{"id":2926,"date":"2015-01-14T01:21:19","date_gmt":"2015-01-14T01:21:19","guid":{"rendered":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/?p=2926"},"modified":"2015-01-14T00:08:22","modified_gmt":"2015-01-14T00:08:22","slug":"la-datte-tunisienne-des-atouts-et-des-pepins","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/la-datte-tunisienne-des-atouts-et-des-pepins\/","title":{"rendered":"La datte tunisienne, des atouts et des p\u00e9pins"},"content":{"rendered":"<p>\n\tLa datte tunisienne, des atouts et des p&eacute;pins<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t<font color=\"#808080\">Par Abou Sarra<\/font><\/p>\n<p>\n\tFruit b&eacute;ni, nourriture favorite du caravanier et du voyageur, la datte a repr&eacute;sent&eacute;&sbquo; pendant des si&egrave;cles, l&#39;aliment de base des populations du d&eacute;sert. Forte de ses propri&eacute;t&eacute;s di&eacute;t&eacute;tiques, elle est, aujourd&#39;hui, en passe de devenir un produit agricole strat&eacute;gique &agrave; l&#39;exportation, autant que l&#39;huile d&#39;olive ou les agrumes.<\/p>\n<p>\tEn Tunisie, la production de dattes ne cesse d&#39;augmenter. Elle est estim&eacute;e annuellement &agrave; 105 mille tonnes dont 70 mille tonnes de Deglet nour (doigt de lumi&egrave;re), vari&eacute;t&eacute; consid&eacute;r&eacute;e comme la meilleure. Ce produit conna&icirc;t un franc succ&egrave;s sur les march&eacute;s int&eacute;rieur et ext&eacute;rieur.<\/p>\n<p>\tLa Tunisie, premier exportateur de Deglet nour, en exporte, annuellement, une moyenne de 30 mille tonnes dont 15.000 sur le seul march&eacute; europ&eacute;en. Par pays, la France est le premier client de la Tunisie, suivi de l&#39;Italie, des Etats-Unis, de l&#39;Allemagne, de la Belgique, des pays du golfe.<\/p>\n<p>\tMention sp&eacute;ciale pour la France qui importe des dattes tunisiennes pour les revendre dans toute l&#39;Europe. C&#39;est ce qui explique que la France, en sa qualit&eacute; de r&eacute;exportateur de datte, figure sur la liste des exportateurs de dattes sans en &ecirc;tre producteur.<\/p>\n<p>\tDeglet nour est la principale vari&eacute;t&eacute; export&eacute;e. Elle se distingue par sa couleur blonde translucide et par sa saveur exceptionnelle.<\/p>\n<p>\tLa plantation du palmier dattier producteur de cette vari&eacute;t&eacute; de datte a &eacute;t&eacute; d&eacute;lib&eacute;r&eacute;ment intensifi&eacute;e, durant les ann&eacute;es 60, en raison de sa valeur marchande. D&#39;autres palmeraies sont d&eacute;velopp&eacute;es avec un cofinancement europ&eacute;en, depuis une dizaine d&#39;ann&eacute;es, &agrave; Regim Maatoug (r&eacute;gion de K&eacute;bili) avec l&#39;assistance financi&egrave;re de l&#39;Union europ&eacute;enne.<\/p>\n<p>\tToutefois, la Tunisie, qui r&eacute;colte les fruits de cette strat&eacute;gie au plan des recettes en devises (50 millions d&#39;euros par an), paye en contrepartie les effets pervers de cette orientation s&eacute;lective monovari&eacute;tale sur l&#39;&eacute;cosyst&egrave;me.<\/p>\n<p>\tLes oasis tunisiennes qui s&#39;&eacute;tendent sur 32 mille hectares repartis sur quatre r&eacute;gions datti&egrave;res situ&eacute;es aux confins du d&eacute;sert (Tozeur, Gafsa, Gab&egrave;s et K&eacute;bili) sont menac&eacute;es d&#39;&eacute;rosion g&eacute;n&eacute;tique. Celle-ci, pour peu qu&#39;elle se poursuive, risque de compromettre la p&eacute;rennit&eacute; de l&#39;&eacute;cosyst&egrave;me oasien.<\/p>\n<p>\tPour Noureddine Nasr, agronome coordinateur du Projet sur la gestion participative des ressources phytog&eacute;n&eacute;tiques des palmiers dattiers dans les oasis du Maghreb (ipgri), un projet de d&eacute;monstration financ&eacute; par le PNUD, le rem&egrave;de passe par la r&eacute;habilitation de la diversit&eacute; g&eacute;n&eacute;tique.<\/p>\n<p>\tDeux objectifs sont recherch&eacute;s : le premier, d&#39;ordre &eacute;cologique, consiste &agrave; d&eacute;velopper de nouvelles palmeraies pour lutter contre l&#39;avance des sables, pr&eacute;server la biodiversit&eacute; et valoriser des vari&eacute;t&eacute;s de dattes plus r&eacute;sistantes aux parasites telles que le kintichi et El bisr.<\/p>\n<p>\tL&#39;agronome rappelle ici que le principal fl&eacute;au qui menace les oasis tunisiennes a pour nom &quot;Bayoudh&quot;. Ce parasite a d&eacute;cim&eacute; au Maroc et en Alg&eacute;rie une dizaine de millions de palmiers. La Tunisie qui ne compte que 4,5 millions de palmiers risque de conna&icirc;tre le pire des sc&eacute;narios si jamais ces palmeraies sont affect&eacute;es par ce parasite.<\/p>\n<p>\tLa deuxi&egrave;me motivation, d&#39;ordre &eacute;conomique, vise &agrave; restaurer le r&ocirc;le de production des oasis. Il s&#39;agit d&#39;exploiter &agrave; bon escient la bonne image dont jouit la vari&eacute;t&eacute; &quot;Deglet nour&quot; pour accro&icirc;tre, au plan international, la demande pour les autres vari&eacute;t&eacute;s (kinta, kintichi&#8230;).<br \/>\n\tD&#39;ou l&#39;enjeu d&#39;explorer de nouveaux march&eacute;s tels que les marches africains, les pays d&#39;Europe centrale et orientale (Peco), les pays islamiques du sud-est asiatique (Indon&eacute;sie et Malaisie) et la colonie maghr&eacute;bine en Europe qui reste attach&eacute;e aux traditions culinaires &agrave; base de dattes.<\/p>\n<p>\tLe Groupement interprofessionnel des fruits (GIF), structure &eacute;tatique charg&eacute;e d&#39;encadrer et d&#39;assister les 40 mille palm&eacute;iculteurs des oasis tunisiennes, accorde des primes et autres subventions aux exportateurs qui prennent l&#39;initiative d&#39;identifier de nouveaux d&eacute;bouch&eacute;s pour &eacute;couler la datte tunisienne et de provoquer un glissement d&#39;une partie de la demande de dattes Deglet nour vers d&#39;autres vari&eacute;t&eacute;s (dattes s&egrave;ches).<\/p>\n<p>\t<i><b>Les p&eacute;pins du secteur<\/b><\/i><\/p>\n<p>\tLa non diversification des d&eacute;bouch&eacute;s n&#39;est pas le seul probl&egrave;me auquel est confront&eacute; le secteur. La d&eacute;pendance des al&eacute;as climatiques et l&#39;insuffisance des eaux d&#39;irrigation tunisiennes, le faible rendement du palmier dattier tunisien (25 kg actuellement contre 100kg et plus ailleurs) entravent, &eacute;galement, le d&eacute;veloppement des oasis et compromettent leur p&eacute;rennit&eacute;.<\/p>\n<p>\tLe v&eacute;ritable talon d&#39;Achille du secteur demeure cependant la faible capacit&eacute; de stockage. L&#39;offre disponible est estim&eacute;e, actuellement, &agrave; 15 mille tonnes g&eacute;r&eacute;es par 27 unit&eacute;s de conditionnement alors que la demande est &eacute;valu&eacute;e &agrave; 32.500 tonnes.<\/p>\n<p>\tLa situation a amen&eacute; l&#39;Etat &agrave; instituer des incitations fiscales et financi&egrave;res pour aider les gros conditionneurs &agrave; se mettre &agrave; niveau, &agrave; moderniser leurs &eacute;quipements v&eacute;tustes, &agrave; se doter d&#39;unit&eacute;s de maintenance et &agrave; s&#39;adapter aux normes de management de s&eacute;curit&eacute; alimentaire (Haccp) exig&eacute;es &agrave; l&#39;exportation.<\/p>\n<p>\tL&#39;ensemble de ces dispositions vise &agrave; conforter la place qu&#39;occupent les dattes en tant que troisi&egrave;me produit agricole biologique apr&egrave;s l&#39;huile d&#39;olive et les agrumes.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La datte tunisienne, des atouts et des p&eacute;pins &nbsp; &nbsp; &nbsp; Par Abou Sarra Fruit b&eacute;ni, nourriture favorite du caravanier et du voyageur, la datte a repr&eacute;sent&eacute;&sbquo; pendant des si&egrave;cles, l&#39;aliment de base des populations du d&eacute;sert. 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