{"id":3448,"date":"2011-12-20T00:32:53","date_gmt":"2011-12-20T00:32:53","guid":{"rendered":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/?p=3448"},"modified":"2011-12-20T00:32:53","modified_gmt":"2011-12-20T00:32:53","slug":"tunisie-les-autorites-devraient-demanteler-les-lois-repressives-heritees-de-lere-ben-ali","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/tunisie-les-autorites-devraient-demanteler-les-lois-repressives-heritees-de-lere-ben-ali\/","title":{"rendered":"Tunisie : Les autorit\u00e9s devraient d\u00e9manteler les lois r\u00e9pressives h\u00e9rit\u00e9es de l&rsquo;\u00e8re Ben Ali"},"content":{"rendered":"<p>\n\t&laquo; Le dictateur a beau &ecirc;tre parti, l&#39;exp&eacute;rience montre que tant que ces lois r&eacute;pressives subsistent dans les textes, la tentation est l&agrave;, pour ses successeurs, de les appliquer quand cela les arrange sur le plan politique &raquo;<\/p>\n<p>\tSarah Leah Whitson, directrice de la division Moyen-Orient et Afrique du Nord &agrave; Human Rights Watch<br \/>\n\t(Tunis) &#8211; Il est urgent que l&#39;Assembl&eacute;e constituante tunisienne r&eacute;vise les lois afin de garantir la libert&eacute; d&#39;expression et l&#39;ind&eacute;pendance de la justice, a d&eacute;clar&eacute; Human Rights Watch dans un rapport rendu public aujourd&#39;hui. R&eacute;former la l&eacute;gislation dans ces deux domaines est crucial pour prot&eacute;ger les droits humains de tous les Tunisiens, a d&eacute;clar&eacute; Human Rights Watch.<\/p>\n<p>\tSelon ce rapport de 49 pages, intitul&eacute; Tunisia&#39;s Repressive Laws: The Reform Agenda&nbsp; (&laquo; Les lois r&eacute;pressives en Tunisie : Agenda de r&eacute;formes &raquo;), la libert&eacute; d&#39;expression et l&#39;ind&eacute;pendance des tribunaux sont deux axes prioritaires de r&eacute;forme juridique, parmi les dix identifi&eacute;s . Les autres sont la libert&eacute; de d&eacute;placement, d&#39;association et de rassemblement, la libert&eacute; de fonder des partis politiques, le droit des citoyens &agrave; se pr&eacute;senter &agrave; des fonctions officielles et &agrave; choisir des candidats, la protection des droits dans le cadre de la lutte contre le terrorisme, la libert&eacute; sur Internet, et l&#39;immunit&eacute; du pr&eacute;sident de la R&eacute;publique &#8211; autant de domaines o&ugrave; des l&eacute;gislations s&eacute;v&egrave;res, h&eacute;rit&eacute;es de la pr&eacute;sidence de Zine El Abidine Ben Ali, sont toujours en vigueur.<\/p>\n<p>\t&laquo; Le dictateur a beau &ecirc;tre parti, l&#39;exp&eacute;rience montre que tant que ces lois r&eacute;pressives subsistent dans les textes, la tentation est l&agrave;, pour ses successeurs, de les appliquer quand cela les arrange sur le plan politique &raquo;, a d&eacute;clar&eacute; Sarah Leah Whitson , directrice de la division Moyen-Orient et Afrique du Nord &agrave; Human Rights Watch.<\/p>\n<p>\tLa priorit&eacute;, pour l&#39;Assembl&eacute;e nationale constituante (ANC) &eacute;lue le 23 octobre 2011, est d&#39;&eacute;baucher une nouvelle constitution et de pr&eacute;parer des &eacute;lections l&eacute;gislatives. Mais elle doit aussi r&eacute;former certaines des lois les plus extr&ecirc;mes pour prot&eacute;ger les droits des Tunisiens, a d&eacute;clar&eacute; Human Rights Watch aujourd&#39;hui.<\/p>\n<p>\tLe gouvernement provisoire post-Ben Ali a utilis&eacute; ces lois pour emprisonner Samir Feriani, un officier de police haut grad&eacute;, et Nabil Hajlaoui, un agronome , pour leurs &eacute;crits critiques. Le directeur de la cha&icirc;ne t&eacute;l&eacute;vis&eacute;e Nessma, Nabil Karoui, est poursuivi&nbsp; pour &laquo; diffamation d&#39;une religion &raquo;. Feriani a pass&eacute; quatre mois en d&eacute;tention provisoire et est toujours sous le coup de poursuites judiciaires pour diffusion d&#39;informations &laquo; de nature &agrave; nuire &agrave; l&#39;ordre public &raquo;, suite &agrave; la lettre qu&#39;il avait adress&eacute;e au ministre de l&#39;Int&eacute;rieur, accusant des officiers de haut rang du minist&egrave;re d&#39;&ecirc;tre responsable de meurtres de manifestants pendant la r&eacute;volution tunisienne. Hajlaoui a pass&eacute; un mois en prison apr&egrave;s que le tribunal militaire de Sfax l&#39;a prononc&eacute; coupable de &laquo;d&eacute;nigrement public &raquo; de l&#39;arm&eacute;e, en vertu du code de justice militaire, &agrave; cause d&#39;un article qu&#39;il avait publi&eacute; sur Internet, critiquant la fa&ccedil;on dont les forces arm&eacute;es tunisiennes avaient fait face aux troubles post-&eacute;lectoraux &agrave; Sidi Bouzid.<\/p>\n<p>\tHuman Rights Watch a recommand&eacute; des mesures sp&eacute;cifiques pour rendre les lois tunisiennes conformes aux normes internationales sur les droits humains. Pour am&eacute;liorer l&#39;ind&eacute;pendance de la justice, l&#39;assembl&eacute;e constituante devrait amender la loi actuelle r&eacute;gissant la profession de juge afin d&#39;&eacute;liminer la majorit&eacute; structurelle de l&#39;ex&eacute;cutif sur le vote des d&eacute;cisions de promotion, de transfert ou de punition disciplinaire concernant les juges. L&#39;assembl&eacute;e a fait un pas positif dans cette direction le 10 d&eacute;cembre, en incluant dans le projet de loi sur l&#39;organisation provisoire des pouvoirs publics, un article soutenant la n&eacute;cessit&eacute; de r&eacute;former la justice selon les crit&egrave;res internationaux.<\/p>\n<p>\tPour prot&eacute;ger la libert&eacute; de presse et la libert&eacute; d&#39;expression en g&eacute;n&eacute;ral, l&#39;assembl&eacute;e devrait &eacute;liminer toutes les dispositions du code p&eacute;nal et du code de la presse qui pr&eacute;voient des peines de prison pour les actes d&#39;expression non violents, tels que la distribution de tracts &laquo; pouvant nuire &agrave; l&#39;ordre public ou aux bonnes mours &raquo;, a d&eacute;clar&eacute; Human Rights Watch.<\/p>\n<p>\tPendant la p&eacute;riode de transition, le gouvernement provisoire a promulgu&eacute; une nouvelle loi sur la presse, publi&eacute;e au Journal officiel le 24 octobre, qui est bien plus lib&eacute;rale que le texte ant&eacute;rieur. Il n&#39;en reste pas moins que les nombreuses dispositions r&eacute;pressives du code p&eacute;nal sur les d&eacute;lits d&#39;expression doivent &ecirc;tre r&eacute;vis&eacute;es.<\/p>\n<p>\tEn r&eacute;formant le code de la presse, le gouvernement provisoire a &eacute;limin&eacute; nombre de textes de loi sur la diffamation, dont ceux pr&eacute;voyant des peines de prison pour diffamation des institutions publiques et pour &laquo; insulte au pr&eacute;sident &raquo;. Cependant, le nouveau code de la presse maintient la diffamation en tant que d&eacute;lit, et bien qu&#39;il &eacute;limine les peines de prison, il conserve des amendes punissant ce d&eacute;lit et allant jusqu&#39;&agrave; 10 000 dinars (7 000 dollars US). L&#39;assembl&eacute;e devrait transf&eacute;rer tous les textes de loi du code p&eacute;nal au code civil, et &eacute;liminer du droit tunisien le concept de diffamation d&#39;une religion, a d&eacute;clar&eacute; Human Rights Watch.<\/p>\n<p>\tPendant les 10 mois s&eacute;parant la chute de Ben Ali et l&#39;inauguration de l&#39;assembl&eacute;e en novembre, les autorit&eacute;s provisoires de Tunisie ont promulgu&eacute; un certain nombre de lois favorables aux droits humains, y compris des textes favorisant la libert&eacute; d&#39;association et le droit &agrave; former des partis politiques.<\/p>\n<p>\tLa loi sur les associations que le gouvernement provisoire a promulgu&eacute;e par d&eacute;cret le 24 septembre all&egrave;ge les conditions requises pour fonder une association et &eacute;limine toutes les punitions p&eacute;nales pour des activit&eacute;s li&eacute;es &agrave; la mise en place et &agrave; la gestion des associations. Le gouvernement de Ben Ali se servait des articles de l&#39;ancienne loi pour refuser l&#39;autorisation &agrave; beaucoup d&#39;associations ind&eacute;pendantes et pour mettre en prison des milliers de militants de partis d&#39;opposition, pour &laquo; appartenance &raquo; ou &laquo; services rendus &raquo; &agrave; des associations &laquo; non reconnues &raquo;.<\/p>\n<p>\tLa loi sur les partis politiques, &eacute;galement promulgu&eacute;e par d&eacute;cret le 24 septembre, &eacute;limine un article qui &eacute;tablissait qu&#39;un parti politique ne pouvait baser ses principes, activit&eacute;s ou programmes sur une religion, une &laquo; race &raquo;, un genre ou une r&eacute;gion. Cette disposition a &eacute;t&eacute; utilis&eacute;e pour restreindre la base sur laquelle les Tunisiens pouvaient fonder des partis.<\/p>\n<p>\tPourtant, les autorit&eacute;s provisoires ont conserv&eacute; intactes beaucoup de textes troublants, comme ceux qui donnent toute latitude aux autorit&eacute;s pour interdire les rassemblements publics et restreindre le droits des individus &agrave; voyager, a d&eacute;clar&eacute; Human Rights Watch. De m&ecirc;me, elles n&#39;ont fait aucune r&eacute;vision de la loi antiterroriste de 2003, utilis&eacute;e sous Ben Ali pour pers&eacute;cuter plus de 1000 Tunisiens, gr&acirc;ce &agrave; la d&eacute;finition beaucoup trop large du &laquo; terrorisme &raquo; dans ce texte et &agrave; des proc&eacute;dures judiciaires compromettant le droit des accus&eacute;s &agrave; pr&eacute;senter une d&eacute;fense suffisante.<\/p>\n<p>\tEn outre, pendant ses 10 mois au pouvoir, le gouvernement provisoire a adopt&eacute; des lois d&eacute;favorables aux droits humains, que l&#39;assembl&eacute;e devrait rejeter. Le 22 octobre, &agrave; la veille des &eacute;lections, le gouvernement provisoire a promulgu&eacute; un amendement des dispositions p&eacute;nales sur la torture, qui contient &agrave; la fois des avanc&eacute;es et des reculs. Il renforce les peines pour le crime de torture et &eacute;largit l&#39;&eacute;tendue de la responsabilit&eacute; personnelle pour que le crime inclue ceux qui ont ordonn&eacute; les actes de torture, y ont incit&eacute; ou ont ferm&eacute; les yeux sur eux. Mais la loi introduit aussi un d&eacute;lai de prescription de 15 ans pour le crime de torture, contrairement &agrave; l&#39;usage du droit international, qui veut que les plus graves violations des droits humains ne soient soumises &agrave; aucun d&eacute;lai de prescription.<\/p>\n<p>\t&laquo; L&#39;assembl&eacute;e constituante tunisienne, d&eacute;mocratiquement &eacute;lue, devrait s&#39;atteler &agrave; la t&acirc;che de d&eacute;manteler les lois r&eacute;pressives utilis&eacute;es pour &eacute;touffer la dissidence et saper le pouvoir judiciaire &raquo;, a conclu Sarah Leah Whitson.<br \/>\n\t&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&laquo; Le dictateur a beau &ecirc;tre parti, l&#39;exp&eacute;rience montre que tant que ces lois r&eacute;pressives subsistent dans les textes, la tentation est l&agrave;, pour ses successeurs, de les appliquer quand cela les arrange sur le plan politique &raquo; Sarah Leah Whitson, directrice de la division Moyen-Orient et Afrique du Nord &agrave; Human Rights Watch (Tunis)&hellip;&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":16555,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"neve_meta_sidebar":"","neve_meta_container":"","neve_meta_enable_content_width":"","neve_meta_content_width":0,"neve_meta_title_alignment":"","neve_meta_author_avatar":"","neve_post_elements_order":"","neve_meta_disable_header":"","neve_meta_disable_footer":"","neve_meta_disable_title":"","_themeisle_gutenberg_block_has_review":false,"footnotes":""},"categories":[90,39,24,11,13,9,1],"tags":[],"class_list":["post-3448","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-abidine-ben-ali","category-afrique-du-nord","category-ben-ali","category-moyen-orient","category-tunis","category-tunisie","category-uncategorized"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3448","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=3448"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3448\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/media\/16555"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=3448"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=3448"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=3448"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}