{"id":3760,"date":"2015-08-31T23:28:18","date_gmt":"2015-08-31T23:28:18","guid":{"rendered":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/?p=3760"},"modified":"2015-09-01T01:08:24","modified_gmt":"2015-09-01T01:08:24","slug":"qui-sont-les-juifs-orthodoxes-de-paris","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/qui-sont-les-juifs-orthodoxes-de-paris\/","title":{"rendered":"Qui sont les juifs orthodoxes de Paris?"},"content":{"rendered":"<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<div class=\"header-article\">\n<p>\n\t\tQui sont les juifs orthodoxes de Paris?<\/p>\n<p class=\"heure\">\n\t\tMarina Rafenberg<\/p>\n<\/div>\n<div id=\"content-article\">\n<div class=\"article_container \">\n<div class=\"entete\">\n<p>\n\t\t\t\tA l&#39;heure o&ugrave; l&#39;attitude de certains radicaux suscite la pol&eacute;mique en Isra&euml;l, L&#39;Express est all&eacute; au devant des juifs orthodoxes de la capitale. Un monde &agrave; part dans la communaut&eacute; juive.<\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<div class=\"header-article\">\n<p>\n\t\tQui sont les juifs orthodoxes de Paris?<\/p>\n<p class=\"heure\">\n\t\tMarina Rafenberg<\/p>\n<\/div>\n<div id=\"content-article\">\n<div class=\"article_container \">\n<div class=\"entete\">\n<p>\n\t\t\t\tA l&#39;heure o&ugrave; l&#39;attitude de certains radicaux suscite la pol&eacute;mique en Isra&euml;l, L&#39;Express est all&eacute; au devant des juifs orthodoxes de la capitale. Un monde &agrave; part dans la communaut&eacute; juive.<\/p>\n<\/p><\/div>\n<div class=\"contenu-article\">\n<p>\n\t\t\t\tDans un coin du 19e arrondissement de Paris, entre les stations Riquet et Laumi&egrave;re, une petite J&eacute;rusalem a vu le jour il y a plus de 20 ans. Des hommes barbus en costumes noirs, portant kippas ou chapeaux, des femmes en jupes longues coiff&eacute;es de perruques, d&eacute;ambulent dans ce quartier o&ugrave; hammams, commerces cacher et restaurants africains font bon m&eacute;nage. Rue de Thionville, des jeunes gens discutent en h&eacute;breux devant le centre d&#39;&eacute;tudes religieuses. Rue Riquet, une synagogue fond&eacute;e par des Tunisiens de Djerba rassemble quelques fid&egrave;les. Rue Petit, &eacute;picentre de la communaut&eacute;, s&#39;&eacute;rige le complexe scolaire Beth Haya Mouchka, qui accueille les tout-petits &agrave; la cr&egrave;che et 2000 filles du primaire au lyc&eacute;e.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tL&#39;&eacute;tablissement abrite aussi une synagogue, lieu de culte pour de nombreux loubavitch des environs. Ce samedi matin de janvier, ils viennent s&#39;y rassembler pour les pri&egrave;res du Shabbat. Les femmes murmurent, les hommes chantent. Au balcon, les &eacute;pouses entrevoient derri&egrave;re un rideau blanc leurs conjoints. Parfois, quand certains bavardent ou que les enfants courent un peu trop, le rabbin rappelle tout le monde &agrave; l&#39;ordre. Apr&egrave;s deux heures de pri&egrave;res et de commentaires de la Torah, l&#39;assistance profite, dans une ambiance festive, d&#39;un buffet offert par de jeunes mari&eacute;s.<\/p>\n<p class=\"title\">\n\t\t\t\t<strong>Une communaut&eacute; parmi les plus strictes de France<\/strong><\/p>\n<p>\n\t\t\t\tEn d&eacute;cembre dernier, une frange ultra-minoritaire mais radicale des haredims a suscit&eacute; la pol&eacute;mique en Isra&euml;l, en cherchant notamment &agrave; imposer la s&eacute;gr&eacute;gation hommes-femmes dans les bus ou en s&#39;en prenant &agrave; une fillette de huit ans habill&eacute;e selon eux de fa&ccedil;on &quot;ind&eacute;cente&quot;. Cette actualit&eacute; isra&eacute;lienne, largement comment&eacute;e en France, offre aujourd&#39;hui l&#39;occasion de s&#39;interroger sur la place, dans la soci&eacute;t&eacute; fran&ccedil;aise, de ces communaut&eacute;s dites &quot;orthodoxes&quot;. Quelques dizaines de milliers de personnes en France appartiendraient &agrave; cette tendance religieuse. Mais, le rabbin Moch&eacute; Lewin, porte-parole du grand rabbin de France se m&eacute;fie de cette qualification: &quot;Tout d&eacute;pend ce qu&#39;on entend par ce terme, nuance-t-il. De nos jours, on voit quelqu&#39;un porter une kippa et des barrettes et on dit c&#39;est un orthodoxe&quot;.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tPourtant, les communaut&eacute;s Loubavitch et Agoudas Hakehilos (en yiddish: &quot;Union des communaut&eacute;s&quot;) sont consid&eacute;r&eacute;es comme &eacute;tant les plus &quot;strictes&quot; de France. Elles ont une pratique rituelle rigoureuse et ne font pas partie du Consistoire, instance fond&eacute;e par Napol&eacute;on Ier pour organiser le culte isra&eacute;lite. Moch&eacute; Lewin explique que &quot;pour des raisons id&eacute;ologiques certaines synagogues pr&eacute;f&egrave;rent ne pas &ecirc;tre rattach&eacute;es au Consistoire &quot;. Le pr&eacute;sident de l&#39;association Agoudas Hakehilos, Daniel Altmann, souligne ainsi que celle de la rue Pav&eacute;e, dans le quartier parisien du Marais (4e), a toujours &eacute;t&eacute; ind&eacute;pendante afin de &quot; se pr&eacute;server de toute influence &quot;.<\/p>\n<div class=\"citation-400-left\">\n<div class=\"wraper\">\n<p>\n\t\t\t\t\t\t<strong>La population non juive ne comprend pas toujours les gens tr&egrave;s religieux<\/strong><\/p>\n<\/p><\/div>\n<\/p><\/div>\n<p>\n\t\t\t\tDans un pays la&iuml;c, allergique au communautarisme, l&#39;existence de ces soci&eacute;t&eacute;s pratiquantes &eacute;tonne et conduit notamment &agrave; se poser une question &quot;g&eacute;ographique&quot;: pourquoi les Juifs orthodoxes parisiens sont-ils ainsi regroup&eacute;s dans certains &quot;&icirc;lots&quot; du XVII&egrave;me, du XIX&egrave;me ou du XX&egrave;me? Selon le rabbin Lewin, la premi&egrave;re raison est d&#39;ordre pratique: &quot;Les juifs religieux doivent se rendre &agrave; pied &agrave; la synagogue pendant le Shabbat et donc ils vont habiter autour des lieux de culte existants&quot;. Autre explication: le d&eacute;veloppement d&#39;&eacute;coles confessionnelles dans certains quartiers a pouss&eacute; les familles pratiquantes &agrave; s&#39;en rapprocher, parfois pour des raisons de s&eacute;curit&eacute;.<\/p>\n<p class=\"title\">\n\t\t\t\t<strong>Augmentation des agressions d&#39;enfants juifs<\/strong><\/p>\n<p>\n\t\t\t\tDepuis 2000, et la seconde Intifada, les cas d&#39;agression d&#39;enfants juifs ont augment&eacute; et les inscriptions dans ces &eacute;coles aussi. Rivka, une commer&ccedil;ante S&eacute;pharade du 19e, commente: &quot;les enfants avec les kippas se font souvent emb&ecirc;ter. La population non juive ne comprend pas toujours les gens tr&egrave;s religieux. Il y a du racisme. Pourtant, ils ne g&ecirc;nent personne. Au sein de la communaut&eacute;, ils aident m&ecirc;me beaucoup. A la synagogue de la rue Petit, il y a des collectes pour les jeunes filles qui n&#39;ont pas assez d&#39;argent pour se marier. Ils vont aussi rendre visite aux malades &agrave; l&#39;h&ocirc;pital.&quot;<\/p>\n<div class=\"encadre-200-right\">\n<h3>\n\t\t\t\t\tDiff&eacute;rents courants<\/h3>\n<div class=\"entete-diap\">\n\t\t\t\t\tLe mouvement orthodoxe juif, n&eacute; en Allemagne au XIX&egrave;me, repose sur une pratique religieuse fid&egrave;le aux textes bibliques et &agrave; la &quot;<em>Halakha<\/em>&quot;, l&#39;ensemble des lois qui r&egrave;glent la vie quotidienne des Juifs. Il est travers&eacute; par plusieurs courants. Ainsi, les Haredim (&quot;Craignant-Dieu&quot; en h&eacute;breu) repr&eacute;sentent une grande partie de ces orthodoxes. Ils vivent g&eacute;n&eacute;ralement dans leurs quartiers, sous la direction de rabbins qui incarnent &agrave; leurs yeux le seul pouvoir l&eacute;gitime. Certains ont une pratique religieuse stricte mais acceptent de s&#39;immerger dans le monde moderne. D&#39;autres, comme ceux de la communaut&eacute; Edah Haredit, rejettent cette modernit&eacute;. Ils ont leurs propres tribunaux rabbiniques et &eacute;vitent la nourriture cacher des autres communaut&eacute;s. L&#39;usage de la t&eacute;l&eacute;vision est proscrit, le monde &quot;ext&eacute;rieur&quot; est per&ccedil;u comme une source de perversion. A J&eacute;rusalem, ils habitent notamment le quartier de M&eacute;a Sharim. La frange la plus radicale, largement minoritaire, d&eacute;nonce la mixit&eacute; homme femme avec une virulence qui a fait scandale en d&eacute;cembre dernier. Les Hassidim de Loubavitch, autre branche du courant Haredim, obeissent eux aussi un mode de vie tr&egrave;s strict mais ils ne s&#39;opposent pas totalement &agrave; la modernit&eacute;. Ils ne vivent pas reclus, et vont parfois au-devant des Juifs non pratiquants pour les rapprocher de leur religion.<\/div>\n<\/p><\/div>\n<p>\n\t\t\t\tD&#39;apr&egrave;s Haim Nisembaum, &agrave; la fois porte-parole des loubavitch, rabbin de la synagogue de la rue Petit et haut fonctionnaire, il y aurait 30 000 loubavitch en France. Une communaut&eacute; dont l&#39;image donn&eacute;e par les m&eacute;dias et le cin&eacute;ma est &agrave; ses yeux &quot;caricaturale&quot;. D&#39;apr&egrave;s lui, au-del&agrave; des apparences vestimentaires, les loubavitch ne sont ni &quot;pass&eacute;istes&quot; ni &quot;ultra-orthodoxes&quot;. D&#39;ailleurs, il estime que dans le juda&iuml;sme, l&#39;extr&eacute;misme reste &quot;marginal&quot; car cette religion est selon lui &quot;non conqu&eacute;rante&quot;.<\/p>\n<p class=\"title\">\n\t\t\t\t<strong>Des &eacute;coles juives hors contrat<\/strong><\/p>\n<p>\n\t\t\t\tAu coeur de paris, le Marais abrite le plus vieux quartier juif de la capitale. Une communaut&eacute; Haredi y est fortement repr&eacute;sent&eacute;e: Agoudas Hakehilos. Son pr&eacute;sident, Daniel Altmann, trader de profession, pr&eacute;cise que sa communaut&eacute; consid&egrave;re les r&egrave;gles du Talmud prioritaires. Environ 25 000 personnes en France se revendiquent de ce mouvement. Cette institution comprend une autorit&eacute; rabbinique, deux &eacute;coles, des centres d&#39;&eacute;tudes, un tribunal rabbinique, elle se charge de l&#39;organisation et de la surveillance de l&#39;alimentation cacher.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tContrairement &agrave; celle de la rue Petit, l&#39;&eacute;cole orthodoxe de la rue Pav&eacute;e, r&eacute;serv&eacute;e aux gar&ccedil;ons, est &quot;hors contrat&quot;, c&#39;est &agrave; dire qu&#39;elle est libre dans le choix des programmes, du corps professoral, et de ses &eacute;l&egrave;ves. Certains principes sont &agrave; respecter pour pouvoir inscrire ces enfants dans cet &eacute;tablissement o&ugrave; l&#39;enseignement religieux occupe toutes les matin&eacute;es: faire le Shabbat, ne pas avoir de t&eacute;l&eacute;vision chez soi&#8230; &quot;Les petits voient des choses mauvaises &agrave; la TV, on est tr&egrave;s prudent sur ce qu&#39;on fait entrer &agrave; la maison&quot;, assure Daniel Altmann, avant d&#39;ajouter, tr&egrave;s fier: &quot;notre label cacher est tr&egrave;s difficile &agrave; obtenir, et plus exigeant que celui du Consistoire&quot;. C&#39;est ainsi dans ces communaut&eacute;s: l&#39;alimentation d&eacute;finit souvent le degr&eacute; d&#39;orthodoxie.<\/p>\n<div class=\"citation-400-left\">\n<div class=\"wraper\">\n<p>\n\t\t\t\t\t\t<strong>Ces groupuscules construisent eux-m&ecirc;mes leurs murailles<\/strong><\/p>\n<\/p><\/div>\n<\/p><\/div>\n<p>\n\t\t\t\tD&#39;autres r&egrave;gles s&#39;imposent &agrave; tous. Aux femmes, notamment: l&#39;obligation de se couvrir la t&ecirc;te (m&ecirc;me hors de la synagogue), l&#39;interdiction de porter des pantalons. D&#39;apr&egrave;s Daniel Altmann, elles peuvent travailler mais de pr&eacute;f&eacute;rence &quot;dans des milieux o&ugrave; il n&#39;y a pas trop de contact avec les hommes&quot;. L&#39;entre-soi est &eacute;galement cultiv&eacute; par les mariages. Les filles se fiancent &agrave; 20 ans. Auparavant, il faut &quot;&eacute;viter le contact entre les filles et les gar&ccedil;ons&quot;. Les unions se r&eacute;alisent gr&acirc;ce &agrave; des connaissances familiales et amicales&#8230; Et &eacute;videmment, dans ce milieu, les mariages mixtes, avec une personne non-juive, &quot;&ccedil;a n&#39;existe pas&quot;. Les conversions sont possibles mais jug&eacute;es &quot;difficiles&quot;.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tLes Juifs orthodoxes de France ont tous pris leurs distances face aux &eacute;v&eacute;nements de d&eacute;cembre dernier en Isra&euml;l. Ainsi, m&ecirc;me s&#39;il d&eacute;finit sa communaut&eacute; comme &quot;haredi&quot; et invite chacun &agrave; &quot;laisser tranquille les gens tr&egrave;s religieux&quot;, Daniel Altmann assure se &quot; d&eacute;solidariser de ce qui s&#39;est pass&eacute; &agrave; Bet Shemesh&quot;. Moch&eacute; Lewin, le porte-parole du Grand rabbinat, d&eacute;nonce ces actes commis par des &quot;mouvements ultra minoritaires&quot;. A la suite de ces incidents, le Grand Rabbin, Gilles Bernheim a d&#39;ailleurs engag&eacute; une discussion sur la dignit&eacute; de la femme et sur son statut dans le juda&iuml;sme. M. Nisembaum, porte-parole de l&#39;association loubavitch, critique lui aussi l&#39;attitude d&#39;une minorit&eacute;: &quot;C&#39;est lamentable. Avant les juifs &eacute;taient coup&eacute;s du monde par la force des choses, mis dans des ghettos, et maintenant ces groupuscules construisent eux-m&ecirc;mes leurs murailles&quot;.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tEn France, m&ecirc;me si ces communaut&eacute;s orthodoxes paraissent ferm&eacute;es et peu port&eacute;es sur la modernit&eacute;, elles sont attach&eacute;es aux principes r&eacute;publicains de la&iuml;cit&eacute;, et ne voient pas de raison de changer le mod&egrave;le. Ainsi, Daniel Altmann juge &quot; ridicule &quot; la proposition d&#39;Eva Joly d&#39;instituer un jour f&eacute;ri&eacute; pour Yom Kippour. &quot;Moins la R&eacute;publique s&#39;occupe de nos affaires mieux c&#39;est&quot;, estime-t-il. Pour Moch&eacute; Lewin, &quot;la la&iuml;cit&eacute; est une chance pour le dialogue inter religieux. Mais il faut une la&iuml;cit&eacute; intelligente, et non d&#39;exclusion&#8230;&quot;<\/p>\n<\/p><\/div>\n<\/p><\/div>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&nbsp; Qui sont les juifs orthodoxes de Paris? Marina Rafenberg A l&#39;heure o&ugrave; l&#39;attitude de certains radicaux suscite la pol&eacute;mique en Isra&euml;l, L&#39;Express est all&eacute; au devant des juifs orthodoxes de la capitale. 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