{"id":3646,"date":"2014-06-25T02:41:38","date_gmt":"2014-06-25T02:41:38","guid":{"rendered":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/?p=3646"},"modified":"2014-06-25T00:46:38","modified_gmt":"2014-06-25T00:46:38","slug":"papous-juifs-ou-juifs-papous","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/papous-juifs-ou-juifs-papous\/","title":{"rendered":"Papous-juifs ou Juifs-papous ?"},"content":{"rendered":"<p>\n\t<strong><u>Papous-juifs ou Juifs-papous ?<\/u><\/strong><\/p>\n<p>\n\tPar Sandra Ores &copy;Metula News Agency<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t<iframe loading=\"lazy\" allowfullscreen=\"\" frameborder=\"0\" height=\"360\" src=\"http:\/\/www.youtube.com\/embed\/yZkK-iOzh9k\" width=\"480\"><\/iframe><\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tL&rsquo;enregistrement vid&eacute;o d&rsquo;une communaut&eacute; de Papouasie-Nouvelle-Guin&eacute;e, chantant la pri&egrave;re juive <em>Shema Isra&euml;l<\/em> &ndash; &laquo; Ecoute Isra&euml;l &raquo;, la pri&egrave;re fondamentale du juda&iuml;sme &ndash;, dans leur accoutrement traditionnel papou, avait r&eacute;cemment tourn&eacute; sur Internet, provoquant une grande surprise chez ses spectateurs.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tEpoustouflant, cette centaine d&rsquo;hommes v&ecirc;tus de paille et de plumes, lance &agrave; la main, louant le ciel &agrave; la mani&egrave;re des anc&ecirc;tres h&eacute;breux, articulant des sonorit&eacute;s lointaines, dans une contr&eacute;e aussi excentr&eacute;e du Juda&iuml;sme que les &icirc;les d&rsquo;Oc&eacute;anie !<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tIl s&rsquo;av&egrave;re que ces indig&egrave;nes, faisant leur pri&egrave;re torse nu, appartiennent &agrave; la tribu des Gogodalas. Environ 25 000 individus, jurant descendre de l&rsquo;une des dix tribus perdues de l&rsquo;&eacute;poque biblique. Ces chasseurs-cueilleurs vivent dans la province occidentale de la Papouasie-Nouvelle-Guin&eacute;e, sur le delta du fleuve Fly, qui se jette dans la mer de Corail. Ils se nourrissent, pour la plupart, de poissons, de kangourous et de plantes trouv&eacute;s dans la nature, et ils sont majoritairement illettr&eacute;s. Ces hommes rev&ecirc;tent toutefois des habits plus contemporains lorsqu&rsquo;ils se rendent en ville.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tTony Waisa, officiellement &laquo; chef chercheur de la tribu &raquo;, la personne charg&eacute;e de fournir des explications sur son &laquo; histoire orale ou traditionnelle &raquo;, poss&egrave;de toutefois un compte email sur Yahoo et parle anglais.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tCe chef papou d&eacute;couvrit un jour, sur Internet, les recherches biologiques effectu&eacute;es par un scientifique de l&rsquo;universit&eacute; des Etudes Orientales et Africaines de Londres, le Professeur Tudor Parfitt, sur une tribu du sud de l&rsquo;Afrique, les Lembas. Les membres de cette communaut&eacute; rurale, &eacute;tablie principalement au Zimbabwe, affirment eux aussi descendre d&rsquo;une &laquo; tribu perdue &raquo; du royaume de Salomon.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tLe but de l&rsquo;&eacute;tude de Parfitt r&eacute;sidait dans la mise en &eacute;vidence d&rsquo;un lien g&eacute;n&eacute;tique avec le peuple juif (voir mon article : <a href=\"la-science-l-appui-du-mythe-lemba-info-010106-11.html\">La science &agrave; l&rsquo;appui du mythe Lemba<\/a>). Les r&eacute;sultats s&rsquo;&eacute;taient r&eacute;v&eacute;l&eacute;s positifs, &eacute;tablissant un lien g&eacute;n&eacute;tique entre les Lembas, notamment les pr&ecirc;tres de la tribu, et le peuple juif, &agrave; travers l&rsquo;existence d&rsquo;un g&egrave;ne r&eacute;current chez les populations juives, &eacute;galement identifi&eacute; chez les Lembas.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tLe chef Waisa contacta le scientifique londonien afin qu&rsquo;il se pr&ecirc;te aux m&ecirc;mes tests sur ses cong&eacute;n&egrave;res ; le Papou envoya &agrave; Londres des poign&eacute;es de cheveux de membres de sa tribu, dont le professeur ne put faire usage.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tTudor Parfitt d&eacute;cida cependant de rendre visite &agrave; ces &laquo; Papous juifs &raquo;, en 2003, rejoignant leurs villages en cano&euml; &ndash; le moyen de locomotion principal des Gogodalas, ainsi qu&rsquo;un objet central de leur culture, leur permettant d&rsquo;emprunter les rivi&egrave;res lorsqu&rsquo;ils chassent.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tTudor Parfitt fut accueilli de mani&egrave;re festive, ainsi qu&rsquo;il me l&rsquo;a confi&eacute; au cours d&rsquo;un long entretien &#8211; dans un parfait fran&ccedil;ais &#8211; par des hommes &agrave; la peau brune, le front peint d&rsquo;une &eacute;toile de David pour certains, le drapeau isra&eacute;lien dans la main pour d&rsquo;autres, chantant des litanies juives&hellip;<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tJ&rsquo;ai &eacute;galement r&eacute;ussi &agrave; nouer un contact direct avec le chef Tony Waisa ; il a r&eacute;pondu aimablement &agrave; mes questions, m&rsquo;envoyant &eacute;galement des documents Word et Excel<em>,<\/em> relatant le pass&eacute; de son peuple.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tA l&rsquo;en croire, les anc&ecirc;tres des Gogodalas auraient v&eacute;cu en Isra&euml;l, le long du Jourdain, que, dans leur tradition, ils nomment Tala ; la carte traditionnelle qu&rsquo;il me fait parvenir est parsem&eacute;e de noms &agrave; consonance non h&eacute;bra&iuml;que : on y distingue un petit lac au nord du lac de Tib&eacute;riade, qui pourrait figurer les anciens marais de la vall&eacute;e de la Hula. Selon la carte de Waisa, cette &eacute;tendue, que les Gogodalas consid&egrave;rent, en outre, comme l&rsquo;&eacute;picentre de leur existence, se situerait &agrave; mi-chemin entre Metula et Tib&eacute;riade. Les Papous isra&eacute;lites l&rsquo;appellent Kulumusu ; il est entour&eacute; de deux provinces : Mili, sur la rive occidentale, et Mas&eacute;, &agrave; l&rsquo;Est. La Galil&eacute;e est devenue Gwail&eacute;, un vocable effectivement proche.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tSelon leur tradition, les Gogodalas auraient quitt&eacute; Isra&euml;l, ce &laquo; lointain pays de l&rsquo;Ouest &raquo;, qu&rsquo;ils nomment &eacute;galement <em>Sa&rsquo;lon&eacute;<\/em> ou <em>Isal&eacute;<\/em> (sonorit&eacute; ressemblant effectivement &agrave; Isra&euml;l). Un autre nom qu&rsquo;ils donnent &agrave; Isra&euml;l est <em>Ya&rsquo;bisaba, <\/em>pour lequel ils ressentent une affection toute particuli&egrave;re. A les croire, ils seraient partis de la terre sainte environ 400 ans avant l&rsquo;&egrave;re chr&eacute;tienne, descendant la mer rouge avant de traverser le Pacifique.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tLes tests g&eacute;n&eacute;tiques effectu&eacute;s sur les Gogodalas, &agrave; l&rsquo;inverse de ceux pratiqu&eacute;s sur les Lembas, n&rsquo;ont pas permis de tirer des conclusions d&eacute;cisives quant &agrave; une &eacute;ventuelle origine s&eacute;mite. Tudor Parfitt de pr&eacute;ciser : &laquo; nous n&rsquo;avons pas non plus relev&eacute; de preuve qu&rsquo;ils ne proviennent pas du Moyen-Orient &raquo;. Cela demeure toutefois historiquement peu probable, selon lui.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tCe qui n&rsquo;&eacute;branle pas le cr&eacute;do de Tony Waisa, qui m&rsquo;affirme que 90% des membres de sa tribu souhaitent s&rsquo;installer en Isra&euml;l. Le professeur anglais rapporte que les Gogodalas sont passionn&eacute;s par leur juda&iuml;t&eacute; ainsi que par Isra&euml;l. Un amour authentique, selon le scientifique.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tLe jour de <em>Yom Ha&rsquo;atzmaout<\/em>, par exemple, lors duquel les Isra&eacute;liens comm&eacute;morent l&rsquo;anniversaire de l&rsquo;ind&eacute;pendance de leur Etat, le professeur relate que des milliers d&rsquo;indig&egrave;nes d&eacute;filent dans les rues des grandes villes de leur r&eacute;gion, notamment &agrave; Daru, la capitale de leur province, brandissant des drapeaux isra&eacute;liens. Ils participent, festifs, &agrave; l&rsquo;esprit du pays &laquo; de leurs anc&ecirc;tres &raquo; qu&rsquo;ils n&rsquo;ont jamais vu.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tDes Gogodalas se sont rendus en d&eacute;l&eacute;gation en Isra&euml;l, traversant, pour ce faire, la moiti&eacute; de la plan&egrave;te, en 2007. Leur objectif premier consistait &agrave; venir offrir leur or pour le temple de J&eacute;rusalem. La volont&eacute; de rapprochement provient r&eacute;ellement de la Papouasie-Nouvelle-Guin&eacute;e, et non d&rsquo;Isra&euml;l ou de rabbins. Ce, pour le plus grand d&eacute;sarroi de Tony Waisa, qui souhaiterait accueillir des savants isra&eacute;liens dans son territoire. Le gouvernement isra&eacute;lien ne s&rsquo; &laquo; int&eacute;resse cependant pas trop &agrave; leur sort &raquo;, ce que regrette Parfitt, qui soutient, sans la moindre once d&rsquo;humour britannique, que ces hommes &laquo; feraient des guerriers fantastiques &raquo; dans les rangs de Tsahal (sic !).<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tD&rsquo;o&ugrave; peut bien provenir l&rsquo;origine du lien entre cette tribu &eacute;loign&eacute;e du Pacifique et la terre des H&eacute;breux ? Les chercheurs s&rsquo;accordent &agrave; penser que ces fables auraient pris naissance sous l&rsquo;influence des missionnaires chr&eacute;tiens, relatant &laquo; aux sauvages &raquo; l&rsquo;histoire du Juif J&eacute;sus. Les moines &eacute;tant arriv&eacute;s dans cette r&eacute;gion du Pacifique entre la Premi&egrave;re et la Deuxi&egrave;me Guerre Mondiale.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tLe professeur Bryant Allen, de l&rsquo;Universit&eacute; Nationale Australienne, que j&rsquo;ai &eacute;galement interrog&eacute; lors de mon enqu&ecirc;te, explique que des officiers missionnaires australiens avaient jug&eacute; que certains indig&egrave;nes &laquo; ressemblaient &agrave; des Juifs &raquo;. Ils en conclurent, peut-&ecirc;tre h&acirc;tivement, que les Gogodalas descendaient des tribus perdues ; ce rapprochement reposait, selon lui, sur des st&eacute;r&eacute;otypes physiques non av&eacute;r&eacute;s, relevant probablement d&rsquo;une bonne dose d&rsquo;antis&eacute;mitisme, &agrave; la mode dans les ann&eacute;es 30-40.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tL&rsquo;id&eacute;e de provenir d&rsquo;une tribu perdue s&rsquo;av&egrave;re apparemment assez commune dans les environs du Pacifique. C&rsquo;est Lynda Newland, une conf&eacute;renci&egrave;re aupr&egrave;s de l&rsquo;Universit&eacute; du Sud Pacifique, dans les Iles Fiji, qui me le confie.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tElle me confirme que cette id&eacute;e s&rsquo;est propag&eacute;e dans les &icirc;les par le biais de missionnaires chr&eacute;tiens. Pas les m&ecirc;mes que ceux mentionn&eacute;s pr&eacute;c&eacute;demment toutefois, puisque Lynda Newland fait pr&eacute;cis&eacute;ment allusion aux missions chr&eacute;tiennes pr&eacute;sentes en Oc&eacute;anie d&egrave;s le XIX<sup>&egrave;me<\/sup> si&egrave;cle.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tLes missionnaires mettaient tr&egrave;s souvent l&rsquo;accent sur l&rsquo;Ancien Testament dans leur enseignement, de m&ecirc;me que sur les &eacute;critures h&eacute;bra&iuml;ques, &agrave; l&rsquo;instar de l&rsquo;Eglise M&eacute;thodique. La richesse des r&eacute;cits de l&rsquo;Ancien Testament a probablement impact&eacute; l&rsquo;imaginaire des indig&egrave;nes, les invitant &agrave; s&rsquo;identifier aux anciens H&eacute;breux.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tLes influences religieuses sur les tribus du Pacifiques peuvent &ecirc;tre multiples. A l&rsquo;instar de certains Gogodalas, qui sont capables de pratiquer &agrave; la lettre l&rsquo;une des religions chr&eacute;tiennes, et, simultan&eacute;ment, d&rsquo;adopter des rituels issus du juda&iuml;sme ; &agrave; l&rsquo;instar de la circoncision, de l&rsquo;hygi&egrave;ne alimentaire pr&eacute;conis&eacute;e dans la Bible et de la p&acirc;que juive.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tCes Papous &eacute;tudient les pri&egrave;res, les symboles et les salutations juives ; par exemple ils se saluent en se souhaitant <em>shalom<\/em>. Les voyages de pasteurs gogodalas en Isra&euml;l leur ont permis d&rsquo;apprendre et de rapporter une partie de ces pri&egrave;res et de ces rites ; d&rsquo;o&ugrave; l&rsquo;origine de la vid&eacute;o des Papous psalmodiant le <em>Shema<\/em><em>Isra&euml;l.<\/em><\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tLe mythe de la descendance s&eacute;mite est parfois si bien ancr&eacute; dans les esprits, que Tudor Parfitt a pu rencontrer, lors d&rsquo;une r&eacute;union de Gogodalas, une jolie jeune fille de la capitale, au grand-p&egrave;re maltais juif ayant fui lors de la Seconde Guerre mondiale en bateau, &eacute;chou&eacute; en Papouasie puis mari&eacute; &agrave; une Papoue, qui &eacute;tait en qu&ecirc;te d&rsquo;un mari juif.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tLe professeur anglais note toutefois qu&rsquo; &laquo; il n&rsquo;existe pas, &agrave; franchement parler, de juda&iuml;sme en Nouvelle Guin&eacute;e &raquo;. La religion mosa&iuml;que s&rsquo;y d&eacute;finit d&rsquo;avantage comme &laquo; une ethnicit&eacute;, un crit&egrave;re racial &raquo;, datant de la moiti&eacute; du XIX<sup>&egrave;me<\/sup> si&egrave;cle, servant &agrave; marquer une diff&eacute;rence sociale entre les diverses communaut&eacute;s.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tLynda Newland d&eacute;peint une situation similaire dans les Iles Fiji : les mythes de la Bible auraient &eacute;t&eacute; exploit&eacute;s par l&rsquo;Eglise M&eacute;thodique, ou Pentec&ocirc;tiste, afin d&rsquo;apporter une l&eacute;gitimit&eacute; morale et spirituelle &agrave; certains groupes, leur permettant d&rsquo;acqu&eacute;rir une position sup&eacute;rieure dans le jeu politique ou dans l&rsquo;acc&egrave;s aux ressources &eacute;conomiques. L&rsquo;identit&eacute; &laquo; juive &raquo; d&rsquo;une tribu figurerait ainsi davantage un genre de construction sociale, &eacute;labor&eacute;e par les missionnaires chr&eacute;tiens, qu&rsquo;une r&eacute;elle appartenance historique &agrave; celle-ci, voire un rapprochement intellect&eacute; avec le juda&iuml;sme.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tTony Waisa affirme, pour sa part, que son clan observait le Shabbat avant que les missionnaires chr&eacute;tiens, en 1945, ne d&eacute;placent le jour f&eacute;ri&eacute; hebdomadaire au dimanche. Cependant, le Pr. Parfitt &eacute;met des doutes quant &agrave; une quelconque pratique juive avant l&rsquo;arriv&eacute;e des Europ&eacute;ens, soulignant toutefois l&rsquo;absence de donn&eacute;es pour v&eacute;rifier ces pr&eacute;tentions.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tLe professeur demeure sceptique quant &agrave; la v&eacute;racit&eacute; scientifique d&rsquo;un lien historique des Papous avec les Juifs, mais il admet, dans le m&ecirc;me souffle, que &laquo; rien n&rsquo;est impossible &raquo;, prenant notamment en compte, par exemple, l&rsquo;&eacute;ventualit&eacute; de naufrages de navires transportant des passagers juifs.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tCes h&eacute;ritages coloniaux, politico-religieux, engendrent aujourd&rsquo;hui des cons&eacute;quences inattendues, notamment sur la perception qu&rsquo;ont les Gogodalas du conflit isra&eacute;lo-arabe. Parfitt rapporte ainsi que ces Papous soutiennent totalement Isra&euml;l, adoptant m&ecirc;me des &laquo; positions farouches, d&rsquo;extr&ecirc;me droite, et tr&egrave;s antimusulmanes &raquo;.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tIl s&rsquo;agit d&rsquo;une r&eacute;v&eacute;lation int&eacute;ressante, particuli&egrave;rement lorsque l&rsquo;on consid&egrave;re que la moiti&eacute; occidentale de l&rsquo;&icirc;le de Nouvelle-Guin&eacute;e, la Nouvelle-Guin&eacute;e Occidentale, (la Papouasie-Nouvelle-Guin&eacute;e constituant la moiti&eacute; orientale de l&rsquo;&icirc;le) constitue un territoire indon&eacute;sien musulman.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tDes groupes papous de cette r&eacute;gion souhaitent se d&eacute;tacher de l&rsquo;Indon&eacute;sie, qui a annex&eacute; cette partie de l&rsquo;&icirc;le en 1963, &agrave; la fin de la domination n&eacute;erlandaise. Ces ind&eacute;pendantistes sont victimes d&rsquo;une r&eacute;pression violente de l&rsquo;arm&eacute;e indon&eacute;sienne, force militaire du plus grand pays musulman de la plan&egrave;te.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tL&rsquo;islam, qui nourrit, quant &agrave; lui, l&rsquo;ambition de s&rsquo;implanter en Papouasie-Nouvelle-Guin&eacute;e, et qui est d&eacute;j&agrave; parvenu &agrave; convertir &agrave; la foi du proph&egrave;te quelques milliers de chr&eacute;tiens. La <em>Commission des droits de l&rsquo;Homme islamiques<\/em> (organisation ind&eacute;pendante bas&eacute;e &agrave; Londres, poss&eacute;dant le statut consultatif aupr&egrave;s du Conseil Economique et Social des Nations Unies) indique sur son site <a href=\"http:\/\/www.ihrc.org.uk\/show.php?id=119\">Internet<\/a>, en 1997, que la croissance de l&rsquo;islam en Papouasie Nouvelle-Guin&eacute;e a commenc&eacute; dans les ann&eacute;es 80, et que cette r&eacute;gion du monde aurait besoin d&rsquo;aide afin qu&rsquo;on y enseigne les pr&eacute;ceptes de l&rsquo;islam.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tOn compte environ 4000 musulmans sur cette partie papouasienne de l&rsquo;&icirc;le, principalement &agrave; Port Moresby, la capitale du pays. Pour l&rsquo;anecdote, le job de missionnaire, dans ces contr&eacute;es &eacute;loign&eacute;es, s&rsquo;est r&eacute;v&eacute;l&eacute;, au fil de l&rsquo;histoire, une activit&eacute; fort p&eacute;rilleuse : certaines tribus ayant d&eacute;coup&eacute; les VRP des religions afin de commercialiser leur chair. Ces pratiques semblent toutefois ne plus &ecirc;tre d&rsquo;actualit&eacute;.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tLa colonisation europ&eacute;enne a, ind&eacute;niablement, sem&eacute; aux antipodes des germes qui prennent aujourd&rsquo;hui des formes impr&eacute;visibles, diverses et vari&eacute;es. Le cas des Gogodalas et d&rsquo;Isra&euml;l d&eacute;montre ainsi que l&rsquo;Etat h&eacute;breu peut remplir la fonction d&rsquo;identificateur nationaliste ou spirituel pour des tribus du Pacifique. Exactement de la m&ecirc;me mani&egrave;re que la Palestine est utilis&eacute;e comme symbole afin de doper les diverses aspirations de nombreux musulmans aux quatre coins de la plan&egrave;te.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Papous-juifs ou Juifs-papous ? Par Sandra Ores &copy;Metula News Agency &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; L&rsquo;enregistrement vid&eacute;o d&rsquo;une communaut&eacute; de Papouasie-Nouvelle-Guin&eacute;e, chantant la pri&egrave;re juive Shema Isra&euml;l &ndash; &laquo; Ecoute Isra&euml;l &raquo;, la pri&egrave;re fondamentale du juda&iuml;sme &ndash;, dans leur accoutrement traditionnel papou, avait r&eacute;cemment tourn&eacute; sur Internet, provoquant une grande surprise chez ses spectateurs. &nbsp;&hellip;&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":16650,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"neve_meta_sidebar":"","neve_meta_container":"","neve_meta_enable_content_width":"","neve_meta_content_width":0,"neve_meta_title_alignment":"","neve_meta_author_avatar":"","neve_post_elements_order":"","neve_meta_disable_header":"","neve_meta_disable_footer":"","neve_meta_disable_title":"","_themeisle_gutenberg_block_has_review":false,"footnotes":""},"categories":[53,16,96,129,315,1,472],"tags":[],"class_list":["post-3646","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-afrique","category-judaisme","category-salomon","category-sandra-ores","category-tibeacuteriade","category-uncategorized","category-yahoo"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3646","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=3646"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3646\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/media\/16650"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=3646"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=3646"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=3646"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}