{"id":3184,"date":"2011-11-21T19:04:39","date_gmt":"2011-11-21T19:04:39","guid":{"rendered":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/?p=3184"},"modified":"2011-11-21T19:04:39","modified_gmt":"2011-11-21T19:04:39","slug":"robert-crumb-est-toujours-un-bon-coup","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/robert-crumb-est-toujours-un-bon-coup\/","title":{"rendered":"Robert Crumb est toujours un bon coup&#8230;"},"content":{"rendered":"<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tRobert Crumb est toujours un bon coup&#8230;<\/p>\n<p>\n\t<span class=\"auteur_article\">Par <span class=\"auteur_staff\"><a href=\"http:\/\/blogs.mediapart.fr\/blog\/vincent-truffy\" title=\"&lt;div class=\u00b4bulle_utilisateur bulle_staff\u00b4&gt;&lt;div class=\u00b4photo\u00b4&gt;&lt;img src=&quot;http:\/\/static.mediapart.fr\/files\/imagecache\/photo_utilisateur_petite\/imageperso\/v.jpg&quot; _cke_saved_src=&quot;http:\/\/static.mediapart.fr\/files\/imagecache\/photo_utilisateur_petite\/imageperso\/v.jpg&quot; alt=&quot;&quot; title=&quot;&quot;  class=&quot;imagecache imagecache-photo_utilisateur_petite&quot; width=&quot;50&quot; height=&quot;67&quot; \/&gt;&lt;\/div&gt;&lt;div class=\u00b4infos\u00b4&gt;&lt;div class=\u00b4nom\u00b4&gt;Vincent Truffy&lt;\/div&gt;&lt;\/div&gt;&lt;\/div&gt;\">Vincent Truffy<\/a><\/span><\/span><\/p>\n<div class=\"page_papier\" id=\"page_papier\">\n<div class=\"content\">\n<div class=\"detail_contenu\">\n<p>\n\t\t\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t\t\t&#8230;un bon coup &eacute;ditorial. Capable de sauver la saison enti&egrave;re d&#39;un &eacute;diteur de BD. Public fid&egrave;le et collectionneur, fonds presque in&eacute;puisable, qualit&eacute; &eacute;gale, sans surprise ni d&eacute;ception. Voil&agrave; qui tombe plut&ocirc;t bien: nous arrivons &agrave; la fin de l&#39;ann&eacute;e, saison des cadeaux de No&euml;l et des bilans comptables. Chacun sort son Crumb.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tDeno&euml;l Graphic, d&eacute;j&agrave; &eacute;diteur de sa <i>Gen&egrave;se<\/i>, sort <i>Parle-moi d&#39;amour<\/i>, <i>&laquo;35 ans in love, l&#39;int&eacute;grale&raquo;<\/i> entre Robert Crumb et sa compagne Aline Kominski, 35 euros aussi et presque 270 pages, couverture tr&egrave;s fortement cartonn&eacute;e. Seule la mention <i>&laquo;contient des sc&egrave;nes explicites&raquo;<\/i> (mais quel album de Crumb n&#39;en contient pas?) nous retient de placer l&#39;album <i>subito<\/i> au pied du sapin entre le chaste foulard pour maman et la poup&eacute;e Barbie aux mensurations elles aussi tr&egrave;s explicites que l&#39;on destine &agrave; la petite derni&egrave;re.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tPas de d&eacute;lires sixties sous acides de nabots puissamment dot&eacute;s par la nature qui besognent fr&eacute;n&eacute;tiquement de fortes matrones &agrave; gros seins et grosses fesses. On est ici dans l&#39;amour monogame et matrimonial de Robert et d&#39;Aline, compliqu&eacute; d&#39;une petit Sophie qui appara&icirc;t entre eux.<\/p>\n<div class=\"media media-imagecache-300_pixels_nb media-align-left\">\n\t\t\t\t&nbsp;<\/div>\n<div class=\"media media-imagecache-300_pixels_nb media-align-left\">\n\t\t\t\t<span class=\"legend\">Parle-moi d&#39;amour.<\/span><\/div>\n<p>\t\t\tUn couple form&eacute; au d&eacute;but des ann&eacute;es 1970 et qui a commenc&eacute; par publier son linge sale dans <i>Dirty Laundry<\/i> justement.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tElle, <i>&laquo;the bunch&raquo;<\/i>, le &laquo;p&#39;tit lot&raquo;, ma&icirc;tresse-femme, extravertie, dominatrice dans la vie, poss&eacute;d&eacute;e au lit (rarement dans le lit d&#39;ailleurs); lui <i>&laquo;rabbit&raquo;<\/i>, gringalet, timide, refoul&eacute; mais chaud lapin dans l&#39;intimit&eacute;. L&#39;idole de la contre-culture et sa &laquo;Jewish American Princess&raquo;, conspu&eacute;e comme Yoko Ono. <i>&laquo;Juif + Goy = Joy&raquo;, <\/i>clame Crumb.<\/p>\n<div class=\"media media-imagecache-250_pixels_nb media-align-right\">\n\t\t\t\t<span class=\"legend\">Parle-moi d&#39;amour.<\/span><\/div>\n<p>\t\t\t<i>&laquo;Toutes les autres c&eacute;l&eacute;brit&eacute;s ont une maison dans le sud de la France&#8230; Pourquoi pas nous?&raquo;<\/i> Au tournant des ann&eacute;es 1990, la famille s&#39;exile &agrave; Sauve, village m&eacute;di&eacute;val du Gard, aux portes des C&eacute;vennes, ses fourches en micocoulier, son chaos karstique, sa maison natale de Robert Filiou et d&eacute;sormais; les s&eacute;ances de gym et la galerie d&#39;art des Crumb-Kominski.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tCe n&#39;est pas exactement le <i>shtetl<\/i> (le village yiddish) dont r&ecirc;vait Aline, mais la famille arriv&eacute;e sans parler un mot de fran&ccedil;ais s&#39;implique dans la vie du village, rabat ses ambitions contre-culturelles &agrave; la d&eacute;fense du local, se bat contre les gaz de schiste, contre l&#39;implantation d&#39;une d&eacute;chetterie ou d&#39;un supermarch&eacute;&#8230; Et <i>Parle-moi d&#39;amour<\/i> finit par se montrer subversif en d&eacute;taillant <i>&laquo;plus que vous n&#39;avez jamais voulu savoir sur le sexe des seniors&raquo;. <\/i><\/p>\n<div class=\"media media-imagecache-150_pixels_nb media-align-left\">\n\t\t\t\t<br \/>\n\t\t\t\t<span class=\"legend\">La Naus&eacute;e<\/span><\/div>\n<p>\t\t\tDe son c&ocirc;t&eacute;, Corn&eacute;lius poursuit sa publication de l&#39;int&eacute;grale en 1.433 volumes avec un douzi&egrave;me opus, <i>Nausea, <\/i>qui reprend ses adaptations plus ou moins litt&eacute;raires avec une profonde dilection pour les r&eacute;cits hallucin&eacute;s, le mysticisme et la folie.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tTout fait ventre. Sartre avec <i>La Naus&eacute;e<\/i> (qui donne son titre au recueil)<i> &laquo;librement adapt&eacute;&raquo;<\/i>, avec ses cases en biais, trembl&eacute;e, qui se d&eacute;vorent l&#39;une l&#39;autre, qui tanguent, ploient sous le texte qui lui m&ecirc;me engraisse et s&#39;&eacute;tr&eacute;cit, passe de l&#39;anglais au fran&ccedil;ais, sac, ressac, gros plan sur l&#39;&oelig;il, gros plan sur la main, sans laisser souffler et provoque les haut-le-c&oelig;ur chez le lecteur comme chez Roquentin.<\/p>\n<div class=\"media media-imagecache-500_pixels media-align-center\">\n\t\t\t\t&nbsp;<\/div>\n<div class=\"media media-imagecache-500_pixels media-align-center\">\n\t\t\t\t<span class=\"legend\">Psychopathia sexualis<\/span><\/div>\n<p>\t\t\tVon Krafft-Ebing &ndash; psychiatre autrichien, inventeur du couple sadisme-masochisme &ndash; qui aligne froidement les &eacute;tudes cliniques dans son catalogue des d&eacute;viances sexuelles, <i>Psychopathia sexualis, &eacute;tude m&eacute;dico-l&eacute;gale &agrave; l&#39;usage des m&eacute;decins et des juristes. &laquo;Cas n&deg;75, masochisme latent, f&eacute;tichisme du pied. Il empruntait les chaussures de femmes de la maison et, s&#39;il les mettait en contact avec son p&eacute;nis, il &eacute;jaculait&raquo;, &laquo;cas n&deg;97, automutilation. A chaque fois qu&#39;il avait suivi une jeune fille en vain, il coupait un morceau de chair de son propre bras, ou cuisse, ou abdomen et le mangeait, imaginant qu&#39;il s&#39;agissait d&#39;un morceau de la fille&raquo;, &laquo;cas n&deg;152, androgynie. Il abhorrait la pratique de la chasse avec des armes et parlait de pr&eacute;f&eacute;rence de sa po&eacute;sie et de ses tentatives po&eacute;tiques. Une personne mentalement anormale et vicieuse. Ce caract&egrave;re &eacute;tait cong&eacute;nital et donc incurable&raquo;&#8230; <\/i><\/p>\n<div class=\"media media-imagecache-225_pixels_nb media-align-right\">\n\t\t\t\t&nbsp;<\/div>\n<div class=\"media media-imagecache-225_pixels_nb media-align-right\">\n\t\t\t\t<span class=\"legend\">Jelly Roll Morton<\/span><\/div>\n<p>\t\t\tJelly Roll Morton, ci-nomm&eacute; <i>&laquo;inventeur du jazz&raquo;,<\/i> victime d&#39;une mal&eacute;diction vaudou, vendu &agrave; Satan par sa marraine, les amours ancillaires de B&eacute;cassine, petite bonne bretonne, la crise psycho-mystique de Philippe K. Dick qui d&eacute;couvrit, apr&egrave;s s&#39;&ecirc;tre fait arracher une dent de sagesse en 1974, qu&#39;il avait &eacute;t&eacute;, qu&#39;il &eacute;tait toujours habit&eacute; par un des premiers chr&eacute;tiens pers&eacute;cut&eacute;s dans la Rome antique, qu&#39;il avait des souvenirs de 2000 ans, qu&#39;il parlait latin, grec, sanskrit.<\/p>\n<div class=\"media media-imagecache-150_pixels_nb media-align-left\">\n\t\t\t\t&nbsp;<\/div>\n<div class=\"media media-imagecache-150_pixels_nb media-align-left\">\n\t\t\t\t<span class=\"legend\">Philip K. Dick<\/span><\/div>\n<p>\t\t\tLes superbes portraits des patientes d&#39;un asile d&#39;ali&eacute;n&eacute;s du Surrey tir&eacute;s par Hugh Diamond au XIXe si&egrave;cle. Et le journal &eacute;rotique de l&#39;aristocrate &eacute;cossais Boswell, et les m&eacute;morables co&iuml;ts du Cr&eacute;tin (<i>&laquo;The Moron&raquo;<\/i>) de <i>Bad Karma<\/i> avec sa marraine la f&eacute;e, p&eacute;rilleux assemblage de <i>comics<\/i> tourment&eacute;s parus dans les magazines alternatifs <i>Weirdo, Raw<\/i> et <i>Hup<\/i> dans les ann&eacute;es 1980.<\/p>\n<div class=\"media media-imagecache-500_pixels media-align-center\">\n\t\t\t\t&nbsp;<\/div>\n<div class=\"media media-imagecache-500_pixels media-align-center\">\n\t\t\t\t<span class=\"legend\">Bad Karma<\/span><\/div>\n<p>\n\t\t\t\tPas forc&eacute;ment un bon cadeau de No&euml;l familial, donc, sauf &agrave; l&#39;offrir sous le manteau. Alors quoi? Notre agent traitant chez Corn&eacute;lius nous conseille <i>The Record Cover Collection, <\/i>beau livre sans histoires au format de 33-Tours: <i>&laquo;on a tous un beau-fr&egrave;re qui collectionne les disques&raquo;<\/i>.<\/p>\n<div class=\"media media-imagecache-150_pixels media-align-right\">\n\t\t\t\t&nbsp;<\/div>\n<div class=\"media media-imagecache-150_pixels media-align-right\">\n\t\t\t\t<span class=\"legend\">Crumb et son banjo.<\/span><\/div>\n<p>\t\t\tSoit 450 et quelques pochettes dessin&eacute;es par Crumb. Du blues (beaucoup), des c&eacute;l&eacute;brit&eacute;s (The Grateful Dead, Janis Joplin, Deep Purple, Bob Dylan, Neil Young, The Who&#8230;) mais aussi une anthologie des musiques traditionnelles, du musette, du jazz manouche, du klezmer et bien s&ucirc;r, son propre groupe, The Cheap Suit Serenaders (<i>&laquo;f&ecirc;tes, mariages, pique-niques, festivals et petits clubs&raquo;<\/i>)&#8230;<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tSans &ecirc;tre particuli&egrave;rement prude, finalement, c&#39;est celui-l&agrave; qui ira sous le sapin.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\t&nbsp;<\/p>\n<ul>\n<li>\n\t\t\t\t\t<i>Parle-moi d&#39;amour, <\/i>d&#39;Aline et Robert, Deno&euml;l Graphic, 264 p., 35 euros.<\/li>\n<li>\n\t\t\t\t\t<i>Nausea,<\/i> de Robert Crumb, Corn&eacute;lius, 196 p., 20 euros.<\/li>\n<li>\n\t\t\t\t\t<i>The Record Cover Collection,<\/i> de Robert Crumb, Corn&eacute;lius, 112 p., 25 euros.<\/li>\n<\/ul><\/div>\n<\/p><\/div>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&nbsp; Robert Crumb est toujours un bon coup&#8230; Par Vincent Truffy &nbsp; &#8230;un bon coup &eacute;ditorial. 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