{"id":3318,"date":"2016-08-11T07:23:53","date_gmt":"2016-08-11T07:23:53","guid":{"rendered":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/?p=3318"},"modified":"2016-08-10T23:33:20","modified_gmt":"2016-08-10T23:33:20","slug":"maurice-ruben-hayoun-la-sagesse-dans-la-tradition-juive-et-son-apport-pour-aujourdhui","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/maurice-ruben-hayoun-la-sagesse-dans-la-tradition-juive-et-son-apport-pour-aujourdhui\/","title":{"rendered":"Maurice-Ruben Hayoun : la sagesse dans la tradition juive et son apport pour aujourd\u2019hui"},"content":{"rendered":"<p>\n\tMaurice-Ruben Hayoun : la sagesse dans la tradition juive et son apport pour aujourd&rsquo;hui<\/p>\n<div sizcache=\"2\" sizset=\"11\">\n<div class=\"cartouche\" sizcache=\"2\" sizset=\"11\">\n<p>\n\t\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n<!-- debut_surligneconditionnel -->\t\t\tL&rsquo;intervention du philosophe au colloque &quot;Quelle sagesse pour notre temps ?&quot; de la Fondation Ostad Elahi Ethique et Solidarit&eacute; humaine<!-- finde_surligneconditionnel --><\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>\n\tMaurice-Ruben Hayoun : la sagesse dans la tradition juive et son apport pour aujourd&rsquo;hui<\/p>\n<div sizcache=\"2\" sizset=\"11\">\n<div class=\"cartouche\" sizcache=\"2\" sizset=\"11\">\n<p>\n\t\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n<!-- debut_surligneconditionnel -->\t\t\tL&rsquo;intervention du philosophe au colloque &quot;Quelle sagesse pour notre temps ?&quot; de la Fondation Ostad Elahi Ethique et Solidarit&eacute; humaine<!-- finde_surligneconditionnel --><\/p>\n<\/p><\/div>\n<p>\n<!-- debut_surligneconditionnel -->\t\tA l&rsquo;occasion de la 10 &egrave;me &eacute;dition de la journ&eacute;e de la solidarit&eacute; humaine, l&rsquo;Institut de France accueillait un colloque dont le th&egrave;me s&rsquo;articulait autour de la question &quot;Quelle sagesse pour notre temps ?&quot; Maurice-Ruben Hayoun, historien, philosophe et professeur aux universit&eacute;s de Strasbourg, B&acirc;le et Heidelberg, a port&eacute; sa r&eacute;flexion sur la recherche de la sagesse comme ob&eacute;issance aux pr&eacute;ceptes divins. Qu&rsquo;en disent le D&eacute;calogue, le livre de la Sagesse, l&rsquo;Eccl&eacute;siaste ou les Proverbes ? Et quels rapports entre les rites juifs et la sagesse ?<!-- finde_surligneconditionnel --><\/p>\n<p>\n\t\t&nbsp;<\/p>\n<\/div>\n<div class=\"texte\" sizcache=\"2\" sizset=\"15\">\n<p>\n<!-- debut_surligneconditionnel -->\t<\/p>\n<p>\n\t\tCette &eacute;mission vous est propos&eacute;e dans le cadre du partenariat &eacute;tabli entre Canal Acad&eacute;mie et la Fondation Ostad Elahi.<br \/>\n\t\tElle se divise en deux temps : dans le premier, vous pourrez &eacute;couter l&rsquo;intervention de Maurice-Ruben Hayoun, puis, dans le second, l&rsquo;entretien de Maurice-Ruben Hayoun r&eacute;pondant aux questions du journaliste Jacques Paugam, mod&eacute;rateur et animateur de ce colloque.<br \/>\n\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t<strong>Sagesse, &eacute;thique et philosophie dans la tradition juive<\/strong><\/p>\n<p>\n\t\tJe voudrais porter l&rsquo;essentiel de mon commentaire sur la dialectique entre le &laquo; particularisme &raquo; d&rsquo;Isra&euml;l et sa pr&eacute;tention, ou sa volont&eacute;, d&rsquo;universalisme. Je souhaiterais le d&eacute;buter par une phrase introductive : quand nous recherchons de la sagesse, ou La Sagesse, comme l&rsquo;a dit tout &agrave; l&rsquo;heure Monsieur Bernard Bourgeois, nous sommes conduits &agrave; nous interroger sur nous-m&ecirc;me. Dans la tradition juive, tout part de la Bible et tout y revient, parfois m&ecirc;me par des chemins sinueux. Vous avez deux types de commentaires du corpus biblique ou plut&ocirc;t trois :<br \/>\n\t\t<img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" alt=\"-\" height=\"11\" src=\"http:\/\/www.canalacademie.com\/dist\/puce.gif\" width=\"8\" \/> d&rsquo;abord le grand corpus talmudique,<br \/>\n\t\t<img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" alt=\"-\" height=\"11\" src=\"http:\/\/www.canalacademie.com\/dist\/puce.gif\" width=\"8\" \/> puis le corpus philosophique m&eacute;di&eacute;val, parall&egrave;lement au corpus mystique m&eacute;di&eacute;val<br \/>\n\t\t<img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" alt=\"-\" height=\"11\" src=\"http:\/\/www.canalacademie.com\/dist\/puce.gif\" width=\"8\" \/> et, par la suite, l&rsquo;&eacute;mergence de l&rsquo;Aufkl&auml;rung avec Mendelssohn, Hermann Cohen et, plus proche de nous, Emmanuel Levinas.<\/p>\n<p>\n\t\tLa recherche de la sagesse dans le corpus biblique, dans la Bible h&eacute;bra&iuml;que, c&rsquo;est la conformit&eacute; ou l&rsquo;ob&eacute;issance, me semble-t-il, aux pr&eacute;ceptes divins. C&rsquo;est une sorte de respect de ce qu&rsquo;on appelle <i class=\"spip\">le nomos<\/i>, c&rsquo;est-&agrave;-dire la loi. Le mot<i class=\"spip\"> Torah<\/i> est improprement traduit par le terme<i class=\"spip\"> loi<\/i> mais nous savons pourquoi : l&rsquo;&Eacute;p&icirc;tre aux Romains de St Paul est pass&eacute;e par l&agrave;, donc nous avons un petit peu r&eacute;tr&eacute;ci le champ s&eacute;mantique de cette expression <i class=\"spip\">Torah<\/i>. Elle peut dire &quot;enseignement moral&quot; mais aussi &quot;encadr&eacute; par des lois&quot;. Ce que vise la Bible, pour ceux qui en sont capables, est l&rsquo;accession &agrave; la spiritualit&eacute;. Pour le philosophe juif m&eacute;di&eacute;val, <strong class=\"spip\">Maimonide<\/strong>, tout le monde ne peut pas parvenir &agrave; ce niveau et il faut &eacute;tablir une distinction stricte, voire une s&eacute;paration quasi herm&eacute;tique, entre la masse &#8211; il &eacute;crivait en arabe<i class=\"spip\"> el Djamhour<\/i> &#8211; et puis les rares &eacute;lites &#8211; qu&rsquo;il appelait<i class=\"spip\"> Elkhassa<\/i> &#8211; c&rsquo;est &agrave; dire en h&eacute;breu les <i class=\"spip\">Yehid&eacute; s&eacute;goula<\/i> : la fine couche qui se superpose au sommet d&rsquo;une sorte d&rsquo;immense pyramide. Mais l&agrave;-dessus, Maimonide d&eacute;fend un point de vue purement philosophique en tant que repr&eacute;sentant juif de la philosophie grecque. Je suis l&rsquo;un de ses admirateurs mais il n&rsquo;a pas v&eacute;ritablement incarn&eacute; la tradition juive multis&eacute;culaire, c&rsquo;est-&agrave;-dire la religion biblico-talmudique ; il ne s&rsquo;en est pas non plus &eacute;cart&eacute; comme si c&rsquo;&eacute;tait une d&eacute;viance.<\/p>\n<p>\n\t\t<strong><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" alt=\"-\" height=\"11\" src=\"http:\/\/www.canalacademie.com\/dist\/puce.gif\" width=\"8\" \/> Quel est donc dans la Bible h&eacute;bra&iuml;que le sommet de cette spiritualit&eacute; ou de cette conformit&eacute; &agrave; la volont&eacute; divine ?<\/strong><\/p>\n<p>\t\tC&rsquo;est le D&eacute;calogue, les Dix Commandements. Ils sont cens&eacute;s introduire l&rsquo;homme dans la voie de l&rsquo;harmonie et, disons-le, du bonheur. Dans la Bible h&eacute;bra&iuml;que, nous avons souvent dit qu&rsquo;il n&rsquo;y avait pas de pr&eacute;occupations de vie dans l&rsquo;Au-del&agrave;, c&rsquo;est une erreur. Ce sont des lecteurs rapides, press&eacute;s, je n&rsquo;ose pas dire superficiels, qui ont conclu &agrave; cette v&eacute;rit&eacute; qui n&rsquo;en est pas une. En r&eacute;alit&eacute;, la Bible &#8211; tout &agrave; l&rsquo;heure notre &eacute;minent coll&egrave;gue <strong class=\"spip\">Michel Hulin<\/strong> a parl&eacute; de textes religieux qui ont mis des centaines d&rsquo;ann&eacute;es &agrave; se constituer -et je le renvoie &agrave; la belle phrase <strong class=\"spip\">d&rsquo;Ernest Renan<\/strong> : &laquo; <i class=\"spip\"> La barbe de ce dieu biblique est longue d&rsquo;au moins un mill&eacute;naire<\/i> &raquo;- c&rsquo;est une immense biblioth&egrave;que.<\/p>\n<p>\n\t\tVous ne pouvez pas comparer la doctrine du Livre de la <i class=\"spip\">Gen&egrave;se<\/i>, cens&eacute; &ecirc;tre plus ancien, avec, par exemple, <i class=\"spip\">l&rsquo;Eccl&eacute;siaste,<\/i> qui fut commis vers 225 avant notre &egrave;re. Or, dans le Livre de <i class=\"spip\">l&rsquo;Eccl&eacute;siaste<\/i>, &agrave; propos de l&rsquo;immortalit&eacute; de l&rsquo;&acirc;me, vous avez une petite contradiction : l&rsquo;Eccl&eacute;siaste, au fond du gouffre, au d&eacute;but de ses chapitres, dit, dans son d&eacute;sespoir : &laquo; <i class=\"spip\"> Qui sait si l&rsquo;&acirc;me de l&rsquo;homme<\/i> &#8211; sans pl&eacute;onasme &#8211;<i class=\"spip\"> monte vers le haut ou si au contraire, elle descend vers le bas ?<\/i> &raquo; Mais au chapitre 12, il se ressaisit, il devait &ecirc;tre moins fatigu&eacute;, et dit : &laquo; Le corps s&rsquo;en retourne &agrave; la poussi&egrave;re d&rsquo;o&ugrave; il fut extrait, tandis que le<i class=\"spip\"> pneuma<\/i> &#8211; le souffle, <i class=\"spip\">ruah<\/i> qui a donn&eacute; en arabe<i class=\"spip\"> ruh<\/i>, c&rsquo;est-&agrave;-dire l&rsquo;&acirc;me &#8211; s&rsquo;en retourne vers l&rsquo;Elohim qui l&rsquo;a donn&eacute;e. &raquo; Et moi je suis &#8211; du verbe suivre &#8211; Ernest Renan quand il traduit <i class=\"spip\">Elohim<\/i> par &laquo; les esprits &raquo;. D&rsquo;ailleurs dans la Bible h&eacute;bra&iuml;que, il y a au moins une fois o&ugrave; le mot<i class=\"spip\"> Elohim<\/i> est utilis&eacute; au pluriel et s&rsquo;accord avec un verbe au pluriel, ce qui ne veut pas dire qu&rsquo;il n&rsquo;y avait pas d&rsquo;unicit&eacute; divine, mais cela veut dire qu&rsquo;il y avait une h&eacute;sitation sur cette mani&egrave;re de concevoir le divin comme quelque chose de l&rsquo;esprit.<\/p>\n<p>\n\t\t<strong><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" alt=\"-\" height=\"11\" src=\"http:\/\/www.canalacademie.com\/dist\/puce.gif\" width=\"8\" \/> Quand on examine <i class=\"spip\">le D&eacute;calogue<\/i> s&eacute;rieusement, d&rsquo;un &oelig;il scrutateur et intelligent, que contient-il de sp&eacute;cifiquement juif ?<\/strong><\/p>\n<p>\t\tUn seul article : c&rsquo;est le respect de la solennit&eacute; et du repos du shabbat. Ce que &#8211; je demande pardon au Seigneur &#8211; je n&rsquo;applique pas tout &agrave; fait aujourd&rsquo;hui et je vous demande de faire preuve, comment dirai-je, d&rsquo;un amour chr&eacute;tien pour un non chr&eacute;tien qui partage avec vous un h&eacute;ritage biblique, mais apr&egrave;s tout c&rsquo;est propager la parole de la sagesse et de la divinit&eacute;, au fond !<\/p>\n<p>\n\t\tDonc &agrave; part cet article-l&agrave;, il n&rsquo;y a rien de typiquement juif : on ne parle pas de l&rsquo;imposition de la circoncision, on ne parle pas de l&rsquo;interdiction de consommer de la viande de porc, il n&rsquo;y a pas de rite, il n&rsquo;y a pas non plus de dogme, &agrave; part l&rsquo;existence divine et la volont&eacute; de respecter la souverainet&eacute; divine. Alors cette affaire du shabbat, c&rsquo;est-&agrave;-dire du samedi, les talmudistes &#8211; ceci me permet d&rsquo;arriver &agrave; la tradition talmudique &#8211; fins dialecticiens, ont expliqu&eacute; que les Dix Commandements pouvaient &ecirc;tre reconnus par tout le monde, m&ecirc;me si ils ont d&eacute;velopp&eacute; ce que nous appellons<i class=\"spip\"> les Sept Lois des fils de No&eacute;<\/i> : Ce sont les gens qui n&rsquo;ont pas eu part, ou qui n&rsquo;ont pas pris part, &agrave; la r&eacute;v&eacute;lation du Sina&iuml;, c&rsquo;est-&agrave;-dire, pardonnez du peu, l&rsquo;humanit&eacute; non juive : 99,9999 pour cent de la population mondiale. Donc il y a eu de la part des talmudistes la volont&eacute; de s&rsquo;occuper du bien-&ecirc;tre et du salut d&rsquo;une humanit&eacute; qui n&rsquo;a pas pris part &agrave; la r&eacute;v&eacute;lation du Sina&iuml;. C&rsquo;est donc une sorte de prise en consid&eacute;ration morale des &ecirc;tres humains, de nos cong&eacute;n&egrave;res, et pour faire bref, je reprends une tr&egrave;s belle phrase <strong class=\"spip\">d&rsquo;Emmanuel Levinas<\/strong> &agrave; ce sujet. Il a parl&eacute; du &laquo; <i class=\"spip\">souci de l&rsquo;autre<\/i> &raquo;. Un &ecirc;tre humain peut ne pas &ecirc;tre l&rsquo;autre pour nous mais les choses &eacute;tant ce qu&rsquo;elles sont, la plupart du temps, c&rsquo;est le cas. Donc les talmudistes ont mis sur pied ces<i class=\"spip\"> lois des Noahides<\/i> : d&rsquo;abord &eacute;tablir des tribunaux, c&rsquo;est-&agrave;-dire, apr&egrave;s tout, le fondement de l&rsquo;&eacute;tat de droit, de la justice. Ensuite, ne pas blasph&eacute;mer. Ce n&rsquo;est pas v&eacute;ritablement croire en Dieu encore que, mais c&rsquo;est ne pas d&eacute;sacraliser Dieu. Ensuite ne pas tuer, ne pas violer, ne pas se vautrer dans la luxure. Et puis, un passage qui m&rsquo;a beaucoup impressionn&eacute; pour l&rsquo;&eacute;poque : l&rsquo;interdiction de consommer en l&rsquo;arrachant le membre d&rsquo;un animal encore vivant. C&rsquo;est une mani&egrave;re de lier la fa&ccedil;on de se nourrir de l&rsquo;homme &agrave; son degr&eacute; moral, comme l&rsquo;a expliqu&eacute; tout &agrave; l&rsquo;heure mon &eacute;minent coll&egrave;gue <a class=\"spip_in\" href=\"http:\/\/www.canalacademie.com\/ida7764-Michel-Hulin-la-meditation-le-meilleur-apport-de-l-Inde-pour-la-sagesse-aujourd-hui.html\">Michel Hulin.<\/a><\/p>\n<p>\n\t\tTalmudiquement, les juifs ont instaur&eacute; les r&egrave;gles de l&rsquo;abattage rituel. Pour y avoir assist&eacute;, en raison de mes anciennes fonctions associatives, parfois dans des abattoirs es-qualit&eacute;, c&rsquo;est affreux ; et tant que nous n&rsquo;aurons pas trouv&eacute; des prot&eacute;ines de synth&egrave;se et que nous aurons besoin d&rsquo;abattre des animaux de boucherie, cela sera toujours, qu&rsquo;on le fasse d&rsquo;une mani&egrave;re casher ou pas casher, prendre la vie &agrave; un &ecirc;tre vivant.<\/p>\n<p>\n\t\tDonc, pour conclure mon propos, je reviendrai, concernant la sagesse, sur l&rsquo;id&eacute;e majeure du Livre de <i class=\"spip\">la Gen&egrave;se<\/i>, &agrave; savoir la cr&eacute;ation du premier homme. Les talmudistes demandent pourquoi Dieu, Tout Puissant, s&rsquo;est limit&eacute; &agrave; la cr&eacute;ation d&rsquo;un seul individu, alors qu&rsquo;il aurait pu en cr&eacute;er autant qu&rsquo;il le voulait. Les talmudistes ont une r&eacute;ponse claire : c&rsquo;est afin qu&rsquo;aucun &ecirc;tre humain puisse s&rsquo;arroger le droit de dire &agrave; son prochain <i class=\"spip\">&laquo; Je descends de l&rsquo;Adam n&deg; 1, toi tu descends de l&rsquo;Adam n&deg; 17 ou n&deg; 36. &raquo;<\/i> Cette th&eacute;orie l&agrave;, en r&eacute;alit&eacute;, coupe l&rsquo;herbe sous les pieds de tout racisme et de toute x&eacute;nophobie.<br \/>\n\t\t<span class=\"spip_document_16651 spip_documents spip_documents_center\" sizcache=\"2\" sizset=\"21\">&nbsp;<\/span><\/p>\n<p>\n\t\t<strong><i class=\"spip\">Retrouvez maintenant la seconde partie : l&rsquo;entretien entre Maurice-Ruben Hayoun et Jacques Paugam, journaliste &agrave; Canal acad&eacute;mie.<\/i><\/strong><br \/>\n\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t<strong><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" alt=\"-\" height=\"11\" src=\"http:\/\/www.canalacademie.com\/dist\/puce.gif\" width=\"8\" \/> Jacques Paugam : Ce qui me frappe, Maurice-Ruben Hayoun, en vous &eacute;coutant, alors que nous savons tout ce que la pens&eacute;e juive a apport&eacute; &agrave; l&rsquo;universel, c&rsquo;est l&rsquo;aspect extraordinairement pratique de la sagesse juive. Mais quand on regarde, il y a trois Livres qui sont plac&eacute;s sous le signe de la sagesse dans la Bible de tradition juive : <i class=\"spip\">l&rsquo;Eccl&eacute;siaste, Job et les Proverbes.<\/i><\/strong><\/p>\n<p>\n\t\t<img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" alt=\"-\" height=\"11\" src=\"http:\/\/www.canalacademie.com\/dist\/puce.gif\" width=\"8\" \/> M-R.H. : Les Proverbes, bien &eacute;videmment. C&rsquo;est une sagesse, effectivement, qui est, en quelque sorte, tenue &agrave; distance de la pratique religieuse. Or, il faut bien reconna&icirc;tre que la religion juive, sans &ecirc;tre une religion de la loi, comme l&rsquo;ont affirm&eacute; des esprits un peu limit&eacute;s qui ne se sont pas donn&eacute;s le temps de bien regarder, parce qu&rsquo;il fallait asseoir le christianisme que nous aimons bien, &agrave; la place du juda&iuml;sme&hellip; Mais en r&eacute;alit&eacute;, pas une fois dans les quarante-deux chapitres, et Dieu sait que j&rsquo;ai &eacute;tudi&eacute; ce livre et que j&rsquo;ai beaucoup &eacute;crit sur lui, pas une fois, on ne parle du dieu d&rsquo;Isra&euml;l, ni m&ecirc;me de <strong class=\"spip\">Job<\/strong> mangeant casher, ni qu&rsquo;il est juif, ni qu&rsquo;il fait sa pri&egrave;re, ni qu&rsquo;il a &eacute;pous&eacute; une femme juive.<\/p>\n<p>\n\t\tC&rsquo;est-&agrave;-dire que, v&eacute;ritablement, nous avons l&rsquo;impression d&rsquo;avoir affaire &agrave; un sage de l&rsquo;Orient ancien, un homme qui, et Maimonide l&rsquo;a tr&egrave;s bien compris et le Talmud avant lui, pose le probl&egrave;me de<i class=\"spip\"> la th&eacute;odic&eacute;e<\/i>, en bon fran&ccedil;ais<i class=\"spip\"> la justice divine<\/i> : &laquo; <i class=\"spip\">Pourquoi le mal fond-il sur moi alors que je n&rsquo;ai rien fait ?<\/i> &raquo; Et vous savez comment cela se termine ? C&rsquo;est la sagesse humaine &#8211; pardonnez-moi &#8211; qui abdique devant l&rsquo;oukase divin, puisqu&rsquo;au chapitre 42, apr&egrave;s avoir terriblement souffert, apr&egrave;s avoir re&ccedil;u une vol&eacute;e de bois vert de ses amis, qui parlent sans savoir v&eacute;ritablement de quoi il s&rsquo;agit, que dit Job ? Quelques versets avant la fin, au chapitre 42, il dit : &laquo; <i class=\"spip\"> Jusqu&rsquo;&agrave; pr&eacute;sent je te connaissais<\/i> &#8211; il parle au Seigneur <i class=\"spip\">&#8211; par ou&iuml;-dire<\/i> &#8211; c&rsquo;est-&agrave;-dire par tradition [&hellip;] Puis il dit, et c&rsquo;est tr&egrave;s important : &laquo; <i class=\"spip\">&Agrave; pr&eacute;sent, maintenant, mon &oelig;il t&rsquo;a vu<\/i> &raquo; &#8211; il s&rsquo;agit &eacute;videmment de l&rsquo;&oelig;il du c&oelig;ur, de l&rsquo;intelligence &#8211; et il ajoute, c&rsquo;est pour cela que j&rsquo;ai parl&eacute; d&rsquo;abdication : &laquo; [&hellip;] <i class=\"spip\">C&rsquo;est pourquoi je m&eacute;prise<\/i> &raquo;, sous-entendu je me m&eacute;prise, et il dit : &laquo; <i class=\"spip\"> Je verse de la cendre et de la poussi&egrave;re sur ma t&ecirc;te.<\/i> &raquo; L&agrave;, c&rsquo;est l&rsquo;abdication : la sagesse de l&rsquo;homme ne tient pas devant Dieu, Dieu ne peut pas avoir tort. Ce qui est quand m&ecirc;me un peu frappant pour une humanit&eacute; pensante m&ecirc;me croyante. Nous ne pouvons pas dire que Dieu a tort, mais nous pouvons &eacute;nnoncer qu&rsquo;il y a des choses dans l&rsquo;univers qui ne fonctionnent pas.<\/p>\n<p>\n\t\tMaintenant, &agrave; propos de <i class=\"spip\">l&rsquo;Eccl&eacute;siaste<\/i> : le statut de l&rsquo;Eccl&eacute;siaste est un statut assez disput&eacute;. Vous savez que la constitution du canon h&eacute;bra&iuml;que des vingt-quatre Livres a fait l&rsquo;objet de nombreux d&eacute;bats. Je suis content que l&rsquo;Eccl&eacute;siaste soit l&agrave;, d&rsquo;autant que<strong class=\"spip\"> Renan<\/strong>, que j&rsquo;ai beaucoup &eacute;tudi&eacute;, Renan, donc, faisait parfois des d&eacute;clarations d&eacute;plaisantes comme celle-ci : &laquo; <i class=\"spip\"> L&rsquo;auteur de l&rsquo;Eccl&eacute;siaste est l&rsquo;un des rares auteurs juifs qui me soit sympathique.<\/i> &raquo; Pour un ancien titulaire de la chaire d&rsquo;h&eacute;breu et d&rsquo;aram&eacute;en au Coll&egrave;ge de France, c&rsquo;est un peu &eacute;tonnant, mais enfin on peut le lui pardonner parce qu&rsquo;il a &eacute;crit tellement d&rsquo;autres choses qui &eacute;taient nettement plus, comment dirai-je, plus&#8230; sens&eacute;es. Et cet Eccl&eacute;siaste, les talmudistes l&rsquo;attribuent, comme vous le savez, au <strong class=\"spip\">roi Salomon<\/strong>. Mais en r&eacute;alit&eacute;, le roi Salomon &eacute;tait un petit potentat oriental qui n&rsquo;aurait jamais pu &eacute;crire un tel texte, mais on le lui attribue parce qu&rsquo;il &eacute;tait, para&icirc;t-il, le parangon de la sagesse de son &eacute;poque. Et ils lui disent : &laquo; <i class=\"spip\"> Oh Salomon, il ne te suffit pas de contredire ton p&egrave;re<\/i> &#8211; ce que dit David dans les Psaumes &#8211;<i class=\"spip\"> encore faut-il que tu te contredises toi-m&ecirc;me !<\/i> &raquo; C&rsquo;est ce que j&rsquo;ai dit tout &agrave; l&rsquo;heure pour &laquo; Est-ce que l&rsquo;&acirc;me monte, est-ce qu&rsquo;elle descend ? &raquo; et &agrave; la fin il dit : &laquo; <i class=\"spip\">Elle s&rsquo;en retourne vers l&rsquo;&Eacute;ternel ou vers les esprits qui l&rsquo;ont donn&eacute;e.<\/i> &raquo;<\/p>\n<p>\n\t\tLe statut de ce type d&rsquo;ouvrage a toujours &eacute;t&eacute; un petit peu disput&eacute;, et nous ne pouvons pas dire qu&rsquo;il repr&eacute;sente v&eacute;ritablement l&rsquo;axe central de la religion juive : la religion juive, c&rsquo;est la religion biblico-talmudique. Qu&rsquo;est-ce qui s&eacute;pare le juda&iuml;sme du christianisme ? C&rsquo;est tout simplement le Talmud. Comme il fait beau et pour faire un peu rire les gens, je dirais qu&rsquo; &agrave; un moment donn&eacute;, quand j&rsquo;&eacute;tais plus jeune, je pensais que le christianisme &eacute;tait une grande religion, mais &eacute;tait une sorte de juda&iuml;sme &laquo; light &raquo;, c&rsquo;est-&agrave;-dire le juda&iuml;sme mais sans les contraintes&hellip; Une sorte de juda&iuml;sme d&eacute;barrass&eacute; effectivement d&rsquo;un certain nombre de lois consid&eacute;r&eacute;es par certains aspects comme un fardeau. Et c&rsquo;est la m&ecirc;me chose pour les Proverbes. Donc, en conclusion, vous ne trouvez rien de sp&eacute;cifiquement juif dans ces choses-l&agrave;, et d&rsquo;ailleurs le dernier verset de l&rsquo;Eccl&eacute;siaste est un verset qu&rsquo;on appelle secondaire, ajout&eacute; &agrave; la fin pour, si je puis dire, &quot;cash&eacute;riser l&rsquo;ensemble&quot;.<br \/>\n\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t<strong><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" alt=\"-\" height=\"11\" src=\"http:\/\/www.canalacademie.com\/dist\/puce.gif\" width=\"8\" \/> J.P. : Ne pouvons-nous pas dire qu&rsquo;il y a quand m&ecirc;me quelque chose de particulier ? Vous parliez de l&rsquo;abdication&hellip;<\/strong><br \/>\n\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t<img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" alt=\"-\" height=\"11\" src=\"http:\/\/www.canalacademie.com\/dist\/puce.gif\" width=\"8\" \/> M-R.H. : &hellip;de la sagesse humaine<br \/>\n\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t<strong><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" alt=\"-\" height=\"11\" src=\"http:\/\/www.canalacademie.com\/dist\/puce.gif\" width=\"8\" \/> J.P. : &hellip;de Job. L&agrave; nous sommes dans une dimension individuelle. La particularit&eacute; de la sagesse vue sous l&rsquo;angle juif, n&rsquo;est-elle pas toujours la volont&eacute; de tenir les deux aspects en m&ecirc;me temps, l&rsquo;individu et le collectif ?<\/strong><br \/>\n\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t<img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" alt=\"-\" height=\"11\" src=\"http:\/\/www.canalacademie.com\/dist\/puce.gif\" width=\"8\" \/> M-R.H. : C&rsquo;est vrai. C&rsquo;est vrai parce qu&rsquo;il ne faut pas oublier qu&rsquo;on ne sait pas encore &eacute;crire une histoire d&rsquo;Isra&euml;l. Ce que nous dit la Bible dans les livres historiques &#8211; je ne peux pas me lancer l&agrave;-dessus parce que je devrais parler de l&rsquo;historiographie deut&eacute;ronomiste et autres -, est une vue th&eacute;ologique de l&rsquo;histoire. Les textes, <i class=\"spip\">le Deut&eacute;ronome, le Livre de Josu&eacute;, les Juges, les deux Livres de Samuel, les deux Livres des Rois<\/i> sont une vision th&eacute;ologique de l&rsquo;histoire. Ce n&rsquo;est m&ecirc;me pas une philosophie de l&rsquo;histoire, c&rsquo;est une th&eacute;ologie de l&rsquo;histoire et c&rsquo;est une sorte d&rsquo;expos&eacute; de la th&eacute;odic&eacute;e. Quand vous prenez le Livre du <i class=\"spip\">Deut&eacute;ronome<\/i>, si vous le lisez bien, l&rsquo;auteur ou les auteurs sont obs&eacute;d&eacute;s par une id&eacute;e : la menace de l&rsquo;exil. Pourquoi ? Parce qu&rsquo;ils &eacute;taient en train de le vivre et que ce livre n&rsquo;est pas un livre ancien, mais un livre qui date en r&eacute;alit&eacute; de &#8211; 622, du temps du <strong class=\"spip\">roi Josias<\/strong>. On l&rsquo;a d&eacute;couvert pr&eacute;tendument dans les soubassements du temple, alors qu&rsquo;en r&eacute;alit&eacute; c&rsquo;est le grand pr&ecirc;tre et ses camarades qui l&rsquo;ont &eacute;crit pour mettre un terme &agrave; un syncr&eacute;tisme religieux qu&rsquo;ils jugeaient de tr&egrave;s mauvais aloi. Il faut donc comprendre que la constitution de ce peuple et le fait de l&rsquo;arrimer &agrave; la croyance monoth&eacute;iste a &eacute;t&eacute; une bataille de presque 750 ans. En r&eacute;alit&eacute;, le peuple d&rsquo;Isra&euml;l a &eacute;t&eacute; strictement monoth&eacute;iste &agrave; partir du roi Josias. Malheureusement, trente-six ans apr&egrave;s, les Babyloniens ont r&eacute;gl&eacute; la question en mettant tout &agrave; feu et &agrave; sang et en d&eacute;portant le dernier repr&eacute;sentant de la royaut&eacute;, Yoyakin. C&rsquo;est seulement apr&egrave;s que na&icirc;t l&rsquo;id&eacute;ologie de la restauration et du retour avec Zorobabel, avec les livres de N&eacute;h&eacute;mie et d&rsquo;Ezra. A partir de l&agrave;, un juda&iuml;sme nouveau appara&icirc;t. Il accr&eacute;dite d&rsquo;ailleurs les critiques protochr&eacute;tiennes, &agrave; savoir on peut&laquo; &ecirc;tre juif autrement. &raquo; Mais c&rsquo;est d&eacute;j&agrave; un tout autre sujet.<\/p>\n<p>\n\t\tCanal Acad&eacute;mie vous invite &agrave; visiter le site de la <a class=\"spip_out\" href=\"http:\/\/www.fondationostadelahi.fr\/\" target=\"_blank\">Fondation Ostad Elahi<\/a> pour conna&icirc;tre le programme complet et le nom des autres intervenants. Canal Acad&eacute;mie retransmettra toutes les interventions, au rythme d&rsquo;une par mois, g&eacute;n&eacute;ralement dans la derni&egrave;re semaine du mois.<\/p>\n<p>\n\t\t<img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" alt=\"-\" height=\"11\" src=\"http:\/\/www.canalacademie.com\/dist\/puce.gif\" width=\"8\" \/> Prochaine retransmission : celle de Pierre Magnard, professeur &eacute;m&eacute;rite de philosophie de l&rsquo;universit&eacute; Paris-Sorbonne (Paris 4)sur l&rsquo; <strong class=\"spip\">Unicit&eacute; de Dieu, unicit&eacute; du genre humain <\/strong><br \/>\n\t\t<img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" alt=\"-\" height=\"11\" src=\"http:\/\/www.canalacademie.com\/dist\/puce.gif\" width=\"8\" \/> Ecoutez l&rsquo;intervention de Michel Hulin, intitul&eacute;e <a class=\"spip_in\" href=\"http:\/\/www.canalacademie.com\/ida7764-Michel-Hulin-la-meditation-le-meilleur-apport-de-l-Inde-pour-la-sagesse-aujourd-hui.html\">&laquo; L&rsquo;orthodoxie et l&rsquo;individualisme religieux en Inde &raquo;<\/a>.<\/p>\n<p>\n\t\t<img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" alt=\"-\" height=\"11\" src=\"http:\/\/www.canalacademie.com\/dist\/puce.gif\" width=\"8\" \/> Ecoutez aussi le philosophe Bernard Bourgeois pr&eacute;senter ce colloque : <a class=\"spip_in\" href=\"http:\/\/www.canalacademie.com\/ida7250-Bernard-Bourgeois-Quelle-sagesse-pour-notre-temps.html\">Bernard Bourgeois : Quelle sagesse pour notre temps ?&nbsp;<\/a><\/p>\n<p>\n\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t<span>Adresse directe du fichier MP3 :&nbsp;<\/span><a href=\"http:\/\/www.canalacademie.com\/emissions\/col670.mp3\">http:\/\/www.canalacademie.com\/emissions\/col670.mp3<\/a><br \/>\n\t\t<span>Adresse de cet article :&nbsp;<\/span><input readonly=\"readonly\" value=\"http:\/\/www.canalacademie.com\/ida7917-Maurice-Ruben-Hayoun-la-sagesse-dans-la-tradition-juive-et-son-apport-pour-aujourd-hui.html\" \/><\/p>\n<p>\n\t\t&nbsp;<\/p>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Maurice-Ruben Hayoun : la sagesse dans la tradition juive et son apport pour aujourd&rsquo;hui &nbsp; &nbsp; L&rsquo;intervention du philosophe au colloque &quot;Quelle sagesse pour notre temps ?&quot; de la Fondation Ostad Elahi Ethique et Solidarit&eacute; humaine<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":16498,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"neve_meta_sidebar":"","neve_meta_container":"","neve_meta_enable_content_width":"","neve_meta_content_width":0,"neve_meta_title_alignment":"","neve_meta_author_avatar":"","neve_post_elements_order":"","neve_meta_disable_header":"","neve_meta_disable_footer":"","neve_meta_disable_title":"","_themeisle_gutenberg_block_has_review":false,"footnotes":""},"categories":[271,10,16,169,1],"tags":[],"class_list":["post-3318","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-emmanuel-levinas","category-france","category-judaisme","category-strasbourg","category-uncategorized"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3318","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=3318"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3318\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/media\/16498"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=3318"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=3318"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=3318"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}