{"id":3138,"date":"2011-11-16T23:03:40","date_gmt":"2011-11-16T23:03:40","guid":{"rendered":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/?p=3138"},"modified":"2011-11-16T23:03:40","modified_gmt":"2011-11-16T23:03:40","slug":"les-derniers-jours-de-bachar-al-assad-par-bernard-henri-levy","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/les-derniers-jours-de-bachar-al-assad-par-bernard-henri-levy\/","title":{"rendered":"Les derniers jours de Bachar al-Assad, par Bernard-Henri L\u00e9vy"},"content":{"rendered":"<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tLes derniers jours de Bachar al-Assad, par Bernard-Henri L&eacute;vy<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tC&rsquo;est un exil&eacute; r&eacute;cent que me pr&eacute;sente Bernard Schalscha, cet ancien trotskiste qui, au sein de La R&egrave;gle du jeu, rassemble, depuis huit mois, les informations sorties de Syrie et attestant la sauvagerie de la r&eacute;pression &agrave; Homs, Hama ou Qousseir. L&rsquo;homme nous raconte les tortur&eacute;s. Les mitraill&eacute;s. Les enterrements dont profitent les miliciens pour &ecirc;tre bien certains de faire des cartons. Et ces nuages de fum&eacute;e faisant comme un voile de cr&ecirc;pe noir au-dessus des t&ecirc;tes qui, m&ecirc;me alors, refusent de plier. Pour lui, la cause est entendue. Un pouvoir qui se conduit ainsi, un pouvoir aussi m&eacute;thodiquement assassin, un pouvoir qui vous plonge la t&ecirc;te dans le sang, votre sang, quand vous osez la relever, est un pouvoir &agrave; l&rsquo;agonie, fini, aux abois, condamn&eacute; &ndash; question de jours, question de semaines, mais condamn&eacute;.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tC&rsquo;est un officier sup&eacute;rieur de l&rsquo;arm&eacute;e syrienne. Il est plus &acirc;g&eacute;. Beaucoup plus. Et il est en Occident, lui, depuis plusieurs ann&eacute;es d&eacute;j&agrave;. Avec sa carrure de vieil athl&egrave;te, son cheveu ras, son front l&eacute;g&egrave;rement bossel&eacute; (la trace d&rsquo;anciennes tortures&thinsp;?), il ressemble &agrave; Gregorious, le boxeur des &laquo;&thinsp;Forbans de la nuit&thinsp;&raquo; de Jules Dassin. Il conna&icirc;t le r&eacute;gime &agrave; fond. Il est en contact avec d&rsquo;autres officiers, plus jeunes, qui sont l&rsquo;armature de l&rsquo;arm&eacute;e et, en ce moment m&ecirc;me, d&eacute;sertent. Il a des informations pr&eacute;cieuses, et fra&icirc;ches, sur l&rsquo;&eacute;tat de d&eacute;moralisation, l&rsquo;ind&eacute;cision nouvelle, le d&eacute;but de panique aussi, o&ugrave; sont ses pairs rest&eacute;s fid&egrave;les au r&eacute;gime mais qui, soudain, n&rsquo;y croient plus. Pour lui non plus, l&rsquo;issue ne fait pas de doute. Pour lui aussi, les jours de la dictature sont compt&eacute;s.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tC&rsquo;est Rifaat el-Assad, le propre oncle de Bachar &ndash; le fr&egrave;re de son p&egrave;re, Hafez el-Assad, qui fut le fondateur de la dictature, son architecte. Je l&rsquo;avais d&eacute;j&agrave; rencontr&eacute; une fois, &agrave; Londres, il y a six mois. C&rsquo;&eacute;tait le d&eacute;but de la guerre de Libye. Le d&eacute;but du bain de sang en Syrie. J&rsquo;avais &eacute;t&eacute; frapp&eacute;, d&eacute;j&agrave;, par sa ressemblance hallucinante avec ce fr&egrave;re dont il fut, longtemps, avant leur brouille, l&rsquo;ex&eacute;cuteur des basses &oelig;uvres, le double&thinsp;: le m&ecirc;me visage long et triste&thinsp;; le cr&acirc;ne haut, presque hydroc&eacute;phale&thinsp;; des orages, parfois, dans le regard&thinsp;; des rires soudains et un peu diaboliques. Sauf qu&rsquo;il avait rompu, lui, d&eacute;j&agrave;, avec le r&eacute;gime. Il &eacute;tait, depuis son exil londonien, avec ses fils, en contact avec quelques-uns des transfuges du syst&egrave;me. Il la conna&icirc;t mieux que quiconque, cette clique alaouite qui a fait main basse sur son pays. Il l&rsquo;a, avant de s&rsquo;en dissocier, accompagn&eacute;e pendant des d&eacute;cennies et la conna&icirc;t donc de l&rsquo;int&eacute;rieur. Pour lui aussi, Bachar, son neveu, n&rsquo;avait qu&rsquo;une chance de s&rsquo;en sortir&thinsp;: r&eacute;former. Il n&rsquo;a pas saisi cette chance. C&rsquo;est fini.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tCes trois hommes, si diff&eacute;rents soient-ils, sont d&rsquo;accord sur un point&thinsp;: un r&eacute;gime qui tire sur son propre peuple, qui le consid&egrave;re comme viande de boucherie, un r&eacute;gime qui ne conna&icirc;t plus d&rsquo;autre langue, pour parler &agrave; ses sujets, que celle des avions de chasse et des canons, a perdu toute esp&egrave;ce de droit, de l&eacute;gitimit&eacute;, &agrave; gouverner. A plus ou moins court terme, en vertu d&rsquo;un sc&eacute;nario qui, &agrave; la r&eacute;serve pr&egrave;s du dernier acte, n&rsquo;est pas encore tout &agrave; fait &eacute;crit, sa chute est in&eacute;vitable. Dans l&rsquo;histoire du XXIe si&egrave;cle, cette loi porte d&eacute;j&agrave; un nom &ndash; c&rsquo;est le th&eacute;or&egrave;me de Kadhafi.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tCes trois hommes s&rsquo;accordent sur un deuxi&egrave;me point&thinsp;: l&rsquo;isolement grandissant du r&eacute;gime&thinsp;; la multiplicit&eacute; des voix qui montent, de plus en plus puissantes, des profondeurs du monde arabe, pour le contraindre &agrave; d&eacute;sarmer&thinsp;; les partenaires d&rsquo;Assad, ses &laquo;&thinsp;fr&egrave;res&thinsp;&raquo;, tous ceux qui, si longtemps, au sein de la Ligue arabe, avaient fait rempart au p&egrave;re comme aux autres dictateurs de la r&eacute;gion, et qui commencent de l&acirc;cher le fils. Le monde a chang&eacute;, disent-ils. Les droits de l&rsquo;homme, les droits des peuples sont, dans cette partie du monde aussi, une id&eacute;e neuve. Et une puissance r&eacute;gionale est n&eacute;e, qui s&rsquo;appelle le Qatar et qui, avec ses calculs, ses arri&egrave;re-pens&eacute;es, ses ambigu&iuml;t&eacute;s, p&egrave;se d&eacute;sormais de tout son poids pour emp&ecirc;cher de nuire les r&eacute;gimes les plus sanguinaires. Comme en Libye&thinsp;? Eh oui, comme en Libye&thinsp;! La jurisprudence Libye, encore une fois. La m&ecirc;me force, les m&ecirc;mes forces, produisant les m&ecirc;mes effets. Comment les int&eacute;ress&eacute;s ne le voient-ils pas&thinsp;? En vertu de quel autisme Bachar ne comprend-il pas que la m&ecirc;me coalition est en train de prendre forme, qui eut raison de Kadhafi et qui aura raison de lui&thinsp;?<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tD&rsquo;autant qu&rsquo;il y a un dernier point sur lequel sont en train de s&rsquo;accorder mes trois interlocuteurs. C&rsquo;&eacute;tait un tabou, jusqu&rsquo;&agrave; pr&eacute;sent. C&rsquo;&eacute;tait le mot qu&rsquo;il ne fallait surtout pas prononcer. Et il se trouvait m&ecirc;me, en France, des hommes &ndash; je les ai rencontr&eacute;s lorsqu&rsquo;a &eacute;t&eacute; organis&eacute;, avant l&rsquo;&eacute;t&eacute;, autour de La R&egrave;gle du jeu, un meeting de soutien aux civils syriens assassin&eacute;s &ndash; pour dire qu&rsquo;ils pr&eacute;f&eacute;raient encore mourir qu&rsquo;avoir &agrave; le prof&eacute;rer. Ce mot c&rsquo;est&thinsp;: &laquo;&thinsp;intervention&thinsp;&raquo;. Ou, mieux&thinsp;: &laquo;&thinsp;intervention internationale&thinsp;&raquo;. Pourquoi ce qui a &eacute;t&eacute; fait en Libye ne l&rsquo;a-t-il pas &eacute;t&eacute; en Syrie&thinsp;? A ce deux poids et deux mesures, &agrave; ce scandale d&rsquo;iniquit&eacute;, plusieurs raisons. Mais celle-ci, d&eacute;j&agrave;&thinsp;: les Syriens, contrairement aux Libyens, ne le demandaient pas. Souvent m&ecirc;me ils s&rsquo;y refusaient. Eh bien, cela aussi est en train de changer. Et c&rsquo;est la derni&egrave;re raison pour laquelle le r&eacute;gime de Damas est condamn&eacute;.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tAvec Assad, la guerre est d&eacute;clar&eacute;e.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tPhoto : D.R.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tSource : la R&egrave;gle du Jeu<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&nbsp; Les derniers jours de Bachar al-Assad, par Bernard-Henri L&eacute;vy &nbsp; &nbsp; &nbsp; C&rsquo;est un exil&eacute; r&eacute;cent que me pr&eacute;sente Bernard Schalscha, cet ancien trotskiste qui, au sein de La R&egrave;gle du jeu, rassemble, depuis huit mois, les informations sorties de Syrie et attestant la sauvagerie de la r&eacute;pression &agrave; Homs, Hama ou Qousseir. L&rsquo;homme&hellip;&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"neve_meta_sidebar":"","neve_meta_container":"","neve_meta_enable_content_width":"","neve_meta_content_width":0,"neve_meta_title_alignment":"","neve_meta_author_avatar":"","neve_post_elements_order":"","neve_meta_disable_header":"","neve_meta_disable_footer":"","neve_meta_disable_title":"","_themeisle_gutenberg_block_has_review":false,"footnotes":""},"categories":[267,36,52,11,26,1],"tags":[],"class_list":["post-3138","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-homs","category-libye","category-londres","category-moyen-orient","category-syrie","category-uncategorized"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3138","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=3138"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3138\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=3138"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=3138"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=3138"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}