{"id":30525,"date":"2026-09-30T16:55:48","date_gmt":"2026-09-30T16:55:48","guid":{"rendered":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/?p=30525"},"modified":"2026-09-30T16:55:48","modified_gmt":"2026-09-30T16:55:48","slug":"la-synagogue-de-ghriba-nest-pas-la-premiere-cible-de-violences","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/la-synagogue-de-ghriba-nest-pas-la-premiere-cible-de-violences\/","title":{"rendered":"La synagogue de Ghriba n&rsquo;est pas la premi\u00e8re cible de violences"},"content":{"rendered":"<div>\n<div>\n<div>\n<div>\n<div>\n<hr\/><\/div>\n<\/p><\/div>\n<\/p><\/div>\n<\/p><\/div>\n<\/div>\n<div>\n<p><b><\/p>\n<p> Houmt souk (\u00eele de Djerba) et Tunis de notre envoy\u00e9e sp\u00e9ciale<br \/> Il n&rsquo;a rien contre les juifs, il le jure ! D&rsquo;ailleurs, insiste cet avocat de province, ceux qui restent \u00ab\u00a0ne font pas de politique : il n&rsquo;y a aucune raison de leur en vouloir.\u00a0\u00bb Aux yeux de ce notable, membre de la Ligue tunisienne des droits de l&rsquo;homme (LTDH), l&rsquo;attentat du 11 avril contre la synagogue de la Ghriba doit, \u00ab\u00a0bien entendu\u00a0\u00bb, \u00eatre officiellement d\u00e9nonc\u00e9. Ce qu&rsquo;a fini par faire la LTDH, en publiant, dix jours apr\u00e8s le drame de l&rsquo;\u00eele de Djerba, un communiqu\u00e9 exprimant sa \u00ab\u00a0condamnation ferme et sans r\u00e9serve\u00a0\u00bb et son \u00ab\u00a0rejet de tout amalgame entre l&rsquo;entit\u00e9 sioniste en Palestine et les juifs &#8211; en particulier les juifs tunisiens, citoyens \u00e0 part enti\u00e8re, ayant les m\u00eames droits et les m\u00eames devoirs que leurs compatriotes musulmans\u00a0\u00bb. Il n&#8217;emp\u00eache ! \u00ab\u00a0La premi\u00e8re r\u00e9action, chez beaucoup de Tunisiens, a \u00e9! ;t\u00e9 de se r\u00e9jouir. Ce qui se passe au Moyen-Orient a un \u00e9cho direct ici. Les gens ont fait tout de suite le lien entre la Ghriba et la Palestine\u00a0\u00bb, souligne l&rsquo;avocat, la mine faussement contrite.<\/p>\n<p> Ce n&rsquo;est pas la premi\u00e8re fois, en Tunisie, que des lieux de culte juifs sont la cible de violences. En 1967, au moment de la guerre de Six-Jours, la grande synagogue de Tunis avait \u00e9t\u00e9 incendi\u00e9e par des manifestants pro-palestiniens. \u00ab\u00a0Il y a des formes de continuit\u00e9 : hier, comme aujourd&rsquo;hui, on s&rsquo;en prend \u00e0 ce qui symbolise les juifs\u00a0\u00bb, remarque le professeur Habib Kazdaghli, du d\u00e9partement M\u00e9moire et histoire de la facult\u00e9 des lettres de La Manouba, \u00e0 Tunis. Une \u00ab\u00a0continuit\u00e9\u00a0\u00bb profonde, \u00e0 deux diff\u00e9rences pr\u00e8s. La premi\u00e8re tient dans la taille de la communaut\u00e9 juive tunisienne : estim\u00e9e, selon le professeur Kazdaghli, \u00e0 56 000 membres, en 1956, ann\u00e9e de l&rsquo;ind\u00e9pendance, elle ne compte plus, aujourd&rsquo;hui, qu&rsquo;\u00e0 peine 12 000 membres, dont plus des deux tiers vivent sur l&rsquo;\u00eele de Djerba.<\/p>\n<p> \u00ab\u00a0APPROBATION OFFICIEUSE\u00a0\u00bb<\/p>\n<p> La deuxi\u00e8me diff\u00e9rence tient au contexte politique tunisien : \u00ab\u00a0En 1967, devant ce type de violences, il ne pouvait pas y avoir d&rsquo;approbation, ni officielle ni officieuse. Aujourd&rsquo;hui, on condamne officiellement l&rsquo;attentat de la Ghriba, mais, officieusement, on \u00ab\u00a0comprend\u00a0\u00bb et, parfois m\u00eame, on applaudit\u00a0\u00bb, estime Gilbert Naccache, ex-militant du groupe d&rsquo;opposition Perspectives et ancien d\u00e9tenu politique. \u00ab\u00a0A l&rsquo;\u00e9poque, les copains de taule \u00e9taient les premiers \u00e0 me d\u00e9fendre contre les insultes antis\u00e9mites des gardiens. Aujourd&rsquo;hui, ils sont silencieux. Tout le monde hurle quand Sharon bombarde Jenine, mais quand un camion explose devant la Ghriba, personne n&rsquo;ouvre la bouche,\u00a0\u00bb s&rsquo;indigne-t-il. Un dimanche, en rentrant chez lui dans le quartier tunisois du Bardo, Gilbert Naccache est apostroph\u00e9 par un groupe de jeunes gar\u00e7ons, qui se mettent \u00e0 crier \u00ab\u00a0Sharon assassin&amp;! #160;!\u00a0\u00bb sur son passage. Quelques heures plus tard, il remarque que le m\u00eame groupe s&rsquo;est post\u00e9 \u00e0 l&rsquo;entr\u00e9e de l&rsquo;impasse, o\u00f9 est situ\u00e9 son domicile, et comprend alors qu&rsquo;il n&rsquo;aura plus de paix. \u00ab\u00a0J&rsquo;ai fait ma valise, la mort dans l&rsquo;\u00e2me\u00a0\u00bb, dit-il. Deux jours auparavant, son fils, \u00e2g\u00e9 de quatre ans et demi, avait \u00e9t\u00e9 la cible de jets de pierres et d&rsquo;insultes, alors qu&rsquo;il jouait dans le jardin de la maison. Parmi les assaillants, figurait \u00ab\u00a0le fils de l&rsquo;imam du quartier\u00a0\u00bb, pr\u00e9cise-t-il.<\/p>\n<p> CRI D&rsquo;ALARME<\/p>\n<p> Il est r\u00e9volu le temps o\u00f9 le pr\u00e9sident Ben Ali accueillait en grande pompe, au palais de Carthage, le grand rabbin de France, Joseph Sitruk, et le pr\u00e9sident du consistoire isra\u00e9lite de France, Pierre Bansard&#8230; C&rsquo;\u00e9tait en 1992. La synagogue de La Goulette venait de rouvrir. \u00ab\u00a0M\u00eame si les derniers juifs tunisiens s&rsquo;en vont, nous devons continuer \u00e0 d\u00e9fendre l&rsquo;identit\u00e9 plurielle de la Tunisie\u00a0\u00bb, plaide le professeur Kazdaghli. Parmi les associations, celle des femmes d\u00e9mocrates tunisiennes (ATFD) a \u00e9t\u00e9 la premi\u00e8re \u00e0 condamner l&rsquo;attentat de la Ghriba. Son ancienne pr\u00e9sidente, l&rsquo;avocate Bochra Bel Hadj Hmida, vient de lancer, \u00e0 titre personnel, un cri d&rsquo;alarme. Dans un texte intitul\u00e9 \u00ab\u00a0Touche pas \u00e0 mon juif !\u00a0\u00bb, la militante d\u00e9mocrate juge \u00ab\u00a0impardonnable\u00a0\u00bb que l&rsquo;on approuve \u00ab\u00a0par la parole ou le silence\u00a0\u00bb les atteintes \u00e0! la communaut\u00e9 juive. La d\u00e9fense des droits humains \u00ab\u00a0ne souffre aucune exception\u00a0\u00bb, dit-elle. S&rsquo;adressant \u00e0 ses concitoyens juifs &#8211; \u00ab\u00a0ici, c&rsquo;est votre pays, et personne n&rsquo;est plus tunisien que vous\u00a0\u00bb &#8211; Mme Bel Hadj Hmida appelle aussi ses concitoyens musulmans \u00e0 \u00ab\u00a0ne pas se tromper de combat\u00a0\u00bb. Avant m\u00eame d&rsquo;\u00eatre publi\u00e9, son texte a \u00e9t\u00e9 attaqu\u00e9 par la presse locale arabophone, qui a trait\u00e9 Mme Bel Hadj Hmida d'\u00a0\u00bbimmigr\u00e9e de l&rsquo;int\u00e9rieur\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p> Catherine Simon<\/p>\n<p> &#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8211;<\/p>\n<p> Le p\u00e8lerinage annuel a \u00e9t\u00e9 maintenu<\/p>\n<p> Les festivit\u00e9s du p\u00e8lerinage annuel \u00e0 la Ghriba ont \u00e9t\u00e9 maintenues lundi 29 et mardi 30 avril dans le plus ancien lieu de culte juif d&rsquo;Afrique. Les organisateurs s&rsquo;attendent cette ann\u00e9e, tout au plus, \u00e0 quelque 300 p\u00e8lerins venus de France, de Belgique et des Etats-Unis, essentiellement. Le rite devrait rassembler au total un millier de p\u00e8lerins avec la participation de la communaut\u00e9 juive tunisienne, esp\u00e8re-t-on, contre 8 000 en 2000 et 1 500 en 2001.<\/p>\n<p> \u00ab\u00a0Quel que soit le nombre de p\u00e8lerins qui feront le d\u00e9placement, organiser le p\u00e8lerinage moins de trois semaines apr\u00e8s ce qui s&rsquo;est pass\u00e9 est d\u00e9j\u00e0 une victoire en soi\u00a0\u00bb, a estim\u00e9 le pr\u00e9sident de la synagogue et de la communaut\u00e9 juive de Djerba, P\u00e9rez Trabelsi. &#8211; (AFP) <\/b><\/p>\n<hr\/>\n<blockquote>\n<blockquote><\/blockquote>\n<\/blockquote>\n<h6><\/h6>\n<\/p><\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Houmt souk (\u00eele de Djerba) et Tunis de notre envoy\u00e9e sp\u00e9ciale Il n&rsquo;a rien contre les juifs, il le jure ! 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