{"id":2786,"date":"2011-10-05T16:40:30","date_gmt":"2011-10-05T16:40:30","guid":{"rendered":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/?p=2786"},"modified":"2011-10-05T16:40:30","modified_gmt":"2011-10-05T16:40:30","slug":"les-kapparot","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/les-kapparot\/","title":{"rendered":"Les Kapparot"},"content":{"rendered":"<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<h3 class=\"post-title entry-title\">\n\tLes Kapparot<\/h3>\n<div class=\"post-header\">\n<div class=\"post-header-line-1\">\n\t\t&nbsp;<\/div>\n<\/div>\n<div class=\"post-body entry-content\" id=\"post-body-6289429846121476436\">\n\tLe myst&eacute;rieux minhag des <i>Kapparot<\/i> soul&egrave;ve beaucoup d&#39;interrogations.<\/p>\n<p>\tCette coutume consiste &agrave; prendre, la veille de Yom Kippour, un poulet vivant (un m&acirc;le pour les hommes, une femelle pour les femmes) et &agrave; le faire tourner au dessus de la t&ecirc;te en disant un formule qui charge la b&ecirc;te de nos p&eacute;ch&eacute;s, en souhaitant que sa mort se substitue &agrave; la notre au cas o&ugrave; on la m&eacute;riterait. L&#39;animal est ensuite &eacute;gorg&eacute; et soit donn&eacute; en cadeau aux n&eacute;cessiteux, soit mang&eacute; par son propri&eacute;taire qui en donne la valeur &agrave; la tsedaka.<br \/>\n\tCe rituel n&#39;est mentionn&eacute; dans aucune source antique (que ce soit dans la Torah Ecrite ou dans le Talmud), son apparition est donc forc&eacute;ment post&eacute;rieure au Ve si&egrave;cle de l&#39;&egrave;re vulgaire. Les Richonim commencent &agrave; en parler au XIIe si&egrave;cle, il s&#39;est donc form&eacute; entre ces deux &eacute;poques (plus probablement entre le VIIIe et le Xe si&egrave;cle).<br \/>\n\tRachi, dans son commentaire sur Chabbat 81b mentionne une coutume pratiqu&eacute;e &agrave; son &eacute;poque : deux ou trois semaines avant Roch Hachana, les enfants confectionnaient de petits paniers qu&#39;ils remplissaient de terre, dans laquelle ils plantaient des haricots. La veille de Roch Hachana, ils prenaient les plantes qui avaient pouss&eacute;, les faisaient tourner au dessus de leur t&ecirc;te en chantant &quot;que ceci soit mon remplacement&quot;, puis les jetaient dans un cours d&#39;eau.<br \/>\n\tCertains voient dans cette coutume une &eacute;bauche des Kapparot que nous connaissons. Or, le probl&egrave;me est que ce rituel est directement inspir&eacute; d&#39;un rituel pa&iuml;en appel&eacute; &quot;Jardin d&#39;Adonis&quot;. Mais cette coutume &eacute;volue rapidement : de Roch Hachana on passe &agrave; Yom Kippour ; des enfants &agrave; toute la famille ; de la plante au poulet. L&#39;abandon du haricot est peut-&ecirc;tre du au fait que celui-ci faisant partie des Kitniot ; si on en infestait les points d&#39;eau ceux-ci devenaient inutilisables &agrave; Pessah. Ou peut-&ecirc;tre que c&#39;est simplement pour se distinguer des pa&iuml;ens. Ainsi quelque temps plus tard le Roch (Yoma 8,23) d&eacute;crit une coutume en tout point identique aux kapparot que nous connaissons aujourd&#39;hui. Il pr&eacute;cise que cela se fait habituellement avec un poulet, mais que les personnes les plus riches le faisaient avec un b&eacute;lier, en souvenir du Sacrifice d&#39;Its&#39;hak.<br \/>\n\tMais pendant ce temps, &agrave; cause du lien avec les pratiques pa&iuml;ennes, de nombreux d&eacute;cisionnaires se sont &eacute;lev&eacute;s contre cette tradition.<br \/>\n\tLe Rambam (Hil&#39;hot Erev Yom Hakipourim), le Rachba (Tchouvot Harachba), le Mordehai (commentaire sur Yoma), le Tour (Ora&#39;h Haim 605) et le Bet Yossef (idem) se dressent contre ce qu&#39;ils consid&egrave;rent un <i>Dere&#39;h Haemori<\/i>, une fa&ccedil;on de faire id&ocirc;latre. De ce fait, dans la majorit&eacute; des communaut&eacute;s s&eacute;farades qui avaient adopt&eacute; les Kapparot (essentiellement en Espagne), on abandonne vite cette pratique.<br \/>\n\tN&eacute;anmoins, dans le monde ashk&eacute;naze, les Kapparot ont leurs d&eacute;fenseurs. Le Rama (encore sur Ora&#39;h Haim 605) explique que bien que l&#39;origine de cette coutume soit douteuse, elle s&#39;est install&eacute;e et a pris une importance qui emp&ecirc;che de l&#39;interdire (<i>Minhag Vatikin<\/i>).<br \/>\n\tRav Tsvi Hirsch &#39;Hajes explique (Darkei Hahoraa 1,6) : Le peuple est souvent trop ignorant pour distinguer ce qui est la Halakha de ce qui est un Minhag. S&#39;il voit que l&#39;on abolit un rituel qu&#39;il a l&#39;habitude de faire, il risque de penser qu&#39;on peut abolir n&#39;importe quelle loi, c&#39;est la raison pour laquelle il faut absolument maintenir les coutumes, fussent-elle erron&eacute;es.<br \/>\n\tIl ajoute que les origines des Kapparot sont vraiment incertaines et que leur lien avec un quelconque rituel pa&iuml;en est totalement inconnu, tant des Juifs que des Non-Juifs. Si personne ne fait le lien, ce n&#39;est pas un probl&egrave;me.<br \/>\n\tLe Ramban (Or&#39;hot Haim, Hil&#39;hot Erev Yom Hakipourim 1 et Vayikra 1,19) soul&egrave;ve un autre probl&egrave;me : ce rituel revient &agrave; faire, selon lui, un <i>Korban &#39;Hatat,<\/i> un sacrifice expiatoire. Or il affirme qu&#39;il est absolument interdit de faire un tel sacrifice en dehors du Temple. La Michna Broura (toujours sur Ora&#39;h Haim 605) r&eacute;pond &agrave; cela. Premi&egrave;rement, le principe du sacrifice expiatoire n&#39;est pas <i>forc&eacute;ment<\/i> li&eacute; au Temple. Deuxi&egrave;mement, l&#39;animal sacrifi&eacute;, ici un poulet, ne fait pas partie des animaux qui pouvaient &ecirc;tre sacrifi&eacute;s au Temple, la confusion avec les sacrifices rituels est donc impossible.<br \/>\n\tL&#39;Arou&#39;h Hachoulhan et le Kaf Ha&#39;haim (devinez en commentaire de quoi ?) voient plut&ocirc;t une raison pratique d&#39;interdire : pour abattre toutes les Kapparot de leur communaut&eacute; (un volatile par personne), le Chohet devait travailler des heures d&#39;affil&eacute;e au terme desquelles il lui &eacute;tait impossible d&#39;avoir la vigilance requise par sa fonction. Sans parler de l&#39;usure du couteau. Les derni&egrave;res b&ecirc;tes abattues avaient donc de gros risques d&#39;&ecirc;tre Taref. En mangeant les Kapparot, au lieu de se purifier de ses p&eacute;ch&eacute;s, on prend le risque de s&#39;en rajouter&#8230; Il est clair qu&#39;on ne peut pas prendre le risque de commettre une Avera pour accomplir un Minhag !<br \/>\n\tLe Kaf Ha&#39;haim propose d&#39;ailleurs non pas de supprimer totalement cette pratique mais de remplacer le poulet par de l&#39;argent &#8211; la valeur marchande d&#39;un poulet par personne, &agrave; donner &agrave; la Tsedaka. Le Levouch (inutile de vous dire o&ugrave;) dit qu&#39;il est possible de remplacer le poulet par un poisson (ainsi il n&#39;y a plus de probl&egrave;me de Chehita). Le Hafets Haim propose lui d&#39;&eacute;taler les Kapparot sur tous les 10 Jours de P&eacute;nitence au lieu de tout concentrer sur la veille de Yom Kippour.<br \/>\n\tD&#39;une fa&ccedil;on o&ugrave; d&#39;une autre, la coutume continue donc d&#39;exister.<br \/>\n\tMais, me demanderez-vous, comment se fait-il qu&#39;elle perdure m&ecirc;me chez certains s&eacute;farades, alors que leurs principaux d&eacute;cisionnaires n&#39;ont pas m&eacute;nag&eacute; leurs efforts pour l&#39;interdire ?<br \/>\n\tLa raison est la suivante. Si les efforts des Richonim d&#39;Espagne ont &eacute;t&eacute; couronn&eacute;s de succ&egrave;s (les Kapparot sont d&#39;ailleurs tout &agrave; fait &eacute;trang&egrave;res &agrave; la coutume des s&eacute;farades au sens propre, c&#39;est &agrave; dire ceux originaires de la p&eacute;ninsule ib&eacute;rique), le Ari Zal, lui, a non seulement soutenu mais aussi r&eacute;pandu cette coutume, &agrave; laquelle il &eacute;tait tr&egrave;s attach&eacute; (rapport&eacute; par le Magen Avraham) ! Ainsi au fil du temps les diff&eacute;rents courants suivant ses enseignement ont repris sans h&eacute;siter les Kapparot. Le Ben Ich Hai (commentaire sur Vayeleh 2) valide ainsi cette coutume, malgr&eacute; le fait qu&#39;elle soit en contradiction avec le Choulhan Arouh (rappelons que Rabbi Yossef Caro a toujours insist&eacute; pour que les coutumes ant&eacute;rieures &agrave; son oeuvres soient maintenues). C&#39;est &eacute;galement sur cette base que Rav Ovadia Yossef l&#39;autorise (Yechav&eacute; Daat 2,71), toutefois il demande que les recommandations du Hafets Haim soient suivies (&agrave; savoir que l&#39;abattage soit &eacute;tal&eacute; sur plusieurs jours).<br \/>\n\tLa coutume veut que les femmes enceintes (de plus de 40 jours de grossesse) fassent &eacute;galement des Kapparot pour leur b&eacute;b&eacute;. Certaines, ne sachant si elles attendent un gar&ccedil;on ou une fille le font m&ecirc;me avec un coq <b>et<\/b> un poule.<br \/>\n\tQuoi qu&#39;il en soit, aujourd&#39;hui la plupart des communaut&eacute;s ne mettent en pratique les Kapparot qu&#39;&agrave; travers la Tsedaka, en faisant tourner sur la t&ecirc;te une somme d&#39;argent (soit la valeur marchande d&#39;un poulet, soit un somme symbolique comme 18 (Hai) unit&eacute;s de la monnaie locale) qu&#39;on donne ensuite aux pauvres.<br \/>\n\tToutefois, en souvenir des Kapparot, beaucoup de personnes ont la coutume de manger un plat &agrave; base de poulet la veille de Yom Kippour.<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":16275,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"neve_meta_sidebar":"","neve_meta_container":"","neve_meta_enable_content_width":"","neve_meta_content_width":0,"neve_meta_title_alignment":"","neve_meta_author_avatar":"","neve_post_elements_order":"","neve_meta_disable_header":"","neve_meta_disable_footer":"","neve_meta_disable_title":"","_themeisle_gutenberg_block_has_review":false,"footnotes":""},"categories":[38,15,1],"tags":[],"class_list":["post-2786","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-espagne","category-religion","category-uncategorized"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2786","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=2786"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2786\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/media\/16275"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=2786"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=2786"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=2786"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}