{"id":3582,"date":"2012-01-08T01:56:32","date_gmt":"2012-01-08T01:56:32","guid":{"rendered":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/?p=3582"},"modified":"2012-01-08T01:56:32","modified_gmt":"2012-01-08T01:56:32","slug":"sejnane-les-salafistes-imposent-par-la-force-le-1er-emirat-islamique-en-tunisie","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/sejnane-les-salafistes-imposent-par-la-force-le-1er-emirat-islamique-en-tunisie\/","title":{"rendered":"A Sejnane, les salafistes imposent par la force le 1er \u00e9mirat islamique en Tunisie"},"content":{"rendered":"<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t<strong><u>A Sejnane, les salafistes imposent par la force le 1<sup>er<\/sup> &eacute;mirat islamique en Tunisie <\/u><\/strong><u>(info # 010701\/12) <\/u><u>[Analyse]<\/u><\/p>\n<p>\n\tPar Karim El Tounsi &agrave; Tunis<strong>&copy;<\/strong><strong>Me<\/strong><strong>tula <\/strong><strong>N<\/strong><strong>ews <\/strong><strong>A<\/strong><strong>gency<\/strong><\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tVainqueur des &eacute;lections du 23 octobre, le parti islamiste Ennahda a vu tous les projecteurs de l&rsquo;actualit&eacute; braqu&eacute;s sur lui depuis des mois. Pourtant, un nouveau courant, surgi dans le sillon de la r&eacute;volution, fait de plus en plus parler de lui : le salafisme. Le salafisme, mouvance tr&egrave;s controvers&eacute;e de l&rsquo;islam, suscitant &agrave; la fois fantasmes et terreur, se d&eacute;tache du paysage tunisien, semblant surgir d&rsquo;une autre &eacute;poque.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tMalgr&eacute; un marquage de territoire &#8211; nettement perceptible &agrave; travers leurs tuniques afghanes, leurs appels au djihad et leurs pratiques plut&ocirc;t radicales &#8211; les salafistes continuent souvent &agrave; &ecirc;tre confondus avec les activistes d&rsquo;Ennahda, alors qu&rsquo;ils persistent &agrave; &eacute;voluer en marge du mouvement islamiste.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tLe salafisme n&rsquo;est pas nouveau en Tunisie, mais a connu un regain d&rsquo;importance gr&acirc;ce &agrave; la r&eacute;volution. Selon certains chercheurs &#8211; tels qu&rsquo;Alaya Allani, dans son ouvrage &laquo; La mouvance salafiste en Tunisie, les comportements et les cat&eacute;gories sociales &raquo; -, le salafisme tunisien serait n&eacute; dans les ann&eacute;es 80, d&rsquo;une scission au sein de la <em>Jama&acirc; Islamya<\/em> [Le groupe islamique], qui fut &eacute;galement le noyau fondateur d&rsquo;Ennahda.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tCe courant n&rsquo;a cependant pas encore acquis la maturit&eacute; n&eacute;cessaire pour se voir consid&eacute;r&eacute; comme un v&eacute;ritable mouvement politique. Une mouvance plut&ocirc;t &laquo; jeune &raquo;, compar&eacute;e &agrave; d&rsquo;autres courants auxquels elle aime se comparer, &agrave; l&rsquo;instar des <em>Fr&egrave;res Musulmans<\/em> d&rsquo;Egypte, affichant pr&egrave;s de 80 ans d&rsquo;existence, ou encore d&rsquo;Ennahda, vieux d&rsquo;une trentaine d&rsquo;ann&eacute;es.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tLa majorit&eacute; de ses membres a &eacute;t&eacute; form&eacute;e dans les prisons ou sur le Net &ndash; plateforme de pr&eacute;dilection du recrutement salafiste -, ainsi que devant les cha&icirc;nes satellitaires.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tDe l&rsquo;int&eacute;rieur des ge&ocirc;les qui se sont remplies, sous Ben Ali, de nombreux adeptes du djihadisme, suite &agrave; la loi anti-terrorisme de 2003, Se&iuml;f Allah Ibn Hussein, leader de la mouvance djihadiste en Tunisie, avait un r&ocirc;le de guide spirituel pour les prisonniers qui ne b&eacute;n&eacute;ficiaient pas de son exp&eacute;rience du monde, ni de sa vision internationale du djihad.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tDans une interview consentie au journal tunisien <em>R&eacute;alit&eacute;s<\/em>, Ibn Hussein a expliqu&eacute; que, &laquo; gr&acirc;ce &agrave; l&rsquo;application de m&eacute;thodes sp&eacute;ciales que nous avons d&eacute;velopp&eacute;s de l&rsquo;int&eacute;rieur de nos cellules, j&rsquo;ai r&eacute;ussi &agrave; enseigner et &agrave; former une multitude de &laquo; fr&egrave;res &raquo; qui n&rsquo;avaient jamais quitt&eacute; le pays, et qui ignoraient de nombreuses informations et donn&eacute;es sur le mouvement salafiste djihadiste (&hellip;). J&rsquo;avais la responsabilit&eacute; de les &eacute;clairer sur moult consid&eacute;rations intellectuelles et religieuses &raquo;.<\/p>\n<p align=\"center\">\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tMais loin des portraits alt&eacute;r&eacute;s par la propagande, il importe de savoir, qu&rsquo;aujourd&rsquo;hui, les salafistes ne constituent pas, en Tunisie, un courant id&eacute;ologique homog&egrave;ne et unifi&eacute;. En fait, ces salafistes comptent une aile radicale et une autre, plus pacifiste ; on appelle ces deux factions : les salafistes djihadistes et les salafistes qui&eacute;tistes.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tSi les derniers mentionn&eacute;s privil&eacute;gient les pr&ecirc;ches &agrave; l&rsquo;appel &agrave; la r&eacute;volte, la premi&egrave;re branche, plus r&eacute;actionnaire, s&rsquo;inspire d&rsquo;autres mouvements int&eacute;gristes comme <em>Al Qaeda<\/em>, et invitent, de fa&ccedil;on directe et claire, &agrave; r&eacute;instaurer l&rsquo;Etat de <em>khilafa<\/em> (califat).<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tDepuis la r&eacute;volution du 14 janvier, les salafistes ont redoubl&eacute; de dynamisme en Tunisie. Ce ph&eacute;nom&egrave;ne peut &ecirc;tre expliqu&eacute;, en partie du moins, par l&rsquo;amnistie g&eacute;n&eacute;rale ayant profit&eacute; &agrave; plus de mille d&eacute;tenus adeptes de ce courant.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tLes salafistes djihadistes revendiquent aujourd&rsquo;hui leur droit &agrave; &oelig;uvrer pour la propagation de la <em>al da&acirc;wa<\/em> (l&rsquo;appel &agrave; l&rsquo;islam), mais affirment qu&rsquo;ils &laquo; ne pourront pas contenir longtemps leur col&egrave;re si quelqu&rsquo;un portait atteinte &agrave; ce qui est sacr&eacute; &raquo;.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tIls mettent en garde : &laquo; M&ecirc;me si le gouvernement de Hamadi Jebali (1<sup>er<\/sup> ministre tunisien et secr&eacute;taire g&eacute;n&eacute;ral du parti islamiste Ennahda) d&eacute;sirait nous laisser travailler (pour la propagation de l&rsquo;islam) et nous restituer nos droits, l&rsquo;ambassade am&eacute;ricaine ne le permettrait pas, car ce sont les Am&eacute;ricains qui gouvernent le pays et tirent les ficelles dans le parti au pouvoir &raquo;.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tLe leader du mouvement djihadiste en Tunisie appuie cette d&eacute;claration troublante, en affirmant que les chefs d&rsquo;Ennahda multiplient les visites &agrave; l&rsquo;ambassade am&eacute;ricaine. (Ce que la M&eacute;na est en mesure de confirmer).<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tLes salafistes, toutes appartenances confondues, s&rsquo;affairent alors &agrave; tisser leurs r&eacute;seaux dans l&rsquo;ombre d&rsquo;Ennahda, jug&eacute; par nombre d&rsquo;entre eux comme un &laquo; mouvement trop laxiste, ne faisant pas honneur &agrave; l&rsquo;Islam &raquo;.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tUn des groupes salafistes ayant abondamment b&eacute;n&eacute;fici&eacute; de la nouvelle ouverture dans le pays est <em>Ansar al-Sharia<\/em> (AST) [les Victorieux de la Sharia] ; il compte plus de 15 000 aficionados sur <em>Facebook<\/em>. Fond&eacute; fin avril, quelques mois apr&egrave;s la chute de Ben Ali, ce groupe est dirig&eacute; par le chef spirituel Cheikh Abou Ayyad al-Tunisi. Il jouit &eacute;galement des conseils religieux du populaire cheikh salafiste tunisien al-Khatib al-Idrisi, emprisonn&eacute; plusieurs ann&eacute;es durant sous l&rsquo;ancien r&eacute;gime.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tP&eacute;tris dans leur interpr&eacute;tation radicale de l&rsquo;islam, sans toutefois pr&ocirc;ner explicitement l&rsquo;usage de la violence, les salafistes tunisiens font preuve de plus en plus d&rsquo;audace dans leurs pratiques. Ils expriment au grand jour leur volont&eacute; d&rsquo;islamiser le pays, suscitant l&rsquo;inqui&eacute;tude de la soci&eacute;t&eacute; civile tunisienne.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tLa victoire des islamistes d&rsquo;Ennahda aux l&eacute;gislatives, en octobre dernier, a &eacute;galement cr&eacute;&eacute; un contexte propice &agrave; leur &laquo; visibilit&eacute; &raquo;. Les salafistes ont d&eacute;sormais pignon sur rue, n&#39;h&eacute;sitant pas &agrave; multiplier les d&eacute;monstrations de force : des attaques de maisons closes dans plusieurs villes en f&eacute;vrier, des heurts avec la police, &agrave; Tunis, en mars, la mise &agrave; sac d&#39;une salle de cin&eacute;ma dans la capitale, en juin, et des actes de violence mat&eacute;rielle contre la cha&icirc;ne <em>Nessma TV<\/em>, d&eacute;but octobre&#8230;<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tDes dizaines de salafistes, d&rsquo;autre part, bloquent, depuis des semaines, l&#39;entr&eacute;e de la facult&eacute; des lettres de la Mannouba &agrave; Tunis, apr&egrave;s qu&#39; &laquo; une s&oelig;ur &raquo; se soit vue refuser l&#39;acc&egrave;s &agrave; une salle d&#39;examen, car elle portait le niqab. Les islamistes ont, par ailleurs, agress&eacute; le doyen de la facult&eacute;, qui a &eacute;t&eacute; contraint de suspendre les cours, depuis le 29 novembre 2011 jusqu&rsquo;&agrave; ce jour.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tCes salafistes r&eacute;clament trois droits qu&rsquo;ils consid&egrave;rent fondamentaux : que des &eacute;tudiantes en niqab puissent acc&eacute;der &agrave; la facult&eacute;, qu&rsquo;il n&rsquo;y ait plus de mixit&eacute; entre les &eacute;tudiants, et enfin, qu&rsquo;un lieu de pri&egrave;re soit am&eacute;nag&eacute; &agrave; l&rsquo;int&eacute;rieur de la facult&eacute;.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tCes revendications sont promulgu&eacute;es au nom de la libert&eacute; et des d&eacute;sormais fameux &laquo; acquis &raquo; de la r&eacute;volution. La strat&eacute;gie des fondamentalistes religieux en Tunisie consistant &agrave; utiliser la libert&eacute; d&rsquo;expression, garantie pas ces &laquo; acquis &raquo;, pour imposer une loi religieuse extr&ecirc;mement rigide.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tLa discussion th&eacute;ologique sur le bienfond&eacute; de cette loi ne participe pas de notre propos. Ce qui nous importe est de faire savoir qu&rsquo;il y a des individus, ne faisant pas partie de la facult&eacute; de la Mannouba, qui entendent imposer &agrave; son doyen, ainsi qu&rsquo;au corps enseignant, des obligations &eacute;trang&egrave;res aux lois de l&rsquo;universit&eacute; tunisienne : &agrave; savoir la cr&eacute;ation d&rsquo;un espace pour la pri&egrave;re et la s&eacute;paration entre les sexes.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tLe public tunisien est ainsi somm&eacute;, par des actions violentes, de retirer sa confiance dans les comp&eacute;tences intellectuelles et scientifiques d&rsquo;un corps enseignant chevronn&eacute;, face &agrave; l&rsquo;exigence d&rsquo;introduire, dans un &eacute;tablissement de l&rsquo;enseignement public, sans aucun vote ou autre forme de l&eacute;gitimit&eacute; d&eacute;mocratique, des lois n&rsquo;ayant rien &agrave; voir avec les probl&egrave;mes essentiels qui affligent les &eacute;tudiants. Des probl&egrave;mes attenant au niveau d&rsquo;enseignement d&eacute;t&eacute;rior&eacute; de la facult&eacute;, &agrave; cause d&rsquo;un budget minist&eacute;riel trop limit&eacute;, ou la difficult&eacute;, pour les &eacute;tudiants, d&rsquo;acc&eacute;der au savoir, &agrave; cause d&rsquo;une administration bureaucratique anachronique.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tDes incidents similaires ont eu lieu derni&egrave;rement &agrave; la facult&eacute; des lettres de Sousse (centre-Est du pays) et &agrave; l&#39;universit&eacute; de Gab&egrave;s (Sud), o&ugrave; les salafistes ont impos&eacute; la s&eacute;gr&eacute;gation des sexes dans le restaurant universitaire.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tDes enseignantes universitaires ont &eacute;galement &eacute;t&eacute; agress&eacute;es dans une autre institution de Tunis par des arsouilles qui entendaient les contraindre par la force &agrave; adopter le &laquo; hijab &raquo; (le voile). Une autre enseignante a &eacute;t&eacute; prise &agrave; partie afin de l&#39;emp&ecirc;cher de distiller des cours de dessin, jug&eacute;s contraires aux commandements de l&#39;islam.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tMais, depuis quelques jours, les choses commencent &agrave; prendre un tournant plus dramatique encore.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tEn effet, dans le village de Sejnane, situ&eacute; dans l&rsquo;extr&ecirc;me nord tunisien (gouvernorat de Bizerte), des adeptes de l&rsquo;islam radical, soucieux de faire de la Tunisie &laquo; un pur Etat islamique &raquo;, ont supprim&eacute;, au nom de la &laquo; charia &raquo;, plusieurs libert&eacute;s fondamentales, faisant preuve d&rsquo;une grande intol&eacute;rance. Toutes les libert&eacute;s individuelles pr&eacute;alablement en vigueur, ou presque, ont ainsi &eacute;t&eacute; r&eacute;voqu&eacute;es. A Sejnane, les femmes sont d&eacute;sormais int&eacute;gralement voil&eacute;es, contraintes &agrave; porter la burka. La t&eacute;l&eacute;vision et la musique sont strictement interdites. Les hommes sont oblig&eacute;s de porter la barbe et de faire la pri&egrave;re dans la mosqu&eacute;e du village&hellip;<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tEdict&eacute; par l&rsquo;&laquo; Emir al-moominines &raquo; (le Prince des croyants), le programme de ces salafistes se r&eacute;duit &agrave; la stricte application de la charia, la loi coranique. Ils entendent que tout le monde suive leur vision du monde et sanctionnent s&eacute;v&egrave;rement ceux qui leur r&eacute;sistent.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tCons&eacute;quemment, dans une requ&ecirc;te urgente adress&eacute;e au pr&eacute;sident de la Ligue Tunisienne des Droits de l&rsquo;Homme &#8211; et publi&eacute;e par le quotidien <em>Le Maghreb<\/em>, dans sa livraison de jeudi dernier, 5 janvier -, les habitants de Sejnane demandent l&rsquo;intervention de la soci&eacute;t&eacute; civile aupr&egrave;s du gouvernement et de l&rsquo;arm&eacute;e nationale pour les prot&eacute;ger.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tLes habitants ont d&ucirc;ment pr&eacute;cis&eacute; que les salafistes qui s&rsquo;emploient &agrave; les subjuguer sont arm&eacute;s, et qu&rsquo;ils n&rsquo;h&eacute;sitent pas &agrave; recourir &agrave; la violence pour appliquer leurs lois, constitu&eacute;es par les &laquo; fatwa &raquo; de l&rsquo;&eacute;mir. Les auteurs de l&rsquo;appel &agrave; l&rsquo;aide pr&eacute;cisent aussi que les terroristes qui les tourmentent ont &eacute;difi&eacute; une prison sur des terres &eacute;tatiques, dans laquelle ils emprisonnent les contrevenants &agrave; la nouvelle constitution. C&rsquo;est la sentence impos&eacute;e aux vendeurs et consommateurs d&rsquo;alcool, aux vendeurs des cassettes et de CD musicaux. Ainsi qu&rsquo;aux propri&eacute;taires de caf&eacute;s&hellip;<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tTout au long de la journ&eacute;e de jeudi, la r&eacute;daction et les confr&egrave;res du <em>Maghreb<\/em> n&rsquo;ont cess&eacute; de recevoir des menaces d&rsquo;incendies, voire d&rsquo;ex&eacute;cutions !<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tIl existe encore certains doutes, quant &agrave; l&rsquo;&eacute;volution que conna&icirc;tra la mouvance salafiste en Tunisie, longtemps enfouie et pers&eacute;cut&eacute;e. Une mouvance encore m&eacute;andreuse et m&eacute;connue, mais qui pourrait fortement compromettre le passage de l&rsquo;autoritarisme &agrave; la d&eacute;mocratie.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tLe salafisme se pr&eacute;sente comme un d&eacute;fi &agrave; la d&eacute;mocratie naissante en Tunisie, surtout si le parti islamiste au pouvoir h&eacute;site, comme c&rsquo;est le cas, sur la position &agrave; adopter vis-&agrave;-vis de cette mouvance. La t&acirc;che incombe cependant au nouveau gouvernement de d&eacute;finir une position claire par rapport au salafisme et de la faire respecter.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tLa pr&eacute;sence d&rsquo;une personne comme Sadoc Chourou dans les rangs d&#39;Ennahda complique les d&eacute;cisions de ce parti. Ancien chef du parti islamiste, Chourou entretient des liens &eacute;troits avec diverses branches salafistes. Il &eacute;tait ainsi pr&eacute;sent au congr&egrave;s des <em>Victorieux de la charia<\/em>, en mai dernier, et n&#39;a pas h&eacute;sit&eacute; &agrave; r&eacute;clamer l&#39;application de la loi coranique &agrave; l&#39;Assembl&eacute;e constituante.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tSans attendre ces &eacute;volutions, de plus en plus de voix s&#39;&eacute;l&egrave;vent dans la soci&eacute;t&eacute; civile afin de d&eacute;noncer l&#39;instrumentalisation des salafistes par Ennahda, utilis&eacute;s pour d&eacute;tourner l&rsquo;attention des citoyens de leurs vrais probl&egrave;mes, &agrave; savoir la pauvret&eacute; et le ch&ocirc;mage.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tDes salafistes, que l&rsquo;on soup&ccedil;onne de pr&eacute;parer l&rsquo;islamisation de la soci&eacute;t&eacute; tunisienne. Des soup&ccedil;ons qui illustrent la fracture p&eacute;rilleuse qui traverse d&eacute;sormais la soci&eacute;t&eacute; tunisienne.&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&nbsp; A Sejnane, les salafistes imposent par la force le 1er &eacute;mirat islamique en Tunisie (info # 010701\/12) [Analyse] Par Karim El Tounsi &agrave; Tunis&copy;Metula News Agency &nbsp; Vainqueur des &eacute;lections du 23 octobre, le parti islamiste Ennahda a vu tous les projecteurs de l&rsquo;actualit&eacute; braqu&eacute;s sur lui depuis des mois. 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