{"id":30530,"date":"2026-09-30T16:55:49","date_gmt":"2026-09-30T16:55:49","guid":{"rendered":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/?p=30530"},"modified":"2026-09-30T16:55:49","modified_gmt":"2026-09-30T16:55:49","slug":"lavenue-bourguiba-a-tunis","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/lavenue-bourguiba-a-tunis\/","title":{"rendered":"L&rsquo;AVENUE BOURGUIBA A TUNIS"},"content":{"rendered":"<div>\n<div>\n<div>\n<div>\n<div>\n<\/p><\/div>\n<\/p><\/div>\n<\/p><\/div>\n<\/p><\/div>\n<\/div>\n<hr\/>\n<div>\n<div>\n<div>\n<div>\n<p><b> <br \/> 4 &#8211; L\u2019AVENUE BOURGUIBA<br \/> Apr\u00e8s l\u2019ind\u00e9pendance, de 1956 \u00e0 1975, l\u2019exode rural se poursuit \u00e0 un rythme soutenu, impuls\u00e9 par les opportunit\u00e9s offertes en ville par le d\u00e9part massif des populations europ\u00e9enne et isra\u00e9lite vers la France, ce qui a ouvert des perspectives d\u2019emplois et de promotions sociales tr\u00e8s attirantes.<\/p>\n<p> D\u2019un autre c\u00f4t\u00e9, la mainmise coloniale et la m\u00e9canisation de l\u2019agriculture ont particip\u00e9 au d\u00e9veloppement du ch\u00f4mage dans les campagnes de la Tunisie du Nord. Les plaines c\u00e9r\u00e9ali\u00e8res deviennent progressivement des r\u00e9servoirs de ch\u00f4meurs et commencent \u00e0 conna\u00eetre un mouvement d\u2019exode rural vers les villes du littoral et surtout Tunis.<\/p>\n<p> LA RURALISATION DE TUNIS<br \/> De ce fait, le bilan migratoire double, triple, quadruple\u2026 jusqu\u2019\u00e0 atteindre deux millions d\u2019habitants aujourd\u2019hui pour le Grand-Tunis qui, rappelons-le, ne comptait que 200.000 habitants dans les ann\u00e9es trente, dont plus de la moiti\u00e9 \u00e9taient \u00e9trangers.<\/p>\n<p> Cet exode a entra\u00een\u00e9 une urbanisation rapide, une ruralisation de la ville, et a chang\u00e9 radicalement le contenu humain de la population de Tunis, ainsi que les pratiques urbaines.<\/p>\n<p> Cette population de ruraux n\u2019avait pas la musique classique dans les g\u00e8nes, ni a fortiori l\u2019op\u00e9ra ou l\u2019op\u00e9rette, ni le th\u00e9\u00e2tre, ni la peinture, ni m\u00eame le cin\u00e9ma.<\/p>\n<p> Petit \u00e0 petit, les th\u00e9\u00e2tres ferm\u00e8rent, et il ne resta plus que le Th\u00e9\u00e2tre Municipal. Les salles de cin\u00e9ma p\u00e9riclit\u00e8rent, mirent la cl\u00e9 sous le paillasson, ou se recycl\u00e8rent dans les m\u00e9los \u00e9gyptiens et les mi\u00e8vreries hindoues. Les galeries de peinture devinrent des r\u00f4tisseries et des gargotes. A la place des concerts symphoniques sur le terre-plein, des kiosques vendant des cassettes de Mezoued et de musique \u201cchababia\u201d inond\u00e8rent l\u2019avenue de leurs d\u00e9cibels agressifs.<\/p>\n<p> D\u00e8s 1956, se produisit un bouleversement radical : le d\u00e9part massif des anciens habitants, de \u201cbeldia\u201d, de la M\u00e9dina vers El Menzah et vers les plages nord et sud. Ils ont \u00e9t\u00e9 vite remplac\u00e9s par les immigrants ruraux.<\/p>\n<p> Les vieilles et nobles maisons arabes se lou\u00e8rent d\u00e9sormais \u00e0 la pi\u00e8ce, une pi\u00e8ce par famille, et devinrent des \u201cOukalas\u201d.<\/p>\n<p> Alors qu\u2019ils repr\u00e9sentaient, en 1956, 25% de la population de la M\u00e9dina, les Europ\u00e9ens et les Isra\u00e9lites ne forment plus que 5% en 1966, tandis que l\u2019oukalisation a permis aux immigrants ruraux d\u2019occuper la place. En 1968, ils constituent les deux tiers de la population de la M\u00e9dina. De l\u00e0, ils eurent un acc\u00e8s direct \u00e0 l\u2019avenue.<\/p>\n<p> L\u2019EMIGRATION DES JUIFS<br \/> Un autre ph\u00e9nom\u00e8ne allait leur permettre de l\u2019investir : le d\u00e9part massif des juifs.<\/p>\n<p> En effet, l\u2019\u00e9migration des juifs vers la France et vers Isra\u00ebl, l\u00e9g\u00e8rement amorc\u00e9e dans les derni\u00e8res ann\u00e9es du protectorat, s\u2019est poursuivie au lendemain de l\u2019ind\u00e9pendance. Elle a connu de fortes pouss\u00e9es, lors de la crise de Bizerte en 1961, et la guerre de six jours en 1967.<\/p>\n<p> Lors des \u00e9v\u00e9nements de Bizerte, le bruit courut qu\u2019au cours des combats, des juifs s\u2019\u00e9taient rang\u00e9s du c\u00f4t\u00e9 fran\u00e7ais et leur avaient pr\u00eat\u00e9 main-forte. Beaucoup de juifs se crurent menac\u00e9s de repr\u00e9sailles et prirent pr\u00e9cipitamment la d\u00e9cision de partir.<\/p>\n<p> La seconde vague, de loin la plus importante, se produisit \u00e0 partir du 5 juin 1967 au d\u00e9but de la guerre des six-jours; ce jour-l\u00e0, \u00e0 Tunis, des milliers de manifestants se r\u00e9pandirent dans les rues \u00e0 forte concentration de population juive, d\u00e9truisant les magasins appartenant \u00e0 des juifs et mettant le feu \u00e0 la grande synagogue de l\u2019avenue de la Libert\u00e9.<\/p>\n<p> Paul Sebag 1 note : \u00abLe soir m\u00eame, le Pr\u00e9sident de la R\u00e9publique, Habib Bourguiba, condamna la tournure qu\u2019avait prise une manifestation de solidarit\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9gard des peuples arabes, assurant la population juive qu\u2019elle n\u2019avait pas \u00e0 craindre de nouvelles violences, lui promettant m\u00eame qu\u2019elle serait indemnis\u00e9e de tous les pr\u00e9judices qu\u2019elle avait subis, et que les coupables seraient arr\u00eat\u00e9s et condamn\u00e9s\u00bb. Il n\u2019en reste pas moins que cette journ\u00e9e dramatique fut suivie par une nouvelle vague d\u2019\u00e9migration de la population juive.<\/p>\n<p> On estime \u00e0 pr\u00e8s de cinquante mille le nombre de juifs de Tunisie qui ont \u00e9migr\u00e9 en France, et \u00e0 autant ceux qui ont \u00e9migr\u00e9 en Isra\u00ebl.<\/p>\n<p> Cette \u00e9migration massive lib\u00e9ra des centaines de commerces, bars, restaurants, salles de cin\u00e9ma, p\u00e2tisseries, caf\u00e9s, bo\u00eetes, etc. qui furent repris par des gens n\u2019ayant aucune tradition dans les domaines de la restauration, des services, des loisirs ou de la culture.<\/p>\n<p> LA D\u00c9GRADATION DE L\u2019AVENUE<br \/> Malheureusement, la loi du nombre appartient toujours aux masses rurales qui plus que jamais envahissent les villes. Elles y apportent, outre leurs mis\u00e8res si difficiles \u00e0 gu\u00e9rir, un poids quasi \u00e9crasant de pr\u00e9jug\u00e9s pr\u00e9historiques.<\/p>\n<p> La premi\u00e8re cons\u00e9quence de leur intrusion dans l\u2019avenue Bourguiba fut l\u2019exclusion des femmes de tous les lieux publics. Or, si vous voulez tuer une cit\u00e9, faites comme les talibans : excluez les femmes. Il n\u2019\u00e9tait plus question de carnavals, de bals, de dancing, ni m\u00eame de couples au caf\u00e9 de Paris ou \u00e0 la Rotonde. Plus question de th\u00e9 anglais servi dans des tasses en porcelaine de Limoges, ni de soupers fins apr\u00e8s le th\u00e9\u00e2tre.<\/p>\n<p> C\u2019est que l\u2019int\u00e9gration des ruraux dans la cit\u00e9 pose non seulement des probl\u00e8mes d\u2019emplois, de logements, mais aussi des probl\u00e8mes culturels : le rural gardera longtemps ses traditions, sa fa\u00e7on de s\u2019habiller, ses habitudes culinaires, son parler d\u2019origine. Il contribue ainsi \u00e0 modifier la population urbaine, \u00e0 la rendre h\u00e9t\u00e9rog\u00e8ne \u00e0 tous points de vue.<\/p>\n<p> Mais avec le temps, le rural se citadinise tout en apportant \u00e0 la ville un lot de traditions et de coutumes, dont une partie pourra s\u2019incruster.<\/p>\n<p> Les bars o\u00f9 les habitu\u00e9s prenaient l\u2019ap\u00e9ro avec une \u201ck\u00e9mia\u201d d\u00e9licieuse devinrent des assommoirs o\u00f9 l\u2019on \u00e9clusait des quantit\u00e9s hallucinantes de bi\u00e8re, les restaurants o\u00f9 l\u2019on mijotait de bons petits plats devinrent des abreuvoirs o\u00f9 on se saoulait \u00e0 mort de mauvais vin accompagn\u00e9 d\u2019une \u201cojja au merguez\u201d.<\/p>\n<p> La d\u00e9gradation de l\u2019avenue Bourguiba et sa ruralisation devinrent visibles \u00e0 l\u2019\u0153il nu. Les b\u00e2timents aussi qui changeaient de main au gr\u00e9 des sp\u00e9culations immobili\u00e8res n\u2019\u00e9taient plus entretenus ni restaur\u00e9s, offraient un spectacle d\u00e9solant de murs l\u00e9zard\u00e9s, l\u00e9preux, et non badigeonn\u00e9s.<\/p>\n<p> LES ANN\u00c9ES DE PLOMB<br \/> La d\u00e9saffection de l\u2019avenue commen\u00e7a \u00e0 la fin des ann\u00e9es 70, surtout avec les \u00e9v\u00e9nements du 26 janvier 1978, et le couvre-feu qui s\u2019en est suivi.<\/p>\n<p> Apr\u00e8s sa lev\u00e9e, les gens prirent l\u2019habitude de rentrer t\u00f4t, d\u2019autant plus que les bars et les commerces fermaient \u00e0 huit heures du soir, et que les caf\u00e9s en faisaient autant une heure plus tard.<\/p>\n<p> L\u2019avenue devenait alors aussi sinistre qu\u2019un coupe-gorge. A la lumi\u00e8re glauque chichement distill\u00e9e par de hideux r\u00e9verb\u00e8res encrass\u00e9s de fiente d\u2019oiseaux, on n\u2019apercevait plus que de rares passants \u00e0 la mine patibulaire : ivrognes, clochards, prox\u00e9n\u00e8tes, prostitu\u00e9es de bas de gamme, malfaiteurs\u2026<\/p>\n<p> Le coup de gr\u00e2ce fut donn\u00e9 par les \u00e9meutes du pain le 3 janvier 1984, et le second couvre-feu qui s\u2019en est suivi.<\/p>\n<p> A cette \u00e9poque, le pays connut des ann\u00e9es difficiles, tant sur le plan \u00e9conomique que social, et les \u00e9meutes du pain d\u00e9montr\u00e8rent que le peuple \u00e9tait de plus en plus m\u00e9content des politiques s\u00e9v\u00e8res d\u2019un pr\u00e9sident vieillissant, malade et m\u00e9galomane.<\/p>\n<p> Or, le 7 Novembre 1987, il a \u00e9t\u00e9 d\u00e9cid\u00e9, \u00e0 la suite de rapports m\u00e9dicaux pr\u00e9sent\u00e9s par les m\u00e9decins du Pr\u00e9sident, que Bourguiba n\u2019\u00e9tait plus apte \u00e0 gouverner.<\/p>\n<p> Apr\u00e8s le 7 Novembre, l\u2019avenue reprit vie assez timidement, mais cela ne dura pas longtemps car d\u2019autres zones plus modernes commenc\u00e8rent \u00e0 la concurrencer rudement. Ces nouveaux p\u00f4les d\u2019attraction ont d\u00e9centr\u00e9 la ville : Menzah VI, Manar I, avec leurs complexes commerciaux ultramodernes, leurs salles de cin\u00e9ma, et leurs espaces de loisirs ont drain\u00e9 les foules, et plus r\u00e9cemment les berges du lac ont donn\u00e9 un coup fatal au centre-ville.<\/p>\n<p> LA RENAISSANCE DE L\u2019AVENUE<br \/> Ce n\u2019est que l\u2019ann\u00e9e derni\u00e8re, et \u00e0 l\u2019occasion de la tenue des Jeux m\u00e9diterran\u00e9ens que l\u2019on d\u00e9cida de r\u00e9nover l\u2019avenue, afin de pr\u00e9senter \u00e0 nos h\u00f4tes, la meilleure image du centre-ville.<\/p>\n<p> C\u2019est ainsi que la municipalit\u00e9 de Tunis entreprit des travaux consid\u00e9rables pour \u00e9largir les trottoirs des deux rives et les paver de granit.<\/p>\n<p> En rognant sur le terre-plein central et en d\u00e9pla\u00e7ant deux rang\u00e9es des v\u00e9n\u00e9rables ficus centenaires, il a \u00e9t\u00e9 \u00e9galement possible d\u2019agrandir les deux chauss\u00e9es lat\u00e9rales. Cette nouvelle disposition de l\u2019espace se r\u00e9v\u00e9la extr\u00eamement judicieuse. Les fa\u00e7ades de tous les immeubles furent raval\u00e9es, r\u00e9nov\u00e9es, repeintes, les commerces, caf\u00e9s et \u00e9tablissements de tous genres firent peau-neuve. Tout cela sans toucher au style architectural, et en faisant g\u00e9n\u00e9ralement preuve de bon go\u00fbt. Enfin, avec l\u2019installation des nouveaux lampadaires de style r\u00e9tro, l\u2019avenue Bourguiba brilla de mille feux.<\/p>\n<p> Restait le point faible : l\u2019animation. Et l\u00e0 encore, la d\u00e9cision d\u2019am\u00e9nager \u00e0 nouveau des terrasses devant les caf\u00e9s, les h\u00f4tels, les p\u00e2tisseries, m\u00e9tamorphosa compl\u00e8tement le paysage et donna \u00e0 l\u2019avenue ce cachet typique des principales villes m\u00e9diterran\u00e9ennes, gai, anim\u00e9, color\u00e9, accueillant, humain, fait de fl\u00e2neries, de petits verres servis sur les terrasses, de farniente\u2026<\/p>\n<p> Et de nouveau \u2014 on n\u2019avait pas vu cela depuis fort longtemps \u2014 les gens se mirent \u00e0 veiller tard, d\u2019autant plus que l\u2019organisation des Jeux, puis le Festival de la M\u00e9dina donn\u00e8rent lieu \u00e0 bon nombre de manifestations culturelles, de concerts publics, et de spectacles de tous genres.<\/p>\n<p> Malgr\u00e9 tout, l\u2019animation limit\u00e9e dans le temps demeure insuffisante et en de\u00e7\u00e0 des esp\u00e9rances.<\/p>\n<p> On nous promet la cr\u00e9ation d\u2019une Agence Nationale d\u2019Animation qui se chargerait d\u2019animer la ville de Tunis tout au long de l\u2019ann\u00e9e, et non seulement pendant le mois de Ramadan.<\/p>\n<p> Cette initiative est n\u00e9cessaire, d\u2019autant plus que l\u2019avenue Bourguiba est appel\u00e9e \u00e0 conna\u00eetre un changement spectaculaire avec le projet du lac sud et la marina qui sera construite en lieu et place du port de Tunis.<\/p>\n<p> Pour la premi\u00e8re fois de son histoire, Tunis va s\u2019ouvrir directement sur la mer par le biais de l\u2019avenue. Ce sera le plus bel endroit de la capitale, et aucun autre lieu ne pourra plus concurrencer la supr\u00e9matie retrouv\u00e9e du centre-ville.<\/p>\n<p> \u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026<\/p>\n<p> 1 &#8211; Sebag Paul; Histoire des juifs de Tunisie &#8211; \u00e9d. L\u2019HARMATTAN. 1996. 336 p.<\/p>\n<p> CHRONIQUETTE<\/p>\n<p> LA RURALISATION DE LA VILLE VUE PAR TAOUFIK JEBALI<br \/> \u00abAh bon, c\u2019est toi ? Fallait me le dire. Pas la peine de gaspiller ton fric (en taxi), alors que tu n\u2019as que deux pas \u00e0 faire.<\/p>\n<p> Voil\u00e0, je vais t\u2019indiquer un raccourci qui te permettra d\u2019y \u00eatre en moins de deux : O\u00f9 sommes-nous maintenant ? Mais, non, c\u2019est pas \u00e7a.<\/p>\n<p> Tu vas tout droit. Tu tomberas sur un vendeur de volaille, juste \u00e0 c\u00f4t\u00e9 il y a une p\u00e2tisserie, tu laisses la premi\u00e8re, tu prends la deuxi\u00e8me, tu trouves la rue de Tabarka, suis-la, \u00e0 droite la rue de Bizerte, \u00e0 gauche la rue de B\u00e9ja, en face une rue longue et \u00e9troite, tu y trouves des vendeurs de casse-cro\u00fbte, de volaille, de limonade, de bols de lablabi, une boutique et une banque.<\/p>\n<p> Au bout, un forgeron et un menuisier, en face un balcon qui goutte, sa propri\u00e9taire y est toujours, demande-lui la rue jadis N\u00e9apolis, Nabeul maintenant.<\/p>\n<p> Quand tu arrives, ne la prends pas, continue tout droit jusqu\u2019\u00e0 la place d\u2019Enfidha d\u2019o\u00f9 partent quatre rues, la rue d\u2019Hadrum\u00e8te auparavant et maintenant de Sousse, la rue de Monastir, la rue de Sfax et la rue de Gab\u00e8s.<\/p>\n<p> Tu vois, les quatre, tu ne les prends pas, tourne \u00e0 droite. Tu trouves le marchand d\u2019amandes et de cacahu\u00e8tes, ne le regarde pas en face, regarde derri\u00e8re lui et tu trouveras la rue de Tozeur.<\/p>\n<p> Prends-la, tu y trouveras un vendeur de casse-cro\u00fbte et de volaille, de limonade et de lablabi, une boutique et une banque. Tout au bout, tu croiseras une femme qui louche, r\u00e9fugie-toi loin du Satan et tourne \u00e0 gauche, tu trouveras la rue de Nefta.<\/p>\n<p> Prends-la, tu trouves un marchand de casse-cro\u00fbte, de volaille, de limonade, de bols de lablabi, une boutique et une banque.<\/p>\n<p> Continue jusqu\u2019au bout, l\u00e8ve la t\u00eate, tu verras une lumi\u00e8re rouge et verte, pas pour les autos, pour les pi\u00e9tons, regarde bien si elle est rouge, fait comme tout le monde, ne t\u2019arr\u00eate pas, traverse la rue, la premi\u00e8re voiture qui va te rentrer dedans, son chauffeur donnera un coup de frein, ouvrira la fen\u00eatre, ne le laisse pas t\u2019injurier et demande-lui la rue de M\u00e9denine, parce qu\u2019il est en col\u00e8re contre toi il va essayer de t\u2019avoir, s\u2019il te dit \u00e0 droite, tourne \u00e0 gauche, tu seras dans une rue sans plaque, prends-la, tu trouveras un vendeur de casse-cro\u00fbte, de volaille, de limonade et de bols de lablabi, une boutique et une banque, un projet de mosqu\u00e9e, tourne \u00e0 cet endroit, tu te trouveras dans une impasse :<\/p>\n<p> C\u2019est celle-l\u00e0 qui t\u2019am\u00e8nera \u00e0 l\u2019avenue\u00bb.<\/p>\n<p> Taoufik Jebali, Tamth\u00eel kl\u00e2m, Tunis, Sinnem\u00e2r, 1984, 73 p. dans Fontaine Jean, Histoire de la Litt\u00e9rature tunisienne, tome III, Tunis, C\u00e9r\u00e8s \u00c9dition, 1999, pp. 86 \u00e0 88.<\/p>\n<p> &lt;<a href=\"http:\/\/www.tunishebdo.com.tn\/global\/art_fin.gif\">http:\/\/www.tunishebdo.com.tn\/global\/art_fin.gif<\/a>&gt;\u00a0<br \/> Tahar FAZA\u00c2 <\/b><\/p>\n<\/p><\/div>\n<\/p><\/div>\n<\/p><\/div>\n<\/p><\/div>\n<hr\/>\n<blockquote>\n<blockquote><\/blockquote>\n<\/blockquote>\n<h6><\/h6>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>4 &#8211; L\u2019AVENUE BOURGUIBA Apr\u00e8s l\u2019ind\u00e9pendance, de 1956 \u00e0 1975, l\u2019exode rural se poursuit \u00e0 un rythme soutenu, impuls\u00e9 par les opportunit\u00e9s offertes en ville par le d\u00e9part massif des populations europ\u00e9enne et isra\u00e9lite vers la France, ce qui a ouvert des perspectives d\u2019emplois et de promotions sociales tr\u00e8s attirantes. 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