{"id":2910,"date":"2015-10-14T01:47:08","date_gmt":"2015-10-14T01:47:08","guid":{"rendered":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/?p=2910"},"modified":"2015-10-14T00:43:21","modified_gmt":"2015-10-14T00:43:21","slug":"tresors-caches-de-la-mediterranee-le-musee-erlanger-de-sidi-bou-said","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/tresors-caches-de-la-mediterranee-le-musee-erlanger-de-sidi-bou-said\/","title":{"rendered":"Tr\u00e9sors cach\u00e9s de la M\u00e9diterran\u00e9e : le mus\u00e9e Erlanger de Sidi Bou Sa\u00efd"},"content":{"rendered":"<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<h1>\n\tTr&eacute;sors cach&eacute;s de la M&eacute;diterran&eacute;e<\/h1>\n<div class=\"infos\">\n\t<span class=\"sign\"><span class=\"auteur\">Par <img decoding=\"async\" border=\"0\" src=\"http:\/\/www.lefigaro.fr\/premium\/img\/pictos\/journalistes.gif\" \/>V&eacute;ronique Prat<\/span>&nbsp;<\/span><\/div>\n<div class=\"infos\">\n\t&nbsp;<\/div>\n<div class=\"infos\">\n\t&nbsp;<\/div>\n<p>\n\tTout le long du pourtour m&eacute;diterran&eacute;en, faute de moyens, des petits mus&eacute;es tombent dans l&#39;oubli. Le pr&eacute;sident de Fimalac, Marc Ladreit de Lacharri&egrave;re, a d&eacute;cid&eacute; de leur venir en aide. Premi&egrave;re &eacute;tape, le mus&eacute;e Erlanger de Sidi Bou Sa&iuml;d, en Tunisie. Interview.<\/p>\n<div class=\"texte\">\n\t<img decoding=\"async\" border=\"0\" src=\"http:\/\/www.lefigaro.fr\/icones\/coeur-.gif\" \/><\/p>\n<p>\n\t\tUn paysage de carte postale, le ciel, le soleil et la mer. En contrebas, le village de Sidi Bou Sa&iuml;d, petit Saint-Tropez local avec ses massifs de lauriers roses, son odeur de jasmin, ses rues pav&eacute;es, ses petites &eacute;choppes. A l&#39;int&eacute;rieur, dans la p&eacute;nombre, un fouillis de paniers, d&#39;armes anciennes, de tissus : on a l&#39;impression de p&eacute;n&eacute;trer dans un tableau de Delacroix, un sentiment qui ne s&#39;efface pas quand on entre dans le patio du palais Erlanger, grande b&acirc;tisse aux murs blancs et volets outremer. Jadis, il &eacute;tait la propri&eacute;t&eacute; du baron Rodolphe Erlanger, un banquier allemand s&eacute;duit par les paysages tunisiens au point de quitter sa Bavi&egrave;re natale pour s&#39;installer ici o&ugrave;, pendant plus de vingt ans, il &eacute;tudia la musique arabe, dont il devint l&#39;un des meilleurs sp&eacute;cialistes. A sa mort, il l&eacute;gua son palais et ses collections &agrave; l&#39;Etat, &agrave; charge pour lui d&#39;en faire un mus&eacute;e.<\/p>\n<p>\n\t\tConstruit entre 1912 et 1922, cet &eacute;difice marque la rencontre originale du style arabo- andalou et de motifs d&eacute;coratifs occidentaux typiques des d&eacute;buts de l&#39;Art nouveau. Alors que la fa&ccedil;ade frappe par sa sobri&eacute;t&eacute;, les pi&egrave;ces qui s&#39;harmonisent autour du patio central sont, elles, richement d&eacute;cor&eacute;es, telle la vo&ucirc;te qui surplombe le lit de l&#39;ancienne chambre &agrave; coucher du baron Erlanger, orn&eacute;e de feuilles d&#39;or. Pourtant, depuis la disparition de ce grand amateur d&#39;art, son palais et les collections qu&#39;il abrite se sont assoupis faute de communi cation, de promotion et de moyens financiers. En le visitant, Marc Ladreit de Lacharri&egrave;re, pr&eacute;sident de Fimalac et m&eacute;c&egrave;ne, a d&eacute;cid&eacute; de lui redonner son &eacute;clat d&#39;autrefois dans le cadre de l&#39;AMMed (Association des mus&eacute;es m&eacute;connus de la M&eacute;diterran&eacute;e), sous l&#39;&eacute;gide de l&#39;Unesco. Il s&#39;en explique.<\/p>\n<p>\n\t\t<strong>-Pourquoi avez-vous fond&eacute; l&#39;AMMed?<\/strong><\/p>\n<p>\n\t\tMarc Ladreit de Lacharri&egrave;re &#8211; L&#39;Association des mus&eacute;es m&eacute;connus de la M&eacute;diterran&eacute;e est une initiative r&eacute;cente, n&eacute;e d&#39;une r&eacute;flexion sur l&#39;importance du dialogue des cultures pour le rapprochement des populations des deux rives de la M&eacute;diterran&eacute;e. L&#39;AMMed a pour objectif, en soutenant des mus&eacute;es exceptionnels mais parfois connus des seuls sp&eacute;cialistes, d&#39;aider &agrave; construire une soci&eacute;t&eacute; plus harmonieuse entre les peuples des deux rives de la M&eacute;diterran&eacute;e, en favorisant le dialogue culturel. Notre premi&egrave;re r&eacute;alisation, le mus&eacute;e Erlanger &agrave; Sidi Bou Sa&iuml;d, en Tunisie, symbolise parfaitement nos objectifs : en premier lieu, le rapprochement des cultures, puisque ce palais est un v&eacute;ritable abr&eacute;g&eacute; des styles l&eacute;gu&eacute;s par la civilisation m&eacute;diterran&eacute;enne, allant des d&eacute;buts de l&#39;Art d&eacute;coratif europ&eacute;en &agrave; l&#39;architecture d&#39;inspiration arabe. De plus, de par son fondateur, ce mus&eacute;e incarne le dialogue des religions : le baron Erlanger &eacute;tait en effet un Juif europ&eacute;en fascin&eacute; par la culture et la religion musulmane. Enfin, ce palais, abritant la plus vaste collection d&#39;instruments de musique des pays du pourtour m&eacute;diterran&eacute;en, &eacute;tait d&#39;une grande originalit&eacute;. En soutenant ce mus&eacute;e, notre association a souhait&eacute; apporter sa contribution &agrave; la compr&eacute;hension des diff&eacute;rentes cultures qui constituent la richesse des peuples du pourtour de la M&eacute;diterran&eacute;e et &agrave; une meilleure perception mutuelle de celles-ci.<\/p>\n<p>\n\t\t<strong>Comment proc&eacute;dez-vous pour mettre en valeur ces mus&eacute;es?<\/strong><\/p>\n<p>\n\t\tNotre action se d&eacute;roule en trois volets. Le premier consiste en la r&eacute;alisation, en partenariat avec la cha&icirc;ne Arte, de documentaires destin&eacute;s &agrave; mieux comprendre les enjeux culturels de ces mus&eacute;es. Le premier documentaire consacr&eacute; au palais du baron Erlanger sera diffus&eacute; sur Arte le 30 octobre 2011 en prime time *, mais aussi en Allemagne et dans les principaux pays du Maghreb d&#39;ici &agrave; la fin de l&#39;ann&eacute;e. Le deuxi&egrave;me volet d&#39;action est la cr&eacute;ation d&#39;un site internet proposant des visites virtuelles pour d&eacute;couvrir ces lieux de culture et mettre en r&eacute;seau les mus&eacute;es que nous soutenons. Le site consacr&eacute; au mus&eacute;e du baron Erlanger est aujourd&#39;hui en ligne (www.ennejmaezzahra-tunisie.org). Enfin, nous participons &agrave; l&#39;&eacute;dition d&#39;ouvrages, avec la contribution de grands universitaires, &eacute;crivains et historiens. Ces outils servent naturellement &agrave; la mise en valeur des mus&eacute;es en question, mais avec une ambition extr&ecirc;mement &eacute;ducative. Ils constituent de pr&eacute;cieux outils pour les acad&eacute;mies et les &eacute;quipes p&eacute;dagogiques.<\/p>\n<p>\n\t\t<strong>Quel est votre programme ?<\/strong><\/p>\n<p>\n\t\tAvec la d&eacute;l&eacute;gu&eacute;e g&eacute;n&eacute;rale de l&#39;association, Sonia Mabrouk, journaliste sur la cha&icirc;ne Public S&eacute;nat, avec laquelle j&#39;ai cr&eacute;&eacute; l&#39;association, nous avons mis en place un conseil scientifique. Ce conseil, compos&eacute; de directeurs de mus&eacute;es d&#39;audience internationale et pr&eacute;sid&eacute; par Henri Loyrette, pr&eacute;sident directeur du Louvre, est charg&eacute; de s&eacute;lectionner les mus&eacute;es et lieux de culture m&eacute;connus, mais dont le patrimoine a form&eacute; le berceau de notre histoire. De la calligraphie aux arts de la c&eacute;ramique et de la sculpture au travail des m&eacute;taux, tous les aspects de la civilisation sont concern&eacute;s depuis le d&eacute;but du 3e mill&eacute;naire av. J.-C. jusqu&#39;&agrave; l&#39;&eacute;poque contemporaine. Le conseil scientifique va se r&eacute;unir en novembre pour choisir le mus&eacute;e que nous mettrons en valeur en 2012. Le choix est difficile parmi les tr&egrave;s nombreux mus&eacute;es du pourtour de la M&eacute;diterran&eacute;e. Je pense par exemple au mus&eacute;e d&#39;Art copte au Caire, ou au Mus&eacute;e arch&eacute;ologique de Thessalonique, en Gr&egrave;ce, ou pourquoi pas au mus&eacute;e d&#39;Art arabo-musulman du Caire ou au mus&eacute;e d&#39;Art juif du Maghreb de Marrakech ou encore &agrave; un mus&eacute;e en Croatie&#8230;<\/p>\n<p>\n\t\t<strong>La cr&eacute;ation de l&#39;AMMed est-elle le prolongement de ce que vous faites avec la Fondation Culture &amp;Diversit&eacute;?<\/strong><\/p>\n<p>\n\t\tJe pense que le r&ocirc;le d&#39;un chef d&#39;entreprise qui a r&eacute;ussi est de s&#39;engager au sein de la cit&eacute; en agissant en vue de favoriser une soci&eacute;t&eacute; plus harmonieuse. C&#39;est pourquoi j&#39;ai voulu cr&eacute;er, en 2006, la Fondation Culture &amp;Diversit&eacute;, qui a pour but de permettre l&#39;acc&egrave;s aux arts et &agrave; la culture pour des jeunes issus de milieux d&eacute;favoris&eacute;s et souvent issus de l&#39;immigration. La Fondation touche aujourd&#39;hui pr&egrave;s de 12 000 jeunes issus de plus de 150 coll&egrave;ges et lyc&eacute;es de toute la France. Le partage, l&#39;&eacute;change et la reconnaissance de la diversit&eacute; culturelle jouent &agrave; mes yeux un r&ocirc;le primordial dans l&#39;action en vue d&#39;une soci&eacute;t&eacute; plus harmonieuse. C&#39;est un des objectifs de l&#39;AMMed et, &agrave; ce titre, elle est le prolongement de l&#39;engagement culturel et solidaire &agrave; l&#39;origine de la cr&eacute;ation de la Fondation Culture &amp;Diversit&eacute;.<\/p>\n<p>\n\t\t<strong>Vous investissez-vous personnellement dans vos actions de m&eacute;c&eacute;nat?<\/strong><\/p>\n<p>\n\t\tL&#39;engagement des chefs d&#39;entreprise dans la cit&eacute; est d&#39;autant plus appr&eacute;ciable lorsque les entrepreneurs engagent leurs fonds personnels ou leurs bonus dans les actions de m&eacute;c&eacute;nat des entreprises qu&#39;ils dirigent. C&#39;est ce que je fais moi-m&ecirc;me pour la Fondation Culture &amp;Diversit&eacute;.<\/p>\n<p>\n\t\t<strong>Pourquoi avoir choisi la culture pour servir une soci&eacute;t&eacute; plus harmonieuse?<\/strong><\/p>\n<p>\n\t\tJe suis convaincu que la culture permet de rapprocher les hommes, c&#39;est notre bien commun. Elle constitue le meilleur instrument au service d&#39;une soci&eacute;t&eacute; plus harmonieuse, et ce, tant sur le plan national qu&#39;international. Elle favorise les liens indispensables entre les civilisations et entre les hommes. Elle permet de faire reculer les risques d&#39;intol&eacute;rance et de replis identitaires.<\/p>\n<p>\n\t\t<strong>Vous avez &eacute;t&eacute; nomm&eacute; Ambassadeur de bonne volont&eacute; de l&#39;Unesco en charge de la diversit&eacute; culturelle. Comment l&#39;AMMed s&#39;inscrit-elle dans cette mission?<\/strong><\/p>\n<p>\n\t\tJe suis aujourd&#39;hui charg&eacute; de ces questions aupr&egrave;s de l&#39;Unesco. Mes activit&eacute;s, comme pr&eacute;sident de l&#39;AMMed, de la Fondation Culture &amp;Diversit&eacute; ou encore comme pr&eacute;sident de l&#39;Agence France-Mus&eacute;ums, charg&eacute;e de la construction du mus&eacute;e du Louvre &agrave; Abou Dabi, s&#39;inscrivent pleinement dans les id&eacute;aux de l&#39;Unesco et plus particuli&egrave;rement dans les pas de la Convention pour la diversit&eacute; culturelle. Le 2 novembre prochain, d&#39;ailleurs, je pr&eacute;siderai, au c&ocirc;t&eacute; d&#39;Irina Bokova, directrice g&eacute;n&eacute;rale de l&#39;Unesco, la c&eacute;r&eacute;monie qui va c&eacute;l&eacute;brer le dixi&egrave;me anniversaire de la D&eacute;claration universelle de l&#39;Unesco sur la diversit&eacute; culturelle, r&eacute;unissant des personnalit&eacute;s et des chefs d&#39;Etat du monde entier. Au cours de cette c&eacute;r&eacute;monie sera rendu un hommage solennel au r&ocirc;le de la diversit&eacute; culturelle comme &laquo;patrimoine commun de l&#39;humanit&eacute;&raquo;. Cette diversit&eacute; culturelle est &eacute;galement un formidable outil d&eacute;mocratique que je d&eacute;fends ardemment &agrave; travers l&#39;AMMed. En ayant choisi la Tunisie pour notre premi&egrave;re r&eacute;alisation, nous avons aussi souhait&eacute; soutenir la naissance de la jeune d&eacute;mocratie tunisienne.<\/p>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&nbsp; Tr&eacute;sors cach&eacute;s de la M&eacute;diterran&eacute;e Par V&eacute;ronique Prat&nbsp; &nbsp; &nbsp; Tout le long du pourtour m&eacute;diterran&eacute;en, faute de moyens, des petits mus&eacute;es tombent dans l&#39;oubli. Le pr&eacute;sident de Fimalac, Marc Ladreit de Lacharri&egrave;re, a d&eacute;cid&eacute; de leur venir en aide. 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