{"id":2952,"date":"2015-11-19T00:11:42","date_gmt":"2015-11-19T00:11:42","guid":{"rendered":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/?p=2952"},"modified":"2015-11-19T02:14:49","modified_gmt":"2015-11-19T02:14:49","slug":"le-bouquet-garni-thym-et-laurier-par-monique-zetlaoui","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/le-bouquet-garni-thym-et-laurier-par-monique-zetlaoui\/","title":{"rendered":"Le bouquet garni : Thym et Laurier, par Monique Zetlaoui"},"content":{"rendered":"<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t<strong>Le bouquet garni :&nbsp;<\/strong><strong>Thym et Laurier<\/strong><\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t<strong>Le bouquet garni :&nbsp;<\/strong><strong>Thym et Laurier<\/strong><\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tUne filiforme pr&eacute;sentatrice d&rsquo;une cha&icirc;ne de t&eacute;l&eacute;vision culinaire rappelait que pour r&eacute;ussir un parfait poulet r&ocirc;ti, &laquo;&nbsp;il ne faut surtout&nbsp;pas oublier le thym dans le cul du poulet. &raquo; On ne choisit pas toujours sa derni&egrave;re demeure soupira la branche de thym, si certains de mes anc&ecirc;tres finirent dans les visc&egrave;res d&rsquo;imp&eacute;riales momies en Egypte, d&rsquo;autres se consumaient et exhalaient&nbsp; leurs temples en Gr&egrave;ce&nbsp;&nbsp; et parfumaient les couches des patriciens &agrave; Rome. Vous l&rsquo;avez compris &nbsp;le&nbsp; thym, ne fit pas toujours sa carri&egrave;re en cuisine.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Li&eacute;s &agrave; jamais, lov&eacute;s l&rsquo;un contre l&rsquo;autre, enserr&eacute;s par une ficelle, feuilles de laurier et brindilles de thym sont la base &nbsp;incontournable &nbsp;depuis le XVII&deg; si&egrave;cle de l&rsquo;illustre bouquet garni qui signe bien des plats, leur conf&eacute;rant une saveur incomparable. En remontant le temps, nous verrons qu&rsquo;ils connurent des heures plus glorieuses o&ugrave; ils fr&eacute;quentaient assid&ucirc;ment dieux et d&eacute;esses.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tThym<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;&nbsp; Originaire du bassin m&eacute;diterran&eacute;en, le thym, dont on connait plus de trois cents vari&eacute;t&eacute;s, se r&eacute;pand rapidement vers&nbsp; d&rsquo;autres r&eacute;gions dont les territoires de la Perse antique et &nbsp;La M&eacute;sopotamie avant d&rsquo;atteindre le centre et le nord de l&rsquo;Europe aux alentours&nbsp; X&deg; si&egrave;cle de notre &egrave;re. Les esp&egrave;ces les plus cultiv&eacute;es sont le thym commun (thymus vulgaris) &nbsp;et le thym serpolet, appel&eacute; farigoule en Provence. Le premier&nbsp; pousse en petits arbrisseaux robustes sur des terrains rocailleux et des coteaux arides qui ne l&rsquo;effrayent gu&egrave;re tandis que le thym serpolet forme un tapis qui &eacute;voque le gazon. Tous deux aiment pardessus tout le soleil et les fortes chaleurs ne les indisposent nullement. Leur parfum persistant embaume les garrigues et maquis o&ugrave; ils abondent.&nbsp;&nbsp;&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tM&eacute;sopotamie,&nbsp; Egypte, Moyen-Orient<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;Les fameuses tablettes de Yale<a href=\"\/\/\/C:\/Users\/jaco\/AppData\/Local\/Microsoft\/Windows\/Temporary%20Internet%20Files\/Content.IE5\/KT2N0IOO\/Le%20thym.doc#_ftn1\" name=\"_ftnref1\" title=\"\">[1]<\/a> ne rec&egrave;lent aucune recette o&ugrave; apparaissent le thym et le laurier. Les Babyloniens parfumaient leurs&nbsp; bouillons<a href=\"\/\/\/C:\/Users\/jaco\/AppData\/Local\/Microsoft\/Windows\/Temporary%20Internet%20Files\/Content.IE5\/KT2N0IOO\/Le%20thym.doc#_ftn2\" name=\"_ftnref2\" title=\"\">[2]<\/a> avec un bouquet d&rsquo;ail et de poireau qui est sans doute l&rsquo;&eacute;quivalent de notre bouquet garni. La plus ancienne mention du thym en M&eacute;sopotamie est l&rsquo;inscription en caract&egrave;res cun&eacute;iformes sur un rouleau&nbsp; datant du r&egrave;gne d&rsquo;Ashurbanipal (668-633 avant J.-C.)<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; L&rsquo;Egypte, quant &agrave; elle, conna&icirc;t au moins une des vari&eacute;t&eacute;s de thym &nbsp;depuis des temps imm&eacute;moriaux, il&nbsp; appara&icirc;t dans la liste des 800 rem&egrave;des d&eacute;crits dans le papyrus d&rsquo;Ebers. &nbsp;Nous ignorons si dans l&rsquo;Egypte antique, le thym &eacute;tait utilis&eacute; en cuisine mais il est s&ucirc;r qu&rsquo;il servait&nbsp; pour embaumer les morts. La vari&eacute;t&eacute; thymbra spicata a &eacute;t&eacute; retrouv&eacute;e dans la tombe de Toutankhamon. L&rsquo;&eacute;tymologie du mot thym est sujette &agrave; diverses interpr&eacute;tations, l&rsquo;un d&rsquo;elle fait d&eacute;river le mot de l&rsquo;&eacute;gyptien tham qui d&eacute;signe la vari&eacute;t&eacute; utilis&eacute; par les Egyptiens dans le processus de momification et d&rsquo;embaumement. Les trait&eacute;s de cuisine arabe m&eacute;di&eacute;vaux le citent tr&egrave;s rarement, alors qu&rsquo;il est pr&eacute;sent dans tous les trait&eacute;s de m&eacute;decine et de pharmacop&eacute;e. Il est vrai que les trait&eacute;s ne donnent pas de recettes populaires mais d&eacute;crivent une riche cuisine des cit&eacute;s palatiales. Lors de son s&eacute;jour (1581-1583) de trois ans en Egypte, le m&eacute;decin de Padou, Prospero Alpini &eacute;crit&nbsp;: &laquo;&nbsp;il y a aussi la plante de za&rsquo;atar hendi<a href=\"\/\/\/C:\/Users\/jaco\/AppData\/Local\/Microsoft\/Windows\/Temporary%20Internet%20Files\/Content.IE5\/KT2N0IOO\/Le%20thym.doc#_ftn3\" name=\"_ftnref3\" title=\"\">[3]<\/a>,&nbsp; dont on mange les feuilles s&eacute;ch&eacute;es avec du sel et du pain, tout comme les Grecs de l&rsquo;&icirc;le de Cr&egrave;te font avec l&rsquo;origan.&nbsp;&raquo;.&nbsp; Le za&rsquo;atar &eacute;tait probablement utilis&eacute; depuis toujours &nbsp;dans les campagnes. Le za&rsquo;atar &nbsp;est un terme g&eacute;n&eacute;rique qui d&eacute;signe aussi bien &nbsp;les thyms que&nbsp; l&rsquo;origan et de marjolaine. Le mot d&eacute;signe aussi un m&eacute;lange de ces herbes, additionn&eacute; de sel, de sumac et de graines de s&eacute;same. Tr&egrave;s populaire au Moyen-Orient&nbsp; la mixture qui &eacute;tait traditionnellement pr&eacute;par&eacute;e&nbsp; &agrave; la maison, varie d&rsquo;une famille &agrave; l&rsquo;autre dans le dosage et la vari&eacute;t&eacute; d&rsquo;aromates utilis&eacute;s. Le za&rsquo;atar palestinien qui contient du carvi diff&egrave;re du za&rsquo;atar libanais riche en baies de sumac. Les &eacute;migr&eacute;s syriens et libanais &eacute;migr&eacute;s aux U.S.A. depuis les ann&eacute;es 1940&nbsp; ont implant&eacute; et popularis&eacute; le za&rsquo;tar associ&eacute; tr&egrave;s souvent au pain et &agrave; l&rsquo;huile d&rsquo;olive. Le za&rsquo;atar est un symbole des maisons palestiniennes et la fa&ccedil;on de le pr&eacute;parer indique aussi la r&eacute;gion et le village d&rsquo;origine des Palestiniens et est aussi li&eacute; bien s&ucirc;r &agrave; des recettes familiales transmises de m&egrave;res en filles.&nbsp;&nbsp; &nbsp;S&rsquo;il fut longtemps consid&eacute;r&eacute; comme un produit exotique et associ&eacute; aux boulangeries arabes, par les Isra&eacute;liens, il fait aujourd&rsquo;hui partie int&eacute;grante de leur cuisine toutes confessions confondues.&nbsp; &nbsp;L&rsquo;&eacute;tymologie du mot se pr&ecirc;te &agrave; plusieurs interpr&eacute;tations. Pour les uns, le terme d&eacute;coulerait de l&rsquo;akkadien sarsar donc aurait bien une racine s&eacute;mitique, pour d&rsquo;autre il est &agrave; relier au mot latin satureia qui d&eacute;signe une vari&eacute;t&eacute; &nbsp;de sarriette (m&ecirc;me famille que les thyms)<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tGr&egrave;ce et Rome<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Les larmes de la&nbsp; belle H&eacute;l&egrave;ne dont l&rsquo;enl&egrave;vement par P&acirc;ris&nbsp; d&eacute;clencha la guerre de Troie, furent transform&eacute;es en thym au parfum&nbsp; persistant nous dit la l&eacute;gende. Dans la Gr&egrave;ce antique, la plante est d&eacute;di&eacute;e avec le romarin &agrave;&nbsp; Aphrodite, d&eacute;esse de l&rsquo;amour, de la beaut&eacute; et de la s&eacute;duction qui fait na&icirc;tre les passions sans&nbsp; se soucier des cons&eacute;quences et qui est donc responsable de la guerre de Troie. Une des vari&eacute;t&eacute;s les plus communes de la Gr&egrave;ce antique est le thym de Cr&egrave;te (thymbra capitata.) La plante &eacute;tait utilis&eacute;e comme de l&rsquo;encens dans les fumigations dans les temples, mais aussi pour parfumer les demeures. Les fum&eacute;es purificatrices ont pour but ont pour but de se pr&eacute;munir du &laquo;&nbsp;mauvais&nbsp;&oelig;il&nbsp;&raquo; des forces malfaisantes. &nbsp;Son usage est&nbsp; attest&eacute; en pharmacop&eacute;e et elle appara&icirc;t autant chez Th&eacute;ophraste, que Dioscorides ou Galien.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp; Cit&eacute; &agrave; plusieurs reprises par les auteurs grecs, son parfum ne semble pas du go&ucirc;t de Th&eacute;ophraste<a href=\"\/\/\/C:\/Users\/jaco\/AppData\/Local\/Microsoft\/Windows\/Temporary%20Internet%20Files\/Content.IE5\/KT2N0IOO\/Le%20thym.doc#_ftn4\" name=\"_ftnref4\" title=\"\">[4]<\/a> qui &eacute;crit&nbsp;: &laquo;&nbsp;le rustre est du genre &agrave; se rendre &agrave; l&rsquo;Assembl&eacute;e apr&egrave;s avoir pris une grossi&egrave;re mixture et &agrave; pr&eacute;tendre qu&rsquo;aucun parfum ne sent meilleur que le thym.&nbsp;&raquo; Dans les sources grecques, le thym n&rsquo;est jamais mentionn&eacute; comme condiment ou herbe aromatique en cuisine&nbsp;; la seule allusion &agrave; un usage gustatif &nbsp;apparait chez Aristophane<a href=\"\/\/\/C:\/Users\/jaco\/AppData\/Local\/Microsoft\/Windows\/Temporary%20Internet%20Files\/Content.IE5\/KT2N0IOO\/Le%20thym.doc#_ftn5\" name=\"_ftnref5\" title=\"\">[5]<\/a>&nbsp;: &laquo;&nbsp;si tu veux bien, gageons une mesure de sel parfum&eacute; au thym&nbsp;&raquo; Le m&ecirc;me Aristophane, &eacute;voque aussi une boisson parfum&eacute;e au thym.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;&nbsp;Le thymon &nbsp;grec devient thymus &agrave; Rome, le mot est arriv&eacute; &nbsp;en Grande Gr&egrave;ce (Sicile) par les colonisateurs grecs. La plante croit spontan&eacute;ment dans une grande partie de la p&eacute;ninsule.&nbsp; Outre les fumigations dans les temples et sur les places publiques, les patriciens romains aimaient en parfumer leurs couches.&nbsp; Ses puissantes fragrances odorif&eacute;rantes n&rsquo;en sont pas la seule cause, il ne faut pas oublier que chez les Anciens, une personne endormie est plus facilement la proie des mauvais esprits et des forces du mal, son usage est dans la m&ecirc;me logique protectrice.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;Quelques &nbsp;&nbsp;auteurs latins &eacute;voquent son r&ocirc;le en cuisine.&nbsp; Virgile d&eacute;crit &nbsp;le repas des moissonneurs o&ugrave; apparaissent l&rsquo;ail et le thym pour leur d&eacute;jeuner. Pline, quant &agrave; lui, explique que &laquo;&nbsp;lorsque le fromage de brebis &eacute;tait trop vieux et prenait un go&ucirc;t de sel trop prononc&eacute;, on le faisait mac&eacute;rer dans le vinaigre et le thym.&nbsp;&raquo; Les riches romains appr&eacute;ciaient les sales conditi (sel aux condiments) dont Apicius nous a laiss&eacute; une recette par opposition aux classes populaires et esclaves qui se contentaient de sel ordinaire qu&rsquo;Horace appelle sal purus.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tMaghreb<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;Les Labiac&eacute;es, comprenant origan, marjolaine, sarriette menthe et les diff&eacute;rentes sortes de thym, sont&nbsp; largement&nbsp; utilis&eacute;es dans la cuisine maghr&eacute;bine, probablement en zone rurale depuis fort longtemps. Ici aussi, le thym a une place pr&eacute;pond&eacute;rante dans cet herbier magique dont les hommes se sont dot&eacute;s pour lutter contre les mauvais esprits. A ce titre le thym est associ&eacute; &agrave; de nombreux rituels. Son usage est requis dans tous les moments cl&eacute;s de la vie&nbsp; consid&eacute;r&eacute;s comme dangereux et qui peuvent &eacute;veiller un sentiment de jalousie ou d&rsquo;envie chez les mauvais esprits.&nbsp; &nbsp;Son utilit&eacute; premi&egrave;re est donc de se pr&eacute;munir contre les forces du mal qu&rsquo;il a le pouvoir de garder &agrave; distance. Dans les zones rurales de Kabylie, il est notamment utilis&eacute; lors de la c&eacute;r&eacute;monie de la circoncision et du mariage. Le circonciseur br&ucirc;le du benjoin et du thym et les mets dans une corne, il souffle alors vers l&rsquo;enfant sur qui l&rsquo;acte vient d&rsquo;&ecirc;tre accompli pour que la blessure se cicatrise et qu&rsquo;il ne soit pas la proie des forces du mal. Lors du bain, pr&eacute;c&eacute;dent la c&eacute;r&eacute;monie nuptiale, on fait couler de l&rsquo;eau du soc d&rsquo;une charrue sur la mari&eacute;e et elle est lav&eacute;e avec un savon dans lequel du thym a &eacute;t&eacute; incorpor&eacute;. Il est difficile de savoir si les usages du thym contre les mauvais sont &agrave; rattacher &agrave; d&rsquo;antiques traditions berb&egrave;res ou datent de la pr&eacute;sence romaine. Toujours est-il que les diverses vari&eacute;t&eacute;s&nbsp; de thyms et origans, appel&eacute;es aussi&nbsp; za&rsquo;atar au Maghreb, souvent confondues entre elles car elles poss&egrave;dent sensiblement les m&ecirc;mes propri&eacute;t&eacute;s m&eacute;dicinales et pharmaceutiques&nbsp; sont couramment utilis&eacute;s dans l&rsquo;art culinaire. Les berkoukes &agrave; l&rsquo;origan, le beurre fondu, filtr&eacute; &agrave; travers des touffes de thym, ou la salade de concombre r&acirc;p&eacute; au thym frais font partie du patrimoine culinaire.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tPerse<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;Si nous n&rsquo;avons pas de terme avestique pour d&eacute;signer les vari&eacute;t&eacute;s de thym &agrave; la p&eacute;riode avestique, plusieurs termes apparaissent en pehlvi. Le sisimbar correspond au thym serpolet mais&nbsp;&nbsp; rien n&rsquo;indique qu&rsquo;il fut&nbsp; utilis&eacute; en cuisine. Ses emplois sont surtout th&eacute;rapeutiques et le resteront tr&egrave;s longtemps&nbsp;&nbsp;&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t&nbsp; Le laurier<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Peut-&ecirc;tre plus que le thym, le laurier joue un r&ocirc;le primordial dans les rites de purification dans les religions gr&eacute;co-romaines. Ces rites d&eacute;coulent directement d&rsquo;une p&eacute;riode primitive o&ugrave; l&rsquo;on attribuait aux esprits des grands pouvoirs. L&rsquo;homme &eacute;tait&nbsp; continuellement sur ses gardes. Il devait&nbsp; d&eacute;fendre&nbsp; sa famille&nbsp;; sa maison et lui-m&ecirc;me d&rsquo;&eacute;ventuelles attaques et du mauvais &oelig;il. Le laurier qui d&eacute;gage une odeur agr&eacute;able m&ecirc;me en br&ucirc;lant et dont les feuilles ont la particularit&eacute; de rester vertes toute l&rsquo;ann&eacute;e devient la plante super puissante pour tenir &agrave; distance les esprits et s&rsquo;en prot&eacute;ger. Les hommes ne sont pas seuls &agrave; l&rsquo;utiliser pour se pr&eacute;munir et se purifier, la plante est aussi utilis&eacute;e &nbsp;par les dieux. Deux &eacute;l&eacute;ments surtout &agrave; Delphes, font partie int&eacute;grante de la l&eacute;gende d&rsquo;Apollon, en tant que divinit&eacute; oraculaire le tr&eacute;pied et le laurier&nbsp;; avec la lyre et l&rsquo;arc ce sont l&agrave; les attributs les plus importants que poss&egrave;dent Apollon. Dans les M&eacute;tamorphoses, Ovide conte la l&eacute;gende&nbsp;: &laquo;&nbsp;de son carquois, le dieu Eros lance &nbsp;deux fl&egrave;ches dont les effets sont contraires, l&rsquo;un fait aimer, l&rsquo;autre fait ha&iuml;r&nbsp;&raquo; la premi&egrave;re fl&egrave;che atteint Apollon, la seconde la nymphe Daphn&eacute; et &nbsp;soudain Apollon aime&nbsp;; soudain Daphn&eacute;e fuit l&rsquo;amour&nbsp;&hellip;. Poursuivie par le dieu amoureux, la nymphe fuit de plus en plus vite et essouffl&eacute;e, appelle son p&egrave;re au secours&nbsp;: &nbsp;A peine elle achevait cette pri&egrave;re, ses membres s&rsquo;engourdissaient, une &eacute;corce l&eacute;g&egrave;re presse son corps d&eacute;licat, ses cheveux verdissent en feuillages, ses bras s&rsquo;&eacute;tendent en rameaux&hellip;.Apollon l&rsquo;aime encore&#8230; Eh bien&nbsp;! dit le dieu puisque tu ne veux pas &ecirc;tre mon &eacute;pouse, tu seras au moins l&rsquo;arbre d&rsquo;Apollon.&nbsp;&raquo;&nbsp;&nbsp; &nbsp;Selon la mythologie, avant l&rsquo;arriv&eacute;e d&rsquo;Apollon, la Pythie,&nbsp; pr&ecirc;tresse de l&rsquo;oracle de Delphes, se purifiait en se baignant dans la fontaine de Castalie et dans les fum&eacute;es d&rsquo;un feu de laurier er de farine d&rsquo;orge. En outre, elle&nbsp;&nbsp; &nbsp;je&ucirc;nait pendant trois jours en m&acirc;chant des feuilles de laurier. Ce n&rsquo;est qu&rsquo;&agrave; la fin de ce processus de purification qu&rsquo;elle prenait place sur le tr&eacute;pied sacr&eacute;. Le laurier est ainsi utilis&eacute; lors de la &nbsp;purification d&rsquo;Oreste par Apollon&nbsp; apr&egrave;s le meurtre de sa m&egrave;re. &nbsp;Trois vases datant du quatri&egrave;me si&egrave;cle avant J.-C., d&eacute;taille parfaitement la c&eacute;r&eacute;monie. Apollon apparait sur l&rsquo;un d&rsquo;entre eux, tenant une branche de laurier de sa main gauche. Sur le second vase on distingue Apollon, tenant cette fois le laurier de sa main droite&nbsp; au dessus de la t&ecirc;te d&rsquo;Oreste&nbsp; et l&rsquo;aspergeant d&rsquo;un liquide contenu dans un bol qu&rsquo;il tient de sa main gauche. En p&eacute;riode d&rsquo;&eacute;pid&eacute;mies, que les anciens attribuaient &agrave; de mauvais esprits, le laurier est utilis&eacute; comme r&eacute;pulsif. Nous en avons un exemple lorsque Branchus, le jeune homme de Milet auquel Apollon avait accord&eacute; le don de proph&eacute;tie, agite des branches de laurier au dessus du peuple lors d&rsquo;une &eacute;pid&eacute;mie. Puis le laurier devint aussi le symbole des soldats qu&rsquo;il prot&eacute;geait et son statut glissa naturellement vers le symbole de la victoire. Les vainqueurs avaient le front ceint d&rsquo;une couronne de laurier feuilles et baies d&rsquo;o&ugrave; le mot baccalaur&eacute;at, qui couronne le cycle des &eacute;tudes secondaires cette couronne que dit-on Jules C&eacute;sar affectionnait particuli&egrave;rement parce qu&rsquo;elle&hellip;. cachait sa calvitie naissante.&nbsp; Tous les mythes cit&eacute;s autour du laurier nous renvoient &agrave; la m&ecirc;me action que l&rsquo;on peut qualifier de prophylactique, &agrave; savoir &eacute;loigner les mauvais esprits. Nous savons peu de chose sur le laurier en cuisine chez les grecs, mais les Romains l&rsquo;utilisaient. Caton nous indique que son &eacute;corce &eacute;tait employ&eacute;e dans les g&acirc;teaux et ses feuilles apparaissent dans de nombreuses recettes&nbsp; chez Apicius. Vous savez presque tout sur le laurier sauce qui ne donne jamais de fleurs au contraire du laurier rose dont feuilles et fleurs sont hautement toxiques. &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tRecettes anciennes<\/p>\n<p>\n\tApicius<\/p>\n<p>\n\tSel aux &eacute;pices<\/p>\n<p>\n\tSel bon pour la digestion, pour faire aller le ventre, et qui emp&ecirc;che toutes les maladies , la peste et tous les refroidissements&nbsp;; mais il est aussi bien plus agr&eacute;able qu&rsquo;on ne l&rsquo;attendrait. Une livre de sel ordinaire grill&eacute;, 2 de sel d&rsquo;ammoniac grill&eacute;, 3 onces de poivre blanc, 2 onces de gingembre, 1 &frac12; d&rsquo;ajouan, 1 &frac12; de thym, 1 &frac12; de graines de c&eacute;leri ( si l&rsquo;on ne veut pas de graines de c&eacute;leri on met 3 onces de graines de persil) 3 onces d&rsquo;origan, 1 &frac12; de graine de roquette, 3 onces de poivre noir, 1 once de safran, 2 onces d&rsquo;hysope de Cr&egrave;te, 2 onces de feuilles de nard, 2 onces de persil et 2 onces d&rsquo;aneth.<\/p>\n<div>\n<hr size=\"1\" \/>\n<div id=\"ftn1\">\n<p>\n\t\t\t<a href=\"\/\/\/C:\/Users\/jaco\/AppData\/Local\/Microsoft\/Windows\/Temporary%20Internet%20Files\/Content.IE5\/KT2N0IOO\/Le%20thym.doc#_ftnref1\" name=\"_ftn1\" title=\"\"><br clear=\"all\" \/><br \/>\n\t\t\t[1]<\/a>Il s&rsquo;agit de trois tablettes d&rsquo;argile d&eacute;couvertes en M&eacute;sopotamie&nbsp; datant&nbsp; d&rsquo;environ 1700 ans avant notre &egrave;re qui d&eacute;taille plus d&rsquo;une quarantaine de recettes.<\/p>\n<\/p><\/div>\n<div id=\"ftn2\">\n<p>\n\t\t\t<a href=\"\/\/\/C:\/Users\/jaco\/AppData\/Local\/Microsoft\/Windows\/Temporary%20Internet%20Files\/Content.IE5\/KT2N0IOO\/Le%20thym.doc#_ftnref2\" name=\"_ftn2\" title=\"\">[2]<\/a>Les tablettes comptent les recettes de bouillon, dont 21 de viande et 4 de l&eacute;gumes,<\/p>\n<\/p><\/div>\n<div id=\"ftn3\">\n<p>\n\t\t\t<a href=\"\/\/\/C:\/Users\/jaco\/AppData\/Local\/Microsoft\/Windows\/Temporary%20Internet%20Files\/Content.IE5\/KT2N0IOO\/Le%20thym.doc#_ftnref3\" name=\"_ftn3\" title=\"\">[3]<\/a>Le za&rsquo;atar hendi&nbsp; est l&rsquo;origanum indicum<\/p>\n<\/p><\/div>\n<div id=\"ftn4\">\n<p>\n\t\t\t<a href=\"\/\/\/C:\/Users\/jaco\/AppData\/Local\/Microsoft\/Windows\/Temporary%20Internet%20Files\/Content.IE5\/KT2N0IOO\/Le%20thym.doc#_ftnref4\" name=\"_ftn4\" title=\"\">[4]<\/a>Th&eacute;ophraste&nbsp;; les Caract&egrave;res<\/p>\n<\/p><\/div>\n<div id=\"ftn5\">\n<p>\n\t\t\t<a href=\"\/\/\/C:\/Users\/jaco\/AppData\/Local\/Microsoft\/Windows\/Temporary%20Internet%20Files\/Content.IE5\/KT2N0IOO\/Le%20thym.doc#_ftnref5\" name=\"_ftn5\" title=\"\">[5]<\/a>Aristophane&nbsp;(450 -386avant J.-C.)&nbsp;: Les Acharniens.<\/p>\n<\/p><\/div>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&nbsp; Le bouquet garni :&nbsp;Thym et Laurier &nbsp;<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":16348,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"neve_meta_sidebar":"","neve_meta_container":"","neve_meta_enable_content_width":"","neve_meta_content_width":0,"neve_meta_title_alignment":"","neve_meta_author_avatar":"","neve_post_elements_order":"","neve_meta_disable_header":"","neve_meta_disable_footer":"","neve_meta_disable_title":"","_themeisle_gutenberg_block_has_review":false,"footnotes":""},"categories":[25,30,19,11,60,1],"tags":[],"class_list":["post-2952","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-cuisine","category-egypte","category-europe","category-moyen-orient","category-rome","category-uncategorized"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2952","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=2952"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2952\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/media\/16348"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=2952"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=2952"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=2952"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}