{"id":30754,"date":"2026-09-30T16:56:07","date_gmt":"2026-09-30T16:56:07","guid":{"rendered":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/?p=30754"},"modified":"2026-09-30T16:56:07","modified_gmt":"2026-09-30T16:56:07","slug":"festival-du-cinema-israelien-de-paris-janvier-2002-par-roger-chemouni","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/festival-du-cinema-israelien-de-paris-janvier-2002-par-roger-chemouni\/","title":{"rendered":"Festival du Cinema Israelien de Paris, Janvier 2002, par Roger Chemouni"},"content":{"rendered":"<div>\n<div>\n<div>\n<div>\n<div>\n<p><b>FESTIVAL DU\u00a0 CINEMA ISRAELIEN JANVIER 2002<\/b><\/p>\n<hr\/><\/div>\n<\/p><\/div>\n<\/p><\/div>\n<\/p><\/div>\n<\/div>\n<div>\n<div>\n<div>\n<div>\n<div>\n<p>FESTIVAL DU\u00a0 CINEMA ISRAELIEN JANVIER 2002 <\/p>\n<\/p><\/div>\n<div>\n<p><i> Pour ce deuxi\u00e8me festival organis\u00e9 par l\u2019association Isratim (1) projet\u00e9 au cin\u00e9ma des cin\u00e9astes \u00e0 Paris\u00a0 nous avons eu droit \u00e0 une journ\u00e9e Amos Gitai avec sa trilogie \u00ab\u00a0Wadi\u00a0\u00bb , \u00e0 un hommage \u00e0 Michal Bat Adam unique r\u00e9alisatrice isra\u00e9lienne qui a pu poursuivre une carri\u00e8re , \u00e0 un autre consacr\u00e9e \u00e0 une actrice isra\u00e9lienne montante Ronit Elkabetz (4) ,et \u00e0 deux th\u00e8mes \u00ab\u00a0Visions de la paix\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0Soir\u00e9e Gay\u00a0\u00bb. le tout agr\u00e9ment\u00e9 de 5 films r\u00e9cents et d\u2019un hommage x et \u00e0 une approche de <\/i>documentaires et courts m\u00e9trages isra\u00e9lien<\/p>\n<\/p><\/div>\n<div>\n<p>(1) association\u00a0 qui soutient le cin\u00e9ma isra\u00e9lien situ\u00e9 \u00e0 Paris 102 av des Champs Elys\u00e9es <\/p>\n<\/p><\/div>\n<div>\n<p><b> <u>DESESPERADO SQUARE de Benny Torati\u00a0 2000 <\/u><\/b><\/p>\n<p> Un an apr\u00e8s la mort de Morris Mendevon, son fils Nissim r\u00eave que son p\u00e8re lui ordonne d\u2019ouvrir \u00e0 nouveau le cin\u00e9ma ferm\u00e9 quelques jours avant sa mort. Cet \u00e9v\u00e9nement va remuer la vie communaut\u00e9 du village, d\u00e9pourvu de cet unique loisir .\u00a0 Senoria la m\u00e8re de Nissim n\u2019approuve pas cette id\u00e9e, le film indien choisi lui rappelle ravive une d\u00e9ception amoureuse en la personne Avram son beau fr\u00e8re. Avram justement revient le jour de ce grand remue m\u00e9nage. Mais le film\u00a0 pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 des deux amants n\u2019existe plus en Isra\u00ebl. Seul Avram en d\u00e9tient une copie. Nessim d\u00e9couvre cette v\u00e9rit\u00e9 cach\u00e9e. Cette projection pourra t- elle avoir lieu, calmer les esprits et r\u00e9unir les villageois\u00a0. <\/p>\n<p> Hommage au 7 e Art ou d\u00e9f\u00e9rence sur l\u2019amour impossible, cette com\u00e9die bon enfant\u00a0 , reste une description attentive d\u2019un petit monde\u00a0 aux jeux parfois idiots, \u00e0 l\u2019esprit \u00e9triqu\u00e9 , oisif, distant , et qui sera se montrer tol\u00e9rant .au travers cet \u00e9v\u00e9nement local\u00a0 . Ce film bour\u00e9kas (1) qui n\u2019a pas la grandeur de \u00ab\u00a0Cin\u00e9ma paradiso\u00a0\u00bb dont le sc\u00e9nario est similaire (passion du cin\u00e9ma, amour d\u00e9poss\u00e9d\u00e9), reste un petit film populaire, sans grande pr\u00e9tention. <\/p>\n<\/p><\/div>\n<div>\n<p>(1) Nom donn\u00e9 aux films populaires dans les ann\u00e9es 60 \u2013 70<\/p>\n<\/p><\/div>\n<div>\n<h1>1001 <u> FEMMES 1989\u00a0 de Michal Bat &#8211; Adam <\/u><\/h1>\n<\/p><\/div>\n<div>\n<p> Le film\u00a0 adapt\u00e9 d\u2019un\u00a0 roman de Dan Benaya Serri est une histoire d\u2019amour situ\u00e9 dans le quartier Bucharite (1)de J\u00e9rusalem au d\u00e9but du si\u00e8cle dernier. Naftali Simon Tov quinquag\u00e9naire \u00e9pouse la jeune et na\u00efve Flora. . Naptali en est \u00e0 son quatri\u00e8me mariage\u00a0; ses pr\u00e9c\u00e9dentes \u00e9pouses \u00e9tant\u00a0 mortes dans des conditions myst\u00e9rieuses .Cette derni\u00e8re union est consenti par Naftali\u00a0 pour stopper la mal\u00e9diction qui p\u00e8se sur sa vie priv\u00e9e. L\u2019homme \u00e0 un blocage qui le paralyse et s\u2019interdit toute relation sexuel, Flora d\u00e9couvrira\u00a0 la sexualit\u00e9 aupr\u00e8s d\u2019un amant. <\/p>\n<p> Etrange film exotique et sensuel qui d\u00e9voile la condition de la femme orientale et revendique le droit d\u2019exister autrement. Au travers de ce plaidoyer de cette soci\u00e9t\u00e9 religieuse isra\u00e9lienne ,commune \u00e0 d\u2019autres d\u00e9nonce le patriarcat de cette communaut\u00e9 o\u00f9 le machisme r\u00e8gne et o\u00f9 la femme reste plus une servante qu\u2019une \u00e9pouse moderne . Michal Bat Adam dessine par petites touches ce monde sectaire et cruel, peupl\u00e9 de personnages d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9s , en d\u00e9tresse, soulignant la solitude de ce couple atypique, peignant avec distance cette communaut\u00e9 traditionnelle, ancr\u00e9e dans des coutumes archa\u00efques dont les g\u00e9n\u00e9rations suivantes ont eu fort affaire pour s\u2019en\u00a0 d\u00e9barrasser. Un des films les plus forts de cette programmation tr\u00e8s moderne, tr\u00e8s \u00e9clectique par sa d\u00e9nonciation, par sa r\u00e9volte et par sa revendication l\u00e9gitime au r\u00f4le et \u00e0 la place de la femme dans la soci\u00e9t\u00e9 d\u2019aujourd\u2019hui. <\/p>\n<p>traditions dont les de ces. Cette r\u00e9alisatrice isra\u00e9lienne, la seule ayant pu faire une longue carri\u00e8re de cin\u00e9aste et parfois d\u2019actrice ( 2 ) sait au travers de sa d\u00e9monstration de ce monde mi d\u00e9suet nous rappeler qu\u2019il refl\u00e8te aussi la soci\u00e9t\u00e9 isra\u00e9lienne. <\/p>\n<p>(1) population juive issue de Boukhara, ville d\u2019Ouzb\u00e9kistan <\/p>\n<\/p><\/div>\n<div>\n<p>(2 )10 longs m\u00e9trages en tant que r\u00e9alisatrice sur plus de 2O ans <\/p>\n<\/p><\/div>\n<div>\n<p>Actrice dans les films de son mari Mosh\u00e9 Mizrahi (\u00ab\u00a0Rosa je t\u2019aime\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0La maison chelouche\u00a0\u00bb \u00ab\u00a0Le p\u00e8re des filles\u00a0\u00bb en comptant ses films o\u00f9 elle joue (Moment, Aya) <\/p>\n<\/p><\/div>\n<div>\n<p><b> <u>AYA\u00a0 UNE AUTOBIOGRAPHIE\u00a0 IMAGINAIRE de Michal Bat \u2013 Adam\u00a0 1994 <\/u><\/b><\/p>\n<p> Le huiti\u00e8me film de cette r\u00e9alisatrice reste son meilleur, car le plus \u00e9pur\u00e9, le plus moderne , le plus ambitieux de sa carri\u00e8re. Aya une petite fille, tente de rentrer chez elle, sa m\u00e8re, \u00e0 l\u2019\u00e9quilibre psychique fragile, ne trouve pas la clef pour la faire entrer, puis une fois dans la maison , les deux protagonistes se disputent. Soudain une voix r\u00e9sonne dans la pi\u00e8ce stipulant de tourner la sc\u00e8ne autrement. La cam\u00e9ra recule et nous d\u00e9couvrons un faux d\u00e9cor, une \u00e9quipe technique de cin\u00e9ma\u00a0 group\u00e9e autour de une R\u00e9alisatrice. Cette derni\u00e8re est Aya Adulte, cin\u00e9aste, mari\u00e9e un enfant\u00a0 qui tente de raconter son enfance. Il y aura tout au long de cette \u0153uvre originale intrusion de l\u2019imaginaire et du r\u00e9el, du r\u00eave et du fantasme\u00a0 d\u2019autant plus que le r\u00f4le de la cin\u00e9aste est tenue par Michal Bat \u2013Adam. Elle\u00a0 nous livre sans pudeur, ni pathos un pass\u00e9 dont elle veut revivre\u00a0 les moments forts et comprendre les zones d\u2019ombre. Elle revoit la personnalit\u00e9 de cette m\u00e8re \u00e0 moiti\u00e9 folle, de ce p\u00e8re aimant et autoritaire qui r\u00eave de faire de sa fille une grande musicienne. Mais peut \u2013on tout ausculter, tout comprendre de son v\u00e9cu et du moins tout assumer. Mais pour Aya voire pour Michal Bat \u2013Adam la r\u00e9ponse semble ailleurs, non pas dans un pass\u00e9 interchangeable, mais dans un avenir\u00a0 beaucoup moins illusoire , plus\u00a0 riche . Aya sort gagnante de cette enfance tumultueuse malgr\u00e9 quelques s\u00e9quelles ou autres blessures internes avec lesquelles elle apprendra \u00e0 vivre. Le film \u00e9meut par son sujet, passionne par son traitement \u2013 il est parfois un film dans le film- et interpelle par son sujet. Michal Bat-Adam est la cin\u00e9aste isra\u00e9lienne \u00e0 d\u00e9couvrir ou \u00e0 red\u00e9couvrir. <\/p>\n<\/p><\/div>\n<div>\n<p><b> <u>PIEUX MENSONGES de Yitzhak Rubin 1999<\/u> <\/b><\/p>\n<\/p><\/div>\n<div>\n<p> Y\u00e9huda un jeune metteur en sc\u00e8ne consulte suite \u00e0 un malaise cardiaque son m\u00e9decin L\u2019homme est sain\u00a0; son malaise est autre\u00a0; il souffre de devoir vivre la perte d\u2019un \u00eatre cher\u00a0: sa m\u00e8re atteinte d\u2019un cancer. Il lui cache la v\u00e9rit\u00e9 en lui r\u00e9v\u00e9lant qu\u2018elle est plut\u00f4t atteinte de tuberculose. Il veut la prot\u00e9ger par amour .Elle, une survivante de la Shoah, veut aussi\u00a0 le pr\u00e9server\u00a0 en refusant de raconter son pass\u00e9 de concentrationnaire. Malgr\u00e9 le temps partag\u00e9, la vie commune, ces deux \u00eatres communiquent peu .Y\u00e9huda d\u00e9j\u00e0 touch\u00e9 par un \u00e9chec professionnel et sentimental se renferme sur lui-m\u00eame. C\u2019est le garde malade qui appelle au secours dans ce r\u00e9cit rempli de tendresse et d\u2019amour inavou\u00e9s. M\u00eame la s\u0153ur , personnage extraverti et dr\u00f4le entre dans ce man\u00e8ge de mensonges. g\u00e9n\u00e9rations suivantes ont eu fort affaire pour se d\u00e9barrasser. Y\u00e9huda est d\u00e9construit, il perd ses forces , son assurance. Il se sent abandonn\u00e9, pas assez fort pour surmonter ce malheur\u00a0, amput\u00e9 de son seul amour il ira m\u00eame rechercher de l\u2019amour pr\u00e8s de prostitu\u00e9es. La disparition des \u00eatres chers reste toujours un sujet d\u00e9licat , \u00e0 vivre, \u00e0 assumer et \u00e0 \u00e9voquer .La mort des autres nous \u00e9clabousse toujours semble nous exposer le metteur en sc\u00e8ne .. <\/p>\n<p>\u00a0Le premier reproche que l\u2019on peut faire \u00e0 ce long m\u00e9trage est son traitement cin\u00e9matographique (manque de rythme, intensit\u00e9 dramatique in\u00e9gale, \u00e9motions r\u00e9p\u00e9titives) moins ambitieux que son sujet. Il y avait dans cette histoire \u00e9mouvante tout un discours sur la m\u00e9moire, sur la mort\u00a0pas assez approfondi.. L\u2019auteur &#8211; et c\u2019est son droit- \u00e0 certes pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 s\u2019arr\u00eater au risque de s\u2019appesantir sur le mal \u00eatre de cet homme enfant qui r\u00e9clame affection et attention que sur cette m\u00e8re d\u00e9contenanc\u00e9e pourtant personnage central et catalyseur et tout aussi riche .L\u2019\u0153uvre demeure attachante et sinc\u00e8re n\u2019en t\u00e9moignent les quelques rares sc\u00e8nes d\u2019\u00e9change affectueux entre\u00a0 la m\u00e8re et son enfant  qui rendent prenant ce t\u00e9moignage empli d\u2019amour et de vie. <\/p>\n<\/p><\/div>\n<div>\n<p> <b><u>S\u0152UR ETRANGERE de DAN Wollman 2000 <\/u><\/b><\/p>\n<\/p><\/div>\n<div>\n<p> L\u00e0 , nous avons droit \u00e0 une pr\u00e9sentation\u00a0 d\u2019un autre tourment celui qui habite une femme isra\u00e9lienne Naomi , quinquag\u00e9naire \u00e9puis\u00e9e de son labeur quotidien et grandissant. Naomi s\u2019\u00e9vertue \u00e0 \u00eatre l\u2019\u00e9pouse parfaite, la m\u00e8re pr\u00e9venante et la fille attentive. Pourtant Naomi serait loin d\u2019\u00eatre malheureuse\u00a0: un \u00e9poux charmant, une m\u00e8re aimante et des enfants attentionn\u00e9s. Pourtant cet entourage, sans \u00eatre lointain est distant. Il ne se rend pas compte que Naomi est leur esclave et qu\u2019elle s\u2019effondre. <\/p>\n<p>\u00a0Alors elle embauche ill\u00e9galement une jeune africaine recrut\u00e9 dans la banlieue de Tel \u2013 Aviv pour\u00a0 l\u2019aider dans ses t\u00e2ches quotidiennes Peu \u00e0 peu ces deux femmes vont se confier leurs probl\u00e8mes et devenir amies. Naomi va s\u2019ouvrir au monde ext\u00e9rieur et s\u2019apitoyer sur les autres tout en restant \u00e0 nouveau servile\u00a0; mais l\u00e0 la servitude prend un autre aspect, elle est l\u00e0 non plus pour aider des nantis, mais des \u00eatres d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9s. <\/p>\n<p> A nouveau , une \u0153uvre vient \u00e9clairer notre vision de la soci\u00e9t\u00e9 isra\u00e9lienne. Don Wolman est un r\u00e9alisateur chevronn\u00e9. Il\u00a0 sait \u00e9viter tout manich\u00e9isme, tout th\u00e9\u00e2tralit\u00e9, en plongeant son film dans un climat v\u00e9ridique dans une r\u00e9alit\u00e9 \u00e9voqu\u00e9e sans pathos. Il s\u2019attache outre \u00e0 ce portrait de femme non \u00e9mancip\u00e9e, \u00e0 son contraire\u00a0: cette jeune \u00e9thiopienne dont le permis de travail a expir\u00e9 depuis peu\u00a0, qui ne r\u00e9clame aucune aide et accepte pourtant celle deNaomi. C\u2019est au contact de cette culture africaine diversifi\u00e9e et g\u00e9n\u00e9reuse que va se cr\u00e9er une amiti\u00e9 profonde entre Naomi issue d\u2019une famille bourgeoisie et cette laiss\u00e9e pour compte .Don Wolman peint avec intelligence et tol\u00e9rance les conditions de vie difficiles de cette communaut\u00e9 qui remplace dans le secteur de construction les ouvriers palestiniens depuis quelques ann\u00e9es. <\/p>\n<p>Une \u0153uvre mature qui nous renseigne sur la soci\u00e9t\u00e9 isra\u00e9lienne et sur ses contradictions. <\/p>\n<p><b> <u>ASPHALTE\u00a0 JAUNE de Danny Verete <\/u><\/b><\/p>\n<\/p><\/div>\n<div>\n<p> Sous ce titre po\u00e9tique sont pr\u00e9sent\u00e9es trois histoires qui ont\u00a0 pour th\u00e8me la rencontre dramatique entre deux cultures, deux peuples , deux traditions, diff\u00e9rents. Cette trilogie de l\u2019approche entre Est et Ouest , entre des b\u00e9douins et des isra\u00e9liens montre comment la culture occidentale a \u00e9tendu son territoire. <\/p>\n<p> La premi\u00e8re r\u00e9cit \u00ab\u00a0<i><u>Point Noir<\/u><\/i>\u00a0\u00bb d\u00e9voile comment deux isra\u00e9liens monnayent la mort\u00a0 d\u2019un enfant dont ils sont coupables avec les parents b\u00e9douins. Le second \u00ab\u00a0<i><u>La bas n\u2019est pas ici<\/u><\/i>\u00a0\u00bb montre la d\u00e9cision\u00a0 d\u2019une jeune femme , mari\u00e9e \u00e0 un membre d\u2019une tribu du d\u00e9sert fuyant avec ses enfants un \u00e9poux devenu trop autoritaire, trop directif. Le troisi\u00e8me \u00ab\u00a0<i><u>Toits rouges<\/u><\/i>\u00a0\u00bb raconte l\u2019union adult\u00e9rine d\u2019un isra\u00e9lien avec une femme b\u00e9douine battue par son mari et comment celle ci se r\u00e9sout par\u00a0 des tueries. <\/p>\n<p> Film pessimiste , noir et violent. Violent psychologiquement car il montre que ces deux cultures sont sauvages et barbares, qu\u2019une union ne peut avoir lieu d\u2019\u00eatre. Si cette \u0153uvre d\u00e9nonciatrice au demeurant admirable fut tourn\u00e9e nous dit \u2013on dans le d\u00e9sert de Jud\u00e9e avec la participation de la tribu \u00ab\u00a0 Nahalin\u00a0\u00bb\u00a0; comment celle ci a pu accept\u00e9 une image aussi n\u00e9gative et s\u00fbrement authentique de son peuple. A son corps d\u00e9fendant les personnages isra\u00e9liens ne sont gu\u00e8re plus positifs, ni avantag\u00e9s , car pr\u00e9sent\u00e9s comme veules et fourbes. Tous deux utilisent les m\u00eames armes pour r\u00e9soudre leurs conflits. Si la soci\u00e9t\u00e9 isra\u00e9lienne leurre cette minorit\u00e9 b\u00e9douine\u00a0; celle ci parfois sans d\u00e9fense se retrouve enferm\u00e9e dans sa culture matriarcale , surann\u00e9e et brusque dont les principaux\u00a0 victimes restent les enfants et\u00a0 la femme. <\/p>\n<p> Le cin\u00e9ma isra\u00e9lien avec ces deux derni\u00e8res \u0153uvres pr\u00e9sent\u00e9es redevient un cin\u00e9ma de r\u00e9flexion , critique et r\u00e9v\u00e9lateur donc outre de qualit\u00e9\u00a0; un cin\u00e9ma <\/p>\n<p>d\u2019actualit\u00e9, jamais consensuel. <\/p>\n<\/p><\/div>\n<div>\n<p> <b><u>MADE IN ISRAEL de Ari Fukman\u00a0 2001<\/u><\/b><u> <\/u><\/p>\n<p> <u>\u00a0<\/u>Egon Schultz , criminel de guerre nazi est extrad\u00e9 de la Syrie vers Isra\u00ebl pour y \u00eatre jug\u00e9. Danny hoffman offre une r\u00e9compense de 2 millions de dollars pour sa capture. D\u2019autres personnages sont aussi \u00e0 sa recherche . nous assistons au voyage d\u2019un trompettiste, de deux truands miteux, d\u2019un tireur d\u2019\u00e9lite d\u2019un tueur \u00e0 gages qui se s\u2019improvisent chasseurs de nazis. L\u2019histoire est grave et l\u2019\u0153uvre n\u2019est pourtant pas dramatique, mais comique voire satirique\u00a0; c\u2019est l\u00e0 o\u00f9 le bat blesse, le film tourne m\u00eame parfois au vaudeville lorgnant\u00a0 plus vers Jonas M\u00e9kas ou Uri Zohar , r\u00e9alisateurs iconoclastes que vers l\u2019analyse politique. Peut on rire de tout et avec tous , surtout avec un personnage central si embl\u00e9matique. Nous devinons bien que l\u2019\u0153uvre ne se veut pas irrespectueuse, mais elle peut blesser par le choix de son comportement vis \u00e0 vis de l\u2019Histoire. l\u2019\u0153uvre est d\u00e9rangeante et l\u2019exercice peut ne pas amuser Le choix d\u2019un autre protagoniste aurait emport\u00e9 notre adh\u00e9sion\u00a0 car le film ne manque ni d\u2019humour, ni d\u2019allant ni de d\u00e9lire. <\/p>\n<\/p><\/div>\n<div>\n<p> WAADI de\u00a0 Amos Gita\u00ef <\/p>\n<p> Situ\u00e9 au c\u0153ur de Ha\u00effa, Wadi Grand Canyon est l\u2019une des trois vall\u00e9es qui descendent du mont Carmel vers la M\u00e9dit\u00e9rrann\u00e9e. De l\u00e0 sont sorties les pierres qui ont permis l\u2019agrandissement du port. Cette carri\u00e8re abandonn\u00e9e fut habiter par diff\u00e9rentes populations dont des juifs rescap\u00e9s des camps de la mort et des r\u00e9fugi\u00e9s arabes revenus apr\u00e8s 1948..Ces survivants ont coexist\u00e9 paisiblement en marge de la soci\u00e9t\u00e9 isra\u00e9lienne. 10 ans plus tard, beaucoup sont morts, remplac\u00e9s par des immigrants russes engendrant une nouvelle soci\u00e9t\u00e9 cosmopolite. <\/p>\n<p>Amos Gita\u00ef plante sa cam\u00e9ra dans ce lieu insolite une premi\u00e8re fois en 1981, puis en 1991, donnant lieu \u00e0 deux \u0153uvres tr\u00e8s fortes. En 2001 il y retourne pour y retrouver les deux protagonistes qui ont travers\u00e9 ces deux d\u00e9cennies au prix de grandes douleurs. Youssouf , un travailleur arabe qui vivait \u2013 \u00ab\u00a0plus mal qu\u2019un serpent disait \u2013il\u00a0\u00bb &#8211; du ramassage d\u2019objets r\u00e9cup\u00e9r\u00e9s dans la rue, \u00e9tait constamment menac\u00e9 d\u2019expulsion par la mairie de Ha\u00effa.La condition de ce travailleur palestinien est aujourd\u2019hui encore pr\u00e9caire d\u2019autant plus que la soci\u00e9t\u00e9 isra\u00e9lienne privil\u00e9giait les immigrants russes. Personnage tragique, fatigu\u00e9, d\u00e9sabus\u00e9 et bless\u00e9 , Youssouf peu rancunier nourrit un grand amour de l\u2019humanit\u00e9. Son \u00e9pouse, vieille femme aux yeux rougis par le tabac, relate avec \u00e9motion le temps o\u00f9 \u00ab\u00a0 nous vivions avec les juifs et tout se passait bien, nous cueillons des oranges et vivions en harmonie\u00a0\u00bbNous restons confondus devant ces propos et la philosophie de ce couple meurtri et pourtant serein. Puis l\u2019auteur nous pr\u00e9sente autre cas \u00e9mouvant Myriam , la juive hongroise install\u00e9e dans ce l\u00e0 et qui sut amoureusement dans cette terre aride cr\u00e9er son potager. Vivant heureuse \u00e0 l\u2019\u00e9poque, avec Iskander un p\u00eacheur arabe divorc\u00e9, Myriam sut r\u00e9sister aux pressions hostiles et aux menaces de mort. Aujourd\u2019hui ses r\u00eaves se sont effondr\u00e9s\u00a0: Iskander sommer par ses enfants de choisir entre elle et eux la quitta et s\u2019ajoutant \u00e0 son malheur, plusieurs coupures d\u2019eau et d\u2019\u00e9lectricit\u00e9 l\u2019ont conduite \u00e0 partir\u00a0; sa maison a \u00e9t\u00e9 ras\u00e9e. Elle revient en 2001 saluer Youssouf\u00a0 et \u00e9voquer \u00ab\u00a0leur village\u00a0\u00bb. Myriam est \u00e2g\u00e9e maintenant de 75 ans, us\u00e9e par la maladie, d\u00e9faite par ses illusions, elle implorante dans une sc\u00e8ne path\u00e9tique Amos Gita\u00ef de ne plus la filmer d\u00e9sormais, comme pour signifier qu\u2019elle ne se reconna\u00eet plus dans cette femme combattante de jadis qui a lutt\u00e9 pour le rapprochement des peuples. <\/p>\n<p> Ce document poignant , construit \u00e0 partir d\u2019une archive orale vivante, t\u00e9moigne d\u2019un sens ethnologique remarquable. Le chemin de cin\u00e9aste milite pour un avenir d\u2019entente entre juifs et arabes . <\/p>\n<p> <b><u>SH\u2019CHUR de Shuel Hasfari 1995 <\/u><\/b><\/p>\n<p> C\u2019est encore l\u2019int\u00e9r\u00eat et le lourd poids de la m\u00e9moire qui est \u00e9voqu\u00e9 dans ce long m\u00e9trage . une pr\u00e9sentatrice de t\u00e9l\u00e9vision H\u00e9lie apprend la mort de son p\u00e8re .Elle se rend \u00e0 son enterrement accompagn\u00e9e de sa fille autiste et de sa s\u0153ur, Pnina d\u00e9bile l\u00e9g\u00e8re intern\u00e9e depuis 20 ans. C\u2019est surtout un retour vers un pass\u00e9 sciemment cach\u00e9 qu\u2019H\u00e9li se dirige. Vers des images traumatisantes refoul\u00e9es. Elle revoit son fr\u00e8re Schloumou qui palliant \u00e0 une autorit\u00e9 paternelle un peu absente veille sur la virginit\u00e9 de ses s\u0153urs , lui qui ne respecte pas celle de son amie. Vient aussi l\u2019image de la m\u00e8re (Gila Almagor la star du cin\u00e9ma isra\u00e9lien depuis 30 ans), second pilier familial qui cautionne les d\u00e9cisions du fils et pratique avec lui des c\u00e9r\u00e9monies utilisant la magie (Sc\u2019chur ) pour conjurer les sorts et les mauvais esprits (Djins)\u00a0; d\u00e9monstrations excessives accompagn\u00e9es d\u2019incantations et parfois ambigu\u00ebs comme celle se d\u00e9roulant corps \u00e0 corps. Puis il y a la vision de Pnina , surnomm\u00e9e \u00ab\u00a0la m\u00e9gaf\u00e9ret\u00a0\u00bb \u00e0 cause de sa folie , qui se fait violer sous ses yeux au moment m\u00eame o\u00f9 son p\u00e8re la punit par des coups de fouet. Elle pense aussi \u00e0 ses autres s\u0153urs qui comme elles ont fui un cocon \u00e9touffant pour l\u2019usine, l\u2019internat religieux ou les grandes \u00e9coles. H\u00e9li sait malgr\u00e9 sa r\u00e9ussite sociale, malgr\u00e9 sa lutte qu\u2019elle n\u2019est pas sorti indemne de ce pass\u00e9 traumatisant et le choix de son m\u00e9tier de journaliste n\u2019est pas fortuit\u00a0: c\u2019est une personne qui d\u00e9nonce, raconte l\u00a0\u2018actualit\u00e9 quotidienne et parle principalement du pr\u00e9sent) <\/p>\n<p> Ce film soul\u00e8ve des questions quant \u00e0 la pratique de la religion\u00a0; pratiques qui furent contest\u00e9es en Isra\u00ebl lors de la sortie du film et de par ailleurs encensent la communaut\u00e9 juive marocaine. Celle ci \u00e9tait vraiment l\u2019image que donne le film, et celle ci ne semble pas \u00eatre sp\u00e9cifique puisque m\u00eame les arabes et les catholiques partageaient cet h\u00e9ritage culturel et nous savons que les repr\u00e9sentants des trois religions monoth\u00e9istes y participaient parfois. Etant donn\u00e9 l\u2019impact international du film, nous esp\u00e9rons que cette \u0153uvre t\u00e9m\u00e9raire , sympt\u00f4me d\u2019un malaise, ne creusera pas \u00e0 nouveau un foss\u00e9 entre ashk\u00e9nazes et s\u00e9farades, ni  ne portera atteinte \u00e0 une religion, \u00e0 un peuple. Ce n\u2019est pas le but recherch\u00e9 de ce document de fiction passionnant, qui se veut une d\u00e9nonciation au prix d\u2019un travail douloureux, d\u2019une g\u00e9n\u00e9ration , d\u2019un \u00e9tat d\u2019esprit, sans d\u00e9savouer une origine de juif marocain (comme la sc\u00e9nariste et interpr\u00e8te du r\u00f4le d\u2019H\u00e9lie\u00a0: Hana Azoulay Hasfari\u00a0 et de son mari r\u00e9alisateur du film) et \u00eatre surtout une r\u00e9flexion sur la destin\u00e9e de la m\u00e9moire. <\/p>\n<p> <b><u>MARIAGE TARDIF de DOVER KOSHASHVILI (2001) <\/u><\/b><\/p>\n<p> Zaza est\u00a0 un c\u00e9libataire par vocation. Sa famille, des religieux, souhaite le voir prendre \u00e9pouse rapidement\u00a0 de pr\u00e9f\u00e9rence avec une jeune fille vierge et de bonne famille\u00a0; tradition oblige. D\u00e9s lors, Zaza se rend imperturbable de famille en famille \u00e0 la recherche de la compagne id\u00e9ale.Ce que ses parents ignorent , c\u2019est son amour pour Judih (Ronit Elkabetz\u00a0; la Pnina de sh\u2019chur) femme sensuelle, de grand temp\u00e9rament assez myst\u00e9rieuse et m\u00e8re d\u2019une petite fille de 6 ans. Zaza va devoir choisir entre l\u2019amour de sa vie et le choix de ses g\u00e9niteurs. <\/p>\n<p>D\u2019autant que ces derniers font influencer son choix jusqu\u2019\u00e0 violenter, terroriser la femme non d\u00e9sir\u00e9e. <\/p>\n<p> Mi com\u00e9die, mi drame cette \u0153uvre puissance par sa d\u00e9nonciation met en cause des mentalit\u00e9s surann\u00e9es existant de nos jours encore. Dover Koshashvili\u00a0 aborde de crame avec un humour distant et une virulence peu communes. Il fustige la famille, dernier rempart au bonheur, qu\u2019il pr\u00e9sente comme l\u00e2che, autoritaire et dictatoriale. L\u00e0 de nouveau le cin\u00e9ma isra\u00e9lien fuit le film ludique sans message pour une critique sociale. Il montre qu\u2019il peut \u00eatre d\u00e9rangeant, d\u00e9nonciateur et critique . D\u00e8s lors le cin\u00e9ma s\u2019aligne sur d\u2019autres par sa force politique. <\/p>\n<\/p><\/div>\n<div>\n<p>\u00a0La r\u00e9sistance dans le cin\u00e9ma fran\u00e7ais\u00a0 (1944 -1994 ) Par Suzanne Langlois\u00a0 (2001) L\u2019Harmattan <\/p>\n<p> L\u2019auteur analyse de fa\u00e7on pertinente 50 ans d\u2019image sur la R\u00e9sistance de \u00ab\u00a0La bataille du rail\u00a0\u00bb \u00e0 \u00ab\u00a0P\u00e9tain\u00a0\u00bbde Jean Marboeuf\u00a0: deux portraits antinomiques de son sujet. (1) Suzanne Langlois\u00a0 montre comment cette image fut elle enregistr\u00e9e , d\u00e9voil\u00e9e, mystifi\u00e9e .Cette vision de cette c\u00e9l\u00e8bre action clandestine fut tr\u00e8s manich\u00e9enne au sortir de la guerre pour devenir au fil des ann\u00e9es controvers\u00e9e, remodel\u00e9e pour aboutir \u00e0 un image plus fid\u00e8le, plus proche de celle donn\u00e9e par les \u00e9crivains et les historiens, c\u2019est \u00e0 dire plus r\u00e9aliste et moins d\u00e9finie. Le 7 e art ne fut pas toujours son meilleur repr\u00e9sentant , bien que son plus fid\u00e8le d\u00e9fenseur. <\/p>\n<p> Que pouvait \u2013 on reprocher \u00e0 ses projections h\u00e2tives de L\u2019Histoire\u00a0: son amn\u00e9sie partielle (les r\u00e9sistances furent juives et \u00e9trang\u00e8res aussi) son reflet importun (elle renvoie l\u2019image de la collaboration) ses a priori (La r\u00e9sistance est \u2013 elle un acte due qu\u2019\u00e0 la R\u00e9sistance) sa morale parfois exp\u00e9ditive (elle pr\u00f4nait l\u2019\u00e9puration , le ch\u00e2timent des tra\u00eetres). Suzanne Langlois ne s\u2019arr\u00eate point \u00e0 une seule d\u00e9finition, \u00e0 un seul concept, elle sait que l\u2019image est une utopie , qu\u2019elle est\u00a0 plurielle et politique, elle ne peut se contenter d\u2019une d\u00e9finition in\u00e9branlable. <\/p>\n<p> Livre riche et passionn\u00e9, qui met l\u2019accent sur ce cin\u00e9ma de propagande (2), sur le lien qui unit Histoire et Cin\u00e9ma, fantasme et r\u00e9alit\u00e9, mensonge et v\u00e9rit\u00e9, qui eut parfois besoin du regard \u00e9tranger pour se d\u00e9barrasser de ses images parfois fictives. Suzanne Langlois nous offre un regard neuf , original sur la R\u00e9sistance, sur Vichy, sur la France, sur ces cin\u00e9astes et leurs choix d\u00e9lib\u00e9r\u00e9s et contradictoires. Et si le cin\u00e9ma fut esclave de ses images st\u00e9r\u00e9otyp\u00e9es, il r\u00e9sista \u2013 certes apr\u00e8s un long moment , et apr\u00e8s l\u2019approche t\u00e9m\u00e9raire d\u2019historiens- pour modifier et adapter son regard . <\/p>\n<p>(1) bien que l\u2019auteur sp\u00e9cifie dans le sous titre de son livre\u00a0:\u00a0<u>De \u00ab\u00a0La lib\u00e9ration de Paris\u00a0\u00bb<\/u> (r\u00e9alis\u00e9 en 1944 par un collectif\u00a0: le comit\u00e9 de lib\u00e9ration du cin\u00e9ma fran\u00e7ais <u>\u00e0 \u00ab\u00a0Lib\u00e9ra Me<\/u>\u00a0\u00bb (r\u00e9alis\u00e9 en 1993 par Alain Cavalier) <\/p>\n<p>(2) soulevant la repr\u00e9sentation de personnage juif\u00a0: sa situation sous vichy, son engagement politique, son internement , le regard et\u00a0 l\u2019aide ext\u00e9rieure\u00a0 analysant des films comme \u00ab\u00a0Au revoir les enfants, \u00ab\u00a0l\u2019orchestre rouge\u00a0\u00bb \u00ab\u00a0Shoah\u00a0\u00bb \u00ab\u00a0L\u2019affiche rouge\u00a0\u00bb . <\/p>\n<p>\u00a0Les \u00e9crits mexicains de S.M.Eisenstein\u00a0 textes r\u00e9unis et pr\u00e9sent\u00e9s par Steven Bernas 2001 L\u2019Harmattan <\/p>\n<p> L\u2019auteur r\u00e9unit ici les \u00e9crits embl\u00e9matiques de Serge Mikha\u00eflovitch. Eisenstein\u00a0 du r\u00e9alisateur\u00a0 d\u2019origine juive sovi\u00e9tique le plus c\u00e9l\u00e8bre et l\u2019un des plus grands du cin\u00e9ma mondial. Grand car il n\u2019a jamais tronqu\u00e9\u00a0 les images, ni tricher avec le r\u00e9alisme , ni accept\u00e9\u00a0 un cin\u00e9ma de complaisance. Il inventa un art cin\u00e9matographie , avec une grande beaut\u00e9 visuelle et un esth\u00e9tisme hors pair. Ses \u00e9crits reposent sur la construction d\u2019une de ses \u0153uvres \u00ab\u00a0Que viva Mexico\u00a0\u00bb film de 1932 inachev\u00e9, d\u00e9natur\u00e9 et mille fois remont\u00e9 <\/p>\n<p>Si l\u2019approche litt\u00e9raire\u00a0 de cette production in\u00e9dite\u00a0 est intellectualis\u00e9e, elle n\u2019en est pas moins captivante car elle explicite la difficult\u00e9 d\u2019un artiste \u00e0 exposer sa vision du monde face \u00e0 la terreur et \u00e0 la censure stalinienne. S.M Eisenstein\u00a0 qui essuya des propos antis\u00e9mites et \u00e0 qui les m\u00eames reproch\u00e8rent une homosexualit\u00e9 non feinte, des images subversives , son amour pour la psychanalyse alors non appr\u00e9ci\u00e9e, s\u2019\u00e9vertua \u00e0 continuer son \u0153uvre dans la m\u00eame optique d\u2019o\u00f9 censure et interdictions de tournage. Les \u00e9crits tout comme l\u2019analyse pertinente replace cet artiste dans son contexte\u00a0: un homme rebelle, admiratif d\u2019autres coutumes (ici celles du Mexique) et qui au travers ses derni\u00e8res d\u00e9non\u00e7a le r\u00e9gime qui l\u2019entourait. Steven Bernas d\u00e9montre le m\u00e9canisme de fascination des censeurs, que le cin\u00e9aste fut subjugu\u00e9 par ce pays des transgressions, non conforme \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 sovi\u00e9tique, et qu\u2019enfin nul ne peut se substituer \u00e0 un cr\u00e9ateur sans risque de d\u00e9naturer voire de r\u00e9duire sa pens\u00e9e et ses propos. <\/p>\n<\/p><\/div>\n<div>\n<p><b>LAISSEZ PASSER de Bertrand Tavernier \/France 2001* \/sortie le 9\u00a0\/1\/02 <\/b><\/p>\n<p> Nous sommes \u00e0 Paris en Mars 1942 dans les milieux cin\u00e9matographiques. La firme allemande \u00ab\u00a0La continentale\u00a0\u00bb dirig\u00e9e par le docteur Gr\u00e9ven\u00a0 <b>(1)<\/b> continue depuis 1940 de tourner des films fran\u00e7ais .Certains artistes refuseront de travailler pour les allemands et s\u2019exileront <b>(2<\/b>), d\u2019autres accepteront leurs propositions\u00a0; ce qui leur sera reproch\u00e9 apr\u00e8s guerre <b>(3)<\/b> Ce film fleuve de pr\u00e8s de trois heures va nous montrer le destin de ces gens du cin\u00e9ma. Bertrand Tavernier va s\u2019int\u00e9resser surtout \u00e0 celui du dialoguiste Jean Aurenche\u00a0 et du r\u00e9alisateur Jean Devaivre\u00a0<b>(4)<\/b>; \u00e9tonnants personnages. Les deux protagonistes vont se croiser sans r\u00e9ellement se conna\u00eetre, en croiser d\u2019autres\u00a0:les r\u00e9alisateurs Maurice Tourneur, Richard Pottier, Claude Autant Lara , Jean Paul le Chanois\u00a0 (<b>5<\/b>) des sc\u00e9naristes Charles Spaak, Ren\u00e9 Wheeler\u00a0; c\u2019est \u00e0 dire de ceux qui ont particip\u00e9 \u00e0 la bonne facture du cin\u00e9ma fran\u00e7ais de l\u2019occupation. Chacun \u00e0 sa mani\u00e8re va r\u00e9sister l\u2019un , par sa plume acerbe et son refus de travailler avec les allemands, l\u2019autre par ses activit\u00e9s de r\u00e9sistant et sa fuite de ce milieu. Deux personnalit\u00e9s antinomiques, ayant en commun la r\u00e9volte honorable contre l\u2019occupant\u00a0 et bataillant pour leur survie dans cette p\u00e9riode de disette et de grand froid. <\/p>\n<p> Les films sur le cin\u00e9ma durant l\u2019occupation sont plus rares que les livres (<b>6<\/b>) Est ce un sujet tabou , peu commercial .Apr\u00e8s \u00ab\u00a0Chantons sous l\u2019occupation\u00a0\u00bb\u00a0 au titre explicite <b>(7)<\/b> nous avons le droit \u00e0 \u00ab\u00a0Tournons sous l\u2019occupation\u00a0\u00bb en version plus romanc\u00e9e qui nous montre la difficult\u00e9 pour entreprendre ,\u00a0 pour tourner un film sous la directive allemande\u00a0; la r\u00e9sistance discr\u00e8te de certains de leurs repr\u00e9sentants tout comme la collaboration joyeuse d\u2019autres. Certes le vie effr\u00e9n\u00e9e de nos deux h\u00e9ros reste attrayante l\u2019un se d\u00e9bat avec ses femmes et ses sc\u00e9narios , l\u2019autre avec\u00a0 ses contradictions\u00a0; mais\u00a0 que reste \u2013 il de l\u2019Histoire dans cette histoire\u00a0.Des points sont omis\u00a0:l\u2019interdiction de travailler en octobre 40 pour les artistes juifs, les premi\u00e8res arrestations juives en mai 41, les \u00e9crits antis\u00e9mites d\u2019un Lucien Rebatet en\u00a0 juin 41, du d\u00e9part du premier convoi d\u2019hommes, de femmes d\u2019enfants juifs en mars 42 tout comme du port obligatoire du port de l\u2019\u00e9toile jaune en juin 42 . Que reste &#8211; il pour rendre compte de ce climat\u00a0? un bus qui passe rempli de juifs portant l\u2019\u00e9toile, d\u2019un musicien juif refus\u00e9\u00a0 par le Dr Gr\u00e9ven qui croise un Jean Aurenche compatissant , ce m\u00eame qui sourit \u00e0 une \u00e9talagiste juive et qui s\u2019insurge contre le sort de son beau fr\u00e8re Marx Ernst <b>(8)<\/b> et contre\u00a0 les id\u00e9es pr\u00e9con\u00e7ues sur les juifs. Trois images pour trois heures de reconstitution\u00a0. Ce type d\u2019amn\u00e9sie d\u00e9j\u00e0 rencontr\u00e9e dans une de ses productions (8) rel\u00e8ve t-il d\u2019un acte manqu\u00e9. Est ce un film sur la r\u00e9sistance\u00a0? un film de propagande (au sens positif du mot) sur le cin\u00e9ma\u00a0? sur la cr\u00e9ation artistique\u00a0?sur la France des ann\u00e9es d\u2019occupation\u00a0? sur\u00a0 la gent f\u00e9minine\u00a0? sur le choix politique\u00a0de\u00a0? Ce film fleuve est un peu tout cela , malheureusement il trompe l\u2019Histoire quand il subodore que tous les fran\u00e7ais furent r\u00e9sistants\u00a0.D\u00e8s lors ces deux griefs nuisent un peu \u00e0 ce film certes bien r\u00e9alis\u00e9. Mais o\u00f9 est pass\u00e9 ce r\u00e9alisateur virulent qui d\u00e9non\u00e7ait les imperfections d\u2019une soci\u00e9t\u00e9 , qui osait invoquer la guerre d\u2019Alg\u00e9rie et prendre fait et cause pour les sans papiers. <\/p>\n<\/p><\/div>\n<div>\n<p>(1) Le fameux docteur Gr\u00e9ven est un homme obscur , contradictoire r\u00e9clamant\u00a0 des sc\u00e9naristes juifs , refusant\u00a0 \u00e0 Roland Manuel un compositeur juif de composer pour un film , abrite un juif communiste (voir note 5) , d\u00e9pose son manteau sur un buste d\u2019Hitler , ne tourne ni film de propagande, ni film en allemand , et ne\u00a0 subit\u00a0 pas la censure de Vichy .\u00ab\u00a0la Continentale\u00a0\u00bb fut cr\u00e9\u00e9\u00a0 le 3 octobre 1940 <\/p>\n<p>(2) Jean Gabin, Mich\u00e8le Morgan, Jean Renoir , Julien Duvivier entre autres partiront pour Hollywood. <\/p>\n<p>(3) H.G.Clouzot,Sacha Guitry Arlety ect\u00a0;\u00a0;\u00a0; voir l\u2019ouvrage de Ren\u00e9 Ch\u00e2teau \u00ab\u00a0Le cin\u00e9ma fran\u00e7ais sous l\u2019occupation\u00a0\u00bb <\/p>\n<p>(4) Jean Aurenche signa entre autres les dialogues du premier film qui montra le vrai visage de la France p\u00e9tainiste\u00a0; \u00ab\u00a0La travers\u00e9e de Paris\u00a0\u00bb <\/p>\n<p>Jean Devraire r\u00e9alisateur m\u00e9connu , mais r\u00e9sistant connu tourna peu (10 films de 46 \u00e0 56) nonag\u00e9naire il vient d\u2019assigner Bertrand <\/p>\n<p>Tavernier pour l\u2019oubli de son nom au g\u00e9n\u00e9rique. <\/p>\n<\/p><\/div>\n<div>\n<p>(5) Jean Paul Dreyfus de son vrai nom, \u00e0 moiti\u00e9 juif par son p\u00e8re, mari\u00e9 a une femme juive, communiste ,a appartenu au groupe Octobre (groupe r\u00e9volutionnaire de gauche n\u00e9 en 1934 auquel particip\u00e8rent Jacques Pr\u00e9vert et Jean Renoir) . Son acceptation reste \u00e9nigmatique <\/p>\n<p>(6) En 1989 \u00ab\u00a0Nathalia\u00a0\u00bb de Bernard Cohn et en 1999 \u00ab\u00a0 Le plus beau pays du monde\u00a0\u00bb de Marcel Bluwal <\/p>\n<\/p><\/div>\n<div>\n<p>\u00a0(7) en effet Andr\u00e9 Halimi dans son documentaire en\u00a0 1976 nous montrait une France occup\u00e9e dilettante et loin de toute r\u00e9sistance <\/p>\n<\/p><\/div>\n<div>\n<p>(8) peintre\u00a0 allemand naturalis\u00e9 fran\u00e7ais <\/p>\n<\/p><\/div>\n<div>\n<p>* d\u00e9coupage du film paru dans le N\u00b0 507 de \u00ab\u00a0L\u2019avant -sc\u00e8ne du cin\u00e9ma\u00a0\u00bb qui vient de publier celui du <\/p>\n<p> film de C.Lanzmann \u00ab\u00a0Sobibor\u00a0\u00bb <\/p>\n<p>** Co auteur de \u00ab\u00a0La Haine antis\u00e9mite\u00a0\u00bb avec Serge Moatti<\/p>\n<p> <b>AMEN de Costa Gavras France 2001  Sortie le 27 f\u00e9vrier 2002 <\/b><\/p>\n<\/p><\/div>\n<div>\n<p> Enfin un film politique , d\u00e9rangeant, qui ne pratique pas la langue de bois. Certes \u00e0 sa sortie le film va provoquer comme le livre qui s\u2019en inspire <b>(1)<\/b> des pol\u00e9miques, peut \u00eatre des paroles regrettables et esp\u00e9rons aucune autre violence. Le sujet soul\u00e8ve la passion, il met en comparaison\u00a0 la barbarie nazie et le silence de l\u2019\u00e9glise, d\u2019ailleurs l\u2019affiche du film est parlante <b>(2)<\/b> .L\u2019histoire vraie repose sur le combat d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9 durant les ann\u00e9es de guerre d\u2019un officier S.S press\u00e9 de faire conna\u00eetre au monde entier la l\u2019extermination massive des juifs .L\u2019homme Kurt Gerstein , m\u00e9decin et technicien est charg\u00e9 de l\u2019hygi\u00e8ne des camps en 1941..Il a pour mission d\u2019assister aux essais d\u2019un gaz\u00a0, le Zyklon B .Ec\u0153ur\u00e9 par l\u2019utilisation de ce gaz, il tente d\u2019alerter son entourage hommes politiques et\u00a0 repr\u00e9sentants de l\u2019Eglise. Il sera peu entendu except\u00e9 par un jeune pr\u00eatre Ricardo (Matthieu Kassovitz) qui le secondera dans sa d\u00e9marche courageuse. Kurt Gerstein ( ) faute d\u2019oreilles attentives, tentera de saboter les livraisons de ce fameux gaz qui lui incombent .Arr\u00eat\u00e9 \u00e0 la fin de la guerre, il r\u00e9dige en plusieurs langues un rapport puis sera retrouv\u00e9 pendu dans sa cellule parisienne <b>(3)<\/b> en juin 1945.Etais ce un suicide\u00a0d\u2019autant qu\u2019il \u00e9tait recherch\u00e9 comme t\u00e9moin des crimes contre l\u2019humanit\u00e9 au proc\u00e8s de Nuremberg. <\/p>\n<p> Ce film prenant, intense et parfois \u00e9touffant rend accablant l\u2019attitude de l\u2019\u00e9glise , le silence de Pie XII inform\u00e9 comme beaucoup de nations du sort des juifs pendant la Shoah. Cette \u0153uvre courageuse ne veut pas creuser davantage les dissensions qui existent entre le Vatican et les organisations juives, mais souligner la passivit\u00e9 , le silence de l\u2019\u00e9glise catholique entre la personne du pape et l\u2019entente avec le nazisme. Costas Gavras et Jean Claude Grumberg <b>(4<\/b>) mod\u00e8rent la noirceur de l\u2019\u00e9glise gr\u00e2ce au personnage de Ricardo, \u00eatre fictif mais n\u00e9anmoins r\u00e9sultats de plusieurs pr\u00eatres catholiques. Ils insistent sur ce Gerstein , personnage ambigu d\u2019allemand repenti , de t\u00e9moin privil\u00e9gi\u00e9 dont l\u2019action n\u2019arr\u00eatera les exterminations des juifs certes , mais dont l\u2019acte\u00a0 de r\u00e9sistant\u00a0 esseul\u00e9 nous \u00e9meut (5) Costa Gavras\u00a0 volontairement ne filme aucun concentrationnaire, aucuncamp, aucune \u00e9limination d\u2019humains, il montre \u00e0 plusieurs reprises le retour de wagons vides traversant des lieux vides dans une nuit sans t\u00e9moin\u00a0; ce qui donne une atmosph\u00e8re angoissante , nouante et rend son film plus d\u00e9nonciateur. <\/p>\n<\/p><\/div>\n<p><u>MARIE MARMAILLE\u00a0 de Jean Louis Bertucelli<\/u> France 2001 sortie le 18\/2\/02 sur France 2<\/p>\n<p> Avec Amen de Costas Gavras (sortie le 27 f\u00e9vrier) et M.Batignole de G\u00e9rard Jugnot\u00a0 (le 6 mars 2002) , ce t\u00e9l\u00e9film se penche sur le sort des juifs durant la seconde guerre mondiale. Tout comme le dernier film cit\u00e9 ,\u00a0\u00ab\u00a0Marie Marmaille\u00a0\u00bb peint\u00a0 d\u00e8s les 5 premi\u00e8res minutes l\u2019atmosph\u00e8re r\u00e9gnant durant l\u2019occupation allemande\u00a0: le march\u00e9 noir fleurit et les arrestations des juifs commencent.<\/p>\n<div>\n<p> Nous sommes \u00e0 Paris en 1942, Marie (Ludivine Sagnier )(1) une jeune fille peu attentionn\u00e9e au climat politique, n\u2019est pr\u00e9occup\u00e9e que par son aventure amoureuse avec Yves et par son trafic de vivres. Dans son immeuble des juifs sont emmen\u00e9s et l\u2019 inspecteur fran\u00e7ais z\u00e9l\u00e9 qui dirige l\u2019op\u00e9ration tente de courtiser Marie. Un matin elle d\u00e9couvre Maurice un enfant juif rescap\u00e9 de la rafle, r\u00e9ticente \u00e0 l\u2019aider dans un premier temps, elle va tout faire pour le sauver dans un deuxi\u00e8me temps.<\/p>\n<\/p><\/div>\n<p> Marie ne se rend pas compte de son h\u00e9ro\u00efsme, ni de son action de r\u00e9sistante, cela la d\u00e9passe et\u00a0 va \u00e0 contre courant de sa vie tranquille. Marie fait partie ce ces h\u00e9ros malgr\u00e9 eux qui \u00e9coutent leur c\u0153ur au d\u00e9triment de leur s\u00e9curit\u00e9 , d\u2019autres sont montr\u00e9s comme des collabos malgr\u00e9 aussi qui tentent de sauver leurs vies ancr\u00e9s dans un antis\u00e9mitisme s\u00e9culaire. Ce t\u00e9l\u00e9film m\u00e9lodramatique montre le quotidien de ces gens ordinaires qui devant la guerre ont bascul\u00e9 d\u2019un c\u00f4t\u00e9 comme de l\u2019autre. il reste surtout un hommage aux premiers, ces petites gens qui \u00e9t\u00e9 capables de grandes choses. V\u00e9ra Belmont , la productrice dira d\u2019ailleurs \u00e0 leur propos\u00a0: \u00ab\u00a0Si nous sommes vivants, nous le devons \u00e0 ces gens qui au p\u00e9ril de leurs vies, nous ont cach\u00e9s , nourris, aid\u00e9s \u00e0 survivre dans cette p\u00e9riode noire \u00ab\u00a0 (2) <\/p>\n<p>(1) qui dira dans le dossier de presse\u00a0: \u00ab\u00a0Ce t\u00e9l\u00e9film \u00e9tait un moyen de rendre hommage \u00e0 ma grand-m\u00e8re qui a v\u00e9cu la R\u00e9sistance d\u2019 une mani\u00e8re assez similaire\u00a0; elle a elle aussi , eu le courage de cacher des juifs pendant l\u2019occupation (Dossier de presse)<\/p>\n<p>(2) dossier de presse <\/p>\n<p> JUKIEN L\u2019APPRENTI\u00a0 De \u00a0Jacques OTMEZGUINE\u00a0 ( T\u00e9l\u00e9film FRANCE 2000) <\/p>\n<div>\n<p> Paris 1931, Julien a 14 ans, son p\u00e8re est mort durant la grande guerre. Sa m\u00e8re \u00e9pouse un employ\u00e9 du Gaz de France, veuf lui aussi et p\u00e8re de trois enfants. Julien s\u2019interdit ce beau-p\u00e8re, fruste bourru, peu affectif. Ce dernier lui propose de travailler avec lui. Julien refuse ce m\u00e9tier car son p\u00e8re est mort gaz\u00e9. Il\u00a0choisira d\u2019\u00eatre apprenti fourreur, approchera un monde diff\u00e9rent , se liera d\u2019amiti\u00e9 avec un commer\u00e7ant juif Rosner\u00a0 (jou\u00e9 par Francis Huster ) et tombera amoureux de la fille de son nouvel employeur. Nous sommes au d\u00e9but des ann\u00e9es 40 et les lois de Vichy vont toucher la communaut\u00e9 juive fran\u00e7aise. Rosner n\u2019a plus le droit\u00a0 de pratiquer , il c\u00e8de son atelier \u00e0 Julien qui accepte d\u2019\u00eatre son homme de paille. Impuissant Julien tentera d\u2019aider sa nouvelle famille \u00e0 ses risques et p\u00e9rils. T\u00e9m\u00e9raire , audacieux, il ne changera pas l\u2019Histoire certes mais en modifiera quelques pages.<\/p>\n<p> Le r\u00e9alisateur Jacques Otmezguine (1) et le sc\u00e9nariste Jean Claude Grumberg (2) ont opt\u00e9 pour une peinture sans haine d\u2019une France mouvement\u00e9e qui \u00e0 vu passer le Front Populaire ,\u00a0 P\u00e9tain et dut choisir. Cette p\u00e9riode que l\u2019on qualifie de floue, &#8211; par peur\u00a0 de l\u2019analyser\u00a0? &#8211; n\u2019a jamais \u00e9t\u00e9 aussi claire que ces derni\u00e8res ann\u00e9es dans la litt\u00e9rature et les \u0153uvres de fiction .les auteurs nous le rappellent dans ce portrait sans rancune, ni manich\u00e9isme de gens luttant pour la libert\u00e9 et parfois d\u00e9\u00e7us de ne point l\u2019avoir. Il y a les \u00e9poux Rosner fatigu\u00e9s d\u2019\u00eatre \u00ab\u00a0un gibier, un lapin\u00a0\u00bb, Julien cet apprenti de la vie aussi , qui se r\u00e9volte contre l\u2019injustice jusqu\u2019\u00e0 porter par solidarit\u00e9 une \u00e9toile jaune et se d\u00e9clarer juif., il y a ce soldat \u00e9c\u0153ur\u00e9 de la guerre , du gaz mortel des tranch\u00e9es\u2013 ce fameux gaz qui a tu\u00e9 tant de gens durant la premi\u00e8re guerre mondiale et sera destructeur contre les minorit\u00e9s juives et autres lors de la seconde -.<\/p>\n<p> Chronique des ann\u00e9es d\u2019apprentissage qui apportent un t\u00e9moignage non n\u00e9gligeable sur cette p\u00e9riode incommensurable, sur le comportement humain. Cette \u0153uvre subtile est un grand moment de t\u00e9l\u00e9vision qui honore la production fran\u00e7aise par sa qualit\u00e9 dans la reconstitution historique, par ses personnages \u00e9mouvants et son interpr\u00e9tation sans faille.(Marianne Basler -la m\u00e8re de Julien, Jacques Morel , le beau p\u00e8re- Benjamin Rolland , Julien adulte )<\/p>\n<\/p><\/div>\n<p>(1) Romancier, sc\u00e9nariste-dialoguiste, metteur en sc\u00e8ne, a \u00e9crit une vingtaine de pi\u00e8ces dont\u00a0;L\u2019atelier, Dreyfus , <\/p>\n<p> le dernier m\u00e9tro de Fran\u00e7ois Truffaut, les lendemains qui chantent de Jacques Fansten.<\/p>\n<p>(2)sc\u00e9nariste ,r\u00e9alisateur\u00a0de :Le r\u00eave d\u2019Esther, le secret d\u2019Elissa Rha\u00efs<\/p>\n<p>__________________________________________________________________________________________<\/p>\n<p><b>M. LE MOCKY par  Jean Pierre Mocky\u00a0 (2001) <\/b><\/p>\n<p>Cette biographie (1) est aussi d\u00e9brid\u00e9e, d\u00e9jant\u00e9e que les films de son auteur. Mocky \u00e0 toujours privil\u00e9gi\u00e9 le contenu de ses \u0153uvres au m\u00e9pris de la forme. L\u2019homme qui tourne autant que Woody Allen et cela depuis plus de 40 ans (2) reste un cin\u00e9aste marginal, iconoclaste et irrespectueux \u00e0 souhait. Provocateur de naissance, Jean Pierre Mocky\u00a0 fustige la soci\u00e9t\u00e9 fran\u00e7aise, y d\u00e9nonce ses travers, ses d\u00e9boires et ses contradictions. Il d\u00e9nonce la sexualit\u00e9 inconnue , la bourgeoisie bien pensante, l\u2019exploitation de la foi (\u00ab\u00a0Le miracul\u00e9\u00a0\u00bb en 1986)\u00a0 l\u2019intoxication de la t\u00e9l\u00e9vision (\u00ab\u00a0La grande lessive\u00a0\u00bb en 1968 ) les magouilles politiques ( ) la d\u00e9bilit\u00e9 des supporters de foot (\u00ab\u00a0\u00e0 mort l\u2019arbitre\u00a0\u00bb en 1983).Cet ancien acteur, assistant de Fellini n\u2019\u00e9pargna personne, refusa de rentrer dans le moule et entreprend de plus en plus difficilement un nouveau film. Pour les uns il d\u00e9range , pour d\u2019autres il amuse encore. Ses m\u00e9moires \u00e9meuvent m\u00eame s\u2019il s\u2019amuse \u00e0 \u00eatre le cin\u00e9aste maudit \u2013 voir le titre de\u00a0 livre- quand il parle de ses anciens acteurs ador\u00e9s (Bourvil,Michel Simon), de ses multiples femmes et de sa prodigieuse prog\u00e9niture (17 enfants) de ses racines jud\u00e9o-chr\u00e9tiennes (m\u00e8re catholique, p\u00e8re juif, non pratiquant, non circoncis) qui lui semblent ambigu\u00ebs, et ne d\u00e9t\u00e9riorent point son regard sur le v\u00e9cu juif et sa repr\u00e9sentation cin\u00e9matographique (il est perplexe devant des films comme \u00ab\u00a0La v\u00e9rit\u00e9 si je mens\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0La vie est belle\u00a0\u00bb ) Est \u2013il l\u2019exclu , le mal aim\u00e9 qu\u2019il revendique\u00a0? Son dernier film \u00ab\u00a0La b\u00eate de Mis\u00e9ricorde\u00a0\u00bb se joue dans une seule salle \u00e0 Paris\u00a0; celle qu\u2019il a acquise.<\/p>\n<p>(1) Edition Deno\u00ebl<\/p>\n<p>(2) 4\u00e9 longs m\u00e9trages soit un par an.<\/p>\n<h2>MONSIEUR BATIGNOLE de\u00a0 G\u00e9rard Jugnot France 2001 sortie le 6 mars 2002<\/h2>\n<div>\n<p> Paris juillet 42 , l\u2019occupant allemand est l\u00e0, les Fran\u00e7ais tentent de survivre gr\u00e2ce au march\u00e9 noir et les premi\u00e8res rafles des juifs commencent. Edmond Batignole (G\u00e9rard Jugnot), un fran\u00e7ais moyen, charcutier de son \u00e9tat vit avec sa femme, sa fille et son futur gendre, un collaborateur notoire. A l\u2019\u00e9tage du dessus, leurs voisins les Bernstein s\u2019appr\u00eatent \u00e0 fuir un monde hostile aux juifs. Ils sont retenus dans leur fuite par M.Batignole qui les accuse injustement de vol de charcuterie. D\u00e9nonc\u00e9s par l\u2019ignoble Pierre Jean ils seront arr\u00eat\u00e9s par la police fran\u00e7aise. M.Batignole continue sa vie mesquine en commer\u00e7ant avec les Allemands. Le lendemain va vie va \u00eatre chamboul\u00e9e par le retour de Simon, un des jeunes fils de la famille d\u00e9nonc\u00e9e, dans son domicile occup\u00e9 par les Batignole, devenus locataires. Batignole refuse de l\u2019aider, puis se ravise en prenant en charge Simon et deux petites filles juives et d\u00e9cident de les faire passer en Suisse.<\/p>\n<\/p><\/div>\n<div>\n<p> G\u00e9rard Jugnot r\u00e9alisateur, et Philippe Lop\u00e8s Curval co sc\u00e9nariste du film \u00e9voquent une France partag\u00e9e avec ses canailles (Les collabos, les d\u00e9nonciateurs, la police fran\u00e7aise, les faux r\u00e9sistants) et ses justes( Une fermi\u00e8re, une concierge, un policier, un pr\u00eatre qui, aident les fugitifs). D\u2019ailleurs l\u2019image qu\u2019ils donnent des deux protagonistes\u00a0: le vieil homme et l\u2019enfant n\u2019est gu\u00e8re manich\u00e9enne Le premier est un \u00eatre \u00e9go\u00efste et pass\u00e9iste, le second est un enfant cultiv\u00e9, intelligent, avec des mani\u00e8res de fils g\u00e2t\u00e9. Ils font de M.Batignole , un anti h\u00e9ros, un homme ordinaire \u00e0 qui il arrive des choses extraordinaires, qui devient attachant quand il lutte contre sa m\u00e9diocrit\u00e9 et celle de son entourage. Son d\u00e9sir de r\u00e9volte et de r\u00e9sistance le grandissent. Il ira m\u00eame jusqu\u2019\u00e0 se glisser dans la peau d \u2018un juif comme pour mieux comprendre leur malheur. Par cette d\u00e9monstration persuasive, G\u00e9rard Jugnot\u00a0 d\u00e9nonce les d\u00e9viances des uns comme les bravoures des autres. Il se \u00absert de la petite histoire pour avoir une vision de la grande\u00a0\u00bb\u00a0dit \u2013il.\u00e0 raison\u00a0 de grandes \u00e9motions il r\u00e9ussit un film populaire, grave m\u00ealant drame et humour, com\u00e9die et gravit\u00e9, r\u00e9alisme et Histoire avec une grande qualit\u00e9 de communication. Il c\u2019est \u00e0 dire avec un grand impact, une grande \u00e9coute esp\u00e9rons et avec peut \u2013 \u00eatre de grandes interrogations\u00a0 sur le sujet \u00e9voqu\u00e9\u00a0; ne fusse que se demander pourquoi cela a eu lieu et pourquoi si peu de voix se sont \u00e9lev\u00e9es contre. <\/p>\n<\/p><\/div>\n<\/p><\/div>\n<\/p><\/div>\n<\/p><\/div>\n<\/p><\/div>\n<p> <a href=\"mailto:Roger.CHEMOUNI@wanadoo.fr\">Roger.CHEMOUNI@wanadoo.fr<\/a> <\/p>\n<hr\/>\n<blockquote>\n<blockquote><\/blockquote>\n<\/blockquote>\n<h6><\/h6>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>FESTIVAL DU\u00a0 CINEMA ISRAELIEN JANVIER 2002 FESTIVAL DU\u00a0 CINEMA ISRAELIEN JANVIER 2002 Pour ce deuxi\u00e8me festival organis\u00e9 par l\u2019association Isratim (1) projet\u00e9 au cin\u00e9ma des cin\u00e9astes \u00e0 Paris\u00a0 nous avons eu droit \u00e0 une journ\u00e9e Amos Gitai avec sa trilogie \u00ab\u00a0Wadi\u00a0\u00bb , \u00e0 un hommage \u00e0 Michal Bat Adam unique r\u00e9alisatrice 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