{"id":2764,"date":"2011-10-03T20:13:30","date_gmt":"2011-10-03T20:13:30","guid":{"rendered":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/?p=2764"},"modified":"2011-10-03T20:13:30","modified_gmt":"2011-10-03T20:13:30","slug":"un-philosophe-nomme-levy-par-gilles-hertzog","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/un-philosophe-nomme-levy-par-gilles-hertzog\/","title":{"rendered":"Un philosophe nomm\u00e9 L\u00e9vy, par Gilles Hertzog"},"content":{"rendered":"<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<h2>\n\tUn philosophe nomm&eacute; L&eacute;vy<\/h2>\n<div class=\"article_auteur\">\n\tGilles Hertzog<\/div>\n<div class=\"wp-caption alignleft\" id=\"attachment_164\" style=\"width: 380px;\">\n<p class=\"wp-caption-text\">\n<p>\t\t&nbsp;<\/p>\n<\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n\tVoici un livre et des travaux que l&rsquo;on attendait depuis longtemps, et presque, croyait-on, en vain. L&rsquo;ouvrage s&rsquo;intitule <em>Le philosophe en guerre<\/em>, et porte en sous-titre <em>Introduction &agrave; la pens&eacute;e de Bernard-Henri L&eacute;vy<\/em>*.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n\tD&rsquo;entr&eacute;e de jeu, l&rsquo;auteur, Jean Tellez, lui-m&ecirc;me philosophe, &eacute;nonce qu&rsquo;il s&rsquo;agira de cela seul et rien d&rsquo;autre : d&eacute;gager le noyau philosophique d&rsquo;une &oelig;uvre qui d&eacute;borde le cadre strict de la philosophie mais en rel&egrave;ve contin&ucirc;ment, dans ses diverses productions depuis trente ans, en montrer la logique interne et, s&rsquo;il y a lieu, la coh&eacute;rence, &agrave; l&rsquo;aune des id&eacute;es et des concepts sp&eacute;cifiquement philosophiques qu&rsquo;elle d&eacute;veloppe. En ferme tenant du <em>Contre Sainte-Beuve <\/em>de Proust, pour qui l&rsquo;&oelig;uvre constitue un univers auto-r&eacute;f&eacute;renciel, auto-t&eacute;lique (trouvant en elle-m&ecirc;me sa propre fin), pure absence mallarm&eacute;enne de tout bouquet en tant qu&rsquo;elle est &laquo; le produit d&rsquo;un autre Moi que celui que nous manifestons dans nos habitudes, dans la soci&eacute;t&eacute;, dans nos vices &raquo;, et &agrave; l&rsquo;encontre du d&eacute;terminisme cher au XIX&egrave;me si&egrave;cle, qui ramenait sans autre forme de proc&egrave;s l&rsquo;&oelig;uvre enti&egrave;re &agrave; l&rsquo;&eacute;tat civil, &agrave; l&rsquo;&ecirc;tre de chair et de passion que serait son scribe soliloque, et ambitionnait de l&rsquo;expliciter de part en part &agrave; la lumi&egrave;re de la biographie intime de son auteur (&laquo; Fils et fr&egrave;re de m&eacute;decins distingu&eacute;s, Monsieur Flaubert tient la plume comme d&rsquo;autres le scalpel &raquo;, &eacute;crit Sainte-Beuve), Jean Tellez, pour la premi&egrave;re fois parmi les nombreux ex&eacute;g&egrave;tes qui se sont pench&eacute;s sur Bernard-Henri L&eacute;vy, &eacute;carte d&rsquo;embl&eacute;e, au rebours de ses pr&eacute;d&eacute;cesseurs, &laquo; le ph&eacute;nom&egrave;ne B.H.L. &raquo;, abstrait son regard sur l&rsquo;&oelig;uvre philosophique et au-del&agrave;, de tout ce qui touche &agrave; l&rsquo;homme L&eacute;vy, ne mentionne ses biograph&egrave;mes et n&rsquo;aborde l&rsquo;image publique &ndash; avec les controverses qu&rsquo;elle n&rsquo;a cess&eacute; de susciter &ndash; de notre philosophe-intellectuel-&eacute;crivain-journaliste-politique-humanitaire m&eacute;diatique, que pour mieux autonomiser le corpus proprement philosophique de ses livres par rapport &agrave; sa geste existentielle et ses multiples effervescences auxquelles quelques bons esprits ont tent&eacute; de r&eacute;duire son &ecirc;tre g&eacute;n&eacute;ral. M&ecirc;me si, au fil des pages, l&rsquo;auteur, &agrave; bon escient, ne manque pas d&rsquo;affilier ou de r&eacute;f&eacute;rer telle posture, tel engagement b&eacute;hach&eacute;liens aux sources et positions philosophiques de l&rsquo;auteur de <em>La Barbarie &agrave; visage humain <\/em>et du <em>Si&egrave;cle de Sartre<\/em>, mettant en relief l&rsquo;homologie des id&eacute;es et des actes, &agrave; quel &eacute;tiage, &agrave; quel degr&eacute;, ils ont partie li&eacute;e chez lui.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n\tBref, voici pour la premi&egrave;re fois, et sans autre postulation ni parti pris qu&rsquo;une analyse froide, d&eacute;passionn&eacute;e et une nomenclature des concepts neutre de bout en bout, BHL philosophe vu par un membre de la corporation, inconnu jamais crois&eacute;, ni &laquo; pour &raquo;, ni &laquo; contre &raquo;.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n\tVoici d&rsquo;abord, sous la balance de Tellez et sa pes&eacute;e minutieuse, un philosophe &agrave; part enti&egrave;re, et philosophe d&rsquo;abord, serait-il de surcroit &eacute;crivain, homme dans la Cit&eacute;, &laquo; BHL &raquo;, etc&hellip; Une formation solide, l&rsquo;Ecole Normale Sup&eacute;rieure, l&rsquo;agr&eacute;gation de philosophie. Des ma&icirc;tres &agrave; penser admir&eacute;s, Althusser au premier chef puis Lacan, qui ne cesseront de hanter sa propre pens&eacute;e, de l&rsquo;irriguer, de la travailler, lui arrivera-t-il par la suite de penser contre eux, contre l&rsquo;anti-humanisme du premier et sa th&eacute;orie de l&rsquo;Histoire con&ccedil;ue comme un proc&egrave;s sans sujet ni fin, contre le Sujet absent &agrave; lui-m&ecirc;me, barr&eacute;, du second, mais tous deux grands &eacute;ducateurs &agrave; jamais r&eacute;v&eacute;r&eacute;s pour avoir permis &agrave; une toute g&eacute;n&eacute;ration intellectuelle masochiste, orpheline de n&rsquo;avoir pas connu la guerre et la R&eacute;sistance, de rompre avec la tentation totalitaire qui fut la sienne, maquill&eacute;e, &agrave; l&rsquo;aube des ann&eacute;es 60, en d&eacute;sir de r&eacute;volution, marxiste, mao&iuml;ste ou libidinale, et morte vingt ans plus tard, &agrave; l&rsquo;aube des ann&eacute;es 80, sous les coups de boutoir de Soljenitsyne et de la Nouvelle philosophie, avec, &agrave; la t&ecirc;te de cette fi&eacute;vreuse cohorte de jeunes philosophes &agrave; l&rsquo;assaut des sanctuaires marxistes, deleuziens et autres, BHL et sa<em> Barbarie &agrave; visage humain.<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n\tAlthusser, Lacan, ces &raquo; Phares &raquo;.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n\tEt puis, dix ans apr&egrave;s la Nouvelle philosophie et son combat anti-totalitaire enrob&eacute; d&rsquo;un pessimisme noir non d&eacute;nu&eacute; de romantisme (Dieu est mort, le Ma&icirc;tre, cet autre nom de l&rsquo;&eacute;ternit&eacute; du Mal, &agrave; l&rsquo;&oelig;uvre depuis toujours dans l&rsquo;Histoire, s&rsquo;incarnant ici dans le pouvoir d&rsquo;Etat et ses micro-pouvoirs diss&eacute;min&eacute;s dans tout le corps social, r&egrave;gne d&eacute;sormais seul, sans plus d&rsquo;au-del&agrave; ni d&rsquo;instance en surplomb de sa licence mortif&egrave;re pour la limiter et le restreindre, tout-puissant instituteur du lien social, inscrivant sa marque fatale en chacun d&rsquo;entre nous, &agrave; commencer par et dans la langue que nous parlons, mais qui, bien davantage, nous parle, la langue-m&ecirc;me du Ma&icirc;tre, faisant ainsi de nous ses propres desservants et ses esclaves oblig&eacute;s ; nulle r&eacute;volution contre lui n&rsquo;est possible, qui le reproduira immanquablement ; l&rsquo;id&eacute;e m&ecirc;me de progr&egrave;s est r&eacute;actionnaire, pour n&rsquo;en &ecirc;tre elle-m&ecirc;me que le masque, le ventriloque au second degr&eacute;) c&rsquo;est la d&eacute;couverte illumin&eacute;e de Levinas et son &eacute;thique pour Autrui, annonc&eacute;e dans <em>Le testament de Dieu<\/em>, (mais ce troisi&egrave;me et ultime ma&icirc;tre ne sera comment&eacute; et arraisonn&eacute; en profondeur que vingt ans plus tard, dans <em>Le si&egrave;cle de Sartre<\/em>). C&rsquo;est, plus encore, l&rsquo;&eacute;loge du monoth&eacute;isme juif (loin d&rsquo;&ecirc;tre une religion, il est un ath&eacute;isme de la Loi), bouclier en m&ecirc;me temps qu&rsquo;arme transcendantale contre le totalitarisme, qui, dans son m&eacute;dicalisme et son vitalisme d&eacute;brid&eacute;s, fantasme une bonne communaut&eacute; humaine, auto-constitu&eacute;e, soud&eacute;e, unanime, promise &agrave; tous les lendemains qui chantent pour peu qu&rsquo;on la gu&eacute;risse des m&eacute;diations &laquo; abstraites &laquo; que sont la loi, les institutions d&eacute;mocratiques, la repr&eacute;sentativit&eacute;, coupables d&rsquo;ali&eacute;ner le sujet &agrave; lui-m&ecirc;me, de le dissocier du corps social, sa demeure organique, et pour peu, tout autant, qu&rsquo;on la d&eacute;livre, la soci&eacute;t&eacute; &agrave; venir, de ces impuret&eacute;s dissolvantes et de ces mauvais germes, ces mauvais virus que sont l&rsquo;&eacute;tranger, le juif, l&rsquo;intellectuel, l&rsquo;homme-individu sans racines ni tribu, insupportables obstacles au beau rassemblement du <em>d&ecirc;mos<\/em> en peuple souverain, plein et fusionnel. Ce Tout absolutis&eacute; est assimil&eacute;, dans son immanence sacralis&eacute;e, par L&eacute;vy &agrave; un paganisme mortif&egrave;re, rendu libre d&rsquo;agir par la mort de Dieu (tout, d&eacute;sormais, est permis, permis de tuer en t&ecirc;te), idol&acirc;tre de l&rsquo;Etat, du Peuple, de la nation ou de la race, jusqu&rsquo;au Viva la Muerte final et la barbarie g&eacute;n&eacute;ralis&eacute;e. C&rsquo;est, de m&ecirc;me, la Bible bient&ocirc;t &eacute;lue &laquo; le livre de r&eacute;sistance de notre temps &raquo; contre le Mal radical, ce Tohu-Bohu premier, sans cause, sans raison, ant&eacute;rieur &agrave; tout Bien, qui r&egrave;gne sur les hommes, les sollicite et les habite depuis la nuit des temps. C&rsquo;est enfin la Loi &laquo; plus sainte que l&rsquo;&eacute;v&eacute;nement &raquo;, une Loi abstraite et sans origine assignable, sans auteur et sans garant divin.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n\tCar le Mal, ce myst&egrave;re, ce scandale parfait, est pour L&eacute;vy, livre apr&egrave;s livre, la grande affaire, et Tellez lui donne dans son <em>Philosophe en guerre<\/em> toute sa place. Qu&rsquo;est-ce que le Mal, aux yeux du guerrier qu&rsquo;est L&eacute;vy ? Le monde, dit-il, est un donn&eacute; monstrueux, depuis l&rsquo;origine. Car le Mal lui est inh&eacute;rent, depuis l&rsquo;origine. Il n&rsquo;est pas un accident mais un d&eacute;sastre primordial, d&eacute;finitif. Il est un pur non-sens, irr&eacute;cup&eacute;rable, inassignable. Ne s&rsquo;y r&eacute;solvant pas, les philosophes ont jusqu&rsquo;&agrave; Auschwitz pens&eacute; que le Mal n&rsquo;&eacute;tait qu&rsquo;un biais in&eacute;vitable, un d&eacute;tour temporaire, une malentente, voire la ruse involontaire, le moyen invers&eacute; le chiffre secret et la condition agissante d&rsquo;un Bien en g&eacute;sine qui, requis, d&eacute;fi&eacute; et travaill&eacute; par cet objet malin, ne manquerait pas, t&ocirc;t ou tard, de le solder et de le subsumer. Erreur. Voyez sa permanence dans l&rsquo;Histoire, son &eacute;ternelle, incurable reproduction. Le Mal poss&egrave;de le monde, et s&rsquo;invente continument de nouveaux visages, l&rsquo;Histoire, &agrave; chaque fois, montre plus d&rsquo;imagination que les hommes. Totalitarisme, socialisme r&eacute;volutionnaire, fascisme, int&eacute;grisme, islamisme, fondamentalisme rel&egrave;vent inlassablement du m&ecirc;me moule, de la m&ecirc;me matrice, sont les &eacute;quivalents d&rsquo;un m&ecirc;me ph&eacute;nom&egrave;ne fondamental. D&rsquo;autant que le mal, ajoute Tellez revisitant L&eacute;vy, a cette propri&eacute;t&eacute; paradoxale et terrifiante qu&rsquo;il se donne des fins tenues pour &ecirc;tre celles du Bien : changer l&rsquo;homme en ce qu&rsquo;il a de plus profond, le d&eacute;livrer de ses &eacute;go&iuml;smes priv&eacute;s et de sa condition solitaire, gu&eacute;rir la soci&eacute;t&eacute; de ses divisions et de ses d&eacute;mons. Ce Mal qui se veut un Bien propose une th&eacute;rapeutique enthousiaste, Il est un optimisme solidaire, il se veut amoureux de l&rsquo;humanit&eacute; et son lib&eacute;rateur.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n\tSeul ou presque, le juda&iuml;sme a pens&eacute; le Mal et s&rsquo;y est confront&eacute; dans un combat in&eacute;gal et sans fin, o&ugrave; il a failli succomber.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n\tQu&rsquo;est-ce que le juda&iuml;sme ? Est-il une religion ou une philosophie, voire les deux ? Vaste d&eacute;bat. Pour BHL, et Tellez lui en donne acte, c&rsquo;est d&rsquo;abord une philosophie. Une philosophie en soi, totalement singuli&egrave;re en son fondement religieux, m&ecirc;me si sens&eacute; biblique et sagesse antique, la Lettre et le Logos, l&rsquo;&ecirc;tre pour-autrui l&eacute;vinassien et l&rsquo;&ecirc;tre pour soi-m&ecirc;me spinozien, l&rsquo;id&eacute;e de l&rsquo;Infini et l&rsquo;Etre-Tout immanent, l&rsquo;&eacute;thique et l&rsquo;ontologie, par-del&agrave; leur querelle sans concession et leur irr&eacute;ductibilit&eacute; crois&eacute;e, se contaminent r&eacute;ciproquement. J&eacute;rusalem contre Ath&egrave;nes. Mais J&eacute;rusalem parlant, chez L&eacute;vy, &agrave; la suite de Levinas, en langue grecque, dans la langue du Logos, et pointant un horizon semblable. Ath&egrave;nes et J&eacute;rusalem symbolisent deux universalismes, le premier en in-tension, le second en extension, l&rsquo;universel abstrait aurait-il d&eacute;ni&eacute; a l&rsquo;universel juif cette qualit&eacute; jusqu&rsquo;il y a peu, et tent&eacute; d&rsquo;arraisonner cet irr&eacute;dentisme rebelle &agrave; la langue des Nations et &agrave; la Raison dans l&rsquo;histoire (Hegel and C&deg;), dont il aura fait si souvent les frais. Ah, ce fameux &laquo; reste &raquo; juif qu&rsquo;il importait tant d&rsquo;occulter !<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n\tCet universel sous sa forme juive, tel qu&rsquo;il est port&eacute; au plus haut chez L&eacute;vy, cet universel arcbout&eacute; &agrave; la Thora et plus encore au Talmud, au monde sans fin de l&rsquo;&eacute;tude, du d&eacute;bat et du discord f&eacute;cond, cet universel anhistorique, imm&eacute;morial, &laquo; anachronique &raquo; ne requiert nulle conversion. Du fait que Dieu, pour L&eacute;vy lecteur de la Bible au rouet de Lacan, n&rsquo;est qu&rsquo;un mot, une trace, une pure Lettre, une fiction, une faille, une absence : Dieu n&rsquo;est que l&rsquo;id&eacute;e de Dieu ; c&rsquo;est un absolu sans incarnation, une ex-tanse. Bref, le Dieu b&eacute;hach&eacute;lien est un Dieu ath&eacute;e. De m&ecirc;me, J&eacute;rusalem, pr&eacute;cise L&eacute;vy &laquo; est une m&eacute;taphore de l&rsquo;Universel, car c&rsquo;est une m&eacute;taphore de l&rsquo;humain. &raquo; (Levinas avait dit en amont que &laquo; tous les hommes sont d&rsquo;Isra&euml;l &raquo;, qu&rsquo;Isra&euml;l est &laquo; en alliance avec tout l&rsquo;univers des nations &raquo;).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n\tC&rsquo;est en tant qu&rsquo;il est un universalisme que le juda&iuml;sme, ce messianisme de l&rsquo;homme quelconque, cette m&eacute;taphysique de l&rsquo;Autre homme, cet humanisme de l&rsquo;&ecirc;tre-juif, autorise comme nulle autre philosophie morale, la dissidence du sujet face &agrave; toutes les totalit&eacute;s et la r&eacute;sistance la plus irr&eacute;ductible face au Mal radical.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n\tEnfin, Jean Tellez passe en revue les autres figures de L&eacute;vy, indissociables du philosophe qu&rsquo;il d&eacute;peint en lui : l&rsquo;intellectuel, l&rsquo;&eacute;crivain, l&rsquo;humanitaire, le politique, le journaliste engag&eacute;. A lire cette exploration-compte-rendu du L&eacute;vy philosophe, on mesure mieux en quoi les autres L&eacute;vy, plus sonores, plus en vue et plus grand public, de par eux, lui ont port&eacute; ombrage, ont masqu&eacute; pour partie la part philosophique de son oeuvre. Vu leur port&eacute;e, il ne pouvait gu&egrave;re en &ecirc;tre autrement. On ne peut l&rsquo;emporter &eacute;galement dans tous les registres, tous ne recevant pas le m&ecirc;me &eacute;cho.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n\tFace &agrave; cet &eacute;tat de choses, cet &eacute;clairage sobre et minutieux, auquel a proc&eacute;d&eacute; Jean Tellez, remet en lumi&egrave;res les vraies d&eacute;terminations au principe de son parcours dans le si&egrave;cle et de son &oelig;uvre, d&rsquo;un philosophe contemporain nomm&eacute; L&eacute;vy.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n\t&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n\t* Jean Tellez, <em>Le philosophe en guerre, <\/em><em>Introduction &agrave; la pens&eacute;e de Bernard-Henri L&eacute;vy, <\/em><em>&eacute;d. Germina<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&nbsp; Un philosophe nomm&eacute; L&eacute;vy Gilles Hertzog &nbsp; Voici un livre et des travaux que l&rsquo;on attendait depuis longtemps, et presque, croyait-on, en vain. 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