{"id":2790,"date":"2016-10-02T00:28:10","date_gmt":"2016-10-02T00:28:10","guid":{"rendered":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/?p=2790"},"modified":"2016-10-02T18:28:12","modified_gmt":"2016-10-02T18:28:12","slug":"quelques-traditions-tunes-de-yom-kippour","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/quelques-traditions-tunes-de-yom-kippour\/","title":{"rendered":"Quelques traditions Tunes de Yom Kippour"},"content":{"rendered":"<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p align=\"center\">\n\t<font color=\"#000000\" face=\"Verdana\"><b><u><span lang=\"FR\" style=\"FONT-SIZE: 16pt\">Quelques traditions Tunes de Yom Kippour<\/span><\/u><\/b><\/font><\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p align=\"center\">\n\t<font color=\"#000000\" face=\"Verdana\"><b><u><span lang=\"FR\" style=\"FONT-SIZE: 16pt\">Quelques traditions Tunes de Yom Kippour<\/span><\/u><\/b><\/font><\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tTout Tune porte en lui les traces des trois cultures (celle de son peuple, celle de son pays et celle du pays de Jules Ferry) qui l&rsquo;ont impr&eacute;gn&eacute; avant son exode vers le refuge qu&rsquo;il a choisi. Etant n&eacute; au Sud de la Tunisie, j&rsquo;arrivai &agrave; Tunis &agrave; l&rsquo;age de 11 ans. Ma branche Juda&iuml;que fut donc enrichie d&rsquo;un deuxi&egrave;me fruit, qui avait un go&ucirc;t diff&eacute;rent mais qui s&rsquo;accordait bien avec l&rsquo;ancien. Ainsi mes souvenirs de <em>Yom Kippour <\/em>se composent de ceux de mon enfance &agrave; Gab&egrave;s et de ceux de mon adolescence v&eacute;cue dans la capitale.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tLa f&ecirc;te de <em>Yom Kippour<\/em>, au Sud, commen&ccedil;ait deux jours auparavant quand mon p&egrave;re apportait les volailles &agrave; la maison. Tout &eacute;tait bien compt&eacute;, un coq pour chaque male de la famille et des poules pour les femmes. Le jour de la veille, on nous r&eacute;veillait tr&egrave;s t&ocirc;t le matin pour la c&eacute;r&eacute;monie des <em>Caparott<\/em>. Le <em>Shoh&rsquo;ett<\/em> passait de maison en maison et immolait les pauvres b&ecirc;tes, apr&egrave;s les avoir tourn&eacute;es autour de nos t&ecirc;tes en priant que ce sacrifice soit la <em>Cappara <\/em>(absolution) de nos p&eacute;ch&eacute;s. Nos mamans ne disaient-elles pas &agrave; leurs petits ch&eacute;ris : &laquo; Nemshi cabbara a&rsquo;lik &raquo;. Dans les pays arabes, m&ecirc;me les Juifs (avant l&rsquo;arriv&eacute;e des &eacute;tudes de la langue Hebraique &agrave; l&rsquo;Europ&eacute;enne) pronon&ccedil;aient la lettre P comme la lettre B. Des fois elles ajoutaient le deuxi&egrave;me dicton d&rsquo;amour-sacrifice &laquo; Arrani n&rsquo;dour a&rsquo;lik &raquo; (que je tourne autour de toi, en sous-entendant le poulet tournoy&eacute; par le <em>Shoh&rsquo;et<\/em>.)<\/p>\n<p>\n\tOn aidait &agrave; d&eacute;plumer les poulets en faisant tr&egrave;s attention de ne pas d&eacute;chirer la peau, surtout de ceux qui &eacute;taient destin&eacute;s &agrave; &ecirc;tre farcis.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t<img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" height=\"342\" hspace=\"12\" src=\"http:\/\/www.harissa.com\/D_Religion\/images\/tradit1.jpg\" width=\"424\" \/><\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tQuand j&rsquo;ai atteint l&rsquo;age avanc&eacute; de 8 ou 9 ans mon p&egrave;re me prenait, avec lui vers midi, &agrave; la synagogue. Il devait recevoir <em>&lsquo;les Malkott&rsquo;<\/em>, une sorte de bastonnade symbolique, encore une action expiatoire. C&rsquo;&eacute;tait humiliant pour moi, de voir qu&rsquo;on &lsquo;liait&rsquo; les bras de mon h&eacute;ros &agrave; une &eacute;chelle, qu&rsquo;on lui d&eacute;couvrait et mouillait le dos et qu&rsquo;on lui &lsquo;infligeait&rsquo; ces coups, avec un dr&ocirc;le d&rsquo;instrument, m&ecirc;me si ce n&rsquo;&eacute;tait pas &lsquo;pour de vrai&rsquo;.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tA la maison, la maman avait fini de pr&eacute;parer le Majmou&rsquo;, ce petit pain cuit avec un &oelig;uf qui lui &eacute;tait attach&eacute; par des barreaux de p&acirc;tes. Elle en faisait un pour chaque enfant qui n&rsquo;&eacute;tait pas sens&eacute; je&ucirc;ner. Cette combinaison d&rsquo;&oelig;uf dur et de pain nous servait de provision pour toute la journ&eacute;e, qu&rsquo;on devait passer &agrave; la synagogue (il n&rsquo;y avait personne &agrave; la maison.) :<\/p>\n<p>\n\tMa m&egrave;re a continu&eacute; &agrave; les faire pour mes enfants et je les fais pour mes petits enfants.<\/p>\n<p>\n\t<img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" height=\"301\" hspace=\"12\" src=\"http:\/\/www.harissa.com\/D_Religion\/images\/tradit2.jpg\" width=\"424\" \/><\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tLa tradition voulait qu&rsquo;on allume, &agrave; la synagogue, un Kandil (lampe &agrave; huile) qui puisse tenir plus de 24 heures, un pour chaque male. Mon p&egrave;re y avait sa place sur un des bancs &lsquo;p&eacute;riph&eacute;riques&rsquo;, ce qui a facilit&eacute; l&rsquo;installation de nos 3 Kandils (2 gar&ccedil;ons) sur une &eacute;tag&egrave;re. Une demi-heure avant le grand repas qui pr&eacute;c&egrave;de le je&ucirc;ne mon p&egrave;re prenait ces kandils ainsi qu&rsquo;un petit tapis et un coussin qui lui servait d&rsquo;accoudoir et nous les portions &agrave; la synagogue, o&ugrave; nous retournions apr&egrave;s le repas, pour la pri&egrave;re du <em>Kol Nidr&eacute;i<\/em>.<\/p>\n<p>\n\tLe lendemain, la pri&egrave;re continuait sans arr&ecirc;t jusqu&rsquo;au <em>Schofar<\/em> qui annonce la fin du je&ucirc;ne.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tPour nous, les moins de 10-12 ans, quand nous avions assez de suivre la pri&egrave;re des grands, nous allions voir nos mamans ou bien jouer dehors et grignoter notre Majmou&rsquo;.<\/p>\n<p>\n\tLa partie la plus impressionnante de cette journ&eacute;e &eacute;tait, je crois pour beaucoup d&rsquo;autres aussi, la b&eacute;n&eacute;diction des Cohens de l&rsquo;apr&egrave;s midi et la <em>Nei&rsquo;la<\/em>, qui annon&ccedil;ait par sa belle m&eacute;lodie l&rsquo;approche de la fin du je&ucirc;ne. Les femmes qui &eacute;taient parties tout de suite apr&egrave;s le <em>Schofar<\/em> commen&ccedil;aient &agrave; pr&eacute;parer le Boulou, la limonade (et l&rsquo;orgeat), la confiture de coings et &agrave; chauffer le poulet farci dans son Broudou ainsi que le H&rsquo;lalem.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tQuand nous quitt&acirc;mes le Sud pour la capitale, j&rsquo;ai du m&rsquo;adapter &agrave; quelques nouvelles coutumes. Malheureusement mon p&egrave;re a succomb&eacute; &agrave; sa maladie, et j&rsquo;ai pris la rel&egrave;ve en tant que chef de famille surtout pour le cot&eacute; religieux et traditionnel. On me r&eacute;p&eacute;ta sans cesse ce beau dicton Tune &laquo; Elly khala khlifa ma matt &raquo; (celui qui a laiss&eacute; un rempla&ccedil;ant n&rsquo;est pas mort). Guid&eacute; par ma m&egrave;re, je dus alors apprendre, plus d&rsquo;un an avant la <em>Bar-Mitsva<\/em>, &agrave; diriger toutes les c&eacute;r&eacute;monies. Cette femme qui n&rsquo;avait pas fait d&rsquo;&eacute;tudes, &eacute;tait une encyclop&eacute;die des traditions juives ; elle connaissait tout par c&oelig;ur et exigeait que cela soit ex&eacute;cut&eacute; jusqu&rsquo;au plus petit d&eacute;tail.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tTunis m&rsquo;avait apport&eacute; de nouveaux amis et de nouvelles coutumes qui, sans rien soustraire aux anciennes, &eacute;taient venues s&rsquo;y ajouter. Ainsi j&rsquo;ai appris &agrave; pr&eacute;parer le coing avec la poudre de clous de girofles pour le jour de <em>Kippour<\/em>. Les copains se vantaient : qui avait le coing le plus lisse et &agrave; qui le plus beau &lsquo;brun&rsquo;. L&rsquo;odeur du girofle aidait, disait-on, &agrave; surmonter les effets du je&ucirc;ne.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t<img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" height=\"323\" hspace=\"12\" src=\"http:\/\/www.harissa.com\/D_Religion\/images\/tradit3.jpg\" width=\"424\" \/><\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tApres le d&icirc;ner de la fin du je&ucirc;ne, tout le monde se souhaitait les meilleurs v&oelig;ux &ldquo;Cmarra A&rsquo;m Akher&rdquo;. Les jeunes, gar&ccedil;ons et filles, se retrouvaient tous autour des &lsquo;Immeubles&rsquo; de la Hafsia pour s&rsquo;embrasser. Malgr&eacute; nos relations tr&egrave;s affectueuses, les embrassades entre jeunes n&rsquo;&eacute;taient autoris&eacute;es que ce soir l&agrave;. Ces tourn&eacute;es se terminaient tr&egrave;s tard dans la nuit, on cherche les vieilles connaissances et on en fait des nouvelles, tout en pensant un peu &agrave; se faire pardonner par tous ceux que l&rsquo;on a connus.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tSi durant cette journ&eacute;e la rue Sidi Bou Hadid &eacute;tait d&eacute;serte, elle s&rsquo;&eacute;clairait soudain &agrave; la sortie de <em>Kippour<\/em> et se remplissait de vendeurs locaux qui &eacute;talaient d&eacute;j&agrave; les Jrids, (les grandes palmes) pour la construction de la <em>Souccah<\/em>.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tTexte et photos par Avraham Bar-Shay (Benattia)<\/p>\n<p>\n\t<a href=\"mailto:absf@netvision.net.il\">absf@netvision.net.il<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&nbsp; &nbsp; Quelques traditions Tunes de Yom Kippour &nbsp; &nbsp;<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":16277,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"neve_meta_sidebar":"","neve_meta_container":"","neve_meta_enable_content_width":"","neve_meta_content_width":0,"neve_meta_title_alignment":"","neve_meta_author_avatar":"","neve_post_elements_order":"","neve_meta_disable_header":"","neve_meta_disable_footer":"","neve_meta_disable_title":"","_themeisle_gutenberg_block_has_review":false,"footnotes":""},"categories":[213,168,344,13,9,1],"tags":[],"class_list":["post-2790","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-bou","category-coutumes","category-sud-de-la-tunisie","category-tunis","category-tunisie","category-uncategorized"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2790","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=2790"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2790\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/media\/16277"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=2790"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=2790"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=2790"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}