolong&eacute;s&#8230; Et c&#39;est seulement quelques versets plus loin (16s) que l&#39;on parlera du Qol shofar (le son du shofar). Pour les sp&eacute;cialistes des religions compar&eacute;es, c&#39;est le b&eacute;lier lui-m&ecirc;me qui &eacute;tait l&#39;ancienne divinit&eacute; d&#39;Isra&euml;l avant la r&eacute;volution monoth&eacute;iste car on ne dit pas qui, dans ce chapitre 19 de l&#39;Exode, sonne le shofar&#8230; Par ailleurs, le terme h&eacute;bra&iuml;que YoVeL a la m&ecirc;me racine que YuVal dont Gen&egrave;se 4;21 dit justement qu&#39;il fut &ldquo;le p&egrave;re de tous ceux qui manient la lyre et la fl&ucirc;te.&rdquo; Or, ce Yuval est aussi un descendant de Ca&iuml;n&#8230; L&#39;ancienne mythologie h&eacute;bra&iuml;que aurait donc mis en relation l&#39;ancienne divinit&eacute; avec le descendant du premier meurtrier de l&#39;Histoire: les sons du shofar rappelleraient le premier meurtre et chercheraient &agrave; nous dissuader de commettre un nouveau crime similaire. D&#39;o&ugrave; le recueillement, voire m&ecirc;me l&#39;effroi des fid&egrave;les lorsque retentit le son du shofar.<br \/>\n\t\tLa tradition juive ne reprend gu&egrave;re ce type d&#39;explications, elle se limite &agrave; voir dans la sonnerie du shofar le r&eacute;veil de Dieu et la r&eacute;activation de sa mis&eacute;ricorde.<\/p>\n<p>\n\t\tMaurice-Ruben HAYOUN<\/p>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&nbsp; D&rsquo;o&ugrave; nous vient le Shofar ? &nbsp; &nbsp;<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":16261,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"neve_meta_sidebar":"","neve_meta_container":"","neve_meta_enable_content_width":"","neve_meta_content_width":0,"neve_meta_title_alignment":"","neve_meta_author_avatar":"","neve_post_elements_order":"","neve_meta_disable_header":"","neve_meta_disable_footer":"","neve_meta_disable_title":"","_themeisle_gutenberg_block_has_review":false,"footnotes":""},"categories":[277,15,1],"tags":[],"class_list":["post-2756","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-nb","category-religion","category-uncategorized"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2756","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=2756"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2756\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/media\/16261"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=2756"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=2756"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=2756"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}