{"id":32660,"date":"2026-10-01T02:01:44","date_gmt":"2026-10-01T02:01:44","guid":{"rendered":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/?p=32660"},"modified":"2026-10-01T02:01:44","modified_gmt":"2026-10-01T02:01:44","slug":"les-noms-des-juifs-de-tunisie-par-lionel-levy","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/les-noms-des-juifs-de-tunisie-par-lionel-levy\/","title":{"rendered":"LES NOMS DES JUIFS DE TUNISIE, par Lionel Levy"},"content":{"rendered":"<div>\n<div>\n<div>\n<div>\n<div>\n<\/p><\/div>\n<\/p><\/div>\n<\/p><\/div>\n<\/p><\/div>\n<\/div>\n<hr\/>\n<div>\n<div>\n<div>\n<div>\n<p><b>Paul Sebag<\/b><\/p>\n<p><b>LES NOMS DES JUIFS DE TUNISIE 1<\/b><\/p>\n<p><b>(Annexe: \u201cLes noms des Livournais\u201d)<\/b><\/p>\n<p><b>Ce n\u2019est point une recension mais une v\u00e9ritable \u00e9tude que nous livre ici Lionel L\u00e9vy \u00e0 l\u2019occasion du dernier ouvrage de Paul Sebag, dont une importante annexe est consacr\u00e9e aux \u00ab\u00a0noms des Livournais\u00a0\u00bb <\/b><b>2. <\/b><b> * <\/b><\/p>\n<p><b>Respectant trop Paul Sebag pour imaginer qu\u2019il m\u2019en voudrait d\u2019aspirer au dialogue, m\u00eame serr\u00e9, je sais assez sa probit\u00e9 pour le croire insensible \u00e0 ce qui viendrait infl\u00e9chir ses premiers jugements ou pr\u00e9jug\u00e9s. Des erreurs de d\u00e9tail en histoire Marc Bloch disait qu\u2019elles \u00ab s\u2019annulaient par compensation \u00bb. Or les erreurs, ici, semblent aller dans le m\u00eame sens, d\u2019o\u00f9 mon trouble.<\/b><\/p>\n<h1><b>Noms d\u2019origine italienne ?<\/b><\/h1>\n<p><b>Pages 160 et 161, l\u2019auteur \u00e9num\u00e8re 71 patronymes dont il \u00e9crit : l\u2019origine italienne de ces noms ne peut \u00eatre mise en doute, et m\u00eame\u00a0: Ces noms sont ceux de juifs de souche italienne, puis plus loin\u00a0: ces juifs de vieille souche italienne4. Qu\u2019il me soit permis pourtant \u2014 e p\u00f9r si muove \u2014 plus que de mettre en doute bon nombre des certitudes ainsi affirm\u00e9es, d\u2019\u00eatre cat\u00e9gorique au moins pour les 21 noms suivants, tous ib\u00e9riques ou arabo-ib\u00e9riques, dont plusieurs notoirement li\u00e9s \u00e0 l\u2019histoire des Juifs portugais :<\/b><\/p>\n<p><b>Ayacchini est un diminutif italianis\u00e9 de Ayache, class\u00e9 par Richard Ayoun parmi les Livournais d\u2019Alger. Juda Ayache (1690-1760) est un ma\u00eetre en \u00e9tudes talmudiques. Il publie plusieurs ouvrages \u00e0 Livourne. \u00c0 cette \u00e9poque tous les th\u00e9ologiens alg\u00e9riens sont d\u2019origine ib\u00e9rique ou hispano-marocaine.<\/b><\/p>\n<p><b>Benedite, nom tr\u00e8s peu r\u00e9pandu \u00e0 Tunis, n\u2019est qu\u2019une esquisse d\u2019italianisation de <i>Bendito<\/i> ou <i>Bendit<\/i>\u00a0 (cf Cohn Bendit), traduction espagnole de <i>Baruch<\/i>, correspondant au <i>Bento<\/i> portugais, le plus souvent traduit en italien en <i>Benedetti<\/i>. Des Bendit sont \u00e0 Solsona en 1373-1391.<\/b><\/p>\n<p><b>Benero. Le sens de ce patronyme est \u201dV\u00e9nitien\u201d, <u>mais en langue portugaise<\/u> (Venero ou Benero) comme le souligne Eisenbeth. Il d\u00e9signe un Juif portugais venant de Venise.<\/b><\/p>\n<p><b>Bonan est l\u2019un des noms notables livournais de Tunis qu\u2019on ne rencontre gu\u00e8re \u00e0 Livourne. La seule mention y est celle de la ballotation dont faisait l\u2019objet un Messaoud Bonan venu de <i>Michines\u00a0 <\/i>\u00a0en 1775. Le nom Mekn\u00e8s est transcrit dans sa forme quasi portugaise 5. Le premier Benbunan ayant fait souche \u00e0 Gibraltar est n\u00e9 \u00e0 T\u00e9touan en 1700 6, ce qui rend l\u2019origine hispano-portugaise quasi certaine. La famille est ancienne \u00e0 Tunis et prestigieuse\u00a0 7. Certes Paul Sebag propose l\u2019hypoth\u00e8se italienne\u00a0 <i>Buonanno <\/i>= bonne ann\u00e9e. Mais il existait \u00e0 Tol\u00e8de des <i>Buenanno<\/i> 8 \u2014 qui ont tr\u00e8s bien pu donner au Maroc : <i>Bunan<\/i>, correspondant d\u2019ailleurs \u00e0 sa prononciation d\u2019avant le Protectorat \u2014 et des <i>Bonanath<\/i>, m\u00eame sens. L\u2019identit\u00e9 de racines ib\u00e9riques et italiennes ne doit pas cr\u00e9er confusion dans le contexte\u00a0 historique.<\/b><\/p>\n<p><b>Buonafaro. Faro est un nom s\u00e9pharade classique \u00e0 Livourne et Amsterdam, Bueno \u00e9galement. Buonafaro ne peut-\u00eatre que la contraction relativement italianis\u00e9e de Bueno Faro avec attraction du A. Cette construction rappelle les Bonastruc et Bonardut.<\/b><\/p>\n<p><b>Cassuto. En 1466, le roi Alfonso V passe un march\u00e9 avec un Moises Ca\u00e7uto, forgeron \u00e9tabli \u00e0 Alc\u00e1cer-Ceguer, possession portugaise au Maroc 9. Renzo Toaff signale qu\u2019en 1639 seuls vivent \u00e0 Florence <i>tre ebrei levantini, Aron Franco, David Cassuto et Elia Jesurun <\/i>10<i>. <\/i>De nombreux Cassuto sont pr\u00e9sents \u00e0 Livourne, Amsterdam, Hambourg, Salonique, Smyrne.<\/b><\/p>\n<p><b>Coen. Il y a de l\u2019a priori \u00e0 classer les Coen n\u00e9cessairement parmi les Italiens. Lire ci-dessous les explications donn\u00e9es au sujet de Cohen class\u00e9 \u201cnom h\u00e9breu\u201d (mais Coen est-il moins h\u00e9breu ?).<\/b><\/p>\n<p><b>Eminente. L\u2019apparente consonnance italienne est trompeuse et l\u2019auteur y est attir\u00e9. Le m\u00eame mot avec m\u00eame sens existe tant en espagnol qu\u2019en portugais. Les Baruh Eminente sont l\u2019une des premi\u00e8res grandes familles d\u2019origine marrane de Livourne. Abram Baruh Eminente fut deux fois <i>Massaro <\/i>ou <i>parnas <\/i>\u00a0avant 1645 \u00e0 Livourne, date \u00e0 laquelle seuls les ib\u00e9riques pouvaient acc\u00e9der aux charges\u00a0 11.<\/b><\/p>\n<p><b>Felice. Il y a l\u00e0 un glissement habituel vers la forme italienne du nom portugais primitif Felis ou Feliz que l\u2019on trouve \u00e0 Livourne en 1656 parmi les <i>Gabbayim di Zedaq\u00e0\u00a0 <\/i>(Toaff, p. 461). Un David Felis <i>nieto <\/i>(petit-fils) est en 1654\u00a0 membre de la <i>Fraterna di Mohar Ha-Betulot <\/i>(\u0153uvre pour\u00a0 le mariage des jeunes orphelines, poste r\u00e9serv\u00e9 \u00e0 l\u2019aristocratie marchande. Emidio de Felice (catholique), dans son\u00a0 <i>Dizionario dei cognomi iIaliani, <\/i>assimile les Felice et Felis, mais sans m\u00eame en \u00e9voquer la religion ni l\u2019origine.<\/b><\/p>\n<p><b>Grego. La forme italienne est\u00a0 Greco. Les formes espagnoles sont Greco ou Griego. Grego par contre est la forme portugaise. Il devrait, semble-t-il, d\u00e9signer une famille d\u2019origine levantine rebaptis\u00e9e \u00e0 Livourne. Mais rien ne justifie l\u2019hypoth\u00e8se \u2014 ni en tous cas la certitude ! \u2014 italienne.<\/b><\/p>\n<p><b>Iacchia. Il est vrai que ce nom est une italianisation de Yahia. Mais la famille Yahia dont le nom remonte au XIIe si\u00e8cle est l\u2019une des plus anciennes et prestigieuses parmi les Juifs portugais. Le nom est l\u2019<i>alias <\/i>de Diniz. L\u2019anc\u00eatre Rabbi Joseph ibn Yahia qui quitta le Portugal vers 1490 figurait la onzi\u00e8me g\u00e9n\u00e9ration de la lign\u00e9e connue\u00a0 12 .<\/b><\/p>\n<p><b>Levi. M\u00eames observations que pour les Coen. L\u2019origine italienne n\u2019est nullement d\u00e9montr\u00e9e vu la pr\u00e9sence des Levi \u00e0 Pise et Livourne d\u00e8s les premiers jours de la <i>Nazione<\/i>. Les seuls Levi livournais de Tunis \u00e9taient alli\u00e9s \u00e0 plusieurs des vieilles familles s\u00e9pharades, Cardoso, Nunez etc. Le Dr Guglielmo Levi, directeur de l\u2019h\u00f4pital isra\u00e9lite et de l\u2019h\u00f4pital italien, \u00e9tait n\u00e9 \u00e0 Livourne. Primo Levi a toujours dit sa propre origine ib\u00e9rique.<\/b><\/p>\n<p><b>Molco, Molho ou Molgo. Le nom est hispano-portugais. Il \u00e9tait pr\u00e9sent au Portugal et en Catalogne avant l\u2019expulsion, largement repr\u00e9sent\u00e9 \u00e0 Amsterdam (Molcho ou Molgo), Livourne (1674, Renzo Toaff) et Salonique. Abraham Molho est pr\u00e9sent au sein de la communaut\u00e9 portugaise de Pise en 1613 13. La racine permet de supposer l\u2019origine commune avec les Melki et Malka, c\u2019est-\u00e0-dire orginaires de Malaga 14, ces derniers noms \u00e9tant la forme arabe pour l\u2019habitant et la ville, et Molco, Molgo ou Molho, la forme latine. Il existe des Melki parmi les Morisques ce qui renforce l\u2019origine espagnole. Un m\u00e9decin rabbin Mordekhai (Angelo) Malki est \u00e0 Livourne \u00e0 la fin du XVIIe si\u00e8cle, puis se transf\u00e8re\u00a0 \u00e0 J\u00e9rusalem 15. Paul Sebag, p.161, classe les Molco parmi familles dont l\u2019origine italienne <i>ne peut \u00eatre mise en doute<\/i>, alors que p. 107 il expliquait l\u2019origine portugaise du m\u00eame nom : pourquoi?<\/b><\/p>\n<p><b>Pansieri. La forme adopt\u00e9e par le signataire des contrats de mariage \u00e0 Tunis est Pansier. (Eisenbeth cite <i>Pensier <\/i>)<i>.<\/i> Le mari\u00e9 signe<i> Isaque Pansier nobio <\/i>le8 juin 1796, signature tout espagnole par la forme du pr\u00e9nom et le terme choisi pour d\u00e9signer le mari\u00e9 : <i>nobio, <\/i>et non <i>sposo. <\/i>Le nom ne figure point au\u00a0 <i>Dizionario dei cognomi italiani\u00a0 <\/i>de Emidio De Felice, auquel se r\u00e9f\u00e8re souvent l\u2019auteur. Certes il \u00e9voque le terme italien m\u00e9ridional <i>panza<\/i>\u00a0 (panse), mais <i>panza <\/i>existe en espagnol, illustr\u00e9 par Cervantes. On peut songer aussi au tr\u00e8s classique nom portugais <i>Penso <\/i>pr\u00e9sent dans toute la diaspora hispano-portugaise et voir dans le jeu homophonique hispano-italien plus de pens\u00e9e que de panse. Mais on ne peut \u00e9carter l\u2019h\u00e9breu <i>Penyer<\/i>, hispanis\u00e9.<\/b><\/p>\n<p><b>Provenzal. Les premiers Provenzal pr\u00e9sents \u00e0 Livourne avaient conserv\u00e9 la forme portugaise Proenza ou Proensa au XVIIe si\u00e8cle. Il en \u00e9tait ainsi d\u2019Abram Nunes Proensa class\u00e9 par Toaff parmi les <i>Mercanti attivi nella vita pubblica degli anni 1650-1659.<\/i> En 1677 le m\u00eame personnage transcrivait son nom en Abram Nunes Proven\u00e7al 16. \u00c0 cette date seuls les ib\u00e9riques avaient vocation aux charges publiques. Ces Proven\u00e7al, comme les Franco ou Frances ou les Narbonne ou Narboni \u00e9taient des descendants de Juifs fran\u00e7ais r\u00e9fugi\u00e9s en Espagne au cours des si\u00e8cles. Cette famille ne cessa jusqu\u2019au XIXe si\u00e8cle de faire partie des notables de Livourne. Natanielo Provenzal fut le repr\u00e9sentant des Juifs au\u00a0 Conseil Municipal de Livourne lors de l\u2019occupation fran\u00e7aise de 1799.<\/b><\/p>\n<p><b>Roa n\u2019est nullement italien, mais h\u00e9breu pour Roah\u00a0 17.<\/b><\/p>\n<p><b>Sacuto. Il est \u00e9tonnant de voir classer ce nom historique parmi les noms italiens. Rappelons qu\u2019Abraham Zacuto, c\u00e9l\u00e8bre cartographe n\u00e9 \u00e0 Salamanque vers 1450 quitta le Portugal pour la Tunisie, puis la Turquie o\u00f9 il mourut vers 1510 18. Toaff, qui cite plusieurs Zacuto ou Sacuto parmi les <i>massari <\/i>de Pise en 1599, \u00e9crit que la famille Zaquto ou Sacuto \u00e9tait d\u2019indubitable origine marrane portugaise, comme les Aboab 19 (que nous retrouverons tout \u00e0 l\u2019heure).<\/b><\/p>\n<p><b>Scialom. D\u00e9duire de la seule orthographe adopt\u00e9e au XIXe si\u00e8cle l\u2019origine italienne de ce nom semble aussi \u00e9tonnant. Jusqu\u2019au recensement de 1841 le nom est orthographi\u00e9 \u00e0 la portugaise, Salom ou m\u00eame Salon. La prononciation devait \u00eatre \u00e0 la portugaise Shalom comme en h\u00e9breu. Des Salom figurent \u00e0 Tunis sur la reconnaissance de dette de 1686. Il s\u2019agit de Jacob de Rafael, Rafael, Rafael de Jacob, Rafael Samuel Salom que Toaff rapproche des Salom Abram, David et Eliahu de Livourne (1645, 1624 et 1689). Le 16 juin 1612 Abraham Salom et Rafael Coen Salom avec un Mose Israel et Selomo Zaquto r\u00e9digent une requ\u00eate en langue portugaise \u00e0 propos de l\u2019organisation de la synagogue 20. Le nom n\u2019existe plus au recensement de 1841 \u00e0 Livourne, mais est tr\u00e8s banal \u00e0 Amsterdam (Salom, Salom Morenu, Salom d\u2019Azevedo, Salom del Valhe). Au XIXe si\u00e8cle des Livournais Salom deviennent des Salmon. D\u2019autres deviennent Pacifici.<\/b><\/p>\n<p><b>Servadio. Ce nom est selon Toaff l\u2019italianisation par traduction du nom <i>Ovadi\u00e0.<\/i> Renzo Toaff l\u2019explique en \u00e9voquant la figure d\u2019Ovadi\u00e0 di Shabettay, juif romaniote habitant Damas, pr\u00e9sent \u00e0 Anc\u00f4ne en 1544-45. Servadio s\u2019\u00e9tablit en Toscane comme beaucoup de Juifs levantins et ponentins d\u2019Anc\u00f4ne fuyant les pers\u00e9cutions papales 21. Toaff rappelle qu\u2019apr\u00e8s 1492, ph\u00e9nom\u00e8ne bien connu, la culture et la langue espagnole furent dominantes parmi les romaniotes qui devinrent des  <i>levantini. <\/i>Il existe des Ovadia \u00e0 Lisbonne, venus du Maroc espagnol (Abecassis, T 3, 540). Rappelons qu\u2019\u00e0 l\u2019origine, pour raisons politiques, la premi\u00e8re communaut\u00e9 de Pise se d\u00e9clara levantine, mais que la pr\u00e9dominance portugaise y fut rapide, le portugais devenant tr\u00e8s t\u00f4t langue administrative de la communaut\u00e9 tout enti\u00e8re.<\/b><\/p>\n<p><b>Sulema. L\u2019identit\u00e9 portugaise semble \u00e9vidente. Salam\u00e3o Sulema (la forme du pr\u00e9nom est caract\u00e9ristique) est <i>massaro\u00a0 <\/i>\u00e0 Pise en 1643. A cette \u00e9poque rappelons que seuls les ib\u00e9riques ont acc\u00e8s aux charges jusqu\u2019\u00e0 la r\u00e9forme de 1693. Les Sulema, soit \u00e0 Pise, soit \u00e0 Livourne, ne cess\u00e8rent jamais de faire partie des notables. Eisenbeth signale des Soullam \u00e0 Barcelone en 1270.<\/b><\/p>\n<p><b>J\u2019allais oublier les Arditti. Paul Sebag n\u2019en parle pas dans le chapitre vis\u00e9 mais les \u00e9voque par ailleurs, maintenant sa th\u00e8se de l\u2019italianit\u00e9 du nom, appuy\u00e9 sur l\u2019ouvrage de Pettrocchi. J\u2019avais d\u00e9j\u00e0 sur ce point fourni dans ma th\u00e8se des r\u00e9f\u00e9rences qui me paraissaient d\u00e9terminantes 22 et me semblaient l\u2019avoir convaincu, le nom \u00e9tant absent des listes de son Annexe. Je vois qu\u2019il n\u2019en est rien. Vient s\u2019ajouter l\u2019\u00e9tude de Taranto sur les Juifs de Smyrne o\u00f9 l\u2019on ne voit pas moins de 129 Arditi. Reconnaissons qu\u2019Eisenbeth a affirm\u00e9 l\u2019italianit\u00e9 du nom. Mais, sans s\u2019embarrasser de contradiction, il cite un Pedro Ardit dans la liste des Juifs de Barcelone en 1392.<\/b><\/p>\n<h1><b>Encore les noms italiens. Pi\u00e8ges des toponymes. Hypoth\u00e8ses et surprises.<\/b><\/h1>\n<p><b>Nous venons de grouper au d\u00e9but de cette \u00e9tude des noms inclus \u00e0 tort par l\u2019auteur dans la liste de noms italiens, pour ne pas m\u00ealer ce qui relevait de l\u2019\u00e9vidence \u00e0 ce qui m\u00e9ritait discussion. Sur un plan g\u00e9n\u00e9ral il faut \u00eatre prudent pour attribuer \u00e0 des familles une origine italienne au seul motif que leur nom serait celui d\u2019une ville italienne ou d\u2019un m\u00e9tier, voire d\u2019une provenance \u00e9trang\u00e8re. Nous avons vu que beaucoup de marranes d\u2019Anc\u00f4ne et des possessions romaines, objets d\u2019une brutale r\u00e9pression apr\u00e8s une certaine tol\u00e9rance, prirent justement le parti d\u2019adopter des noms de villes italiennes surtout de la r\u00e9gion adriatique (Ancona, Rimini, Senegaglia, etc..). Une illustration nous interdit les certitudes, celle d\u2019un Moises Fano ou da Fano (ou d\u2019Affano) qui, quittant la r\u00e9gion d\u2019Anc\u00f4ne, prit le nom de la ville de Modigliana o\u00f9 il s\u2019arr\u00eata au XVIe si\u00e8cle. Il devint ainsi Modigliano, nom que l\u2019espagnol alt\u00e9ra en Modillano, puis Modiano. Cette branche des Modiano \u00e9migra \u00e0 Salonique d\u00e8s le d\u00e9but du XVIe si\u00e8cle d\u2019o\u00f9 elle s\u2019est r\u00e9pandue sur tout l\u2019empire ottoman 23. Des Modiano de Salonique s\u2019install\u00e8rent par la suite \u00e0 Livourne o\u00f9 avait v\u00e9cu autrefois un de leurs anc\u00eatres espagnols d\u2019Affano. Ceci nous permet au moins une interrogation sur l\u2019origine des Modigliani.<\/b><\/p>\n<p><b>Autre d\u00e9couverte, les Fiorentino. Ayant remarqu\u00e9 dans les statuts de la <i>Pia Santa de Bikur Olim <\/i>24, en langue portugaise, un administrateur du nom de Florentino, j\u2019eus un moment l\u2019impression\u00a0 que le l rempla\u00e7ant le i italien s\u2019expliquait par une s\u00e9phardisation du nom. Or, j\u2019appris que les Florentin \u00e9taient une famille notable d\u2019Istanbul et de Smyrne depuis le XVIe si\u00e8cle. Je fis connaisance, lors d\u2019un voyage en Espagne, d\u2019un Parisien de ce nom, originaire d\u2019Istanbul, et lui demandais si ses anc\u00eatres n\u2019\u00e9taient pas des Fiorentino de Livourne s\u00e9phardis\u00e9s en Florentino et Florentin. Le hasard voulut que nous soyions pass\u00e9s \u00e0 S\u00e9ville dans une rue \u201cFlorentin\u201d o\u00f9 le guide nous expliqua que le nom\u00a0 \u00e9tait autrefois appliqu\u00e9 \u00e0 tout Italien arrivant dans la ville, quelle que f\u00fbt d\u2019ailleurs sa religion ou sa province. Ainsi les Florentin d\u2019Istanbul descendraient-ils d\u2019Espagnols de lointaine origine italienne, comme les Frances d\u2019Espagnols de lointaine origine fran\u00e7aise.<\/b><\/p>\n<p><b>Africano. L\u2019adjectif peut \u00eatre aussi bien italien qu\u2019espagnol ou portugais.<\/b><\/p>\n<p><b>Allatini. Cette famille de Livournais, c\u00e9l\u00e8bres m\u00e9c\u00e8nes \u00e0 Salonique o\u00f9 ils firent tant pour les Ecoles de l\u2019Alliance, est-elle s\u00e9pharade ? L\u2019apparente consonnance italienne me laisse vigilant depuis les Uzzielli, voire Ussili et Uccielli pour Uziel, Gallichi ou Gallico pour Gallego, Obediente pour Abudiente, Pacifici pour Salom, Sacerdote pour Coen, Zuccarelli ou Zuccharino pour Zaccharia 25. Je fus mis en \u00e9veil \u00e0 Amsterdam quand j\u2019y trouvai de nombreux  <i>Aletrino<\/i>\u00a0 au moins depuis le d\u00e9but du XVIIIe si\u00e8cle, nom curieusement sans correspondance apparente \u00e0 Livourne. Or, entre les deux noms il n\u2019y a gu\u00e8re que l\u2019\u00e9lision du r et le passage au pluriel. Chaque\u00a0 fois qu\u2019un nom ib\u00e9rique commence par AL j\u2019ai tendance \u00e0 privil\u00e9gier la piste arabe. En italien, l\u2019\u00e9lision du \u201cr\u201d ne serait pas innocente. On passerait des latrines \u00e0 la latinit\u00e9&#8230; Mais elle \u00e9carte aussi la source arabe ; or, en arabe, la consonnance <i>alatrin <\/i>fait penser \u00e0\u00a0 <i>Al Attarin<\/i>, c\u2019est \u00e0 dire les marchands d\u2019\u00e9pices, racine que l\u2019on retrouve dans Abenattar. Cette hypoth\u00e8se me paraissait digne d\u2019\u00eatre expos\u00e9e sans influer vraiment sur le sort du d\u00e9bat, car d\u00e8s lors que la forme Aletrino n\u2019existe qu\u2019\u00e0 Amsterdam et non \u00e0 Livourne il y a lieu de rechercher quelle transformation nous l\u2019aurait voil\u00e9e.<\/b><\/p>\n<p><b>Un autre nom, Astrologo ou Dello Strogolo m\u2019inspire aussi. Il se trouve surtout en V\u00e9n\u00e9tie, \u00e0 Livourne et dans le Sud, premi\u00e8res r\u00e9gions d\u2019accueil des Ib\u00e9riques. Or il existe en Aragon un nom Astrugono (variante non r\u00e9duite d\u2019Astruc) d\u00e9signant l\u2019origine asturienne (d\u2019Astorga) et dont on ne voit pas trace directe en Italie. On note d\u00e9j\u00e0 dans le rapprochement de l\u2019adjectif Astrugono et du substantif Astorga une inversion des consonnes, ph\u00e9nom\u00e8ne banal en Espagne et au Portugal (ex: Abrabanel, Abarbanel, Albuquerque, Aboulker, de Castro, de Crasto, etc&#8230;) 26. Je n\u2019\u00e9carte donc pas l\u2019id\u00e9e qu\u2019Astrologo ne soit un glissement d\u2019Astrugono dans une oreille italienne encline \u00e0 lui pr\u00eater un sens. Ajoutons que le mot Astrologo lui-m\u00eame existe aussi bien en espagnol qu\u2019en italien. Eisenbeth classe d\u2019ailleurs le nom comme espagnol.<\/b><\/p>\n<p><b>Donato para\u00eet une italianisation de l\u2019espagnol <i>Donado,<\/i> signifiant <i>converso. <\/i>La d\u00e9marche est fr\u00e9quente : Abulafia (nom de ville espagnole) devenu Bolafi, Amado Amato, Branco Bianchi ou Bianchini, Bueno Bono, Castel Castelli, Castro Castri, Coronel Colonnello, Duran Durante, Espinoza Spinosa, Felis Felice, Gallego Gallico ou Gallichi, Garcia Garzia, Pariente Parente, Peixotto Picciotto, Penha Pegna, Se\u00f1or Signor, Uziel Uzielli, Vidal Vitali, etc.<\/b><\/p>\n<p><b>Tedeschi peut, comme Tedesco, \u00eatre l\u2019italianisation de Tudesco (\u00e9quivalent espagnol archa\u00efque d\u2019Alemano 27) dont Dodisco\u00a0 para\u00eet une d\u00e9formation arabis\u00e9e. La consonnance ressemble \u00e0 la sicilienne. Rappelons que les Juifs siciliens, pr\u00e9sents en Tunisie aux XVe et XVIe, se sont souvent m\u00eal\u00e9s aux ib\u00e9riques dans le bassin m\u00e9diterran\u00e9en.<\/b><\/p>\n<h1><b>Noms d\u2019origine h\u00e9bra\u00efque.<\/b><\/h1>\n<p><b>Beaucoup de Marranes, d\u00e8s l\u2019exil, ont choisi des noms h\u00e9breux pour masquer leur identit\u00e9. Les premiers \u00e9migrants de 1492 avaient, quant \u00e0 eux, conserv\u00e9 leurs noms d\u2019origine, souvent h\u00e9breux.<\/b><\/p>\n<p><b>Avigdor. Josef Avigdor est class\u00e9 en 1685 par Toaff comme marchand actif \u00e0 Tunis. Jacob Samuel Avigdor participe en 1670 avec Josef Vais et Abram Attias de Livourne \u00e0 la cr\u00e9ation d\u2019un embryon de communaut\u00e9 portugaise \u00e0 Marseille. Elisa Alaique consent un pr\u00eat au banquier Ni\u00e7ois Isaac-Samuel Avigdor en 1682 28.<\/b><\/p>\n<p><b>Baruch. C\u2019est le premier \u00e9l\u00e9ment du nom compos\u00e9 des rabbins Baruch Carvalho. Abram Baruch est cit\u00e9 \u00e0 Pise en 1613-1619. On le voit \u00e0 Livourne en 1631 (Toaff, p. 145). Selom\u00f2 Baruch est Massaro \u00e0 quatre reprises \u00e0 Livourne avant 1645, il est class\u00e9 \u00e0 cette \u00e9poque parmi les marchands actifs dans la vie publique. Plusieurs Baruch existent encore \u00e0 Livourne en 1809 et 1841.<\/b><\/p>\n<p><b>Bensasson. Le nom existait en Espagne sous les formes Ibn Sasson, Abensasson ou Aben\u00e7a\u00e7on au moins au d\u00e9but du XIVe si\u00e8cle 29. Nous avons cit\u00e9 plus loin, \u00e0 propos des Sabocca et Ibn Sasson les propos de Quevedo. Il existe encore des Sasso \u00e0 Amsterdam et aux Antilles, forme hispanis\u00e9e pour le diminutif d\u2019Isaac. Isaac \u00e9tant traditionnellement \u201cle fils de la joie\u201d, il n\u2019y a pas contradiction avec l\u2019\u00e9tymologie sugg\u00e9r\u00e9e, si ce n\u2019est que le nom se r\u00e9f\u00e8re au pr\u00e9nom biblique et non \u00e0 l\u2019\u00e9tymologie de celui-ci. 27 Sasson existaient \u00e0 Smyrne 30.<\/b><\/p>\n<p><b>Carmi. Des Carmi ou Carmy existent \u00e0 Livourne en 1809, mais rien ne nous permet d\u2019infl\u00e9chir l\u2019origine ib\u00e9rique.<\/b><\/p>\n<p><b>Cohen. En Espagne on trouvait aussi bien des Coen, Cohen ou Cofen. La difficult\u00e9 est de distinguer \u00e0 Livourne les Coen ib\u00e9riques des italiens, mais en 1613 \u00e0 Pise deux Coen, l\u2019un avec la forme portugaise Coem, sont manifestement ib\u00e9riques alors que l\u2019immigration juive italienne y est quasi inexistante et que jusqu\u2019en 1698 seuls les Ib\u00e9riques acc\u00e9daient aux fonctions publiques. Un Josef Abram Coen figure en 1678 \u00e0 Livourne parmi les marchands actifs (Toaff, p. 466). Les tr\u00e8s nombreux noms compos\u00e9s accompagnant le premier nom Coen d\u2019un deuxi\u00e8me nom typiquement ib\u00e9rique, nous confirment que ce nom h\u00e9breu classique est port\u00e9 par les Juifs espagnols. Des quantit\u00e9s de Cohen (avec h) figurent parmi les contrats de mariage d\u2019Amsterdam (10 pages de la liste). L\u00e0, les non ib\u00e9riques n\u2019\u00e9tant jamais int\u00e9gr\u00e9s, l\u2019identit\u00e9 ib\u00e9rique est certaine. De m\u00eame les innombrables Cohen de Salonique, Istanbul, Smyrne (257) et Rhodes.<\/b><\/p>\n<p><b>Dilouya. Sebag lui-m\u00eame \u00e9voque le toponyme espagnol\u00a0 <i>de Loja<\/i>, ville d\u2019Andalousie, propos\u00e9 par Eisenbeth, mais, sans s\u2019expliquer, estime que l\u2019hypoth\u00e8se <i>Dilayah, <\/i>pr\u00e9nom h\u00e9breu, serait \u201cplus probable\u201d. Pourquoi ? Et pourquoi cette \u201cprobabilit\u00e9\u201d relative p. 63 devient-elle certitude p.162? Pourtant Eisenbeth cite des rabbins Delouya au XVIIe si\u00e8cle au Maroc, date \u00e0 laquelle les rabbins\u00a0 marocains \u00e9taient presque tous\u00a0 espagnols.<\/b><\/p>\n<p><b>Ghidalia. Nous trouvons des Gedelicia dans la liste internet \u201cLos Hijos\u201d. Toaff, in\u00e9puisable ressource, signale (p. 345) l\u2019arriv\u00e9e \u00e0 Livourne en 1648, venant d\u2019Orient, du <i>Chakham <\/i>Abram ben Shemuel Ghedalya <i>(in portoghese Ghedelha)<\/i>\u00a0 de J\u00e9rusalem, pour imprimer \u00e0 l\u2019imprimerie Gabbay son commentaire <i>Berit Abraham\u00a0 <\/i>(Le Pacte d\u2019Abraham).<\/b><\/p>\n<p><b>Israel est le nom de l\u2019une des plus anciennes familles de Livourne puisque les deux interlocuteurs choisis par le Grand Duc Ferdinand en 1595 furent Jacob Aboab et Abram Israel de Pise. Pour le premier la qualit\u00e9 de descendant du \u201cDernier Sage de Castille 31, explique le choix ; pour le second, il \u00e9tait depuis 1595 <i>massaro\u00a0 della Nazione Ebrea di Pisa.\u00a0 <\/i>En 1645 les Israel obtenaient la R\u00e9gie des Tabacs de Toscane. Une branche ayant s\u00e9journ\u00e9 \u00e0 Tunis, revenant \u00e0 Livourne vers 1630, prenait le nom \u201cIsrael de Tunes\u201d 32.<\/b><\/p>\n<p><b>Issachar. Il s\u2019agit d\u2019une famille turque, alli\u00e9e des Enriques Saranno et des Israel.<\/b><\/p>\n<p><b>L\u00e9vy ou Levy. Renvoyons \u00e0 nos pr\u00e9c\u00e9dents travaux. Mon bisa\u00efeul Moses Levy est le fils de Judah Levy, marchand \u00e0 Lisbonne et d\u2019Ordue\u00f1a Espinoza, elle-m\u00eame fille de Moses Espinoza, armateur \u00e0 Gibraltar au XVIIIe si\u00e8cle et Vice-Consul des Pays-Bas. En 1807 le p\u00e8re de Judah, Moses Levy, fut autoris\u00e9 avec son beau-fr\u00e8re Isaac Aboab \u00e0 transf\u00e9rer \u00e0 Lisbonne sa maison de commerce de Gibraltar, avec garantie personnelle de libert\u00e9 religieuse 33. N\u00e9anmoins ils continu\u00e8rent de faire na\u00eetre leurs enfants \u00e0 Gibraltar par souci de conserver la nationalit\u00e9 britannique. Avant de s\u2019\u00e9tablir \u00e0 Gibraltar au d\u00e9but du XVIIIe si\u00e8cle, les Levy \u00e9taient \u00e0 T\u00e9touan. Leurs anc\u00eatres y furent rabbins et juges au moins \u00e0 partir de 1640. Il r\u00e9sulte des travaux de Corcos et de Benady, gr\u00e2ce auquel la g\u00e9n\u00e9alogie enti\u00e8re a \u00e9t\u00e9 reconstitu\u00e9e sans interruption jusqu\u2019en 1460, que cette famille avait quitt\u00e9 Lisbonne pour Safi, enclave portugaise, en 1512, selon \u00e9dit sp\u00e9cial du roi Manuel. La plus grande part de leur descendance vit encore \u00e0 Lisbonne. Un rabbin Abraham Levy, descendant de ce Moses, est aujourd\u2019hui le pr\u00e9sident de la congr\u00e9gation hispano-portugaise de Londres. Nous avons agr\u00e9ablement correspondu. Malgr\u00e9 leurs \u00e9tudes en Angleterre, les Levy \u00e9taient hispanophones lorsque Moses 2, son fr\u00e8re Joseph et leur s\u0153ur Clara Messodi s\u2019\u00e9tablirent \u00e0 Tunis en 1857 o\u00f9 ils s\u2019italianis\u00e8rent par leurs mariages livournais 34. Leur m\u00e8re Ordue\u00f1a Espinoza descendait d\u2019Abraham, grand-oncle de Baruch. Tant par leurs origines que par leurs alliances ils \u00e9taient dans la tradition portugaise.<\/b><\/p>\n<p><b>Trois autres familles L\u00e9vy existaient \u00e0 Tunis. Celle du Dr Benjamin L\u00e9vy, grand dignitaire ma\u00e7on assassin\u00e9 \u00e0 Auschwitz, venait de Trieste. Il ne semble pas que ce dernier ait \u00e9t\u00e9 inscrit \u00e0 la communaut\u00e9. Une autre famille L\u00e9vy de Trieste tout \u00e0 fait distincte, par contre, \u00e9tait int\u00e9gr\u00e9e chez les Livournais : celle du Professeur Emile L\u00e9vy, \u00e9conomiste connu dont la m\u00e8re est une Cassuto. Enfin les plus anciens sont les descendants du rabbin des Livournais Judah Levy, autre branche de Gibraltar auxquels a \u00e9t\u00e9 attribu\u00e9e une lointaine origine ashk\u00e9naze. Les petits-fils de Judah Levy ont marqu\u00e9 la vie intellectuelle de Tunis : Raphael (Ryvel) Directeur des Ecoles de l\u2019AIU et \u00e9crivain ; Georges, Libraire \u00e0\u00a0 <i>La Cit\u00e9 des Livres.<\/i><\/b><\/p>\n<p><b>Menasce. Quatre familles Menashe existent \u00e0 Smyrne (Taranto op. cit.). \u00c0 Livourne en 1809 un Benaiuto f\u00f9 Emmanuel Menasce est ma\u00eetre d\u2019h\u00e9breu. Le nom y est parfois italianis\u00e9 en Menasci.<\/b><\/p>\n<p><b>Ouziel. Shemuel Uziel figure au cadastre de Livourne de 1645 comme locataire de Jud\u00e0 Cordovero. Il \u00e9tait riche, selon Toaff (p. 351) qui pense que la prosp\u00e8re famille devenue plus tard Uzielli v\u00e9cut \u00e0 Livourne, puis Florence jusqu\u2019\u00e0 nos jours. 17 Uziel sont relev\u00e9es \u00e0 Smyrne (Taranto).<\/b><\/p>\n<p><b>Semah. Deux n\u00e9gociants Semah figurent \u00e0 Livourne en 1809. Il s\u2019agit d\u2019un pr\u00e9nom.<\/b><\/p>\n<p><b>Voil\u00e0 donc treize noms ib\u00e9riques sur les treize que cite l\u2019auteur.<\/b><\/p>\n<p> * <\/p>\n<h1>N<b>oms d\u2019origine maghrebine ? <\/b><\/h1>\n<p><b>Le postulat qui donnerait au Maghreb le monopole de la langue arabe ne pourrait qu\u2019\u00eatre source d\u2019erreur en onomastique juive. Les Juifs, et m\u00eame les chr\u00e9tiens, ont port\u00e9 des noms arabes dans l\u2019Espagne musulmane. Au XIIe si\u00e8cle ceux qui fuirent l\u2019int\u00e9grisme almohade pour se r\u00e9fugier dans les royaumes chr\u00e9tiens du nord n\u2019abandonn\u00e8rent pas toujours leurs patronymes anciens ni la culture arabe. Mais avant la discussion g\u00e9n\u00e9rale prenons un apr\u00e8s l\u2019autre les noms dit \u00ab maghr\u00e9bins \u00bb \u00e9tudi\u00e9s par l\u2019auteur.<\/b><\/p>\n<p><b>Abeasis. Ce nom qu\u2019Eisenbeth assimile \u00e0\u00a0 <i>Aziz<\/i> a pu \u00eatre port\u00e9 sous cette forme par des Espagnols puisque le m\u00eame auteur signale \u00e0 Anc\u00f4ne le 29 mars 1602 un Salvatore Aziz b\u00e9n\u00e9ficiaire d\u2019une concession de Banque. Or \u00e0 cette date les Juifs d\u2019Anc\u00f4ne \u00e9taient pour la plupart ponentins ou levantins. Les autres avaient \u00e9t\u00e9 expuls\u00e9s. Si ces deux cat\u00e9gories pouvaient porter des noms de consonnance ib\u00e9rique ou arabe cela e\u00fbt \u00e9t\u00e9 \u00e9trange pour des Italiens. Selon J.-M. Abecassis 35, les Abeasis sont une famille espagnole expuls\u00e9e en 1492. Commer\u00e7ants, ils \u00e9tablirent des relations avec Venise. Une branche a essaim\u00e9 \u00e0 Gibraltar puis \u00e0 Malte et de l\u00e0 \u00e0 Tunis, puis Tripoli.<\/b><\/p>\n<p><b>Abouaf. L\u00e0 se situe, nous semble-t-il, l\u2019erreur majeure du livre. Isaac Aboab (<i> os<\/i> <i>Abuefes, <\/i>dit au pluriel David Franco Mendes, historien Amstelodamois, au XVIIIe si\u00e8cle, des Portugais) fut au XVe si\u00e8cle <i>dernier sage de Castille <\/i>\u00a0ou<i> Gaon<\/i>. Il franchit le premier la fronti\u00e8re portugaise en 1492 \u00e0 la t\u00eate de<i> trinta casas de nobres familias. <\/i>\u00a0Is. S. Revah a d\u00e9montr\u00e9 que les Aboab ou Abouaf sont une seule et m\u00eame famille \u00e0 Amsterdam, Hambourg, au Maroc, \u00e0 Livourne, Corfou, Istanbul, Salonique et Cura\u00e7ao 36. Ils comptent parmi les anc\u00eatres de Disra\u00ebli. Un Aboab de Fonseca pr\u00e9sida le Tribunal qui jugea Spinoza. Une famille vivait \u00e0 Tunis, venue d\u2019Istanbul.<\/b><\/p>\n<p><b>Arous. M\u00eame nom que Roah (Eisenbeth). Le nom sous les formes Ruah, Arruas, Aruas, Aruhaj (parfois transcrits en Bentes ou Bento) est signal\u00e9 par Abecassis au Maroc espagnol, au Br\u00e9sil et \u00e0 Lisbonne. Rodrigues da Silva \u00e9voque la famile Arovas ou Arrobas, originaire d\u2019Avila (op. cit ;\u00a0 p.145 n564).<\/b><\/p>\n<p><b>Attia. Cette famille provient de la riche et petite communaut\u00e9 livournaise d\u2019Alep o\u00f9 elle a jou\u00e9 un r\u00f4le important. Un rabbin livournais Abraham Attia d\u2019Alep, au XVIIIe si\u00e8cle, a publi\u00e9 au moins six \u0153uvres th\u00e9ologiques \u00e0 Livourne ( cf.<i>Encyclop\u0153dia Judaica <\/i>). Une branche s\u2019est fix\u00e9e \u00e0 Tunis au XIXe si\u00e8cle, se m\u00ealant aux grandes familles livournaises sur place. Le nom est \u00e0 rapprocher d\u2019Attias qui n\u2019en est que la forme plurielle 37. Ces noms n\u2019ont \u00e9t\u00e9 adopt\u00e9s qu\u2019apr\u00e8s l\u2019exil au XVIIe si\u00e8cle, m\u2019a pr\u00e9cis\u00e9 G\u00e9rard Nahon. Ainsi Abraham Athias, p\u00e8re de l\u2019imprimeur d\u2019Amsterdam Joseph Athias, avait-il \u00e9t\u00e9 br\u00fbl\u00e9 vif \u00e0 Cordoue en 1665 sous le nom de Jorge Mendes de Castro.<\/b><\/p>\n<p><b>Bembaron. L\u00e0 aussi nous tombons dans le pi\u00e8ge linguistique. Baron, Varon, Ben Varon et Bembaron sont fr\u00e9quents dans le monde juif hispanophone et dans le sud de la France. Eisenbeth le confirme, et explique qu\u2019en Espagne le nom arabe a m\u00eame \u00e9t\u00e9 traduit en Delmar. Un article int\u00e9ressant a \u00e9t\u00e9 publi\u00e9 par Bension Varon 38. Il y signale notamment un Abuzach Avenbaron en 1142 \u00e0 Tud\u00e8le (qui servit alors de refuge aux Juifs du Sud de l\u2019Espagne fuyant l\u2019int\u00e9grisme musulman). Mais les Avenbaron, Baro, Baron, Barron, Bembaron, De Varo, Varan, Var\u00e3o, Varronides, Varro, Varron ou Waron se retrouvent et \u00e9migreront vers l\u2019Italie, la Gr\u00e8ce et la Turquie.<\/b><\/p>\n<p><b>Darmon. Jos\u00e9 Rodrigues de Silva Tavim cite les Darmon parmi les Juifs portugais transf\u00e9r\u00e9s dans les enclaves du Maroc. Georges Mar\u00e7ais rel\u00e8ve les fr\u00e9quentes homonymies entre les noms morisques et juifs portugais et cite les Darmon ou Dermoul 39. La firme livournaise Darmon est signal\u00e9e \u00e0 Tunis par Toaff en 1686. La famille ne cessera jusqu\u2019\u00e0 notre \u00e9poque de faire partie des notables de la communaut\u00e9.<\/b><\/p>\n<p><b>Dardour. L\u2019origine serait aram\u00e9enne dit Eisenbeth. Mais \u201cdourador\u201d existe au Portugal pour orf\u00e8vre. Un Dardeiro figure parmi les notables Juifs portugais de Safi en 1514.<\/b><\/p>\n<p><b>El-Guir. Le nom est inconnu de nous. Peut-on le rapprocher de l\u2019aragonais Algerri ? Pas de mention \u00e0 Livourne. Pas de contrat de mariage \u00e0 Tunis.<\/b><\/p>\n<p><b>El-Ha\u00efk. Le nom \u00e9tait orthographi\u00e9 Aljayque au XVIIe si\u00e8cle. On ne peut s\u2019emp\u00eacher de le rapprocher du mot Alxeique d\u00e9signant au Portugal le chef des Juifs (Rodrigues da Silva). Une orthographe Alxaique existait d\u2019ailleurs pour des Livournais de Salonique, assur\u00e9ment de la m\u00eame famille. Avant l\u2019apparition du jota, le \u201cj\u201d et le \u201cx\u201d marquaient le chuintement et se trouvaient interchangeables (voir par exemple Jerez, Xeres et Sherry). Les grands vestiges de mots arabes dans les langues ib\u00e9riques peuvent cr\u00e9er des confusions. Ha\u00efk, que Sebag traite s\u00e9par\u00e9ment, n\u2019est qu\u2019une abr\u00e9viation d\u2019El-Ha\u00efk.<\/b><\/p>\n<p><b>Flak, Flah (ou Fellah?). C\u2019est le nom d\u2019un rabbin livournais au XIXe si\u00e8cle, tr\u00e8s hostile \u00e0 sa propre communaut\u00e9. L\u2019origine est-elle constantinoise ? La famille est repr\u00e9sent\u00e9e \u00e0 Livourne en 1809 (Flach, droghiere). En 1846 il existe deux femmes seules, indigentes, dont l\u2019une se dit originaire d\u2019Allemagne.<\/b><\/p>\n<p><b>Gandus. Sur le contrat de mariage du 13 novembre 1788, la signature est espagnole (<i>Ieusuah de Isaque Ganduz novio <\/i>).Le nom, rare, figurait \u00e0 Venise au XVIIIe si\u00e8cle sous les formes Gantus ou Ganduz, puis \u00e0 Livourne ou existait encore une maison Gandus au d\u00e9but du XIXe si\u00e8cle. L\u2019identit\u00e9 portugaise, \u00e9vidente \u00e0 la fin du XVIIIe, n\u2019a pu dispara\u00eetre brusquement au XIXe. De nombreux portugais des Pays-Bas espagnols ayant pris racine \u00e0 Venise au XVIe si\u00e8cle, comme les Anversa,\u00a0 peut-on voir en Ganduz, selon la m\u00eame d\u00e9marche, un toponyme de Gand ou Gent ? Les De Castro Tartas n\u2019ont re\u00e7u ce nom compos\u00e9 qu\u2019\u00e0 la suite d\u2019un s\u00e9jour de quelques ann\u00e9es \u00e0 Tartas en France.<\/b><\/p>\n<p><b>Halfon. H\u00e9breu pour changeur (cp. ashk\u00e9naze Halphen). Eisenbeth cite un Abba Mari Halfon, astronome italien aux XV\u00b0 et XVI\u00b0 si\u00e8cles. Il \u00e9tudia l\u2019astronomie \u00e0 Naples. Le 17 f\u00e9vrier 1796, \u00e0 Tunis, Abraham Halfon signe son contrat de mariage avec Gracia Lumbroso :\u00a0 <i>Abram de Salamon Halfon nobio. <\/i>Le nom figure au vieux cimeti\u00e8re de Livourne sous la forme Jalfon. Il existe \u00e0 Livourne en 1809: deux Halfon, deux Jalfon mais un Calfon. Il est rest\u00e9 dans le folklore dans l\u2019expression <i>matto calfon <\/i>\u00a0d\u00e9signant un comportement tr\u00e8s original 40. Haim Zafrani cite les Khalfon parmi les noms de quelques familles du Maroc, <u>presque toutes d\u2019origine ib\u00e9rique, <\/u>qui se sont illustr\u00e9es dans les affaires et le gouvernement de la communaut\u00e9 41. Encore une fois un nom h\u00e9breu ou arabe ne contredit pas l\u2019origine espagnole.<\/b><\/p>\n<p><b>Hayoun. L\u00e0 encore histoire et linguistique doivent composer. Sous la forme Hayon ce nom est trouv\u00e9 en Espagne par Eisenbeth dans un acte ou un Hayon, sa femme et une parente vendent le 18 f\u00e9vrier 1166 un terrain au nord de Tortosa. Il s\u2019agit d\u2019un diminutif de Haim, pr\u00e9nom biblique et non arabe. Il y a certes homophonie avec le tr\u00e8s classique nom marrane Aylion (Rab. Aylion 1688, Toaff p. 374). Des quantit\u00e9s d\u2019Ailyon existent \u00e0 Amsterdam depuis le XVIIe. Il n\u2019y a \u00e0 Livourne en 1809 ni Hayoun, ni Ayoun, ni Ailyon, mais le nom Hayon est cit\u00e9 dans Toaff. Le nom Ailyon est port\u00e9 \u00e0 Alexandrie d\u2019Egypte par une famille livournaise. Il se trouve m\u00eame \u00e0 Cura\u00e7ao. Il est difficile d\u2019\u00e9tudier les Portugais sans examiner leurs diff\u00e9rents p\u00f4les. La pr\u00e9sence sur la liste livournaise \u00e0 Tunis para\u00eet n\u00e9anmoins myst\u00e9rieuse, cette famille ayant peu fait parler d\u2019elle.<\/b><\/p>\n<p><b>Lasry. Les Lasry sont une famille de Gibraltar de souche marocaine. Le nom\u00a0 est arabe (Oulad Al\u2019asri) mais les pemiers Lasry que Jos\u00e9 Maria Abecassis cite ont v\u00e9cu \u00e0 Fayal (A\u00e7ores),T\u00e9touan, Lisbonne. Samuel Lasry fut grand rabbin de Gibraltar en 1837. Il y exer\u00e7ait la profession de notaire. Plusieurs ont contract\u00e9 mariage \u00e0 la synagogue hispano-portugaise de Londres et la culture arabe \u00e9tait loin d\u2019eux lorsqu\u2019une branche s\u2019est \u00e9tablie \u00e0 Tunis.<\/b><\/p>\n<p><b>Malca. Ce nom a \u00e9t\u00e9 \u00e9tudi\u00e9 \u00e0 propos des Molco.<\/b><\/p>\n<p><b>Meimon. L\u2019origine ib\u00e9rique \u2014 ou non tunisienne \u2014 de la famille a \u00e9t\u00e9 contest\u00e9e en raison du nom arabe. Elle n\u2019est pas repr\u00e9sent\u00e9e \u00e0 Livourne. Le premier mariage cit\u00e9 par Attal et Avivi ne remonte qu\u2019\u00e0 1863. La dot est importante. Est-ce le prestige de la famille de la mari\u00e9e, Reine de Soria, qui aurait permis\u00a0 l\u2019int\u00e9gration ? Peu d\u2019\u00e9l\u00e9ments sont fournis\u00a0 par la litt\u00e9rature si ce n\u2019est quelques plaisanteries. Il reste que le nom lui-m\u00eame n\u2019est pas antinomique de l\u2019origine ib\u00e9rique. Il existait \u00e0 Tol\u00e8de des Maimon parmi les <i>Conversos <\/i>( Pilar, op. cit.); un Bonfos Ma\u00efmon \u00e0 Perpignan en 1413 42 ; et en Aragon des Maymo et des Maimona. Des Maymo sont \u00e0 G\u00e9rone en 1390. Des Meimon sont ensevelis dans des cimetieres s\u00e9pharades de Bulgarie. Il n\u2019y a donc ni pr\u00e9somption ni commencement de preuve.<\/b><\/p>\n<p><b>Melloul par contre est amplement repr\u00e9sent\u00e9 dans les cimeti\u00e8res de Livourne et Pise. En 1809 il y a \u00e0 Livourne six chefs de famille Millul dont trois imprimeurs et un enseignant des \u00e9coles h\u00e9bra\u00efques. Au recensement de 1846 l\u2019origine des cinq Millul est la suivante : Livorno, Germania, Livorno, Germania et Pesaro, ce qui ne nous apprend pas grand chose. Le savoir faire en mati\u00e8re d\u2019imprimerie explique peut-\u00eatre la provisoire \u00e9migration en Allemagne.<\/b><\/p>\n<p><b>Memmi est le nom d\u2019une famille livournaise ancienne \u00e0 Tunis. Le nom est port\u00e9 par une autre famille sans conteste tunisienne, celle de l\u2019\u00e9crivain bien connu Albert Memmi. Ce qu\u2019on peut dire est que la famille livournaise \u00e9tait d\u2019une bonne culture italienne. Le nom co\u00efncide-t-il ? Lorsque les Memmi tunisiens (qui \u00e9taient peut-\u00eatre, comme la famille homophone musulmane sans doute <i>andalouse<\/i>, des Mami) ont fait \u00e9crire leur nom \u00e0 la fran\u00e7aise, n\u2019y a-t-il pas eu peut-\u00eatre tendance \u00e0 se r\u00e9f\u00e9rer \u00e0 l\u2019orthographe italienne, usage fr\u00e9quent \u00e0 Tunis ? Il existait en Aragon des Mahme, des Mamen et des Mimi. D\u2019apr\u00e8s Jos\u00e9 Maria Abecassis ils pourraient \u00eatre originaires de la localit\u00e9 espagnole de Miaman. Le grand rabbin Shimon Meimi a \u00e9t\u00e9 tortur\u00e9 \u00e0 mort \u00e0 Lisbonne en 1497 en r\u00e9sistant a la conversion 43 . Nous sommes dans le domaine des sp\u00e9culations, et non de la certitude maghrebine.<\/b><\/p>\n<p><b>Moatty. Le nom semble alg\u00e9rien. Le transfert chez les Livournais doit s\u2019expliquer par les alliances matrimoniales. Mais il existait un rabbin de ce nom \u00e0 Constantinople au XVIIe.<\/b><\/p>\n<p><b>Sebouk, forme de <i>Sabocca, <\/i>est une famille de \u201cLivournais d\u2019Alger\u201d. Les Sabocca sont cit\u00e9s par Quevedo, avec les Ibn Sasson et les Ibn Nahmias, par d\u00e9rision, comme exemples des m\u00e9salliances de la noblesse espagnole au XVIIe si\u00e8cle 44.<\/b><\/p>\n<p><b>Suied. La pr\u00e9sence de ce nom surprend dans la liste livournaise, m\u00eame avec la forme ib\u00e9ris\u00e9e Assuied. La plupart des \u00e9poux ne savent pas signer leurs contrats de mariage. Le nom est inconnu \u00e0 Livourne. Nous ne l\u2019avons pas rencontr\u00e9 sur les listes des noms espagnols publi\u00e9es par divers sites.<\/b><\/p>\n<p><b>Timsit. Le nom est assur\u00e9ment alg\u00e9rien. La famille semble avoir habituellement contract\u00e9 des alliances matrimoniales livournaises, ce qui expliquerait sa cooptation.<\/b><\/p>\n<p><b>Zerafa. Il existait \u00e0 Livourne des Esdrafa. Le nom Zerafa a, en arabe, le sens de girafe. Mais le mot espagnol voisin,<i> jirafa<\/i>, est emprunt\u00e9 au premier. Mieux, en espagnol ancien le mot \u00e9tait <i>azorafa<\/i>. (Rey, dictionnaire historique, p. 889). Au XVe si\u00e8cle vivait \u00e0 Valence Rabbi Joseph b. Isaac Zerafa (Eisenbeth). Il peut aussi s\u2019agir d\u2019une forme de Azeraf (en arabe : changeur), nom pr\u00e9sent au Portugal sous la forme A\u00e7araf, avant l\u2019expulsion (Abecassis, t 4 p. 6). L\u2019origine ib\u00e9rique est patente.<\/b><\/p>\n<p><b>Ainsi sur les 24 noms pr\u00e9sent\u00e9s comme maghr\u00e9bins, l\u2019origine ib\u00e9rique est d\u00e9montr\u00e9e pour 12 : Abeasis, Abouaf-Aboab, Arous, Attia, Bembaron, Darmon, El-Ha\u00efk, Ha\u00efk, Hayoun, Malca, Sebouk, Zerafa. Elle est amplement pr\u00e9sum\u00e9e pour les Halfon, plausible pour les Gandus, Meimon,\u00a0 Memmi, Dardour, incertaine pour les Mellul, absente pour les Flak, Moaty, Suied, Timsit. Parmi les noms vraiment litigieux seuls les Flak et les Moaty ont eu une pr\u00e9sence \u00e0 Livourne. Ni les Suied, Timsit, ni m\u00eame les Meimon ni les Memmi, \u00e0 les supposer maghr\u00e9bins d\u2019origine, n\u2019y ont laiss\u00e9 de traces. On peut donc \u00e9carter la th\u00e8se de Paul Sebag selon laquelle la communaut\u00e9 livournaise de Tunis se serait accrue de familles tunisiennes pr\u00e9c\u00e9demment int\u00e9gr\u00e9es \u00e0 Livourne. Au contraire nous constatons que ces familles, pour leur totalit\u00e9 (Alloro, Attal, Assal, Azoulay, Azria, Baran\u00e8s, Bedossa, Bessis, Bigiaoui, Bismut, Boulakia, Coen Solal, Coen Tanugi, Djeribi, Fellous, Fitoussi, Guetta, Hanouna, Hanun, Jais, Jaoui, Liscia, Marzouk, Pincas, Sahadun, Slama, Sarfati, Sebag, Ta\u00efeb, Temim, Tubiana, Zerah, Zeitoun, Zibi ), \u00e0 la seule et double exception des Moaty et Flak, n\u2019ont nullement \u00e9t\u00e9 int\u00e9gr\u00e9es \u00e0 Tunis chez les Livournais \u00e0 leur retour 45, en raison peut-\u00eatre d\u2019un certain sectarisme de ces derniers, mais aussi par la r\u00e9sistance de la communaut\u00e9 tunisienne qui n\u2019entendait pas perdre ses ressortissants et contribuables \u00e0 la faveur de ces ballotations, souvent provisoires. L\u2019exemple d\u2019Angiolo Jun\u00e8s, Fran\u00e7ais de Livourne, est frappant qui, se faisant inscrire chez les Livournais apr\u00e8s s\u2019\u00eatre install\u00e9 \u00e0 Tunis, dut revenir \u00e0 la communaut\u00e9 tunisienne en tant qu\u2019originaire d\u2019Alg\u00e9rie\u00a0 46. Nous rectifions aussi l\u2019expos\u00e9 de Paul Sebag sur un point mineur : la pr\u00e9sence tunisienne \u00e0 Livourne ne s\u2019est nullement accrue de 1809 \u00e0 1841, mais consid\u00e9rablement r\u00e9duite, les nouvelles arriv\u00e9es \u00e9tant plus qu\u2019effac\u00e9es par des d\u00e9parts beaucoup plus importants.<\/b><\/p>\n<p><b>Disons un mot des Boccara pour lesquels Paul Sebag adopte, sans critiquer Eisenbeth, la th\u00e8se du toponyme <i>Boukhara<\/i>. L\u2019hypoth\u00e8se, m\u00eame cautionn\u00e9e par un grand auteur, me para\u00eet bien gratuite. Les premiers Bocarra (le nom prenait un c et deux r) de Pise et de Livourne sont des Bocarro. En Alg\u00e9rie la forme adopt\u00e9e, Abouccara, comme dans les registres des <i>\u00a0kettubot<\/i>. livournaises de Tunis, Aboccara, permet de d\u00e9composer le nom. Le pr\u00e9fixe\u00a0 <i>Abou<\/i> indique en arabe la paternit\u00e9. Il \u00e9tait souvent r\u00e9duit en <i>Bo<\/i>\u00a0 au Portugal, sinon supprim\u00e9. Ainsi Abudarham devenait Bodarro. En Italie Abulafia (nom de ville espagnole) devient Bolaffi. Comment donc ne pas reconna\u00eetre le nom juif ib\u00e9rique c\u00e9l\u00e8bre Caro ou Carro sous le pr\u00e9fixe arabe <i>Abou <\/i>ou <i>Bou <\/i>?Tout concorde \u00e0 expliquer Boccara par l\u2019\u00e9volution portugaise puis italienne des Abu-Carro devenus Bocarro et Bocarra..<\/b><\/p>\n<h1><b>Noms d\u2019autres\u00a0 origines.<\/b><\/h1>\n<p><b>Brandon. Ce nom aurait pu \u00eatre trouv\u00e9 dans la liste des noms juifs de Cura\u00e7ao publi\u00e9e \u00e0 ma th\u00e8se, p. 208. La forme portugaise \u00e0 Amsterdam est Brand\u00e3o. Brando signifie en portugais, doux, mou ou tendre (cf. fran\u00e7ais \u201dblandices\u201d). Blando est l\u2019\u00e9quivalent espagnol.<\/b><\/p>\n<p><b>Brunswick, Goldschmidt, Hertz, Klein, Lehman, Loew, Schweke, Schwartz, Weil, Wolf, Wolinski. Noms ashk\u00e9nazes. Les Juifs originaires d\u2019Allemagne et d\u2019Europe de l\u2019Est \u2014 sauf les Roumains \u2014 int\u00e9graient \u00e0 Tunis, jusqu\u2019au XIXe si\u00e8cle, non pas la communaut\u00e9 livournaise, mais la communaut\u00e9 tunisienne 47. Les choses chang\u00e8rent apr\u00e8s le Protectorat quand des ashk\u00e9nazes, certains de grande culture, install\u00e9s \u00e0 Tunis ou de passage, demand\u00e8rent leur rattachement \u00e0 la communaut\u00e9 des Livournais. Mais sauf exception, ces ashk\u00e9nazes, qui ne particip\u00e8rent jamais \u00e0 la direction de la communaut\u00e9, se m\u00eal\u00e8rent peu aux familles livournaises comme l\u2019admet Sebag, et n\u2019exerc\u00e8rent aucune influence sur leur mentalit\u00e9.<\/b><\/p>\n<p><b>Cr\u00e9mieux, Carcassonne, Moss\u00e9. Il en est autrement pour ces familles comtadines que l\u2019histoire avait m\u00eal\u00e9es \u00e9troitement aux Portugais. \u00c0 la veille de la R\u00e9volution les Comtadins avaient tent\u00e9, pour jouir de leurs privil\u00e8ges, de s\u2019int\u00e9grer aux communaut\u00e9s portugaises de Bordeaux et Bayonne. Celles-ci repouss\u00e8rent leur d\u00e9marche. Par contre lorsque des Livournais de Tunis et de Livourne (Arias, Attias, Bembaron, Boccara, Brudo, Cansino, Castelli, Angelo Coen, Constantini 48,\u00a0 de Paz, de Segni, de Silva, Daninos, Darmon, Dias Santillana, Duran, Gozlan, Huziel, Israel, Lumbroso, Montefiore, Racah 49, Salom), entreprirent de cr\u00e9er \u00e0 Marseille en 1780 une communaut\u00e9 dite portugaise, ils y accueillirent les Comtadins dont plusieurs avaient des parents \u00e0 Livourne. Les Livournais, contrairement aux Bordelais, avaient toujours suivi une politique d\u2019ouverture. La primaut\u00e9 livournaise dans le milieu portugais \u00e9tait rappel\u00e9e dans les statuts. Ils pr\u00e9voyaient que la nouvelle communaut\u00e9 se r\u00e9f\u00e8rerait en tout aux usages de Livourne adopt\u00e9s \u201cpar toutes les communaut\u00e9s portugaises de France\u201d et que notamment l\u2019espagnol en serait la langue. <i>Comment d\u00e8s lors croire en l\u2019extinction de l\u2019identit\u00e9 portugaise chez des Livournais de Tunis qui, \u00e0 la fin du si\u00e8cle, l\u2019imposaient \u00e0 des Fran\u00e7ais, sur le sol m\u00eame de France ?\u00a0 <\/i>Les Comtadins r\u00e9alisaient leur r\u00eave : devenir Portugais, comme Michel Boujenah dans un joli sketch r\u00eavait d\u2019\u00eatre Bourguignon. De grandes familles tunisiennes furent int\u00e9gr\u00e9es \u00e0 cette nouvelle communaut\u00e9 marseillaise et notamment les Bella\u00efsche, Bismut, Lamy, Semama, Tubiana 50. C\u2019est dire que les Proven\u00e7aux se m\u00ealeront aux Livournais (des Carcassone devenant des <i>Carcassona <\/i>!), certains venant m\u00eame \u00e0 Tunis. Quant aux familles tunisiennes de Marseille, elles n\u2019int\u00e9gr\u00e8rent pas, \u00e0 leur retour \u00e0 Tunis, la communaut\u00e9 livournaise, mais initi\u00e8rent une \u00e8re de mariages mixtes qui les en rapproch\u00e8rent sur le plan des m\u0153urs.<\/b><\/p>\n<p><b>J\u2019ai \u00e9cart\u00e9 les Narboni car le nom n\u2019est point fran\u00e7ais mais celui d\u2019Espagnols d\u2019origine fran\u00e7aise. Eisenbeth cite un Mo\u00efse Narboni de Perpignan au XIVe si\u00e8cle. \u00c0 cette date Perpignan \u00e9tait en Catalogne et avait re\u00e7u des r\u00e9fugi\u00e9s fran\u00e7ais. Dans cette rubrique nous avons donc au moins deux noms ib\u00e9riques.<\/b><\/p>\n<h1><b>Identit\u00e9 quantitative ?<\/b><\/h1>\n<p><b>Voil\u00e0 donc au moins des erreurs certes nombreuses, mat\u00e9rielles ou li\u00e9es \u00e0 la complexit\u00e9 des sources. Qui n\u2019en commet, y compris le grand Eisenbeth (Abecassis venant de Cassis&#8230; Benveniste d\u2019Italie&#8230;) ? Mais ici toutes confluent dans le sens d\u2019une th\u00e9orie comme n\u00e9gatrice d\u2019identit\u00e9 \u00e0 laquelle l\u2019auteur, depuis quelques ann\u00e9es d\u00e9j\u00e0, se serait attach\u00e9 avec d\u2019autres, au point, semble-t-il, d\u2019avoir du mal \u00e0 s\u2019en d\u00e9faire. Nous venons de d\u00e9montrer qu\u2019\u00e0 Tunis, le nombre de Livournais d\u2019origine ib\u00e9rique \u00e9tait bien largement majoritaire. Ce ne sont point en effet \u00e0 61 noms sur 187 (chiffre de Sebag + Arditi) que s\u2019\u00e9l\u00e8ve le nombre de ces derniers, mais d\u00e9j\u00e0, de fa\u00e7on certaine, \u00e0 109 sans compter les nombreux noms litigieux pour lesquels j\u2019\u00e9voque des hypoth\u00e8ses plausibles, me gardant bien d\u2019affirmer et de statuer. On ne peut donc dire que les 78 noms restants soient <u>tous<\/u> d\u2019une origine autre, si bien qu\u2019en \u00e9valuant les noms \u201cib\u00e9riques\u201d \u00e0 59% \u2014 d\u00e9passant de 25 points le quota de Livourne en 1809\u2014 nous sommes bien en de\u00e7\u00e0 de la v\u00e9rit\u00e9. Encore ce coefficient porte-t-il sur des noms, et non une population, sans tenir compte du fait que les membres des familles traditionnelles, telles les Boccara, Bonan, Cardoso, Enriquez, Lumbroso, Valensi, se chiffrent par centaines, contrairement \u00e0 d\u2019autres, et qu\u2019un d\u00e9compte individuel, plut\u00f4t que par famille, ferait appara\u00eetre plus de 80% de personnes portant un nom d\u2019origine ib\u00e9rique. Les chiffres ne refl\u00e8tent pas non plus le poids ni l\u2019influence \u00e9conomique et sociale.51 Nous avons vu aussi que les familles tunisiennes int\u00e9gr\u00e9es dans la communaut\u00e9 portugaise \u00e9taient en nombre infime.<\/b><\/p>\n<p><b>Ni l\u2019onomastique ni les chromosomes ne font les identit\u00e9s. L\u2019empreinte du noyau dirigeant s\u00e9pharade sur l\u2019ensemble des Juifs int\u00e9gr\u00e9s ( <i>agregati<\/i> ) \u00e0 Livourne \u00e9tait telle jusqu\u2019apr\u00e8s le milieu du XVIIIe si\u00e8cle que, pouvait dire Toaff, \u00ab\u00a0 <i>Volenti o nolenti, tutti sefarditi <\/i>\u00bb. C\u2019est ce qui explique que des Finzi 52, des Cal\u00f2, int\u00e9gr\u00e9s d\u00e8s le XVIIe, Cesana, Morpurgo, Forti, Disegni 53, au XVIIIe, aient continu\u00e9 jusqu\u2019au d\u00e9but du XIXe \u00e0 Tunis \u00e0 utiliser l\u2019espagnol, s\u2019alliant\u00a0 r\u00e9guli\u00e8rement \u00e0 des familles s\u00e9pharades dont rien ne les distinguait ; ainsi les Montefiore, nom italien, comptent dans leur arbre g\u00e9n\u00e9alogique des Lumbroso, Mocatta et Medina. En Angleterre ils sont Portugais. Enfin ces familles se sont expatri\u00e9es dans toutes les zones hispanophones ou lusophones de leur monde tels les Allatini, les Morpurgo \u00e0 Salonique, les Cesana \u00e0 Smyrne. Des dizaines de Forti, Finzi, Cal\u00f2, Morpurgo ont fait souche \u00e0 Amsterdam, y restant lusophones. Des Finzi \u00e0 Gibraltar. Des Ottolenghi s\u2019inscrivent d\u00e8s le XVIIIe si\u00e8cle aux synagogues portugaises d\u2019Amsterdam\u00a0 et de Londres.<\/b><\/p>\n<h1><b>Les anciens noms<\/b><\/h1>\n<p><b>L\u2019auteur part d\u2019un principe : les noms hispano-portugais de Tunis concerneraient essentiellement des familles pr\u00e9sentes depuis le XVIIe si\u00e8cle. Ayant rencontr\u00e9 certains noms en 1640 ou en 1686 dans l\u2019ouvrage de Grandchamp, et retrouv\u00e9 certains d\u2019eux au XIXe si\u00e8cle, il en d\u00e9duirait qu\u2019ils n\u2019auraient jamais quitt\u00e9 Tunis et, \u00e0 la longue, auraient abandonn\u00e9 leur culture pour \u201cs\u2019arabiser\u201d. Ce raccourci est \u00e0 \u00e9carter r\u00e9solument. La plupart des personnes cit\u00e9es par Grandchamp de 1614 \u00e0 1640 ne se trouvait sur la place que pour affaires, et non \u00e0 demeure. Nous avons d\u00e9montr\u00e9 que la majorit\u00e9 se retrouvait \u00e0 Livourne \u00e0 des p\u00e9riodes post\u00e9rieures, y remplissant des fonctions publiques. On s\u2019accorde \u00e0 dire que les 27 signataires en 1686 d\u2019une reconnaissance de dette au profit du Consul de France formaient l\u2019essentiel de \u201cla Nation\u201d qui venait ainsi de se constituer.<\/b><\/p>\n<p><b>\u00c0 propos d\u2019une famille que j\u2019ai bien \u00e9tudi\u00e9e, les Gutti\u00e8res Penha de Livourne et d\u2019Amsterdam, la d\u00e9monstration m\u2019est facile. On voit \u00e0 Tunis vers 1686 la firme Abram Guttieres et Benjamin Gomes Davila pratiquer des op\u00e9rations commerciales. Ces personnages sont connus, il s\u2019agit de deux beaux-fr\u00e8res. Abram, par ailleurs m\u00e9decin, est entre Amsterdam \u2014 o\u00f9 il \u00e9tait \u00e0 la m\u00eame \u00e9poque <i>parnas <\/i>de la communaut\u00e9 et membre de l\u2019Acad\u00e9mie Litt\u00e9raire <i>Los Floridos <\/i>\u2014 et Livourne\u2014 o\u00f9 il sera charg\u00e9 en 1703 de la r\u00e9organisation de l\u2019aide m\u00e9dicale gratuite aux indigents. Il y est l\u2019un des trente gouvernants de la Nation en 1693. Il n\u2019est donc nullement \u00e9tabli \u00e0 Tunis. Le testament en langue espagnole, en juin 1652 \u00e0 Livourne, de sa m\u00e8re Rachel alias Gracia Guttieres Penha n\u00e9e Fernandes Caseres nous r\u00e9v\u00e8le que le p\u00e8re d\u2019Abram est Jacob, alias Pedro, et les jeunes fr\u00e8res, Isaac et Moises. Moises aura un fils Jacob que l\u2019Inquisition romaine arr\u00eatera pour apostasie en 1730 sur la d\u00e9nonciation de son propre fr\u00e8re revenu au catholicisme sous le nom de Paolo Antinori. Jacob fut lib\u00e9r\u00e9 sur intervention du Grand-Duc Gaston. L\u2019\u00e9tude des index des actes de naissance de la communaut\u00e9 de Livourne r\u00e9v\u00e8le que Jacob eut pour fils un autre Mois\u00e8 Guttieres Pegna, p\u00e8re d\u2019un autre Jacob. Elia Gutti\u00e8res Pegna, n\u00e9 en 1795, est le fils de ce dernier, donc l\u2019arri\u00e8re-petit-fils du Jacob de 1730. Il s\u2019implantera \u00e0 Tunis en 1828, alors que sa femme et ses premiers enfants s\u2019y \u00e9taient rendus d\u00e8s 1827. Les registres des \u00e9migrations vers la Tunisie le pr\u00e9cisent. Ils retrouvent sur place des cousins pr\u00e9sents depuis la fin du XVIIIe si\u00e8cle, branche aujourd\u2019hui \u00e9teinte. Dire que ce Elia et ses enfants se seraient \u201carabis\u00e9s\u201d \u00e0 partir de cette date, ou auraient attendu l\u2019arriv\u00e9e d\u2019\u201dItaliens\u201d pour\u201cs\u2019italianiser\u201d, d\u00e9fierait toute logique. Les deux fils a\u00een\u00e9s d\u2019Elia, Giacomo et Angelo, furent membres de la Commission financi\u00e8re internationale de tutelle des Finances tunisiennes comme repr\u00e9sentants italiens en 1869. Angelo fut d\u00e9put\u00e9 des Italiens de Tunisie et leur jeune fr\u00e8re Guglielmo, Directeur de Douanes fonction qui lui fut conserv\u00e9e sous l\u2019administration fran\u00e7aise. Est-il besoin de souligner que tous pratiquaient l\u2019italien, le fran\u00e7ais et l\u2019arabe ? Leurs grand-parents avaient pratiqu\u00e9 l\u2019espagnol et le portugais comme leur cousin Isaac Gutti\u00e8res, Pr\u00e9sident de la communaut\u00e9 d\u2019Amsterdam qui, \u00e0 la fin du XVIIIe\u00a0 encore, correspondait avec Isaac Pereire en espagnol. \u00c0 Livourne le portugais ne cessa qu\u2019en 1787 d\u2019\u00eatre langue judiciaire. Mais surtout Elia ni ses enfants, ne pouvaient oublier que son propre arri\u00e8re-grand-p\u00e8re avait \u00e9t\u00e9 prisonnier de l\u2019Inquisition. Le pass\u00e9 marrane de la famille, loin de figurer quelque mythe ancien, restait inclus dans leur identit\u00e9 particuli\u00e8re, et ils en \u00e9taient fiers, malgr\u00e9 leur sinc\u00e8re patriotisme italien. Comme l\u2019\u00e9crit Sergio Romano : \u00ab Le juda\u00efsme (<i>l\u2019\u00e9braismo <\/i>) n\u2019est pas seulement une religion. C\u2019est aussi un \u00ab lignage \u00bb donc une aristocratie. Nous sommes tous fiers de notre ascendance. Autant une famille peut remonter dans le temps, autant peut-elle tirer fiert\u00e9 de sa propre continuit\u00e9 et de la conscience qu\u2019elle en a (<i>autocoscienza <\/i>) \u00bb 54.Toutes ces familles avaient gard\u00e9 des traces de cet ordre, notamment les Attias, Boccara, Cardoso, Cariglio, Cassuto, Costa, De Paz, Enriquez, Franco, Lumbroso, Medina, Molco, Moreno, Nunez, Sacuto, Soria, Vais, Valensi, familles\u00a0 dirigeantes et cultiv\u00e9es.<\/b><\/p>\n<p><b>L\u2019un des int\u00e9r\u00eats de ce testament est qu\u2019il renseigne sur les familles alli\u00e9es, permettant m\u00eame des recoupements avec des sources telles que \u201cla relation g\u00e9n\u00e9alogique d\u2019Immanuel Aboab\u201d (op. cit.). Nous y apprenons que Rachel Gutti\u00e8res-Penha n\u00e9e Fernandes Caceres est fille de Beatriz de Fonseca et que ses s\u0153urs ont \u00e9pous\u00e9 l\u2019une Abraham Nunez Sierra, l\u2019autre Jahacob Zacuto auxquels elle a apport\u00e9 des capitaux 55. Elle a aussi plac\u00e9 des fonds aupr\u00e8s d\u2019Abram Athias, marchand et notable de Livourne, dont na\u00eetra vingt ans plus tard le futur humaniste rabbin-m\u00e9decin Josef Attias. La relation d\u2019Immanuel Aboab nous permet de d\u00e9couvrir un lien de parent\u00e9 entre Rachel Gutti\u00e8res et Abram Athias. En effet Immanuel Aboab de Fonseca ayant interrog\u00e9 un de ses cousins de Livourne sur ses homonymes de cette ville, celui-ci lui r\u00e9pondait que  <i>os Athias de aqu\u00ec\u00a0 <\/i>\u00e9taient apparent\u00e9s aux Fonseca. On sait que Caceres est un alias de Carvalho, famille de marchands d\u2019Amsterdam et de m\u00e9decins-rabbins livournais de Tunis. On voit donc s\u2019\u00e9tendre le tissu de parent\u00e9s entre les deux p\u00f4les de l\u2019occident s\u00e9pharade, Amsterdam et Livourne, donnant son sens \u00e0 une expression classique chez les Livournais du XXe si\u00e8cle :<i> nostre famiglie, <\/i>l\u2019une des cl\u00e9s de leur identit\u00e9. Presque toutes ces familles \u00e9taient repr\u00e9sent\u00e9es \u00e0 Tunis au XIXe si\u00e8cle. Presque toutes les grandes familles de noms italiens leur \u00e9taient alli\u00e9es et assimil\u00e9es. Que les unes et les autres aient substitu\u00e9 l\u2019italien \u00e0 l\u2019espagnol au d\u00e9but du XIXe si\u00e8cle a-t-il effac\u00e9 leur identit\u00e9 ? Les \u201cPortugais\u201d de Bordeaux et Bayonne, quand la R\u00e9volution les traita s\u00e9par\u00e9ment au moment de l\u2019\u00e9mancipation de 1791, ne parlaient plus tous l\u2019espagnol. En perdirent-ils aussit\u00f4t leur identit\u00e9, leur endogamie ? Les Juifs tunisiens de France de la deuxi\u00e8me g\u00e9n\u00e9ration, francophones, cessent-ils de se sentir \u201ctunes\u201d ? Ce serait faire fi de la m\u00e9moire historique collective m\u00eame inconsciente, bien plus vivace que la m\u00e9moire individuelle. Des dizaines de Juifs tunisiens qui ont une lointaine ascendance livournaise m\u2019interrogent sur celle-ci. Elle compte donc bien dans leur identit\u00e9. Quand Raymond Valensi, en 1941, alors quasi centenaire pr\u00e9sident de la communaut\u00e9 \u2014 avec une arrogance que n\u2019am\u00e9liorait pas le grand \u00e2ge \u2014 invoquait na\u00efvement aupr\u00e8s du R\u00e9sident G\u00e9n\u00e9ral, pour contrer les menaces de dissolution de celle-ci, \u201cla fi\u00e8re allure des Portugais\u201d (sic), il y avait quelque r\u00e9miniscence du rapport de l\u2019ambassadeur de Venise \u00e0 Amsterdam au XVIIe si\u00e8cle, qui, d\u00e9crivant alors les notables de la Nation Portugaise, commentait : \u201dIls ont fi\u00e8re allure 56.\u201d<\/b><\/p>\n<h1><b>La Na\u00e7\u00e3o Portugueza<\/b><\/h1>\n<p><b>On a dit aussi \u2014 mais o\u00f9 l\u2019a-t-on pris ? 57 \u2014 que l\u2019appellation \u201cNation Portugaise\u201d serait erronn\u00e9e comme apparue tardivement lors du Protectorat, en 1881, pour complaire aux autorit\u00e9s fran\u00e7aises. Avrahami a r\u00e9fut\u00e9 cette l\u00e9gende en montrant \u2014 dans un article que pourtant Paul Sebag cite lui-m\u00eame \u2014 que l\u2019appellation est fort ancienne et d\u2019origine 58. Il suffit de voir que les copies des Ordonnances somptuaires de 1726-1759 publi\u00e9es par\u00a0 lui s\u2019intitulent :\u00a0 <i>Copia de Las Escamot quitada del Libro antiguo de nuestro Kahal de <u>Portugueses Tunes<\/u><\/i>. Le m\u00e9morial qu\u2019il \u00e9tudiait avait pour titre, d\u00e8s l\u2019origine : <i>Livre des M\u00e9moires de la Sainte Communaut\u00e9 Portugaise que D. la garde et la prot\u00e8ge <\/i>\u00a0(traduction par Avrahami)<i>.<\/i><\/b><\/p>\n<p><b>Les Tunisiens utilisaient le m\u00eame terme, ainsi dans des\u00a0 <i>responsa<\/i> du 20 juillet 1741 qui rappelaient : \u201cles voyageurs originaires des villes du royaume d\u2019Edom rel\u00e8veraient de la communaut\u00e9 des Portugais\u201d 59. Dans leurs lettres de 1728-1730 \u00e0 leurs coll\u00e8gues de Livourne, les dirigeants de la Communaut\u00e9 Portugaise de Tunis Joseph Mendes Ossuna, Moseh de Abraham Franco et Abram de Isaque Lumbroso) s\u2019intitulaient\u00a0 <i>Masares <\/i>(lusitanisation du mot italien Massari)\u00a0 <i>de la Na\u00e7a\u00f2 Portugueza de Tunes. <\/i>Ces lettres \u00e9taient r\u00e9dig\u00e9es six fois sur dix en portugais et quatre fois en espagnol, mais m\u00eame dans ces derni\u00e8res le terme portugais\u00a0 <i>Na\u00e7a\u00f2 <\/i>subsistait 60. Bien s\u00fbr, il n\u2019avait pas \u00e0 l\u2019\u00e9poque, pas plus qu\u2019aujourd\u2019hui, le sens moderne que lui a donn\u00e9 la R\u00e9volution. Ma th\u00e8se l\u2019expliquait pp. 11-12.<\/b><\/p>\n<h1><b>La langue.<\/b><\/h1>\n<p><b>Ishak Avrahami a re\u00e7u avant m\u00eame ma soutenance le manuscrit de ma th\u00e8se, a lu mes commentaires sur ses propres travaux, m\u2019en a f\u00e9licit\u00e9. Je n\u2019oserais trouver l\u00e0 partielle explication \u00e0 l\u2019\u00e9volution de ses propres analyses. Ainsi la disparition de l\u2019espagnol au profit de l\u2019arabe est une id\u00e9e qu\u2019il abandonne, \u00e9crivant au contraire :\u00a0 \u00ab L\u2019espagnol est la langue du pass\u00e9, du souvenir ; l\u2019italien est devenu la langue de l\u2019avenir au XIXe si\u00e8cle, la langue \u201cnationale\u201d des Livournais, l\u2019h\u00e9breu dans le domaine juridique et rabbinique, et le jud\u00e9o-arabe est la langue du quotidien que nombreux lisent et tous comprennent.\u00bb Pour la pr\u00e9tendue \u201carabisation\u201d, Avrahami \u00e9crit : \u00abtrois si\u00e8cles et demi de \u201cvie mitoyenne\u201d \u00e0 partir du XVIIe si\u00e8cle ne les assimil\u00e8rent pas, ils surent conserver jalousement leur autonomie.\u00bb<\/b><\/p>\n<p><b>L\u2019espagnol est encore utilis\u00e9 dans les contrats. J.-M. Filippini a publi\u00e9 un contrat r\u00e9dig\u00e9 en espagnol et sign\u00e9 \u00e0 Tunis par Sigr Eliau Attal, mandataire de David de Montel, de Livourne, avec treize marchands en 1779 61. Que le Livournais de Livourne ait choisi pour mandataire un Tunisien, Attal, que Tunisiens et Livournais collaborent \u00e0 la m\u00eame op\u00e9ration commerciale, cela r\u00e9v\u00e8le des rapports meilleurs qu\u2019il n\u2019est d\u2019usage de les d\u00e9crire. La langue adopt\u00e9e montre que l\u2019espagnol est encore pratiqu\u00e9 non seulement par les Livournais de Tunis, mais par des marchands tunisiens. Le contrat est traduit en italien \u00e0 Livourne par un Judah Frosolone. Au m\u00eame article Filippini publiait un contrat de soci\u00e9t\u00e9 souscrit \u00e0 Tunis en langue espagnole en 1782 par onze associ\u00e9s tous Livournais de Tunis \u00a062. Tout cela aide \u00e0 comprendre que ces Tunisiens \u00e9taient pr\u00eats \u00e0 suivre leurs amis livournais dans la cr\u00e9ation d\u2019une communaut\u00e9 \u201cportugaise\u201d \u00e0 Marseille en 1780, adoptant la langue espagnole, ce qui e\u00fbt \u00e9t\u00e9 absurde si l\u2019identit\u00e9 \u201cportugaise\u201d avait disparu de Tunis. Si l\u2019italien s\u2019imposa progressivement \u00e0 la faveur des bouleversements qui suivirent, tout n\u2019avait pu avoir compl\u00e8tement disparu, en 1880, des mentalit\u00e9s.<\/b><\/p>\n<h2><\/h2>\n<h2><b>Lionel L\u00e9vy <\/b><\/h2>\n<p><b><i>1- Les noms des Juifs de Tunisie,<\/i> l\u2019Harmattan 2002,171 p.\u00a0 ISBN : 2 &#8211; 7475-2533.<\/b><\/p>\n<p><b><i>2- <\/i>Lionel L\u00e9vy est l\u2019auteur de \u00ab\u00a0La nation juive portugaise, Livourne, Amsterdam, Tunis 1591-1951,\u00bb L\u2019Harmattan 1999.<\/b><\/p>\n<p><b><i>3- <\/i>Voir en particulier les incontournables:<i>Histoire des Juifs de Tunisie, <\/i>l\u2019Harmattan 1991; <i>Tunis, Histoire d\u2019une ville, <\/i>id. 1998.<\/b><\/p>\n<p><b><i>4- <\/i>Il \u00e9num\u00e8re les 71 noms suivants : Africano, Allatini, Ascoli, Ayacchini, Bassano, Benedite, Benero, Bonan, Boralevi, Buonafaro, Cal\u00f2, Cammeo, Cassuto, Castelnuovo, Cesana, Cittanova, Coen, Cremisi, Dello-Strologo, Disegni, Dodisco, Donato, Eminente, Faldini, Felice, Finzi, Fiorentino, Foa, Forti, Funaro, Gianforte, Grego, Iacchia, Lampronti, Lenghi, Levi, Lussato, Marini, Modigliani, Molco, Montefiore, Morpurgo, Naccamulli, Ortona, Ottolenghi, Padoa, Pansieri, Philipson, Piperno, Procaccia, Provenzal, Reginiano, Roa, Rossi, Sacuto, Scialom, Segre, Servadio, Sinigaglia, Sonnino, Spizzichino, Sulema, Tedeschi, Trionfo,\u00a0 Veroli, Viterbo, Vivanti, Volterra, Zuccarino.<\/b><\/p>\n<p><b><i>5- <\/i>Rodrigues da Silva op. cit. p. 139 : <i>Mequinez.<\/i><\/b><\/p>\n<p><b><i>6- <\/i>J.M.Abecassis,<i>Geneaogia Hebraica, T1 , <\/i>Lisbonne 1990, \u00e9d. Jos\u00e9 Maria Abecassis, p. 652<\/b><\/p>\n<p><b><i>7- <\/i>L\u2019arbre g\u00e9n\u00e9alogique gracieusement communiqu\u00e9 par Madame Mireille Hadas-Lebel remonte \u00e0 Rab. Isaac Bonan n\u00e9 en 1762. Depuis cette date toutes les alliances sont faites avec des Lumbroso, Enriquez, Valensi, Boccara,Costa, Darmon, Mendes Ossuna, etc., c\u2019est-\u00e0-dire avc des \u201cvieux Livournais\u201d, avant que n\u2019interviennent au XXe si\u00e8cle des mariages dits \u201cmixtes\u201d avec des familles tunisiennes. Des Benbunan existent d\u00e8s le XVIIIe si\u00e8cle \u00e0 Gibraltar, venant du Maroc hispanophone. C\u2019est sans doute ce trait qui\u00a0 a amen\u00e9 la famille \u00e0 s\u2019int\u00e9grer au XVIIIe si\u00e8cle dans la communaut\u00e9 portugaise. Les Bonan qui se sont tr\u00e8s t\u00f4t francis\u00e9s n\u2019ont jamais \u00e9t\u00e9 un facteur d\u2019italianisation de la communaut\u00e9. Aucun d\u2019eux n\u2019a acquis la nation<\/b><\/p>\n<p><b><i>8- <\/i>Pilar Jean Tello <i>Judios de Toledo<\/i>,\u00a0 Institut Arias Montano, Madrid.<\/b><\/p>\n<p><b><i>9- <\/i>Jos\u00e9 Rodrigues da Silva Tavim, Os Judeos na axpans\u00e3o portuguesa em Marrocos durante o seculo XVI, Braga, \u00e9d. APPACDM, 1997.<\/b><\/p>\n<p><b><i>10- <\/i>La Nazione Ebrea\u00a0 di Livorno e di Pisa, \u00e9d. Olschki, Florence 1990, p.38.<\/b><\/p>\n<p><b><i>11- <\/i>Renzo Toaff op. cit. En septembre 1675, en l\u2019absence de rabbins en nombre suffisant, la commission du <i>Issur ve-Hetter\u00a0 <\/i>(de ce qui\u00a0 est prohib\u00e9 et permis selon la loi religieuse) comprenait trois la\u00efcs dont Abram Baruh Eminente.<\/b><\/p>\n<p><b><i>12- <\/i>Abraham David, \u201cGedalia Ibn Yahia, auteur du Shalshelet Ha Qabbalah\u201d, <i>R.E.J. <\/i>,T LIII, 1994, pp. 101-132.<\/b><\/p>\n<p><b><i>13- <\/i>R. Toaff op. cit. p.443.<\/b><\/p>\n<p><b><i>14- <\/i>C\u2019est l\u2019opinion de Haim Zafrani pour les Melki et Malka. M\u00e0laga (en arabe et espagnol archa\u00efque: M\u00e0laca) doit son nom au g\u00e9n\u00e9ral carthaginois\u00a0 Malachus (le \u201croi\u201d). Ici racines s\u00e9mitiques en h\u00e9breu, arabe et ph\u00e9nicien co\u00efncident. Sebag exprime son d\u00e9saccord sur cette hypoth\u00e8se mais ne dit pas pourquoi. Il est constant que le nom est fr\u00e9quent dans le Maroc hispanophone et que bien des noms ib\u00e9riques sont des toponymes.<\/b><\/p>\n<p><b><i>15- <\/i>Toaff op. cit. p. 375.<\/b><\/p>\n<p><b><i>16- <\/i>Toaff,op. cit. p.173.<\/b><\/p>\n<p><b><i>17- <\/i>Voir Eisenbeth, \u00e9d. CGJ et LS.p. 166 pour qui Rouasse, Rouach ou Rouah sont l\u2019\u00e9quivalent h\u00e9breu de Cabessa.<\/b><\/p>\n<p><b><i>18- <\/i>Voir Eisenbeth, op. cit. p185, qui mentionne le rabbin David Zacuto et son fr\u00e8re Benjamin, notable et marchand livournais qui sauva la vie du Chevalier de Choiseul-Beaupr\u00e9 en 1683.<\/b><\/p>\n<p><b><i>19- <\/i>Op. cit. p. 57. Abraham Zacuto fut le disciple d\u2019Yishac Aboab (Purificacion Albarral-Albarral,<i> La Almenara de la Luz, <\/i>Grenade, 2001 (Lettre S\u00e9pharade n\u00b044, 2002).<\/b><\/p>\n<p><b><i>20- <\/i>Toaff op. cit. p. 494.<\/b><\/p>\n<p><b><i>21- <\/i>op. cit. pp. 36-37<\/b><\/p>\n<p><b><i>22- <\/i>LL, op. cit. p. 126 et n. 86 : Nombreux Ardut ou Ardit en Catalogne d\u00e8s le Xe si\u00e8cle, dynastie de m\u00e9decins. Pr\u00e9sence de la forme Ardit \u00e0 Venise \u00e0 laquelle de Felice assimile d\u2019ailleurs la forme Arditi (ou Arditti). Pr\u00e9sence des Arditi \u00e0 Salonique comme fondateurs de la synagogue Catalane au XVIe si\u00e8cle.<\/b><\/p>\n<p><b><i>23- <\/i>Cf. Mario\u00a0 Modiano, <i>Hamehune Modillano, <\/i>Ath\u00e8nes, 2000 et notre \u00e9change internet sur Jewishgen.<\/b><\/p>\n<p><b><i>24- <\/i>Imp. Meldola, Livourne 1743. Il s\u2019agit d\u2019une \u0153uvre d\u2019assistance aux malades dont l\u2019administration, h\u00e9r\u00e9ditaire, est tradition-nellement r\u00e9serv\u00e9e aux hispano-portugais.<\/b><\/p>\n<p><b><i>25- <\/i>C\u2019est ce qui se dit en Corse pour le premier nom.<\/b><\/p>\n<p><b><i>26- <\/i>Paul Sebag sugg\u00e8re bien pour le nom Cassuto l\u2019inversion de consonnes de Sacuto.<\/b><\/p>\n<p><b><i>27- <\/i>cf le proverbe cit\u00e9 par Abecassis (t4,p.103):<i>Ni ajo dulce ni tudesco bueno<\/i>, tir\u00e9 de <i>Refranero. <\/i>\u00c0 Gibraltar, Abecassis cite des Tudesqui, Todesqui, Tudesquino. Selon Abecassis (t1, p. 413ss) et Laredo, \u201cAshkenazi est le nom conserv\u00e9 par une famille d\u2019origine allemande dispers\u00e9e \u00e0 travers la Turquie et l\u2019Asie Mineure et dont les diff\u00e9rents rameaux emprunt\u00e8rent une traduction dans la langue des pays o\u00f9 ils s\u2019\u00e9tablirent : Alaman, Deutsch, Allemano, Tedeschi, Tedesco et Todesco.\u201d<\/b><\/p>\n<p><b><i>28- <\/i>Idem,op. cit. p.231 et n.13.<\/b><\/p>\n<p><b><i>29- <\/i>Baer\u00a0 I, 327, cit\u00e9 in Laredo.<\/b><\/p>\n<p><b>Roland Taranto, \u00abLes noms de famille juifs \u00e0 Smyrne\u00bb in <i>ETSI <\/i>\u00a0Mars 2002 , Vol 5 n\u00b016.<\/b><\/p>\n<p><b><i>30- <\/i>Toaff, op. cit. p. 53.<\/b><\/p>\n<p><b><i>31- <\/i>L.L. op. cit. pp. 51 ss.<\/b><\/p>\n<p><b><i>32- <\/i>Rab. Isaac Levy, <i>A Morsel of Bread, <\/i>traduction anglaise d\u2019Alan D. Corr\u00e9, 1997 Milwaukee.<\/b><\/p>\n<p><b><i>33- <\/i>Le peintre Moses Levy, mon oncle, petit-fils de ce Moses 2, n\u2019avait pas la\u00a0 nationalit\u00e9 italienne, comme l\u2019\u00e9crit Paul Sebag, mais britannique. Sa culture \u00e9tait enti\u00e8rement italienne.<\/b><\/p>\n<p><b><i>34- Genealogia hebraica, <\/i>\u00e9d. J.M. Abecassis, Lisbonne, 1990.<\/b><\/p>\n<p><b><i>35- <\/i>cf Is. S. Revah,\u00ab La relation g\u00e9n\u00e9alogique d\u2019Immanuel Aboab \u00bb in <i>Boletim Internacional de Bibliografia Luso-Brasileira, <\/i>vol. II, n\u00b0 2, 1961, pp. 276 ss.<\/b><\/p>\n<p><b><i>36- <\/i>L\u2019adoption de la forme plurielle est fr\u00e9quente. Ainsi les Moreno de Tunis avaient-ils \u00e9t\u00e9 parfois d\u00e9sign\u00e9s comme Morenos.<\/b><\/p>\n<p><b><i>37- <\/i>\u00ab Sephardic \u201cVarons\u201d Historical background and distribution\u00bb in <i>Revue de G\u00e9n\u00e9alogie et d\u2019Histoire S\u00e9farades, ETSI, <\/i>Vol. 4 n\u00b012, en anglais.<\/b><\/p>\n<p><b><i>38- <\/i>\u00ab Testour et sa grande mosqu\u00e9e. Contribution \u00e0 l\u2019\u00e9tude des Andalous de Tunis \u00bb in<i> Revue Tunisienne 1942, <\/i>pp. 147.160.<\/b><\/p>\n<p><b><i>39- <\/i>Vittorio Marchi, Lessico del Livornese con finestra aperta sul Bagitto, \u00e9d. Belforte, Livourne 1993, p 304.<\/b><\/p>\n<p><b><i>40- <\/i>In <i>Les Juifs d\u2019Espagne, <\/i>sous la direction de Henry M\u00e9choulan, \u00e9d. Liana Levi, 1992, p. 533.<\/b><\/p>\n<p><b><i>41- REJ, <\/i>XIVp.68<\/b><\/p>\n<p><b><i>42- <\/i>\u00a0Elias Lipiner, <i>Os Baptizados em\u00a0 p\u00e9, <\/i>p. 106, 108, 109, 111, \u00e9d. Vega, Lisbonne, Cole\u00e7\u00e3o Documenta Historica, 1998.<\/b><\/p>\n<p><b><i>43- <\/i>Cit\u00e9 Par Roth, <i>Histoire des Marranes,<\/i> \u00e9d. Liana Levi, pp. 37 et 310. Il s\u2019agissait de parents de Diego Arias\u00a0 Davila, nouveau chr\u00e9tien immens\u00e9ment riche,\u00a0 tr\u00e9sorier du favori du roi, Alvaro de Luna.<\/b><\/p>\n<p><b><i>44- <\/i>Paul Sebag aurait pu observer qu\u2019aucune de ces familles ne figure sur la liste De Paz qu\u2019il cite lui-m\u00eame p. 169, l\u2019ayant trouv\u00e9e\u00a0 dans ma th\u00e8se p. 336, et la reconnaissant comme liste cr\u00e9dible des noms livournais en 1930 \u00e0 Tunis.<\/b><\/p>\n<p><b><i>45- <\/i>Lionel L\u00e9vy, op. cit. p. 133, n. 112.<\/b><\/p>\n<p><b><i>46- <\/i>Responsa\u00a0 Rabb. David Bonan et Yeouda\u00a0 Halevy, oct. 1840, reproduite in L. L\u00e9vy, op. cit. p. 359ss. n13. Le mot h\u00e9breu Edom ne couvre pas toute l\u2019Europe, mais seulement celle incluse dans l\u2019ancien empire romain, m\u2019a expliqu\u00e9 G\u00e9rard Nahon.<\/b><\/p>\n<p><b><i>47- <\/i>Le grand po\u00e8te Yosef Ha-Cohen n\u00e9 \u00e0 Avignon en 1496 \u00e9tait le fils de Dolsa Alconstantini d\u2019une grande famille juive aragonaise (Ana Ria\u00f1o, <i>El Manuscrito de Ha-Kohen,\u00a0 <\/i>Grenade 2002, Port-Royal\u00a0 Ediciones (<i>La Lettre S\u00e9pharade\u00a0 <\/i>n\u00b0 44, 2002).<\/b><\/p>\n<p><b><i>48- <\/i>\u00a0Il s\u2019agit de la branche de Livourne venue d\u2019Egypte au d\u00e9but du XVIIIe si\u00e8cle via Venise.<\/b><\/p>\n<p><b><i>49- <\/i>\u00a0cf Hildesheimer cit\u00e9 par L.L. op. cit. p. 310. Peu apr\u00e8s, en 1802, la maison Bella\u00efsche et Tubiana transf\u00e9rait \u00e0 Marseille son si\u00e8ge social pr\u00e9c\u00e9demment fix\u00e9 \u00e0 Tunis.<\/b><\/p>\n<p><b><i>50- <\/i>L. L\u00e9vy, op. cit. pp. 131-135 montrant que la quasi totalit\u00e9 des dirigeants communautaires\u00a0 en 1895 \u00e9tait d\u2019origine ib\u00e9rique.<\/b><\/p>\n<p><b><i>51- <\/i>Chez Giorgio Bassani, le type du \u201cPortugais\u201d arrogant et aristocrate est un Finzi Contini <i>(Il Giardino dei Finzi Contini).<\/i><\/b><\/p>\n<p><b><i>52- <\/i>Un Aaron Disegni, int\u00e9gr\u00e9 \u00e0 Livourne y fut assassin\u00e9 en 1687 (Toaff, op. cit ; p. 230.)<\/b><\/p>\n<p><b><i>53- <\/i>Sergio Romano, <i>Lettera a un amico Ebreo <\/i>,\u00a0 Milan, \u00e9d. Longanesi &amp; C. 1997, pp. 72-73 ; lire du m\u00eame auteur, <i>Histoire de l\u2019Italie du Risorgimento \u00e0 nos jours <\/i>, Paris \u00e9d.\u00a0 Seuil, 1977<\/b><\/p>\n<p><b><i>54- <\/i>\u00a0Ce Yahacob Zacuto d\u2019Amsterdam, fils du Dr Abraham Zacuto, semble avoir fait l\u2019objet aupr\u00e8s de l\u2019Inquisition portugaise d\u2019une d\u00e9nonciation de Gaspar Bocarro en 1637 (Elias Lipiner, op. cit. pp. 76-78).<\/b><\/p>\n<p><b><i>55- <\/i>cf. l\u2019int\u00e9ressant et tr\u00e8s riche article de Elia Boccara \u00e0 la <i>Rassegna Mensile di Israel, <\/i>\u00abLa comunit\u00e0 ebraica portoghese di Tunisi (1710-1914) \u00bb, LXVI, 2, 2000 .<\/b><\/p>\n<p><b><i>56- <\/i>Peut-\u00eatre dans le rapport en 1895 de Victor Cattan, futur b\u00e2tonnier, alors conseil du Grand Rabbin Eliaou Borgel et jeune avocat qui semblait mal ma\u00eetriser l\u2019histoire des Portugais.<\/b><\/p>\n<p><b><i>57- <\/i>Dans sa \u201cContribution des sources internes h\u00e9braa\u00efques, jud\u00e9o-arabes et arabes \u00e0 l\u2019histoire des Juifs de Tunisie\u201d (in <i>Rassegna Mensile di Israel, <\/i>Rome, Vo L, 3<sup>e<\/sup> s\u00e9rie, 1984, p.726), Avrahami pr\u00e9cise bien que l\u2019appellation \u201cPortugaise\u201d est ancienne et non point adopt\u00e9e pour ne pas irriter les Fran\u00e7ais,<i> \u201ccomme on pourrait le pr\u00e9tendre et le croire.\u201d <\/i>Tels sont intitul\u00e9s notamment les Registres Matrimoniaux de la Communaut\u00e9 juive portugaise de Tunis aux XVIIIe et XIXe si\u00e8cles, publi\u00e9s par Robert Attal et Joseph Avivi. Citant dans leur deuxi\u00e8me volume la th\u00e8se d\u2019Ishaq Avrahami, ces auteurs veulent bien rendre justice \u00e0 mon analyse : \u201c<i>Lionel L\u00e9vy en a fait une excellente analyse dans la Revue des Etudes Juives, 1997, pp. 393-400\u201d.<\/i> Ils citent en outre <i>tout r\u00e9cemment l\u2019important ouvrage de Lionel L\u00e9vy, la Nation juive portugaise<\/i>.<\/b><\/p>\n<p><b><i>58- <\/i>Reproduit \u00e0 L. L\u00e9vy, op. cit. p. 353 ss.<\/b><\/p>\n<p><b><i>59- <\/i>Arch. comm. Isr. de\u00a0 Livourne, <i>Filza de Cartas n\u00b048-49<\/i>, in\u00e9dit. <i>Na\u00e7a\u00f2 <\/i>\u00a0avec accent sur le \u00f2 est l\u2019orthographe archa\u00efque. On l\u2019\u00e9crit aujourd\u2019hui <i>Na\u00e7\u00e3o <\/i>\u00a0avec tilde sur le \u00e3.<\/b><\/p>\n<p><b><i>60- <\/i>in <i>Nuovi Studi Livornesi<\/i>,1999, Vol VII, p. 147. Ces marchands sont Bizis, Coen Zardi, Catan, Sacuto, Semama, Mareh, Levi, Enriques, Boccara, De Pas, Halchaique, Tapia. Certains sont Tunisiens, d\u2019autres Livournais.<\/b><\/p>\n<p><b>62 &#8211; Il s\u2019agit de Salamone Enriches et Fils, Joseph Franchetti et Fils, Salamon Zevi et fils,\u00a0 Abram Cohen de Lara et  Fils, Isaac Enriches et fils, Abram Enriches et fils, Isach et Abram de Mordekhay et Fils, Isach Franchetti et Fils, Abram Nunes et Fils, Raffaelo Enriches et Fils, Isach di Salamon Enriches et Fils. Le texte est traduit en italien  par Jacob Spinosa.<\/b><\/p>\n<p><b>Qu\u2019il me soit permis de le rappeler : dans son rapport de th\u00e8se, mon ma\u00eetre G\u00e9rard Nahon avait conclu:<i>\u00ab Pour la langue, M. Lionel L\u00e9vy m\u2019a convaincu.\u00bb <\/i>Richard Ayoun a fait la part des nuances en distinguant entre la bourgeoisie et les pauvres, tr\u00e8s minoritaires il est vrai , et en classant les langues utilis\u00e9es en langue du groupe, langue religieuse et langue officielle.<\/b><\/p>\n<p> <b> Lionel LEVY &lt;<a href=\"mailto:lionel.levy@wanadoo.fr\">lionel.levy@wanadoo.fr<\/a>&gt;\u00a0<\/b><\/p>\n<\/p><\/div>\n<\/p><\/div>\n<\/p><\/div>\n<\/p><\/div>\n<hr\/>\n<blockquote>\n<blockquote><\/blockquote>\n<\/blockquote>\n<h6><\/h6>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Paul Sebag LES NOMS DES JUIFS DE TUNISIE 1 (Annexe: \u201cLes noms des Livournais\u201d) Ce n\u2019est point une recension mais une v\u00e9ritable \u00e9tude que nous livre ici Lionel L\u00e9vy \u00e0 l\u2019occasion du dernier ouvrage de Paul Sebag, dont une importante annexe est consacr\u00e9e aux \u00ab\u00a0noms des Livournais\u00a0\u00bb 2. * Respectant trop Paul Sebag pour 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