{"id":3310,"date":"2016-05-03T07:02:02","date_gmt":"2016-05-03T07:02:02","guid":{"rendered":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/?p=3310"},"modified":"2016-05-03T00:57:34","modified_gmt":"2016-05-03T00:57:34","slug":"averroes-1126-1198-maimonide-1138-1204","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/averroes-1126-1198-maimonide-1138-1204\/","title":{"rendered":"Averroes (1126-1198) &#8211; Ma\u00efmonide (1138-1204)"},"content":{"rendered":"<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p align=\"left\">\n\tAverroes (1126-1198) &#8211;&nbsp;Ma&iuml;monide (1138-1204)<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p align=\"left\">\n\tAverroes (1126-1198) &#8211;&nbsp;Ma&iuml;monide (1138-1204)<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tUne amie vient de m&rsquo;offrir un tr&egrave;s beau livre : &laquo; Histoire Universelle des Juifs &raquo; &eacute;crit par Elie Barnavi.<a href=\"http:\/\/ecrits-vains.com\/mots_dits\/willar94.htm#_ftn2\" name=\"_ftnref2\">[2]<\/a> Quand je suis tomb&eacute;e, page 103, sur la statue de Ma&iuml;monide &eacute;rig&eacute;e &agrave; Cordoue, sa ville natale, en 1964,&nbsp;je n&rsquo;ai pu m&rsquo;emp&ecirc;cher de me souvenir qu&rsquo;Averroes &eacute;tait &eacute;galement n&eacute; &agrave; Cordoue, douze ans avant Ma&iuml;monide, et que je les avais toujours consid&eacute;r&eacute;s comme les deux grands penseurs, m&eacute;decins de surcro&icirc;t, de cette Espagne m&eacute;di&eacute;vale o&ugrave; pouvaient vivre en harmonie, en symbiose m&ecirc;me les trois communaut&eacute;s musulmanes, juives et catholiques. Ce sont sans doute les &eacute;v&egrave;nements actuels faits de haine entre les peuples et de princes qui attisent ces haines<a href=\"http:\/\/ecrits-vains.com\/mots_dits\/willar94.htm#_ftn4\" name=\"_ftnref4\">[4]<\/a> que j&rsquo;ai voulu revenir en un temps o&ugrave; &laquo; vivre ensemble &raquo; pouvait se concevoir et se concr&eacute;tiser.<a href=\"http:\/\/ecrits-vains.com\/mots_dits\/willar94.htm#_ftn5\" name=\"_ftnref5\">[5]<\/a><\/p>\n<p>\n\tAverro&egrave;s (nom arabe : Ab&uacute; al-Wal&igrave;d ibn Ruchd) &eacute;tait, comme je l&rsquo;ai dit dans une note de bas de page, un m&eacute;decin et philosophe arabe. Il a &eacute;tudi&eacute;, en plus de la jurisprudence musulmane que lui a enseign&eacute;e son p&egrave;re qui &eacute;tait juge, la th&eacute;ologie, la philosophie, les math&eacute;matiques et la m&eacute;decine. Il occupa plusieurs hautes fonctions : cadi de S&eacute;ville (1169), grand cadi de Cordoue (1171), premier m&eacute;decin &agrave; la cour du calife Ab&uacute; Yaqub Yusuf (1182).<\/p>\n<p>\n\tAverro&egrave;s est devenu c&eacute;l&egrave;bre notamment au travers de sa conception des v&eacute;rit&eacute;s m&eacute;taphysiques. Pour lui, elles pouvaient en effet s&rsquo;exprimer de deux mani&egrave;res diff&eacute;rentes et pas forc&eacute;ment contradictoires : par la philosophie (Aristote, n&eacute;oplatoniciens) et par la religion. Cette fa&ccedil;on de pr&eacute;senter deux cat&eacute;gories de v&eacute;rit&eacute;s fut per&ccedil;ue de mani&egrave;re hostile par les religieux &agrave; l&rsquo;esprit &eacute;troit, et Averro&egrave;s fut exil&eacute; en 1195. Son influence posthume en Islam fut quasi nulle et c&rsquo;est &agrave; des juifs et des chr&eacute;tiens qu&rsquo;on doit la conservation et la traduction de ses &oelig;uvres. Son &oelig;uvre majeure est le Tahafut al-Tahafut (L&rsquo;Incoh&eacute;rence de l&rsquo;Incoh&eacute;rence). Ses commentaires des &oelig;uvres d&rsquo;Aristote figurent parmi les plus fid&egrave;les : ils furent traduits en latin et en h&eacute;breu et eurent une grande influence sur la pens&eacute;e chr&eacute;tienne et philosophique dans l&rsquo;Europe m&eacute;di&eacute;vale.<\/p>\n<p>\n\tL&rsquo;&oelig;uvre de Ma&iuml;monide m&rsquo;est plus famili&egrave;re car je l&rsquo;ai mentionn&eacute; ainsi que son petit-fils et son neveu, Obadia et David Ma&iuml;monide, auteurs de deux trait&eacute;s de mystique juive, dans mon propre livre &laquo; Soufisme et Hassidisme &raquo; et j&rsquo;ai &eacute;crit dans le compte-rendu que j&rsquo;ai fait du &laquo; Mo&iuml;se &raquo; d&rsquo;Andr&eacute; Chouraqui : &laquo; Ma&iuml;monide l&rsquo;enseignait : les trois religions abrahamiques, le juda&iuml;sme, le christianisme et l&rsquo;islam, malgr&eacute; leurs conflits internes, jalonnent une m&ecirc;me route, celle qui conduit l&rsquo;humanit&eacute; vers les temps messianiques. &raquo;Pour les lecteurs qui ne conna&icirc;traient pas Ma&iuml;monide, il est difficile de d&eacute;crire sa vie foisonnante en quelques pages mais je peux essayer :<\/p>\n<p>\n\tMo&iuml;se Ma&iuml;monide est n&eacute; en 1135 &agrave; Cordoue, en Andalousie, dans la maison familiale situ&eacute;e &agrave; proximit&eacute; du fleuve Guadalquivir. Son premier compagnon de jeux, alors qu&#39;il avait &agrave; peine trois ou quatre ans, s&rsquo;appelait Ali. C&rsquo;est ainsi que tr&egrave;s jeune, il apprit les rudiments de la langue arabe.<a href=\"http:\/\/ecrits-vains.com\/mots_dits\/willar94.htm#_ftn6\" name=\"_ftnref6\">[6]<\/a><\/p>\n<p>\n\tDes ann&eacute;es se pass&egrave;rent dans la s&eacute;r&eacute;nit&eacute; jusqu&rsquo;&agrave; ce que Mo&iuml;se atteigne l&#39;&acirc;ge de la Bar-Mitsva. La f&ecirc;te se d&eacute;roula dans la joie et l&#39;all&eacute;gresse mais tr&egrave;s vite, &agrave; cause de la maladie de sa m&egrave;re, Rebecca, la peine et l&rsquo;inqui&eacute;tude prirent le relais. En effet, celle-ci s&rsquo;affaiblissait de plus en plus, malgr&eacute; les soins prodigu&eacute;s par l&rsquo;oncle d&rsquo;Ali, Abbas, le Mufti de Cordoue. C&rsquo;est Mo&iuml;se qui apportait &agrave; Rebecca les plantes m&eacute;dicinales pr&eacute;par&eacute;es par Abbas pour son plus grand soulagement. La maladie fut quand m&ecirc;me la plus forte et elle s&rsquo;&eacute;teignit sans souffrir. Cet &eacute;v&eacute;nement douloureux d&eacute;termina Mo&iuml;se &agrave; devenir m&eacute;decin, mais aussi &agrave; se poser la question du devenir de l&rsquo;&acirc;me et &agrave; poser les bases d&rsquo;une qu&ecirc;te mystique. Un autre &eacute;v&eacute;nement inqui&eacute;tait la communaut&eacute; juive : la menace d&rsquo;invasion des Almohades. Le p&egrave;re de Mo&iuml;se, Rabbi Ma&iuml;mon, voulait prendre contact avec les Juifs de F&egrave;s, qui pourrait &ecirc;tre une ville d&rsquo;asile, encore fallait-il pouvoir envoyer une missive jusque l&agrave;-bas. Gr&acirc;ce &agrave; son fils, le messager fut Kader, le fils d&rsquo;Abbas, qui justement &eacute;tait en instance de d&eacute;part pour F&egrave;s. Plusieurs ann&eacute;es pass&egrave;rent pendant lesquelles Mo&iuml;se travailla intens&eacute;ment pour approfondir ses connaissances m&eacute;dicales mais aussi pour noter ses r&eacute;flexions concernant l&rsquo;&eacute;sot&eacute;risme et la spiritualit&eacute;, le Talmud et la Torah demeurant les deux piliers sur lesquels il &eacute;laborait ses recherches. Le jour de sa majorit&eacute;, il quitta soudainement la maison familiale en laissant son p&egrave;re interloqu&eacute;. Il alla vers Samuel, le rabbin qui l&rsquo;avait form&eacute; pour sa Bar-Mitsva. Celui-ci l&rsquo;h&eacute;bergea un soir et pour &eacute;viter que Mo&iuml;se n&rsquo;aille vers le monde musulman, il lui proposa d&rsquo;habiter une maisonnette qui lui appartenait, proche d&#39;un village voisin. C&rsquo;est l&agrave; qu&rsquo;il commen&ccedil;a &agrave; prodiguer ses premiers soins tout en poursuivant ses recherches m&eacute;dicales, notamment par l&rsquo;&eacute;tude des plantes, en collaboration avec les marabouts. Ce n&rsquo;est que deux ans plus tard qu&#39;il retourna &agrave; Cordoue, retrouvant ainsi son p&egrave;re qui lui octroya son pardon.<\/p>\n<p>\n\tKader &eacute;tait revenu de son long p&eacute;riple avec la r&eacute;ponse tant attendue. Les informations ainsi transmises confirmaient les inqui&eacute;tudes &eacute;mises : les Almohades, qui avaient &eacute;vit&eacute; F&egrave;s, se trouvaient &agrave; Gibraltar d&rsquo;o&ugrave; ils allaient poursuivre leurs conqu&ecirc;tes sans piti&eacute; vers le nord. La d&eacute;cision &eacute;tait prise : il fallait partir, mais quand ? Samuel Ibn Soussan, qui avait r&eacute;dig&eacute; le texte de la missive, estimait que les almohades allaient mettre deux &agrave; trois ans pour arriver &agrave; Cordoue. Abbas, qui aurait pourtant bien aim&eacute; que Mo&iuml;se rest&acirc;t &agrave; ses c&ocirc;t&eacute;s, l&rsquo;incita cependant &agrave; quitter Cordoue avec sa famille. Un an s&rsquo;&eacute;coula pendant lequel Mo&iuml;se continua &agrave; travailler avec Abbas et les marabouts. Il &eacute;tait devenu un fin lettr&eacute; en arabe sans pour autant n&eacute;gliger l&rsquo;H&eacute;breu. Il participa &agrave; des r&eacute;unions secr&egrave;tes avec un pr&ecirc;tre et un marabout pendant lesquelles ils &eacute;tudiaient et commentaient la philosophie d&rsquo;Aristote.<a href=\"http:\/\/ecrits-vains.com\/mots_dits\/willar94.htm#_ftn7\" name=\"_ftnref7\">[7]<\/a><\/p>\n<p>\n\tIls quitt&egrave;rent Cordoue au cours du mois d&rsquo;avril, en une p&eacute;riode o&ugrave; la nature &eacute;tait magnifique, ajoutant encore au d&eacute;chirement du d&eacute;part. Ce fut Kader, aid&eacute; de son serviteur Rachid, qui leur servit de guide. Sarah et L&eacute;a les servantes, qui depuis la mort de Rebecca s&rsquo;&eacute;taient occup&eacute;es avec affection de Mo&iuml;se et de son fr&egrave;re David, furent &eacute;galement du voyage. Abbas s&rsquo;occupa de tout et leur procura des tentes, dix &acirc;nes et cinq chevaux. La veille du d&eacute;part, le p&egrave;re de Mo&iuml;se avait offert sa demeure &agrave; Abbas, en pensant qu&rsquo;elle servirait un jour de foyer &agrave; Kader.<\/p>\n<p>\n\tLa premi&egrave;re &eacute;tape fut Grenade o&ugrave; Mo&iuml;se devait rencontrer le marabout El Mansour, un m&eacute;decin r&eacute;put&eacute; et respect&eacute; dans toute la r&eacute;gion. La lettre d&rsquo;Abbas les fit accepter d&rsquo;embl&eacute;e par El Mansour qui leur proposa d&rsquo;habiter une demeure proche de la sienne, car la transmission de son savoir alchimique se d&eacute;roulerait sur plusieurs semaines. C&rsquo;est en cette p&eacute;riode que Rabbi Ma&iuml;mon fit part de son inqui&eacute;tude &agrave; son fils et la lui exprima en ces termes : &laquo; Nous avons pour chaque acte de notre vie des interpr&eacute;tations par trop diff&eacute;rentes. Le fid&egrave;le s&rsquo;y perd car, tu le sais Mo&iuml;se, l&rsquo;intelligence de nos savants ne va pas uniquement dans une direction mais dans de multiples voies. Tout cela dans le m&eacute;lange invraisemblable et touffu de nos lois qui sont diff&eacute;rentes, selon les personnes, les villes, les pays. Une &oelig;uvre grandiose et ambitieuse est &agrave; accomplir pour servir toutes les communaut&eacute;s : codifier toutes les r&egrave;gles en vigueur sur un m&ecirc;me sujet afin d&rsquo;&eacute;tablir une voie unique, et ensuite avoir l&rsquo;autorit&eacute; n&eacute;cessaire pour l&rsquo;imposer &agrave; tous. &raquo; Cette r&eacute;flexion marqua Mo&iuml;se pour la vie, et le travail qu&#39;il accomplit en ce sens le fit conna&icirc;tre et admirer dans le monde, et pendant des si&egrave;cles jusqu&#39;&agrave; nos jours.<\/p>\n<p>\n\tPendant ce temps, David se servait de son talent naturel pour n&eacute;gocier de nouvelles montures afin de poursuivre le voyage dans de bonnes conditions. Quand ils arriv&egrave;rent &agrave; Alm&eacute;ria, leur premi&egrave;re d&eacute;marche fut de trouver un bateau pour le Maroc. Gr&acirc;ce au trafic important avec Tanger, ils purent embarquer rapidement. Le trajet Tanger-F&egrave;s dura une douzaine de jours. La chaleur de l&rsquo;accueil &agrave; F&egrave;s par Ibn Soussan et son entourage effa&ccedil;a la fatigue du voyage et laissa pr&eacute;sager une installation heureuse. Tr&egrave;s rapidement Mo&iuml;se prit contact avec Ali Ben Hadge que lui avait recommand&eacute; son ami de Cordoue, Abbas. Mo&iuml;se s&rsquo;imposa un emploi du temps rigoureux, partag&eacute; entre l&rsquo;&eacute;tude m&eacute;dicale avec Ali, l&rsquo;&eacute;tude approfondie du Talmud et ses consultations de l&rsquo;apr&egrave;s-midi.<\/p>\n<p>\n\tQuelques semaines plus tard, Kader d&eacute;cida de retourner voir son p&egrave;re &agrave; Cordoue. Les adieux furent &eacute;mouvants mais ils gardaient l&rsquo;espoir de se revoir. Un an apr&egrave;s, Rabbi Ma&iuml;mon se remaria avec Myriam, fille d&rsquo;un riche n&eacute;gociant en laine, J&eacute;huda L&eacute;vy. Mo&iuml;se fut le parrain du fils n&eacute; de cette union. Par un matin glacial du mois de d&eacute;cembre, des cavaliers Almohades vinrent chercher Mo&iuml;se pour qu&rsquo;il soigne leur prince Omar, immobilis&eacute; pr&egrave;s de Mekn&egrave;s. C&#39;est dire si la notori&eacute;t&eacute; du m&eacute;decin &eacute;tait grande. Difficile pour Mo&iuml;se de ne pas obtemp&eacute;rer. Il vit donc le prince, le soigna pendant cinq semaines. Omar retrouva la sant&eacute; et, pour remercier son m&eacute;decin, lui offrit une somme tr&egrave;s importante. Mo&iuml;se refusa, pr&eacute;f&eacute;rant lui demander de prot&eacute;ger sa famille et tous les juifs de F&egrave;s. Ce fut oui pour la famille mais non pour les autres. Omar voulut montrer sa d&eacute;termination de &laquo; propagateur de la foi &raquo; en enlevant Ibn Soussan pour le contraindre &agrave; abandonner sa religion et devenir musulman. Devant son refus, il le fit d&eacute;capiter.<\/p>\n<p>\n\tDans ce contexte, la famille Ma&iuml;monide d&eacute;cida de quitter le Maroc pour aller en terre sainte. Gr&acirc;ce &agrave; un laissez-passer qu&rsquo;Omar avait remis &agrave; Mo&iuml;se pour qu&rsquo;ils aillent se reposer &agrave; Centa, ses proches purent quitter F&egrave;s sans difficult&eacute;s. C&#39;est &agrave; Centa que Mo&iuml;se rencontra un de ses correspondants, Ibn Aknine, qui allait devenir son fils spirituel. Ils embarqu&egrave;rent tr&egrave;s vite sur un bateau dont le capitaine &eacute;tait un homme s&ucirc;r. Leur premi&egrave;re escale fut Syracuse en Sicile. David, toujours en qu&ecirc;te de n&eacute;goce, alla en ville prendre contact avec la population. Dans une taverne, il fit la connaissance de chr&eacute;tiens qui cherchaient un bon m&eacute;decin pour soigner leur roi. David fit transporter ce dernier jusqu&rsquo;au bateau o&ugrave; Mo&iuml;se le soigna et le gu&eacute;rit. Pour le r&eacute;compenser, un document dict&eacute; &agrave; un scribe lui fut remis imm&eacute;diatement. En voici le texte : &laquo; Par la gr&acirc;ce de Dieu, en l&rsquo;an 1165, le 25 avril, je d&eacute;livre &agrave; Mo&iuml;se Ben Ma&iuml;mon, sa famille et sa suite un laissez-passer pour J&eacute;rusalem. Le tr&egrave;s chr&eacute;tien Richard c&oelig;ur de lion ordonne, par le pr&eacute;sent &eacute;dit, &agrave; toute personne de favoriser leurs d&eacute;placements et ce, par tous les moyens. &raquo;<\/p>\n<p>\n\tQuelques jours plus tard, le bateau reprit la mer et rejoignit Acre. De l&agrave;, tr&egrave;s rapidement, ils se rendirent &agrave; J&eacute;rusalem qui &eacute;tait aux mains des Crois&eacute;s, et gr&acirc;ce &agrave; leur laissez-passer, ils purent visiter la ville &agrave; leur guise et notamment se rendre au mur des lamentations. Y s&eacute;journer d&eacute;finitivement &eacute;tait impossible. Ils n&#39;envisag&egrave;rent pas non plus de s&rsquo;implanter &agrave; Saint-Jean-d&#39;Acre. Ils d&eacute;cid&egrave;rent alors, d&rsquo;un commun accord, de se rendre en &Eacute;gypte o&ugrave; la communaut&eacute; juive &eacute;tait importante. David y alla d&#39;abord en &eacute;claireur. Il revint d&#39;Alexandrie enthousiasm&eacute; par l&rsquo;accueil qu&rsquo;il y re&ccedil;ut.<\/p>\n<p>\n\tC&rsquo;est pendant le voyage en bateau qui les transporta &agrave; Alexandrie que Mo&iuml;se con&ccedil;ut les grandes lignes de son &oelig;uvre majeure, &laquo; Le guide des &eacute;gar&eacute;s. &raquo; David, avec sa c&eacute;l&eacute;rit&eacute; habituelle, trouva une demeure confortable o&ugrave; ils s&rsquo;install&egrave;rent, croyaient-ils, d&eacute;finitivement. Encore une fois, la tristesse et la peine les atteignirent. Myriam mourut en mettant au monde une fille que Rabbi Ma&iuml;mon pr&eacute;nomma Rebecca en souvenir de la m&egrave;re de David et de Mo&iuml;se. Les nouvelles du Maroc et d&rsquo;Espagne n&rsquo;&eacute;taient pas bonnes non plus, les conversations forc&eacute;es se multipliaient. Ibn Aknine avait &eacute;t&eacute; contraint de devenir musulman pour &eacute;viter la mort. Tout cela n&rsquo;emp&ecirc;cha pas Mo&iuml;se de travailler intens&eacute;ment. Sa notori&eacute;t&eacute; s&rsquo;amplifia et s&rsquo;&eacute;tendit jusqu&rsquo;&agrave; Nur&eacute;dine, le roi d&#39;&Eacute;gypte, qui ne tarda pas &agrave; le faire venir pour qu&#39;il soigne sa favorite Yasmina. Le diagnostic fut rapide : Yasmina &eacute;tait asthmatique, une affection que Mo&iuml;se connaissait bien et qu&rsquo;il savait soigner. Les rem&egrave;des r&eacute;ussirent au-del&agrave; de toute attente. Quelques mois plus tard, Yasmina fut enceinte. Le roi nomma Mo&iuml;se m&eacute;decin officiel et lui demanda de venir habiter avec sa famille &agrave; Fostat, pr&egrave;s du Caire et du roi.<\/p>\n<p>\n\tUne p&eacute;riode heureuse s&rsquo;intaura. Kader, l&rsquo;ami de Cordoue, vint les rejoindre. Il remit &agrave; Mo&iuml;se un manuscrit faisant &eacute;tat des derni&egrave;res d&eacute;couvertes de son p&egrave;re Abbas, en alchimie et en m&eacute;decine. Mo&iuml;se, &agrave; la quarantaine, se maria avec Rachel, la fille du biblioth&eacute;caire du roi. De cette union naquit un fils qu&rsquo;ils nomm&egrave;rent Abraham. Mo&iuml;se poursuivit avec opini&acirc;tret&eacute; la r&eacute;daction de ses &oelig;uvres, &laquo; le Commentaire de la Mishnah &raquo; et &laquo; Le Guide des &eacute;gar&eacute;s.<a href=\"http:\/\/ecrits-vains.com\/mots_dits\/willar94.htm#_ftn8\" name=\"_ftnref8\">[8]<\/a>&raquo; Apr&egrave;s cette p&eacute;riode heureuse, la tristesse arriva de nouveau avec la mort de Rabbi Ma&iuml;mon. C&rsquo;est le vizir Al Fadil qui fit son &eacute;loge fun&egrave;bre, marquant ainsi tout l&rsquo;int&eacute;r&ecirc;t du souverain pour la famille de Mo&iuml;se et, au-del&agrave;, pour tous les juifs d&rsquo;&Eacute;gypte. Alors que David et Kader pr&eacute;paraient leur prochain voyage d&rsquo;affaires, ils eurent l&rsquo;agr&eacute;able surprise de voir arriver Ibn Aknine. Sur cette terre tol&eacute;rante d&rsquo;&Eacute;gypte, il put reprendre sa religion.<\/p>\n<p>\n\tLors d&rsquo;un entretien avec le roi dont la sant&eacute; d&eacute;clinait, celui-ci demanda &agrave; Mo&iuml;se s&rsquo;il avait une id&eacute;e sur la personne qui avait les qualit&eacute;s pour lui succ&eacute;der. Tr&egrave;s sensible &agrave; cet insigne honneur qu&rsquo;un souverain arabe accordait au &laquo; chef &raquo; d&rsquo;une petite communaut&eacute;, Mo&iuml;se lui demanda une semaine de r&eacute;flexion. Dans la nuit qui pr&eacute;c&eacute;da son rendez-vous avec le roi, Mo&iuml;se vit en r&ecirc;ve Saladin sur un cheval blanc, triomphant, majestueux, aur&eacute;ol&eacute; de gloire. Ce r&ecirc;ve confirmait ce que pensait Mo&iuml;se au sujet de Saladin, qu&rsquo;il avait appr&eacute;ci&eacute; lors de diff&eacute;rents entretiens. Sa r&eacute;ponse au roi &eacute;tait donc toute trouv&eacute;e. Nur&eacute;dine s&rsquo;&eacute;teignit peu apr&egrave;s, en l&rsquo;an de gr&acirc;ce 1171, par une belle nuit d&rsquo;&eacute;t&eacute;. Saladin prit donc la suite, aid&eacute; par le d&eacute;vou&eacute; vizir Al Fadil.<\/p>\n<p>\n\tUn peu plus d&rsquo;un an apr&egrave;s, Mo&iuml;se vit le roi pr&eacute;occup&eacute; et lui en demanda la raison. &laquo; Connais-tu le sens de mon nom : Saladin ou Sal&acirc;h al Din ? Il signifie &lsquo;le d&eacute;fenseur de la religion&rsquo;. Je dois m&eacute;riter mon nom, il me faut donc une victoire au nom de celui-ci. Tant que cette mission qui m&rsquo;est d&eacute;volue ne sera pas accomplie, je ne serai pas &agrave; l&rsquo;aise.<\/p>\n<p>\n\t&#8211; Conquiers J&eacute;rusalem. Les crois&eacute;s y ont fait beaucoup de mal, il est temps que tu lib&egrave;res le deuxi&egrave;me lieu saint de l&rsquo;Islam.<\/p>\n<p>\n\t&#8211; Et les premiers lieux saints d&#39;Isra&euml;l, n&rsquo;est-ce pas, Mo&iuml;se ? &raquo;<\/p>\n<p>\n\tSaladin prit conseil aupr&egrave;s de son vizir qui lui fit remarquer que les finances du royaume ne permettaient pas, dans l&rsquo;imm&eacute;diat, d&rsquo;entreprendre quoi que ce soit. Saladin d&eacute;cida alors de conclure une tr&ecirc;ve avec Renaud de Ch&acirc;tillon qui tenait J&eacute;rusalem.<\/p>\n<p>\n\tMo&iuml;se, quant &agrave; lui, arrivait &agrave; la fin de sa premi&egrave;re &oelig;uvre. Ayant r&eacute;dig&eacute; 639 commandements pour r&eacute;gir la vie sociale et religieuse des juifs, il pouvait maintenant se consacrer corps et &acirc;me &agrave; son &oelig;uvre personnelle, &laquo; le Guide des &eacute;gar&eacute;s. &raquo; Saladin prit son temps pour construire une arm&eacute;e puissante. En automne de l&rsquo;ann&eacute;e 1187, il engagea une attaque d&eacute;cisive contre les Francs, pr&eacute;textant la violation par Renaud de Ch&acirc;tillon de la tr&ecirc;ve conclue deux ans auparavant. Le 31 janvier 1188, J&eacute;rusalem tomba. Saladin, magnanime et prudent, &eacute;vita un bain de sang et respecta les vaincus. Il d&eacute;cr&eacute;ta que les Juifs pouvaient s&rsquo;y installer pour pratiquer librement leur religion. Ainsi, les Chr&eacute;tiens avaient Rome, les musulmans avaient la Mecque et M&eacute;dine, et les Juifs J&eacute;rusalem.Inch&rsquo;Allah !<\/p>\n<p>\n\tQuelques ann&eacute;es plus tard, Saladin chercha un nouveau moyen d&rsquo;entretenir l&rsquo;enthousiasme populaire. Il fit part de son souci &agrave; son conseil restreint o&ugrave; si&eacute;geait Mo&iuml;se. Il fut envisag&eacute; de conqu&eacute;rir l&rsquo;Irak, voire d&rsquo;autres territoires&#8230; Mais le vizir et Mo&iuml;se lui propos&egrave;rent une autre id&eacute;e : &laquo; Saladin, tu as accompli le Djihad du second degr&eacute;, la guerre pour lib&eacute;rer J&eacute;rusalem. Il te reste &agrave; accomplir le Djihad du premier degr&eacute; : celui de l&rsquo;&acirc;me et de l&rsquo;&eacute;l&eacute;vation spirituelle. Organise donc une croisade religieuse pacifique, un p&egrave;lerinage vers les trois lieux saints, la Mecque, M&eacute;dine et J&eacute;rusalem. Un immense mouvement populaire se cr&eacute;era, les gens se lanceront dans ce p&eacute;riple et oublieront leurs soucis quotidiens. Ils reviendront avec le titre de &laquo; Hadj &raquo; d&eacute;volu &agrave; ceux qui se sont rendus &agrave; la Mecque une fois dans leur vie. &raquo;<\/p>\n<p>\n\tSaladin approuva et demanda &agrave; Al Fadil de faire proclamer en &Eacute;gypte et en Syrie que le roi irait en p&egrave;lerinage et que les sujets auraient &agrave; faire de m&ecirc;me. Les espoirs plac&eacute;s dans ce triple p&egrave;lerinage furent plus que b&eacute;n&eacute;fiques pour tous. Pendant ce temps, profitant de l&rsquo;absence du roi, Mo&iuml;se mit la derni&egrave;re main &agrave; son &oelig;uvre. S&rsquo;entretenant journellement avec Joseph Ibn Aknine, il lui confia ceci : &laquo; Il existe une union, une rencontre, entre la recherche &eacute;sot&eacute;rique &agrave; laquelle je me consacre depuis toujours et l&rsquo;intellect, l&rsquo;intelligence. Dans cet &eacute;tat de gr&acirc;ce, l&rsquo;homme devient un ange car il s&rsquo;unit &agrave; la compr&eacute;hension cosmique. On s&rsquo;&eacute;chappe de notre terre pour embrasser l&rsquo;univers. &raquo;<\/p>\n<p>\n\tAu retour de Saladin, &laquo; Le Guide des &eacute;gar&eacute;s &raquo; &eacute;tait termin&eacute;. R&eacute;dig&eacute; en arabe et diffus&eacute; tout autour de la M&eacute;diterran&eacute;e, il re&ccedil;ut partout un accueil enthousiaste. Samuel Ibn Tiboun, un des rabbins les plus lettr&eacute;s de Syrie, &eacute;crivit &agrave; Mo&iuml;se pour lui rendre hommage et lui demanda la permission de traduire son &oelig;uvre en h&eacute;breu. Mo&iuml;se la lui accorda et lui demanda de venir le voir avec sa traduction. Puis Saladin, approchant de la soixantaine, contracta la malaria. Mais malheureusement, Mo&iuml;se ne connaissait pas de rem&egrave;de &agrave; cette maladie-l&agrave;. Il ne put que soulager le malade qui mourut en novembre 1193. Le successeur choisi par Saladin &eacute;tait Al Kamil, renomm&eacute; en Syrie pour l&rsquo;administration remarquable de cette partie du royaume. Il eut toute la confiance du vizir Al Fadil.<\/p>\n<p>\n\tTr&egrave;s affaibli, Mo&iuml;se Ma&iuml;monide ne lira jamais la traduction de son &oelig;uvre en h&eacute;breu. Son &acirc;me quitta son corps en 1204. Le roi ordonna trois jours de deuil pour tous les habitants d&rsquo;&Eacute;gypte et de Syrie et d&eacute;cr&eacute;ta que Mo&iuml;se devait &ecirc;tre enterr&eacute; en terre sainte. Les grands rabbins consult&eacute;s propos&egrave;rent Tib&eacute;riade car c&#39;est l&agrave; qu&rsquo;avait v&eacute;cu le grand Kabbaliste Rabbi Simon Bar Ohara&iuml;. Le roi fit graver en lettres d&rsquo;or sur sa tombe ce court texte mis au point par Ibn Aknine et les rabbins : &laquo; De Mo&iuml;se &agrave; Mo&iuml;se,<br \/>\n\til n&rsquo;y eut que Mo&iuml;se. &raquo;<\/p>\n<p>\n\tApr&egrave;s cette magnifique histoire<a href=\"http:\/\/ecrits-vains.com\/mots_dits\/willar94.htm#_ftn9\" name=\"_ftnref9\">[9]<\/a> qui montre l&rsquo;intelligence, le savoir et la clairvoyance de Ma&iuml;monide, revenons &#8211; si vous le voulez &#8211; &agrave; nos deux h&eacute;ros : Ma&iuml;monide et Averroes connaissaient leurs oeuvres respectives (Ma&iuml;monide recommande de lire Aristote avec les commentaires d&rsquo;Averro&egrave;s) et, s&rsquo;ils s&#39;&eacute;taient rencontr&eacute;s, une solide amiti&eacute; les aurait li&eacute;s. Des lettres auraient pu &ecirc;tre &eacute;chang&eacute;es, lettres que le disciple de Ma&iuml;monide, Joseph Ibn Aknin, aurait pu publier.<\/p>\n<p>\n\tCette amiti&eacute; r&ecirc;v&eacute;e s&rsquo;est en fait exprim&eacute;e dans les mots du romancier isra&eacute;lien Ili Gorlizki<a href=\"http:\/\/ecrits-vains.com\/mots_dits\/willar94.htm#_ftn10\" name=\"_ftnref10\">[10]<\/a>qui a imagin&eacute; une correspondance entre deux philosophes du XIIe si&egrave;cle les plus connus du juda&iuml;sme et de l&rsquo;islam. Dans cette correspondance qui aurait commenc&eacute; apr&egrave;s que la conqu&ecirc;te almohade, en 1148, ait fait fuir de Cordoue la famille de Ma&iuml;monide, les deux philosophes discutent des &eacute;v&eacute;nements politiques qui secouent l&rsquo;empire musulman et des guerres en Espagne et en Terre sainte qui eurent une profonde r&eacute;sonance sur leur vie priv&eacute;e. Ils d&eacute;battent de philosophie et des rapports entre la philosophie et les textes r&eacute;v&eacute;l&eacute;s du juda&iuml;sme, de l&rsquo;islam, de la chr&eacute;tient&eacute;, en des termes simples, clairs et touchants. Tous deux durent faire face aux pers&eacute;cutions religieuses, tous deux durent p&eacute;r&eacute;griner d&rsquo;un lieu &agrave; un autre afin d&rsquo;&eacute;chapper aux d&eacute;tracteurs de la philosophie et de la raison. Tous deux se confortent et expriment leur amour pour leur religion respective, leur admiration et leur tol&eacute;rance pour l&#39;autre monoth&eacute;isme. En butte aux attaques de leurs coreligionnaires musulmans et juifs, Averro&egrave;s et Ma&iuml;monide proclament que ces adversaires haineux sont des marchands de religion, ils en font profession, ils s&#39;en nourrissent, ils ne repr&eacute;sentent pas ce qui en fait la valeur : une foi pure et d&eacute;tach&eacute;e des choses de ce monde. Ancr&eacute;e dans les portraits &eacute;mouvants de ces deux philosophes, cette histoire est fid&egrave;le &agrave; une r&eacute;alit&eacute; qui s&rsquo;exhale des textes, elle exprime le parfum d&rsquo;une connivence intellectuelle qui existe, malgr&eacute; les faits mat&eacute;riels : l&rsquo;amiti&eacute; r&ecirc;v&eacute;e entre Ma&iuml;monide et Averro&egrave;s est une amiti&eacute; vraie.<\/p>\n<p>\n\tQu&rsquo;elle se r&eacute;v&egrave;le &agrave; pr&eacute;sent, par la voix du romancier isra&eacute;lien Ili Gorlizki est un signe pour le futur : raison, tol&eacute;rance et amiti&eacute; entre des hommes de religion diff&eacute;rente sont aussi n&eacute;cessaires en ce moment qu&rsquo;elles l&rsquo;&eacute;taient au Moyen &acirc;ge.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<div>\n<p>\n\t\t&nbsp;<\/p>\n<hr size=\"1\" \/>\n<div id=\"ftn1\">\n<p>\n\t\t\t<a href=\"http:\/\/ecrits-vains.com\/mots_dits\/willar94.htm#_ftnref1\" name=\"_ftn1\">[1]<\/a>La vie d&rsquo;Averro&egrave;s a &eacute;t&eacute; retrac&eacute;e dans &laquo; Le Destin &raquo;, un film de Youssef Chahine (coproduction franco &eacute;gyptienne) prim&eacute; au Festival de Cannes en 1997 (Prix du 50e anniversaire du festival qui a r&eacute;compens&eacute; l&rsquo;ensemble de l&rsquo;&oelig;uvre cin&eacute;matographique du r&eacute;alisateur). Ce film d&eacute;nonce l&rsquo;intol&eacute;rance religieuse sous la forme d&rsquo;une fable enjou&eacute;e, haute en couleurs et profond&eacute;ment optimiste. L&rsquo;histoire se d&eacute;roule dans l&#39;Andalousie arabe du XIIe si&egrave;cle o&ugrave; toutes les religions (musulmane, chr&eacute;tienne, juive) sont m&ecirc;l&eacute;es. Le philosophe Averro&egrave;s enseigne ses pr&eacute;ceptes, qui ne font pas l&rsquo;unanimit&eacute;. Les int&eacute;gristes le pers&eacute;cutent, ainsi que ses proches et ses adeptes. Influenc&eacute; par eux, le calife El Mansour ordonne de br&ucirc;ler les livres du philosophe (autodaf&eacute;)&hellip; Que sont les livres si la pens&eacute;e peut continuer &agrave; voler ?Le style du film varie de la fresque musicale &agrave; l&rsquo;&eacute;pop&eacute;e lyrique, avec des passages romantiques et politiques, mais toujours remplis d&rsquo;humanit&eacute;, de vie et de sentiments.<\/p>\n<p>\n\t\t\t&nbsp;<\/p>\n<\/p><\/div>\n<div id=\"ftn2\">\n<p>\n\t\t\t<a href=\"http:\/\/ecrits-vains.com\/mots_dits\/willar94.htm#_ftnref2\" name=\"_ftn2\">[2]<\/a>Historien isra&eacute;lien, Elie Barnavi est n&eacute; en 1946 &agrave; Bucarest (Roumanie) et a &eacute;migr&eacute; avec ses parents en Isra&euml;l. Apr&egrave;s ses &eacute;tudes d&rsquo;histoire et de sciences politiques &agrave; l&rsquo;Universit&eacute; H&eacute;bra&iuml;que de J&eacute;rusalem, &agrave; l&rsquo;Universit&eacute; de Tel Aviv et &agrave; la Soebonne, il a &eacute;t&eacute; nomm&eacute; professeur d&rsquo;histoire de l&rsquo;Occident moderne &agrave; l&rsquo;Universit&eacute; de Tel Aviv o&ugrave; il dirige le Centre d&rsquo;&eacute;tudes internationales. Il a aussi &eacute;t&eacute; directeur d&rsquo;&eacute;tudes &agrave; l&rsquo;Institut de d&eacute;fense nationale et membre du mouvement de la Paix Maintenant. Il a dirig&eacute; le comit&eacute; scientifique du Mus&eacute;e de l&rsquo;Europe &agrave; Bruxelles. Ambassadeur d&rsquo;Isra&euml;l en France de 2000 &agrave; 2002, il a repris son enseignement d&rsquo;histoire &agrave; l&rsquo;Universit&eacute; de Tel Aviv et notamment publi&eacute; &laquo; Une Histoire Moderne d&rsquo;Isra&euml;l &raquo; l&rsquo; &laquo; Histoire universelle des Juifs &raquo; &agrave; laquelle je fais r&eacute;f&eacute;rence, &laquo; Lettre ouverte&rsquo; aux Juifs de France &raquo; et des ouvrages sur le XVIe si&egrave;cle fran&ccedil;ais.<\/p>\n<\/p><\/div>\n<div id=\"ftn3\">\n<p>\n\t\t\t<a href=\"http:\/\/ecrits-vains.com\/mots_dits\/willar94.htm#_ftnref3\" name=\"_ftn3\"><\/a><\/p>\n<p>\n\t\t\t[3]La date est &eacute;tonnante parce qu&rsquo;en 1964, l&rsquo;Espagne &eacute;tait encore en plein r&eacute;gime franquiste (le dictateur est d&eacute;c&eacute;d&eacute; en 1975 et n&rsquo;a choisi Juan Carlos comme successeur qu&rsquo;en 1969.) Le r&eacute;gime s&rsquo;&eacute;tait-il assoupli &agrave; tel point qu&rsquo;on p&ucirc;t rendre hommage dans sa ville natale &agrave; un grand m&eacute;decin et penseur juif ?<\/p>\n<\/p><\/div>\n<div id=\"ftn4\">\n<p>\n\t\t\t<a href=\"http:\/\/ecrits-vains.com\/mots_dits\/willar94.htm#_ftnref4\" name=\"_ftn4\"><\/a><\/p>\n<p>\n\t\t\t[4]J&rsquo;en veux pour preuve l&rsquo;information entendue ce matin, 28 f&eacute;vrier 2005 : les Russes sont entrain de livrer aux Iraniens de l&rsquo;uranium qui leur permettra d&rsquo;achever dans les plus brefs d&eacute;lais leur premi&egrave;re centrale atomique. La R&eacute;publique islamique a &laquo; promis &raquo; de faire transporter les d&eacute;chets en Russie d&egrave;s la centrale termin&eacute;e et de ne pas transformer l&rsquo;uranium en uranium enrichi qui leur permettrait de construire leur premi&egrave;re bombe atomique. Vive les Russes, vive les Iraniens, vive cette essai que les scientifiques iraniens ne manqueront pas de transformer ! Quand mes amis me reprochent de dire : Je d&eacute;teste les Russes au lieu de dire le gouvernement Poutine, je me permets de leur demander : Si l&rsquo;on interrogeait les Russes en ce moment, combien r&eacute;pondraient : peut-&ecirc;tre aurait-il mieux valu apporter de l&rsquo;aide aux victimes du nouveau s&eacute;isme survenu dans l&rsquo;Est du pays plut&ocirc;t que de l&rsquo;uranium ? Une minorit&eacute; je suppose car je ne crois pas que les Russes, dans leur ensemble, se soucient de victimes autres que les leurs quand des &laquo; terroristes &raquo; tch&eacute;tch&egrave;nes suscit&eacute;s par leur cher Poutine tuent leurs enfants. A quand le rejet de Poutine en Russie, &agrave; quand la naissance d&rsquo;un soup&ccedil;on de d&eacute;mocratie dans ce pays des Tsars, des Staliniens et des chefs de guerre ?<\/p>\n<p>\n\t\t\t&nbsp;<\/p>\n<\/p><\/div>\n<div id=\"ftn5\">\n<p>\n\t\t\t<a href=\"http:\/\/ecrits-vains.com\/mots_dits\/willar94.htm#_ftnref5\" name=\"_ftn5\">[5]<\/a>Je dois dire que les grands sultans et les grands penseurs musulmans du Moyen-Age ont accord&eacute; pratiquement plus de libert&eacute; aux Juifs que la communaut&eacute; chr&eacute;tienne, en particulier &agrave; l&rsquo;&eacute;poque des Croisades : Les Nobles ou bien profitaient des biens juifs en les confisquant, allant m&ecirc;me et trop souvent jusqu&rsquo;&agrave; tuer leurs possesseurs pour s&rsquo;en emparer ou leur interdisaient de rester dans ce qu&rsquo;ils consid&eacute;raient comme &laquo; leur &raquo; terre sainte. Quel chr&eacute;tien e&ucirc;t &eacute;pargn&eacute; Ma&iuml;monide s&rsquo;il s&rsquo;&eacute;tait trouv&eacute; sur son passage ? Aucun, j&rsquo;en ai peur.<\/p>\n<\/p><\/div>\n<div id=\"ftn6\">\n<p>\n\t\t\t<a href=\"http:\/\/ecrits-vains.com\/mots_dits\/willar94.htm#_ftnref6\" name=\"_ftn6\">[6]<\/a>Ceux qui me connaissent bien ne seront pas surpris si je dis que ces quelques mots me font imm&eacute;diatement penser &agrave; Andr&eacute; Chouraqui dont la culture &oelig;cum&eacute;nique est due comme celle de Ma&iuml;monide au fait qu&rsquo;ils ont tous deux parl&eacute; leur langue et celle de ceux au milieu desquels ils vivaient.<\/p>\n<\/p><\/div>\n<div id=\"ftn7\">\n<p>\n\t\t\t<a href=\"http:\/\/ecrits-vains.com\/mots_dits\/willar94.htm#_ftnref7\" name=\"_ftn7\">[7]<\/a>Une fois encore, je me permets de souligner ce travail &oelig;cum&eacute;nique entre des tenants des trois religions r&eacute;v&eacute;l&eacute;es, travail qui ne les emp&ecirc;chait d&rsquo;aucune fa&ccedil;on d&rsquo;appartenir chacun &agrave; une communaut&eacute; ayant ses propres rites et ses propres coutumes.<\/p>\n<\/p><\/div>\n<div id=\"ftn8\">\n<p>\n\t\t\t<a href=\"http:\/\/ecrits-vains.com\/mots_dits\/willar94.htm#_ftnref8\" name=\"_ftn8\">[8]<\/a> &laquo; Le Guide des &eacute;gar&eacute;s &raquo;appara&icirc;t dans l&rsquo;histoire des id&eacute;es comme l&rsquo;une des plus illustres &oelig;uvres philosophiques de tous les temps. Ma&iuml;monide est rest&eacute; une figure majeure du juda&iuml;sme rabbinique. Mais sa connaissance de la philosophie fit de lui l&rsquo;ap&ocirc;tre d&rsquo;une religion rationnelle, &eacute;pur&eacute;e des superstitions, qui vise essentiellement l&rsquo;instauration d&rsquo;une soci&eacute;t&eacute; vraiment humaine.<\/p>\n<p>\n\t\t\tEcrit pour des intellectuels &eacute;cartel&eacute;s entre la tradition religieuse et la pens&eacute;e scientifique et philosophique de l&rsquo;&eacute;poque, Le Guide des &eacute;gar&eacute;s tente surtout de mettre en accord l&rsquo;enseignement de la Bible et de ses commentaires, avec la philosophie d&rsquo;Aristote. Reconnu tr&egrave;s vite comme une &oelig;uvre ma&icirc;tresse, il influen&ccedil;a de mani&egrave;re d&eacute;cisive la pens&eacute;e juive, chr&eacute;tienne et musulmane.<br \/>\n\t\t\tDe port&eacute;e universelle, Le Guide ne constitue pas moins une analyse approfondie du juda&iuml;sme, dans ses aspects rituels comme dans le domaine de ses croyances. Il propose une compr&eacute;hension rationnelle de la Bible et du Talmud, d&eacute;gag&eacute;e de l&rsquo;autorit&eacute; et des dogmes des institutions juives qui lui en tiennent rigueur pendant des si&egrave;cles. (Traduit de l&rsquo;Arabe en 1840 Par Salomon Munk, orientaliste fran&ccedil;ais (1803-1867.)<\/p>\n<table border=\"0\" cellpadding=\"0\" cellspacing=\"0\">\n<tbody>\n<tr>\n<td>\n<p>\n\t\t\t\t\t\t\t&nbsp;<\/p>\n<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p>\n\t\t\t&nbsp;<\/p>\n<\/p><\/div>\n<div id=\"ftn9\">\n<p>\n\t\t\t<a href=\"http:\/\/ecrits-vains.com\/mots_dits\/willar94.htm#_ftnref9\" name=\"_ftn9\">[9]<\/a>Pour la raconter, j&rsquo;ai parcouru &laquo; les deux Trait&eacute;s de Mystique juive &raquo; (le Trait&eacute; du Puits et le Guide du D&eacute;tachement) de Obadia et David Ma&iuml;monide traduits du jud&eacute;o-arabe. J&rsquo;ai lu des textes de Jacques Allouche, du DR. Herv&eacute; Aaron Mimoun, de Bernard Hoedts (tous &eacute;crivains ou m&eacute;decins qui se sont pench&eacute;s sur la vie de Ma&iuml;monide), la conf&eacute;rence de Monsieur le Grand Rabbin, DR David Sabbah, donn&eacute;e &agrave; l&rsquo;occasion du 800&egrave;me anniversaire de la mort de Ma&iuml;monide lors du colloque international de l&rsquo;Universit&eacute; McGill, marquant cet &eacute;v&eacute;nement.<\/p>\n<\/p><\/div>\n<div id=\"ftn10\">\n<p>\n\t\t\t<a href=\"http:\/\/ecrits-vains.com\/mots_dits\/willar94.htm#_ftnref10\" name=\"_ftn10\">[10]<\/a> Ili Gorlizki : &laquo; Ma&iuml;monide &ndash; Averro&egrave;s : une correspondance r&ecirc;v&eacute;e. &raquo; Pr&eacute;face Colette Sirat, traduction de l&#39;h&eacute;breu de Philippe Bobichon. Ed. Maisonneuve et Larose.<\/p>\n<p>\n\t\t\tpar Lise Willar<\/p>\n<\/p><\/div>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&nbsp; Averroes (1126-1198) &#8211;&nbsp;Ma&iuml;monide (1138-1204) &nbsp; &nbsp;<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":16495,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"neve_meta_sidebar":"","neve_meta_container":"","neve_meta_enable_content_width":"","neve_meta_content_width":0,"neve_meta_title_alignment":"","neve_meta_author_avatar":"","neve_post_elements_order":"","neve_meta_disable_header":"","neve_meta_disable_footer":"","neve_meta_disable_title":"","_themeisle_gutenberg_block_has_review":false,"footnotes":""},"categories":[105,38,18,147,28,26,1],"tags":[],"class_list":["post-3310","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-alberta","category-espagne","category-histoire","category-la-mecque","category-maroc","category-syrie","category-uncategorized"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3310","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=3310"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3310\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/media\/16495"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=3310"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=3310"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=3310"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}