{"id":3294,"date":"2016-07-05T01:56:15","date_gmt":"2016-07-05T01:56:15","guid":{"rendered":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/?p=3294"},"modified":"2016-07-04T21:16:19","modified_gmt":"2016-07-04T21:16:19","slug":"diapositives-par-albert-simeoni","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/diapositives-par-albert-simeoni\/","title":{"rendered":"DIAPOSITIVES, par Albert Simeoni"},"content":{"rendered":"<p>\n\tDIAPOSITIVES, par Albert Simeoni<\/p>\n<p><\/p>\n<div>\n\t&nbsp;<\/div>\n<div>\n\t&nbsp;<\/div>\n<p>\n\tDu temps v&eacute;cu et pass&eacute;, j&rsquo;ai gard&eacute; des images, des souvenirs ineffa&ccedil;ables qui donnent &agrave; ma nostalgie un parfum &lsquo;naphtalin&eacute;&rsquo;.<\/p>\n<p>\n\tAurais-je v&eacute;cu dans un d&eacute;sert, que je rapporterai la vie des insectes, des rampants et autres petits mulots souverains dans cette immensit&eacute; o&ugrave; l&rsquo;&eacute;cho du vent se fait seigneur. Et m&ecirc;me la voix de D ieu.<\/p>\n<p>\n\tJe rapporterai l&rsquo;&eacute;cho du vent et dessinerais les pas des chameaux imprim&eacute;s sur le sable chaud des ergs et des regs. Aurais-je v&eacute;cu sur la mer, sur un radeau, un rafiot comme Alain Bombard, que je raconterai la couleur des profondeurs marins, des courants, des levers de soleil, des aurores, des couchants, des poissons de passage, des navires crois&eacute;s au large et des bouteilles &agrave; la mer &agrave; la merci des remous et les chants traitres des sir&egrave;nes sans oublier tous les Dieux des oc&eacute;ans.<\/p>\n<p>\n\tOui, je t&eacute;moignerai de tout cela modestement, sobrement avec mes fautes mais sans faute.<\/p>\n<p>\n\tDans mon ancienne ville, cit&eacute;e, celle des milles merveilles o&ugrave; les fous et les normaux aimaient &agrave; se c&ocirc;toyer, les caf&eacute;s ont jou&eacute; un grand r&ocirc;le dans la convivialit&eacute;.<\/p>\n<p>\n\tChaque quartier avait son caf&eacute; ou sa brasserie, son d&eacute;cor et sa client&egrave;le.<\/p>\n<p>\n\tLes caf&eacute;s &eacute;taient les lieux de divertissements aussi bien pour les adultes que pour les enfants. Des familles enti&egrave;res s&rsquo;y attablaient et bien souvent les voisins s&rsquo;associaient &agrave; la table ronde en fer et aux chaises faites du m&ecirc;me m&eacute;tal.<\/p>\n<p>\n\tLes &eacute;pouses, souvent m&egrave;res de famille nombreuse, trouvaient l&agrave; une sorte de r&eacute;cr&eacute;ation apr&egrave;s une journ&eacute;e de dure labeur. Les &eacute;poux &eacute;taient de la f&ecirc;te et toutes les conversations tournaient souvent autour, non pas de la politique du jour, mais des rumeurs qui circulaient. As-tu entendu pour celui l&agrave;, pour celle l&agrave;. On compatissait pour un d&eacute;funt, on faisait l&rsquo;&eacute;loge d&rsquo;un mariage, la critique &eacute;taient de bon temps alors que pendant ce temps, les enfants s&rsquo;amusaient autour des chaises et tables &agrave; collecter toutes sortes de bouchons de soda pour le plaisir de les collectionner ou alors gratter le li&egrave;ge, l&rsquo;envers du bouchon, dans l&rsquo;espoir de remporter un lot . Le marketing et la concurrence entre grandes marques allaient bon train.<\/p>\n<p>\n\tLorsque la famille tardait trop &agrave; rempiler, les petits, faute de lits, s&rsquo;accommodaient du sommeil tordu sur deux chaises en bois rapproch&eacute;es et lorsque arrive le moment de partir, le papa prenait son fils dans les bras, en lui disant &lsquo;&hellip;Smala &acirc;&acirc;lic ye ouldi&hellip; !&rsquo; Que D ieu soit avec toi et au cas, o&ugrave; l&rsquo;enfant se r&eacute;veillait incidemment en pleurs, le papa ajoutait &lsquo;&hellip;.Chut mon fils, il pleut, voil&agrave; on rentre &agrave; la maison&hellip; !&rsquo;<\/p>\n<p>\n\tCette ond&eacute;e imaginaire faisait taire l&rsquo;enfant.<\/p>\n<p>\n\tLe caf&eacute; &eacute;tait un lieu o&ugrave; le masticage des p&eacute;pites ( gloubs, blanches ou noires) &eacute;taient reconnue comme faisant partie comme denr&eacute;e importante dans la d&eacute;tente.<\/p>\n<p>\n\tLes anciens mandarins chinois, propri&eacute;taires des vastes champs de past&egrave;ques, melons ou courges ( kr&acirc;&acirc;) offraient &agrave; leurs arracheurs une partie de leur r&eacute;colte sous condition, celle de rapporter les p&eacute;pites. Dans le but pr&eacute;cis, de se d&eacute;tendre. Les tunes ont suivi cette tradition venue de Chine.<\/p>\n<p>\n\tJe ne connais pas de caf&eacute; uniquement pour les jeunes ou de bars &agrave; alcool o&ugrave; ces derniers s&rsquo;enivraient &agrave; outrance.<\/p>\n<p>\n\tJ&#39;ai connu des matins o&ugrave; les caf&eacute;s &eacute;taient prit d&rsquo;assaut pour des parties de belote, de chkob, de rebbi, de jacquet, de rami etc&hellip;Mais pas de tripot. J&rsquo;ai connu des brasseries o&ugrave; le midi l&rsquo;&eacute;pouse aimante apportait sa metfouna d&rsquo; harissa ragout de bl&eacute; cuit dans sa sauce, sa tfina nikitouch, parfois un tajin de akoud (ragout fait d&rsquo;anneaux de tcar (p&eacute;nis de b&oelig;uf) le summum de l&rsquo;ap&eacute;ro. Plat souvent mal vu par le proprios du caf&eacute; qui y voyait l&agrave; une concurrence d&eacute;loyale &agrave; sa cuisine mais bon joueur, il fermait les yeux pour cause de vente de huiti&egrave;me de boukha qui s&rsquo;entassaient les uns sur les autres.<\/p>\n<p>\n\tParfois les &eacute;poux pour ne pas &ecirc;tre pris par leur femme, ordonnaient au serveur de &lsquo;balayer&rsquo; le monticule de bouteilles avant que n&rsquo;arrive le scandale.<\/p>\n<p>\n\tDu cot&eacute; de la PICCOLA SICILIA, les italiens et les maltais adorateurs de la bi&egrave;re et du vin, de la bonne chaire fraiche du poisson en tout genre sentaient la bonne mar&eacute;e de notre pays de cocagne. Ils avaient le monopole du poisson sur les quais de la Goulette. Les caf&eacute;s mais plus les brasseries &eacute;taient fr&eacute;quent&eacute;s que par les hommes. Rares &eacute;taient les &eacute;pouses autour de leur table &agrave; kif. Les adorateurs du poulpe, des &lsquo;trillias&rsquo;, des coquillages etc&hellip; Sans oublier le bon vin de la bonne treille ont marqu&eacute; de leurs ind&eacute;l&eacute;biles affections, respect et gentillesse ce petit coin de paradis terrestre que l&rsquo;on ne retrouve nulle part ailleurs. A la veille du 15 AOUT, jour de l&rsquo;Ascension et de la sortie de la MADONNE DE TRAPANNI, je leur pr&eacute;sente mon profond respect. Sans eux la Goulette se serait trouv&eacute;e, handicap&eacute;e d&rsquo;un &eacute;norme apport culturel.<\/p>\n<p>\n\tBeaucoup d&rsquo;entre eux &eacute;taient mes compagnons de classe et de jeux.<\/p>\n<div>\n\tA Norito, &agrave; Buffa Rita, aux deux s&oelig;urs MARIE Croce, &agrave; Baldaquino, Camill&eacute;ri etc&hellip;Un salut de ma part.<\/div>\n<p>\n\tIl y a des vents qui passent et ne laissent pas d&rsquo;empreintes mais celui dont je vous parle s&rsquo;inscrit sur tous les murs de nos souvenirs. Et il risque encore de trouver de nouvelles pierres pour mieux soutenir sa fondation.<\/p>\n<p>\n\tAlbert Simeoni.&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>DIAPOSITIVES, par Albert Simeoni &nbsp; &nbsp; Du temps v&eacute;cu et pass&eacute;, j&rsquo;ai gard&eacute; des images, des souvenirs ineffa&ccedil;ables qui donnent &agrave; ma nostalgie un parfum &lsquo;naphtalin&eacute;&rsquo;. 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