{"id":2818,"date":"2011-10-09T23:52:29","date_gmt":"2011-10-09T23:52:29","guid":{"rendered":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/?p=2818"},"modified":"2011-10-09T23:52:29","modified_gmt":"2011-10-09T23:52:29","slug":"la-liberte-des-medias-en-tunisie-du-reve-a-la-realite","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/la-liberte-des-medias-en-tunisie-du-reve-a-la-realite\/","title":{"rendered":"La libert\u00e9 des m\u00e9dias en Tunisie : du r\u00eave \u00e0 la r\u00e9alite"},"content":{"rendered":"<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<div id=\"arttitre\">\n<div id=\"title12\" style=\"float: left;\">\n\t\tLa libert&eacute; des m&eacute;dias en Tunisie : du r&ecirc;ve &agrave; la r&eacute;alite<\/div>\n<\/div>\n<div id=\"bodyinner\">\n<div id=\"bodyinnertext44\">\n<div>\n\t\t\t&nbsp;<\/div>\n<div>\n\t\t\t&nbsp;<\/div>\n<div>\n\t\t\t&nbsp;<\/div>\n<div>\n\t\t\t&nbsp;<\/div>\n<div id=\"chapo-rep\">\n\t\t\tJournaliste tunisien pour Assabah et Kapitalis, Mourad Teyeb affirme que la libert&eacute; des m&eacute;dias au lendemain de la r&eacute;volte populaire tient plus du r&ecirc;ve que de la r&eacute;alit&eacute;. Pour lui, des mesures doivent &ecirc;tre prises sans tarder par les journaux, la t&eacute;l&eacute;vision et l&rsquo;Internet pour r&eacute;former une corruption tenace et un journalisme irresponsable.<\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n\t\t\tAu lendemain des r&eacute;voltes populaires du 14 janvier qui ont mis fin au r&egrave;gne du pr&eacute;sident Zine el-Abidine Ben Ali, les Tunisiens se sont retrouv&eacute;s dans l&rsquo;illusion d&rsquo;une soci&eacute;t&eacute; libre et prosp&egrave;re. Les journalistes ont savour&eacute; une libert&eacute; sans pr&eacute;c&eacute;dent dans les domaines de la presse &eacute;crite et de la t&eacute;l&eacute;vision, jusqu&rsquo;alors tr&egrave;s &eacute;troitement contr&ocirc;l&eacute;s. Or, malgr&eacute; un accomplissement dont nous pouvions &ecirc;tre fiers, le sens que cette libert&eacute; nouvelle devait avoir dans le domaine des m&eacute;dias s&rsquo;est &eacute;vanoui apr&egrave;s quelques jours.<\/p>\n<p>\t\t\tLa libert&eacute; a &eacute;t&eacute; interpr&eacute;t&eacute;e au pied de la lettre, et les m&eacute;dias se permettent aujourd&rsquo;hui de dire ce qu&rsquo;ils veulent, quand ils le veulent. Les critiques, et m&ecirc;me les insultes, &agrave; l&rsquo;encontre de membres du gouvernement, sont devenues monnaie courante dans les &eacute;missions radiophoniques et t&eacute;l&eacute;vis&eacute;es ; les journaux regorgent aujourd&rsquo;hui de contenus ind&eacute;cents et provocateurs. Les journalistes n&rsquo;ont pas compris que libert&eacute; rime avec responsabilit&eacute;.<\/p>\n<p>\t\t\tD&rsquo;ailleurs, il n&rsquo;est pas rare d&rsquo;entendre que les m&eacute;dias cachent la v&eacute;rit&eacute; en ce qui concerne la r&eacute;alit&eacute; politique au sujet la s&eacute;curit&eacute;, du ch&ocirc;mage et des diff&eacute;rents partis.<\/p>\n<p>\t\t\tDepuis le mois de janvier, une centaine de journaux et magazines &ndash; quotidiens et hebdomadaires &ndash; ainsi qu&rsquo;une douzaine de stations FM locales ont &eacute;t&eacute; autoris&eacute;s &agrave; publier et &agrave; diffuser des informations ; plus de 30 licences ont &eacute;t&eacute; accord&eacute;es &agrave; des cha&icirc;nes de t&eacute;l&eacute;vision. Deux hautes commissions ont &eacute;t&eacute; cr&eacute;&eacute;es en vue de la r&eacute;vision du code de la presse, qui, sous le r&eacute;gime de Ben Ali, d&eacute;finissait les sujets &agrave; traiter et sp&eacute;cifiait les amendes et peines en cas de violation de l&rsquo;ancienne l&eacute;gislation sur les m&eacute;dias.<\/p>\n<p>\t\t\tCette effervescence marque une grande r&eacute;ussite en ce qui concerne la libert&eacute; des m&eacute;dias. Toutefois, de nombreux sondages d&rsquo;opinion r&eacute;v&egrave;lent une insatisfaction quant aux nouvelles tendances m&eacute;diatiques : ces derni&egrave;res n&rsquo;auraient pas su tirer parti du changement. Une enqu&ecirc;te men&eacute;e par SIGMA Conseil, une soci&eacute;t&eacute; d&rsquo;&eacute;tudes de march&eacute; &eacute;tablie en Tunisie, a r&eacute;v&eacute;l&eacute; &agrave; la fin du mois de juillet que les 85% de la population tunisienne n&rsquo;&eacute;taient pas satisfaits des m&eacute;dias du pays.<\/p>\n<p>\t\t\tM&ecirc;me apr&egrave;s la chute du pr&eacute;sident de Ben Ali, la plupart des journalistes sont incapables de venir &agrave; bout de probl&egrave;mes majeurs tels que la corruption ou le financement ; de faire la diff&eacute;rence entre libert&eacute; et chaos ; et de dresser un bilan des entreprises et investisseurs corrompus, mais qui, &agrave; travers des publicit&eacute;s et l&rsquo;achat d&rsquo;un grand nombre d&rsquo;abonnements, contribuent &agrave; la survie des entreprises m&eacute;diatiques, permettant ainsi aux &eacute;diteurs et aux journalistes de conserver leurs emplois. En effet, 80% des magnats ont encore mainmise sur le domaine des m&eacute;dias et, bien que de nombreuses soci&eacute;t&eacute;s qui appartenaient au clan Ben Ali aient &eacute;t&eacute; ferm&eacute;es, il est impossible de mettre tout le monde derri&egrave;re les barreaux.<\/p>\n<p>\t\t\tRidha K&eacute;fi, journaliste de haut niveau et membre de la sous-commission charg&eacute;e de la r&eacute;forme des m&eacute;dias cr&eacute;&eacute;e pour enqu&ecirc;ter sur la corruption administrative et financi&egrave;re dans le milieu m&eacute;diatique, pense qu&rsquo;il est &laquo; tr&egrave;s difficile &raquo; pour les journalistes tunisiens, &laquo; de se d&eacute;faire de mauvaises pratiques, telles que la corruption ou le mensonge, auxquelles ils se sont habitu&eacute;s depuis plus de trois d&eacute;cennies &raquo;.<\/p>\n<p>\t\t\tK&eacute;fi, dont le magazine L&rsquo;Expression, qui avait &eacute;t&eacute; priv&eacute; de publicit&eacute; avant d&rsquo;&ecirc;tre oblig&eacute; de fermer en 2009 sous le r&eacute;gime de Ben Ali, pense &eacute;galement que &laquo; le peu d&rsquo;exp&eacute;rience des journalistes, leur r&eacute;ticence &agrave; d&eacute;velopper des comp&eacute;tences, la pression du travail, qui se passe dans de mauvaises conditions, poussent les journalistes tunisiens &agrave; adopter ces tendances et &agrave; &eacute;viter des affrontements avec leurs employeurs, ce qui risquerait de leur co&ucirc;ter leurs postes. &raquo;<\/p>\n<p>\t\t\tDes exp&eacute;riences semblables dans d&rsquo;autres pays, comme la G&eacute;orgie, la Bulgarie, la Chine et l&rsquo;Afrique du Sud, montrent comment un passage brutal vers la d&eacute;mocratie peut mettre &agrave; mal le d&eacute;veloppement de la libert&eacute; des m&eacute;dias. Apr&egrave;s 50 ans d&rsquo;oppression, une voix et un parti uniques sont difficiles &agrave; surmonter de mani&egrave;re instantan&eacute;e. L&rsquo;&eacute;lite politique et la soci&eacute;t&eacute; civile tunisiennes n&rsquo;ont aucune exp&eacute;rience de ce qu&rsquo;une transition vers la d&eacute;mocratie exige.<\/p>\n<p>\t\t\tDe plus, les m&eacute;dias doivent composer avec un si grand nombre de demandes internes, qu&rsquo;il leur semble absurde de s&rsquo;occuper des questions de censure ou de corruption.<\/p>\n<p>\t\t\tAujourd&rsquo;hui, des d&eacute;bats publics et priv&eacute;s montrent une prise de conscience de la part journalistes, de plus en plus nombreux, du besoin de repartir &agrave; z&eacute;ro avec un sens de l&rsquo;autocritique et une &eacute;valuation plus approfondis. Le refus de travailler dans un milieu corrompu est un premier pas vers la r&eacute;forme. Le rejet de toute interf&eacute;rence du gouvernement est le d&eacute;but d&rsquo;une guerre contre la censure. Il est essentiel de prendre des initiatives et de s&rsquo;attaquer &agrave; des questions qui concernent l&rsquo;actualit&eacute; en Tunisie si l&rsquo;on veut lib&eacute;rer les m&eacute;dias tunisiens de probl&egrave;mes d&eacute;pass&eacute;s et de techniques d&eacute;mod&eacute;es.<\/p>\n<p>\t\t\tLa d&eacute;mocratie ne peut pas assurer des m&eacute;dias libres, mais des m&eacute;dias libres peuvent amener le succ&egrave;s de la d&eacute;mocratie. Reste l&rsquo;espoir que le march&eacute; se vide des journalistes incomp&eacute;tents, cr&eacute;ant ainsi des m&eacute;dias qui soient non seulement libres, mais au service de l&rsquo;information.<\/p>\n<p>\t\t\tLa r&eacute;volution populaire de 2011 en Tunisie doit &ecirc;tre une force ascendante qui donne naissance &agrave; une l&eacute;gislation et &agrave; un cadre permettant &agrave; des m&eacute;dias sans restriction, mais responsables, d&rsquo;exister &agrave; un moment o&ugrave; il est indispensable de casser avec le pass&eacute;.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n\t\t\tTUNIS | CGNews&nbsp;<\/p>\n<\/p><\/div>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&nbsp; La libert&eacute; des m&eacute;dias en Tunisie : du r&ecirc;ve &agrave; la r&eacute;alite &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; Journaliste tunisien pour Assabah et Kapitalis, Mourad Teyeb affirme que la libert&eacute; des m&eacute;dias au lendemain de la r&eacute;volte populaire tient plus du r&ecirc;ve que de la r&eacute;alit&eacute;. 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