{"id":3254,"date":"2011-11-29T17:41:02","date_gmt":"2011-11-29T17:41:02","guid":{"rendered":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/?p=3254"},"modified":"2011-11-29T17:41:02","modified_gmt":"2011-11-29T17:41:02","slug":"tunisie-si-rien-ne-change-va-bruler-gafsa","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/tunisie-si-rien-ne-change-va-bruler-gafsa\/","title":{"rendered":"Tunisie : Si rien ne change, on va br\u00fbler Gafsa"},"content":{"rendered":"<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<div style=\"padding-top: 25px; position: relative;\">\n<p>\n\t\tTunisie : Si rien ne change, on va br&ucirc;ler Gafsa<\/p>\n<p>\n\t\tUn an apr&egrave;s la r&eacute;volution du Jasmin, les contestations sociales se multiplient. L&#39;emploi est au centre de toutes les revendications<\/p>\n<\/div>\n<div class=\"article zoomable\">\n<!-- \/Col article -->\t<\/p>\n<p>\n\t\tDes pneus br&ucirc;l&eacute;s jonchent le bitume de la rue Habib Bourguiba, avenue principale de M&#39;dhilla. Dans cette petite ville du centre de la Tunisie, pr&egrave;s du local de l&#39;UGTT, le principal syndicat tunisien, des chaises, br&ucirc;l&eacute;es &eacute;galement, sont dispos&eacute;es sur les trottoirs. Les fen&ecirc;tres du b&acirc;timent ont &eacute;t&eacute; bris&eacute;es, tout comme celles de la municipalit&eacute; qui date de l&#39;empire colonial.<\/p>\n<p>\n\t\t&quot;En plus de nos emplois, c&#39;est notre patrimoine qui est parti en fum&eacute;e&quot;, regrette Hossein, 30 ans d&#39;anciennet&eacute; &agrave; la Compagnie de phosphate de Gafsa (CPG), d&eacute;tenue &agrave; 99 % par l&#39;&Eacute;tat tunisien et num&eacute;ro cinq mondial du secteur. Dans la nuit du 23 au 24 novembre, M&#39;dhilla mais aussi Moular&egrave;s, situ&eacute;e &agrave; une trentaine de kilom&egrave;tres, ont &eacute;t&eacute; le th&eacute;&acirc;tre de violences. Les manifestants contestaient les r&eacute;sultats, annonc&eacute;s le 23 novembre, du concours de recrutement de la CPG.<\/p>\n<h2>\n\t\t40 % de ch&ocirc;meurs<\/h2>\n<p>\n\t\t&quot;Ils n&#39;ont pas respect&eacute; les crit&egrave;res de s&eacute;lection (bas&eacute;s essentiellement sur des crit&egrave;res sociaux, NDLR). Certains ont &eacute;t&eacute; pris alors qu&#39;ils avaient d&eacute;j&agrave; un emploi&quot;, assure N&eacute;ji Yacoubi, les dents noircies &agrave; cause de la pollution engendr&eacute;e par le phosphate. Fragilit&eacute; des os, perte des cheveux, cancer, les effets sur la population locale de l&#39;extraction de cette ressource sont nombreux, pourtant, tout le monde veut travailler dans cette entreprise. Alors que le taux de ch&ocirc;mage flirte avec les 40 % dans le gouvernorat de Gafsa, contre 18 % pour la moyenne nationale, l&#39;emploi reste plus que jamais au coeur des pr&eacute;occupations. Et la CPG, le principal employeur.<\/p>\n<p>\n\t\tDes salaires all&eacute;chants (environ 500 dinars -250 euros- pour un chauffeur, alors que le salaire moyen est de 120 &agrave; 150 dinars), une retraite juteuse, des avantages sociaux et une s&eacute;curit&eacute; sociale sont les nombreux avantages qu&#39;elle offre. Cette ann&eacute;e, elle a re&ccedil;u plus de 16 000 candidatures pour 2 600 postes au sein de l&#39;entreprise et 1 200 autres &agrave; pourvoir dans sa soci&eacute;t&eacute; de pr&eacute;servation de l&#39;environnement. Mais les r&eacute;sultats annonc&eacute;s le 23 novembre, peu avant la d&eacute;mission du gouvernement, n&#39;&eacute;taient que partiels et manquaient de transparence. &quot;Nous avions demand&eacute; au minist&egrave;re de l&#39;Emploi d&#39;attendre et d&#39;afficher les scores de chaque candidat. Mais certaines personnes au sein du gouvernement n&#39;ont pas voulu&quot;, regrette Ka&iuml;s Daly, le P-DG du groupe, tout en refusant de nommer qui que ce soit. Devant le si&egrave;ge du Groupe chimique tunisien, &agrave; Tunis, des militaires s&eacute;curisent la zone. Une centaine de personnes, venues du gouvernorat de Gafsa, se sont r&eacute;unies le 28 novembre, pour d&eacute;noncer ces r&eacute;sultats.<\/p>\n<h2>\n\t\t<b>Une impression de d&eacute;j&agrave;-vu<\/b><\/h2>\n<p>\n\t\tLes dents jaunies, un manteau visiblement trop grand pour lui, Hossein, ancien chauffeur de poids lourds, s&#39;avance dans la cour de la compagnie de phosphate, &agrave; M&#39;dhilla. &Agrave; quelques m&egrave;tres de l&agrave;, une grue a &eacute;t&eacute; la proie des flammes. Derri&egrave;re, c&#39;est un camion. Plus loin, des carcasses de bus carbonis&eacute;s tr&ocirc;nent. La plaque de marbre qui indiquait l&#39;entr&eacute;e de la compagnie est en morceaux. Les murs blancs du laboratoire ont &eacute;t&eacute; noircis par la fum&eacute;e. M&ecirc;me vision du c&ocirc;t&eacute; du b&acirc;timent administratif, construit en 1923, o&ugrave; le plafond d&#39;une aile menace de s&#39;effondrer. Les d&eacute;g&acirc;ts mat&eacute;riels s&#39;&eacute;l&egrave;vent &agrave; plus de 5 millions de dinars (2,5 millions d&#39;euros), &quot;mais ce n&#39;est rien compar&eacute; au manque &agrave; gagner &#8211; 3 millions de dinars par jour &#8211; d&ucirc; &agrave; l&#39;arr&ecirc;t de la production&quot;, souligne Ka&iuml;s Daly.<\/p>\n<p>\n\t\tDepuis le 24 novembre, un couvre-feu a &eacute;t&eacute; instaur&eacute; dans tout le gouvernorat. &Agrave; M&#39;dhilla, quatre blind&eacute;s de l&#39;arm&eacute;e et de la gendarmerie patrouillent toute la journ&eacute;e.<\/p>\n<p>\n\t\tCette situation n&#39;est pas sans rappeler celle de 2008. &Agrave; l&#39;&eacute;poque, Redeyef, une ville mini&egrave;re situ&eacute;e &agrave; la fronti&egrave;re alg&eacute;rienne, s&#39;&eacute;tait enflamm&eacute;e. Les manifestants d&eacute;non&ccedil;aient alors la corruption et leurs mauvaises conditions de vie. Pendant plus de six mois, ils ont affront&eacute; les forces de l&#39;ordre de Ben Ali. Une contestation violemment r&eacute;prim&eacute;e qui a fait deux morts. &quot;Nous avons commenc&eacute; la r&eacute;volution &agrave; ce moment-l&agrave;&quot;, rappelle Moktar Charfi, le directeur de la maison de la culture de M&#39;dhilla.<\/p>\n<h2>\n\t\t<b>Promesses<\/b><\/h2>\n<p>\n\t\tPour calmer les tensions, les r&eacute;sultats du concours sont suspendus. Les habitants souhaitent leur r&eacute;vision, mais surtout des investissements. &Agrave; M&#39;dhilla, il n&#39;y a ni banque, ni station-service. &quot;Ce sont nos richesses qu&#39;ils exploitent. Ils gagnent beaucoup d&#39;argent, mais le gouvernorat n&#39;en b&eacute;n&eacute;ficie pas&quot;, d&eacute;plore Belgacem Mabrouki, employ&eacute; &agrave; l&#39;universit&eacute; de Gafsa.<\/p>\n<p>\n\t\tDifficile d&#39;attirer des investisseurs dans ce bassin minier, dont l&#39;acc&egrave;s se fait essentiellement via des routes d&eacute;fonc&eacute;es. Il faut plus de cinq heures pour y arriver depuis Tunis. &quot;Nous avons pr&eacute;sent&eacute; un programme de 400 millions de dinars &#8211; 200 millions d&#39;euros &#8211; au gouvernement pour d&eacute;velopper et cr&eacute;er des emplois dans la r&eacute;gion&quot;, soutient Ka&iuml;s Daly. &quot;Beaucoup de promesses ont &eacute;t&eacute; faites, mais rien ne se passe&quot;, regrette de son c&ocirc;t&eacute; le gouverneur, Moncef El H&eacute;ni.<\/p>\n<h2>\n\t\t&quot;Si rien n&#39;est fait, on va br&ucirc;ler Gafsa&quot;<\/h2>\n<p>\n\t\t&quot;Rien n&#39;a chang&eacute; depuis 2008. Les pratiques restent les m&ecirc;mes. Et la corruption est toujours l&agrave;&quot;, constate Rim Ammar, jeune avocate de Gafsa, alors que l&#39;impatience sociale se fait sentir. Devant le si&egrave;ge du gouverneur, des chauffeurs de taxi ont plant&eacute; une tente. Ils souhaitent recevoir des autorisations pour travailler. Au loin, une &eacute;paisse fum&eacute;e noircit le ciel de Gafsa. Devant la gare, des hommes br&ucirc;lent un pneu de poids lourd. Moatassim Karam, 50 ans, est au ch&ocirc;mage. Comme la cinquantaine de personnes pr&eacute;sentes sur place, il souhaite que le gouvernement s&#39;occupe d&#39;eux. &quot;Le local de r&eacute;paration des wagons a &eacute;t&eacute; transf&eacute;r&eacute; &agrave; Sfax. Huit cents personnes se sont retrouv&eacute;es au ch&ocirc;mage, alors que les installations sont toujours l&agrave;. (&#8230;) Si rien n&#39;est fait rapidement, on va br&ucirc;ler Gafsa&quot;, lance-t-il, reconnaissant que ce n&#39;est peut-&ecirc;tre pas la solution, &quot;mais j&#39;ai besoin de manger et de faire manger ma famille&quot;.<\/p>\n<p>\n\t\tCertaines entreprises, comme la soci&eacute;t&eacute; de c&acirc;blage Yazaki ou encore Benetton, se sont depuis install&eacute;es &agrave; Gafsa gr&acirc;ce au p&ocirc;le de comp&eacute;titivit&eacute; voulu par la CPG, mais cela n&#39;est pas suffisant. &quot;On ne cherche pas des salaires importants, on veut juste travailler. Toutes ces destructions et ces contestations ne sont pas une bonne chose, mais que faire ? On ne conna&icirc;t pas la d&eacute;mocratie, analyse, tel un sage, Hossein, alors qu&#39;il fume son narguil&eacute;. C&#39;est la mission des intellectuels de nous l&#39;enseigner.&quot;<\/p>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&nbsp; Tunisie : Si rien ne change, on va br&ucirc;ler Gafsa Un an apr&egrave;s la r&eacute;volution du Jasmin, les contestations sociales se multiplient. L&#39;emploi est au centre de toutes les revendications Des pneus br&ucirc;l&eacute;s jonchent le bitume de la rue Habib Bourguiba, avenue principale de M&#39;dhilla. Dans cette petite ville du centre de la Tunisie,&hellip;&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":16469,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"neve_meta_sidebar":"","neve_meta_container":"","neve_meta_enable_content_width":"","neve_meta_content_width":0,"neve_meta_title_alignment":"","neve_meta_author_avatar":"","neve_post_elements_order":"","neve_meta_disable_header":"","neve_meta_disable_footer":"","neve_meta_disable_title":"","_themeisle_gutenberg_block_has_review":false,"footnotes":""},"categories":[69,13,9,1],"tags":[],"class_list":["post-3254","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-habib-bourguiba","category-tunis","category-tunisie","category-uncategorized"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3254","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=3254"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3254\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/media\/16469"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=3254"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=3254"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=3254"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}