{"id":313,"date":"2016-01-26T01:10:54","date_gmt":"2016-01-26T01:10:54","guid":{"rendered":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/?p=313"},"modified":"2016-01-26T01:18:27","modified_gmt":"2016-01-26T01:18:27","slug":"histoires-de-djeha-travers-le-monde","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/histoires-de-djeha-travers-le-monde\/","title":{"rendered":"HISTOIRES DE DJEHA A TRAVERS LE MONDE"},"content":{"rendered":"<p align=\"center\">\n\t<br \/>\n\t<strong>HISTOIRES DE DJEHA<\/strong><\/p>\n<p align=\"center\">\n\t<strong>A TRAVERS LE MONDE<\/strong><\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<h3>\n\t&nbsp;<\/h3>\n<h3>\n\tOu est ton oreille, Djeha&nbsp;?<\/h3>\n<p>\n\tLorsqu&rsquo;on lui demandait&nbsp;: O&ugrave; est ton oreille, Djeha&nbsp;? il passait son bras droit par-dessus la t&ecirc;te et, touchant son oreille gauche, disait&nbsp;:<\/p>\n<p>\n\t&#8211; la voil&agrave;&nbsp;!<\/p>\n<p>\n\t&#8211; Mais pourquoi fais-tu cela&nbsp;? Lui objectait-on, ne te serait-il pas plus simple de toucher de ta main l&rsquo;oreille du m&ecirc;me cot&eacute;&nbsp;?<\/p>\n<p>\n\t&#8211; Ce serait plus simple, en effet, mais si je faisais comme tout le monde, alors je ne serais plus Djeha&nbsp;!<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t<strong>Payer l&#39;odeur avec le son des pi&egrave;ces<\/strong><br \/>\n\tEtant d&eacute;sargent&eacute;, Djeha s&rsquo;installa devant l&#39;&eacute;tal d&#39;un marchand de brochettes avec un morceau de pain. Il se mit &agrave; le manger, tout en inhalant l&rsquo;odeur des brochettes qui cuisaient. Le marchand ne dit rien. Mais Djeha recommen&ccedil;a la man&oelig;uvre les jours suivants. Au bout d&rsquo;une semaine, le marchand lui dit :<br \/>\n\t&#8211; Tu viens humer l&#39;odeur de mes brochettes tous les jours. Tu dois me payer pour cela.<br \/>\n\t&#8211; D&rsquo;accord, lui dit Djeha.<br \/>\n\tIl sort des pi&egrave;ces de sa poche et les fait tinter, en disant au marchand :<br \/>\n\t&#8211; Tu m&rsquo;as vendu l&rsquo;odeur, je te paie avec le son de mes pi&egrave;ces.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t<strong>Le mur de Ch&rsquo;ha <\/strong>(ched el heit h&rsquo;ta i ji Ch&#39;ha)<\/p>\n<p>\n\tUn homme, adoss&eacute; &agrave; un mur, voit passer quelqu&#39;un qui lui dit :<br \/>\n\t&#8211; Connais-tu Djeha ? Je voudrais le rencontrer car on pr&eacute;tend qu&#39;il est rus&eacute;, &eacute;tant donn&eacute; que je suis plus rus&eacute; que lui, je voudrais me moquer de lui.<br \/>\n\tL&#39;homme lui r&eacute;pond :<br \/>\n\t&#8211; Peux-tu tenir ce mur avec ton dos ? Il est fragile ! Et ici, chaque homme du village se relaie, tour &agrave; tour, pour &eacute;viter qu&#39;il tombe. Moi, je vais chercher Djeha et je reviens prendre ma place.<br \/>\n\tL&#39;homme s&#39;ex&eacute;cute.<br \/>\n\tAu bout de quelques heures, des hommes du village qui se demandaient ce qu&#39;il faisait, l&#39;abordent :<br \/>\n\t&#8211; Que fais-tu ?<br \/>\n\tIl leur explique tout ce qui s&#39;est pass&eacute;. Ils lui r&eacute;pondent :<br \/>\n\t&#8211; Pauvre idiot, tu avais &agrave; faire &agrave; Djeha, lui-m&ecirc;me!!!<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t<strong>Le clou de Djeha <\/strong>(mesmar Ch&#39;ha)<br \/>\n\tAyant des besoins d&rsquo;argent, Djeha se d&eacute;cida &agrave; vendre sa maison. Mais il passa un accord avec l&rsquo;acheteur, &agrave; qui il dit :<br \/>\n\t&#8211; Je te vends tout, sauf ce clou.<br \/>\n\tL&rsquo;acheteur accepta. Le lendemain de la vente, Djeha revient dans son ancienne maison et dit &agrave; l&rsquo;acheteur :<br \/>\n\t&#8211; Je dois accrocher quelque chose &agrave; mon clou, et il y accroche un sarouel sale. L&rsquo;acheteur n&rsquo;est pas content mais il ne dit rien. Le jour d&rsquo;apr&egrave;s, Djeha vint d&eacute;poser une carcasse de mouton. Face aux protestations de l&#39;acheteur, Djeha r&eacute;pond :<br \/>\n\t&#8211; C&rsquo;est mon clou. Je peux y mettre ce que je veux.<br \/>\n\tEt il en fut ainsi tous les jours. La maison &eacute;tait devenue une vraie puanteur. Exc&eacute;d&eacute;, l&rsquo;acheteur dit &agrave; Djeha :<br \/>\n\t&#8211; Il nous faut trouver une solution, je n&rsquo;en peux plus.<br \/>\n\tCe &agrave; quoi Djeha r&eacute;pond :<br \/>\n\t&#8211; Si tu veux, je te rach&egrave;te la maison &agrave; moiti&eacute; prix.<br \/>\n\tEt c&rsquo;est ainsi que Djeha r&eacute;cup&eacute;ra sa maison.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<h1>\n\tLe clou de Djeha (variante)<\/h1>\n<p>\n\tAu temps du Calife Haroun el-Rashid vivait &agrave; Baghdad un homme du nom de Djeha. Un jour, son voisin Khamiss, homme aussi riche que cupide et rapace, prit femme pour la seconde fois. Il cherchait une maison proche o&ugrave; loger sa nouvelle &eacute;pouse et s&rsquo;avisa que celle de Djeha qui jouxtait la sienne, ferait parfaitement l&rsquo;affaire. Il aborda donc le bonhomme et lui dit :<\/p>\n<p>\n\t&#8211; Djeha, vends-moi ta maison.<\/p>\n<p>\n\t&#8211; Pourquoi ? lui demanda Djeha&nbsp;?<\/p>\n<p>\n\t&#8211; Je viens de prendre une seconde femme et je d&eacute;sire la loger dans une maison dont elle sera ma&icirc;tresse. Je t&rsquo;offre trois cents dinars en or de la tienne.<\/p>\n<p>\n\t&#8211; Je regrette, mais elle n&rsquo;est pas &agrave; vendre, dit Djeha.<\/p>\n<p>\n\tKhamiss augmenta son offre, surench&eacute;rissant &agrave; quatre cents, puis &agrave; cinq cents. Djeha demeura inflexible. Khamiss finit par lui en offrir mille, sans plus de r&eacute;sultat.<\/p>\n<p>\n\tD&eacute;pit&eacute; et furieux, il alla voir le q&acirc;di local, Abdel-Sal&acirc;m Ibn Rahm&acirc;ni. Loin d&rsquo;&ecirc;tre humble, juste et pieux, comme il sied &agrave; un q&acirc;di, cet homme &eacute;tait vaniteux, v&eacute;nal et cupide au dernier degr&eacute;.<\/p>\n<p>\n\tKhamiss s&rsquo;adressa &agrave; lui en ces termes :<\/p>\n<p>\n\t&#8211; &Ocirc; Lumi&egrave;re des croyants, toi dont la science et la sagesse n&rsquo;ont d&rsquo;&eacute;gales que ta justice, entends ma pri&egrave;re et pr&ecirc;te l&rsquo;oreille &agrave; ma supplication ! Mon voisin, Djeha, est un homme m&eacute;chant, qui lance tous les jours ses ordures dans mon jardin et me tient &eacute;veill&eacute; toute la nuit par l&rsquo;incessant tintamarre qu&rsquo;il m&egrave;ne. Je lui ai offert un bon prix de sa maison afin de go&ucirc;ter un peu de paix. Non seulement il refuse de me la vendre, mais il continue de plus belle ses d&eacute;pr&eacute;dations et son infernal boucan. Accorde-moi justice, &ocirc; sage parmi les sages ! Accepte &eacute;galement, je te prie, ce modeste pr&eacute;sent pour tes &oelig;uvres charitables, car tu es le p&egrave;re et la m&egrave;re du pauvre et de l&rsquo;opprim&eacute;. Ce disant, il tendit au q&acirc;di une grosse bourse de cuir, gonfl&eacute;e de pi&egrave;ces d&rsquo;or. Un &eacute;clair de cupidit&eacute; brilla dans les petits yeux porcins du juge, qui fit dispara&icirc;tre la bourse comme par magie<\/p>\n<p>\n\tdans une des vastes poches de son ab&acirc;ya. Puis il appela le chef de ses gardes.<\/p>\n<p>\n\t&#8211; Mohammed ! Va chercher ce mis&eacute;rable Djeha et am&egrave;ne-le illico en ma pr&eacute;sence, pieds et poings li&eacute;s s&rsquo;il le faut ! Le sbire ne se le fit pas dire deux fois et, en moins de dix minutes, Djeha &eacute;tait devant le juge, tenu par deux solides gaillards, cimeterre &agrave; la main.<\/p>\n<p>\n\t&#8211; Mis&eacute;rable ! l&rsquo;apostropha Ibn Rahm&acirc;ni. N&rsquo;as-tu pas honte de perturber le repos de ton honn&ecirc;te voisin et de d&eacute;verser tes salet&eacute;s chez lui ? Tu m&eacute;riterais que je te fasse donner cent coups de b&acirc;ton sur la plante des pieds ! Mais comme je suis un homme juste et doux, je ne te condamne qu&rsquo;&agrave; lui vendre ta maison, comme il te l&rsquo;a demand&eacute; en toute bonne foi. J&rsquo;en fixe le prix, par justice, &agrave; deux cents dinars, dont tu me remettras sur-le-champ la moiti&eacute; pour mes &oelig;uvres de charit&eacute;, car je prends plaisir &agrave; soulager les malheureux.<\/p>\n<p>\n\tA les soulager surtout de leur argent, pensa Djeha. Mais il se garda bien d&rsquo;ouvrir la bouche, car il ne connaissait que trop la m&eacute;chancet&eacute; et la v&eacute;nalit&eacute; de ce juge corrompu. Le q&acirc;di fit venir son scribe et deux t&eacute;moins, ainsi que l&rsquo;exigeait la loi, afin de dresser l&rsquo;acte de vente. Pendant que le scribe r&eacute;digeait les formules juridiques, Djeha se prosterna devant le q&acirc;di.<\/p>\n<p>\n\t&#8211; Lumi&egrave;re des croyants, &ocirc; toi dont la g&eacute;n&eacute;rosit&eacute; n&rsquo;a d&rsquo;&eacute;gale que ta clairvoyance, permets, dans ta bienveillance insondable, que j&rsquo;ajoute une minuscule clause &agrave; l&rsquo;acte de vente.<\/p>\n<p>\n\t&#8211; Laquelle donc ? demanda le juge, agac&eacute;.<\/p>\n<p>\n\t&#8211; &Ocirc; Fontaine d&rsquo;&eacute;quit&eacute;, glapit Djeha, il existe sur un mur de la grande salle de ma maison un clou que mon p&egrave;re a plant&eacute; lorsque j&rsquo;&eacute;tais enfant. Il y suspendait toutes sortes de jouets pour mon amusement. Permets seulement que je puisse aller visiter ce clou lorsque bon me semblera, car c&rsquo;est le seul souvenir qui me reste de mon bien-aim&eacute; p&egrave;re, puisse Allah avoir piti&eacute; de son &acirc;me. Dis aussi &agrave; ton scribe d&rsquo;&eacute;crire que le noble Khamiss ne saurait en aucun cas arracher ce clou ni y toucher en aucune sorte, sous peine d&rsquo;annulation du contrat, car pareille action me briserait le c&oelig;ur.<\/p>\n<p>\n\tNi le voisin, tout &agrave; la joie d&rsquo;obtenir pour deux cents dinars une maison qu&rsquo;il avait failli payer mille, ni le juge, enchant&eacute; d&rsquo;empocher sans encombre une coquette petite somme, ne fit la moindre objection.<\/p>\n<p>\n\tLe scribe ayant appos&eacute; le sceau du juge sur l&rsquo;acte de vente et les t&eacute;moins ainsi que Djeha et Khamiss y ayant &eacute;galement mis leur marque, Khamiss compta deux cents dinars, dont la moiti&eacute; disparurent illico dans la poche du q&acirc;di, l&rsquo;autre revenant &agrave; Djeha. Celui-l&agrave; intima &agrave; Djeha qu&rsquo;il devait vider les lieux dans l&rsquo;heure, ce qu&rsquo;il fit sans se plaindre.<\/p>\n<p>\n\tA trois heures du matin cette nuit-l&agrave;, alors que Khamiss dormait du sommeil du juste aux c&ocirc;t&eacute;s de sa nouvelle &eacute;pouse dans la maison de Djeha, des coups r&eacute;p&eacute;t&eacute;s retentirent &agrave; la porte.<\/p>\n<p>\n\tTout ensommeill&eacute; et grommelant, Khamiss se leva pour voir qui venait ainsi troubler son repos.<\/p>\n<p>\n\tA la porte se tenait Djeha, une lanterne &agrave; la main.<\/p>\n<p>\n\t&#8211; Que diable viens-tu faire ici &agrave; pareille heure ?&nbsp; s&rsquo;exclama le nouveau mari&eacute;.<\/p>\n<p>\n\t&#8211; Voir mon clou, lui r&eacute;pondit calmement Djeha.<\/p>\n<p>\n\t&#8211; Ton clou ? s&rsquo;exclama Khamiss, au bord de l&rsquo;apoplexie. Que le diable t&rsquo;emporte, toi et ton clou ! Sais-tu seulement quelle heure il est ?<\/p>\n<p>\n\t&#8211; Je le sais parfaitement, mon cher voisin, mais rappelle-toi l&rsquo;acte de vente. Il me donne le droit de rendre visite &agrave; mon clou sans opposition aucune de ta part, &agrave; quelque moment qu&rsquo;il me plaira.<\/p>\n<p>\n\tForce fut donc &agrave; Khamiss de laisser Djeha entrer. Celui-ci s&rsquo;assit en tailleur au beau milieu de la grand-salle et se mit &agrave; psalmodier d&rsquo;une voix nasillarde une interminable pri&egrave;re m&ecirc;lant le fameux clou et son d&eacute;funt p&egrave;re, qu&rsquo;il ne conclut que bien apr&egrave;s le lever du soleil. Entre-temps, ni Khamiss ni sa femme n&rsquo;avaient pu fermer l&rsquo;&oelig;il du reste de la nuit.<\/p>\n<p>\n\tLe matin, bouillant de rage, Khamiss s&rsquo;habilla en h&acirc;te et courut jusqu&rsquo;&agrave; la Maison de Justice, pour faire modifier l&rsquo;acte de vente. Mais il eut beau crier et temp&ecirc;ter, le q&acirc;di &eacute;tait impuissant : l&rsquo;acte de vente avait &eacute;t&eacute; sign&eacute; et contresign&eacute; en bonne et due forme devant t&eacute;moins. Y apporter des modifications arbitraires provoquerait un scandale qui risquait fort d&rsquo;arriver jusqu&rsquo;aux oreilles du Calife, chose qu&rsquo;Ibn Rahm&acirc;ni redoutait par-dessus tout. Force fut donc &agrave; Khamiss de rentrer chez lui bredouille.<\/p>\n<p>\n\tDjeha revint durant la sieste, puis encore au repas du soir, c&rsquo;est-&agrave;-dire pr&eacute;cis&eacute;ment aux moments<\/p>\n<p>\n\tles moins propices et les plus aptes &agrave; d&eacute;ranger Khamiss et sa nouvelle femme.<\/p>\n<p>\n\tLe comble fut atteint le jour o&ugrave; Djeha accrocha au clou la d&eacute;pouille d&rsquo;un chat crev&eacute; qu&rsquo;il avait ramass&eacute;e dans la rue. La puanteur devint si insoutenable que ni Khamiss ni sa femme ne purent rester dans la maison. Ce dernier comprit alors que Djeha l&rsquo;avait bel et bien bern&eacute;, ainsi que le q&acirc;di.<\/p>\n<p>\n\tEn d&eacute;sespoir de cause, il alla donc voir Djeha dans le taudis o&ugrave; celui-ci vivait depuis la vente de sa maison et, apr&egrave;s l&rsquo;avoir copieusement injuri&eacute;, lui dit qu&rsquo;il pouvait la reprendre.<\/p>\n<p>\n\tMais non, cher voisin, lui r&eacute;pondit Djeha, je te l&rsquo;ai vendue par un acte l&eacute;gal, devant t&eacute;moins et suis parfaitement &agrave; l&rsquo;aise ici. Tout ce que je demande, c&rsquo;est de continuer &agrave; jouir de mon clou, de par les clauses du contrat.<\/p>\n<p>\n\tQue tous les diables de l&rsquo;enfer t&rsquo;emportent, toi et ton clou ! hurla Khamiss. Je te r&eacute;p&egrave;te que je ne veux plus de ta sale baraque et que tu peux y retourner quand tu voudras !<\/p>\n<p>\n\tMon cher Khamiss, r&eacute;pondit Djeha le plus calmement du monde, je ne puis me permettre<\/p>\n<p>\n\tun nouveau d&eacute;m&eacute;nagement, car ces choses-l&agrave; co&ucirc;tent de l&rsquo;argent, comme tu le sais. Non, non.<\/p>\n<p>\n\tGarde la maison. Je suis vraiment bien ici.<\/p>\n<p>\n\tLe visage de Khamiss, de rouge, devint violet de rage.<\/p>\n<p>\n\t&#8211; Combien ?&nbsp; parvint-il &agrave; articuler. Sa nouvelle femme mena&ccedil;ait de rentrer chez ses parents et d&rsquo;exiger le remboursement de sa dot.<\/p>\n<p>\n\t&#8211; Eh bien, r&eacute;partit Goha, je ne sais pas trop&#8230; Trouver un d&eacute;m&eacute;nageur &agrave; si br&egrave;ve &eacute;ch&eacute;ance, cela devrait aller chercher&#8230; je ne sais pas, moi. Disons&#8230; dans les cinq cents dinars ?<\/p>\n<p>\n\tKhamiss faillit tomber raide d&rsquo;apoplexie devant l&rsquo;audace de ce mis&eacute;rable, mais il n&rsquo;avait pas le choix. Force lui fut donc d&rsquo;acquiescer aux termes de Djeha. Haletant de rage, il lui compta les cinq cents pi&egrave;ces d&rsquo;or.<\/p>\n<p>\n\tRentr&eacute; dans sa maison, Djeha n&rsquo;eut rien de plus press&eacute; que de d&eacute;crocher le chat crev&eacute; et de le jeter dans la rue, puis il arracha le clou et le lan&ccedil;a dans un coin. Enfin, il fit nettoyer toute la maison, la parfuma et y emm&eacute;nagea derechef avec sa femme. Celle-ci, un brin na&iuml;ve, lui demanda :<\/p>\n<p>\n\t&#8211; Mais c&rsquo;est le clou de ton p&egrave;re, Djeha. N&rsquo;as-tu pas honte de l&rsquo;arracher et de le jeter ainsi ?<\/p>\n<p>\n\tPour toute r&eacute;ponse, Djeha &eacute;clata de rire.<\/p>\n<p>\n\tKhamiss installa sa nouvelle femme avec la premi&egrave;re. Les deux &eacute;pouses ne cessaient de se chamailler et Khamiss ne connut plus un seul instant de tranquillit&eacute;.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t<strong>Djeha et l&#39;ongle<\/strong>(variante de <em>le clou de Djeha<\/em>)<br \/>\n\tUn homme a demand&eacute; &agrave; Djeha s&#39;il pouvait acheter sa maison.<\/p>\n<p>\n\tDjeha a dit : &quot;oui, mais il y a une condition&nbsp;: J&#39;ai un ongle favori dans la maison.<\/p>\n<p>\n\tPuis-je avoir la permission de venir visiter mon ongle ?&quot;<\/p>\n<p>\n\tL&#39;homme a pens&eacute; que c&#39;&eacute;tait &eacute;trange, mais a accept&eacute;.<\/p>\n<p>\n\tDjeha a vendu sa maison et est parti.<\/p>\n<p>\n\tCependant, chaque jour autour de l&#39;heure du d&eacute;jeuner, il arrive &agrave; la maison pour rendre visite &agrave; son ongle. Il le caressait, lui parlait, le sortait de son emplacement, etc, etc&#8230; , tout cela dans la salle &agrave; manger de la maison&nbsp;!<\/p>\n<p>\n\tPuisqu&#39;il &eacute;tait usuel d&#39;inviter des personnes pr&eacute;sentes &agrave; s&#39;associer aux repas, le nouveau propri&eacute;taire &eacute;tait oblig&eacute; d&rsquo;inviter chaque jour Djeha &agrave; se joindre &agrave; sa famille pour le d&eacute;jeuner.<\/p>\n<p>\n\tPar la suite, l&#39;homme devint si exc&eacute;d&eacute; qu&#39;il revendit &agrave; Djeha sa maison pour bien moins qu&#39;il ne l&rsquo;avait pay&eacute;e.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>HISTOIRES DE DJEHA A TRAVERS LE MONDE &nbsp; &nbsp; Ou est ton oreille, Djeha&nbsp;? Lorsqu&rsquo;on lui demandait&nbsp;: O&ugrave; est ton oreille, Djeha&nbsp;? il passait son bras droit par-dessus la t&ecirc;te et, touchant son oreille gauche, disait&nbsp;: &#8211; la voil&agrave;&nbsp;! &#8211; Mais pourquoi fais-tu cela&nbsp;? 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