{"id":3414,"date":"2015-09-23T23:16:58","date_gmt":"2015-09-23T23:16:58","guid":{"rendered":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/?p=3414"},"modified":"2015-09-24T16:40:13","modified_gmt":"2015-09-24T16:40:13","slug":"figures-et-concepts-abraham-ou-limperatif-monotheiste","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/figures-et-concepts-abraham-ou-limperatif-monotheiste\/","title":{"rendered":"Figures et concepts : Abraham, ou l\u2019imp\u00e9ratif monoth\u00e9iste"},"content":{"rendered":"<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tFigures et concepts : Abraham, ou l&rsquo;imp&eacute;ratif monoth&eacute;iste<\/p>\n<h2>\n\t&nbsp;<\/h2>\n<p>\n\tSi l&rsquo;on devait s&rsquo;en tenir aux conclusions des scientifiques, c&rsquo;est-&agrave;-dire des arch&eacute;ologues qui ont d&eacute;frich&eacute; les vestiges des civilisations du Moyen-Orient depuis la moiti&eacute; du XIXe si&egrave;cle, on pourrait bien en venir &agrave; l&rsquo;id&eacute;e qu&rsquo;Abraham n&rsquo;a jamais exist&eacute;, que c&rsquo;est donc un personnage fictif, un produit de l&rsquo;imagination religieuse de certains peuples de la r&eacute;gion. Car, disent certains d&rsquo;entre eux, les donn&eacute;es recueillies &agrave; partir des r&eacute;cits transmis ne concordent pas avec ce que les d&eacute;couvertes nous apprennent en termes de chronologie et de g&eacute;ographie des cit&eacute;s qu&rsquo;il aurait visit&eacute;es. Bien s&ucirc;r, le croyant peut s&rsquo;offusquer d&rsquo;une telle hypoth&egrave;se qui est en contradiction avec des textes portant le sceau divin, mais on sait bien que le m&ecirc;me probl&egrave;me se poserait si &eacute;tait &eacute;voqu&eacute;e la figure d&rsquo;Adam. Adam est aussi cit&eacute; dans ces textes comme ayant r&eacute;ellement exist&eacute;, lui le premier homme avant qui il n&rsquo;y a pas eu d&rsquo;autres hommes. Or si le discours scientifique devait s&rsquo;incliner devant une telle affirmation sous pr&eacute;texte que la Bible ou le Coran ont statu&eacute; sur cette question, c&rsquo;en serait fini de pans entiers de la connaissance : l&rsquo;anthropologie de la pr&eacute;histoire, en particulier, serait &agrave; mettre au rebut, ainsi certainement que la pal&eacute;ontologie, la g&eacute;ologie&#8230; A vrai dire, il est de peu d&rsquo;importance de savoir si Abraham a r&eacute;ellement exist&eacute; dans l&rsquo;histoire ou non. Et il n&rsquo;est pas n&eacute;cessaire d&rsquo;avoir &eacute;tabli le fait de son existence pour aborder le personnage avec le sentiment qu&rsquo;on se trouve devant un symbole redoutable. Fictif ou r&eacute;el, Abraham est le p&egrave;re du monoth&eacute;isme. Et le visage qu&rsquo;il nous pr&eacute;sente, bien que tiraill&eacute; par les trois grandes familles religieuses qui se r&eacute;clament de lui, demeure un point focal vers lequel il est n&eacute;cessaire de revenir pour comprendre : comprendre ce que signifie pour l&rsquo;homme l&rsquo;aventure monoth&eacute;iste&#8230; le fait pour lui de tourner le dos au culte des divinit&eacute;s multiples et de se tourner vers l&rsquo;adoration d&rsquo;un Dieu unique, invisible, qui n&rsquo;est nulle part mais qui est aussi partout et qui, pour cette raison, peut aussi se nicher en ce coin le plus cach&eacute; du monde : le c&oelig;ur de l&rsquo;homme.<\/p>\n<p>\t&laquo;De ces pierres-ci Dieu peut susciter des enfants &agrave; Abraham&raquo;<br \/>\n\tC&rsquo;est dans l&rsquo;Evangile de Matthieu, au chapitre 3, qu&rsquo;est mise dans la bouche de Jean Baptiste la parole suivante : &laquo;Ne pr&eacute;tendez pas dire en vous-m&ecirc;mes : Nous avons Abraham pour p&egrave;re! Car je vous d&eacute;clare que de ces pierres-ci Dieu peut susciter des enfants &agrave; Abraham&raquo;. Cette parole pr&eacute;figure ce que dira Paul l&rsquo;&eacute;vang&eacute;liste, lorsqu&rsquo;il &eacute;voquera la sup&eacute;riorit&eacute; de la circoncision spirituelle sur la circoncision charnelle. Pour le christianisme, il s&rsquo;agit toujours d&rsquo;&ecirc;tre des enfants d&rsquo;Abraham, donc d&rsquo;&ecirc;tre circoncis, puisque Abraham a impos&eacute; &agrave; sa descendance ce signe distinctif qui est le signe de l&rsquo;Alliance avec Dieu, mais cette marque migre de la chair vers l&rsquo;esprit, de sorte que les pa&iuml;ens, qui ne sont pas circoncis dans la chair, ont quand m&ecirc;me part &agrave; l&rsquo;alliance, d&egrave;s lors que par l&rsquo;amour de Dieu ils re&ccedil;oivent en leur esprit cette nouvelle &laquo;circoncision&raquo;.<br \/>\n\tIl s&rsquo;agit l&agrave; d&rsquo;une approche &laquo;spiritualiste&raquo;, qui est cependant d&eacute;j&agrave; une lecture du personnage d&rsquo;Abraham et de son legs. Mais c&rsquo;est une lecture qui ne cherche pas &agrave; s&rsquo;engager sur les d&eacute;tails biographiques, sans doute parce que Abraham n&rsquo;a pas pour le christianisme la m&ecirc;me importance fondatrice qu&rsquo;il a pour les deux autres religions monoth&eacute;istes, du moins pas en tant que personnage ancr&eacute; dans le r&eacute;el. En revanche, il existe entre le juda&iuml;sme et l&rsquo;islam une diff&eacute;rence de perspectives qui constitue ind&eacute;niablement un point de rupture entre les deux traditions. Bien entendu, il y a l&rsquo;&eacute;pisode du sacrifice du fils avec son d&eacute;nouement heureux gr&acirc;ce &agrave; l&rsquo;arriv&eacute;e in extremis du b&eacute;lier : s&rsquo;agit-il d&rsquo;Isma&euml;l ou d&rsquo;Isaac? Les Musulmans pr&eacute;tendent qu&rsquo;il s&rsquo;agit d&rsquo;Isma&euml;l, les Juifs que c&rsquo;est Isaac. Par ailleurs, le r&eacute;cit de la Bible, qui suit le personnage &agrave; la trace dans ses diverses p&eacute;r&eacute;grinations, ne fait &agrave; aucun moment mention d&rsquo;un voyage au c&oelig;ur de l&rsquo;Arabie ni de la construction d&rsquo;un &eacute;difice qui sera la Kaaba. La tradition musulmane, de son c&ocirc;t&eacute;, met l&rsquo;accent sur le combat qu&rsquo;a men&eacute; Abraham contre le culte des idoles. Elle mentionne aussi un &eacute;pisode dont on ne trouve pas trace dans la Bible, &agrave; savoir l&rsquo;&eacute;preuve du feu dans lequel ses adversaires le jettent pour le punir de son attitude irr&eacute;v&eacute;rencieuse et hostile &agrave; l&rsquo;&eacute;gard des divinit&eacute;s locales, et dont il sort indemne. En revanche, elle passe rapidement ou pas du tout sur les diff&eacute;rents &eacute;pisodes qui constituent la cristallisation de l&rsquo;Alliance et la promesse selon laquelle Abraham serait le p&egrave;re de nombreuses nations : or que cet aspect est assez central dans le texte de la Bible.<\/p>\n<p>\tUr, terre de civilisation<br \/>\n\tCe qui est frappant, cependant, c&rsquo;est que ce dernier texte, qui pr&eacute;c&egrave;de de loin celui du Coran, et qui se r&eacute;clame d&rsquo;Abraham comme &eacute;tant l&rsquo;anc&ecirc;tre du peuple juif, ne d&eacute;nie pas aux Arabes leur filiation &agrave; travers Isma&euml;l. Et, contre l&rsquo;id&eacute;e qu&rsquo;Isma&euml;l serait consid&eacute;r&eacute; comme un fils de second ordre, la Bible elle-m&ecirc;me mentionne trois &eacute;l&eacute;ments qui sont d&rsquo;importance : le premier, c&rsquo;est la promesse faite par Dieu &agrave; Agar, m&egrave;re d&rsquo;Isma&euml;l, que de son fils na&icirc;tra une multitude, un peuple nombreux. Le second, c&rsquo;est la circoncision d&rsquo;Isma&euml;l, sur ordre d&rsquo;Abraham, or que la circoncision est signe de l&rsquo;Alliance. Le troisi&egrave;me, c&rsquo;est qu&rsquo;Isma&euml;l est pr&eacute;sent lors de l&rsquo;enterrement d&rsquo;Abraham : il est avec Isaac celui qui pr&eacute;side &agrave; l&rsquo;inhumation, et ce d&eacute;tail ne manque pas de poids&#8230; Ces indications sont bien la preuve que, malgr&eacute; les diff&eacute;rences de perspective, il y a reconnaissance de part et d&rsquo;autre d&rsquo;un h&eacute;ritage partag&eacute;. Si l&rsquo;on admet, comme certains, que les &eacute;v&eacute;nements autour de la vie d&rsquo;Abraham se situent pr&egrave;s de 2.000 ans avant l&rsquo;&egrave;re chr&eacute;tienne, et si l&rsquo;on admet aussi que les donn&eacute;es sont exactes qui nous viennent de la Bible, disant qu&rsquo;Abraham a quitt&eacute; la ville d&rsquo;Ur pour se diriger vers les terres du Croissant fertile, alors nous devons savoir que le personnage porte en lui la marque d&rsquo;une civilisation qui &eacute;tait tr&egrave;s remarquable &agrave; cette &eacute;poque et qui, dans le m&ecirc;me temps, avait derri&egrave;re elle, d&eacute;j&agrave;, un long pass&eacute;. La civilisation sum&eacute;rienne, dont la ville d&rsquo;Ur dans le sud de l&rsquo;Irak &eacute;tait en effet un des centres les plus &eacute;minents, avait en effet un pass&eacute; de plus de mille ans lorsqu&rsquo;Abraham a vu le jour, du moins si l&rsquo;on date les d&eacute;buts de cette civilisation &agrave; ce que les historiens appellent la &laquo;p&eacute;riode d&rsquo;Uruk&raquo;. Or on sait par ailleurs ce que la civilisation sum&eacute;rienne repr&eacute;sente dans l&rsquo;histoire de l&rsquo;humanit&eacute;, aussi bien &agrave; travers l&rsquo;invention de l&rsquo;&eacute;criture qu&rsquo;&agrave; travers les d&eacute;veloppements de l&rsquo;agriculture et de l&rsquo;architecture&#8230; C&rsquo;est donc un monde qui, &agrave; l&rsquo;&eacute;poque, est &agrave; la pointe du progr&egrave;s qu&rsquo;Abraham quitte en compagnie de son p&egrave;re. D&rsquo;autant que la ville d&rsquo;Ur est consid&eacute;r&eacute;e comme la capitale de Sumer &agrave; partir du XXIe si&egrave;cle avant J.C. Abraham n&rsquo;a donc rien d&rsquo;un villageois : il a baign&eacute;, il y a plus de quatre mille ans, dans une vraie m&eacute;tropole. Et c&rsquo;est cet univers qu&rsquo;il d&eacute;cide de quitter &agrave; la recherche d&rsquo;autre chose. A vrai dire, c&rsquo;est son p&egrave;re Terah qui fait le premier pas. Mais le p&egrave;re s&rsquo;arr&ecirc;te en chemin et Abraham, en quelque sorte, poursuit la route et, d&egrave;s lors, il se met sous l&rsquo;autorit&eacute; d&rsquo;une divinit&eacute; qui n&rsquo;existe nulle part ailleurs mais dont il entend la voix et en qui il reconna&icirc;t le dieu unique, le dieu de l&rsquo;univers tout entier : Dieu! A partir de cet instant, tous les &eacute;pisodes de l&rsquo;existence d&rsquo;Abraham vont &ecirc;tre autant d&rsquo;occasions de raffermir le lien qui l&rsquo;unit &agrave; cette divinit&eacute; qui n&rsquo;est pas comme les autres : une divinit&eacute; qui se pr&eacute;sente comme n&rsquo;acceptant pas d&rsquo;&ecirc;tre une divinit&eacute; parmi d&rsquo;autres, une divinit&eacute; qui tient lieu de tout le domaine du divin!<\/p>\n<p>\tUne volont&eacute; d&rsquo;insurrection<br \/>\n\tLe passage de l&rsquo;ordre de la multiplicit&eacute; des dieux &agrave; celui de l&rsquo;unicit&eacute; de Dieu, qui n&rsquo;a pas &eacute;t&eacute; th&eacute;matis&eacute;, qui n&rsquo;a pas fait l&rsquo;objet d&rsquo;un choix philosophique d&eacute;lib&eacute;r&eacute; de la part d&rsquo;Abraham, mais qui a tout de m&ecirc;me fait l&rsquo;objet d&rsquo;un choix de vie &agrave; chaque fois renouvel&eacute;, ce passage ne doit pas &ecirc;tre pris &agrave; la l&eacute;g&egrave;re quant &agrave; sa signification. La tradition monoth&eacute;iste, d&rsquo;une fa&ccedil;on g&eacute;n&eacute;rale, a men&eacute; une sorte de campagne de discr&eacute;dit en direction des cultes polyth&eacute;istes : elle les a assimil&eacute;s &agrave; des pratiques serviles o&ugrave; le croyant se &laquo;prostitue&raquo; en adorant telle ou telle divinit&eacute;, avec un mobile plus ou moins cach&eacute; derri&egrave;re la t&ecirc;te qui consiste soit &agrave; &eacute;chapper &agrave; une calamit&eacute;, soit &agrave; b&eacute;n&eacute;ficier d&rsquo;une faveur. Le paradoxe, du reste, est que le culte monoth&eacute;iste n&rsquo;a pas enti&egrave;rement supprim&eacute; ce type d&rsquo;attitude chez les croyants, mais les a simplement adapt&eacute;s au contexte nouveau : il y a eu ainsi une sorte d&rsquo;idol&acirc;trie monoth&eacute;iste, qui est aux antipodes des &eacute;lans qui pr&eacute;sident &agrave; la d&eacute;couverte du Dieu unique&#8230; Laquelle d&eacute;couverte est sans doute essentiellement li&eacute;e &agrave; une volont&eacute; d&rsquo;insurrection de l&rsquo;homme contre l&rsquo;occupation du monde par les dieux, &agrave; travers l&rsquo;alliance active avec un Dieu unique qui incite et engage l&rsquo;homme &agrave; se faire &laquo;ma&icirc;tre et possesseur de la nature&raquo;, selon une formule biblique qui sera reprise par Descartes &agrave; l&rsquo;aube de l&rsquo;&eacute;poque moderne. Certes, cette alliance ne consiste pas &agrave; pousser l&rsquo;homme vers l&rsquo;aventure prom&eacute;th&eacute;enne de domination de la nature &agrave; laquelle nous assistons aujourd&rsquo;hui et depuis la r&eacute;volution copernicienne, mais elle est bien une invitation pour l&rsquo;homme &agrave; se comporter en lieutenant de Dieu sur Terre, et donc &agrave; prendre soin du monde comme s&rsquo;il &eacute;tait le sien propre.<br \/>\n\tQuoi qu&rsquo;il en soit de cette vocation de l&rsquo;exp&eacute;rience monoth&eacute;iste, il convient de prendre ses distances avec le discours &mdash;violent&mdash; qu&rsquo;elle a produit pour se d&eacute;marquer ou s&rsquo;&eacute;manciper de l&rsquo;ordre polyth&eacute;iste. C&rsquo;est la condition, en tout cas, pour prendre la juste mesure de la signification propre &agrave; la &laquo;r&eacute;volution&raquo; monoth&eacute;iste. Il est n&eacute;cessaire de reconsid&eacute;rer le polyth&eacute;isme loin de toute logique r&eacute;ductrice ou d&eacute;valorisante, afin de mieux comprendre pourquoi, malgr&eacute; ce que cette pratique religieuse, qui a pr&eacute;valu depuis la nuit des temps, pouvait offrir &agrave; l&rsquo;homme et &agrave; ses attentes spirituelles, un homme comme Abraham, et &agrave; sa suite tous ceux qui se r&eacute;clameront de lui et de sa &laquo;circoncision&raquo;, &eacute;prouveront le besoin de &laquo;partir&raquo; et de se mettre &agrave; la recherche d&rsquo;autre chose.<\/p>\n<p>\tDe l&rsquo;initiation au divin &agrave; l&rsquo;&acirc;me saisie<br \/>\n\tCar il n&rsquo;est pas vrai que les divinit&eacute;s des cultes polyth&eacute;istes ne sont que des idoles qui corrompent l&rsquo;&acirc;me, du moins dans les &acirc;ges recul&eacute;s o&ugrave; la &laquo;r&eacute;v&eacute;lation&raquo; du Dieu unique ne s&rsquo;&eacute;tait pas annonc&eacute;e dans le c&oelig;ur des hommes. Au contraire, ces divinit&eacute;s ont accompagn&eacute; l&rsquo;&eacute;veil spirituel de l&rsquo;homme et l&rsquo;ont initi&eacute; aux limites de ce qui se fait et de ce qui ne se fait pas afin de pr&eacute;server le sens d&rsquo;un monde habitable qui ne soit pas livr&eacute; au d&eacute;sordre. Plus que cela, de telles divinit&eacute;s ont permis &agrave; l&rsquo;homme d&rsquo;atteindre &agrave; l&rsquo;intelligence des myst&egrave;res de l&rsquo;invisible et d&rsquo;y ouvrir leur existence individuelle et collective &agrave; travers des paroles et des gestes. Bref, le polyth&eacute;isme fut pour notre cong&eacute;n&egrave;re des premiers &acirc;ges, et m&ecirc;me bien plus tard, une &eacute;cole religieuse qui lui a appris le sens de la d&eacute;f&eacute;rence et de la pi&eacute;t&eacute;, qui l&rsquo;a pr&eacute;dispos&eacute; &agrave; se projeter dans la r&eacute;alit&eacute; d&rsquo;un monde qui n&rsquo;est pas celui de ses besoins imm&eacute;diats, d&rsquo;un monde qui cr&eacute;e l&rsquo;espace d&rsquo;un dialogue de l&rsquo;homme avec ce qui est cach&eacute;, et qui le met, pour ainsi dire, en app&eacute;tit ou en sympathie de divinit&eacute;.<br \/>\n\tMais cette phase d&rsquo;initiation devient intempestive et n&eacute;faste d&egrave;s lors qu&rsquo;elle veut perp&eacute;tuer son ordre alors m&ecirc;me que ce &agrave; quoi elle d&eacute;bouche s&rsquo;est enfin r&eacute;v&eacute;l&eacute;, &agrave; savoir l&rsquo;unit&eacute; du divin qui se saisit de l&rsquo;&acirc;me humaine et qui am&egrave;ne l&rsquo;homme &agrave; s&rsquo;&eacute;riger ou &agrave; s&rsquo;affirmer lui-m&ecirc;me, non plus comme l&rsquo;adorateur d&rsquo;un &ecirc;tre tut&eacute;laire, mais comme un ami de Dieu, voulant agir dans son existence comme si le soin de la Terre lui &eacute;tait confi&eacute;. Et c&rsquo;est parce que l&rsquo;homme se projette dans cette proximit&eacute; avec Dieu que le feu n&rsquo;a plus sur lui cet effet destructeur, comme le souligne le Coran, et c&rsquo;est parce qu&rsquo;il s&rsquo;est fait d&eacute;positaire du destin de la Terre enti&egrave;re qu&rsquo;il devient le p&egrave;re de toutes les nations, sans exception, comme le souligne la Bible.<br \/>\n\tMais les Arabes, m&ecirc;me au c&oelig;ur de leurs &eacute;poques polyth&eacute;istes, ont su garder l&rsquo;intuition de cette paternit&eacute;, &agrave; charge pour eux de saisir ensuite que le sens de cette paternit&eacute; est cependant universel, par-del&agrave; le fil des g&eacute;n&eacute;rations et la logique du sang.<\/p>\n<p>\tRaouf SEDDIK&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&nbsp; Figures et concepts : Abraham, ou l&rsquo;imp&eacute;ratif monoth&eacute;iste &nbsp; Si l&rsquo;on devait s&rsquo;en tenir aux conclusions des scientifiques, c&rsquo;est-&agrave;-dire des arch&eacute;ologues qui ont d&eacute;frich&eacute; les vestiges des civilisations du Moyen-Orient depuis la moiti&eacute; du XIXe si&egrave;cle, on pourrait bien en venir &agrave; l&rsquo;id&eacute;e qu&rsquo;Abraham n&rsquo;a jamais exist&eacute;, que c&rsquo;est donc un personnage fictif, un&hellip;&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":16541,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"neve_meta_sidebar":"","neve_meta_container":"","neve_meta_enable_content_width":"","neve_meta_content_width":0,"neve_meta_title_alignment":"","neve_meta_author_avatar":"","neve_post_elements_order":"","neve_meta_disable_header":"","neve_meta_disable_footer":"","neve_meta_disable_title":"","_themeisle_gutenberg_block_has_review":false,"footnotes":""},"categories":[192,11,15,1],"tags":[],"class_list":["post-3414","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-avant","category-moyen-orient","category-religion","category-uncategorized"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3414","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=3414"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3414\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/media\/16541"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=3414"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=3414"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=3414"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}