{"id":3274,"date":"2011-12-01T17:26:41","date_gmt":"2011-12-01T17:26:41","guid":{"rendered":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/?p=3274"},"modified":"2011-12-01T17:26:41","modified_gmt":"2011-12-01T17:26:41","slug":"le-psychanalyste-gerard-haddad-face-a-la-lumiere-des-astres-eteints","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/le-psychanalyste-gerard-haddad-face-a-la-lumiere-des-astres-eteints\/","title":{"rendered":"Le psychanalyste G\u00e9rard Haddad face \u00e0 la lumi\u00e8re des astres \u00e9teints"},"content":{"rendered":"<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<div class=\"post_header\">\n<h3 class=\"cufon single black\">\n\t\tLe psychanalyste G&eacute;rard Haddad face &agrave; la lumi&egrave;re des astres &eacute;teints<\/h3>\n<div class=\"post_detail\">\n\t\t&nbsp;<\/div>\n<\/div>\n<p><!--\n\n<div class=\"post_img\">\n\t\t\t\t\t\t\t\t<img decoding=\"async\" src=\"\/timthumb.php?src=&w=580&zc=1\" alt=\"\"\/>\n\t\t\t\t\t\t\t<\/div>\n\n--><\/p>\n<div class=\"wp-caption alignright\" id=\"attachment_35838\" style=\"width: 310px;\">\n\t&nbsp;<\/div>\n<p>\n\tA Gammarth, &agrave; Paris, &agrave; Sidi Bou Sa&iuml;d, entre ao&ucirc;t 2009 et d&eacute;cembre 2010, le psychanalyste G&eacute;rard Haddad a &eacute;crit Lumi&egrave;re des astres &eacute;teints (Grasset, 2011), s&ucirc;rement le plus saisissant et le plus bouleversant essai qui se puisse lire cette saison. D&rsquo;abord agronome en Afrique de l&rsquo;Ouest comme son ami Gilbet Naccache, l&rsquo;auteur de Cristal, le fut dans leur Tunisie natale, G&eacute;rard Haddad rencontrant Jacques Lacan entreprit des &eacute;tudes de m&eacute;decine et devint psychanalyste. C&rsquo;est un parcours intellectuel atypique que le sien, mais qui lui donne une exp&eacute;rience tout &agrave; fait originale de la qu&ecirc;te des savoirs et de l&rsquo;attention aux probl&eacute;matiques, aux besoins des groupes ainsi qu&rsquo;aux pratiques, aux discours et aux souffrances des individus.<\/p>\n<p>\n\tLumi&egrave;re des astres &eacute;teints est un essai dont le sous-titre La psychanalyse face aux camps explicite l&rsquo;objet : affronter l&rsquo;impensable que repr&eacute;sente la mise en &oelig;uvre par le nazisme de l&rsquo;extermination des juifs. G&eacute;rard Haddad ne pouvait pas trouver plus nette explicitation que celle contenue dans les phrases plac&eacute;es en &eacute;pigraphe de Lumi&egrave;re des astres &eacute;teints : &laquo;<em> Le camp est semblable &agrave; une bombe nucl&eacute;aire qui disperse ses retomb&eacute;es radioactives en des lieux &eacute;loign&eacute;s, m&ecirc;me apr&egrave;s l&rsquo;explosion ; tout trauma psychique continue &agrave; contaminer ceux qui y ont &eacute;t&eacute; expos&eacute;s, d&rsquo;une mani&egrave;re ou d&rsquo;une autre, &agrave; la premi&egrave;re, seconde et ult&eacute;rieures g&eacute;n&eacute;rations.(&hellip;) Le trauma &eacute;motionnel ne peut &ecirc;tre vu ni d&eacute;tect&eacute;. Il demeure cach&eacute; dans les noirs abysses de l&rsquo;inconscient avec son influence hasardeuse et toxique mena&ccedil;ant la sant&eacute; des &ecirc;tres humains pour des si&egrave;cles <\/em>&raquo;. Ces propos de Nathan Kellerman, G&eacute;rard Haddad les prend au mot. On peut m&ecirc;me &eacute;crire qu&rsquo;il les prend aux maux.<\/p>\n<p>\n\tCette souffrance qui se r&eacute;v&egrave;le parmi sa client&egrave;le durant la cure analytique s&rsquo;exprime par exemple ainsi : &laquo;<em> Depuis mon enfance et mon adolescence &ndash; et j&rsquo;ai aujourd&rsquo;hui quarante ans &ndash; je me tra&icirc;ne dans les cabinets et sur les divans d&rsquo;analystes. Et je n&rsquo;ai pas r&eacute;ussi &agrave; trouver un peu de paix int&eacute;rieure, ni m&ecirc;me une place quelque peu stable dans ce monde de sables mouvants <\/em>&raquo;.<br \/>\n\tPrimo Levi, l&rsquo;&eacute;crivain italien qui fut d&eacute;port&eacute; n&rsquo;a-t-il pas &eacute;crit : &laquo;<em> et moi-m&ecirc;me parfois je me demande si tout cela a bien eu lieu<\/em>&raquo;.<\/p>\n<p>\n\tPour Simone, en cure avec G&eacute;rard Haddad, &laquo;<em> Le monde actuel n&rsquo;&eacute;tait que le produit des camps <\/em>&raquo; et de donner un &laquo;<em> exemple qui vous surprendra peut-&ecirc;tre. (&hellip;) Le Club Med, bien s&ucirc;r. Savez-vous comment cette id&eacute;e du Club a jailli ? Non, pas dans la t&ecirc;te de Gilbert T., mais dans celle d&rsquo;un homme remarquable, un juif belge, G&eacute;rard Blitz. (&hellip;) Une partie de sa famille est morte dans les camps. Lui a surv&eacute;cu. (&hellip;) Pour gu&eacute;rir le monde du camp [o&ugrave;] tout &eacute;tait interdit, dans le contre-camp tout serait permis. Dans le camp, on mourait de faim. Dans le contre-camp ,on pourrait manger &agrave; volont&eacute;, &agrave; sati&eacute;t&eacute;, sans limites. (&hellip;) Dans le camp le mot &laquo;<em> loisir <\/em>&raquo; n&rsquo;avait aucun sens, dans le contre-camp le loisir, et d&rsquo;abord le sport, serait roi <\/em>&raquo;.<\/p>\n<p>\n\tQu&rsquo;il &eacute;voque son exp&eacute;rience de psychiatre dans un dispensaire pour enfants ou ses lectures de r&eacute;cits ou de romans, G&eacute;rard Haddad est toujours &eacute;clairant, attentif et m&eacute;thodique. Pas moins que son confr&egrave;re Ali Magoudi qui s&rsquo;est lui aussi passionn&eacute; pour le roman de Georges Perec La disparition. Mais l&rsquo;important dans la r&eacute;flexion de G&eacute;rard Haddad, c&rsquo;est aussi la place qu&rsquo;il accorde &agrave; l&rsquo;art, ce qu&rsquo;il ose esp&eacute;rer de l&rsquo;art dans le refus de la d&eacute;shumanisation et ce qu&rsquo;il r&eacute;clame &agrave; la psychanalyse face &agrave; la terreur, en citant l&rsquo;ouvrage de H.Besserman (1932-2002), cette psychanalyste br&eacute;silienne qu&rsquo;il publia aux &eacute;ditions de l&rsquo;Harmattan en 1997 Politique de la psychanalyse face &agrave; la dictature et &agrave; la torture avec une pr&eacute;face de Ren&eacute; Major, psychanalyste qui donna il y a quelques ann&eacute;es une conf&eacute;rence &agrave; Rabat.<\/p>\n<div class=\"wp-caption alignleft\" id=\"attachment_35839\" style=\"width: 185px;\">\n\t<a href=\"http:\/\/www.lesoir-echos.com\/wp-content\/uploads\/Salim-Jay73.jpg\" title=\"Salim Jay\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" alt=\"Salim Jay\" class=\"size-full wp-image-35839\" height=\"175\" src=\"http:\/\/www.lesoir-echos.com\/wp-content\/uploads\/Salim-Jay73.jpg\" title=\"Salim Jay\" width=\"175\" \/><\/a><\/p>\n<p class=\"wp-caption-text\">\n\t\tLa chronique de Salim JAY<\/p>\n<\/div>\n<p>\n\tComment comprendre l&rsquo;impasse moyenne-orientale ? se demande G&eacute;rard Haddad ? &laquo;<em> Nous disposons pour cela, &eacute;crit-il, d&rsquo;une biblioth&egrave;que d&rsquo;essais, de romans et de po&egrave;mes isra&eacute;liens, souvent de qualit&eacute;, &agrave; laquelle fait face celle des romans, essais et po&egrave;mes palestiniens tout aussi m&eacute;ritoires. Pourtant la confrontation entre ces deux litt&eacute;ratures, aussi &eacute;mouvantes l&rsquo;une que l&rsquo;autre, ne dessine &agrave; ce jour aucun point de rencontre <\/em>&raquo;. A l&rsquo;exception de quelques rares amiti&eacute;s parmi lesquelles celle, que cite Haddad (dont on sait que le nom signifie en arabe forgeron) ayant rapproch&eacute; Edward Sa&iuml;d et Daniel Barenbo&iuml;m.<\/p>\n<p>\n\tG&eacute;rard Haddad condamne le triptyque consistant &agrave; &laquo;<em> ne rien c&eacute;der, n&rsquo;avoir confiance en personne, y compris en ses amis, &ecirc;tre indiff&eacute;rent &agrave; la souffrance des autres<\/em>&raquo; et il note que &laquo;<em>le r&eacute;sultat de ce catastrophique triptyque a &eacute;t&eacute; exprim&eacute; par ce jugement d&eacute;sabus&eacute; du grand violoniste et humaniste Yehudi Menuhin : Isra&euml;l est parvenu &agrave; dilapider en quelques ann&eacute;es l&rsquo;immense capital moral que le peuple juif avait accumul&eacute; au cours des mill&eacute;naires. <\/em>&raquo; G&eacute;rard Haddad n&rsquo;est pas un pessimiste professionnel. Il n&rsquo;oublie rien de l&rsquo;action de celles et ceux qui s&rsquo;indignent. Ainsi Deborah, &laquo;<em> une militante pour la paix qui occupait ses loisirs avec d&rsquo;autres femmes en se postant aux check-points de l&rsquo;arm&eacute;e isra&eacute;lienne. L&agrave;, &agrave; la moindre brimade &agrave; un Palestinien, elle surgissait de sa voiture pour interposer sa forte silhouette <\/em>&raquo;.<\/p>\n<p>\n\tLumi&egrave;re des astres &eacute;teints est un livre qui, &agrave; la lumi&egrave;re des d&eacute;sastres pass&eacute;s ,voudrait conjurer les d&eacute;sastres futurs et invite &agrave; ne pas se cacher les d&eacute;sastres pr&eacute;sents.\u25c6<\/p>\n<p class=\"moulah\">\n\t<a href=\"http:\/\/www.lesoir-echos.com\/author\/salimjay\/\" title=\"Tous les articles de Salim Jay\">Salim Jay<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&nbsp; Le psychanalyste G&eacute;rard Haddad face &agrave; la lumi&egrave;re des astres &eacute;teints &nbsp; &nbsp; A Gammarth, &agrave; Paris, &agrave; Sidi Bou Sa&iuml;d, entre ao&ucirc;t 2009 et d&eacute;cembre 2010, le psychanalyste G&eacute;rard Haddad a &eacute;crit Lumi&egrave;re des astres &eacute;teints (Grasset, 2011), s&ucirc;rement le plus saisissant et le plus bouleversant essai qui se puisse lire cette saison.&hellip;&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":16481,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"neve_meta_sidebar":"","neve_meta_container":"","neve_meta_enable_content_width":"","neve_meta_content_width":0,"neve_meta_title_alignment":"","neve_meta_author_avatar":"","neve_post_elements_order":"","neve_meta_disable_header":"","neve_meta_disable_footer":"","neve_meta_disable_title":"","_themeisle_gutenberg_block_has_review":false,"footnotes":""},"categories":[53,23,14,160,9,1],"tags":[],"class_list":["post-3274","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-afrique","category-litterature","category-paris","category-sidi-bou-sa","category-tunisie","category-uncategorized"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3274","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=3274"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3274\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/media\/16481"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=3274"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=3274"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=3274"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}