{"id":3554,"date":"2012-01-05T00:48:13","date_gmt":"2012-01-05T00:48:13","guid":{"rendered":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/?p=3554"},"modified":"2012-01-05T00:48:13","modified_gmt":"2012-01-05T00:48:13","slug":"tunisie-le-pain-avant-lislam-et-la-democratie","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/tunisie-le-pain-avant-lislam-et-la-democratie\/","title":{"rendered":"Tunisie: le pain avant l&rsquo;islam et la d\u00e9mocratie"},"content":{"rendered":"<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tTunisie: le pain avant l&#39;islam et la d&eacute;mocratie<\/p>\n<p>\n\tUne nouvelle &eacute;tude sonde l&#39;opinion des Tunisiens sur la transition d&eacute;mocratique de leur pays.<\/p>\n<div id=\"article_content\">\n<div id=\"article_infos\">\n<div class=\"infos_box\">\n\t\t\t&nbsp;<\/div>\n<\/p><\/div>\n<div id=\"afriquecontent\">\n<p>\n\t\t\tLe 23 octobre, les Tunisiens se sont rendus aux urnes pour participer aux premi&egrave;res &eacute;lections depuis le printemps arabe. De l&rsquo;avis g&eacute;n&eacute;ral, ces &eacute;lections ont &eacute;t&eacute; libres et justes, ce qui est une victoire pleine de sens dans une r&eacute;gion longtemps soumise &agrave; la dictature. Avec une participation d&rsquo;un peu plus de 50%, la majorit&eacute; des Tunisiens&mdash;environ 40%&mdash;ont gliss&eacute; dans l&rsquo;urne un bulletin pour Ennadha, le parti de la renaissance, repr&eacute;sentant des islamistes mod&eacute;r&eacute;s. Malgr&eacute; la victoire tr&egrave;s nette de ce parti sur ceux qui le talonnaient, un certain nombre de formations &agrave; l&rsquo;esprit plus la&iuml;que ont remport&eacute; un pourcentage &eacute;quivalent des suffrages, ce qui signifie qu&rsquo;il ne s&rsquo;agit pas l&agrave; d&rsquo;une victoire absolue pour le camp islamiste. Au vu de la r&eacute;pression subie par les partis politiques et de la p&eacute;riode relativement courte entre la r&eacute;volution et les &eacute;lections, ce r&eacute;sultat ne refl&egrave;te pas vraiment clairement les pr&eacute;f&eacute;rences des citoyens ordinaires.<\/p>\n<h3>\n\t\t\tL&#39;opinion tunisienne tr&egrave;s divis&eacute;e<\/h3>\n<p>\n\t\t\tPeu de temps avant les &eacute;lections, entre le 30 septembre et le 11 octobre, le deuxi&egrave;me volet d&rsquo;un sondage d&rsquo;opinion conduit dans onze pays, le Barom&egrave;tre arabe a &eacute;t&eacute; organis&eacute; en Tunisie. Les conclusions de cette enqu&ecirc;te ont r&eacute;v&eacute;l&eacute; que la victoire d&rsquo;Ennahda ne traduisait pas une franche aspiration &agrave; un syst&egrave;me politique plus religieux. L&rsquo;enqu&ecirc;te donne &eacute;galement un aper&ccedil;u des pr&eacute;occupations politiques des citoyens ordinaires dans un sens plus large, de leur opinion de la r&eacute;volution et de la transition politique actuelle en Tunisie, ainsi que de leur pr&eacute;f&eacute;rence quant au type de syst&egrave;me politique qui leur semblerait convenir pour diriger leur pays.<\/p>\n<p>\n\t\t\tSi l&rsquo;on s&rsquo;en tient au r&eacute;sultat des &eacute;lections, il semble y avoir une division plus ou moins &eacute;gale entre partisans et opposants de l&rsquo;islam politique. Certaines donn&eacute;es fournies par le barom&egrave;tre arabe le confirment. Interrog&eacute;s sur les bases n&eacute;cessaires pour &eacute;tablir les r&egrave;gles de la loi, 65% des sond&eacute;s indiquent &ecirc;tre d&rsquo;accord avec la d&eacute;claration selon laquelle le gouvernement ne devrait faire appliquer que les lois de la charia, tandis que 84% estiment que le gouvernement devrait prendre en compte le d&eacute;sir du peuple. Un pourcentage encore plus &eacute;lev&eacute;&mdash;86%&mdash;trouve que le gouvernement devrait faire appliquer la charia dans certains domaines et r&eacute;diger des lois en accord avec la volont&eacute; du peuple dans d&rsquo;autres. Ce qui indique que les Tunisiens pensent que l&rsquo;islam devrait influencer certains &eacute;l&eacute;ments de la vie politique. On peut donc en d&eacute;duire que les Tunisiens privil&eacute;gient des lois tirant &agrave; la fois leurs racines dans la volont&eacute; du peuple et en accord avec la loi religieuse.<\/p>\n<h3>\n\t\t\tL&#39;islam, une affaire personnelle?<\/h3>\n<p>\n\t\t\tD&rsquo;autres indicateurs laissent penser que les Tunisiens ne d&eacute;sirent pas tant que cela voir l&rsquo;islam jouer un r&ocirc;le significatif dans la vie politique. Bien que des divisions existent &agrave; l&rsquo;int&eacute;rieur du parti, Rached Ghannouchi, &agrave; la t&ecirc;te d&rsquo;Ennahda depuis longtemps, ne cesse d&rsquo;affirmer que lui et son parti repr&eacute;sentent une tendance progressiste du r&eacute;formisme islamique plut&ocirc;t qu&rsquo;un mouvement cherchant &agrave; instituer un &Eacute;tat islamique. Cette vision du r&ocirc;le de l&rsquo;islam en politique&mdash;informatif mais pas moteur&mdash;semble correspondre aux d&eacute;sirs d&rsquo;une majorit&eacute; de sond&eacute;s. Lorsqu&rsquo;on leur demande sp&eacute;cifiquement le r&ocirc;le que l&rsquo;islam devrait jouer dans la vie publique, une confortable majorit&eacute; r&eacute;pond qu&rsquo;il devrait &ecirc;tre r&eacute;duit au minimum. Par exemple, 78,4% d&rsquo;entre eux ont r&eacute;pondu que les membres du clerg&eacute; ne devraient pas influencer le choix des &eacute;lecteurs, seuls 30,6% estiment qu&rsquo;il vaudrait mieux pour la Tunisie que des responsables plus religieux occupent des fonctions publiques, et seulement 25,4% que des membres du clerg&eacute; devraient influencer les d&eacute;cisions du gouvernement. En outre, pour 78,5% des personnes interrog&eacute;es, la religion est une affaire personnelle qui doit rester s&eacute;par&eacute;e de la vie sociale et politique. Ainsi, si de nombreux Tunisiens estiment que les lois ne devraient pas aller &agrave; l&rsquo;encontre de la charia, la plupart ne d&eacute;sirent pas que la religion ou les religieux jouent un r&ocirc;le actif dans la vie publique.<\/p>\n<h3>\n\t\t\tPourquoi les Tunisiens ont-ils vot&eacute; pour Ennahda?<\/h3>\n<p>\n\t\t\tQuoiqu&rsquo;il en soit, Ennahda en tant qu&rsquo;organisation est per&ccedil;u de fa&ccedil;on plus favorable que l&rsquo;on pourrait s&rsquo;y attendre &agrave; la lumi&egrave;re de son identification d&eacute;lib&eacute;r&eacute;e avec l&rsquo;islam et le mouvement islamiste. Environ la moiti&eacute; des sond&eacute;s (49,4%) d&eacute;clarent faire confiance &agrave; ce parti. Ce niveau de confiance d&eacute;passe celui accord&eacute; &agrave; de nombreuses organisations, y compris &agrave; l&rsquo;Union g&eacute;n&eacute;rale tunisienne du travail (37,8%), aux organisations de la soci&eacute;t&eacute; civile (43,8%) et aux partis politiques en g&eacute;n&eacute;ral (28,2%). Ce niveau de confiance est consid&eacute;rablement plus &eacute;lev&eacute; pour d&rsquo;autres acteurs politiques cependant, notamment pour le gouvernement de transition (66,3%), les tribunaux (55,9%), la police (61,2%) et les forces arm&eacute;es (92,6%).<\/p>\n<p>\n\t\t\tMalgr&eacute; ce haut niveau de confiance accord&eacute; &agrave; Ennahda, le soutien affich&eacute; au parti est consid&eacute;rablement plus bas. Quand on a demand&eacute; aux personnes sond&eacute;es quel parti repr&eacute;sentait le mieux leurs aspirations politiques, sociales et &eacute;conomiques, seules 11,9% ont cit&eacute; Ennahda. Pourtant, lorsqu&rsquo;on leur a demand&eacute; pour quel parti ils voteraient lors des &eacute;lections, 19,9% ont r&eacute;pondu Ennahda, ce qui implique sans doute que les facteurs locaux et la s&eacute;lection des candidats &eacute;taient des &eacute;l&eacute;ments cl&eacute;s du succ&egrave;s &eacute;lectoral d&rsquo;Ennahda. D&rsquo;autres facteurs contribuent &eacute;galement &agrave; expliquer pourquoi la part des suffrages remport&eacute;e par Ennahda est bien sup&eacute;rieure &agrave; la proportion de personnes sond&eacute;es favorisant le programme islamiste du parti. Notamment les d&eacute;marches d&rsquo;Ennahda qui a efficacement encourag&eacute; ses &eacute;lecteurs &agrave; se rendre aux urnes, effort bien sup&eacute;rieur &agrave; celui d&rsquo;aucun autre parti. Il faut aussi compter avec la l&eacute;gitimit&eacute; acquise apr&egrave;s des ann&eacute;es d&rsquo;opposition au r&eacute;gime de Ben Ali. En outre, l&rsquo;un des observateurs internationaux s&rsquo;est entendu confier que de nombreux Tunisiens ont choisi de voter pour Ennahda parce que le parti conna&icirc;t les personnes impliqu&eacute;es dans la r&eacute;pression syst&eacute;matique, et, par cons&eacute;quent, qu&rsquo;il est le mieux plac&eacute; pour s&rsquo;assurer que d&rsquo;importants membres de l&rsquo;ancien r&eacute;gime ne se r&eacute;introduisent pas dans l&rsquo;ar&egrave;ne politique.<\/p>\n<p>\n\t\t\tInterrog&eacute;s sur la r&eacute;volution les jours qui ont pr&eacute;c&eacute;d&eacute; les &eacute;lections, la moiti&eacute; des sond&eacute;s ont affirm&eacute; qu&rsquo;elle leur avait &eacute;t&eacute; b&eacute;n&eacute;fique tandis que pour 40% d&rsquo;autres personnes, la situation &eacute;tait rest&eacute;e plus ou moins la m&ecirc;me. Seuls 10% estimaient que ces changements politiques avaient aggrav&eacute; leur situation.<\/p>\n<h3>\n\t\t\tDes revendications &eacute;conomiques<\/h3>\n<p>\n\t\t\tLes citoyens restent dans leur majorit&eacute; assez optimistes sur les changements &agrave; long terme rendus possible par la r&eacute;volution. Une grande majorit&eacute; pense qu&rsquo;un syst&egrave;me d&eacute;mocratique va na&icirc;tre (93,5%), ainsi que de meilleures opportunit&eacute;s &eacute;conomiques (94,9%), une am&eacute;lioration du respect des droits humains (93,9%), un &eacute;tat de droit (92,4%) et une plus grande justice sociale (92,5%).<\/p>\n<p>\n\t\t\tSi les Tunisiens aspirent &agrave; des changements radicaux par rapport &agrave; l&rsquo;ancien syst&egrave;me, la plupart attribuent les causes profondes de la r&eacute;volution &agrave; des griefs &eacute;conomiques. Selon 63% des sond&eacute;s, la principale cause des soul&egrave;vements &eacute;tait le m&eacute;contentement &eacute;conomique tandis que pour 17,9%, il constituait le 2<sup>e<\/sup> facteur en termes d&rsquo;importance. La raison la plus commun&eacute;ment avanc&eacute;e ensuite est la corruption du syst&egrave;me, avec 16,7% des sond&eacute;s estimant que c&rsquo;&eacute;tait la raison la plus importante, et 45,4% pour qui cela repr&eacute;sentait le 2<sup>e<\/sup> facteur principal. En comparaison, seuls 13,9% des sond&eacute;s estiment que l&rsquo;aspiration &agrave; la libert&eacute; politique &eacute;tait la raison majeure derri&egrave;re les soul&egrave;vements. De toutes petites minorit&eacute;s ont cit&eacute; d&rsquo;autres facteurs, comme l&rsquo;instauration d&rsquo;un &Eacute;tat islamique ou la volont&eacute; de mettre un terme aux politiques pro-occidentales de la Tunisie.<\/p>\n<p>\n\t\t\t&Eacute;tant donn&eacute; la nature des griefs qui ont motiv&eacute; la r&eacute;volution, rien d&rsquo;&eacute;tonnant que les pr&eacute;occupations &eacute;conomiques dominent encore l&rsquo;ar&egrave;ne politique. Presque 70% des sond&eacute;s ont d&eacute;clar&eacute; que les inqui&eacute;tudes &eacute;conomiques telles que l&rsquo;inflation et le ch&ocirc;mage &eacute;taient les d&eacute;fis les plus importants auxquels &eacute;taient confront&eacute;s les Tunisiens. Viennent ensuite les probl&egrave;mes de la corruption (12,9%) et de la s&eacute;curit&eacute; int&eacute;rieure (7,5%).<\/p>\n<p>\n\t\t\tEn comparaison, 1,9% seulement des personnes sond&eacute;es ont cit&eacute; la consolidation de la d&eacute;mocratie et 1,4% estimaient que la tenue d&rsquo;&eacute;lections libres et justes &eacute;tait le plus grand d&eacute;fi &agrave; relever par leur pays. Toutefois, ces chiffres ne veulent pas dire que les Tunisiens ne sont pas pour la d&eacute;mocratie. D&rsquo;ailleurs 90% des sond&eacute;s sont d&rsquo;accord pour dire que si la d&eacute;mocratie peut pr&eacute;senter des probl&egrave;mes, elle reste le meilleur mode de gouvernement. De m&ecirc;me, pour 98,3% un syst&egrave;me d&eacute;mocratique repr&eacute;sente un bon ou un tr&egrave;s bon moyen de diriger la Tunisie.<\/p>\n<h3>\n\t\t\tLa d&eacute;mocratie reste &agrave; construire<\/h3>\n<p>\n\t\t\tEn outre, ce manque d&rsquo;int&eacute;r&ecirc;t dans les d&eacute;fis politiques ne semble pas s&rsquo;expliquer par la conviction que la transition d&eacute;mocratique ait d&eacute;j&agrave; &eacute;t&eacute; consolid&eacute;e. Au contraire, seuls 28,1% des sond&eacute;s estiment que la Tunisie est plus proche de la totale d&eacute;mocratie que de la compl&egrave;te dictature.<\/p>\n<p>\n\t\t\tQuoi qu&rsquo;il en soit, il est clair que les Tunisiens estiment que certains objectifs associ&eacute;s &agrave; une d&eacute;mocratie lib&eacute;rale ont &eacute;t&eacute; atteints. Une grande majorit&eacute; (90,2%) juge que l&rsquo;on peut critiquer le gouvernement sans peur. Pourtant, lorsqu&rsquo;on leur demande d&rsquo;&eacute;valuer le niveau de d&eacute;mocratie et de respect des droits humains dans le pays, seuls 26,7% le trouvent bon ou tr&egrave;s bon contre 18,6% qui le trouvent mauvais ou tr&egrave;s mauvais. La r&eacute;ponse la plus courante est de loin qu&rsquo;il n&rsquo;est ni bon ni mauvais (45,6%), ce qui ne fait que conforter l&rsquo;id&eacute;e qu&rsquo;&agrave; leurs yeux, il reste beaucoup &agrave; faire dans le domaine politique.<\/p>\n<p>\n\t\t\tUne explication possible de cette &eacute;valuation plut&ocirc;t basse du niveau de d&eacute;mocratie et de ce manque d&rsquo;int&eacute;r&ecirc;t pour les impacts de la politique est la mani&egrave;re dont les Tunisiens comprennent la d&eacute;mocratie. Plut&ocirc;t que de la penser en termes d&rsquo;abord politiques, comme c&rsquo;est couramment le cas dans beaucoup de d&eacute;mocraties lib&eacute;rales occidentales, pour de nombreux Tunisiens et de ressortissants d&rsquo;autres pays, comme le montre le barom&egrave;tre arabe, la d&eacute;mocratie rel&egrave;ve d&rsquo;abord de la sph&egrave;re &eacute;conomique. Pour pr&egrave;s de la moiti&eacute; des Tunisiens (48,3%), la principale caract&eacute;ristique d&rsquo;un gouvernement d&eacute;mocratique est un petit &eacute;cart de revenus (21,1%), la fourniture des biens et services de base &agrave; tous les membres de la soci&eacute;t&eacute; (22,4%) ou l&rsquo;&eacute;limination de la corruption (4,8%). En comparaison, 27,4% estiment que la caract&eacute;ristique la plus importante est la tenue d&rsquo;&eacute;lections libres et justes, 11,3% estiment que c&rsquo;est la possibilit&eacute; de critiquer le gouvernement et 11,1% que c&rsquo;est l&rsquo;&eacute;galit&eacute; des droits politiques pour tous les citoyens.<\/p>\n<h3>\n\t\t\tQuel syst&egrave;me politique?<\/h3>\n<p>\n\t\t\tL&rsquo;une des principales t&acirc;ches de la nouvelle assembl&eacute;e constituante &eacute;lue est de r&eacute;diger une constitution qui d&eacute;finira le futur syst&egrave;me politique. L&rsquo;une des d&eacute;cisions les plus critiques consistera &agrave; d&eacute;terminer si la Tunisie se dotera d&rsquo;un syst&egrave;me pr&eacute;sidentiel ou parlementaire. Cette question complexe a &eacute;t&eacute; soumise aux personnes interrog&eacute;es, dont beaucoup, sans surprise, ont r&eacute;pondu qu&rsquo;elles n&rsquo;en savaient rien (21,5%). Parmi celles qui avaient une opinion sur la question, la majorit&eacute; &eacute;tait pour un syst&egrave;me parlementaire (52,9%). Seules 15,4% ont indiqu&eacute; &ecirc;tre favorables &agrave; un syst&egrave;me pr&eacute;sidentiel semblable &agrave; celui qui existait entre 1957 et la chute de Ben Ali, tandis que les 32% restant ont indiqu&eacute; qu&rsquo;elles pr&eacute;f&eacute;raient un m&eacute;lange des deux.<\/p>\n<p>\n\t\t\tSi les Tunisiens veulent un syst&egrave;me parlementaire, ils recherchent aussi un syst&egrave;me plus civil que religieux par nature. Plus de trois quarts (76,5%) des personnes sond&eacute;es ont indiqu&eacute; vouloir un &Eacute;tat civil contre 23,5% un &Eacute;tat religieux.<\/p>\n<p>\n\t\t\tDans l&rsquo;ensemble, les Tunisiens ont des pr&eacute;f&eacute;rences claires et marqu&eacute;es pour l&rsquo;avenir de leur pays. Les aspirations &agrave; un syst&egrave;me d&eacute;mocratique&mdash;dans les grandes lignes&mdash;sont fortes et il existe un vaste consensus selon lequel le r&ocirc;le du parlement dans le processus politique devra &ecirc;tre plus important qu&rsquo;avant. Surtout, malgr&eacute; la victoire significative d&rsquo;Ennahda dans les &eacute;lections de l&rsquo;assembl&eacute;e constituante, la grande majorit&eacute; des Tunisiens souhaitent un &Eacute;tat civil et qu&rsquo;un r&ocirc;le limit&eacute; soit r&eacute;serv&eacute; &agrave; l&rsquo;islam dans le processus politique, bien que la plupart s&rsquo;accordent &agrave; dire que les lois devraient en r&egrave;gle g&eacute;n&eacute;rale &ecirc;tre en accord avec la charia. En cons&eacute;quence, la popularit&eacute; future d&rsquo;Ennahda d&eacute;pendra sans doute de sa capacit&eacute; &agrave; demeurer un parti islamiste mod&eacute;r&eacute;.<\/p>\n<p>\n\t\t\tIl appara&icirc;t aussi clairement que les Tunisiens continuent de placer de grands espoirs dans les r&eacute;alisations de la transition politique actuelle, bien que leur pr&eacute;occupation premi&egrave;re soit la perspective d&rsquo;un meilleur avenir &eacute;conomique. Si les aboutissements politiques ont leur importance, le barom&egrave;tre arabe montre que la r&eacute;volution a &eacute;t&eacute; inspir&eacute;e par un d&eacute;sir de plus grandes opportunit&eacute;s &eacute;conomiques, qui restent au c&oelig;ur des exigences du Tunisien moyen. Ainsi, tandis que l&rsquo;assembl&eacute;e constituante d&eacute;battra des m&eacute;rites des diff&eacute;rentes formes de gouvernement repr&eacute;sentatif, il est imp&eacute;ratif que le gouvernement de transition ne perde pas de vue les probl&egrave;mes &eacute;conomiques et qu&rsquo;il promeuve des r&eacute;formes qui b&eacute;n&eacute;ficieront &agrave; toutes les sph&egrave;res de la soci&eacute;t&eacute;. Faute de quoi, quelle que soit la tendance politique d&eacute;termin&eacute;e par le projet de constitution, les griefs contre le syst&egrave;me vont probablement persister.<\/p>\n<p>\n\t\t\t<strong><em>Michael Robbins <\/em><\/strong><\/p>\n<p>\n\t\t\t<strong><em>Foreign Policy<\/em><\/strong><\/p>\n<p>\n\t\t\t<strong><em>Traduit par B&eacute;reng&egrave;re Viennot<\/em><\/strong><\/p>\n<\/p><\/div>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&nbsp; Tunisie: le pain avant l&#39;islam et la d&eacute;mocratie Une nouvelle &eacute;tude sonde l&#39;opinion des Tunisiens sur la transition d&eacute;mocratique de leur pays. &nbsp; Le 23 octobre, les Tunisiens se sont rendus aux urnes pour participer aux premi&egrave;res &eacute;lections depuis le printemps arabe. 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