{"id":3642,"date":"2012-01-15T02:57:03","date_gmt":"2012-01-15T02:57:03","guid":{"rendered":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/?p=3642"},"modified":"2012-01-15T02:57:03","modified_gmt":"2012-01-15T02:57:03","slug":"tunisie-les-decus-de-lan-i","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/tunisie-les-decus-de-lan-i\/","title":{"rendered":"Tunisie : les d\u00e9\u00e7us de l&rsquo;an I"},"content":{"rendered":"<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tTunisie : les d&eacute;&ccedil;us de l&#39;an I<\/p>\n<p>\n\tUne islamisation rampante de la soci&eacute;t&eacute; est en cours et Ennahda place ses pions dans l&#39;appareil d&#39;&Eacute;tat.<\/p>\n<div class=\"texte\">\n\t<img decoding=\"async\" border=\"0\" src=\"http:\/\/www.lefigaro.fr\/icones\/coeur-.gif\" \/><\/p>\n<p>\n\t\tUn an apr&egrave;s la chute de Ben Ali, la <a href=\"http:\/\/plus.lefigaro.fr\/tag\/tunisie\" target=\"\">Tunisie<\/a> oscille toujours entre l&#39;incertitude et la col&egrave;re. &laquo;Nous avons un gouvernement l&eacute;gitime mais nous sommes dans le flou total. Et les signaux que nous envoie le nouveau pouvoir ne sont pas rassurants&raquo;: comme nombre de Tunisiens, Azza Turki, journaliste &agrave; l&#39;hebdomadaire <i>R&eacute;alit&eacute;s<\/i> se d&eacute;crit &laquo;dans le m&ecirc;me &eacute;tat d&#39;esprit d&#39;appr&eacute;hension qu&#39;il y a un an&raquo;. Depuis, certes, le mur de la peur, b&eacute;tonn&eacute; par l&#39;ancien r&eacute;gime, est tomb&eacute;, ce qui n&#39;est pas rien. La parole s&#39;est lib&eacute;r&eacute;e. Des &eacute;lections libres se sont d&eacute;roul&eacute;es sans accroc, le 23 octobre, donnant une majorit&eacute; relative au parti islamiste Ennahda auquel se sont ralli&eacute;s deux mouvements, le CPR (gauche nationaliste) et Ettakatol (social-d&eacute;mocrate).<\/p>\n<p>\n\t\tLe processus qui doit mener avant un an &agrave; une nouvelle Constitution et &agrave; des &eacute;lections est lanc&eacute;. Mais les voyants d&#39;alerte se multiplient et le m&eacute;contentement s&#39;accro&icirc;t. Avec la r&eacute;volution, l&#39;&eacute;conomie a plong&eacute; dans le rouge. Le pays compte d&eacute;sormais 700.000 ch&ocirc;meurs. Le tourisme qui repr&eacute;sentait 7% du PIB en 2010 est en souffrance. Un million de Tunisiens sont dans la pr&eacute;carit&eacute;, soit un cinqui&egrave;me de la population. Alors, les Tunisiens redescendent dans la rue.<\/p>\n<p>\n\t\tHaut lieu de la contestation, la r&eacute;gion mini&egrave;re de Gafsa, dans le sud-ouest du pays, est en &eacute;bullition. Dans les provinces d&eacute;favoris&eacute;es de l&#39;int&eacute;rieur, o&ugrave; est n&eacute;e la r&eacute;volution, l&#39;impatience grandit. La population n&#39;est plus dispos&eacute;e &agrave; se contenter de promesses. Le pr&eacute;sident de la R&eacute;publique, <a href=\"http:\/\/www.lefigaro.fr\/international\/2011\/12\/12\/01003-20111212ARTFIG00520-moncef-marzouki-un-president-a-poigne-pour-la-tunisie.php\" target=\"\">Moncef Marzouki<\/a>, le pr&eacute;sident de l&#39;Assembl&eacute;e constituante, Mustapha Ben Jaafar, et le chef du gouvernement, l&#39;islamiste Hamadi Jebali, l&#39;homme fort de cette tro&iuml;ka, ont r&eacute;cemment fait les frais de ce ras-le-bol des laiss&eacute;s-pour-compte du changement de r&eacute;gime. En visite la semaine derni&egrave;re &agrave; Kasserine, dans le sud, o&ugrave; le soul&egrave;vement contre Ben Ali avait &eacute;t&eacute; r&eacute;prim&eacute; dans le sang, le 8 janvier 2011, les nouveaux dirigeants ont &eacute;t&eacute; accueillis par des hu&eacute;es. Le pr&eacute;sident de la R&eacute;publique a m&ecirc;me &eacute;t&eacute; contraint de quitter les lieux sans pouvoir prononcer son discours. &laquo;Avec la r&eacute;volution, la petite bourgeoisie intellectuelle de Tunis, qui s&#39;en sortait &eacute;conomiquement, a gagn&eacute; la libert&eacute; de parole, mais la population du pays profond qui manquait de tout, elle, n&#39;a rien gagn&eacute;&raquo;, souligne Mourad Sellami, journaliste au quotidien La Presse.<\/p>\n<p>\n\t\tD&#39;autres &laquo;signaux&raquo; r&eacute;cents inqui&egrave;tent les Tunisiens et leur rappellent f&acirc;cheusement les pratiques d&#39;antan. C&#39;est le cas de la nomination surprise par le pouvoir, le 7 janvier, des directeurs et r&eacute;dacteurs en chef des principaux m&eacute;dias publics. &Agrave; chacune de ces annonces, manifestations et contre-manifestations se succ&egrave;dent. L&#39;opposition de gauche reste tr&egrave;s divis&eacute;e de m&ecirc;me que les deux partis de gouvernement non islamistes dont beaucoup de militants sont d&eacute;stabilis&eacute;s par l&#39;alliance de leurs chefs avec Ennahda. Nombreux sont ceux qui nourrissent la ranc&oelig;ur de s&#39;&ecirc;tre fait &laquo;confisquer leur r&eacute;volution&raquo; par un pouvoir dont le centre de gravit&eacute; est tr&egrave;s nettement du c&ocirc;t&eacute; d&#39;Ennahda.<\/p>\n<h3>\n\t\tRecrudescence du niqab<\/h3>\n<p>\n\t\tLes exemples de cette &laquo;mainmise&raquo; islamiste, comme la d&eacute;nonce l&#39;opposition, abondent. Ainsi l&#39;initiative du parti islamiste d&#39;imposer une interruption des travaux de l&#39;Assembl&eacute;e constituante durant les temps de pri&egrave;re. D&#39;abord repouss&eacute;e par Moustapha Ben Jaafar, cette mesure a finalement &eacute;t&eacute; inscrite au r&egrave;glement int&eacute;rieur de la Chambre. Mais, dans l&#39;ensemble, c&#39;est moins par des mesures phares que par une <a href=\"http:\/\/www.lefigaro.fr\/international\/2011\/12\/07\/01003-20111207ARTFIG00774-les-salafistes-tissent-leur-toile-dans-l-ombre-d-ennahda.php\" target=\"\">islamisation rampante<\/a> qu&#39;Ennahda avance aujourd&#39;hui ses pions, surfant sur l&#39;attachement &agrave; la tradition de larges pans de la soci&eacute;t&eacute; tunisienne.<\/p>\n<p>\n\t\t&laquo;La situation des femmes nous inqui&egrave;te particuli&egrave;rement&raquo;, rel&egrave;ve un diplomate. En visite &agrave; Tunis, le 6 janvier, Alain Jupp&eacute;, a soulign&eacute; cette pr&eacute;occupation en rendant visite &agrave; Amal, une association qui d&eacute;fend les droits des m&egrave;res c&eacute;libataires. R&eacute;unis autour d&#39;une table dans leur local de La Soukra, dans la banlieue de Tunis, les militants de cette association ont encore &agrave; l&#39;oreille les propos de Souad Abderrahim, une t&ecirc;te d&#39;affiche d&#39;Ennahda qualifiant d&#39;&laquo;infamie&raquo; les m&egrave;res c&eacute;libataires, en novembre. Des paroles sur lesquelles cette pharmacienne ralli&eacute;e au parti islamiste est revenue par la suite, certes. Mais le ver est dans le fruit. Les membres des associations gravitant autour d&#39;Amal constatent &eacute;galement une recrudescence du niqab, le voile int&eacute;gral, peu visible jusqu&#39;alors dans les rues tunisiennes.<\/p>\n<p>\n\t\tC&#39;est la banni&egrave;re que brandissent les salafistes qui ont investi depuis d&eacute;but d&eacute;cembre la Manouba, l&#39;universit&eacute; des arts et lettres de Tunis. Une poign&eacute;e de militants islamistes radicaux ont occup&eacute; les lieux plusieurs semaines pour <a href=\"http:\/\/www.lefigaro.fr\/international\/2011\/12\/05\/01003-20111205ARTFIG00442-tunisie-heurts-entre-salafistes-et-laiques.php\" target=\"\">r&eacute;clamer le droit des &eacute;tudiantes de porter le niqab<\/a> et l&#39;ouverture d&#39;un lieu de pri&egrave;res dans l&#39;enceinte de la facult&eacute;. Une affaire embarrassante pour le pouvoir qui n&#39;a pas voulu d&eacute;loger les salafistes en misant sur un pourrissement de la situation. Les &laquo;visiteurs&raquo; ont finalement consenti &agrave; quitter les lieux&hellip; pour s&#39;installer non loin de l&agrave;. Ils n&#39;ont en rien d&eacute;sarm&eacute; et la bo&icirc;te de Pandore reste ouverte.<\/p>\n<h3>\n\t\t&laquo;Mort aux juifs&raquo;<\/h3>\n<p>\n\t\tLe m&ecirc;me constat de complaisance, voire d&#39;impuissance, du pouvoir &agrave; l&#39;&eacute;gard des islamistes radicaux a &eacute;t&eacute; dress&eacute; lors de la visite &agrave; Tunis, le 5 janvier, du premier ministre du Hamas, Isma&euml;l Haniyeh. Quelque 2000 sympathisants l&#39;attendaient &agrave; l&#39;a&eacute;roport, aux cris d&#39;&laquo;Il faut tuer les Juifs, c&#39;est notre devoir&raquo;. Des slogans, mollement d&eacute;nonc&eacute; par les autorit&eacute;s, qui ont choqu&eacute; en Tunisie o&ugrave; la communaut&eacute; juive (un millier de personnes environ, contre 100.000 avant 1956) a toujours &eacute;t&eacute; pr&eacute;sente.<\/p>\n<p>\n\t\tPour les observateurs toutefois, les risques de d&eacute;rives islamistes doivent &ecirc;tre relativis&eacute;s par l&#39;acuit&eacute; des probl&egrave;mes socio-&eacute;conomiques. &laquo;Ennahda ne peut plus se contenter de discours. Leur message ne passera pas tant que les gens ne constateront pas d&#39;am&eacute;liorations concr&egrave;tes de leurs conditions de vie&raquo;, analyse un diplomate. Les islamistes sont donc au pied du mur. Tout comme l&#39;opposition d&#39;ailleurs, qui peine &eacute;galement &agrave; formuler un projet ou &agrave; se d&eacute;finir autrement que par rapport &agrave; l&#39;astre noir islamiste. Les prochains mois seront cruciaux pour entamer le redressement de l&#39;&eacute;conomie. Le succ&egrave;s de l&#39;&laquo;exemple&raquo; tunisien en d&eacute;pend. Faute de quoi, l&#39;an II de la r&eacute;volution pourrait &ecirc;tre celui de l&#39;explosion sociale.<\/p>\n<p>\n\t\tlefigaro.fr<\/p>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&nbsp; &nbsp; Tunisie : les d&eacute;&ccedil;us de l&#39;an I Une islamisation rampante de la soci&eacute;t&eacute; est en cours et Ennahda place ses pions dans l&#39;appareil d&#39;&Eacute;tat. 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