{"id":38827,"date":"2026-10-03T03:35:16","date_gmt":"2026-10-03T03:35:16","guid":{"rendered":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/?p=38827"},"modified":"2026-10-03T03:35:16","modified_gmt":"2026-10-03T03:35:16","slug":"commentaires-fevrier-2006-archive-jusquau-13-fevrier-2006","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/commentaires-fevrier-2006-archive-jusquau-13-fevrier-2006\/","title":{"rendered":"Commentaires Fevrier 2006 : Archive jusqu&rsquo;au 13\/f\u00e9vrier\/2006"},"content":{"rendered":"<p><basefont\/> <a> <\/p>\n<div><\/div>\n<p><\/a><\/p>\n<hr\/>\n<hr\/>\n<div>\n<div>\n<div> <img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" alt=\"Haut de la page\" height=\"12\" src=\"https:\/\/harissa.com\/discus\/icons\/mark_top.gif\" width=\"12\"\/><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" alt=\"Message pr\u00e9c\u00e9dent\" height=\"12\" src=\"https:\/\/harissa.com\/discus\/icons\/mark_up.gif\" width=\"12\"\/><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" alt=\"Message suivant\" height=\"12\" src=\"https:\/\/harissa.com\/discus\/icons\/mark_down.gif\" width=\"12\"\/><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" alt=\"Bas de la page\" height=\"12\" src=\"https:\/\/harissa.com\/discus\/icons\/mark_bottom.gif\" width=\"12\"\/><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" alt=\"Lien vers ce message\" height=\"16\" src=\"https:\/\/harissa.com\/discus\/icons\/tree_m.gif\" width=\"20\"\/>  Par <b>Emile_Tubiana (Emile_Tubiana)<\/b> le lundi 13 f\u00e9vrier 2006 &#8211; 03h38: <\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<p> Comprendre L&rsquo;islam <\/p>\n<p>L\u2019ISLAM ET LA VIOLENCE UNE ANALYSE SELON TROIS RATIONALIT\u00c9S POUR TENTER DE COMPRENDRE LES ATTENTATS DU 11 SEPTEMBRE  par Hamadi Redissi (Universit\u00e9 de Tunis) et Jan-Erik Lane (Universit\u00e9 de Gen\u00e8ve) <\/p>\n<p>Introduction <\/p>\n<p>Les \u00e9v\u00e9nements de 11 Septembre 2001 posent naturellement la question de la place de la violence dans l\u2019Islam et le monde Arabo-Musulman. Il faut aller aux sources pour comprendre notre fa\u00e7on de penser cette violence et confronter avec la th\u00e9orie classique du Coran avec cette utilisation, par les terroristes, de la terreur. Dans ce qui va suivre, nous allons pr\u00e9senter les diverses rationalisations de la violence en tant que moyen vers une fin. On peut, du point de vue d&rsquo;une \u00e9valuation normative, l\u00e9gitimement douter de la rationalit\u00e9 en valeur de la violence. Cependant, celle-ci est con\u00e7ue d&rsquo;un point de vue t\u00e9l\u00e9ologique comme une continuation de la politique de domination de l&rsquo;islam par d&rsquo;autres moyens.  <\/p>\n<p>Nous verrons ensuite comment le terrorisme trouve difficilement sa place dans cette logique. Avant de pr\u00e9senter, pour finir, les trois \u00ab rationalit\u00e9s \u00bb, nous devons, au pr\u00e9alable, donner quelques clefs pour comprendre le statut de la violence dans l\u2019islam.   <\/p>\n<p>Max Weber a, dans sa th\u00e9orie comparative et magistrale sur les grandes religions du monde, incluse dans Economie et Soci\u00e9t\u00e9 (1971), seulement consid\u00e9r\u00e9 que le but du Djihad est l&rsquo;app\u00e9tit territorial et les chances de gain pr\u00e9bendal. Sa th\u00e9orie est donc insuffisante aujourd&rsquo;hui. Le Djihad se con\u00e7oit diff\u00e9remment \u00e0 notre \u00e9poque car les choses pr\u00e9bendales ne jouent pas une importance similaire comme \u00e0 ses d\u00e9buts.  <\/p>\n<p>Le statut de la violence dans le Coran  <\/p>\n<p>La violence s&rsquo;ins\u00e8re entre deux principes contraires : le respect de la vie et la tol\u00e9rance.  <\/p>\n<p>Le respect de la vie et de l&rsquo;int\u00e9grit\u00e9 physique sont constamment invoqu\u00e9s par le Coran. Il est prescrit de ne pas tuer injustement (6: 151) : celui qui tue un homme qui, lui-m\u00eame, n&rsquo;a pas tu\u00e9 est consid\u00e9r\u00e9 comme s&rsquo;il avait tu\u00e9 tous les hommes. Cela est ainsi prescrit aux fils d&rsquo;Isra\u00ebl (5: 32). La punition n\u2019est autre que l\u2019enfer (4: 91-92).  <\/p>\n<p>Le second principe est la tol\u00e9rance. Depuis le XIX\u00e8me si\u00e8cle jusqu&rsquo;\u00e0 nos jours, la pens\u00e9e islamique a d\u00fb recourir \u00e0 l&rsquo;ex\u00e9g\u00e8se afin de valoriser les vertus de tol\u00e9rance. De l&rsquo;ensemble des versets mis \u00e0 contribution, on peut d\u00e9gager trois id\u00e9es forces: la croyance est une affaire priv\u00e9e ; la proph\u00e9tie est une mission de t\u00e9moignage et non une volont\u00e9 de domination; enfin est soulign\u00e9 le droit \u00e0 la diff\u00e9rence religieuse.    <\/p>\n<p>Ces versets personnalisent tout d\u2019abord la croyance, c&rsquo;est-\u00e0-dire qu\u2019ils en font une affaire priv\u00e9e : \u00ab\u00a0\u00f4 vous qui croyez! vous \u00eates responsables de vous m\u00eames. Celui qui est \u00e9gar\u00e9 ne vous nuira pas, si vous \u00eates bien dirig\u00e9s \u00bb (5 : 105) ; ou encore : \u00ab\u00a0quiconque est bien dirig\u00e9, n&rsquo;est dirig\u00e9 que par lui-m\u00eame. Quiconque est \u00e9gar\u00e9 n&rsquo;est \u00e9gar\u00e9 qu&rsquo;\u00e0 son propre d\u00e9triment. Nul ne porte le fardeau d&rsquo;un autre\u00a0\u00bb (17 : 15).  <\/p>\n<p>Les versets affirment ensuite que le pro\u00adph\u00e8te a une mission \u00e9thique, en particulier le devoir de pr\u00e9venir les incroyants : \u00ab\u00a0fais entendre le Rappel ! Tu n&rsquo;es que celui qui fait entendre le Rappel et tu n&rsquo;es pas charg\u00e9 de les surveiller\u00a0\u00bb (88 : 21-22). Une telle contrainte rel\u00e8ve de la volont\u00e9 divine absolue :  \u00ab\u00a0si ton Seigneur l&rsquo;avait voulu, tous les habitants de la terre auraient cru. Est-ce \u00e0 toi de contraindre les hommes \u00e0 \u00eatre croyants, alors qu&rsquo;il n&rsquo;appartient \u00e0 personne de croire sans la permission de Dieu ?\u00a0\u00bb (10 :  99-100). Enfin, nous pouvons citer des versets relatifs au droit \u00e0 la diff\u00e9rence: \u00ab\u00a0pas de contrainte en religion\u00a0\u00bb (2 : 256) <\/p>\n<p>Du reste, chacun campe sur sa propre position : les incr\u00e9dules n&rsquo;adorent pas la religion de Mohammed et celui-ci a sa propre religion, et se d\u00e9voue \u00e0 son propre Dieu qu&rsquo;il adore.  <\/p>\n<p>Responsabilit\u00e9 personnelle de la croyance, mission de t\u00e9moignage et droit \u00e0 la diff\u00e9rence religieuse : tels sont donc les trois arguments avanc\u00e9s par les lib\u00e9raux pour d\u00e9montrer l&rsquo;existence d&rsquo;une tol\u00e9rance fondatrice en islam. Il furent d\u00e9j\u00e0 \u00e9labor\u00e9s au XIX\u00e8me si\u00e8cle lors du premier stade par Mohamed Abduh et repris, depuis, par un grand nombre de musulmans contemporains[1].   <\/p>\n<p>C\u2019est entre les deux principes que s&rsquo;ins\u00e8re la violence. Il faut rappeler que le Coran n&rsquo;a pas un seul mot pour rendre compte de la notion de la violence (&lsquo;unf), mais plusieurs autres comme la loi de talion (qi\u00e7\u00e2s), la guerre (harb), le combat meurtrier (qit\u00e2l), la guerre sainte (jih\u00e2d), couper les t\u00eates (dharb al-riq\u00e2b).  <\/p>\n<p>Nous devons signaler que les termes auxquels a actuellement recours la logique guerri\u00e8re, tels que \u00ab\u00a0\u00e9radication\u00a0\u00bb ou \u00ab\u00a0extirpation des racines de l&rsquo;extr\u00e9misme\u00a0\u00bb, rel\u00e8vent d&rsquo;un langage politique r\u00e9cent. Les anciennes expressions avaient d&rsquo;autres mots pour rendre compte de la m\u00eame strat\u00e9gie.  <\/p>\n<p>Comme nous l&rsquo;avons signal\u00e9, l&rsquo;interdiction formelle du meurtre souffre d&rsquo;exceptions. Ainsi, la loi de Talion (Ex. XXI : 23-25, L\u00e9v.XIV : 17-20, Deut. XIX, 21) dont l&rsquo;\u00e9quivalent en arabe est qi\u00e7\u00e2s : \u00ab\u00a0l&rsquo;homme libre pour l&rsquo;homme libre, l&rsquo;esclave pour l&rsquo;esclave, la femme pour la femme \u00ab\u00a0(2 : 178 ;  5 : 45) sans oublier la l\u00e9gitime d\u00e9fense (2 : 194). En droit public, il faut, bien s\u00fbr, mentionner l&rsquo;acte de guerre sainte ou jih\u00e2d (9 : 5), ou la lutte pour r\u00e9tablir l&rsquo;ordre public confessionnel.  <\/p>\n<p>Il est \u00e9vident que l&rsquo;islam, comme toute monoth\u00e9isme, valorise la paix (silm ou sal\u00e2m) qu&rsquo;il assimile \u00e0 la s\u00e9curit\u00e9, au Salut et parfois \u00e0 l&rsquo;islam lui-m\u00eame par d\u00e9rivation s\u00e9mantique de la m\u00eame racine (S.L.M.). La formule de salutation entre les musulmans est \u00ab\u00a0salut et paix sur vous\u00a0\u00bb (salam &lsquo;alaykum) : ceux qui croient entrent dans la Paix (2: 208). Dieu dirige sur le chemin du Salut (sal\u00e2m) (V, 16).  <\/p>\n<p>Pourtant, la guerre, bien qu&rsquo;elle soit d\u00e9testable, a une finalit\u00e9 l\u00e9gitime. L&rsquo;islam a un jus ad bellum (droit \u00e0 la guerre) et un jus in bellum (le droit dans la guerre). Sur la base d&rsquo;indications coraniques et de la pratique, la doctrine juridique a \u00e9labor\u00e9 une th\u00e9orie. Il y a, en effet, plusieurs esp\u00e8ces de djihad: &#8211; le djihad \u00e9quivalant \u00e0 l&rsquo;effort contre soi-m\u00eame, ses inclinations naturelles ou contre l\u2019adversit\u00e9. <\/p>\n<p>&#8211; le djihad par le c\u0153ur, la langue, la main et l&rsquo;\u00e9p\u00e9e. La th\u00e9orie du \u00ab\u00a0combat sacr\u00e9\u00a0\u00bb (guerre sainte, l\u00e9gale et juste) est ainsi \u00e9labor\u00e9e[2].  <\/p>\n<p>Mais, de m\u00eame que les croisades qui ont plusieurs sens dont un seul est standardis\u00e9, le djihad s&rsquo;est fix\u00e9 comme \u00e9tant la guerre par les armes. La guerre se subdivise elle-m\u00eame en guerre offensive, d\u00e9fensive, contre les polyth\u00e9istes, les gens du Livre, les rebelles, les ren\u00e9gats&#8230;   <\/p>\n<p>Il est aussi possible de faire une distinction entre la guerre sainte et la guerre d&rsquo;int\u00e9r\u00eat g\u00e9n\u00e9ral. La guerre sainte est d\u00e9clar\u00e9e contre les non musulmans, les pa\u00efens et les gens du Livre (juifs et chr\u00e9tiens). Les pa\u00efens doivent \u00eatre islamis\u00e9s et les gens du Livre peuvent garder leur religion en contre partie de l&rsquo;imp\u00f4t de capitation. Les guerres d&rsquo;int\u00e9r\u00eat g\u00e9n\u00e9ral ne sont pas saintes. Elles ont lieu entre musulmans, notamment pour le r\u00e9tablissement de l&rsquo;ordre public confessionnel contre les rebelles, les ren\u00e9gats et les brigands. Les r\u00e8gles de la guerre varient selon qu&rsquo;elles sont saintes ou d&rsquo;int\u00e9r\u00eat g\u00e9n\u00e9ral.   <\/p>\n<p>La division du monde selon Islam  <\/p>\n<p>La Shar\u00eea ne contient pas, \u00e0 proprement parler, de droit international. Mais on peut d\u00e9gager dans la shar\u00eea des principes qui r\u00e9gissent les entit\u00e9s internationales et des r\u00e8gles de droit humanitaire. L&rsquo;islam est une religion formelle et universelle. Dieu est un, mais les hommes sont s\u00e9par\u00e9s en tribus et en peuples. La religion musulmane, se consid\u00e9rant comme la derni\u00e8re, s&rsquo;est donn\u00e9e une doctrine qui divise l&rsquo;univers en trois mondes. Cette division n&rsquo;a pas de base coranique solide, mais fait partie de la doctrine juridico-politique.  <\/p>\n<p>Le premier monde est le monde ou maison de l&rsquo;islam (dar al-islam). Il ne s&rsquo;agit pas d&rsquo;un territoire g\u00e9ographique mais d&rsquo;un espace religieux intra muros. C&rsquo;est le monde o\u00f9 la loi islamique ou Sharia est souveraine, appliqu\u00e9e et respect\u00e9e. Ce monde est consid\u00e9r\u00e9 comme celui de la paix, de la s\u00e9curit\u00e9 et de la justice. Il regroupe les Musulmans, les minorit\u00e9s soumises et prot\u00e9g\u00e9es, et les \u00e9trangers de passage.  <\/p>\n<p>Le second monde ou maison est le monde de la guerre (dar al-harb). C&rsquo;est un monde hostile, extra muros, qui applique une loi non islamique ou bien dans lequel les musulmans ne peuvent pratiquer leur religion. Il est \u00e9galement le monde de l&rsquo;ins\u00e9curit\u00e9 et de l&rsquo;injustice. Il peut \u00eatre lointain ou limitrophe au territoire de l&rsquo;islam.  <\/p>\n<p>Le troisi\u00e8me monde est le monde de la r\u00e9conciliation ou de l&rsquo;alliance dit dar solh. Il s&rsquo;agit d&rsquo;un territoire neutre, qui n&rsquo;applique certes pas la loi musulmane, mais avec lequel l&rsquo;islam entretient des rapports pacifiques. Tel fut le cas de l\u2019Ethiopie, de la Nubie (une partie de l\u2019Egypte) et de Chypre.   <\/p>\n<p>Or, dans la soci\u00e9t\u00e9 contemporaine, les choses ont chang\u00e9. Nous pouvons penser \u00e0 un quatri\u00e8me monde non pr\u00e9vu par la Shar\u00eea. En effet, les Etats arabes (au nombre de 22) et islamiques (57, y compris les Etats arabes) sont aujourd&rsquo;hui des Etats ind\u00e9pendants et souverains. Comme nous l&rsquo;avons vu pr\u00e9c\u00e9demment, le droit interne qui les r\u00e9git a aboli la distinction entre infid\u00e8les et gens du Livre. Les constitutions reconnaissent la libert\u00e9 de conscience et les gens du Livre ne paient plus l&rsquo;imp\u00f4t de capitation. De plus, ces Etats sont membres de l&rsquo;organisation des Nations-Unies qui interdit le recours \u00e0 la force et r\u00e9git les rapports entre Etats sur la base de la coop\u00e9ration internationale pacifique. En adh\u00e9rant \u00e0 cette organisation, les Etats arabes et islamiques ont, de jure, abandonn\u00e9 la distinction entre monde de l&rsquo;islam et monde de la guerre. Ils l&rsquo;avaient fait bien avant : d\u00e8s la fin du moyen-\u00e2ge, en effet, les pays islamiques ont cess\u00e9 de propager l&rsquo;islam par la violence. Ils ont \u00e9t\u00e9 depuis la fin du XIXe si\u00e8cle, plut\u00f4t l&rsquo;objet d&rsquo;une violence adverse coloniale que les sujets actifs d&rsquo;une islamisation universelle du monde.   <\/p>\n<p>De plus, les Etats occidentaux ne peuvent plus \u00eatre assimil\u00e9s \u00e0 une \u00ab maison de la guerre \u00bb. De nombreuses minorit\u00e9s musulmans y vivent dans des conditions diff\u00e9rentes du Moyen-Age. Ils jouissent plut\u00f4t d&rsquo;une libert\u00e9 de croyance, au point qu&rsquo;ils se trouvent parfois pers\u00e9cut\u00e9s davantage dans les pays musulmans qu&rsquo;en Occident. L&rsquo;un des intellectuels les plus en vue actuellement en Europe, Tariq Ramadan, propose pour les Musulmans vivant en Occident de consid\u00e9rer l&rsquo;Occident comme une \u00ab\u00a0maison de t\u00e9moignage\u00a0\u00bb o\u00f9 ils peuvent pratiquer leur islam pacifiquement. Seul le radicalisme islamique continue \u00e0 penser le monde selon l&rsquo;ancienne distinction, faisant de l&rsquo;Occident, une maison de la guerre.  <\/p>\n<p>Nous pouvons \u00e0 pr\u00e9sent aborder le probl\u00e8me de la violence politique \u00e0 partir de l&rsquo;actualit\u00e9 de 11 Septembre: existe-t-il, en islam, une th\u00e9orie du meurtre politique ? Si oui, l&rsquo;\u00e9limination syst\u00e9matique des adversaires politiques se justifie-t-elle?  Y a-t-il, en islam, une \u00ab\u00a0essence\u00a0\u00bb dangereuse du politique &#8211; analogue \u00e0 celle dont parle Carl Schmitt &#8211; comme \u00e9tant une discrimination entre amis et ennemis, sur la base d&rsquo;une communaut\u00e9 existentielle qui l\u00e9gitime, plut\u00f4t status religionis que status naturalis, le droit donner la mort et de la recevoir[3] ?   <\/p>\n<p>Dans l\u2019Islam on peut identifier trois rationalisations diff\u00e9rentes de la violence. Les deux premi\u00e8res sont li\u00e9es \u00e0 la guerre sainte, la troisi\u00e8me \u00e0 la guerre d&rsquo;int\u00e9r\u00eat g\u00e9n\u00e9ral. Mais toutes les trois portent le dispositif cognitif qui fabrique de l&rsquo;ennemi. Ce dispositif est constitu\u00e9 de trois alternatives logiques: l&rsquo;islam ou la mort, l&rsquo;islam ou l&rsquo;humiliation, le repentir ou la mort.  <\/p>\n<p>La rationalit\u00e9 pros\u00e9lytiste  <\/p>\n<p>Vis \u00e0 vis des pa\u00efens, infid\u00e8les et polyth\u00e9istes, l&rsquo;alternative est exclusive: l&rsquo;islam ou la mort. On l&rsquo;appellera la \u00ab rationalisation pros\u00e9lyte \u00bb sur le mode coge entrare que Weber a compl\u00e8tement occult\u00e9 au profit de la seconde rationalit\u00e9: la rationalit\u00e9 pr\u00e9bendale.   <\/p>\n<p>En effet, contre les polyth\u00e9istes p\u00e8se le devoir de les tuer selon une tradition bien \u00e9tablie. Elle se fonde sur de nombreux versets, notamment celui de l&rsquo;immunit\u00e9 dit \u00e9galement \u00ab de l&rsquo;\u00e9p\u00e9e \u00bb. Les pa\u00efens ne devront la vie sauve que s&rsquo;ils embrassent l&rsquo;islam: \u00ab\u00a0O Proph\u00e8te! Combats les incr\u00e9dules et les hypocrites ; sois dur envers eux!\u00a0\u00bb (9: 73). Bien entendu, cet ordre se trouve contrebalanc\u00e9 par pr\u00e8s  de 124  autres versets qui appellent les musulmans \u00e0 la patience, \u00e0 la tol\u00e9rance, \u00e0 l&rsquo;amnistie et au pardon. N\u00e9anmoins, ce verset est capital car il figure dans le chapitre neuf du Coran qui accorde l&rsquo;immunit\u00e9 (bar\u00e2a) au proph\u00e8te qui avait d\u00e9j\u00e0 conclu une tr\u00eave avec les infid\u00e8les de la Mecque: \u00ab\u00a0apr\u00e8s que les mois se seront \u00e9coul\u00e9s, tuez les polyth\u00e9istes, partout o\u00f9 vous les trouverez, capturez-les, assi\u00e9gez-les, dressez-leur des embuscades\u00a0\u00bb (9 : 5). Il s&rsquo;agit d&rsquo;une lecture canonis\u00e9e par l&rsquo;ex\u00e9g\u00e8se classique qui estime que ce verset a abrog\u00e9 entre 114 et 124 versets sur la tol\u00e9rance et la lib\u00e9ralit\u00e9 \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard des incr\u00e9dules. Ce sont d\u2019ailleurs ces versets que font valoir les partisans qu&rsquo;on peut appeler \u00ab spinozistes \u00bb, favorables \u00e0 une interpr\u00e9tation charitable du Coran.   <\/p>\n<p>Int\u00e9ressons nous d\u00e8s lors aux conditions historiques d&rsquo;\u00e9nonciation de l&rsquo;alternative. Lors de la bataille dite de Bedr (624 A.D), le proph\u00e8te victorieux fit quelques cinquante prisonniers parmi lesquels se trouvaient des membres de sa famille et de nobles de koraysh, sa propre tribu, encore infid\u00e8le. Il consulta ses compagnons. Omar lui recommande de les mettre \u00e0 mort et Abou Bakr de les \u00e9pargner. Le proph\u00e8te h\u00e9sita. Apr\u00e8s avoir compar\u00e9 Omar \u00e0 No\u00e9 et Mo\u00efse qui implor\u00e8rent leur seigneur pour an\u00e9antir leurs ennemis,  ainsi qu\u2019\u00e0 Abraham et J\u00e9sus qui  plaid\u00e8\u00adrent aupr\u00e8s de leur seigneur l&rsquo;indulgence et la mis\u00e9ricorde, il tran\u00adcha pour la ran\u00e7on pr\u00e9lev\u00e9e sur les nobles koraychites au profit des convertis, pauvres et mis\u00e9reux. Dieu intervint pour faire des re\u00adproches \u00e0 son envoy\u00e9. Quoi! tu combats pour l&rsquo;acquisition du butin et non \u00e0 l&rsquo;effet de rendre victorieuse la religion d&rsquo;Allah de toute autre ? Dans le texte, en effet, \u00ab\u00a0il n&rsquo;appartient pas \u00e0 un proph\u00e8te de faire des captifs, tant que, sur la terre, il n&rsquo;a pas compl\u00e8tement vaincu les incr\u00e9dules\u00a0\u00bb. Dieu ajouta : \u00ab\u00a0si une prescription de Dieu  n&rsquo;\u00e9tait d\u00e9j\u00e0 intervenu, un terrible ch\u00e2timent vous aurait atteints \u00e0 cause de ce dont vous \u00eates empar\u00e9s\u00a0\u00bb (8 : 67-68). Depuis, la tradition fixe les termes de l&rsquo;alternative pour les polyth\u00e9istes : l&rsquo;islam ou la mort. Toutefois, plus tard, les th\u00e9oriciens, s\u00fbrement consciente de la brutalit\u00e9 du dilemme, le corrig\u00e8rent en ad\u00adjoignant au vainqueur d&rsquo;autres possibilit\u00e9s, se fondant sur la base d&rsquo;un autre verset : il aura, \u00e0 son avantage, le choix entre leur mise \u00e0 mort, exiger d&rsquo;eux une ran\u00e7on, en faire des esclaves, ou enfin les gracier (47 : 4).   <\/p>\n<p>Le chapitre neuf du Coran est devenu une pi\u00e8ce ma\u00eetresse du dispositif islamiste. C&rsquo;est Sayyid Qutb qui en fera la th\u00e9orie, en assimilant les Musulmans vivant en terre d&rsquo;islam \u00e0 des infid\u00e8les vivant dans l&rsquo;\u00e2ge paganique et polyth\u00e9iste. C&rsquo;est la th\u00e9orie dite de la nouvelle \u00ab\u00a0jahiliyya\u00a0\u00bb (paganisme pr\u00e9-islamique) et qui justifie le meurtre du tyran comme Sadate, par exemple.   <\/p>\n<p>La rationalit\u00e9 des gens du Livre  <\/p>\n<p>La seconde alternative  p\u00e8se sur les gens du Livre, les juifs et les chr\u00e9tiens  auxquels on ajoutait les Sab\u00e9ens, descendants de la reine de Saba, les Samaritains et les perses Zoroastriens qui ont, dit-on, un \u00ab\u00a0semblant\u00a0\u00bb de Livre ou un \u00ab quasi-livre \u00bb. Le fondement de ce statut est le Coran : \u00ab\u00a0combattez ceux qui, parmi les hommes ayant re\u00e7u des Livres r\u00e9v\u00e9l\u00e9s ne croient pas en Allah ni au jour supr\u00eame, qui ne d\u00e9clarent point interdire ce qu&rsquo;Al\u00adlah et son Ap\u00f4tre ont d\u00e9clar\u00e9 interdit et qui ne professent point la religion de la v\u00e9rit\u00e9, jusqu&rsquo;\u00e0 ce qu&rsquo;ils versent la capitation de leurs propres mains et avec humiliation\u00a0\u00bb (9 : 29). Le texte est clair, et son ex\u00e9g\u00e8se constante confirme le devoir de combattre les gens du livre. La seule note positive consiste \u00e0 dire, de la part des interpr\u00e8tes, que  l&rsquo;humiliation signifie, par euph\u00e9misme, que les prescriptions is\u00adlamiques les r\u00e9gissent.   <\/p>\n<p>Alternative malheureuse certes, mais une alternative non exclusive n\u00e9anmoins, qui emp\u00eache de penser qu&rsquo;on est devant une guerre totale \u00e0 caract\u00e8re exterminateur. Il faudra plut\u00f4t parler d&rsquo;une tol\u00e9rance r\u00e9siduelle sou\u00advent consacr\u00e9e par des trait\u00e9s de protection entre les musulmans et les gens du Livre.   <\/p>\n<p>Toutefois, le point de d\u00e9part fut la guerre entre musulmans et juifs. En effet, \u00e0 Yadhreb, future M\u00e9dine, coexistaient deux tribus Arabes fra\u00eechement islamis\u00e9es, mais en comp\u00e9tition tribale an\u00adcestrale : les Awz et les Khazrej, ainsi que trois tribus juives : les Bani Qaynoq\u00e2, les Bani Nadh\u00eer et les Bani Qorayzha. Les deux premi\u00e8res furent chass\u00e9es entre 624 et 625, et la troisi\u00e8me litt\u00e9ralement d\u00e9cim\u00e9e, deux ann\u00e9es apr\u00e8s. L&rsquo;historien Tabari raconte comment on se faisait la guerre, on mourrait, on abdiquait, on se convertissait et on fuyait sans que la mont\u00e9e aux extr\u00eames n&rsquo;aboutisse \u00e0 une v\u00e9ritable extermination collective. Mais alors, pourquoi un tel m\u00e9fait a-t-il \u00e9t\u00e9 commis? <\/p>\n<p>En fait, on a reproch\u00e9 aux juifs de s&rsquo;\u00eatre compromis avec les Arabes mecquois polyth\u00e9istes lors de la bataille du Foss\u00e9 dite du Khandag (627), du nom d&rsquo;un foss\u00e9 que les convertis avaient creus\u00e9 pour prot\u00e9ger Yadhreb (M\u00e9dine). Aussit\u00f4t que les mecquois furent repouss\u00e9s, soit l&rsquo;apr\u00e8s-midi m\u00eame, le proph\u00e8te s&rsquo;en prit aux Bani Qorayzha.  <\/p>\n<p>Cet ar\u00adgument purement politique n&rsquo;\u00e9puise pas la question puisque, d&rsquo;apr\u00e8s l&rsquo;historien classique de l&rsquo;islam, Tabari, le pro\u00adph\u00e8te a \u00e9t\u00e9 visit\u00e9 par l&rsquo;Ange Gabriel qui lui a enjoint de marcher sur les juifs et l&rsquo;a inform\u00e9 que les Anges avaient d\u00e9cid\u00e9 de ne pas d\u00e9poser les armes[4].  <\/p>\n<p>Le Coran fait \u00e9cho \u00e0 cette victoire : \u00ab\u00a0il a fait descendre de leurs forteresses ceux des gens du Livre ralli\u00e9s aux factions. Il a jet\u00e9 l&rsquo;effroi dans leurs c\u0153urs. Vous avez alors tu\u00e9 un partie d&rsquo;entre eux et vous avez r\u00e9duit les autres en captivit\u00e9\u00a0\u00bb (33 : 26).  <\/p>\n<p>Dans ces deux rationalit\u00e9s pros\u00e9lyte et pr\u00e9bendale, les combattants ob\u00e9issent \u00e0 un jus in bellum, la loi de la guerre juste: l&rsquo;ultimatum, le si\u00e8ge, l&rsquo;utilisation des moyens techniques n\u00e9cessaires \u00e0 la victoire. La trahison, la perfidie, l&#8217;emploi de fl\u00e8ches empoisonn\u00e9es, la destruction massive des habitations, et autres moyens inadmissibles sont l&rsquo;objet d&rsquo;une discussion entre juristes. Les uns les admettent, d&rsquo;autres les prohibent. Au cours des hostilit\u00e9s, l&rsquo;ennemi doit, quoi qu\u2019il en soit, \u00eatre trait\u00e9 avec justice (5:2), respect (6:109) et mis\u00e9ricorde (2: 195). En cas de victoire, les non combattants, les femmes, les enfants, les vieillards, les moines et la\u00efcs, les domestiques et esclaves deviennent des prisonniers. Ils font partie, avec leurs biens, du butin de guerre. Ils peuvent \u00eatre graci\u00e9s, r\u00e9duits en esclavage, \u00eatre vendus, ou peuvent payer une ran\u00e7on contre leur libert\u00e9. S&rsquo;ils sont monoth\u00e9istes, ils versent l&rsquo;imp\u00f4t de capitation.   <\/p>\n<p>Il est n\u00e9cessaire de rappeler que les gens du Livre (r\u00e9v\u00e9l\u00e9) avaient un double statut : un statut th\u00e9ologique suspect et un statut l\u00e9gal de prot\u00e9g\u00e9s. Th\u00e9ologiquement, ils \u00e9taient, \u00e0 la fois des amis et des ennemis. Amis du fait que leurs Livres, leurs croyances et leurs r\u00e9cits sont des sources d&rsquo;autorit\u00e9, d&rsquo;inspiration, et des preuves scripturaires indiscutables pour les Musulmans. Ennemis, ils \u00e9taient suspect\u00e9s de travestir les Ecritures, et \u00e9taient assimil\u00e9s, p\u00eale-m\u00eale, \u00e0 des hypocrites, des menteurs, des injustes. L\u00e9galement, la consid\u00e9ration \u00e9tait diff\u00e9rente selon qu&rsquo;ils \u00e9taient arm\u00e9s ou d\u00e9sarm\u00e9s. Arm\u00e9s, ils ob\u00e9issaient \u00e0 la loi de la guerre: la mort des combattants et la distribution du butin de guerre. D\u00e9sarm\u00e9s, ils b\u00e9n\u00e9ficiaient du statut de \u00ab\u00a0protection\u00a0\u00bb : ils  faisaient partie de la maison de l&rsquo;islam, sans faire partie de la communaut\u00e9 des musulmans. Ils payaient un imp\u00f4t de capitation dit \u00ab\u00a0Jeziya\u00a0\u00bb, un imp\u00f4t personnel qui concerne les m\u00e2les saints d&rsquo;esprit et \u00e9pargne la femme, l&rsquo;enfant, le d\u00e9ment, l&rsquo;esclave et l&rsquo;hermaphrodite douteux, consid\u00e9r\u00e9s comme des appendices d\u00e9pourvus de personnalit\u00e9 juridique propre. En contrepartie, ils pouvaient s&rsquo;adonner librement \u00e0 leur culte, dans l&rsquo;inf\u00e9riorit\u00e9 et l&rsquo;humiliation. Protection, autonomie et paiement de la capitation, telles sont donc les trois principes qui les r\u00e9gissent. C&rsquo;est ce qui a permis \u00e0 l&rsquo;islam m\u00e9di\u00e9val de g\u00e9rer les ethnies et les minorit\u00e9s religieuses, lesquelles se sont maintenues jusqu&rsquo;\u00e0 nos jours, un peu partout, au point qu&rsquo;on a parl\u00e9 de l&rsquo;islam comme d&rsquo;une mosa\u00efque d&rsquo;ethnies, de minorit\u00e9s et de confessions. Il faut attendre les Temps modernes, lorsque les pays islamiques adopt\u00e8rent des chartes comme Khatt Homayun turc en 1834 et le pacte de 1957 en Tunisie, sous la pression europ\u00e9enne, pour que soit reconnu aux  gens du livre le statut de citoyen \u00e0 part enti\u00e8re, au m\u00eame titre que les musulmans[5].   <\/p>\n<p>Le feu de la guerre sainte, cette \u00ab\u00a0\u00e9pop\u00e9e populaire musulmane type\u00a0\u00bb &#8211; pour reprendre l\u2019expression de Massignon[6] -, va \u00eatre rallum\u00e9 dans le second moment du nationalisme, contre le colonisateur assimil\u00e9 au nouveau crois\u00e9. Une fois l&rsquo;ind\u00e9pendance acquise, les r\u00e9gimes ont tent\u00e9 de d\u00e9placer le sens du djih\u00e2d vers la lutte contre la pauvret\u00e9 et le retard. De leur c\u00f4t\u00e9, les ex\u00e9g\u00e8tes lib\u00e9raux ont rappel\u00e9 que le sens du djihad \u00e9tait,[7] d&rsquo;abord, l&rsquo;effort contre soi-m\u00eame en vue d&rsquo;une perfection. Toutefois, ceci n&rsquo;a pas pu calmer les ardeurs et encore moins effacer de la religiosit\u00e9 populaire ce mythe du combattant qui s&rsquo;offre en martyre, en h\u00e2te de rejoindre le Paradis promis, sans avoir \u00e0 rendre compte de la mani\u00e8re avec laquelle il avait, sa vie durant, ob\u00e9i aux pr\u00e9ceptes.  <\/p>\n<p>La guerre sera prise en charge une troisi\u00e8me fois par l&rsquo;islamisme radical. Une nouvelle \u00e8re pour la \u00ab\u00a0s\u00e9dition confessionnelle\u00a0\u00bb commence. A titre d&rsquo;exemple, l&rsquo;\u00e9mir du groupe terroriste \u00e9gyptien \u00ab\u00a0anath\u00e8me et apostasie\u00a0\u00bb, devant la cour de s\u00fbret\u00e9 de l\u2019\u00e9tat, en 1977, r\u00e9pond avec une franchise d\u00e9concertante \u00e0 une question du juge : \u00ab\u00a0pour ce qui est de la guerre aux juifs, et du point de vue l\u00e9gal, c&rsquo;est un devoir impos\u00e9 \u00e0 la communaut\u00e9 islamique et c&rsquo;est ce que nous ferons, si Dieu le veut, quand nous prendrons le pouvoir\u00a0\u00bb[8]. Ainsi se reforme une cha\u00eene de la guerre, du mouvement Hamas au GIA alg\u00e9rien, en passant par le \u00ab\u00a0chi&rsquo;isme mortif\u00e8re\u00a0\u00bb fascin\u00e9 par le sacrifice de l&rsquo;imam Hussein[9]. On a alors parl\u00e9 de violence motiv\u00e9e par le d\u00e9sespoir r\u00e9dempteur qui  r\u00e9agit contre une soci\u00e9t\u00e9 plus attir\u00e9e par les plaisirs qu&rsquo;\u00e9prise de rigueur protestante! Probablement. En tout \u00e9tat de cause, le constat massif est l\u00e0 : des \u00e9trangers, des touristes, des religieux et  coop\u00e9rants sont assimil\u00e9s, p\u00eale-m\u00eale, aux gens du Livre,  \u00e0 des crois\u00e9s, des profanateurs, supp\u00f4ts d&rsquo;un complot colonialiste[10]. Et l&rsquo;objectif avou\u00e9 est simple: la conversion de l&rsquo;humanit\u00e9 en \u00ab\u00a0oummanit\u00e9\u00a0\u00bb[11].  <\/p>\n<p>Certes, on peut l\u00e9gitimement s&rsquo;insurger contre la confusion op\u00e9r\u00e9e, par exemple, entre le touriste, les gens du livre et les crois\u00e9s. Le statut de \u00ab\u00a0dhimmis\u00a0\u00bb (prot\u00e9g\u00e9s) a disparu en islam contemporain et le s\u00e9jour des \u00e9trangers ob\u00e9it aux dispositions du droit moderne. Mieux, l&rsquo;islam classique sublimait la figure de l&rsquo;\u00e9tranger  qui b\u00e9n\u00e9ficiait  de l&rsquo;hospitalit\u00e9 quasi-l\u00e9gendaire des Arabes, une sorte d&rsquo;\u00e9thique de l&rsquo;honneur b\u00e9douine, dite \u00ab\u00a0al-muruwa\u00a0\u00bb, vis \u00e0 vis du voyageur et du mendiant. Protection, honneur, revanche, sacrifice, loyaut\u00e9 et hospitalit\u00e9, tel est le contenu de la muruwa. Goldziher, dont Weber s&rsquo;inspira, ira jusqu&rsquo;\u00e0 voir dans la muruwa une \u00e9thique chevaleresque, la virtus latine[12]. Le sublime est atteint dans la litt\u00e9rature notamment dans un texte de Tawh\u00eedi, auteur du 10\u00e8me si\u00e8cle, sur l&rsquo;\u00e9tranget\u00e9 \u00e0 soi-m\u00eame: \u00ab\u00a0l&rsquo;\u00e9tranger est celui qui est \u00e9tranger dans son \u00e9tranget\u00e9 m\u00eame\u00a0\u00bb!   <\/p>\n<p>N\u00e9anmoins, d\u00e8s qu&rsquo;on se situe sur le terrain juridique, la fi\u00adgure mythique de l&rsquo;\u00e9tranger h\u00f4te,  s&rsquo;\u00e9vanouit pour c\u00e9der la place ou bien au  prot\u00e9g\u00e9 ou \u00e0 l&rsquo;ennemi crois\u00e9. Mais, si le prot\u00e9g\u00e9 vient \u00e0 violer pacifiquement le contrat de capi\u00adtation, en refusant de payer le tribut, par exemple, il est, au meil\u00adleur des cas graci\u00e9 par l&rsquo;imam ou expuls\u00e9 du territoire de l&rsquo;islam au besoin manu militari, et au pire des cas mis \u00e0 mort ou r\u00e9duit en esclavage. La protection peut s&rsquo;\u00e9tendre \u00e0 l&rsquo;ennemi harb\u00ee (guerrier) pourvu que le musulman lui consente l&rsquo;am\u00e2n, un sauf-conduit qui prot\u00e8ge sa vie et ses biens conform\u00e9ment au principe du respect de la parole donn\u00e9e[13]. Il peut s\u00e9journer, jusqu&rsquo;\u00e0 une ann\u00e9e, en terre d&rsquo;islam sans payer de tribut, mais  sans pouvoir non plus b\u00e9n\u00e9ficier de la protection due aux gens du Livre. Si l&rsquo;un et l&rsquo;autre, prennent les armes, ils redeviennent ennemis.   <\/p>\n<p>Weber ne pouvait voir la transformation, hic et nunc, de la rationalit\u00e9 pr\u00e9bendale en vue des butin en une rationalit\u00e9 pros\u00e9lyte: l&rsquo;islamisme radical est plus obs\u00e9d\u00e9 par la s\u00e9dition confessionnelle que par les chances de gains \u00e9conomiques. Aujourd&rsquo;hui la rh\u00e9torique de la violence islamiste permet alors d&rsquo;ex\u00e9cuter des innocents comme si les croisades sont encore \u00ab\u00a0un chapitre d&rsquo;histoire contemporaine\u00a0\u00bb[14]. A l&rsquo;\u00e2ge classique, les choses \u00e9taient plus claires: les Francs, crois\u00e9s, payaient de leur vie[15], ou bien ils \u00e9taient contraints de payer un droit de passage[16], une ran\u00e7on \u00e0 l&rsquo;ordre des assassins dont les adeptes \u00e9taient \u2013 le paradoxe est suggestif &#8211; d\u00e9guis\u00e9s justement en moines. S&rsquo;agissant d&rsquo;un usage, il arriva m\u00eame, d&rsquo;apr\u00e8s Lewis, que les assassins eux-m\u00eames paient un tribut au chevaliers Francs !  <\/p>\n<p>Actuellement, la question est de savoir qui  doit payer, et \u00e0 qui, une taxe de protection ou un droit de passage. Et \u00e0 supposer que le non musulman  se hasarde \u00e0 proclamer son ath\u00e9isme, il sort de la cat\u00e9gorie des gens du Livre pour devenir un pa\u00efen justiciable d&rsquo;une mort licite!  <\/p>\n<p>La rationalit\u00e9 \u00e9tatique  <\/p>\n<p>La troisi\u00e8me l\u00e9gitimation de la violence s&rsquo;ins\u00e8re dans la rationalit\u00e9 \u00e9tatique w\u00e9b\u00e9rienne, \u00e0 savoir le monopole de la contrainte l\u00e9gitime de la part de l&rsquo;\u00c9tat. Elle oppose les Musulmans \u00e0 eux-m\u00eames, l&rsquo;orthodoxie aux sectes ou pour employer le langage moderne, les dominants aux domin\u00e9s. Son alternative est la mort ou le repentir.  <\/p>\n<p>L&rsquo;enjeu est similaire \u00e0 celui-l\u00e0 m\u00eame qui agite l&rsquo;islam aujourd&rsquo;hui: l&rsquo;ordre public et les vrais pr\u00e9ceptes de l&rsquo;islam. L&rsquo;histoire des schismes en islam est parfois aussi compliqu\u00e9e qu\u2019inutile. Pour nous contenter des figures en rapport imm\u00e9diat avec l&rsquo;actualit\u00e9, nous en retiendrons trois: la transgression, la r\u00e9bellion et l&rsquo;apostasie. Except\u00e9, et ceci est essentiel, pour une compr\u00e9hension du statut de la guerre: ces actes guerriers sont cens\u00e9s relever non de la guerre sainte, mais des guerres d&rsquo;int\u00e9r\u00eat g\u00e9n\u00e9ral ayant pour but le r\u00e9tablissement de l&rsquo;ordre public religieux.   <\/p>\n<p>Mais d&rsquo;abord, \u00e0 quel ordre divin les Musulmans s&rsquo;adossent-ils pour se faire la guerre? Le Coran est d&rsquo;un secours exemplaire : \u00ab\u00a0si deux groupes de croyants se combattent, r\u00e9tablissez la paix entre eux. Si l&rsquo;un des deux se rebelle encore contre l&rsquo;autre, luttez contre celui qui se rebelle, jusqu&rsquo;\u00e0 ce qu&rsquo;il s&rsquo;incline devant l&rsquo;ordre de Dieu\u00a0\u00bb (49: 9). Le Coran utilise le verbe baghat, c\u2019est-\u00e0-dire transgresse, se d\u00e9tourne de la concorde, sort des limites, alors que la traduction utilise le verbe r\u00e9ducteur: se rebeller.  <\/p>\n<p>Premier terme classique pouvant ainsi servir \u00e0 qualifier ce que les pouvoirs publics entendent aujourd&rsquo;hui par les bandes h\u00e9r\u00e9tiques arm\u00e9es: les gens de la transgression ou de la d\u00e9sob\u00e9issance (ahl al-bagha), ceux qui d\u00e9sob\u00e9issent \u00e0 l&rsquo;autorit\u00e9 centrale, non \u00e0 titre individuel, mais en bande. Certains vont jusqu&rsquo;\u00e0 proclamer que le djih\u00e2d qui est men\u00e9 contre les excessifs est \u00ab\u00a0aussi valable, sinon davantage que celui conduit contre les infid\u00e8les\u00a0\u00bb[17]. En droit public, ils sont des ennemis, sauf, qu&rsquo;en tant que Musulmans, la guerre qui leur est opposable est d&rsquo;int\u00e9r\u00eat g\u00e9n\u00e9ral. S&rsquo;agissant donc d&rsquo;une guerre entre amis, une fois d\u00e9faits, ils sont ralli\u00e9s \u00e0 l&rsquo;autorit\u00e9. Leurs biens sont restitu\u00e9s, leurs morts re\u00e7oivent les lotions, les pri\u00e8res d&rsquo;usages et sont enterr\u00e9s dans les cimeti\u00e8res d&rsquo;islam. Certes, la pratique d\u00e9roge souvent \u00e0 ce jus in bellum entre fr\u00e8res. Toutefois, la formulation normative peut \u00eatre consid\u00e9r\u00e9e comme une garantie que certains pouvoirs publics ne sont pas actuellement en mesure d&rsquo;accorder aux gens de la transgression.   <\/p>\n<p>Deuxi\u00e8me argument utilis\u00e9 par le pouvoir pour r\u00e9tablir l&rsquo;ordre public: la lutte contre la r\u00e9bellion de la p\u00e8gre et des gangsters. A l&rsquo;\u00e2ge classique, on les appelait les muh\u00e2riboun, brigands et semeurs de troubles qui portent atteinte \u00e0 la libert\u00e9 de circuler. La lutte contre eux trouve une base l\u00e9gale dans un verset qui fixe contre ces r\u00e9fractaires \u00e0 l&rsquo;ordre public le r\u00e9gime alternatif des quatre sanctions \u00e0 leur infliger : la mort, la crucifixion, l&rsquo;amputation de la main droite et du pied gauche et le bannissement (5: 33). En fait, le r\u00e9gime est interm\u00e9diaire entre les trois formes de sanction et le repentir. Aujourd&rsquo;hui, beaucoup d\u2019Etats arabes ont adh\u00e9r\u00e9 \u00e0 \u00ab\u00a0la convention contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains et d\u00e9gradants\u00a0\u00bb[18]. Toutefois, cette adh\u00e9sion est formelle, donc non suivie d&rsquo;application, d&rsquo;autant plus que la shar\u00ee&rsquo;a demeure la norme fondamentale pour beaucoup d&rsquo;entre eux .  <\/p>\n<p>Troisi\u00e8me cat\u00e9gorie: l&rsquo;apostasie. L&rsquo;apostat est dit murtad ou ren\u00e9gat. Le Coran est muet sur son statut ; mais d&rsquo;apr\u00e8s une parole du proph\u00e8te, \u00ab celui qui sort de la religion tuez-le! \u00bb. Ce dit est contest\u00e9 et contestable car il est fort possible qu&rsquo;il ait \u00e9t\u00e9 pr\u00e9fabriqu\u00e9 ex-post pour justifier la mort des premiers apostats. Ceux-ci furent des tribus arabes islamis\u00e9es qui ont reni\u00e9 l&rsquo;islam aussit\u00f4t que le proph\u00e8te est d\u00e9c\u00e9d\u00e9. Le premier calife Abu Bakr (632-634) leur mena une guerre sans merci (\u00ab\u00a0les guerres d&rsquo;apostasie\u00a0\u00bb). Le pr\u00e9c\u00e9dent devient autorit\u00e9, mais la cat\u00e9gorie d&rsquo;apostasie va s&rsquo;\u00e9tendre d\u00e9mesur\u00e9ment.  <\/p>\n<p>M. Kerrou a d\u00e9montr\u00e9 la logique de l&rsquo;exclusion. A partir des fetwas (consultations) de blasph\u00e8mes et d&rsquo;apostasies \u00e0 l&rsquo;encontre de Salman Rushdie, l&rsquo;universitaire Hamed Abu Zeyd et le prix Nobel Mahfouz, il montre par quels m\u00e9canismes le blas\u00adph\u00e8me contre Dieu, l&rsquo;insulte au proph\u00e8te et l&rsquo;apostasie se trouvent apparent\u00e9s, par assimilation \u00e0 l&rsquo;infid\u00e9lit\u00e9 (kufr), et deviennent ainsi passibles de la peine de mort[19]. On pourrait penser qu&rsquo;il ne s&rsquo;agit que de cat\u00e9gories particuli\u00e8res si le reniement de la foi ne s&rsquo;\u00e9tendait d\u00e9mesur\u00e9ment : jeter un exemplaire du Coran, s&rsquo;habiller comme les infid\u00e8les, profaner, consid\u00e9rer licites des choses interdites comme la consommation de l&rsquo;alcool&#8230;   <\/p>\n<p>Aujourd&rsquo;hui, les ren\u00e9gats sont des femmes c\u00e9libataires, des la\u00efques accultur\u00e9s, des artistes prenant \u00ab la vie \u00e0 la l\u00e9g\u00e8re \u00bb[20]. C&rsquo;est ainsi que le Cheikh Ghazali, islamiste \u00e9gyptien t\u00e9moigne au nom de la d\u00e9fense devant la Haute Cour \u00e9gyptienne de s\u00fbret\u00e9 de l&rsquo;\u00c9tat, charg\u00e9e d&rsquo;instruire l&rsquo;affaire de l&rsquo;assassinat du la\u00efc F. Fouda par le Jih\u00e2d islamique, en 1992. Il d\u00e9clare alors que la sentence \u00e0 appliquer \u00e0 un apostat est la mort \u00e0 moins qu&rsquo;il ne se repente, et qu&rsquo;il il n &lsquo;y a pas non plus de ch\u00e2timent pour celui qui assassine un ren\u00e9gat, se substituant ainsi au pouvoir politique jug\u00e9 laxiste[21]. Les r\u00e9gimes islamiques sont complices puisque \u00ab\u00a0la d\u00e9claration des droits de l&rsquo;homme en islam\u00a0\u00bb, faite dans le cadre de l&rsquo;OCI (l&rsquo;organisation de la conf\u00e9rence islamique r\u00e9unissant les Etats musulmans) en 1990, en Egypte, affirme, dans l\u2019article 10, le m\u00eame principe: l&rsquo;interdiction de changer de religion tant que l&rsquo;islam est la religion \u00ab\u00a0naturelle\u00a0\u00bb (d\u00een al-fitra). On voit, encore une fois, comment l&rsquo;\u00c9tat entre en comp\u00e9tition avec les radicaux pour l&rsquo;appropriation du domaine de la gr\u00e2ce et de l&rsquo;\u00e9thique du salut. Imaginons un instant les cons\u00e9quences d&rsquo;une telle qualification: l&rsquo;apostat ne peut avoir la vie sauve par une quelconque compensation p\u00e9cuniaire; on ne mangera pas les b\u00eates qu&rsquo;il \u00e9gorge; on ne s&rsquo;alliera pas non plus \u00e0 lui par le lien du mariage, alors que toutes choses sont permises avec le prot\u00e9g\u00e9. Civilement, il n&rsquo;existe pas: son mariage est nul, il perd son droit \u00e0 la garde et au tutorat, il n&rsquo;h\u00e9rite pas. M\u00eame les r\u00e8gles de la juste guerre lui sont refus\u00e9es: on l&rsquo;attaquera de face et de derri\u00e8re; on ne lui accordera aucune tr\u00eave; son sang peut \u00eatre l\u00e9galement vers\u00e9 au cours du combat et en tant que prisonnier; ses biens deviennent butin de guerre; il ne m\u00e9ritera m\u00eame pas le statut d&rsquo;esclave.   <\/p>\n<p>Finalement, bien qu&rsquo;il s&rsquo;agisse d&rsquo;une guerre d&rsquo;int\u00e9r\u00eat g\u00e9n\u00e9ral, le sort de l&rsquo;apostat est pire que celui du polyth\u00e9iste. Le cercle de la violence se referme de nouveau sur la mort. Les Etats ayant souscrit \u00e0 la d\u00e9claration des droits de l&rsquo;homme en islam y ont-ils song\u00e9? Probablement pas, mais les radicaux, s\u00fbrement! Une telle approche englobe-t-elle le terrorisme, quatri\u00e8me stade de l&rsquo;\u00e9volution? La r\u00e9ponse n\u2019est pas tranch\u00e9e. Car il peut trouver sa place dans le cadre des trois rationalit\u00e9s t\u00e9l\u00e9ologiques, tout en \u00e9mergeant de logique de la violence l\u00e9gitime.  <\/p>\n<p>La terreur islamiste <\/p>\n<p>Aujourd&rsquo;hui, l&rsquo;islam, un peu partout, est partag\u00e9 entre deux camps rivaux, durs et irr\u00e9ductibles, marginalisant une troisi\u00e8me force m\u00e9diane et mod\u00e9r\u00e9e : les \u00e9radicateurs contre les islamistes radicaux. Deux questions nous semblent fondamentales : peut-on mettre sur le m\u00eame pied les \u00e9radicateurs et les terroristes? Et, existe-t-il, en islam, une th\u00e9orie du terrorisme? La premi\u00e8re question est politique, la seconde est cognitive. Commen\u00e7ons par la premi\u00e8re, la plus imm\u00e9diate car elle conditionne, partiellement, la seconde, l&rsquo;enjeu th\u00e9orique.  <\/p>\n<p>Refusant de se plier au verdict des urnes en cas de victoire, les extr\u00e9mistes se pr\u00e9valent d&rsquo;un mot d&rsquo;ordre: \u00ab\u00a0pas de libert\u00e9 pour les ennemis de la libert\u00e9\u00a0\u00bb ou \u00ab\u00a0pas de tol\u00e9rance pour les intol\u00e9rants\u00a0\u00bb[22].  <\/p>\n<p>Les radicaux sont, pour leur part, beaucoup plus difficiles \u00e0 identifier. Sont-ils tous des terroristes? Pas forc\u00e9ment. En tous cas, ce camp r\u00e9torque, dans l&rsquo;agitation, que le suffrage universel donne un droit \u00e9gal \u00e0 la participation politique pour tous, voire autorise la prise du pou\u00advoir. Mot d&rsquo;ordre alternatif du discours \u00ab\u00a0islamo-d\u00e9mocrate\u00a0\u00bb : profiter des \u00e9lections pour instaurer un Etat authentiquement islamique. On a maintes fois reproch\u00e9 aux deux camps leur duplicit\u00e9, comme si on avait les moyens de distinguer, en politique, l&rsquo;appara\u00eetre de l&rsquo;\u00eatre, l&rsquo;hypocrisie de l&rsquo;authenticit\u00e9[23].  <\/p>\n<p>Les islamistes au pouvoir, instaureront-ils un Etat th\u00e9ocratique? Certains en doutent. Nombreux sont ceux qui appellent \u00e0 prendre un risque bien calcul\u00e9. D&rsquo;abord, l&rsquo;exercice du pouvoir, disent-ils, mod\u00e8re les ambitions ; ensuite, le danger peut toujours \u00eatre \u00e9loign\u00e9 par une \u00ab\u00a0option Pinochet\u00a0\u00bb nous dit Huntington[24] ; enfin, l&rsquo;islam n&rsquo;est pas  une alternative \u00e0 \u00ab\u00a0la fin de l&rsquo;histoire\u00a0\u00bb[25]. Poussant le cynisme \u00e0 son terme, Haouri Lahouari estime que l&rsquo;accession de l&rsquo;islam radical au pouvoir peut \u00eatre une \u00ab\u00a0r\u00e9gression f\u00e9conde\u00a0\u00bb susceptible de donner aux forces d\u00e9mocratiques s\u00e9cularis\u00e9es la base populaire qui leur manque[26]! L&rsquo;impasse est r\u00e9elle. Au-del\u00e0 de la rationalit\u00e9 de joueurs sou\u00adcieux de pr\u00e9dire un coup gagnant, des questions poli\u00adtiques de fond demeurent. Faut-il se laisser abuser par \u00ab\u00a0les casseurs de barbus\u00a0\u00bb  ayant pour unique mot d&rsquo;ordre: \u00ab\u00a0Moi ou les Ayatollahs\u00a0\u00bb? Ghassan Salam\u00e9 refuse en bloc cette compromission.  <\/p>\n<p>Que faire? Distinguer les mod\u00e9r\u00e9s des terroristes? Passer de la confrontation \u00e0 une logique du dialogue en vue d&rsquo;int\u00e9grer les islamistes au jeu politique, par la cooptation ou la reconnaissance? En somme, sortir du dilemme en imaginant \u00ab\u00a0une issue d\u00e9mocratique\u00a0\u00bb [27] dont les conditions ont \u00e9t\u00e9 pos\u00e9es comme un affaiblissement du centre, une d\u00e9marcation non rigide entre ligne dure et ligne mod\u00e9r\u00e9e au sein de l&rsquo;arm\u00e9e, un compromis \u00e0 n\u00e9gocier sous la forme d&rsquo;un pacte entre r\u00e9formateurs au pouvoir et mod\u00e9r\u00e9s islamistes.  <\/p>\n<p>Le d\u00e9bat politique d\u00e9cisif pour les ann\u00e9es \u00e0 venir reste ouvert.  <\/p>\n<p>Mais encore faut-il affronter l&rsquo;enjeu th\u00e9orique: existe-t-il une th\u00e9orie du terrorisme en islam? On en conviendra facilement, sans doute, l&rsquo;islam n&rsquo;est pas l&rsquo;islamisme et l&rsquo;islamisme n&rsquo;est pas le terrorisme. De plus, le terrorisme est  un \u00ab\u00a0concept fourre-tout\u00a0\u00bb dont l&rsquo;extension d\u00e9mesur\u00e9e risque de d\u00e9boucher sur une amal\u00adgame entre diverses formes de violence extr\u00eame cibl\u00e9e et al\u00e9atoire (prises d&rsquo;otages, attentats contre soldats, kamikazes et autres actes criminels&#8230;)[28]. Il est \u00e9galement vrai que l&rsquo;usage syst\u00e9matique du meurtre, l&rsquo;homicide intentionnel et d\u00e9personnalis\u00e9, est li\u00e9 \u00e0 des \u00e9v\u00e9nements modernes : la terreur r\u00e9volutionnaire, le nationalisme et la d\u00e9mocratie[29]. Les Temps \u00ab pr\u00e9-modernes \u00bb connaissaient d\u00e9j\u00e0 quelques vari\u00e9t\u00e9s de l&rsquo;homicide li\u00e9 au corps politique, essentiellement le tyrannicide dont le premier pr\u00e9c\u00e9dent remonte au environs de 1200 avant J-C, au temps des Juges : Ehoud le benjamite lib\u00e9rant Isra\u00ebl des mains d&rsquo;Egl\u00f4n, roi de Moab, l&rsquo;assassinat auquel s&rsquo;adonn\u00e8rent les z\u00e9lotes, les germains et les assassins de l&rsquo;islam (auxquels on doit le mot \u00ab assassin \u00bb moderne), et bien entendu la violence institutionnelle de l&rsquo;Eglise[30].  <\/p>\n<p>Ce qui est nouveau avec le terrorisme contemporain, c&rsquo;est qu&rsquo;il est irrationnel: il franchit le \u00ab\u00a0seuil d&rsquo;acceptabilit\u00e9\u00a0\u00bb de la violence ; il efface les fronti\u00e8res entre l&rsquo;agent et la cible et l&rsquo;intention et la fin ; il instaure une rupture du lien entre la violence et l&rsquo;\u00e9thique que le tyrannicide, par exemple, tient \u00e0 \u00e9tablir et auquel il substitue une relation \u00e9thologique de pr\u00e9dateur \u00e0 proie.  <\/p>\n<p>Actuellement, les terroristes, bandes arm\u00e9es diss\u00e9min\u00e9es dans le monde, appartiennent au camp islamiste. Mais nous sommes d\u00e9sempar\u00e9s car nous ne savons pas s&rsquo;ils sont port\u00e9s en leur sein comme la m\u00e8re porte les petits, ou bien s&rsquo;ils viennent \u00e0 la suite \u00e0 son \u00e9chec politique, ou enfin s\u2019ils recourent au terrorisme pour \u00e9largir la zone d&rsquo;action jusqu&rsquo;\u00e0 se qu&rsquo;elle \u00e9pouse les contours du monde! Certains de leurs sympathisants d\u00e9noncent la \u00ab\u00a0terreur contre les terroristes\u00a0\u00bb et vont jusqu&rsquo;\u00e0 imputer \u00e0 la police d&rsquo;\u00c9tat la liquidation d&rsquo;intellectuels g\u00eanants ou de policiers pacifistes[31]!  <\/p>\n<p>L&rsquo;islam classique n&rsquo;a pas de mot sp\u00e9cifique pour qualifier ce que les Etats  modernes nomment : extr\u00e9misme (tatarruf), terrorisme (irh\u00e2b) et assassinat (ightiy\u00e2l). L&rsquo;islam classique utilisait plut\u00f4t le terme ghuluw (l&rsquo;exag\u00e9ration, l&rsquo;exc\u00e8s). L&rsquo;occurrence s&rsquo;applique \u00e0 toute attitude en opposition avec un certain islam mod\u00e9r\u00e9 qui abhorre l&rsquo;exc\u00e8s (2 : 143), de la pi\u00e9t\u00e9 aux opinions dissidentes. L&rsquo;argument est simple : le proph\u00e8te est envoy\u00e9 pour rendre la vie plus facile et moins g\u00eanante au croyant[32]. C&rsquo;est l&rsquo;esprit m\u00eame du mesotos (wasat) et d&rsquo;O\u00efkonomia (iqtis\u00e2d) qui a fait la gloire du \u00ab miror of Prince \u00bb en islam. Politiquement, le mot ghuluw se fixa pour d\u00e9signer les exc\u00e8s du shi&rsquo;isme (ghul\u00e2t al-ch\u00ee&rsquo;a). A la diff\u00e9rence des simples shi&rsquo;ites qui font de l&rsquo;imam un h\u00e9ritier du proph\u00e8te (par le Coran et le testament de Mohammed), cette faction va au del\u00e0 en d\u00e9fendant trois autres principes : l&rsquo;incarnationisme ou l&rsquo;infusion (l&rsquo;imam incarne l&rsquo;esprit saint) ; la m\u00e9tempsycose de la proph\u00e9tie (la proph\u00e9tie se transmet) ; et le libertinage (le refus de pratiquer le culte). Ce fut le cas des assassins (hash\u00e2shins) qui  avaient proclam\u00e9, le 8\/8\/1164,  la fin de la shar\u00eea et l&rsquo;av\u00e8nement de la \u00ab\u00a0grande r\u00e9surrection\u00a0\u00bb (al-qiy\u00e2ma al-kobra)[33]. En prenant les pr\u00e9cautions d&rsquo;usage qui consistent \u00e0 contextualiser les choses, ils s&rsquo;\u00e9taient r\u00e9fugi\u00e9s dans une montagne inaccessible, \u00e0 Alamut, un peu comme Ben Laden l\u2019a fait en Afghanistan.  <\/p>\n<p>De l\u00e0 \u00e0 ordonner l&rsquo;assassinat, il n&rsquo;y a qu&rsquo;un pas que l&rsquo;islam politique a saut\u00e9, et ce, d\u00e8s l&rsquo;origine. Non sans mal, il est vrai, car, si le Coran souscrit \u00e0 bien des formes de violence, il d\u00e9sapprouve l&rsquo;assassinat, l&rsquo;attentat pr\u00e9m\u00e9dit\u00e9 par tra\u00eetrise car \u00ab\u00a0Dieu n&rsquo;aime pas le tra\u00eetre incr\u00e9dule\u00a0\u00bb (32 : 38). Ce verset a \u00e9t\u00e9 interpr\u00e9t\u00e9 par les classiques comme interdisant l&rsquo;assassinat (fatk ou ightiy\u00e2l), sur la base des circonstances de sa r\u00e9v\u00e9lation : les croyants avaient consult\u00e9 Mohammed pour tuer les infid\u00e8les par tra\u00eetrise; et le proph\u00e8te le leur avait interdit. Toutefois, on d\u00e9nombre pas moins de sept meurtres par surprise et ruse contre cinq juifs (dont une femme) et deux Mecquois infid\u00e8les qui ont blasph\u00e9m\u00e9 contre Mohammed \u00e0 M\u00e9dine. L&rsquo;ordre a-t-il \u00e9t\u00e9 donn\u00e9 par Mohammed ? Ashmawy, en tant que la\u00efc musulman, le nie[34]. Les sources classiques ram\u00e8nent l&rsquo;assassinat \u00e0 une rationalit\u00e9 t\u00e9l\u00e9ologique : il s&rsquo;agirait d&rsquo;une tactique de guerre employ\u00e9e par le proph\u00e8te \u00e0 M\u00e9dine avant que l&rsquo;islam ne triomphe d\u00e9finitivement. Le sc\u00e9nario assassin se d\u00e9roule d&rsquo;une mani\u00e8re presque identique, d&rsquo;apr\u00e8s Tabari : choisir une ou deux personnes proches de la victime pour gagner sa confiance, l&rsquo;attirer dans un pi\u00e8ge de pr\u00e9f\u00e9rence la nuit, et enfin l&rsquo;ex\u00e9cuter pour jeter la terreur dans le c\u0153ur de l&rsquo;ennemi. Mais ce sc\u00e9nario exclut le suicide, le kamikaze (qu\u2019il ne faut pas confondre avec la mort au combat).  <\/p>\n<p>Par ailleurs, l&rsquo;interdiction du suicide d\u00e9coule du m\u00eame principe du respect de la vie (4 : 29- 30) et de la responsabilit\u00e9 de l&rsquo;homme \u00e0 rendre compte de ses actes ( 74 : 38), et m\u00eame de ses propres organes : \u00ab\u00a0il sera s\u00fbrement demand\u00e9 compte de tout : de l&rsquo;ou\u00efe, de la vue et du c\u0153ur\u00a0\u00bb (17 : 36). Avec le triomphe d\u00e9finitif de l&rsquo;islam, le terrorisme a \u00e9t\u00e9 exclu de la th\u00e9orie classique de la guerre.[35].  <\/p>\n<p>Seules les sectes h\u00e9t\u00e9rodoxes pourchass\u00e9es vont, en fait, y recourir. Avec le kharijisme, sortis des rangs d&rsquo;Ali, le terrorisme devient une strat\u00e9gie de la r\u00e9volution selon un mod\u00e8le s\u00e9quentiel qui passe, en fonction de la r\u00e9pression, par quatre phases: l&rsquo;\u00e9tat de d\u00e9vouement (la secte r\u00e9duite au silence) ; l&rsquo;\u00e9tat de secret (existence difficile) ; l&rsquo;\u00e9tat de r\u00e9sistance (la lutte arm\u00e9e) ; enfin l&rsquo;\u00e9tat de gloire quand la minorit\u00e9, se prenant pour la vraie maison de l&rsquo;islam, triomphe de la maison de la guerre. A l&rsquo;inverse, les shi&rsquo;ites, face \u00e0 la r\u00e9pression implacable, se retirent derri\u00e8re une th\u00e9orie de la dissimulation (la taqiyya) qui consiste \u00e0 cacher leur parti-pris pour Ali jusqu&rsquo;\u00e0 ce que Khomeiny y mette fin, dans les ann\u00e9es soixante.  <\/p>\n<p>Aujourd\u2019hui, les assassinats politiques reprennent dans la seconde phase nationale. Certes, les moyens orientaux ne sont ni plus sanguinaires, ni plus cruels que d&rsquo;autres peuples. Mais la liste des assassinats est assez fournie[36]. Le radicalisme sunnite contemporain du Djih\u00e2d, du Hamas, des Talibans et du GIA prend le relais, dans les troisi\u00e8me et quatri\u00e8me phases. Toutefois le terrorisme, dans la logique de ses adeptes, reste un moyen en vue d&rsquo;une fin. Mais son caract\u00e8re \u00ab\u00a0\u00e9thique\u00a0\u00bb demeure suspect, y compris du point de vue d&rsquo;une morale islamique \u00e0 caract\u00e8re strat\u00e9gique. La preuve nous est fournie par la difficult\u00e9 que le clerg\u00e9 shi&rsquo;ite du Hezbollah \u00e9prouve pour fournir une base religieuse \u00e0 la prise d&rsquo;otages ou justifier la terreur qui s&rsquo;est abattue sur les Twin Towers. Leurs chefs pr\u00e9f\u00e8rent se retrancher derri\u00e8re des justifications ad hoc telles que l&rsquo;utilisation des victimes comme moyen de pression ou d&rsquo;\u00e9change de prisonniers[37]. N\u00e9anmoins, au-del\u00e0 la ruse qui consiste \u00e0 \u00e9viter de passer pour les commanditaires des actes assassins, l&rsquo;usage de moyens extraordinaires rentre dans le  m\u00eame canon : la d\u00e9signation de l&rsquo;ennemi (les orgueilleux) et des amis (les d\u00e9sh\u00e9rit\u00e9s), ainsi que la logique des moyens (la terreur) et de la finalit\u00e9 (la r\u00e9publique islamique).  <\/p>\n<p>Sans doute, le terrorisme islamique actuel a-t-il des causes sociologiques modernes que les condamnations r\u00e9it\u00e9r\u00e9s des gouvernements islamiques, d\u00e8s lors qu&rsquo;ils en sont la cible et souvent une des causes propices, ne sont gu\u00e8re en mesure d&rsquo;effacer[38]. Toutefois, entre les assassins d&rsquo;hier et les commandos d&rsquo;aujourd&rsquo;hui, un lien de sympathie existe, faisant dans \u00ab\u00a0le m\u00eame d\u00e9sir anxieux et z\u00e9l\u00e9 de purger la communaut\u00e9 de l&rsquo;influence \u00e9trang\u00e8re\u00a0\u00bb[39], m\u00eame si, on ne le dira jamais assez, la diff\u00e9rence est profonde entre les deux types d&rsquo;extr\u00e9misme. Au risque donc de transformer les affinit\u00e9s \u00e9lectives en un parall\u00e8le rapide, les islamistes se pr\u00e9valent  pour justifier l&rsquo;\u00e9limination physiques de leur adversaires des m\u00eames pr\u00e9c\u00e9dents que ceux du pass\u00e9. S&rsquo;exilant dans un hors-lieu du monde impie, ils mettent en \u0153uvre implacablement les r\u00e8gles de la guerre sainte, s&rsquo;attaquent aux biens mat\u00e9riels et aux innocents. Du tyrannicide au terrorisme, en passant par la guerre sainte, ils parcourent toutes les s\u00e9quences de l&rsquo;histoire de la violence, presque indiff\u00e9rents au temps historique. Peu nous importe alors si le terrorisme, en fin de compte, est inefficace \u00e0 renverser les r\u00e9gimes en place comme le prouve l&rsquo;histoire. Cette strat\u00e9gie d\u00e9cline en coups diss\u00e9min\u00e9s, \u00e0 peine n\u00e9cessaires \u00e0  la survie des bandes arm\u00e9es.  <\/p>\n<p>Comment les id\u00e9es r\u00e9sistent-elles \u00e0 l&rsquo;\u00e9preuve de l&rsquo;histoire? Ni la g\u00e9n\u00e9alogie de Nietzsche, ni l&rsquo;arch\u00e9ologie de M. Foucault ne r\u00e9pondent \u00e0 la question. D\u00e8s les d\u00e9buts de l&rsquo;islam, apparaissent les premi\u00e8res et ultimes inqui\u00e9tudes de la religiosit\u00e9: sous quel mode se doit-on de vivre son salut-d\u00e9livrance ? : par la seule profession de foi en Dieu et en Mohammed ou, en plus de cela, par des devoirs imp\u00e9ratifs et une opinion sp\u00e9culative d\u00e9termin\u00e9e ? Quelle est la diff\u00e9rence entre la foi universelle (im\u00e2n) et l&rsquo;islam, religion sp\u00e9cifique? Toutes les th\u00e9ories sur l&rsquo;islam lib\u00e9ral n&rsquo;ont malheureusement pas pu mettre fin \u00e0 la surench\u00e8re qui agite l&rsquo;islam. Du meurtre des premiers califes (Othman et Ali) aux  r\u00e9cents attentats, c\u2019est toujours le m\u00eame geste inaugural, servant \u00e0 la fois comme mythe mobilisateur, attente eschatologique et utopie r\u00e9alisatrice.   <\/p>\n<p>Toutes les explications de la violence ne peuvent gu\u00e8re supprimer  notre intuition : une soci\u00e9t\u00e9 est \u00e0 m\u00eame de neutraliser \u00ab\u00a0la violence de conviction\u00a0\u00bb, au lieu d\u2019\u00eatre travaill\u00e9e par la pulsion destructrice. Wellhausen, sur lequel s&rsquo;appuie Weber, commence son histoire de l&rsquo;Empire Arabe par le constat que la religion est la marque sp\u00e9cifique de ces soci\u00e9t\u00e9s[40]. Or, selon le mod\u00e8le de l&rsquo;interpr\u00e9tation du texte religieux de Pier-Cesare Bori, le Texte grandit avec les lecteurs comme la m\u00e8re grandit avec ses enfants[41]. Pourtant, il semble que l&rsquo;islam ayant fait de ce m\u00eame religieux \u00ab\u00a0la raison d&rsquo;\u00eatre de l&rsquo;\u00c9tat, le principe de l&rsquo;unit\u00e9, le Staatgedanke\u00a0\u00bb[42] a diminu\u00e9 avec la lecture. Ou, pour \u00eatre optimiste, le Texte et les lecteurs ont mal grandi ensemble. La d\u00e9mocratie s\u00e9cularis\u00e9e pourra-t-elle r\u00e9concilier l&rsquo;islam et le monde? En tout cas, il s&rsquo;av\u00e8re aujourd&rsquo;hui que l&rsquo;islam peut de moins en moins grandir avec le fondamentalisme radical, apr\u00e8s avoir vainement tent\u00e9 de le faire sans, voire contre lui.  <\/p>\n<p>Conclusion  <\/p>\n<p>La tension entre l&rsquo;ordre politique et l&rsquo;ordre hi\u00e9ocratique est aujourd&rsquo;hui cruciale pour l&rsquo;islam. C&rsquo;est cette tension qui fait que les fondamentalistes et les Etats c\u00e9saro-papistes sont maintenant plus que jamais en comp\u00e9tition pour le monopole de la gr\u00e2ce. Le l\u00e9galisme de la shar\u00eea, au lieu d&rsquo;\u00eatre un droit th\u00e9ocratique qui fige les rapports commerciaux, est devenu chez les fondamentalistes une passion anim\u00e9e par une rationalit\u00e9 affectuelle et nostalgique. C&rsquo;est elle qui pousse les fondamentalistes \u00e0 contester les r\u00e9gimes islamiques et \u00e0 assimiler les  territoires de l&rsquo;islam \u00e0 des territoires infid\u00e8les du fait qu&rsquo;ils n&rsquo;appliquent pas int\u00e9gralement la shar\u00eea. Les fetwas,  quant \u00e0 elles, sont devenues une v\u00e9ritable cr\u00e9ation d&rsquo;obligations juridiques imp\u00e9ratives et non plus une justice de Cadi arbitraire, casuistique et subjective. Vis \u00e0 vis des non musulmans, la guerre sainte n&rsquo;a plus pour but le payement du tribut ou la conqu\u00eate de domaines f\u00e9odaux, mais elle est entreprise, comme le furent les croisades, sous la devise augustienne: coge entrare. Le combattant fondamentaliste de la foi n\u2019est plus un guerrier anim\u00e9 par les plaisirs ing\u00e9nus de la vie ici-bas, mais un h\u00e9ros messianique et mortif\u00e8re qui se sacrifie sur l&rsquo;autel de Dieu, attir\u00e9 par la promesse du salut et de l&rsquo;\u00e9ternit\u00e9 de son \u00e2me dans le paradis. S&rsquo;agit-il alors d&rsquo;un v\u00e9ritable salut, d&rsquo;une r\u00e9demption, d&rsquo;une pr\u00e9destination ou encore d&rsquo;une transfiguration n\u00e9gative de la logique de la d\u00e9livrance?  <\/p>\n<p>La question est maintenant ouverte. <\/p>\n<p>&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8211; <\/p>\n<p>[1] Abdoh, M. (1925) :  Expos\u00e9 de la religion musulmane. Trad. B. Michel &amp; Abderrazak M. Paris. <\/p>\n<p>Geuthner; Jomier, O.P (1954): Le commentaire coranique du man\u00e2r. Paris : Maisonneuve &amp; Cie,  chap.IX, pp.282-300. <\/p>\n<p>Merad, Ali (1974): \u00ab\u00a0Islam et violence\u00a0\u00bb, in Rencontre islamo-chr\u00e9tienne. Tunis : CERES,  pp.159-166. <\/p>\n<p>Hamidullah, M (1981): \u00ab\u00a0La tol\u00e9rance dans l&rsquo;oeuvre du proph\u00e8te \u00e0 M\u00e9dine\u00a0\u00bb, in L&rsquo;islam, la philosophie et les sciences. Paris : UNESCO,15-19. <\/p>\n<p>Amor, A &amp; al- (1995):  \u00c9tudes sur la tol\u00e9rance. Tunis:  Beit al-hikma &amp; IADH. <\/p>\n<p>Charif, Mohamed (1999): Islam et libert\u00e9. Paris: Albin Michel, pp.164-165.  <\/p>\n<p>[2] Morabia, Alfred (1993): Le g\u00eehad dans l&rsquo;islam m\u00e9di\u00e9val, Albin Michel, pp. 23-25. <\/p>\n<p>[3] Schmitt, C. (1972): La notion de politique. Paris : Calmann-L\u00e9vy, 66 &amp; sq. Voir L\u00e9o Strauss sur cette notion in Schmitt, C. (1988) : Parlementarisme et d\u00e9mocratie. -Paris : Seuil,  189-214. <\/p>\n<p>[4] Tabari: (1958):  Chronique (en arabe), vol. 1, 608-614. See version all\u00e9g\u00e9e des faits : Chronique de Tabari. Trad. Zotenberg. t.3. Paris : Lib.G.-P. Maisonneuve, pp. 68-72. <\/p>\n<p>[5] Leca, Jean &amp; Schmeil, Yves (1983) : \u00ab\u00a0Client\u00e9lisme et n\u00e9o-patrimonialisme dans le monde arabe\u00a0\u00bb. In Internationale Political Science Review, p.4.  <\/p>\n<p>[6]  Massignon, Louis (1963) : Opera Minora. t. 2. -Beyrouth:  d\u00e2r al-Ma&rsquo;\u00e2ref, 305. <\/p>\n<p>[7]  <\/p>\n<p>[8] Voir les compte-rendus d&rsquo;audience \u00e9dit\u00e9s par Ahmed, Rifaat Sayed (1991):   The Militant Prophet. London: Riad El-Rayyes Books, vol. 1,  1999. <\/p>\n<p>[9] Khosrokavar, F. (1993) \u00ab\u00a0Iran : de la r\u00e9volution \u00e0 l&rsquo;islamisme hezbollah\u00a0\u00bb. In Kepel, Gilles editor : Les politiques de Dieu. Paris: Seuil,  1989. Du m\u00eame auteur : L&rsquo;islamisme et la mort. Paris : l&rsquo;Harmattan, 1995. <\/p>\n<p>[10] Voir une bonne analyse sur la s\u00e9dition confessionnelle  qui pousse les terroristes \u00e0 s&rsquo;en prendre \u00e0  ces nouvelles cibles : Roussillon, Alain (1994):  \u00ab\u00a0Changer la soci\u00e9t\u00e9 par le jihad\u00a0\u00bb. In Le ph\u00e9nom\u00e8ne de la violence, op cit,  pp.295-319. <\/p>\n<p>[11] Kepel,  Gilles (1991): La revanche de Dieu. Paris: Seuil, 72. <\/p>\n<p>[12] Goldziher, I. (1967): Muslim studies.  London : Georges Allen &amp; Unwin Ltd, vol.1, 22 (chap.1 : Muruwa and d\u00een, 11-44). <\/p>\n<p>[13] Morabia, op cit, chap.VII, notamment, 211-214. <\/p>\n<p>[14] Voir justement l&#8217;emprise des croisades sur la conscience arabe moderne : SIVAN E (1995) :   Mythes politiques arabes.  Paris : Fayard\/Esprit de la cit\u00e9,  chap.1, pp.23-65. <\/p>\n<p>[15] Les plus c\u00e9l\u00e8bres furent le Comte Raymond II de Tripoli et Syrie, abattu en 1129 ou 30, Conrad, marquis de Montferrat, \u00e0 Tyr en 1192.  <\/p>\n<p>[16] Comme Louis IX (Saint Louis) et Fr\u00e9deric II, empereur germain. <\/p>\n<p>[17] Morabia, op cit, p.304. <\/p>\n<p>[18]Alg\u00e9rie, Arabie Saoudite, Bahrein, \u00c9gypte, Jordanie, Koweit, Maroc, Mauritane, Somalie, Libye,  Tunisie  et Y\u00e9men. <\/p>\n<p>[19] Kerrou, Mohamed (1996): \u00ab\u00a0Blasph\u00e8me et apostasie en islam\u00a0\u00bb. In Monoth\u00e9ismes et Modernit\u00e9s. Tunis: OROC\/Friedrich-Naumann Stifting, pp.117-204. <\/p>\n<p>[20] Voir  Leverrier, I (1993): \u00ab\u00a0LE FIS entre la h\u00e2te et la patience\u00a0\u00bb. In Kepel, G. Editor: Les politiques de Dieu, op cit., pp.45-46.  <\/p>\n<p>[21] Voir la traduction de sa d\u00e9position in Maghreb  Machrek (1993), n\u00b0 141, 123. <\/p>\n<p>[22] Voir le d\u00e9bat en islam: (1995) La violence fondamentaliste . 3 vol.  Londres : Riad El-Rayyes Books Ltd. Voir aussi Al-Said, Rifaat, M. S. Al-Ashmawy  &amp; A. K. Khalil (1994):   Contre l&rsquo;islamisme. Maisonneuve &amp; Larose. <\/p>\n<p>[23] Leveau, R\u00e9my (1993):  Le sabre et le turban, Paris, Fran\u00e7ois Bourin, pp.203-204. <\/p>\n<p>[24] Huntington, Samuel P. (1996): \u00ab\u00a0Democracy for the long Haul\u00a0\u00bb, in Journal of Democracy, vol. 7, n\u00b0 2, April, pp.8-9 et p.11.  <\/p>\n<p>[25] Fukuyama, Francis (1992):   La fin de l&rsquo;histoire et le dernier homme, Paris, Flammarion, 246.  <\/p>\n<p>[26]  Lahouari, Addi (1994):  L&rsquo;Alg\u00e9rie et la d\u00e9mocratie. Paris: La d\u00e9couverte,  pp.186-188. L\u2019id\u00e9e a \u00e9t\u00e9 reprise:  \u00ab\u00a0Algerian tragic contradictions\u00a0\u00bb, in Journal of Democracy, July 1996, vol. 7, n\u00b0 3, pp.105-106. <\/p>\n<p>[27]  Mongin, Olivier, \u00ab\u00a0Fractures\u00a0\u00bb, in Esprit, Janvier 1995. <\/p>\n<p>[28] Beeman, William O (1986), \u00ab\u00a0Terrorism : community based or state supported?\u00a0\u00bb, in Arab-Americain Affairs, n\u00b016, Spring, pp.29-36, o\u00f9 il est d\u00e9fini par quatre \u00e9l\u00e9ments : actes ill\u00e9gaux ;  contre des objectifs d\u00e9fensifs ; \u00e0 but politique ; inacceptables selon d&rsquo;autres canons. Voir aussi Laqueur, William (1977), Terrorism, Londres, Weidenfeld and Nicolson,  pp.7 et 79. <\/p>\n<p>[29] Laqueur, W., op cit., pp.3-20 . Dans le m\u00eame sens, mais avec un rappel analogique constant aux pr\u00e9c\u00e9dents historique, voir aussi Ford, Franklin L. (1985): Le meurtre politique. Du tyrannicide au terrorisme. Paris, PUF\/histoires, p.346.  <\/p>\n<p>[30]  Ford, op cit., chapitres 1-8. <\/p>\n<p>[31] A titre indicatif, voir Burgeat, Fran\u00e7ois (1988),  L&rsquo;isla\u00admisme au Maghreb. Paris, Khartala,  pp.111-113. <\/p>\n<p>[32] Gardet, Louis (1977)  Les hommes de l&rsquo;islam. Paris: Hachette,  p.76. Voir aussi Brunshvig, Roger (1976): Etudes d&rsquo;islamologie, Paris, Vrin,  volume 1, p.180. <\/p>\n<p>[33] Corbin, Henry (1961): Trilogie isma\u00e9lienne, Paris, Adrien Maisonneuve, volume 3, pp.3-23;  <\/p>\n<p>[34] Ashmawy, Mohamed S. (1994): Terreur et terrorisme <\/p>\n<p>au Moyen Orient\u00a0\u00bb, in Contre l&rsquo;islamisme, op cit., p.74.  <\/p>\n<p>[35] Lewis, Bernard (1998): \u00ab\u00a0License to kill\u00a0\u00bb, op cit., p.19. <\/p>\n<p>[36] Bill, James A. &amp; Leiden, Carl (1974): The Middle East. Politics and Power, USA, Allyn and Bacon, Inc., p.189. Voir en particulier l&rsquo;inventaire des assassinats au XX\u00e8me si\u00e8cle, de 1918 \u00e0 1973, p.216. <\/p>\n<p>[37] Sur le Hezbollah, voir Carr\u00e9, Olivier (1987): \u00ab\u00a0Quelques mots sur Muhammed Husayn Fadhlallah\u00a0\u00bb, in Revue Fran\u00e7aise de Science Politique, p.37. Voir aussi    Kr\u00e4mer, D. (1988):  \u00ab\u00a0La morale du Hezbollah et sa logique\u00a0\u00bb, in Maghreb Machrek, janv.mars, pp.39-59.  <\/p>\n<p>[38] La derni\u00e8re  est celle du sommet des chefs d&rsquo;Etats de la Ligue arabe, suite \u00e0 la trag\u00e9die du  11 septembre 2001. Une fois n\u2019est pas coutume, la condamnation \u00ab\u00a0par le haut\u00a0\u00bb maintient l&rsquo;ambigu\u00eft\u00e9 sur laquelle nous nous appuyons, c&rsquo;est-\u00e0-dire la distinction entre le terrorisme et l&rsquo;action violente l\u00e9gitime. <\/p>\n<p>[39] Wright,  Robin (1985): The sacred rage. N.Y. : Linden Press\/Simon &amp; Shuster, 1985,  41. 8 <\/p>\n<p>[40] Wellhausen  J. (1909 reedited 1960): Das arabische Reich und sein Sturz. Berlin : Walter de Gruyter &amp; co. <\/p>\n<p>[41] Bori, Pier-Cesare (1991): L&rsquo;interpr\u00e9tation infinie. Paris: Cerf. <\/p>\n<p>[42] Von Grunebaum, G.E. (1953): Medieval islam. A Study in Cultural Orientation. Chicago, p.157. <\/p>\n<div>\n<div>\n<div> <img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" alt=\"Haut de la page\" height=\"12\" src=\"https:\/\/harissa.com\/discus\/icons\/mark_top.gif\" width=\"12\"\/><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" alt=\"Message pr\u00e9c\u00e9dent\" height=\"12\" src=\"https:\/\/harissa.com\/discus\/icons\/mark_up.gif\" width=\"12\"\/><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" alt=\"Message suivant\" height=\"12\" src=\"https:\/\/harissa.com\/discus\/icons\/mark_down.gif\" width=\"12\"\/><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" alt=\"Bas de la page\" height=\"12\" src=\"https:\/\/harissa.com\/discus\/icons\/mark_bottom.gif\" width=\"12\"\/><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" alt=\"Lien vers ce message\" height=\"16\" src=\"https:\/\/harissa.com\/discus\/icons\/tree_m.gif\" width=\"20\"\/>  Par <b>Mena (Mena)<\/b> le lundi 13 f\u00e9vrier 2006 &#8211; 00h52: <\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<p> De la tol\u00e9rance religieuse musulmane : ce qui est rarement \u00e9voqu\u00e9 (info # 011202\/6) [analyse] <\/p>\n<p>Par Masri Feki \u00a9 Metula News Agency  <\/p>\n<p>L\u2019affaire des caricatures danoises [1] de Mahomet, qui a provoqu\u00e9 de vives tensions au cours des deux derni\u00e8res semaines entre Copenhague et certains Etats islamiques [2], suscite aupr\u00e8s du grand public occidental des interrogations l\u00e9gitimes quant \u00e0 la perception des libert\u00e9s d\u2019expression et de croyance par les communaut\u00e9s musulmanes en Occident et dans leurs pays d\u2019origine.  <\/p>\n<p>Pour certains illumin\u00e9s de la Bien-Pensance occidentale, les douze illustrations en question n\u2019auraient pas d\u00fb \u00eatre publi\u00e9es parce qu\u2019elles repr\u00e9senteraient le proph\u00e8te de l\u2019Islam comme un guerrier et un polygame. Mais en quoi cela pourrait-il choquer les musulmans si ces derniers reconnaissent que Mahomet avait \u00e9t\u00e9 \u00e0 la t\u00eate des gangs arabes lors des premi\u00e8res guerres expansionnistes de l\u2019Islam (en arabe les \u00ab Fotouhat \u00bb, pluriel du mot \u00ab Fatah \u00bb [3] qui signifie : invasion) et qu\u2019il avait plusieurs femmes ! D\u2019ailleurs la religion musulmane n\u2019autorise-t-elle pas ses fid\u00e8les \u00e0 avoir jusqu\u2019\u00e0 quatre \u00e9pouses ?  <\/p>\n<p>En r\u00e9alit\u00e9, ce qui a heurt\u00e9 la sensibilit\u00e9 des musulmans, c\u2019est plus le fait que leur proph\u00e8te ait pu \u00eatre repr\u00e9sent\u00e9 par une image [4] et non le contenu du message adress\u00e9 par ces repr\u00e9sentations artistiques. C\u2019est ce qu\u2019a d\u00e9clar\u00e9 vendredi dernier \u00e0 la mosqu\u00e9e Al-Azhar, Mohamed Sayed Tantawi, le cheikh de la plus grande instance musulmane sunnite dans le monde.   <\/p>\n<p>Mais on peut se demander en vertu de quelle norme un non-musulman serait-il tenu de respecter la loi islamique dans un pays la\u00efc ? Dans l\u2019\u00e9mission Al-Chari\u2019a wal Hayat (La charia et la vie) de la cha\u00eene qatarie Al-Jazeera, le tr\u00e8s respect\u00e9 cheikh Qardawi a d\u00e9clar\u00e9 cette semaine qu\u2019il \u00e9tait du devoir de tout musulman de r\u00e9pandre les pr\u00e9ceptes de sa religion dans \u00ab les pays de la d\u00e9bauche \u00bb et de d\u00e9fendre par le sabre l\u2019honneur de son proph\u00e8te.  <\/p>\n<p>Pour Hamadi Redissi, professeur de sciences politiques \u00e0 l\u2019universit\u00e9 de Tunis, cependant, \u00ab on assiste \u00e0 une tentative d\u2019imposer la charia (loi islamique) au monde \u00bb. Le professeur Redissi appelle les Occidentaux \u00e0 ne pas renoncer \u00e0 leur libert\u00e9 religieuse et \u00e0 la libre critique. \u00ab Si vous c\u00e9dez \u00bb, a-t-il d\u00e9clar\u00e9 au quotidien Il Giornale, \u00ab c\u2019en sera fini. Tous les pr\u00e9textes seront alors invoqu\u00e9s. Il n\u2019y aura pas de limite \u00bb.  <\/p>\n<p>Les r\u00e9actions d\u00e9mesur\u00e9es et plus ou moins belliqueuses des hautes instances musulmanes \u2013 sunnites et chiites \u2013 et de certains gouvernements islamiques sont d\u2019autant plus r\u00e9voltantes qu\u2019aucune de ces autorit\u00e9s n\u2019a jamais \u00e9mis la moindre protestation contre les nombreuses \u0153uvres litt\u00e9raires et artistiques, articles de presse et manuels scolaires arabes qui donnent une image tr\u00e8s n\u00e9gative des autres religions.  <\/p>\n<p>Dans les \u00e9coles syriennes, par exemple, on apprend aux \u00e9coliers de dix ans que les Juifs se servent du sang des enfants musulmans et chr\u00e9tiens pour le \u00ab sacrifice de Pessah \u00bb ; en Egypte, de m\u00eame, de nombreux articles parus au cours des dix derni\u00e8res ann\u00e9es ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9dig\u00e9s sur la f\u00eate juive de Pourim, pour laquelle les Juifs seraient tenus \u00e0 obtenir du sang humain, afin que leurs pr\u00eatres puissent pr\u00e9parer les p\u00e2tisseries propres \u00e0 Pourim ! [5]   <\/p>\n<p>En Arabie wahhabite, on enseigne aux \u00e9tudiants de troisi\u00e8me ann\u00e9e qu\u2019il est du devoir de chaque musulman de manifester m\u00e9pris et d\u00e9go\u00fbt chaque fois qu\u2019il croise un adorateur de la croix (un chr\u00e9tien). Ce discours qui ne refl\u00e8te que la haine gratuite et l\u2019intol\u00e9rance absolue semble faire \u00e9cole aujourd\u2019hui dans la r\u00e9gion du berceau des trois grandes religions monoth\u00e9istes. Le monde civilis\u00e9 doit comprendre qu\u2019un chr\u00e9tien ne vaut pas mieux qu\u2019un Juif dans l\u2019\u00e9tat d\u2019esprit des \u00e9gorgeurs fanatis\u00e9s et des br\u00fbleurs de livres.  <\/p>\n<p>Depuis deux semaines, les principaux m\u00e9dias arabophones donnent la parole \u00e0 des imams pr\u00e9tendant que l\u2019Occident aurait d\u00e9clar\u00e9 la guerre \u00e0 l\u2019Islam et que les pays musulmans devraient se mobiliser ! Les principaux repr\u00e9sentants de la communaut\u00e9 sunnite au Danemark ont quant \u00e0 eux pr\u00e9tendu que l\u2019islam respectait toutes les religions r\u00e9v\u00e9l\u00e9es (monoth\u00e9istes) et que les Occidentaux devaient faire preuve de plus de tol\u00e9rance. Qu\u2019en est-il alors des religions \u00ab non r\u00e9v\u00e9l\u00e9es \u00bb ?  <\/p>\n<p>Ces propos sont d\u2019autant plus scandaleux que le monde libre n\u2019a jamais cherch\u00e9 \u00e0 contr\u00f4ler la presse arabe, de m\u00eame que le Vatican ne s\u2019ing\u00e8re pas dans la r\u00e9daction des manuels scolaires en Arabie saoudite. Il est peut-\u00eatre utile de rappeler que si la litt\u00e9rature et l\u2019enseignement musulmans autorisent l\u2019existence des religions monoth\u00e9istes et reconna\u00eet leurs proph\u00e8tes (seulement ceux cit\u00e9s par le Coran), il n\u2019en va pas de m\u00eame des autres religions dites non r\u00e9v\u00e9l\u00e9es, telles que les principales confessions asiatiques, formellement interdites dans pratiquement tous les pays musulmans. M\u00eame dans les principaux pays arabes dits la\u00efcs-progressistes (Egypte, Syrie), tout converti \u00e0 une religion non-r\u00e9v\u00e9l\u00e9e est passible de la peine capitale !  <\/p>\n<p>Qu\u2019en est-il donc de cette tol\u00e9rance de l\u2019islam si vant\u00e9e en Occident ? En r\u00e9alit\u00e9, l\u2019islam n\u2019admet que les religions qu\u2019il a bien voulu reconna\u00eetre, dont il se revendique \u00eatre la continuit\u00e9. Et l\u00e0 encore, qu\u2019il s\u2019agisse du juda\u00efsme ou du christianisme, les textes bibliques ne sont tol\u00e9r\u00e9s que s\u2019ils sont interpr\u00e9t\u00e9s \u00e0 la fa\u00e7on islamique. Les Juifs et les chr\u00e9tiens seraient ainsi dans l\u2019erreur et l\u2019ignorance et leurs religions auraient \u00e9t\u00e9 falsifi\u00e9es. Pour les musulmans, une n\u00e9gation de ces principes est absolument inadmissible car elle remettrait en cause la validit\u00e9 des normes et des v\u00e9rit\u00e9s coraniques [6]. Cependant, au cours de l\u2019Histoire, cela n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 toujours le cas. A titre d\u2019exemples, sous le califat d\u2019Omar ibn El-Hattab, \u00e0 la suite de la r\u00e9volte des mages, ceux-ci ont fini par \u00eatre consid\u00e9r\u00e9s comme dhimmis [7], de m\u00eame que le troisi\u00e8me calife orthodoxe a inclus le sabe\u2019a (le culte des \u00e9toiles) dans la m\u00eame cat\u00e9gorie, alors que ces deux communaut\u00e9s ne sont pas des Gens du Livre ; deux exemples frappants qui d\u00e9montrent bien que l\u2019islam a toujours \u00e9t\u00e9 politique et demeure davantage une doctrine de domination politique qu\u2019une confession ; encore moins une philosophie.  <\/p>\n<p>Aujourd\u2019hui encore, la religion musulmane est instrumentalis\u00e9e au Moyen-Orient par tous ces r\u00e9gimes m\u00e9di\u00e9vaux en qu\u00eate de l\u00e9gitimit\u00e9 populaire. M\u00eame dans les \u00e9coles pr\u00e9tendument la\u00efques des r\u00e9publiques pseudo progressistes, on apprend aux \u00e9coliers coptes, kurdes et turkm\u00e8nes que leurs anc\u00eatres sont arabes et la confusion est maintenue au m\u00e9pris de la v\u00e9rit\u00e9 historique. Les pyramides sont \u00e0 porter au cr\u00e9dit de la \u00ab Nation arabe \u00bb. M\u00eame les proph\u00e8tes d&rsquo;Isra\u00ebl sont arabes selon ces manuels. Ainsi Abraham est le premier arabe musulman qui a pr\u00e9vu l\u2019av\u00e8nement de Mahomet, \u00e0 l\u2019instar de Mo\u00efse et du proph\u00e8te Issa ibn Mariam, autrement appel\u00e9 J\u00e9sus. On apprend aux \u00e9coliers que la Bible est r\u00e9dig\u00e9e en arabe, que  Babylone, la Syrie, la Jud\u00e9e ont toujours \u00e9t\u00e9 arabes et que l\u2019islam est la religion naturelle dans laquelle chacun na\u00eet mais dont certains parents d\u00e9tournent leurs enfants en les faisant chr\u00e9tiens, juifs ou autres. L\u2019islam est pr\u00e9sent\u00e9 comme l\u2019unique religion devant Dieu.   <\/p>\n<p>En Egypte, dans un manuel de classe pr\u00e9paratoire, un texte dit que le message de Mahomet a \u00e9t\u00e9 n\u00e9cessaire pour convertir \u00e0 l\u2019islam les koffar [8] parmi les ahl kitab [9] et les moushrikin [10]. Ceux qui ont m\u00e9cru apr\u00e8s avoir re\u00e7u ce message sont les pires personnages de la cr\u00e9ation ; ceux qui ont cru et ont fait du bien, en sont bien entendu les meilleurs. Un autre texte pr\u00e9cise que ceux qui ne croient pas \u00e0 Mahomet et complotent contre lui seront punis le \u00ab jour de la r\u00e9surrection \u00bb. Les termes koffar et moushrikin ne se limitent pas aux adeptes des religions non-monoth\u00e9istes mais englobent aussi, dans certains textes, les chr\u00e9tiens et les Juifs qui rel\u00e8vent normalement du statut plus favorable des dhimmis. En Syrie la\u00efque, un texte scolaire sur le droit de la famille critique le mariage mixte entre un musulman et une non-musulmane et interdit tout mariage entre une musulmane et un non-musulman.  <\/p>\n<p>Comme le souligne le juriste palestinien chr\u00e9tien, Sami Al-Deeb, le th\u00e8me de Djihad, guerre sainte, ne cesse de figurer dans les livres d\u2019enseignement religieux islamique, m\u00eame dans les pays arabes les plus progressistes. On y affirme que le musulman ne se soumet pas \u00e0 l\u2019ennemi de sa foi et de sa religion, qui s\u00e8me le d\u00e9sordre dans sa patrie et son pays. La parole du musulman doit \u00eatre toujours la plus haute. C\u2019est pourquoi il lutte jusqu\u2019\u00e0 la victoire, afin que la parole d\u2019Allah soit sup\u00e9rieure, et la parole des m\u00e9cr\u00e9ants inf\u00e9rieure. Il est parfois difficile de discerner s\u2019il s\u2019agit d\u2019une guerre d\u00e9fensive ou offensive qui vise \u00e0 \u00e9tendre l\u2019islam \u00e0 l\u2019ensemble du monde. Il n\u2019est pas non plus facile de se faire une id\u00e9e claire sur les rapports que le musulman doit entretenir avec l\u2019Etat. Alors m\u00eame que le gouvernement \u00e9tablit les manuels, certains \u00e9l\u00e9ments religieux radicaux auraient m\u00eame tendance \u00e0 justifier une lutte contre ce dernier.  <\/p>\n<p>Au Moyen-Orient dit arabe d\u2019aujourd\u2019hui, en dehors des cours de religion musulmane impos\u00e9s aux \u00e9tudiants n\u00e9s de p\u00e8res musulmans, les manuels en langue arabe sont fortement influenc\u00e9s par ces pr\u00e9occupations religieuses. En Egypte, par exemple, dans l\u2019introduction de l\u2019un de ces ouvrages, on peut lire que son but est de \u00ab graver dans le c\u0153ur des \u00e9l\u00e8ves les hautes valeurs qui approfondissent la foi en Allah et en la religion \u00bb. De mani\u00e8re g\u00e9n\u00e9rale, au Moyen-Orient, ces manuels comportent de nombreux textes coraniques et r\u00e9cits du proph\u00e8te de l\u2019Islam mais pas un seul texte de l\u2019Ancien ou du Nouveau testament [11]. Parfois m\u00eame, des r\u00e9cits bibliques qui se trouvent dans le Coran ne sont enseign\u00e9s que sous leur forme coranique, qui diff\u00e8re sensiblement de celle de la Bible. Les th\u00e8mes de ces ouvrages se rapportent uniquement \u00e0 la p\u00e9riode post\u00e9rieure \u00e0 la conqu\u00eate musulmane de l\u2019Egypte ; la p\u00e9riode pharaonique ou copte chr\u00e9tienne \u00e9tant compl\u00e8tement escamot\u00e9e.  <\/p>\n<p>Pour l\u2019opposant \u00e9gyptien r\u00e9sidant aux Etats-Unis, Magdi Khalil, le v\u00e9ritable probl\u00e8me est celui du syst\u00e8me \u00e9ducatif qui ne permet pas au musulman de conna\u00eetre l\u2019 \u00ab autre \u00bb, tandis que les non-musulmans apprennent le Coran dans le cadre des cours de litt\u00e9rature. En effet, et comme le souligne Sami Al-Deeb [12], dans les cours de langue arabe, l\u2019\u00e9tudiant chr\u00e9tien est oblig\u00e9 d\u2019apprendre et de r\u00e9citer des formules islamiques. Lors des r\u00e9citations, chaque texte coranique est pr\u00e9c\u00e9d\u00e9 par la locution : \u00ab Allah a dit\u2026 \u00bb. Les questions reviennent avec insistance : \u00ab Que dit Allah ? \u00bb.   <\/p>\n<p>De nombreux textes s\u2019efforcent d\u2019inculquer aux \u00e9tudiants les vertus sociales et le comportement juste, mais toujours \u00e0 partir des textes islamiques, tir\u00e9s le plus souvent du Coran. L\u2019islam a donc officiellement le monopole de la vertu et des bonnes actions. Un manuel \u00e9gyptien parmi d\u2019autres apprend \u00e0 tous les \u00e9l\u00e8ves sans distinctions comment \u00e9chapper \u00e0 l\u2019enfer : \u00ab croire en Allah, faire la pri\u00e8re, je\u00fbner pendant le Ramadan et faire le p\u00e8lerinage \u00e0 la Mecque \u00bb. Il est ensuite ajout\u00e9 qu\u2019Allah se venge des koffar, des m\u00e9cr\u00e9ants. Ceux qui ne croient pas au Coran doivent savoir qu\u2019ils n\u2019\u00e9chapperont pas \u00e0 la sanction divine le Jour du Grand Jugement (Yom al-Qiyama).  <\/p>\n<p>Si quelques caricatures parues initialement dans un modeste journal scandinave ont pu provoquer toute cette violence dans le monde musulman, et ont pu \u00eatre interpr\u00e9t\u00e9es par certains hommes d\u2019Etat de ce monde comme un \u00ab complot sioniste \u00bb cons\u00e9cutif \u00e0 la victoire du Hamas aux \u00e9lections l\u00e9gislatives palestiniennes, la r\u00e9action occidentale doit \u00eatre \u00e0 la hauteur de l\u2019enjeu.   <\/p>\n<p>En ce sens, il faudrait que nos sages et paisibles rabbins d\u2019Europe demandent aux dignitaires des hautes instances musulmanes de supprimer du Coran les passages \u00e0 caract\u00e8re clairement raciste et intol\u00e9rant, de remettre en cause le verset qui fait des Juifs des descendants des singes et des procs. J\u2019invite de m\u00eame nos honorables \u00e9v\u00eaques \u00e0 demander \u00e0 ce que soient condamn\u00e9s les hadiths (paroles) de Mahomet qui pr\u00eachent l\u2019extermination des infid\u00e8les et l\u00e9gitiment les guerres dites saintes. Des excuses qui ont d\u00e9j\u00e0 quatorze si\u00e8cles de retard.  <\/p>\n<p>Pour tout dire, les excuses pr\u00e9sent\u00e9es par certaines chancelleries occidentales sont r\u00e9voltantes. Elles d\u00e9notent de leur ignorance satisfaite autant que na\u00efve de l\u2019environnement \u00e9ducationnel qui r\u00e8gle la vie de la Umma, la nation des Croyants de l\u2019islam. Le Monde libre l\u2019est visiblement de moins en moins.   <\/p>\n<p>Notes :  <\/p>\n<p>[1] Caricatures parues dans le journal danois Jyllands-Posten et reprises par un journal norv\u00e9gien, Magazinet.  <\/p>\n<p>[2] L\u2019Arabie saoudite, la Libye, la Syrie et l\u2019Egypte ont \u00e9t\u00e9 les premi\u00e8res \u00e0 r\u00e9agir en demandant des excuses officielles. Tripoli n\u2019a pas tard\u00e9 \u00e0 rappeler son ambassadeur \u00e0 Copenhague tandis que Riad a appel\u00e9 au boycott des produits danois.  <\/p>\n<p>[3] Litt\u00e9ralement : ouverture.  <\/p>\n<p>[4] Dans l\u2019islam, il est interdit de dessiner les proph\u00e8tes mentionn\u00e9s dans le Coran.  <\/p>\n<p>[5] Voir l\u2019affaire Adel Hamouda, ce journaliste du quotidien \u00e9gyptien n\u00b01, Al-Ahram, qui a \u00e9t\u00e9 poursuivi en France il y a cinq ans pour avoir consacr\u00e9 un \u00e9ditorial \u00e0 ce sujet, s\u2019inspirant du faux Protocole des Sages de Sion qui , d\u2019apr\u00e8s l\u2019auteur, devrait \u00eatre diffus\u00e9 dans les pays arabes. <\/p>\n<p>[6] Ce qui est tout \u00e0 fait pensable dans la mesure o\u00f9 les religions juives et chr\u00e9tiennes sont plus vieilles que l\u2019islam.  <\/p>\n<p>[7] Prot\u00e9g\u00e9s ; statut accord\u00e9 initialement aux Juifs et aux chr\u00e9tiens soumis \u00e0 l\u2019autorit\u00e9 califale.  <\/p>\n<p>[8] Pluriel du mot kaffer qui veut dire : m\u00e9cr\u00e9ant.  <\/p>\n<p>[9] Gens du livre ; d\u00e9signe g\u00e9n\u00e9ralement les Juifs et les chr\u00e9tiens.  <\/p>\n<p>[10] Pluriel du mot moushrik qui veut dire : polyth\u00e9iste.  <\/p>\n<p>[11] Selon certaines estimations sujettes \u00e0 caution, dans la mesure o\u00f9 elles sont souvent \u00ab gonfl\u00e9es \u00bb par les int\u00e9ress\u00e9s et minimis\u00e9es par les autorit\u00e9s, les chr\u00e9tiens repr\u00e9senteraient les pourcentages suivants de la population arabophone du Moyen-Orient : 15% en Egypte, 4% en Irak, 12% en Syrie, 38% au Liban, 9% en Jordanie, 13% chez les Palestiniens.  <\/p>\n<p>[12] Dans une \u00e9tude sur Les mouvements islamistes et les Droits de l\u2019homme. <\/p>\n<div>\n<div>\n<div> <img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" alt=\"Haut de la page\" height=\"12\" src=\"https:\/\/harissa.com\/discus\/icons\/mark_top.gif\" width=\"12\"\/><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" alt=\"Message pr\u00e9c\u00e9dent\" height=\"12\" src=\"https:\/\/harissa.com\/discus\/icons\/mark_up.gif\" width=\"12\"\/><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" alt=\"Message suivant\" height=\"12\" src=\"https:\/\/harissa.com\/discus\/icons\/mark_down.gif\" width=\"12\"\/><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" alt=\"Bas de la page\" height=\"12\" src=\"https:\/\/harissa.com\/discus\/icons\/mark_bottom.gif\" width=\"12\"\/><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" alt=\"Lien vers ce message\" height=\"16\" src=\"https:\/\/harissa.com\/discus\/icons\/tree_m.gif\" width=\"20\"\/>  Par <b>Breitou (Breitou)<\/b> le dimanche 12 f\u00e9vrier 2006 &#8211; 20h55: <\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<p>  Tiens j en suis une VERONIQUE&#8230;Comme conserve y a pas mieux au PTB&#8230;<img decoding=\"async\" alt=\":)\" src=\"https:\/\/harissa.com\/discus\/clipart\/happy.gif\"\/><img decoding=\"async\" alt=\":)\" src=\"https:\/\/harissa.com\/discus\/clipart\/happy.gif\"\/><img decoding=\"async\" alt=\":)\" src=\"https:\/\/harissa.com\/discus\/clipart\/happy.gif\"\/> <\/p>\n<div>\n<div>\n<div> <img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" alt=\"Haut de la page\" height=\"12\" src=\"https:\/\/harissa.com\/discus\/icons\/mark_top.gif\" width=\"12\"\/><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" alt=\"Message pr\u00e9c\u00e9dent\" height=\"12\" src=\"https:\/\/harissa.com\/discus\/icons\/mark_up.gif\" width=\"12\"\/><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" alt=\"Message suivant\" height=\"12\" src=\"https:\/\/harissa.com\/discus\/icons\/mark_down.gif\" width=\"12\"\/><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" alt=\"Bas de la page\" height=\"12\" src=\"https:\/\/harissa.com\/discus\/icons\/mark_bottom.gif\" width=\"12\"\/><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" alt=\"Lien vers ce message\" height=\"16\" src=\"https:\/\/harissa.com\/discus\/icons\/tree_m.gif\" width=\"20\"\/>  Par <b>Email (Email)<\/b> le dimanche 12 f\u00e9vrier 2006 &#8211; 20h29: <\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<p>  bonjour, <\/p>\n<p>cela fait un moment que je navigue sur votre site, et je trouve que vos recettes sont exellentes! cependant, je souhaiterai trouver la recette des variantes, afin de pouvoir les conserver. <\/p>\n<p>je vous en remercie d&rsquo;avance. <\/p>\n<p>V\u00e9ronique  <\/p>\n<div>\n<div>\n<div> <img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" alt=\"Haut de la page\" height=\"12\" src=\"https:\/\/harissa.com\/discus\/icons\/mark_top.gif\" width=\"12\"\/><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" alt=\"Message pr\u00e9c\u00e9dent\" height=\"12\" src=\"https:\/\/harissa.com\/discus\/icons\/mark_up.gif\" width=\"12\"\/><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" alt=\"Message suivant\" height=\"12\" src=\"https:\/\/harissa.com\/discus\/icons\/mark_down.gif\" width=\"12\"\/><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" alt=\"Bas de la page\" height=\"12\" src=\"https:\/\/harissa.com\/discus\/icons\/mark_bottom.gif\" width=\"12\"\/><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" alt=\"Lien vers ce message\" height=\"16\" src=\"https:\/\/harissa.com\/discus\/icons\/tree_m.gif\" width=\"20\"\/>  Par <b>Emma (Emma)<\/b> le dimanche 12 f\u00e9vrier 2006 &#8211; 19h42: <\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<p>  \u00ab\u00a0Qui a franchi la ligne ?\u00a0\u00bb [&#8230;] \u00ab\u00a0n&rsquo;est-ce pas ceux qui d\u00e9truisent des b\u00e2timents et menacent de d\u00e9capiter les dessinateurs ? Ils sont au-del\u00e0 de la civilisation et la civilisation doit \u00eatre capable de d\u00e9fendre ses id\u00e9es\u00a0\u00bb. <\/p>\n<p>Caricatures: Art Spiegelman exige pour la presse \u00ab\u00a0le droit d&rsquo;insulter\u00a0\u00bb <\/p>\n<p>BORDEAUX (AFP) &#8211; Le dessinateur am\u00e9ricain Art Spiegelman estime dans un entretien \u00e0 para\u00eetre dans l&rsquo;\u00e9dition dominicale du journal Sud-Ouest qu&rsquo;il est \u00ab\u00a0vital de pr\u00e9server une presse libre qui a le droit d&rsquo;insulter\u00a0\u00bb m\u00eame s&rsquo;il regrette dans \u00ab\u00a0l&rsquo;affaire (des caricatures) danoises\u00a0\u00bb de Mahomet \u00ab\u00a0le contexte de publication\u00a0\u00bb. <\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Ce qui me g\u00eane dans l&rsquo;affaire danoise, c&rsquo;est le contexte de publication. Ces dessins ont \u00e9t\u00e9 suscit\u00e9s par un journal qui se trouve politiquement entre Sarkozy et Le Pen, et qui a des arri\u00e8re-pens\u00e9es x\u00e9nophobes\u00a0\u00bb, juge l&rsquo;auteur de \u00ab\u00a0A l&rsquo;ombre des tours mortes\u00a0\u00bb, qui avait d\u00e9missionn\u00e9 du New Yorker apr\u00e8s le 11 septembre 2001 pour d\u00e9noncer le conformisme \u00e9ditorial des m\u00e9dias am\u00e9ricains. <\/p>\n<p>Il ne s&rsquo;agissait donc pas au d\u00e9part \u00ab\u00a0d&rsquo;une question de libert\u00e9 d&rsquo;expression\u00a0\u00bb, poursuit-il. \u00ab\u00a0Je crois que la discr\u00e9tion aurait \u00e9t\u00e9 la meilleure attitude\u00a0\u00bb, ajoute-t-il, concernant la publication par certains journaux fran\u00e7ais des caricatures incrimin\u00e9es. \u00ab\u00a0N\u00e9anmoins, l\u00e0 o\u00f9 en est, je pense qu&rsquo;il faut montrer ces dessins\u00a0\u00bb tout simplement pour \u00ab\u00a0comprendre ce qu&rsquo;il se passe\u00a0\u00bb. <\/p>\n<p>En revanche, Art Spiegelman \u00ab\u00a0tire (son) chapeau\u00a0\u00bb \u00e0 Charlie-Hebdo (qui a publi\u00e9 mercredi un num\u00e9ro sp\u00e9cial sur le sujet) dont le \u00ab\u00a0r\u00f4le est d&rsquo;\u00eatre provocateur\u00a0\u00bb. <\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Je n&rsquo;ai pas lu les articles accompagnant les dessins, mais je suppose qu&rsquo;ils expliquent les termes du d\u00e9bat. C&rsquo;est absolument n\u00e9cessaire\u00a0\u00bb, estime-t-il. <\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Qui a franchi la ligne ?\u00a0\u00bb, s&rsquo;interroge-t-il, \u00ab\u00a0n&rsquo;est-ce pas ceux qui d\u00e9truisent des b\u00e2timents et menacent de d\u00e9capiter les dessinateurs ? Ils sont au-del\u00e0 de la civilisation et la civilisation doit \u00eatre capable de d\u00e9fendre ses id\u00e9es\u00a0\u00bb. <\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Serais-je content de voir les dessins antis\u00e9mites iraniens dans Charlie ? Non, mais j&rsquo;accepte\u00a0\u00bb, poursuit l&rsquo;auteur de \u00ab\u00a0Maus\u00a0\u00bb, fils de d\u00e9port\u00e9s survivants d&rsquo;Auschwitz. <\/p>\n<p>Il explique en outre \u00ab\u00a0par une censure tr\u00e8s forte\u00a0\u00bb le refus par les m\u00e9dias am\u00e9ricains de montrer ces caricatures. \u00ab\u00a0En ce moment, la presse europ\u00e9enne est plus libre que la presse am\u00e9ricaine. CNN montre les dessins en les floutant, comme si c&rsquo;\u00e9tait du porno !\u00a0\u00bb, s&rsquo;exclame-t-il. <\/p>\n<p>Les Etats-Unis sont \u00ab\u00a0un pays qui a peur\u00a0\u00bb, estime Art Spiegelman. Et il se d\u00e9clare \u00ab\u00a0d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9 par l&rsquo;\u00e9tat de (son) pays, de (sa) plan\u00e8te\u00a0\u00bb. \u00ab\u00a0La satire a beau \u00eatre vive \u00e0 nouveau (&#8230;) elle n&rsquo;induit aucun changement. C&rsquo;est juste une fa\u00e7on de rel\u00e2cher la pression\u00a0\u00bb, conclut-il.  <\/p>\n<div>\n<div>\n<div> <img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" alt=\"Haut de la page\" height=\"12\" src=\"https:\/\/harissa.com\/discus\/icons\/mark_top.gif\" width=\"12\"\/><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" alt=\"Message pr\u00e9c\u00e9dent\" height=\"12\" src=\"https:\/\/harissa.com\/discus\/icons\/mark_up.gif\" width=\"12\"\/><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" alt=\"Message suivant\" height=\"12\" src=\"https:\/\/harissa.com\/discus\/icons\/mark_down.gif\" width=\"12\"\/><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" alt=\"Bas de la page\" height=\"12\" src=\"https:\/\/harissa.com\/discus\/icons\/mark_bottom.gif\" width=\"12\"\/><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" alt=\"Lien vers ce message\" height=\"16\" src=\"https:\/\/harissa.com\/discus\/icons\/tree_m.gif\" width=\"20\"\/>  Par <b>Albert (Albert)<\/b> le dimanche 12 f\u00e9vrier 2006 &#8211; 16h24: <\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<p>  Que puis-je avoir pour 10 000 Euros Michka..? En Floride&#8230;.Un pied t&rsquo;\u00e0 terre ou un studio dans le virtuel..???  <\/p>\n<div>\n<div>\n<div> <img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" alt=\"Haut de la page\" height=\"12\" src=\"https:\/\/harissa.com\/discus\/icons\/mark_top.gif\" width=\"12\"\/><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" alt=\"Message pr\u00e9c\u00e9dent\" height=\"12\" src=\"https:\/\/harissa.com\/discus\/icons\/mark_up.gif\" width=\"12\"\/><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" alt=\"Message suivant\" height=\"12\" src=\"https:\/\/harissa.com\/discus\/icons\/mark_down.gif\" width=\"12\"\/><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" alt=\"Bas de la page\" height=\"12\" src=\"https:\/\/harissa.com\/discus\/icons\/mark_bottom.gif\" width=\"12\"\/><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" alt=\"Lien vers ce message\" height=\"16\" src=\"https:\/\/harissa.com\/discus\/icons\/tree_m.gif\" width=\"20\"\/>  Par <b>Michka (Michka)<\/b> le dimanche 12 f\u00e9vrier 2006 &#8211; 15h43: <\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<p> <a href=\"http:\/\/www.lexpress.fr\/info\/monde\/dossier\/bush\/dossier.asp?ida=436803\">http:\/\/www.lexpress.fr\/info\/monde\/dossier\/bush\/dossier.asp?ida=436803<\/a> <\/p>\n<p>L&rsquo;Express du 02\/02\/2006 <br \/>Monopoly \u00e0 Miami <\/p>\n<p>de notre envoy\u00e9e sp\u00e9ciale Corinne Scemama <\/p>\n<p>Le paradis des golden retrait\u00e9s est devenu en quelques ann\u00e9es le Manhattan de la Floride, un v\u00e9ritable eldorado immobilier o\u00f9 les Fran\u00e7ais sont d\u00e9sormais tr\u00e8s pr\u00e9sents. Projets pharaoniques, prix en folie\u2026 le jackpot pourrait trouver ses limites <\/p>\n<p>Le soleil ardent lui fait cligner les yeux, donnant \u00e0 Micha\u00ebl un air ennuy\u00e9. Pourtant, ce commer\u00e7ant fran\u00e7ais de 35 ans est aux anges. Dans moins d&rsquo;une heure, il va en effet commencer une longue tourn\u00e9e de visites d&rsquo;appartements \u00e0 Miami Beach, Bal Harbour, Coconut Grove et Aventura, emmen\u00e9 par Karl Trochu, un agent immobilier breton install\u00e9 aux Etats-Unis depuis dix ans. Investir dans la pierre am\u00e9ricaine est pour lui la promesse d&rsquo;une nouvelle vie, plus facile et plus heureuse. Comme lui, de nombreux Fran\u00e7ais se pr\u00e9cipitent dans la capitale \u00e9conomique de la Floride &#8211; en pleine expansion avec un produit int\u00e9rieur brut de 85 milliards de dollars, soit 3 fois plus qu&rsquo;il y a quinze ans &#8211; pour profiter de l&rsquo;extraordinaire boom immobilier, entretenu par une sp\u00e9culation sans limite aupr\u00e8s de laquelle la flamb\u00e9e parisienne fait figure de l\u00e9ger fr\u00e9missement. Ce d\u00e9veloppement \u00e0 marche forc\u00e9e &#8211; plus de 60 000 appartements et une centaine de tours sortiront de terre d&rsquo;ici \u00e0 trois ans &#8211; va faire de Miami une des premi\u00e8res villes des Etats-Unis. Manhattan sous les tropiques, devenu le nouvel eldorado des aventuriers de tous pays, Fran\u00e7ais en t\u00eate. <\/p>\n<p>\u00ab9,5 millions de dollars, c&rsquo;est vraiment donn\u00e9 pour un tel emplacement!\u00bb <\/p>\n<p>Vieux motels endormis au bord de l&rsquo;oc\u00e9an, \u00e9tablissements Art d\u00e9co rose bonbon ou vert anis construits dans les ann\u00e9es 1920: longtemps, la ville de Scarface a \u00e9t\u00e9 la maison de retraite de l&rsquo;Am\u00e9rique. Cet univers kitsch a fait place, au d\u00e9but des ann\u00e9es 1980, sous l&rsquo;influence de prisonniers cubains lib\u00e9r\u00e9s par Castro et exil\u00e9s aux Etats-Unis, \u00e0 un haut lieu de la drogue et du sexe. Une nouvelle r\u00e9putation, assise par une s\u00e9rie t\u00e9l\u00e9 devenue culte: Miami Vice. D\u00e9sormais branch\u00e9e, Miami devient le rendez-vous incontournable de la jet-set internationale. Du couturier Gianni Versace \u00e0 Madonna ou Sharon Stone, en passant par Michel Sardou, tous s&rsquo;offrent \u00e0 cette \u00e9poque des maisons d&rsquo;un luxe extravagant ou des appartements situ\u00e9s dans des \u00eeles ferm\u00e9es au public. <\/p>\n<p>Cette red\u00e9couverte d&rsquo;un endroit qui offre \u00e0 la fois un front de mer magnifique, du soleil toute l&rsquo;ann\u00e9e et une situation exceptionnelle &#8211; proche de New York, et de l&rsquo;Am\u00e9rique du Sud &#8211; dope un march\u00e9 immobilier autrefois peu actif et tr\u00e8s bon march\u00e9. De nombreux Cubains, Colombiens, Argentins ou Br\u00e9siliens ais\u00e9s suivent la mode et s&rsquo;y installent. Et, depuis la fin des ann\u00e9es 1990, les prix ne cessent de grimper. Une maison avec piscine face \u00e0 l&rsquo;oc\u00e9an qui se n\u00e9gociait 250 000 dollars voil\u00e0 sept ans vaut 10 fois plus aujourd&rsquo;hui. <\/p>\n<p>Bluff\u00e9s par le luxe et par les services <br \/>Key Biscayne, \u00eele prot\u00e9g\u00e9e \u00e0 vingt minutes du centre-ville, est une sorte de \u00abNeuilly-sur-Pacifique\u00bb, o\u00f9 tout s&rsquo;ach\u00e8te et se revend \u00e0 prix d&rsquo;or. Un vrai ghetto pour riches. Brigitte de Langeron, tunique indienne rose, babouches turquoise et lunettes de soleil Chanel, est un agent immobilier fran\u00e7ais sp\u00e9cialis\u00e9 dans le haut de gamme. C&rsquo;est avec un naturel d\u00e9sarmant qu&rsquo;elle jongle avec des prix astronomiques. \u00ab9,5 millions de dollars, c&rsquo;est vraiment donn\u00e9 pour un tel emplacement\u00bb, affirme cette quinquag\u00e9naire sophistiqu\u00e9e en visitant la maison de Cher, une des nombreuses stars amoureuses de Key Biscayne, tout comme Brad Pitt ou Andy Garcia. Ici, en effet, les belles villas peuvent atteindre 25 millions de dollars. Il y a huit ans, une richissime excentrique s&rsquo;en est offert une avec plage priv\u00e9e pour 4,8 millions de dollars. A l&rsquo;\u00e9poque, tout le monde l&rsquo;avait trait\u00e9e de folle: elle vient de la vendre, r\u00e9alisant une plus-value de 12 millions de dollars! <\/p>\n<p>Plus encore que le march\u00e9 des maisons, c&rsquo;est celui des condominiums (immeubles en copropri\u00e9t\u00e9) de luxe qui explose. A Key Biscayne, non loin des huit tours de l&rsquo;Ocean Club, financ\u00e9es par George Soros, o\u00f9 la valeur des appartements a quadrupl\u00e9 en trois ans, un immeuble de 300 logements va bient\u00f4t se construire, dont les plus chers pourront grimper jusqu&rsquo;\u00e0 10 millions de dollars. Ni le prix exorbitant ni le passage de l&rsquo;ouragan n&rsquo;ont d\u00e9courag\u00e9 les acqu\u00e9reurs, puisque Martin Mas, directeur des ventes de Fortune, acteur incontournable de l&rsquo;immobilier \u00e0 Miami, fait \u00e9tat d&rsquo;une liste d&rsquo;attente de 2 000 personnes. Tous les projets sont pharaoniques. Le milliardaire Donald Trump va ainsi construire trois immenses tours d&rsquo;un luxe inou\u00ef, o\u00f9 les 2-pi\u00e8ces se vendent 1 million de dollars, et les penthouses 25 millions de dollars, tandis que l&rsquo;Icon, immeuble relook\u00e9 par Philippe Starck, a \u00e9t\u00e9 vendu en quelques semaines \u00e0 une client\u00e8le \u00e9trang\u00e8re avide de design. Ces nouveaux condominiums bluffent totalement les acheteurs, notamment les Fran\u00e7ais. \u00abIls n&rsquo;ont pas l&rsquo;habitude d&rsquo;une telle profusion de services\u00bb, observe Pierre de Agostini, PDG de Miami Investment Brokers. Piscine, salles de sport et spa, voituriers et valets, restaurants et bars: rien n&rsquo;est trop beau pour ceux qui y mettent le prix. Le Marina Blue, building en construction au c\u0153ur de la ville, proposera au 14e \u00e9tage une vraie plage de sable (chaud) avec des cocotiers. <\/p>\n<p>Pas un seul programme n&rsquo;\u00e9chappe \u00e0 la fr\u00e9n\u00e9sie. R\u00e9cemment, \u00e0 Fort Lauderdale &#8211; \u00e0 pr\u00e8s d&rsquo;une heure de Miami &#8211; des centaines de personnes ont camp\u00e9 quarante-huit heures pour avoir le droit de r\u00e9server un appartement \u00e0 350 000 dollars. Certains promoteurs organisent des loteries pour choisir ceux qui pourront signer. Mais l&rsquo;engouement pour ce type de logements n&rsquo;est pas seulement d\u00fb \u00e0 la qualit\u00e9 des prestations. <\/p>\n<p>\u00ab1 Fran\u00e7ais sur 2 a pass\u00e9 le dipl\u00f4me d&rsquo;agent immobilier en une semaine\u00bb <\/p>\n<p>Mieux que le casino, la roulette et le black jack r\u00e9unis, voici le flip. Ce syst\u00e8me consiste \u00e0 collectionner les r\u00e9servations dans des immeubles qui ne sont pas sortis de terre, en s&rsquo;acquittant de seulement 20% du prix total et en les revendant avant m\u00eame que le premier coup de pelle ne soit donn\u00e9. Et ainsi de suite, jusqu&rsquo;\u00e0 ce que l&rsquo;immeuble soit livr\u00e9. \u00abLe bien peut changer 5 ou 6 fois de mains\u00bb, explique Nathana\u00ebl Cohen, jeune HEC de 26 ans, directeur g\u00e9n\u00e9ral de Miami Investment Brokers. Cette martingale infaillible stimule les investisseurs: la plupart d&rsquo;entre eux n&rsquo;h\u00e9sitent pas \u00e0 r\u00e9server 2, 3, 5 ou m\u00eame 10 appartements qu&rsquo;ils n&rsquo;occuperont jamais. Une pratique encourag\u00e9e par les promoteurs, qui touchent une commission \u00e0 chaque transaction effectu\u00e9e. <\/p>\n<p>Les Fran\u00e7ais ne sont pas les derniers \u00e0 profiter d&rsquo;une telle aubaine. Ce sont d&rsquo;abord les expatri\u00e9s &#8211; 25 000 entre Miami, West Palm Beach et Boca Raton, selon un comptage officieux &#8211; qui ont commenc\u00e9 \u00e0 s&rsquo;y int\u00e9resser. Agent de voyage fran\u00e7ais, Franck Bondrille arrive en Floride en 2000. Un an plus tard, il s&rsquo;ach\u00e8te deux appartements \u00e0 75 000 dollars chacun, qui grimpent \u00e0 250 000 dollars en trois ans. Ce gain inesp\u00e9r\u00e9 lui a inocul\u00e9 le virus de l&rsquo;immobilier. Aujourd&rsquo;hui, il \u00abflipe\u00bb autant pour lui-m\u00eame que pour les autres. Le professionnel du tourisme s&rsquo;est doubl\u00e9 d&rsquo;un agent immobilier. \u00abC&rsquo;est bien plus lucratif que le voyage\u00bb, affirme-t-il, d\u00e9voilant ses projets: ouvrir une boutique qui proposerait \u00e0 la fois le sable chaud et la pierre. \u00abEt celui qui profiterait de ses vacances pour s&rsquo;acheter un bien verrait le prix de son s\u00e9jour d\u00e9duit du montant de la vente.\u00bb <\/p>\n<p>Cet esprit d&rsquo;entreprise est largement partag\u00e9 par la communaut\u00e9 fran\u00e7aise de Miami. \u00ab1 Fran\u00e7ais sur 2 a pass\u00e9 le dipl\u00f4me de Realtor [agent immobilier], acquis en \u00e0 peine une semaine de stage\u00bb, estime le consul g\u00e9n\u00e9ral de France. Les femmes d&rsquo;expatri\u00e9s s&rsquo;y sont presque toutes mises. Et lors des French Tuesdays, soir\u00e9es organis\u00e9es par Cyril Kadouch qui r\u00e9unissent de 400 \u00e0 3 000 Fran\u00e7ais, toutes les conversations tournent autour d&rsquo;un seul et m\u00eame sujet: la pierre. Les Fran\u00e7ais font partie des plus gros joueurs du Monopoly de Miami. Tous ceux qui se sont enrichis dans d&rsquo;autres business ont opportun\u00e9ment pris le virage de l&rsquo;immobilier. Fred Joch est un jeune homme press\u00e9 \u00e0 la belle gueule d&rsquo;ange et au bagout inimitable. Arriv\u00e9 aux Etats-Unis il y a une dizaine d&rsquo;ann\u00e9es, il s&rsquo;est mis \u00e0 importer des rollers chinois pour une grande cha\u00eene am\u00e9ricaine de magasins. <\/p>\n<p>Du placement \u00e0 l&rsquo;achat d&rsquo;une r\u00e9sidence <br \/>Fortune faite dans le Midwest, ce fou d&rsquo;Am\u00e9rique a migr\u00e9 vers Miami: \u00abL&rsquo;atmosph\u00e8re qui y r\u00e8gne me fait penser \u00e0 Barcelone au temps de la Movida\u00bb, note ce globe-trotteur. Depuis, ce parfait trilingue &#8211; fran\u00e7ais, anglais, espagnol &#8211; est devenu marchand de biens. Derni\u00e8rement, il a investi, avec d&rsquo;autres, 6 millions de dollars dans l&rsquo;achat d&rsquo;un immeuble qui s&rsquo;est revendu, six mois plus tard, 20 millions de dollars. Simon Nemni pr\u00e9f\u00e8re, lui, s&rsquo;offrir de vieux h\u00f4tels Art d\u00e9co qu&rsquo;il retape avec talent, comme le Clinton, dont le prix a quadrupl\u00e9 en moins de quatre ans. <\/p>\n<p>Les Fran\u00e7ais de France ont rapidement imit\u00e9 les expatri\u00e9s, encourag\u00e9s par des agents immobiliers fra\u00eechement \u00e9migr\u00e9s aux Etats-Unis. \u00abNos compatriotes, qui ne parlent pas bien l&rsquo;anglais et qui ont peur de se faire avoir, pr\u00e9f\u00e8rent avoir affaire \u00e0 nous\u00bb, explique Val\u00e9rie Nivert, une Frenchy enjou\u00e9e qui travaille pour un groupe am\u00e9ricain. Le march\u00e9 des Fran\u00e7ais a tellement prosp\u00e9r\u00e9 ces trois derni\u00e8res ann\u00e9es &#8211; de 10 \u00e0 15% des achats &#8211; que la plupart des officines embauchent des francophones. Thibault de Saint-Vincent a su anticiper l&rsquo;engouement des Fran\u00e7ais pour la Floride. Il y a cinq ans, sans crier gare, il a revendu ses agences parisiennes pour cr\u00e9er sa soci\u00e9t\u00e9, Barnes, \u00e0 Miami. \u00abJe sentais qu&rsquo;il allait s&rsquo;y passer des choses extraordinaires\u00bb, explique-t-il. L&rsquo;explosion de l&rsquo;immobilier lui a donn\u00e9 raison. Enthousiaste, il a d\u00e9j\u00e0 remport\u00e9 quelques victoires comme la revente du b\u00e2timent de l&rsquo;Alliance fran\u00e7aise, achet\u00e9 350 000 dollars il y a huit ans, pour 1,8 million de dollars. Avec de tels r\u00e9sultats, le nouveau Franco-Am\u00e9ricain n&rsquo;a aucun mal \u00e0 convaincre les investisseurs fran\u00e7ais de placer leur argent aux Etats-Unis. Chaque mois, \u00e0 Neuilly, il organise des r\u00e9unions \u00absp\u00e9cial USA\u00bb, invitant des clients \u00e0 t\u00e9moigner de leurs gains. Aujourd&rsquo;hui, l&rsquo;investissement en Floride n&rsquo;est plus consid\u00e9r\u00e9 comme une diversification exotique. Toutes les agences s&rsquo;associent \u00e0 des avocats sp\u00e9cialis\u00e9s dans l&rsquo;immigration pour simplifier au maximum les proc\u00e9dures. Glenn Cooper, un New-Yorkais francophile converti au mode de vie \u00abcool\u00bb de Miami, est devenu un as de ce type d&rsquo;achat. Pierre de Agostini et Nathana\u00ebl Cohen, qui dirigent Miami Investment Brokers, se sont eux aussi entour\u00e9s d&rsquo;une \u00e9quipe, constitu\u00e9e de deux avocats et d&rsquo;un courtier en pr\u00eats. Ce dispositif est destin\u00e9 \u00e0 prendre en charge de A \u00e0 Z la client\u00e8le fran\u00e7aise. <\/p>\n<p>\u00abOn craint qu&rsquo;il n&rsquo;y ait beaucoup de sp\u00e9culateurs et peu d&rsquo;utilisateurs\u00bb <\/p>\n<p>Du placement immobilier \u00e0 l&rsquo;achat d&rsquo;une r\u00e9sidence principale, il n&rsquo;y a parfois qu&rsquo;un pas que de plus en plus de Fran\u00e7ais franchissent. Depuis deux ou trois ans, de nouveaux expatri\u00e9s s&rsquo;installent \u00e0 Miami. \u00abBeaucoup de jeunes entrepreneurs viennent refaire leur vie ici\u00bb, observe Jacques Barbera, patron de Constructa US, promoteur marseillais pionnier dans la r\u00e9gion puisqu&rsquo;il y a construit, voil\u00e0 vingt ans, le centre commercial de Coconut Grove. Derni\u00e8rement, le directeur des ventes de Fortune a enregistr\u00e9 un taux d&rsquo;appels record venant de France apr\u00e8s les \u00e9meutes des banlieues de l&rsquo;automne 2005. Mais, plus que l&rsquo;ins\u00e9curit\u00e9, c&rsquo;est la fiscalit\u00e9 d\u00e9savantageuse et la frilosit\u00e9 des banques qui poussent de plus en plus de Fran\u00e7ais \u00e0 s&rsquo;installer outre-Atlantique. Micha\u00ebl, par exemple, s&rsquo;est d\u00e9cid\u00e9 \u00e0 venir vivre \u00e0 Miami sous le coup d&rsquo;une grosse col\u00e8re, lorsque son banquier lui a refus\u00e9 un pr\u00eat pour l&rsquo;achat d&rsquo;un magasin, malgr\u00e9 un apport de 50%. <\/p>\n<p>Parmi les derniers arriv\u00e9s, la communaut\u00e9 juive fran\u00e7aise occupe une place importante. Apr\u00e8s la s\u00e9rie d&rsquo;attentats antis\u00e9mites perp\u00e9tr\u00e9s en France, certains ont d\u00e9cid\u00e9 de quitter le pays, h\u00e9sitant entre Isra\u00ebl et la Floride. Beaucoup d&rsquo;entre eux ont finalement opt\u00e9 pour Miami. Ils \u00e9lisent plut\u00f4t domicile \u00e0 Bal Harbour et Aventura, au nord de la ville, s&rsquo;offrent des maisons \u00e0 1 million de dollars et des appartements \u00e0 500 000 dollars. Leur nombre a tellement augment\u00e9 depuis deux ou trois ans qu&rsquo;une nouvelle synagogue va se construire, tandis qu&rsquo;une multitude de restaurants kasher ont ouvert, dont le c\u00e9l\u00e8bre Juliette, rendez-vous favori des juifs s\u00e9farades. Le boulanger Paul, qui a choisi de conqu\u00e9rir les Etats-Unis en commen\u00e7ant par Miami, propose lui aussi, \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de son pain et de ses quiches, un pastrami kasher. <\/p>\n<p>Les rivages ensoleill\u00e9s de la Floride ne doivent cependant pas compl\u00e8tement aveugler les Fran\u00e7ais qui pensent que le jackpot est assur\u00e9. \u00abC&rsquo;est faux\u00bb, pr\u00e9vient Val\u00e9rie Nivert. D&rsquo;abord, beaucoup d&rsquo;entre eux sous-estiment les frais annexes. \u00abLa taxe fonci\u00e8re annuelle repr\u00e9sente 2% du montant du bien, donc 20 000 dollars par an pour un logement valant 1 million de dollars\u00bb, explique Thibault de Saint-Vincent. <\/p>\n<p>Miser sur des valeurs s\u00fbres <br \/>Ensuite, ils croient tous pouvoir autofinancer leur bien en le louant. Or, \u00e0 Miami, les loyers ne sont jamais \u00e9lev\u00e9s: \u00abLe b\u00e9n\u00e9fice se fait exclusivement \u00e0 la revente\u00bb, estime Karl Trochu. Enfin, les Fran\u00e7ais n&rsquo;\u00e9valuent pas le poids des charges. Si la facture annuelle de jardinage \u00e0 l&rsquo;Ocean Club, \u00e0 Key Biscayne, atteint 1 million de dollars, celles de la piscine et du ma\u00eetre-nageur, des valets de parking ou des entra\u00eeneurs du spa sont \u00e0 l&rsquo;avenant! \u00abL&rsquo;addition peut se monter \u00e0 1 000 \u20ac par mois pour chaque copropri\u00e9taire\u00bb, pr\u00e9vient Val\u00e9rie Nivert. <\/p>\n<p>Et puis, dans ce pays de cocagne, la sp\u00e9culation commence \u00e0 trouver ses limites. Les condominiums qui s&rsquo;alignent le long de l&rsquo;oc\u00e9an ont \u00e9t\u00e9 con\u00e7us en trop grand nombre, et font craindre aux experts des lendemains qui d\u00e9chantent. M\u00eame si Miami reste moins cher que New York et Los Angeles, tous \u00e9voquent la possibilit\u00e9 d&rsquo;un krach dans le haut de gamme. \u00abLa crise est latente. Jusqu&rsquo;ici, personne n&rsquo;a song\u00e9 \u00e0 \u00e9valuer les besoins\u00bb, affirme Jacques Barbera. \u00abOn craint que, finalement, il n&rsquo;y ait beaucoup de sp\u00e9culateurs et peu d&rsquo;utilisateurs, reconna\u00eet Nathana\u00ebl Cohen. 90% de ceux qui r\u00e9servent dans un immeuble en pr\u00e9construction revendent avant le closing [le solde].\u00bb Et m\u00eame si les millionnaires de la plan\u00e8te aiment passer leurs vacances \u00e0 Miami, cette client\u00e8le n&rsquo;est pas extensible. \u00abAttention! pr\u00e9vient Jacques Barbera, une grande partie des programmes ne verra jamais le jour.\u00bb Dans ce cas, les fonds investis risquent de n&rsquo;\u00eatre jamais r\u00e9cup\u00e9r\u00e9s! En cas de crise, les investisseurs trop gourmands ne trouveront plus d&rsquo;amateurs pour racheter leurs promesses avant la fin de la construction. Celui qui a r\u00e9serv\u00e9 5 appartements en ne payant que 20% du montant total pourrait bien \u00eatre contraint d&rsquo;aller au bout de son achat, et, \u00e0 ces tarifs, l&rsquo;addition sera lourde. <\/p>\n<p>Pour \u00e9viter de tels d\u00e9boires, il faut redoubler de prudence. Dans un march\u00e9 aussi sp\u00e9culatif, mieux vaut miser sur des valeurs s\u00fbres, \u00abn&rsquo;acheter que lorsque l&rsquo;immeuble est d\u00e9j\u00e0 sorti de terre\u00bb, conseille Val\u00e9rie Nivert. \u00abUne maison est peut-\u00eatre plus ch\u00e8re, mais la p\u00e9nurie de terrains assure sa revente\u00bb, ajoute Thibault de Saint-Vincent. Loin de ces consid\u00e9rations, Micha\u00ebl et sa femme f\u00eatent leur r\u00e9cente acquisition dans un des bars branch\u00e9s de Miami Beach. Apr\u00e8s d&rsquo;\u00e9puisantes visites, ils viennent en effet de r\u00e9aliser leur r\u00eave am\u00e9ricain\u2026 <\/p>\n<p>Post-scriptum <br \/>La France arrive en t\u00eate des investisseurs \u00e9trangers en Floride, avec plus de 35 milliards de dollars en cinq ans, devant le Canada, le Royaume-Uni, le Japon et l&rsquo;Allemagne. Les grands groupes, comme Vinci ou LVMH, qui y sont implant\u00e9s, repr\u00e9sentent 25% du total des filiales fran\u00e7aises install\u00e9es aux Etats-Unis. <\/p>\n<div>\n<div>\n<div> <img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" alt=\"Haut de la page\" height=\"12\" src=\"https:\/\/harissa.com\/discus\/icons\/mark_top.gif\" width=\"12\"\/><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" alt=\"Message pr\u00e9c\u00e9dent\" height=\"12\" src=\"https:\/\/harissa.com\/discus\/icons\/mark_up.gif\" width=\"12\"\/><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" alt=\"Message suivant\" height=\"12\" src=\"https:\/\/harissa.com\/discus\/icons\/mark_down.gif\" width=\"12\"\/><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" alt=\"Bas de la page\" height=\"12\" src=\"https:\/\/harissa.com\/discus\/icons\/mark_bottom.gif\" width=\"12\"\/><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" alt=\"Lien vers ce message\" height=\"16\" src=\"https:\/\/harissa.com\/discus\/icons\/tree_m.gif\" width=\"20\"\/>  Par <b>Braham (Braham)<\/b> le dimanche 12 f\u00e9vrier 2006 &#8211; 13h34: <\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<p> Amalgame <\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Assimilation abusive \u00e0 des fins pol\u00e9miques (en politique notamment) \u00a0\u00bb (Petit Larousse): <\/p>\n<p>Ce mot, qui \u00e9tait sur la bouche de tous les \u00ab\u00a0intellos\u00a0\u00bb pro arabes il y a quelques temps, a \u00e9t\u00e9 completement oubli\u00e9 quand il remplit aujourd&rsquo;hui toute autre pens\u00e9e dans les rues du monde islamique. Quelle compagnie joyeuse pour Tartuffe. <\/p>\n<p><img decoding=\"async\" alt=\"Amalgame\" src=\"https:\/\/harissa.com\/discus\/messages\/97\/5167.jpg\"\/>  <\/p>\n<div>\n<div>\n<div> <img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" alt=\"Haut de la page\" height=\"12\" src=\"https:\/\/harissa.com\/discus\/icons\/mark_top.gif\" width=\"12\"\/><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" alt=\"Message pr\u00e9c\u00e9dent\" height=\"12\" src=\"https:\/\/harissa.com\/discus\/icons\/mark_up.gif\" width=\"12\"\/><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" alt=\"Message suivant\" height=\"12\" src=\"https:\/\/harissa.com\/discus\/icons\/mark_down.gif\" width=\"12\"\/><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" alt=\"Bas de la page\" height=\"12\" src=\"https:\/\/harissa.com\/discus\/icons\/mark_bottom.gif\" width=\"12\"\/><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" alt=\"Lien vers ce message\" height=\"16\" src=\"https:\/\/harissa.com\/discus\/icons\/tree_m.gif\" width=\"20\"\/>  Par <b>Breitou (Breitou)<\/b> le dimanche 12 f\u00e9vrier 2006 &#8211; 13h10: <\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<p>  MRAP= Mouvement Retrograde des Annonces Personnelles. <\/p>\n<p>R\u00e9trogrades. <\/p>\n<p>Bref, il \u00e9l\u00e8ve la voix lorsque cela lui convient.  <\/p>\n<div>\n<div>\n<div> <img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" alt=\"Haut de la page\" height=\"12\" src=\"https:\/\/harissa.com\/discus\/icons\/mark_top.gif\" width=\"12\"\/><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" alt=\"Message pr\u00e9c\u00e9dent\" height=\"12\" src=\"https:\/\/harissa.com\/discus\/icons\/mark_up.gif\" width=\"12\"\/><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" alt=\"Message suivant\" height=\"12\" src=\"https:\/\/harissa.com\/discus\/icons\/mark_down.gif\" width=\"12\"\/><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" alt=\"Bas de la page\" height=\"12\" src=\"https:\/\/harissa.com\/discus\/icons\/mark_bottom.gif\" width=\"12\"\/><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" alt=\"Lien vers ce message\" height=\"16\" src=\"https:\/\/harissa.com\/discus\/icons\/tree_m.gif\" width=\"20\"\/>  Par <b>Albert (Albert)<\/b> le dimanche 12 f\u00e9vrier 2006 &#8211; 13h02: <\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<p> <a href=\"http:\/\/www.koreus.com\/media\/jesus.html\">http:\/\/www.koreus.com\/media\/jesus.html<\/a> <\/p>\n<p>Ou est passe le MRAP Pour denoncer cette photo&#8230;.????? Sans doute au HAMAM RMIMI POUR SE DECRASSER&#8230;!! <\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Par Emile_Tubiana (Emile_Tubiana) le lundi 13 f\u00e9vrier 2006 &#8211; 03h38: Comprendre L&rsquo;islam L\u2019ISLAM ET LA VIOLENCE UNE ANALYSE SELON TROIS RATIONALIT\u00c9S POUR TENTER DE COMPRENDRE LES ATTENTATS DU 11 SEPTEMBRE par Hamadi Redissi (Universit\u00e9 de Tunis) et Jan-Erik Lane (Universit\u00e9 de Gen\u00e8ve) Introduction Les \u00e9v\u00e9nements de 11 Septembre 2001 posent naturellement la question de la&hellip;&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"author":1880,"featured_media":50579,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"neve_meta_sidebar":"","neve_meta_container":"","neve_meta_enable_content_width":"","neve_meta_content_width":0,"neve_meta_title_alignment":"","neve_meta_author_avatar":"","neve_post_elements_order":"","neve_meta_disable_header":"","neve_meta_disable_footer":"","neve_meta_disable_title":"","footnotes":""},"categories":[497,34],"tags":[],"class_list":["post-38827","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-commentaires","category-divers"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/38827","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1880"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=38827"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/38827\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":47250,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/38827\/revisions\/47250"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/media\/50579"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=38827"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=38827"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=38827"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}