{"id":2784,"date":"2016-10-23T01:13:23","date_gmt":"2016-10-23T01:13:23","guid":{"rendered":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/?p=2784"},"modified":"2016-10-23T01:53:13","modified_gmt":"2016-10-23T01:53:13","slug":"loccident-et-lislam-viie-ixe-siecle","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/loccident-et-lislam-viie-ixe-siecle\/","title":{"rendered":"L\u2019Occident et l\u2019Islam (VIIe-IXe si\u00e8cle)"},"content":{"rendered":"<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<div class=\"TitreArticlesH1 TitreArticlesH1Articles\">\n<h1 class=\"PostHeaderIcon-wrapper\">\n\t\tL&#39;Occident et l&#39;Islam (VIIe-IXe si&egrave;cle)<\/h1>\n<\/div>\n<div class=\"PostContent ContentArticles\">\n<div class=\"article\">\n<div>\n\t\t\t&nbsp;<\/div>\n<p>\n\t\t\tLa question des rapports entre l&rsquo;Europe (l&rsquo;Occident latin ici) et le monde musulman (l&rsquo;Islam) continue, plus que jamais, de provoquer des d&eacute;bats. Continue, car ils ne sont en effet pas nouveaux, loin de l&agrave;. En ne remontant qu&rsquo;&agrave; la premi&egrave;re moiti&eacute; du XXe si&egrave;cle, il suffit d&rsquo;&eacute;voquer la th&egrave;se d&rsquo;Henri Pirenne dans&nbsp;<em>Mahomet et Charlemagne<\/em>&nbsp;(1936). Nous ne trancherons pas de d&eacute;bat historiographique ici, mais nous essayerons de savoir quand et comment se sont rencontr&eacute;s ces deux &laquo; civilisations &raquo;, et quelle fut la nature de leurs rapports, de la naissance de l&rsquo;islam jusqu&rsquo;au r&egrave;gne de Charlemagne.<\/p>\n<p>\n\t\t\t&nbsp;<\/p>\n<div>\n\t\t\t&nbsp;<\/div>\n<h2>\n\t\t\t<strong>Une ignorance r&eacute;ciproque au VIIe si&egrave;cle ?<\/strong><\/h2>\n<div id=\"pubarticle\">\n\t\t\t&nbsp;<\/div>\n<div>\n\t\t\t&nbsp;<\/div>\n<p>\n\t\t\tLa mort de Mahomet en 632 se situe en plein dans le r&egrave;gne du roi m&eacute;rovingien Dagobert (629-639). Pourtant, tout les s&eacute;pare.<\/p>\n<div>\n\t\t\t&nbsp;<\/div>\n<p>\n\t\t\tPour les Arabes qui viennent d&rsquo;embrasser l&rsquo;islam, le&nbsp;<em>regnum francorum<\/em>n&rsquo;est pas connu sp&eacute;cifiquement, il fait partie d&rsquo;un extr&ecirc;me occident o&ugrave; sont cens&eacute;s r&eacute;gner des rois barbares romanis&eacute;s. Des Romains que les Arabes c&ocirc;toient de loin par le biais de rapports de plus en plus fr&eacute;quents (avant d&rsquo;&ecirc;tre ouvertement conflictuels) avec l&rsquo;Empire byzantin, qu&rsquo;ils auraient soutenu contre les Perses sassanides du vivant du Proph&egrave;te. D&rsquo;ailleurs, pendant plusieurs si&egrave;cles, tous ces Romains seront regroup&eacute;s sous le nom de&nbsp;<em>R&ucirc;ms<\/em>.<\/p>\n<div>\n\t\t\t&nbsp;<\/div>\n<p>\n\t\t\tEn ce qui concerne les Occidentaux, l&rsquo;ignorance est encore plus grande des choses qui se passent dans la p&eacute;ninsule Arabique, en tout cas dans la premi&egrave;re moiti&eacute; du VIIe si&egrave;cle. En effet, tout semble changer d&egrave;s les ann&eacute;es 660. La&nbsp;<em>Chronique de Fr&eacute;d&eacute;gaire<\/em>&nbsp;nous est ici pr&eacute;cieuse ; elle &eacute;voque les probl&egrave;mes du basileus H&eacute;raclius (610-641) avec les Sassanides. Puis, le(s) chroniqueur(s) se fait plus confus en &eacute;voquant le danger provoqu&eacute; par l&rsquo;arriv&eacute;e de &laquo; peuples circoncis &raquo;. Il les appelle par deux noms : tout d&rsquo;abord les Agar&egrave;nes, qui font penser &agrave; Agar, servante d&rsquo;Abraham et m&egrave;re d&rsquo;Isma&euml;l ; puis les Sarrasins qui, selon les interpr&eacute;tations, ram&egrave;ne &agrave;&nbsp;<em>sarakenoi<\/em>, les &laquo; gens de la tente &raquo; en grec, ou &agrave;<em>sharqiyy\u012bn<\/em>, les &laquo; Orientaux &raquo; en arabe. Fr&eacute;d&eacute;gaire explique les attaques des Sarrasins par une d&eacute;mographie trop importante, qui les a pouss&eacute;s &agrave; fuir l&rsquo;aride p&eacute;ninsule. A aucun moment il n&rsquo;&eacute;voque leur religion. Le chroniqueur fait allusion &agrave; des &eacute;v&eacute;nements tr&egrave;s pr&eacute;cis, m&ecirc;me s&rsquo;il ne les nomme pas tous, comme la bataille du Yarmouk (636), la mort d&rsquo;H&eacute;raclius (641), la conqu&ecirc;te de l&rsquo;Egypte, et m&ecirc;me le si&egrave;ge de Constantinople et le tribut qu&rsquo;aurait pay&eacute; l&rsquo;empereur Constant II !<\/p>\n<div>\n\t\t\t&nbsp;<\/div>\n<p>\n\t\t\tLa&nbsp;<em>Chronique de Fr&eacute;d&eacute;gaire<\/em>&nbsp;narre des &eacute;v&eacute;nements vieux d&rsquo;&agrave; peine vingt ans. Destin&eacute;e &agrave; un public d&rsquo;&eacute;rudits et de gens de pouvoir, elle montre que les &eacute;v&eacute;nements du Proche-Orient n&rsquo;&eacute;taient nullement ignor&eacute;s dans l&rsquo;Occident latin de la fin du VIIe si&egrave;cle. Ils &eacute;taient somme toute banals, un probl&egrave;me de plus des Byzantins avec des voisins turbulents. On n&rsquo;y voyait en tout cas pas l&rsquo;&eacute;mergence d&rsquo;une nouvelle religion.<\/p>\n<div>\n\t\t\t&nbsp;<\/div>\n<h2>\n\t\t\t<strong><em>Arabes<\/em>&nbsp;et&nbsp;<em>Europenses<\/em>, d&rsquo;Al Andalus &agrave; Poitiers<\/strong><\/h2>\n<div>\n\t\t\t&nbsp;<\/div>\n<p>\n\t\t\tSi la conqu&ecirc;te de l&rsquo;Afrique du Nord concerne toujours l&rsquo;Empire byzantin (et les peuples berb&egrave;res), il en va diff&eacute;remment de l&rsquo;Espagne. Celle-ci est gouvern&eacute;e par les Wisigoths depuis presque trois si&egrave;cles quand arrivent les Arabes et leurs alli&eacute;s berb&egrave;res. On peut ainsi consid&eacute;rer que la conqu&ecirc;te de l&rsquo;Espagne wisigothique par les Arabo-berb&egrave;res est la premi&egrave;re vraie rencontre entre l&rsquo;Islam et l&rsquo;Occident latin.<\/p>\n<div>\n\t\t\t&nbsp;<\/div>\n<p>\n\t\t\tToutefois, aucun des deux ne se voit r&eacute;ciproquement comme tels. Plus pr&eacute;cis&eacute;ment, le facteur religieux ne semble pas rentrer en ligne de compte. C&rsquo;est non seulement le cas quand les Arabes font de l&rsquo;Espagne Al Andalus, mais &eacute;galement quand ils conqui&egrave;rent la Septimanie (dont Narbonne et Carcassonne) avant d&rsquo;&ecirc;tre finalement battus par Charles Martel &agrave; Poitiers (732). La c&eacute;l&egrave;bre&nbsp;<em>Chronique mozarabe<\/em>&nbsp;(qui date des ann&eacute;es 750) parle des &laquo; Arabes &raquo; ou des &laquo; Sarrasins &raquo;, pas des musulmans, et elle les oppose aux Francs, aussi qualifi&eacute;s &laquo; d&rsquo;<em>Europenses<\/em>&nbsp;&raquo;, mais pas de chr&eacute;tiens, m&ecirc;me si &eacute;videmment les r&eacute;f&eacute;rences religieuses abondent par ailleurs.<\/p>\n<div>\n\t\t\t&nbsp;<\/div>\n<p>\n\t\t\tLes relations ne sont de plus pas uniquement conflictuelles : les Arabo-berb&egrave;res ont conquis l&rsquo;Espagne gr&acirc;ce &agrave; l&rsquo;aide d&rsquo;un prince wisigoth rebelle ; d&rsquo;autres alliances existent, comme celle entre le duc Eudes d&rsquo;Aquitaine et le Berb&egrave;re Munuza ; enfin, les Sarrasins ont occup&eacute; plusieurs villes importantes de Septimanie pendant de longues ann&eacute;es (Narbonne n&rsquo;est &laquo; lib&eacute;r&eacute;e &raquo; qu&rsquo;en 751 ou 759) sans que nous ayons des traces de r&eacute;voltes des populations occup&eacute;es.<\/p>\n<div>\n\t\t\t&nbsp;<\/div>\n<h2>\n\t\t\t<strong>Carolingiens et Abbassides<\/strong><\/h2>\n<div>\n\t\t\t&nbsp;<\/div>\n<p>\n\t\t\tNous avons mentionn&eacute; plus haut la th&egrave;se d&rsquo;Henri Pirenne. Nous renvoyons aux travaux de Maurice Lombard, qui lui a directement r&eacute;pondu, et surtout &agrave; la pr&eacute;face de Christophe Picard dans l&rsquo;&eacute;dition 2005 de&nbsp;<em>Mahomet et Charlemagne<\/em>, pour voir en quoi elle a &eacute;t&eacute; en grande partie revue. R&eacute;sumons-la seulement : selon l&rsquo;historien, les conqu&ecirc;tes musulmanes auraient repouss&eacute; le centre de gravit&eacute; de l&rsquo;Europe de la M&eacute;diterran&eacute;e au nord du continent, favorisant l&rsquo;&eacute;mergence des Pippinides. Ainsi, sans Mahomet pas de Charlemagne.<\/p>\n<div>\n\t\t\t&nbsp;<\/div>\n<p>\n\t\t\tSi les explications sont plus complexes, une chose est certaine, les Pippinides prennent concr&egrave;tement le pouvoir dans une grande partie de l&rsquo;Europe occidentale en 751, avec le couronnement de P&eacute;pin le Bref. On note alors qu&rsquo;au m&ecirc;me moment, en Orient, la dynastie des Omeyyades est renvers&eacute;e au profit des Abbassides. Ces derniers s&rsquo;installent &agrave; Bagdad, tandis que le califat omeyyade rena&icirc;tra presque deux si&egrave;cles plus tard, &agrave; Cordoue, en Al Andalus. En attendant, les &eacute;mirs de la p&eacute;ninsule Ib&eacute;rique sont d&eacute;j&agrave; omeyyades (d&egrave;s 756) et pr&ecirc;tent all&eacute;geance au calife abbasside du bout des l&egrave;vres. L&rsquo;Occident latin se retrouve donc avec deux p&ocirc;les musulmans.<\/p>\n<div>\n\t\t\t&nbsp;<\/div>\n<p>\n\t\t\tC&rsquo;est le p&egrave;re de Charlemagne, P&eacute;pin le Bref, qui continue les relations avec les Sarrasins, apr&egrave;s les victoires de son propre p&egrave;re, Charles Martel, entre 732 et 737. D&rsquo;abord conflictuelles, avec la (re)conqu&ecirc;te de la Septimanie, dont la prise de Narbonne en 751 (ou 759). Puis diplomatiques : c&rsquo;est le cas en Al Andalus, o&ugrave; le roi franc soutient un certain Sulaym&acirc;n contre l&rsquo;&eacute;mir Abd el-Rahman Ier au d&eacute;but des ann&eacute;es 760 ; enfin, avec le califat abbasside directement, quand P&eacute;pin le Bref envoie une ambassade &agrave; Al-Mans&ucirc;r, entre 765 et 768, selon le&nbsp;<em>Continuateur de Fr&eacute;d&eacute;gaire<\/em>. Le roi ne peut approfondir ces relations diplomatiques car il meurt en 768. Mais on peut facilement penser que sa volont&eacute; de rapprochement avec les Abbassides s&rsquo;explique par la rivalit&eacute; avec un ennemi commun, l&rsquo;Empire byzantin. Ce qui se confirme avec son fils Charlemagne, pr&eacute;tendant au titre d&rsquo;empereur.<\/p>\n<div>\n\t\t\t&nbsp;<\/div>\n<h2>\n\t\t\t<strong>Charlemagne et Al Andalus<\/strong><\/h2>\n<div>\n\t\t\t&nbsp;<\/div>\n<p>\n\t\t\tC&rsquo;est par Suleym&acirc;n ibn al-Arab&icirc;, probablement celui que P&eacute;pin le Bref avait d&eacute;j&agrave; aid&eacute;, que Charlemagne entre dans les affaires d&rsquo;Al Andalus. Le gouverneur de Barcelone et G&eacute;rone se rend &agrave; Paderborn en 777 pour proposer au Franc une alliance contre l&rsquo;&eacute;mir de Cordoue ; il lui assure le soutien d&rsquo;autres gouverneurs, dont celui de Saragosse. Les raisons pour lesquelles Charlemagne accepte sont un peu obscures : lib&eacute;rer les chr&eacute;tiens, se tailler des territoires ? Quoiqu&rsquo;il en soit, il se met en route d&egrave;s le printemps 778. Il re&ccedil;oit alors le soutien du pape Hadrien Ier qui, dans une lettre, &eacute;voque &agrave; son tour les Agar&egrave;nes, qu&rsquo;il compare aux Egyptiens incroyants noy&eacute;s dans la mer Rouge par Dieu. L&rsquo;image des musulmans &eacute;volue, mais l&rsquo;ignorance de leur religion demeure.<\/p>\n<div>\n\t\t\t&nbsp;<\/div>\n<p>\n\t\t\tLa suite est connue : le gouverneur de Saragosse change d&rsquo;avis &agrave; l&rsquo;arriv&eacute;e de Charlemagne et celui-ci doit renoncer au si&egrave;ge de la ville en apprenant la r&eacute;volte des Saxons. Sur le chemin du retour, l&rsquo;arri&egrave;re-garde de son arm&eacute;e est massacr&eacute;e par les Basques &agrave; Roncevaux. Des Basques qui deviennent des Sarrasins dans&nbsp;<em>La Chanson de Roland<\/em>&nbsp;(fin XIe si&egrave;cle)&hellip;<\/p>\n<div>\n\t\t\t&nbsp;<\/div>\n<p>\n\t\t\tLe roi franc est &eacute;chaud&eacute; par cet &eacute;chec. Il d&eacute;cide de cr&eacute;er comme glacis le royaume d&rsquo;Aquitaine, qu&rsquo;il confie &agrave; son tout jeune fils Louis (futur Louis le Pieux), puis de se rapprocher d&rsquo;Abd el-Rahman Ier. Pourtant, quelques ann&eacute;es plus tard, le m&ecirc;me processus reprend : des rebelles viennent demander de l&rsquo;aide &agrave; Louis d&rsquo;Aquitaine en 790, puis &agrave; Charlemagne lui-m&ecirc;me en 797, et encore en 799. Les habitants de G&eacute;rone se sont m&ecirc;me soumis aux Francs d&egrave;s 785 ! Ces derniers sont ainsi appel&eacute;s &agrave; servir d&rsquo;arbitres pour les conflits entre Andalous, au d&eacute;but du r&egrave;gne de l&rsquo;&eacute;mir al-Hakam Ier, vivement contest&eacute;, mais qui r&eacute;agit par plusieurs razzias en pays franc, dont une qui conduit les Sarrasins aux portes de Narbonne et Carcassonne en 793.<\/p>\n<div>\n\t\t\t&nbsp;<\/div>\n<p>\n\t\t\tC&rsquo;est peut-&ecirc;tre l&rsquo;une des raisons qui explique la mobilisation des Carolingiens sur le terrain les ann&eacute;es suivantes. Cela am&egrave;ne &agrave; la conqu&ecirc;te de Barcelone en 801, aux cons&eacute;quences d&eacute;cisives pour la p&eacute;ninsule, et au-del&agrave;, avec l&rsquo;&eacute;mergence de l&rsquo;identit&eacute; catalane. Quant &agrave; Charlemagne, empereur depuis moins d&rsquo;un an, il continue une politique d&rsquo;alliances et de raids les ann&eacute;es suivantes, mais doit faire face &agrave; de plus en plus de difficult&eacute;s, surtout avec l&rsquo;essor de la piraterie sarrasine en M&eacute;diterran&eacute;e occidentale, v&eacute;ritable casse-t&ecirc;te qui va occuper nombre de ses successeurs.<\/p>\n<div>\n\t\t\t&nbsp;<\/div>\n<h2>\n\t\t\t<strong>Charlemagne et Har&ucirc;n al-Rashid<\/strong><\/h2>\n<div>\n\t\t\t&nbsp;<\/div>\n<p>\n\t\t\tLes rapports du souverain franc avec l&rsquo;autre p&ocirc;le musulman, les Abbassides, sont plus pacifiques.<\/p>\n<div>\n\t\t\t&nbsp;<\/div>\n<p>\n\t\t\tEn 797, Charlemagne envoie au calife abbasside trois &eacute;missaires, dont un Juif, Isaac. Quatre ans plus tard, ils reviennent accompagn&eacute;s d&rsquo;un homme du calife, mais &eacute;galement d&rsquo;un messager de l&rsquo;&eacute;mir aghlabide d&rsquo;Ifriqiya. Accompagnant de nombreux cadeaux, les Francs d&eacute;couvrent l&rsquo;&eacute;l&eacute;phant Abulabaz. D&rsquo;autres ambassades sont &eacute;chang&eacute;es les ann&eacute;es suivantes, prouvant les bons rapports entre le calife et l&rsquo;empereur. Tous deux se seraient entendus pour lutter ensemble contre Byzance et contre les &eacute;mirs omeyyades de Cordoue.<\/p>\n<div>\n\t\t\t&nbsp;<\/div>\n<h2>\n\t\t\t<strong>Une connaissance pr&eacute;coce, des relations contrast&eacute;es<\/strong><\/h2>\n<div>\n\t\t\t&nbsp;<\/div>\n<p>\n\t\t\tL&rsquo;Occident latin et l&rsquo;Islam font donc connaissance assez rapidement. D&rsquo;abord indirectement, quand les Latins apprennent par des chroniqueurs les conqu&ecirc;tes de peuples m&eacute;connus au d&eacute;triment des Byzantins quelques ann&eacute;es plus t&ocirc;t ; puis directement, avec la conqu&ecirc;te de l&rsquo;Espagne wisigothique et de la Septimanie, et les razzias en Aquitaine.<\/p>\n<div>\n\t\t\t&nbsp;<\/div>\n<p>\n\t\t\tPar la suite, les rapports se complexifient, avec des alliances politiques, soit avec des rebelles (en Al Andalus), soit avec le calife en personne. Avec les Abbassides justement, les relations continuent sporadiquement sous Louis le Pieux ; en ce qui concerne Al Andalus, cela oscille entre &eacute;changes et conflits, mais de fa&ccedil;on de plus en plus locale &agrave; mesure que le pouvoir carolingien se fissure. Et la piraterie sarrasine demeure longtemps un probl&egrave;me, auquel viennent s&rsquo;ajouter bien d&rsquo;autres ensuite.<\/p>\n<div>\n\t\t\t&nbsp;<\/div>\n<p>\n\t\t\tCe qu&rsquo;il faut noter, pour conclure, est que ces relations sont le plus souvent appr&eacute;hend&eacute;es de mani&egrave;re politique. Les nombreux conflits qui &eacute;maillent cette p&eacute;riode ne se d&eacute;roulent pas entre Chr&eacute;tiens et musulmans, mais entre Francs et Sarrasins. Jean Flori note (cit&eacute; par P. S&eacute;nac) : &laquo; les Sarrasins furent probablement per&ccedil;us, en Gaule du Nord, comme des ennemis ordinaires, des envahisseurs comme les autres, &agrave; combattre comme tels &raquo;.<\/p>\n<div>\n\t\t\t&nbsp;<\/div>\n<p>\n\t\t\tC&rsquo;est en fait surtout &agrave; partir du XIe si&egrave;cle que la guerre va devenir sainte, et le Sarrasin un Infid&egrave;le.<\/p>\n<div>\n\t\t\t&nbsp;<\/div>\n<p>\n\t\t\t&nbsp;<\/p>\n<div>\n\t\t\t&nbsp;<\/div>\n<h3>\n\t\t\t<strong>Bibliographie<\/strong><\/h3>\n<div>\n\t\t\t&nbsp;<\/div>\n<p>\n\t\t\t&#8211; P. S&eacute;nac,&nbsp;<em><a href=\"http:\/\/astore.amazon.fr\/histoipourtou-21\/detail\/2296005713\">Le monde carolingien et l&rsquo;Islam<\/a><\/em>, L&rsquo;Harmattan, 2006.<\/p>\n<div>\n\t\t\t&nbsp;<\/div>\n<p>\n\t\t\t&#8211; P. S&eacute;nac,&nbsp;<em>Les Carolingiens et al-Andalus (VIIIe-IXe si&egrave;cles)<\/em>, Maisonneuve &amp; Larose, 2002.<\/p>\n<div>\n\t\t\t&nbsp;<\/div>\n<p>\n\t\t\t&#8211; P. S&eacute;nac,&nbsp;<em>L&rsquo;image de l&rsquo;Autre. Histoire de l&rsquo;occident m&eacute;di&eacute;val face &agrave; l&rsquo;islam<\/em>, Flammarion, 1983.<\/p>\n<div>\n\t\t\t&nbsp;<\/div>\n<p>\n\t\t\t&#8211;&nbsp;<em><a href=\"http:\/\/astore.amazon.fr\/histoipourtou-21\/detail\/2227478322\">Chr&eacute;tiens face &agrave; l&rsquo;islam<\/a>. Premiers temps, premi&egrave;res controverses (collectif)<\/em>, Bayard, 2009.<\/p>\n<div>\n\t\t\t&nbsp;<\/div>\n<p>\n\t\t\t&nbsp;<\/p>\n<div>\n\t\t\t&nbsp;<\/div>\n<h3>\n\t\t\tPour aller plus loin<\/h3>\n<div>\n\t\t\t&nbsp;<\/div>\n<p>\n\t\t\t&#8211; H. Pirenne,&nbsp;<em>Mahomet et Charlemagne<\/em>, PUF, 2005 (r&eacute;&eacute;dition).<\/p>\n<div>\n\t\t\t&nbsp;<\/div>\n<p>\n\t\t\t&#8211; M. Lombard,&nbsp;<em>L&rsquo;Islam dans sa premi&egrave;re grandeur (VIIIe-XIe si&egrave;cle)<\/em>, Flammarion, 1980 (r&eacute;&eacute;dition).<\/p>\n<div>\n\t\t\t&nbsp;<\/div>\n<p>\n\t\t\t&#8211; J. Goody,&nbsp;<em>L&rsquo;islam en Europe. Histoire, &eacute;changes, conflits<\/em>, La D&eacute;couverte, 2006.<\/p>\n<\/p><\/div>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":16274,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"neve_meta_sidebar":"","neve_meta_container":"","neve_meta_enable_content_width":"","neve_meta_content_width":0,"neve_meta_title_alignment":"","neve_meta_author_avatar":"","neve_post_elements_order":"","neve_meta_disable_header":"","neve_meta_disable_footer":"","neve_meta_disable_title":"","_themeisle_gutenberg_block_has_review":false,"footnotes":""},"categories":[39,30,38,18,136,55,1],"tags":[],"class_list":["post-2784","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-afrique-du-nord","category-egypte","category-espagne","category-histoire","category-maurice","category-proche-orient","category-uncategorized"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2784","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=2784"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2784\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/media\/16274"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=2784"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=2784"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=2784"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}