{"id":29620,"date":"2026-09-30T15:47:50","date_gmt":"2026-09-30T15:47:50","guid":{"rendered":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/?p=29620"},"modified":"2026-09-30T15:47:50","modified_gmt":"2026-09-30T15:47:50","slug":"le-moment-musical-la-darbouka-par-viviane-scemama-lesselbaum","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/le-moment-musical-la-darbouka-par-viviane-scemama-lesselbaum\/","title":{"rendered":"Le moment musical : la darbouka, par Viviane Scemama Lesselbaum"},"content":{"rendered":"<div>\n<div>\n<div>\n<div>\n<div>\n<\/div><\/div>\n<\/p><\/div>\n<\/p><\/div>\n<\/div>\n<hr\/>\n<div>\n<div>\n<div>\n<p>Je suis issue d\u2019une famille nombreuse. <\/p>\n<p> Mon p\u00e8re, grand amateur de musique orientale, r\u00eavait d\u2019\u00e9lever un gar\u00e7on dans cette voie. H\u00e9las\u00a0! Ce ne fut pas possible. Il n\u2019eut que des filles\u00a0! J\u2019arrivais en deuxi\u00e8me position.<\/p>\n<p> C\u2019\u00e9tait le destin, \u00able mektoub\u00a0\u00bb comme on dit chez nous.\u00a0<\/p>\n<p> Vers l\u2019\u00e2ge de douze ou treize ans, je pris go\u00fbt \u00e0 tous les genres\u00a0de musique : classique, folklorique et vari\u00e9t\u00e9s. Leur \u00e9coute ne fut pas des plus ais\u00e9e. Lorsqu\u2019un membre de ma tribu se trouvait dans les parages, il relevait, avec une infinie d\u00e9licatesse, le bras de l\u2019\u00e9lectrophone et retournait vaquer \u00e0 ses occupations.<\/p>\n<p> L\u2019occasion unique s\u2019\u00e9tait enfin pr\u00e9sent\u00e9e. Le bonheur\u00a0! Toute la famille, y compris la grand-m\u00e8re devait se rendre \u00e0 une Bar Mitsva. Je devais pr\u00e9parer le terrain. La veille, je pr\u00e9textais des violents maux de ventre pour ne pas \u00eatre de la f\u00eate. Apr\u00e8s avoir aval\u00e9 un savoureux sandwich tunisien que ma m\u00e8re m\u2019avait pr\u00e9par\u00e9, je mis en marche mon vieux \u00abTeppaz\u00a0\u00bb\u00a0crachotant, et \u00e9coutai les \u00ab\u00a0Tableaux d\u2019une exposition\u00a0\u00bb orchestr\u00e9e par Ravel, disque que j\u2019avais d\u00e9couvert dans une brocante. Coup de foudre. L\u2019\u00e9coute de cette \u0153uvre \u00e9tait religieuse. Je reposai le saphir sur le disque jusqu\u2019au retour de la famille.<\/p>\n<p> Mon p\u00e8re, qui avait l\u2019oreille musicale, fit irruption un soir dans la chambre.<\/p>\n<p> &#8211; Suzy, ce n\u2019est pas la premi\u00e8re fois que je te surprends \u00e0 \u00e9couter de la  musique. Que dirais-tu si tu apprenais \u00e0 jouer d\u2019un instrument\u00a0?<\/p>\n<p> Il m\u2019entra\u00eena un apr\u00e8s-midi \u00e0 un concert de musique orientale. Pendant le d\u00e9veloppement des th\u00e8mes musicaux, il se pencha vers moi et me d\u00e9crivit chaque instrument.<\/p>\n<p> &#8211; Alors\u00a0! Quelle est ta pr\u00e9f\u00e9rence\u00a0?<\/p>\n<p> &#8211; La darbouka, lui r\u00e9pondis-je.<\/p>\n<p> Ninette, une cousine \u00e9loign\u00e9e de ma m\u00e8re mise au courant, nous fit don d\u2019une darbouka qu\u2019elle tenait de son p\u00e8re et qui \u00e9tait une v\u00e9ritable pi\u00e8ce de mus\u00e9e. <\/p>\n<p> Mon p\u00e8re m\u2019inscrivit chez un grand ma\u00eetre de la darbouka. Je m\u2019y rendais trois fois par semaine, apr\u00e8s la sortie des classes. A l\u2019issue de la premi\u00e8re ann\u00e9e, le professeur convoqua mon p\u00e8re.<\/p>\n<p> &#8211; Tr\u00e8s dou\u00e9e, la petite\u00a0! Il faut qu\u2019elle continue\u00a0! Il ajouta\u00a0: \u00ab\u00a0c\u2019est tr\u00e8s dr\u00f4le, il faut que je vous dise, je n\u2019ai jamais enseign\u00e9 la musique \u00e0 une femme\u2026\u00a0\u00bb<\/p>\n<p> Misant sur mon avenir musical, mes parents me firent quitter l\u2019\u00e9cole \u00e0 l\u2019\u00e2ge de quinze ans. Pour travailler et ne pas g\u00eaner l\u2019environnement, ils m\u2019am\u00e9nag\u00e8rent un espace dans la buanderie. A dix-huit ans, apr\u00e8s concours, je fus admise \u00e0 l\u2019orchestre oriental de Radio-Tunis. J\u2019\u00e9tais la premi\u00e8re femme \u00e0 jouer dans une formation. Ce fut une petite r\u00e9volution dans les mentalit\u00e9s de l\u2019\u00e9poque.<\/p>\n<p> J\u2019adorais cet instrument. J\u2019\u00e9tais s\u00e9duite par les veinures ordonn\u00e9es de sa peau, par sa terre cuite ornement\u00e9e et verniss\u00e9e. Certains affirment m\u00eame que c\u2019est le m\u00e9tronome de l\u2019orchestre.<\/p>\n<p> La veille de chaque prestation, ma m\u00e8re r\u00e9chauffait la peau de ch\u00e8vre au dessus d\u2019un canoun, puis l\u2019enveloppait soigneusement dans un tissu molletonn\u00e9. <\/p>\n<p> &#8211; C\u2019est ton avenir, prends-en bien soin\u00a0! me rappelait-elle avant de sortir.<\/p>\n<p> La darbouka faisait corps avec moi. Je ne permettais \u00e0 aucune de mes s\u0153urs de l\u2019approcher,\u00a0de crainte que, par maladresse, elle ne se brise. C\u2019\u00e9tait ma chose.<\/p>\n<p> On \u00e9tait fier de moi dans le quartier. J\u2019\u00e9tais sollicit\u00e9e au sein de la bourgeoisie juive du Belv\u00e9d\u00e8re, de Cit\u00e9-jardin ou de Cr\u00e9mieux ville, pour animer des r\u00e9ceptions. Mon nom s\u2019inscrivait en caract\u00e8res gras dans \u00ab\u00a0La Gazette d\u2019Isra\u00ebl\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0La D\u00e9p\u00eache tunisienne\u00a0\u00bb,\u00a0\u00ab\u00a0La Presse de Tunisie\u00a0\u00bb et, tenez-vous bien, j\u2019eus droit \u00e0 un entrefilet dans la rubrique des spectacles du \u00ab\u00a0Petit colon fran\u00e7ais de Tunisie\u00a0\u00bb.\u00a0Des autographes m\u2019\u00e9taient r\u00e9clam\u00e9s. Les ann\u00e9es d\u00e9filaient heureuses. <\/p>\n<p> Pas un instant, l\u2019id\u00e9e de me marier ne traversa mon esprit. Lorsque j\u2019eus atteint les trente ans, ma m\u00e8re manifesta de l\u2019inqui\u00e9tude quant \u00e0 mon avenir. Elle m\u2019organisa une rencontre avec la marieuse. Avec un certain d\u00e9tachement, j\u2019acceptai ce projet qui n\u2019\u00e9tait pas le mien. L\u2019entrevue eut lieu en plein \u00e9t\u00e9. Je me pr\u00e9sentai devant cette matrone en bermuda, un ch\u00e2le en laine pos\u00e9 sur les \u00e9paules. <\/p>\n<p> Surprise devant mon accoutrement, elle interpella ma m\u00e8re\u00a0:<\/p>\n<p> &#8211; Qui voulez-vous marier au juste\u00a0?<\/p>\n<p> Je partis \u00e0 rire sans retenue. Maman garda le silence et lui remit discr\u00e8tement quelques billets de banque. En sortant, elle jeta un dernier regard sur mon accoutrement.<\/p>\n<p> Lorsque j\u2019arrivais en avance sur le lieu de la repr\u00e9sentation, mes pas me poussaient \u00e0 la d\u00e9couverte de nouveaux instruments, de nouvelles sonorit\u00e9s.<\/p>\n<p> Intr\u00e9pide, malgr\u00e9 une certaine timidit\u00e9, je d\u00e9cidais un jour de me rendre \u00e0 la caf\u00e9t\u00e9ria de l\u2019orchestre occidental. Apr\u00e8s avoir sirot\u00e9 un caf\u00e9, mon regard se dirigea vers un instrument que je n\u2019avais jamais vu. Il me paraissait gigantesque et donnait l\u2019impression de reposer sur le bras d\u2019un jeune musicien. Je m\u2019avan\u00e7ai vers lui.<\/p>\n<p><i> &#8211; <\/i> C\u2019est quoi\u00a0? Lui demandai-je. Il me r\u00e9pondit\u00a0: \u00ab\u00a0Un violoncelle<i>.<\/i>\u00a0\u00bbDevant mon air dubitatif, il r\u00e9p\u00e9ta\u00a0: \u00abUn violoncelle\u00a0!\u00a0\u00bb<\/p>\n<p> &#8211; Comment en joue-t-on\u00a0?<\/p>\n<p> &#8211; Passez demain au studio d\u2019enregistrement, j\u2019y serai et je vous ferai une d\u00e9monstration.<\/p>\n<p> Je fus au rendez-vous. Il planta la pique de son violoncelle, sortit l\u2019archet de son \u00e9tui et se mit \u00e0 jouer une suite pour violoncelle de Bach. Je le regardais bien en face. Mon c\u0153ur battait la chamade.<\/p>\n<p> &#8211; J\u2019aimerais bien assister \u00e0 vos r\u00e9p\u00e9titions, lui dis-je.<\/p>\n<p> &#8211; Pas de probl\u00e8me. Tenez, venez demain soir, nous devons r\u00e9p\u00e9ter la sonate \u00ab\u00a0Arpeggione\u00a0\u00bb de Schubert. <\/p>\n<p> Nous \u00e9tions peu nombreux \u00e0 cette r\u00e9p\u00e9tition. Je me fis toute petite. Je manifestais beaucoup d\u2019int\u00e9r\u00eat \u00e0 sa tenue d\u2019archet, ses pizzicati enlev\u00e9s et l\u2019intense \u00e9motion qui se d\u00e9gageait de son vibrato. De temps en temps, son regard quittait les cordes et semblait se diriger vers moi. J\u2019\u00e9tais au septi\u00e8me ciel.<\/p>\n<p> Je d\u00e9laissai la darbouka pour me rendre, le plus souvent possible aupr\u00e8s de lui. Je l\u2019aimais. <\/p>\n<p> J\u2019\u00e9tais juive et il ne l\u2019\u00e9tait pas. Au bout de quelques mois de cette relation platonique, les sourires complices c\u00e9d\u00e8rent la place aux rictus et les silences s\u2019install\u00e8rent un peu plus chaque jour. Il ne me communiquait plus les dates des r\u00e9p\u00e9titions. Je me contentais d\u2019assister aux concerts qu\u2019il donnait \u00e0 l\u2019auditorium.<\/p>\n<p> Un soir, apr\u00e8s le spectacle, il me rattrapa \u00e0 la sortie et m\u2019entra\u00eena dans une salle de musique d\u00e9sert\u00e9e.<\/p>\n<p> &#8211; Je voudrais vous parler. Je crois que vous tenez beaucoup \u00e0 moi, mais je ne crois pas vous aimer. La chose \u00e0 laquelle je tiens le plus, voyez-vous, c\u2019est mon violoncelle et, lui, vous ne pouvez le remplacer.<\/p>\n<p> Il esquissa dans l\u2019espace une forme qui s\u2019apparentait \u00e0 l\u2019instrument, s\u2019appuya sur le manche, caressa son bois, respira son vernis et releva la t\u00eate.<\/p>\n<p> &#8211; Regardez sa forme, c\u2019est une femme, c\u2019est ma femme\u2026et cela me suffit. Vous n\u2019avez jamais compt\u00e9 pour moi, sinon en tant que bonne amie. Je me devais de vous le dire. Allons \u00e0 la caf\u00e9t\u00e9ria, voulez-vous\u00a0? Un th\u00e9 bien chaud nous fera du bien.<\/p>\n<p> &#8211; Non, lui dis-je, la gorge nou\u00e9e, il faut que je rentre, on m\u2019attend \u00e0 la maison.<\/p>\n<p> Au bord des larmes, je m\u2019affalai sur mon lit et jetai un regard pitoyable sur la darbouka qui \u00e9tait encore ma confidente. Je lui fis part de mon d\u00e9sarroi.<\/p>\n<p> \u00ab\u00a0J\u2019ai bient\u00f4t quarante ans, tu sais, et tu es toujours l\u00e0, pr\u00e9sente. Tu m\u2019accompagnes partout et je t\u2019aime. Il faut te r\u00e9chauffer, n\u2019est-ce- pas\u00a0? Pour que tu rendes le meilleur de toi-m\u00eame\u00a0! Mais moi\u00a0? Qui me r\u00e9chauffe\u00a0? Tu es l\u00e0, inerte, tu ne vois rien, tu ne compatis pas. Tu commences \u00e0 m\u2019\u00e9nerver, tu sais\u00a0? Je ne te supporte plus. Tu as contribu\u00e9 au ratage de ma vie. On dirait qu\u2019il n\u2019y a que toi qui comptes. Et moi alors\u00a0? C\u2019est fini\u00a0? Mais qu\u2019est-ce que tu repr\u00e9sentes pour moi\u00a0? De la poterie. Tu tombes\u00a0? Tu te brises\u00a0! Tu n\u2019es rien qu\u2019une peau de mouton, une peau de chagrin\u00a0! Et le chagrin, c\u2019est moi. Je t\u2019ai ador\u00e9e, je t\u2019ai adul\u00e9e. Je paraissais heureuse. Mes admirateurs disaient\u00a0: \u00abla darbouka, c\u2019est sa vie. C\u2019\u00e9tait \u00e7a ma vie\u00a0?\u00a0\u00bb <\/p>\n<p> Quand j\u2019atteignis la quarantaine, de jeunes loups investirent l\u2019orchestre. D\u00e8s lors, je fus plac\u00e9e \u00e0 l\u2019extr\u00e9mit\u00e9, cach\u00e9e \u00e0 moiti\u00e9 par le rideau de sc\u00e8ne. Les sons qui sortaient de ma darbouka ressemblaient \u00e0 des messages qui s\u2019adressaient au vent. Personne n\u2019y prenait garde. Traversant la cinquantaine, je d\u00e9cidai de quitter Radio Tunis. Pour subsister j\u2019assurai quelques repr\u00e9sentations priv\u00e9es.\u00a0<\/p>\n<p> Je me d\u00e9barrassai de mon \u00e9lectrophone et de mes vieux disques. Je rempla\u00e7ai le tout par une platine laser et des compact-discs. Allong\u00e9e sur mon lit, je me repassai les musiques de Mozart, de Beethoven, de Schubert et persistai \u00e0 vivre dans le souvenir de J\u00e9r\u00f4me.<\/p>\n<p> &#8211; Allez\u00a0! mettons le trio opus 100 de Franz Schubert. Le deuxi\u00e8me mouvement, c\u2019est celui qui me fait pleurer. Ecoutez, l\u00e0, vous entendez le violoncelle\u00a0? C\u2019est lui\u00a0!\u00a0<\/p>\n<p> Je dis adieu \u00e0 l\u2019homme aim\u00e9, je dis adieu \u00e0 la darbouka, je dis adieu \u00e0 ma carri\u00e8re, je dis adieu \u00e0 ma vie, \u00e0 ma pauvre vie.<\/p>\n<p> &#8211; Ecoutez, mais \u00e9coutez donc\u00a0! Hein, que c\u2019est beau\u00a0?<\/p>\n<p> &#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8211;<\/p>\n<p><b>Chers amis, <\/p>\n<p> Ce chapitre de mon troisi\u00e8me ouvrage \u00ab\u00a0L&rsquo;avant-dernier marrane\u00a0\u00bb, nouvelles suivies de Chroniques isra\u00e9liennes, vient d&rsquo;\u00eatre \u00e9dit\u00e9 en Isra\u00ebl. Il sera diffus\u00e9 par mes propres soins. Son prix de vente en Europe est de 15 \u20acuros (port compris et par avion). <\/p>\n<p> Viviane Scemama Lesselbaum <br \/> 24\/11 rue Macdonald <br \/> 42262 Netanya <br \/> ISRAEL <br \/> T\u00e9l. 09 882 12 55 <br \/> E.mails: <a href=\"mailto:vivianelesselbaum@yahoo.fr\">vivianelesselbaum@yahoo.fr<\/a>\u00a0 et <a href=\"mailto:viviane_lesselbaum@netvision.net.il\"> viviane_lesselbaum@netvision.net.il<\/a> <\/p>\n<p> Amical Chalom!<\/b><\/p>\n<p><b> Viviane <br \/> <\/b><\/p>\n<\/p><\/div>\n<\/p><\/div>\n<\/p><\/div>\n<hr\/>\n<blockquote>\n<blockquote><\/blockquote>\n<\/blockquote>\n<h6><\/h6>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Je suis issue d\u2019une famille nombreuse. Mon p\u00e8re, grand amateur de musique orientale, r\u00eavait d\u2019\u00e9lever un gar\u00e7on dans cette voie. H\u00e9las\u00a0! Ce ne fut pas possible. Il n\u2019eut que des filles\u00a0! J\u2019arrivais en deuxi\u00e8me position. C\u2019\u00e9tait le destin, \u00able mektoub\u00a0\u00bb comme on dit chez nous.\u00a0 Vers l\u2019\u00e2ge de douze ou treize ans, je pris go\u00fbt&hellip;&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"author":0,"featured_media":29453,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"neve_meta_sidebar":"","neve_meta_container":"","neve_meta_enable_content_width":"","neve_meta_content_width":0,"neve_meta_title_alignment":"","neve_meta_author_avatar":"","neve_post_elements_order":"","neve_meta_disable_header":"","neve_meta_disable_footer":"","neve_meta_disable_title":"","footnotes":""},"categories":[493],"tags":[],"class_list":["post-29620","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-arts"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/29620","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=29620"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/29620\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":29923,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/29620\/revisions\/29923"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/media\/29453"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=29620"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=29620"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=29620"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}