{"id":3592,"date":"2016-06-03T04:54:48","date_gmt":"2016-06-03T04:54:48","guid":{"rendered":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/?p=3592"},"modified":"2016-06-02T23:09:23","modified_gmt":"2016-06-02T23:09:23","slug":"les-relations-judeo-arabes-en-tunisie-de-1857-a-nos-jours-le-pacte-fondamental-par-viviane-l","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/les-relations-judeo-arabes-en-tunisie-de-1857-a-nos-jours-le-pacte-fondamental-par-viviane-l\/","title":{"rendered":"Les relations jud\u00e9o-arabes en Tunisie de 1857 \u00e0 nos jours : Le Pacte Fondamental, par Viviane Lesselbaum Scemama"},"content":{"rendered":"<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t<u>Les relations jud&eacute;o-arabes en Tunisie de 1857 &agrave; nos jours <\/u><\/p>\n<p align=\"center\">\n\tLe Pacte Fondamental<\/p>\n<p>\n\tLe Pacte Fondamental a &eacute;t&eacute; promulgu&eacute; le 10 septembre 1857 par Mohammed Pacha Bey &agrave; l&#39;adresse plus particuli&egrave;re de la communaut&eacute; juive.<\/p>\n<p>\n\tAu milieu du dix-neuvi&egrave;me si&egrave;cle, la Tunisie est engag&eacute;e dans un processus &agrave; la fois de&nbsp;modernisation et d&#39;ind&eacute;pendance &agrave; l&#39;&eacute;gard de l&rsquo;Empire Ottoman, d&#39;o&ugrave; la n&eacute;cessit&eacute;, entres autres, de r&eacute;diger ce Pacte Fondamental.<\/p>\n<p>\n\tComme nous allons le d&eacute;velopper, la minorit&eacute; chr&eacute;tienne et les Juifs qui repr&eacute;sentent, &agrave; eux&nbsp;seuls une forte minorit&eacute; furent &eacute;mancip&eacute;s et b&eacute;n&eacute;fici&egrave;rent de substantielles r&eacute;ductions de taxes auxquels ils &eacute;taient soumis. &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; .&bull;<\/p>\n<p>\n\tPr&eacute;ambule du Bey (extraits)<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t&laquo;Persuad&eacute; qu&#39;il faut suivre les prescriptions de D.ieu en tout ce qui touche ses cr&eacute;atures, je&nbsp;suis d&eacute;cid&eacute; &agrave; ne plus laisser peser sur celles qui sont confi&eacute;es &agrave; mes soins ni l&#39;injustice, ni le&nbsp;m&eacute;pris: je ne n&eacute;gligerai rien pour les mettre en pleine possession de leurs droits .<\/p>\n<p>\n\t.. . J&#39;ai d&eacute;j&agrave; commenc&eacute;, comme on le sait, &agrave; all&eacute;ger les taxes qui pesaient sur mes sujets.&nbsp;. . . qu&#39;il est certain de trouver un abri contre l&rsquo;oppression derri&egrave;re le rempart de la justice et de&nbsp;voir respecter ses droits jusqu&#39;au jour o&ugrave; des preuves irr&eacute;cusables d&eacute;montrent que sa&nbsp;culpabilit&eacute; ne r&eacute;sultera pas pour lui de t&eacute;moignages isol&eacute;s.<\/p>\n<p>\n\t.. . Les sentences &eacute;man&eacute;es du tribunal de la Charia continueront &agrave; avoir leur plein effet.<br \/>\n\tPuisse D.ieu perp&eacute;tuer jusqu&#39;au jour du jugement dernier le respect que ce tribunal inspire.<br \/>\n\tRien, dans ce code, tous pourront s&#39;en convaincre, ne sera contraire &agrave; ses saintes&nbsp;prescriptions&raquo;.<\/p>\n<p align=\"center\">\n\t<strong>Les bases du Pacte fondamental<\/strong><\/p>\n<p align=\"center\">\n\tExtraits relatifs &agrave; la population isra&eacute;lite<\/p>\n<p>\n\t<strong>Article premier.<\/strong><\/p>\n<p>\n\tUne compl&egrave;te s&eacute;curit&eacute; est garantie formellement &agrave; tous nos sujets, &agrave; tous les habitants de nos&nbsp;Etats, quelques soient leur religion, leur nationalit&eacute; et leur race. Cette s&eacute;curit&eacute; s&#39;&eacute;tendra &agrave; leur&nbsp;personne respect&eacute;e; &agrave; leurs biens sacr&eacute;s et &agrave; leur r&eacute;putation honor&eacute;e.<\/p>\n<p>\n\t<strong>Article trois. <\/strong><\/p>\n<p>\n\tLes musulmans et les autres habitants du pays seront &eacute;gaux devant la loi, car ce droit&nbsp;appartient naturellement &agrave; l&#39;homme quelque que soit sa condition.<\/p>\n<p>\n\t<strong>Article quatre <\/strong><\/p>\n<p>\n\tNos sujets isra&eacute;lites ne subiront aucune contrainte pour changer de religion, et ne seront pas&nbsp;emp&ecirc;ch&eacute;s dans J&#39;exercice de leur culte; leurs synagogues seront respect&eacute;es et &agrave; l&#39;abri de toute&nbsp;insulte &#8230;<\/p>\n<p>\n\t<strong>Article six <\/strong><\/p>\n<p>\n\tLorsque le tribunal criminel aura &agrave; se prononcer sur la p&eacute;nalit&eacute; encourue par un sujet isra&eacute;lite,&nbsp;il sera adjoint au tribunal des assesseurs &eacute;galement isra&eacute;lites. La loi religieuse les rend,&nbsp;d&#39;ailleurs, l&#39;objet de recommandations bienveillantes.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tCette proclamation n&#39;&eacute;tait pas inattendue, car un &eacute;v&egrave;nement grave l&#39;avait pr&eacute;c&eacute;d&eacute;.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p align=\"center\">\n\t&nbsp;<\/p>\n<p align=\"center\">\n\tL&rsquo;affaire Batto Sfez<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tUn Juif tunisien, nomm&eacute; Batto Sfez, alors qu&#39;il se trouvait, selon l&#39;accusation, en &eacute;tat&nbsp;d&#39;ivresse, aurait injuri&eacute; un musulman et maudit la religion islamique.<\/p>\n<p>\n\tIl fut d&eacute;f&eacute;r&eacute; &agrave; la justice selon la Charia et condamn&eacute; &agrave; mort.<\/p>\n<p>\n\tLes Juifs et les Chr&eacute;tiens, indign&eacute;s par la cruaut&eacute; de cette sentence, firent appel aux autorit&eacute;s consulaires pour en emp&ecirc;cher l&#39;ex&eacute;cution et implorer la cl&eacute;mence de Mohammed Bey.<\/p>\n<p>\n\tRappelons que quelques jours avant l&rsquo;arrestation de Batto Sfez, le Bey fit ex&eacute;cuter un soldat musulman qui avait assassin&eacute; un Juif. &nbsp;Pour faire bonne mesure, semble t-il, le Bey ordonna d&rsquo;appliquer la sentence avec la nuance pr&egrave;s que Batto Sfez n&rsquo;&eacute;tait pas un assassin. Il fut d&eacute;capit&eacute; le 24 juin 1857.<\/p>\n<p>\n\tCe drame &eacute;branla la communaut&eacute; juive qui subit sa dhimmitude en silence et n&rsquo;eut pas droit au chapitre. Devant cette parodie de justice elle&nbsp; s&rsquo;en offusqua&nbsp; d&rsquo;autant plus qu&rsquo;on ne lui ait pas remis le corps.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tNous sommes en d&eacute;but d&rsquo;ann&eacute;e&nbsp; 5772 (ann&eacute;e civile 2011). Je rendis compte &agrave; une amie, d&rsquo;origine tunisienne, de ma recherche sur l&rsquo;affaire Batto Sfez. Elle&nbsp;me rappela qu&rsquo;il fut d&eacute;capit&eacute; et que sa t&ecirc;te fut r&eacute;cup&eacute;r&eacute;e par une bande d&rsquo;arabes&nbsp; sans morale et qu&rsquo;ils l&rsquo;utilis&egrave;rent comme ballon de football.<\/p>\n<p>\n\tLa communaut&eacute; juive s&rsquo;&eacute;vertua &agrave; trouver une solution pour r&eacute;cup&eacute;rer la t&ecirc;te du malheureux. Elle se r&eacute;unit dans la discr&eacute;tion et d&eacute;cida, pour app&acirc;ter cette foule haineuse, de vider les poches de toute monnaie sonnante et tr&eacute;buchante, ainsi que les boites de &laquo;&nbsp;ts&eacute;daka&nbsp;&raquo; et de remettre le tout au Conseil qui en remettra une poign&eacute;e &agrave; chacun d&rsquo;eux. Le secret fut bien gard&eacute;. Le corps sans t&ecirc;te, r&eacute;cup&eacute;r&eacute;, &eacute;tait d&eacute;j&agrave; install&eacute; dans une carriole<\/p>\n<p>\n\tam&eacute;nag&eacute;e en corbillard suivi d&rsquo;une foule &eacute;plor&eacute;e. Cette procession se dirigea en direction des arabes qui jouissaient de leur jeu macabre. Le convoi mortuaire s&rsquo;arr&ecirc;ta &agrave; leur hauteur. Les pi&egrave;ces de monnaie furent jet&eacute;es au loin. Ils l&acirc;ch&egrave;rent leur proie et coururent&nbsp; se pr&eacute;cipiter sur la manne, abandonnant leur proie. Le stratag&egrave;me r&eacute;ussit&nbsp;; ils r&eacute;cup&eacute;r&egrave;rent la t&ecirc;te et l&rsquo;enterr&egrave;rent dignement dans le cimeti&egrave;re juif.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tCette condamnation que le Bey semble avoir oubli&eacute;e fut, pour les Consuls de France&nbsp; et d&rsquo;Angleterre l&rsquo;occasion, le pr&eacute;texte de faire pression sur le Bey le 13 Ao&ucirc;t 1857 pour qu&rsquo;il introduise des r&eacute;formes fond&eacute;es sur la justice, la s&eacute;curit&eacute; et les libert&eacute;s accord&eacute;es &agrave; tous les sujets. Apr&egrave;s quelques r&eacute;ticences, le Bey introduisit des r&eacute;formes bas&eacute;es sur les principes de justice et de libert&eacute;.<\/p>\n<p>\n\t<strong><em>Le Pacte Fondamental&nbsp; est proclam&eacute;.<\/em><\/strong><\/p>\n<p>\n\t.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p align=\"center\">\n\tLa Tunisie ind&eacute;pendante<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;Qui est Ahmed Mestiri&nbsp;? Monsieur Ahmed Mestiri fut un ancien Ministre de la Justice, de l&rsquo;Int&eacute;rieur et de la D&eacute;fense du Pr&eacute;sident Bourguiba.<\/p>\n<p>\n\tAujourd&rsquo;hui, &agrave; quatre-vingt six ans il assiste, t&eacute;moin non d&eacute;sint&eacute;ress&eacute;, &agrave; la R&eacute;volution du Jasmin qui d&eacute;buta, le 17 d&eacute;cembre 2010, par l&rsquo;immolation de l&rsquo;&eacute;tudiant Mohamed Bouzizi &agrave; Sidi Bouzid.<\/p>\n<p>\n\tLe chef du parti islamiste Ennahda, arriv&eacute; en t&ecirc;te lors des &eacute;lections du 23 octobre 2011 a d&eacute;clar&eacute; qu&rsquo;il ne briguera pas la pr&eacute;sidence. Il estime que ce poste devrait revenir &agrave; une personnalit&eacute; qui a milit&eacute; contre la dictature et citer, entre autres, Ahmed Mestiri.<\/p>\n<p>\n\tAhmed Mestiri n&rsquo;est pas une figure inconnue pour les Juifs de Tunisie.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tNous, Juifs na&iuml;fs et r&ecirc;veurs, attendions avec une certaine confiance, m&ecirc;me avec un peu de retard, l&rsquo;anniversaire du centenaire de la promulgation du Pacte Fondamental qui paraissait bien coller &agrave; cette nouvelle Tunisie. Cet &eacute;v&egrave;nement qui confirma la loyaut&eacute; des Juifs envers ce pays d&rsquo;accueil fut occult&eacute; par les autorit&eacute;s en place.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tLe 17 juillet 1958, Ahmed Mestiri, Secr&eacute;taire d&rsquo;Etat &agrave; la Justice, fit un discours &agrave; l&rsquo;encontre des Juifs. Voici le texte qui nous concerne, dans son int&eacute;gralit&eacute;.<\/p>\n<p>\n\t&laquo;&nbsp;La religion musulmane qui est celle de la majorit&eacute; des citoyens est la religion de l&rsquo;Etat tunisien.<\/p>\n<p>\n\t&hellip;s&rsquo;il y a encore d&rsquo;autres gens qui r&ecirc;vent de la terre promise qui vivent dans le pays mais tournent leurs regards vers Isra&euml;l, qui font consciemment ou inconsciemment le jeu du sionisme&hellip;Eh bien, nous disons aux uns et aux autres qu&rsquo;il vaut mieux, pour eux&nbsp; comme pour la Tunisie, qu&rsquo;ils partent, et nous ne les emp&ecirc;cherons pas de partir, &agrave; n&rsquo;importe quelle destination.<\/p>\n<p>\n\tCeci dit, le gouvernement prendra lui-m&ecirc;me l&rsquo;initiative de faire partir tous ceux qui s&rsquo;avisent de nouer des relations plus ou moins occultes avec les organisations sionistes pour semer dans ce pays la discorde et troubler la paix sociale&nbsp;&raquo;.<\/p>\n<p>\n\tIl ne fut pas des moindres, &agrave; partir de 1959, &agrave; contribuer au d&eacute;part massif des Juifs, sionistes ou pas. Peu s&rsquo;install&egrave;rent en Isra&euml;l, malgr&eacute; &laquo;&nbsp;l&rsquo;encouragement&nbsp; visionnaire&nbsp;&raquo; d&rsquo;Ahmed Mestiri.<\/p>\n<p>\n\t&Agrave; partir de ces phrases assassines, la Tunisie se d&eacute;barrassa de la majeure partie de sa minorit&eacute; juive estim&eacute;e &agrave;&nbsp; pr&egrave;s de100 000 sujets, laissant derri&egrave;re elle ses biens dont le voisinage sut en faire profit, sans aucune contrepartie. Elle se retourna une derni&egrave;re fois, essuya quelques larmes et laissa d&eacute;filer quelques images su son v&eacute;cu, par deux fois mill&eacute;naire.<\/p>\n<p>\n\tCependant, la Tunisie nouvelle dans sa politique d&rsquo;assainissement se trouvait contrainte de conserver sur son sol 60 000 &acirc;mes juives enfouies dans l&rsquo;ancien cimeti&egrave;re&nbsp;; hormis quelques grands &laquo;&nbsp;sages&nbsp;&raquo; dont Bourguiba consentit &agrave; transf&eacute;rer les restes en Isra&euml;l &agrave; la demande de la communaut&eacute;. Quand au reste, les bulldozers contribu&egrave;rent, &agrave; leur fa&ccedil;on, &agrave; la disparition totale de nos proches, pour que, quelques mois plus tard, soit inaugur&eacute; en ce lieu sacr&eacute;, un immense jardin. Bien que situ&eacute; en centre ville, on raconte que pendant des ann&eacute;es, de nombreux musulmans n&rsquo;os&egrave;rent franchir l&rsquo;entr&eacute;e de ce parc.<\/p>\n<p>\n\t<strong><em>Le Pacte Fondamental&nbsp;est enterr&eacute;. <\/em><\/strong><\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p align=\"center\">\n\tLa Tunisie d&rsquo;hier<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t5 juin 1967. Pendant la guerre des &laquo;&nbsp;six jours&nbsp;&raquo;, pour soutenir ses fr&egrave;res, la Tunisie envoya dans un des lieux du conflit un petit contingent. Il ne se fit pas remarquer par son enthousiasme. Un geste plus fort, plus m&eacute;diatique aura eu plus d&rsquo;impact pour d&eacute;barrasser la Tunisie des quelques milliers de Juifs demeurant encore &agrave; cette &eacute;poque en terre musulmane, comme le sugg&egrave;rerait, encore aujourd&rsquo;hui, &agrave; 86 ans Ahmed Mestiri.<\/p>\n<p>\n\tLa Grande Synagogue de Tunis, o&ugrave; se rendaient r&eacute;guli&egrave;rement le Bey et plus tard le Pr&eacute;sident Bourguiba &agrave; la rencontre de la communaut&eacute; juive fut envahie, le 5 juin par une horde haineuse qui mit &agrave; sac les objets de culte, les livres de pri&egrave;re&nbsp;; la haine des Juifs se caract&eacute;risera et s&rsquo;ach&egrave;vera &nbsp;par l&rsquo;incendie partiel de ce lieu de culte.<\/p>\n<p>\n\tL&rsquo;unique fabrique industrielle de Matzoth (pains azymes) fut enti&egrave;rement d&eacute;truite.<\/p>\n<p>\n\t1971. Assassinat d&rsquo;un rabbin en plein c&oelig;ur de la capitale, la guerre de Kippour en 1973, l&rsquo;installation de l&rsquo;OLP en Tunisie en 1982. &nbsp;Cette succession d&rsquo;&eacute;v&egrave;nements aliment&egrave;rent les appr&eacute;hensions de ce qui restait en place de cette communaut&eacute;, jadis florissante.<\/p>\n<p>\n\t1982. Pendant les massacres commis &agrave; Sabra et Chatila par les Chr&eacute;tiens, la synagogue de Zarzis en Tunisie,fut le th&eacute;&acirc;tre d&rsquo;un incendie criminel.&nbsp;: les rouleaux de Thora partirent en fum&eacute;e.<\/p>\n<p>\n\tEn 1985, dans ce si&egrave;cle finissant ajoutons la folie &nbsp;&laquo;&nbsp;dite meurtri&egrave;re&nbsp;&raquo;&nbsp; d&rsquo;un policier en faction devant la synagogue de Djerba qui ouvrit le feu, tuant deux personnes et en blessant six autres.&nbsp;Ce fut le pr&eacute;lude au tragique attentat de 2002. &nbsp;<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tLe Pr&eacute;sident Ben Ali qui succ&egrave;de &agrave; Bourguiba en 1987 semble bien dispos&eacute; &agrave; l&rsquo;&eacute;gard des juifs de Tunisie.<\/p>\n<p>\n\tEn 1992, lors d&rsquo;une r&eacute;ception &agrave; Carthage, il re&ccedil;oit ce qu&rsquo;ii en reste de la communaut&eacute; et leur d&eacute;clare&nbsp;: &laquo;&nbsp;Les Juifs tunisiens sont des citoyens &agrave; part enti&egrave;re et ceux qui sont partis peuvent revenir dans leur pays librement pour s&rsquo;y installer ou pour y passer des vacances&nbsp;&raquo;<\/p>\n<p>\n\t<strong><em>Le Pacte Fondamental est de retour&nbsp;?<\/em><\/strong><\/p>\n<p align=\"center\">\n\t&nbsp;<\/p>\n<p align=\"center\">\n\tLa Tunisie d&rsquo;aujourd&rsquo;hui<\/p>\n<p align=\"center\">\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t11 avril 2002. &Agrave; Djerba, un camion bourr&eacute; d&rsquo;explosifs explose &agrave; proximit&eacute; de la synagogue de la Ghriba tuant 21 personnes dont quatorze touristes allemands non Juifs et en blessant trente autres. Un allemand converti &agrave; l&rsquo;Islam, a reconnu les faits. Il a &eacute;t&eacute; form&eacute; &agrave; l&rsquo;&eacute;cole pakistano-afghane. et entretenu, par atavisme, &agrave; la haine ancestrale des Juifs. Il aurait, vraisemblablement, reconnu en ces malheureuses victimes non juives quelques traits ashk&eacute;nazes.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t10 mars 2006. &Agrave; l&rsquo;occasion de l&rsquo;inauguration d&rsquo;une partie du Fonds Paul Sebag c&eacute;d&eacute; &agrave; la Facult&eacute; de la Manouba, diverses personnalit&eacute;s sont invit&eacute;es en pr&eacute;sence de sa fille.<\/p>\n<p>\n\tL&rsquo;&oelig;uvre de Paul Sebag philosophe, sociologue et historien fut monumentale.<\/p>\n<p>\n\tCitons, pour ce qui nous concerne, l&rsquo;ouvrage de r&eacute;f&eacute;rence&nbsp;: &laquo;&nbsp;Histoire des Juifs de Tunisie des origines &agrave; nos jours&nbsp;&raquo;.<\/p>\n<p>\n\tC&rsquo;est &agrave; cette occasion que cette Facult&eacute; fut le th&eacute;&acirc;tre d&rsquo;un d&eacute;cha&icirc;nement antis&eacute;mite. Une centaine d&rsquo;&eacute;tudiants barr&egrave;rent le passage aux invit&eacute;s, hurl&egrave;rent des slogans en arabe&nbsp;: &laquo;&nbsp;&Agrave; bas Isra&euml;l, vive la Palestine, nous ne voulons pas de la biblioth&egrave;que d&rsquo;un Juif communiste, sioniste&hellip;&nbsp;&raquo;<\/p>\n<p>\n\tNoura Borsali, journaliste tunisienne, fit le commentaire suivant&nbsp;: &laquo;&nbsp;Comme j&rsquo;aurais souhait&eacute; que nos &eacute;tudiants d&eacute;couvrent et appr&eacute;cient en toute s&eacute;r&eacute;nit&eacute; Paul Sebag, le fin connaisseur de leur pays, la Tunisie qui est, aussi, la sienne&nbsp;&raquo;.<\/p>\n<p>\n\t11f&eacute;vrier 2011. L&rsquo;entr&eacute;e de la Grande Synagogue de Tunis fut &agrave; nouveau envahie par une foule hyst&eacute;rique qui brandissait des banderoles du Hamas, hurlant des slogans antis&eacute;mites d&rsquo;un autre &acirc;ge&nbsp;:&nbsp;&laquo;&nbsp;attendez Juifs, l&rsquo;arm&eacute;e de Mohamed revient&nbsp;&raquo;. Les policiers surent garder les portes closes, mais cependant, go&ucirc;t&egrave;rent au spectacle. Ce fut festif. Toutes les classes &eacute;taient repr&eacute;sent&eacute;es. Les vid&eacute;os, encore disponibles en font foi. Atmosph&egrave;re de &laquo;&nbsp;nuit de cristal&nbsp;&raquo;&hellip;en plein jour.<\/p>\n<p>\n\t18 ao&ucirc;t 2011. En plein Ramadan, la Synagogue Beth-El de Sfax a &eacute;t&eacute; visit&eacute;e par une bande de pilleurs. Les armoires contenant les Sefer-Thora furent ouvertes&nbsp;: les rouleaux emport&eacute;s ainsi que les cand&eacute;labres en argent. Les troncs de &laquo;&nbsp;ts&eacute;daka&nbsp;&raquo; vid&eacute;s de leur contenu,&nbsp; les plaques de marbre grav&eacute;es, mentionnant les noms des donateurs furent bris&eacute;es et enfin, inspir&eacute;s par les intifadas successives, ils s&rsquo;acharn&egrave;rent &agrave; coup de pierre, , sur les magnifiques vitraux nouvellement restaur&eacute;s.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tOn estime, aujourd&rsquo;hui en 2012, le nombre de Juifs r&eacute;sidents en Tunisie &agrave; environ 1500 personnes r&eacute;parties de la fa&ccedil;on suivante&nbsp;: la moiti&eacute;, 700, vivent &agrave; Tunis&nbsp;; 700 &agrave; Djerba, le reste est r&eacute;parti entre Gab&egrave;s, Zarzis, Sousse, Sfax et Nabeul.<\/p>\n<p>\n\t<strong><em>Mais o&ugrave; est donc pass&eacute; le Pacte fondamental&nbsp;?<\/em><\/strong><\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p align=\"center\">\n\tDossier r&eacute;alis&eacute; &nbsp;par Viviane Scemama Lesselbaum<\/p>\n<p align=\"center\">\n\tcourriel&nbsp;: <a href=\"mailto:vsl.labima@gmail.com\">vsl.labima@gmail.com<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&nbsp; Les relations jud&eacute;o-arabes en Tunisie de 1857 &agrave; nos jours Le Pacte Fondamental Le Pacte Fondamental a &eacute;t&eacute; promulgu&eacute; le 10 septembre 1857 par Mohammed Pacha Bey &agrave; l&#39;adresse plus particuli&egrave;re de la communaut&eacute; juive. 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