{"id":3040,"date":"2011-11-07T17:12:43","date_gmt":"2011-11-07T17:12:43","guid":{"rendered":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/?p=3040"},"modified":"2011-11-07T17:12:43","modified_gmt":"2011-11-07T17:12:43","slug":"paix-aux-fils-dabraham","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/paix-aux-fils-dabraham\/","title":{"rendered":"Paix aux fils d\u2019Abraham"},"content":{"rendered":"<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<h1>\n\tPaix aux fils d&rsquo;Abraham<\/h1>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tCatherine Cl&eacute;ment explique pourquoi, selon elle, le dernier livre de Bernard-Henri L&eacute;vy &laquo;La guerre sans l&rsquo;aimer, journal d&rsquo;un &eacute;crivain au c&oelig;ur du printemps libyen&raquo;, est &laquo;un livre qui se lit d&rsquo;un trait, un livre &agrave; couper le souffle&raquo;.<\/p>\n<div id=\"article_text\">\n<p>\n\t\t<br \/>\n\t\t<span class=\"bloc_lettrine_white\">&Ccedil;<\/span>a tombe pile. Au moment o&ugrave; la diplomatie am&eacute;ricaine cherche &agrave; r&eacute;cup&eacute;rer la victoire libyenne en passant sous silence la France et l&rsquo;Angleterre &ndash;pas moins&ndash;, Bernard-Henri L&eacute;vy publie <a href=\"http:\/\/www.bernard-henri-levy.com\/la-guerre-sans-l%e2%80%99aimer-24023.html\"><em>La guerre sans l&rsquo;aimer<\/em>, <\/a><em><a href=\"http:\/\/www.bernard-henri-levy.com\/la-guerre-sans-l%e2%80%99aimer-24023.html\">journal d&rsquo;un &eacute;crivain au c&oelig;ur du printemps libyen<\/a>, <\/em>un livre qui se lit d&rsquo;un trait, un livre &agrave; couper le souffle,<em> <\/em>au-del&agrave; de ce qu&rsquo;on sait<em>.<\/em> Car on a beau conna&icirc;tre l&rsquo;engagement de l&rsquo;auteur aux c&ocirc;t&eacute;s des insurg&eacute;s libyens, son r&ocirc;le d&eacute;terminant dans la d&eacute;cision fran&ccedil;aise de sauver la population de Benghazi d&rsquo;un massacre programm&eacute;, on a beau l&rsquo;avoir l&rsquo;a vu sur &eacute;cran acclam&eacute; en Libye sur fond de drapeau fran&ccedil;ais, il fallait ce journal pour comprendre l&rsquo;essentiel.<\/p>\n<p>\n\t\tC&rsquo;est l&rsquo;histoire d&rsquo;un juif pied-noir acharn&eacute; &agrave; r&eacute;concilier l&rsquo;islam et le juda&iuml;sme. Il y en eut d&rsquo;autres. Mais aucun n&rsquo;a transport&eacute; cette pulsion r&eacute;conciliatrice sur des champs de bataille comme l&rsquo;a fait, toute sa vie, Bernard-Henri L&eacute;vy. A 23 ans, au Pakistan oriental aux c&ocirc;t&eacute;s des insurg&eacute;s qui se battaient pour le futur Bangladesh; &agrave; 43 ans aux c&ocirc;t&eacute;s des r&eacute;sistants de Sarajevo assi&eacute;g&eacute;s par les milices serbes; &agrave; 53 ans aux c&ocirc;t&eacute;s du &laquo;Lion du Panshir&raquo; combattu par les talibans; &agrave; 63 ans aux c&ocirc;t&eacute;s des Libyens attaqu&eacute;s par leur dirigeant.<\/p>\n<p>\n\t\tPar deux fois, cet ent&ecirc;t&eacute; d&eacute;fend des leaders musulmans, Itzebegovic en Bosnie, Massoud en Afghanistan &ndash;et deux fois, il &eacute;choue. Les accords de Dayton sont une trahison, al-Qaida assassine Massoud deux jours avant le 11 septembre 2001. Et le voil&agrave; reparti en mars 2011 quand, &agrave; l&rsquo;a&eacute;roport du Caire o&ugrave; il est venu en reportage sur la place Tahrir, il aper&ccedil;oit sur un &eacute;cran de t&eacute;l&eacute; des foules &agrave; Benghazi sous le feu des avions de Khadafi. Pas une seconde d&rsquo;h&eacute;sitation. Il ira.<\/p>\n<p>\n\t\tLa suite est une &eacute;pop&eacute;e &agrave; mi-chemin entre le <em>Mah&acirc;bh&acirc;rata<\/em> et <em>Les Trois Mousquetaires<\/em>. Comme dans le <em>Mah&acirc;bh&acirc;rata<\/em>, ce combat familial g&eacute;ant entre le clan des bons et celui des m&eacute;chants, Bernard-Henri L&eacute;vy rencontre des troupes mal fichues, des vieux dignitaires enhardis, des h&eacute;ros qui se donnent du c&oelig;ur &agrave; l&rsquo;ouvrage avec les moyens du bord, des m&eacute;diateurs rus&eacute;s, une foule combattante. Et comme dans <em>Les Trois mousquetaires <\/em>le dr&ocirc;latique rencontre l&rsquo;h&eacute;ro&iuml;que, on verra le philosophe trimball&eacute; dans une camionnette qui livre des tomates ou bien, sc&egrave;ne hilarante, abord&eacute; &agrave; l&rsquo;h&ocirc;tel Rapha&euml;l par l&rsquo;invraisemblable Elgigoushi, un &eacute;missaire de Khadafi suant et tremblant qui lui propose l&agrave;, tout &agrave; trac sous les arbres d&rsquo;une avenue parisienne, l&rsquo;&eacute;tablissement de liens diplomatiques entre Khadafi et Isra&euml;l&hellip;<\/p>\n<p>\n\t\tIl arrive qu&rsquo;on ne sache pas s&rsquo;il faut rire ou fr&eacute;mir pendant une travers&eacute;e de Malte &agrave; Misrata sur un mauvais rafiot harcel&eacute; par l&rsquo;Otan, &agrave; se demander s&rsquo;il ne va pas se faire flinguer vite fait et pourtant non, &ccedil;a passe. Il arrive qu&rsquo;on s&rsquo;attendrisse devant les deux ins&eacute;parables, Mansour et Ali, exil&eacute;s de longue date, d&eacute;barquant dans le grand monde des conf&eacute;rences de presse et de la diplomatie avec la gr&acirc;ce pataude et sinc&egrave;re des vrais engag&eacute;s, il arrive qu&rsquo;on s&rsquo;&eacute;nerve, il arrive qu&rsquo;on s&rsquo;&eacute;meuve, il arrive qu&rsquo;on ait peur&hellip; Oui, tout peut arriver et tout arrive, m&ecirc;me la fin de la guerre, m&ecirc;me la mort du tyran. Et tout &ccedil;a passe si vite avec une telle fougue qu&rsquo;on ne peut pas s&rsquo;arr&ecirc;ter en lisant, on cavale, on cavale alors qu&rsquo;on sait comment finit l&rsquo;histoire.<\/p>\n<p>\n\t\tMais le sait-on vraiment? Bernard-Henri L&eacute;vy a rencontr&eacute; tous ceux qui font craindre un nouvel &eacute;mirat, Mustapha Abdelajij, pr&eacute;sident du Conseil de transition et auteur de la fameuse phrase sur la charia, et ceux dont on redoute qu&rsquo;ils soient d&rsquo;al-Qaida. Il en sort rassur&eacute;, mais ce n&rsquo;est pas son propos. L&rsquo;essentiel, c&rsquo;est &laquo;la paix au c&oelig;ur entre les fils d&rsquo;Abraham&raquo; qu&rsquo;il n&rsquo;a cess&eacute; de chercher, f&ucirc;t-ce &agrave; travers les guerres.<\/p>\n<p>\n\t\tDe temps &agrave; autre, on sent bien que l&rsquo;ultime combat serait la r&eacute;conciliation entre la Palestine et Isra&euml;l &ndash;incroyable dialogue avec Avidor Liberman&ndash;, et on a l&rsquo;espoir fou que peut-&ecirc;tre, ce diable d&rsquo;homme qui tient &agrave; porter le costard sur les champs de bataille par respect pour ceux qui se battent, ce type qui est tout &agrave; la fois Isaac, fils de Sara et Isma&iuml;l, fils d&rsquo;Agar, pourrait y parvenir.<\/p>\n<p>\n\t\tC&rsquo;est l&rsquo;histoire d&rsquo;un intellectuel juif acharn&eacute; &agrave; d&eacute;fendre les faibles et qui s&rsquo;est longtemps r&eacute;fugi&eacute; sous d&rsquo;illustres mod&egrave;les pour se justifier, Malraux, Lawrence, Chateaubriand. Il n&rsquo;en a plus besoin, je trouve. Il n&rsquo;a qu&rsquo;&agrave; &ecirc;tre lui.<\/p>\n<p>\n\t\t<strong><em>Catherine Cl&eacute;ment<\/em><\/strong><\/p>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&nbsp; Paix aux fils d&rsquo;Abraham &nbsp; &nbsp; Catherine Cl&eacute;ment explique pourquoi, selon elle, le dernier livre de Bernard-Henri L&eacute;vy &laquo;La guerre sans l&rsquo;aimer, journal d&rsquo;un &eacute;crivain au c&oelig;ur du printemps libyen&raquo;, est &laquo;un livre qui se lit d&rsquo;un trait, un livre &agrave; couper le souffle&raquo;. &Ccedil;a tombe pile. 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