{"id":30401,"date":"2026-09-30T16:55:36","date_gmt":"2026-09-30T16:55:36","guid":{"rendered":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/?p=30401"},"modified":"2026-09-30T16:55:36","modified_gmt":"2026-09-30T16:55:36","slug":"chaouachi-portrait-dun-metier-par-fatma-rassaa","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/chaouachi-portrait-dun-metier-par-fatma-rassaa\/","title":{"rendered":"Chaouachi : portrait d\u2019un m\u00e9tier, par Fatma Rassaa"},"content":{"rendered":"<div>\n<div>\n<div>\n<div>\n<div>\n<\/div><\/div>\n<\/p><\/div>\n<\/p><\/div>\n<\/div>\n<hr\/>\n<p><b><\/p>\n<p> Le premier souk des ch\u00e9chias daterait d\u2019Abu Zakaria El Hafsi dont il a d\u2019ailleurs gard\u00e9 le nom depuis sa naissance : \u00abSouk El Hafsi\u00bb\u2026 <\/p>\n<p> L\u2019embellie de ce couvre-chef traditionnel entre le XVIIe et le XVIIIe si\u00e8cle a \u00e9t\u00e9 couronn\u00e9e par l\u2019institution du souk K\u00e9bir, le grand souk de la ch\u00e9chia. V\u00e9ritable noyau de la M\u00e9dina, ce nouveau souk a vite drain\u00e9 la corporation, qui en a fait son fief. Mais les artisans \u00e9taient nombreux\u2026 <\/p>\n<p> R\u00e9sultat : il fallait s\u2019emparer des lieux, quitte \u00e0 fonder un autre souk. Ainsi a \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9 le souk S\u00e9ghir, que le caf\u00e9 Chaouachine s\u00e9pare aujourd\u2019hui du grand souk. <\/p>\n<p> Et qui sont-ils? <\/p>\n<p> Reclus dans son arri\u00e8re-boutique, le ma\u00eetre chaouachi (ma\u00e2llem) passe au crible le travail, marchande la laine, la peinture, l\u2019outillage. \u00abFaire vite et bien\u00bb, telle doit \u00eatre la devise de qui veut se forger une carri\u00e8re. <\/p>\n<p> \u00abIntroduite par les Andalous \u00e0 la fin du XVe si\u00e8cle, cette industrie faisait la fiert\u00e9 de la M\u00e9dina\u00bb, confie Si Noureddine Ghariani, amine des chaouachia. <\/p>\n<p> Du temps des beys, elle \u00e9tait consid\u00e9r\u00e9e comme un m\u00e9tier de noblesse : \u00abSans d\u00e9pr\u00e9cier personne, il \u00e9tait rare qu\u2019un ma\u00eetre chaouachi n\u2019ait pas une carrure intellectuelle\u00bb, affirme-t-il. <\/p>\n<p> \u00abCe sont eux qui pr\u00e9c\u00e8dent les autres corporations lors des c\u00e9r\u00e9monies beylicales o\u00f9 l\u2019amine chaouachi devait repr\u00e9senter l\u2019ensemble des artisans\u00bb, rappelle encore l\u2019amine du souk. <\/p>\n<p> L\u2019int\u00e9r\u00eat port\u00e9 \u00e0 cette industrie tient aussi au fait qu\u2019elle n\u2019existe nulle part ailleurs qu\u2019en Tunisie. Une raison fort suffisante pour comprendre les \u00abpr\u00e9rogatives\u00bb historiques dont elle jouit. <\/p>\n<p> \u00abBien des figures embl\u00e9matiques de l\u2019intelligentsia tunisienne avaient \u00e9t\u00e9 \u00e9galement des ma\u00eetres chaouachis\u00bb, ajoute l\u2019amine du souk. <\/p>\n<p> Par-del\u00e0 les vocations de chacun, le m\u00e9tier traverse des difficult\u00e9s. Pay\u00e9s \u00e0 la t\u00e2che, les chaouachia connaissent, en effet, des p\u00e9riodes creuses, des moments difficiles qui font p\u00e2lir les plus sto\u00efques d\u2019entre eux : r\u00e9cession de la demande, flamb\u00e9e des prix des mat\u00e9riaux. \u00abC\u2019est une profession o\u00f9 l\u2019on ne tient pas compte des questions d\u2019horaire et de rentabilit\u00e9\u00bb, remarque si Ghariani. <\/p>\n<p> \u00abC\u2019est de la pure laine\u00bb, souligne notre interlocuteur. Une laine tiss\u00e9e dans les plus c\u00e9l\u00e8bres filatures fran\u00e7aises. Le travail effectu\u00e9 dans l\u2019atelier ou l\u2019arri\u00e8re-boutique n\u2019est ainsi qu\u2019un maillon de la longue cha\u00eene de cet artisanat. La filature pr\u00eate, une autre \u00e9tape est enclench\u00e9e. Encore une, qui s\u2019op\u00e8re ailleurs : il s\u2019agit du tricolage \u00e0 cinq aiguilles de la premi\u00e8re forme de notre ch\u00e9chia. Celle que les artisans s\u2019accordent \u00e0 appeler kabbous. Le ma\u00eetre chaouachi remet g\u00e9n\u00e9ralement la laine \u00e0 des femmes. Celles-ci tricotent selon des mesures diff\u00e9rentes un grand nombre de kabbous. Le foulage de ces couvre-chefs qui permet de les rendre souples, se faisait jadis \u00e0 l\u2019atelier. Aujourd\u2019hui, toutes les \u00e9toffes de laine du pays sont foul\u00e9es \u00e0 La Manouba. Reste le cardage. Tout l\u2019art est dans ce geste. En cardant la premi\u00e8re mouture d\u2019une ch\u00e9chia, l\u2019apprenti doit \u00e9viter qu\u2019elle s\u2019\u00e9corche. Soigneusement pli\u00e9e dans ses mains, il passe dessus une brosse \u00e0 pointes douces. Il peigne et peigne encore jusqu\u2019\u00e0 enlever toutes les filasses d\u00e9chiquet\u00e9es, coiffant le tissu unifi\u00e9 du couvre-chef. <\/p>\n<p> N\u2019est-ce pas l\u00e0 l\u2019image \u00e0 laquelle on reconna\u00eet un chaouachi? S\u2019il est \u00e9vident que le cardage peut \u00eatre moins compliqu\u00e9 que d\u2019autres t\u00e2ches, il n\u2019en reste pas moins une phase d\u00e9licate o\u00f9 patience doit rimer avec attention. <\/p>\n<p> Les chaouchias pr\u00e9f\u00e8rent au sceau de l\u2019artisan un sigle cousu. Ils reproduisent une \u00e9bauche griffonn\u00e9e permettant de distinguer des autres leur produit dans le souk. Ainsi il est plus difficile d\u2019imiter un produit appartenant \u00e0 tel artisan. <\/p>\n<p> L\u2019\u00e9tape d\u2019apr\u00e8s est celle de la teinture. \u00abEt c\u2019est ce qui fait la diff\u00e9rence entre les r\u00e9gions\u00bb, souligne l\u2019amine des chaouachias. Le march\u00e9 libyen \u00e9tant important, on note que les Tripolitains pr\u00e9f\u00e8rent le noir et que les habitants de Benghazi portent plut\u00f4t une ch\u00e9chia bordeaux. Les gens du Cap Bon choisissent le rouge. \u00abLes go\u00fbts et les couleurs ne se discutent pas\u00bb, fait remarquer un artisan du souk S\u00e9ghir. <\/p>\n<p> Le prix d\u2019une ch\u00e9chia varie entre 5 et 30D : \u00abLe kermez et la cochenille reviennent cher\u00bb, explique un chaouachi faisant r\u00e9f\u00e9rence au mat\u00e9riau. \u00abLa chachia stambouli provient d\u2019Istanbul. Mais en Tunisie, c\u2019est surtout la ch\u00e9chia locale qui est la plus demand\u00e9e\u00bb, ajoute l\u2019artisan. <\/p>\n<p> D\u00e9sormais, tout ce qui se fait au souk Chaouchia, c\u2019est la finition: \u00abLe souk a connu une r\u00e9gression. De 400 ma\u00e2lem, ils ne sont plus aujourd\u2019hui que 35\u00bb. <\/p>\n<p> Fatma RASSAA <\/b><\/p>\n<p><b> Envoye par Citron<\/b><b><br \/> <a href=\"http:\/\/www.lapresse.tn\">www.lapresse.tn<\/a> <\/b><\/p>\n<hr\/>\n<blockquote>\n<blockquote><\/blockquote>\n<\/blockquote>\n<h6><\/h6>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le premier souk des ch\u00e9chias daterait d\u2019Abu Zakaria El Hafsi dont il a d\u2019ailleurs gard\u00e9 le nom depuis sa naissance : \u00abSouk El Hafsi\u00bb\u2026 L\u2019embellie de ce couvre-chef traditionnel entre le XVIIe et le XVIIIe si\u00e8cle a \u00e9t\u00e9 couronn\u00e9e par l\u2019institution du souk K\u00e9bir, le grand souk de la ch\u00e9chia. 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