{"id":29557,"date":"2026-09-30T15:47:47","date_gmt":"2026-09-30T15:47:47","guid":{"rendered":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/?p=29557"},"modified":"2026-09-30T15:47:47","modified_gmt":"2026-09-30T15:47:47","slug":"george-koskas-peintre-et-poete-par-mustapha-chelbi","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/george-koskas-peintre-et-poete-par-mustapha-chelbi\/","title":{"rendered":"George KOSKAS, peintre et po\u00e8te, par Mustapha Chelbi"},"content":{"rendered":"<div>\n<div>\n<div>\n<div>\n<div>\n<\/div><\/div>\n<\/p><\/div>\n<\/p><\/div>\n<\/div>\n<hr\/>\n<div>\n<div>\n<div>\n<div>\n<p>George Koskas fait partie des grands peintres juifs de Tunisie. C&rsquo;est le seul peintre de Tunisie qui est entr\u00e9 dans l&rsquo;histoire de l&rsquo;art en sa qualit\u00e9 de pr\u00e9curseur de l&rsquo;abstraction g\u00e9om\u00e9trique et de l&rsquo;art minimal. <\/p>\n<p>Peu sensible \u00e0 la vanit\u00e9 des honneurs, George Koaskas vit en v\u00e9ritable aristocrate \u00e0 La Marsa. Il poursuit sa qu\u00eate du sens dans une humilit\u00e9 remarquable attestant de la noblesse de son caract\u00e8re.<\/p>\n<p>C\u00e9l\u00e8bre pour sa peinture, Koskas est peu connu en tant que po\u00e8te. C&rsquo;est avec un r\u00e9el plaisir que nous pr\u00e9sentons Koskas l&rsquo;\u00e9crivain. <\/p>\n<p>Il nous arrive parfois des moments o\u00f9 l&rsquo;on n&rsquo;a rien \u00e0 dire&#8230; L&rsquo;originalit\u00e9 de George Koskas est d&rsquo;arriver \u00e0 dire ce rien&#8230; avec quelques signes: un cercle, une ligne, un point, un trait&#8230; Il a \u00e9t\u00e9 si loin dans l&rsquo;exploration du non-dit qu&rsquo;on le consid\u00e8re comme un des pr\u00e9curseurs du minimalisme. Au bout de la pl\u00fbme de Koskas, le discours assume avec s\u00e9r\u00e9nit\u00e9 sa part de silence.<\/p>\n<p>A l&rsquo;image de sa peinture, la po\u00e9sie de Koskas se contente d&rsquo;un mot: respiration permise, voies d\u00e9tourn\u00e9es, aller plus loin, R\u00eaver, Voir, Vivre, Lumi\u00e8re, Espoir, Beau, Aventure, Amour, Immortalit\u00e9&#8230; Renouveau&#8230; Autant de signes \u00e9toil\u00e9s venant \u00e9clairer la page&#8230; Bien avant Ben, George Koskas a senti la force des mots et a v\u00e9cu le langage comme un vrai po\u00e8te. Dans le recueil Beau-Kages, Koskas se contente d&rsquo;un vers, d&rsquo;un mot, d&rsquo;une lettre ou d&rsquo;un signe pour transmettre son besoin de communiquer. Chaque mot qui vient du bout de la nuit, devient comme un m\u00e9t\u00e9orite traversant \u00e0 toute vitesse l&rsquo;espace astral de l&rsquo;imaginaire&#8230;<\/p>\n<p>Ce qui semble surgir du hasard ob\u00e9\u00eft en r\u00e9alit\u00e9 \u00e0 la n\u00e9cessit\u00e9. Pour la peinture comme pour la po\u00e9sie, les choses ne nous appartiennent que l&rsquo;orsqu&rsquo;elles nous \u00e9chappent. Dans son d\u00e9tachement presque zen, Koskas ne veut rien poss\u00e9der. Il esp\u00e8re seulement \u00eatre constamment poss\u00e9d\u00e9 par le besoin d&rsquo;amour&#8230; L&rsquo;amour authentique nous apprend que rien ne nous appartient, m\u00eame pas ce que ceinture notre \u00e9treinte&#8230;<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Tous deux enlac\u00e9s<\/p>\n<p>dans un m\u00eame baiser<\/p>\n<p>l&rsquo;Eden<\/p>\n<p>je veux suivre l&rsquo;oiseau<\/p>\n<p>qui me montrera l&rsquo;infini\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>L&rsquo;amour n&rsquo;a de valeur que s&rsquo;il nous propulse au-del\u00e0 de nous-m\u00eames, vers une aventure fusionnelle que l&rsquo;on ne peut plus ma\u00eetriser et dans laquelle on est sauv\u00e9 lorsqu&rsquo;on est perdu. C&rsquo;est dans ce contexte d&rsquo;\u00e9vasion compl\u00e8te que se place Koskas lorsqu&rsquo;il peint, lorsqu&rsquo;il \u00e9crit et lorsqu&rsquo;il aime. Il illustre parfaitement le propos de son compatriote Saint Augustin disant: \u00ab\u00a0Un homme qui s&rsquo;est perdu dans sa passion vaut mieux qu&rsquo;n homme qui a perdu sa passion\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Les mots et les signes de Koskas sont autant de symboles d&rsquo;une g\u00e9ographie stellaire et cosmique. S&rsquo;excusant presque d&rsquo;exister, George Koskas est marqu\u00e9 par la philosophie de l&rsquo;effacement. Quelle belle le\u00e7on d&rsquo;humilit\u00e9! <\/p>\n<p>Chez Koskas, la cr\u00e9ation artistique s&rsquo;accompagne de conqu\u00eate de soi par la qu\u00eate de l&rsquo;autre. De renoncement en renoncement, il est arriv\u00e9 \u00e0 une remarquable l\u00e9g\u00e8ret\u00e9 d&rsquo;\u00eatre imbibant sa plume et sa palette. George Koskas a conduit sont art jusqu&rsquo;aux extr\u00eames limites du discours, l\u00e0 o\u00f9 le silence et le langage se compl\u00e8tent, se fondent et se confondent pour exprimer l&rsquo;inexprimable. <\/p>\n<p>De m\u00eame qu&rsquo;en peinture, Koskas est surprenant en po\u00e9sie tant par l&rsquo;audace qu&rsquo;il s&rsquo;autorise avec les mots que par la libert\u00e9 avec laquelle il aborde le langage. A l&rsquo;aide de mots simples, il cr\u00e9e une po\u00e9sie claire et limpide, d\u00e9barrass\u00e9e des contraintes de l&rsquo;alexandrin et de la pu\u00e9rilit\u00e9 de la rime. Il est le po\u00e8te du quotidien, \u00ab\u00a0de la banalit\u00e9\u00a0\u00bb dirait H. Claude Pissarro.<\/p>\n<p>Humble parmi les humbles, il avance avec ses maux d&rsquo;amour qu&rsquo;il gu\u00e9rit par la gr\u00e2ce des mots rares du po\u00e8me accompli: \u00ab\u00a0J&rsquo;attends que se r\u00e9alise mon d\u00e9sir secret\u00a0\u00bb. De m\u00eame qu&rsquo;il lui suffit en peinture de dessiner un cercle pour faire vivre la toile, de m\u00eame il arrive \u00e0 faire vibrer la feuille blanche \u00e0 l&rsquo;aide d&rsquo;un mot: Amour&#8230; D\u00e9sir&#8230; Koskas redonne au mot sa puissance originelle&#8230; Du coup, le mot libert\u00e9 devient plus libre que la libert\u00e9 et le mot beaut\u00e9 devient plus beau que la beaut\u00e9&#8230; <\/p>\n<p>Ajouter du sens au sens est une entreprise louable qui renforce Koskas dans son humble recherche de l&rsquo;essentiel. Il suffit parfois d&rsquo;un mot ou d&rsquo;un regard pour illuminer une vie enti\u00e8re. Les po\u00e8tes japonais l&rsquo;ont parfaitement bien compris et Koskas aussi. <\/p>\n<p>Koskas a tr\u00e8s peu \u00e9crit. On peut limiter sa p\u00e9riode d&rsquo;\u00e9criture entre 1970 et 1973&#8230; En l&rsquo;espace d&rsquo;\u00e0 peine deux ans, il a pu transmettre l&rsquo;\u00e9nergie extraordinaire qui l&rsquo;a travers\u00e9. Ce court s\u00e9jour en po\u00e9sie permet de comprendre et d&rsquo;expliquer Koskas le peintre. L&rsquo;un p\u00e9n\u00e8tre l&rsquo;autre&#8230; intelligence compl\u00e9mentaire&#8230; Langage expliquant un autre langage&#8230; Un peu comme si Koskas avait \u00e9tabli dans ses po\u00e8mes un carnet de bord pour permettre un meilleur voyage dans son univers pictural&#8230; Il savait depuis sa plus tendre jeunesse qu&rsquo;on allait un jour avoir besoin de son aide pour mieux comprendre sa peinture. <\/p>\n<p>Koskas le po\u00e8te donne les cl\u00e9s pour ouvrir les portes de Koskas le peintre. Koskas a voulu dire \u00ab\u00a0le moins\u00a0\u00bb pour signifier \u00ab\u00a0le plus\u00a0\u00bb pr\u00e9figurant ainsi l&rsquo;id\u00e9al minimaliste \u00ab\u00a0less is more\u00a0\u00bb&#8230; Plusieurs langages ont voulu parler en George Koskas. En effet, Koskas est po\u00e8te, peintre, cin\u00e9aste, dramaturge, d\u00e9corateur, costumier, \u00e9crivain&#8230; pourtant un jour Koskas a jet\u00e9 par-dessus bord tous ces masques et toutes ces vanit\u00e9s avec la terrible d\u00e9cision d&rsquo;\u00eatre un homme, simplement un homme&#8230;<\/p>\n<p> <b>Mustapha Chelbi<\/b><\/p>\n<\/div><\/div>\n<\/p><\/div>\n<\/p><\/div>\n<hr\/>\n<blockquote>\n<blockquote><\/blockquote>\n<\/blockquote>\n<h6><\/h6>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>George Koskas fait partie des grands peintres juifs de Tunisie. C&rsquo;est le seul peintre de Tunisie qui est entr\u00e9 dans l&rsquo;histoire de l&rsquo;art en sa qualit\u00e9 de pr\u00e9curseur de l&rsquo;abstraction g\u00e9om\u00e9trique et de l&rsquo;art minimal. Peu sensible \u00e0 la vanit\u00e9 des honneurs, George Koaskas vit en v\u00e9ritable aristocrate \u00e0 La Marsa. 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