{"id":3916,"date":"2016-08-09T00:55:57","date_gmt":"2016-08-09T00:55:57","guid":{"rendered":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/?p=3916"},"modified":"2016-08-09T04:56:14","modified_gmt":"2016-08-09T04:56:14","slug":"quelques-souvenirs-de-lalliance-de-la-hafsia-1948-1950-par-avraham-bar-shay","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/quelques-souvenirs-de-lalliance-de-la-hafsia-1948-1950-par-avraham-bar-shay\/","title":{"rendered":"Quelques Souvenirs de l\u2019Alliance de la Hafsia, 1948-1950, par Avraham Bar-Shay"},"content":{"rendered":"<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<table border=\"0\" bordercolor=\"#111111\" cellpadding=\"3\" cellspacing=\"3\" height=\"600\" id=\"AutoNumber1\" style=\"width: 550px;\" width=\"91%\">\n<tbody>\n<tr>\n<td height=\"87\">\n<p>\n\t\t\t\t\tParler de l&rsquo;Alliance et de mon passage l&agrave;-bas entre f&eacute;vrier 48 et d&eacute;cembre 50, ne peut &ecirc;tre enti&egrave;rement objectif, vue l&rsquo;importance de ces ann&eacute;es dans l&rsquo;&eacute;volution de ma vie. Je venais d&rsquo;arriver du Sud (Gab&egrave;s) vers la Capitale, et tout &eacute;tait nouveau pour moi, m&ecirc;me l&rsquo;accent et une partie du langage.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\t\tA Tunis, notre vie &eacute;tait devenue plus difficile qu&rsquo;au Sud o&ugrave; nous avions l&rsquo;&eacute;lectricit&eacute; et l&rsquo;eau courante &agrave; la maison, ce qui n&rsquo;&eacute;tait plus le cas. La situation s&rsquo;est aggrav&eacute;e quand mon p&egrave;re succomba &agrave; sa maladie 8 mois apr&egrave;s notre arriv&eacute;e, et ma m&egrave;re se retrouva seule sans famille, sans instruction, sans profession, avec 4 enfants dont un &acirc;g&eacute; de 18 mois et sans aucune ressource. J&rsquo;avais 11 ans et demi et j&rsquo;&eacute;tais l&rsquo;a&icirc;n&eacute;.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\t\tCette femme tr&egrave;s fi&egrave;re, qui s&rsquo;ent&ecirc;tait &agrave; porter les habits du Sud comme une b&eacute;douine, a du retrousser les manches et travailler comme lessiveuse sur les toits des maisons de Juifs ais&eacute;s, pour nourrir ces 4 gosses.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\t\tL&rsquo;aide de la Communaut&eacute; &eacute;tait insuffisante et nous manquions beaucoup de choses.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\t\tBien sur qu&rsquo;il y avait des familles assez ais&eacute;es au ghetto, mais il y avait aussi d&rsquo;autres enfants a l&rsquo;Alliance de la Hafsia qui vivaient dans des conditions plus difficiles que la notre. J&rsquo;ai vite appris de ma m&egrave;re que pauvret&eacute; ne voulait pas dire mis&egrave;re, mais plut&ocirc;t un manque passager de certaines conditions minimales qu&rsquo;il fallait surmonter en regardant des moins chanceux que soi et que par l&rsquo;instruction et l&rsquo;espoir tout s&rsquo;arrangera dans l&rsquo;avenir.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\t\tLe soir, nous faisions nos devoirs &agrave; la lumi&egrave;re de la lampe &agrave; p&eacute;trole, tandis que le petit fr&egrave;re n&rsquo;avait pas encore fini son repas sur la m&ecirc;me table. Une seule chambre, &agrave; peine 6 sur 3 m&egrave;tres, qui servait &agrave; tous les besoins de 5 personnes. On ne se lavait qu&rsquo;une fois par semaine, avec de l&rsquo;eau chauff&eacute;e au Primus. Quand on a un peu grandi, toute la famille devait quitter la chambre quand un des membres faisait sa toilette.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\t\tQuand les cours commen&ccedil;aient (apr&egrave;s des vacances) au milieu de la semaine, il fallait se baigner la veille, aussi. D&rsquo;ailleurs il y avait dans le langage parl&eacute; de l&agrave;-bas une expression sp&eacute;ciale pour la rentr&eacute;e de l&rsquo;&eacute;cole: &ldquo;el aa&rsquo;ssa ouelma skhoun&rdquo;(le b&acirc;ton et l&rsquo;eau chaude)<\/p>\n<p align=\"center\">\n\t\t\t\t\t<img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" height=\"310\" src=\"http:\/\/harissa.com\/D_Souvenirs\/images\/clip_image002.jpg\" style=\"border-width: initial; border-color: initial; \" width=\"376\" \/><\/p>\n<p>\n\t\t\t\t\tLa carte ci-jointe montre la location approximative de certaines institutions juives du ghetto. Elles sont indiqu&eacute;es ici, de m&eacute;moire, l&agrave; o&ugrave; elles &eacute;taient &agrave; une &eacute;poque d&rsquo;avant le dessin du plan de ce quartier qui montre les reconstructions r&eacute;centes men&eacute;es par les autorit&eacute;s tunisiennes.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\t\t-H-Ecole de la Hafsia<\/p>\n<p>\n\t\t\t\t\t-OT- Ecole Rabbinique de L&rsquo;OR-THORA<\/p>\n<p>\n\t\t\t\t\t-G-Garderie<\/p>\n<p>\n\t\t\t\t\t-O-L&rsquo;infirmerie de l&rsquo;OSE<\/p>\n<p>\n\t\t\t\t\t-D.T.-Dar-Atqia<\/p>\n<p>\n\t\t\t\t\t-Imm.- Les 3 immeubles de recasement .<\/p>\n<p>\n\t\t\t\t\t&nbsp;<\/p>\n<h2>\n\t\t\t\t\tL&rsquo;Ecole<\/h2>\n<p>\n\t\t\t\t\tL&rsquo;&eacute;cole de l&rsquo;Alliance de la Hafsia se trouvait &agrave; la limite du quartier Juif de la Hara. Son mur arri&egrave;re donnait sur le quartier arabe. On y entrait par un portail qui &eacute;tait situ&eacute; &agrave; la fin d&rsquo;une impasse qu&rsquo;on atteignait par la rue Achour. Juste en face de cette impasse et sur la m&ecirc;me rue Achour se trouvait l&rsquo;&eacute;cole de l&rsquo;Or-Thora ou l&rsquo;enseignement &eacute;tait plut&ocirc;t Rabbinique. C&rsquo;&eacute;tait la que le c&eacute;l&egrave;bre chanteur Asher Mizrah&rsquo;i recrutait ses enfants de ch&oelig;ur.<\/p>\n<p class=\"rtecenter\" style=\"\">\n\t\t\t\t\t<img decoding=\"async\" alt=\"\" src=\"http:\/\/harissa.com\/images\/Hafs.jpg\" style=\"height: 393px; width: 500px;\" \/><\/p>\n<p>\n\t\t\t\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t\t\t\tL&rsquo;espace qui servait de cour me paraissait assez grand. Je n&rsquo;ai pu le v&eacute;rifier lors de mon voyage en l&rsquo;an 2000 a Tunis, tout &eacute;tait en ruines et difficile a voir de l&rsquo;ext&eacute;rieur.<\/p>\n<p align=\"center\">\n\t\t\t\t\t<img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" height=\"360\" src=\"http:\/\/harissa.com\/D_Souvenirs\/images\/clip_image004.jpg\" style=\"border-width: initial; border-color: initial; \" width=\"400\" \/><\/p>\n<p>\n\t\t\t\t\t(citations d&rsquo;un article que j&rsquo;ai publi&eacute; sur Harissa; dont voici le link)<\/p>\n<p>\n\t\t\t\t\t<a href=\"http:\/\/www.harissa.com\/D_Religion\/souvenirsdedeuxsynas.htm\">http:\/\/www.harissa.com\/D_Religion\/souvenirsdedeuxsynas.htm<\/a><\/p>\n<p>\n\t\t\t\t\t&ldquo;Les terrains vagues ne manquaient pas &agrave; la Hafsia. Ils dataient de la premi&egrave;re phase de reconstruction du ghetto de Tunis. Ce projet qui avait commenc&eacute; sous le Protectorat, a &eacute;t&eacute; interrompu par la deuxi&egrave;me guerre mondiale. Une partie du quartier a &eacute;t&eacute; ras&eacute;e et l&rsquo;on y a construit trois grandes b&acirc;tisses (quatre &eacute;tages et des entr&eacute;es avec cage d&rsquo;escaliers sur chaque cot&eacute;) au centre de cette plate-forme, laissant ainsi des lots de terrains vagues autour de ces &lsquo;immeubles de recasement&rsquo; . Ces terrains ont tout de suite trouv&eacute; leur place dans les activit&eacute;s de la vie communautaire: lieu de rencontre ou souk &agrave; certaines heures, mini stade de football ou f&ecirc;te foraine en d&rsquo;autres jours, etc&#8230;<\/p>\n<p>\n\t\t\t\t\tLes autorit&eacute;s tunisiennes ont repris la d&eacute;molition des maisons du ghetto en 1961, et ont commenc&eacute; la reconstruction de la &lsquo;premi&egrave;re tranche Hafsia&rsquo; dans les ann&eacute;es 70. Le projet avait re&ccedil;u le Prix Aga Khan en 1983. La deuxi&egrave;me tranche a aussi re&ccedil;u ce prix en 1995. Cette reconstruction n&rsquo;a malheureusement &eacute;pargn&eacute; aucune des synagogues du ghetto.&rdquo;(ni l&rsquo;&eacute;cole de l&rsquo;Alliance)<\/p>\n<p>\n\t\t\t\t\tLe b&acirc;timent des classes avait 2 &eacute;tages. La maison du concierge de l&rsquo;&eacute;cole, qui s&rsquo;appelait Aiiche (je crois), &eacute;tait &agrave; droite apr&egrave;s l&rsquo;entr&eacute;e. On le connaissait surtout parce qu&rsquo;il vendait des sandwichs durant les r&eacute;cr&eacute;ations. Il vendait des sandwichs tunisiens bien garnis, mais aussi des petits pains imbib&eacute;s d&rsquo;harissa dilu&eacute;e, qui co&ucirc;taient moins cher.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\t\tIl y avait les toilettes et &agrave; cot&eacute;, si je me rappelle, il y avait une infirmerie o&ugrave; on allait faire soigner ses petits &lsquo;bobos&rsquo; de r&eacute;cr&eacute;ations.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\t\tLes classes allaient jusqu&rsquo;en 1<sup>&egrave;re<\/sup>, qui &eacute;tait la classe du C.E.P. Il y avait, je pr&eacute;sume, entre 8 et 10 classes. C&rsquo;&eacute;tait une &eacute;cole de gar&ccedil;ons.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\t\tA Gab&egrave;s, je n&rsquo;ai rejoins l&rsquo;Ecole qu&rsquo;&agrave; un age avanc&eacute;, apr&egrave;s avoir pass&eacute; mes premi&egrave;res ann&eacute;es au Kouttab. Mes parents d&eacute;cid&egrave;rent alors &laquo; qu&rsquo;il y avait assez de rabbins dans la famille &raquo;, et ils m&rsquo;envoy&egrave;rent &agrave; une &eacute;cole Jud&eacute;o-francaise o&ugrave; on n&rsquo;&eacute;tudiait pas le Shabbat. Il n&rsquo;y avait pas d&rsquo;&eacute;cole de l&rsquo;Alliance Isra&eacute;lite &agrave; Gab&egrave;s a cause de l&rsquo;opposition du Grand Rabbin H&rsquo;aim H&rsquo;ouri.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\t\tArriv&eacute; &agrave; la Capitale, on m&rsquo;inscrit &agrave; l&rsquo;&eacute;cole de l&rsquo;Alliance la plus proche, celle de la Hafsia. Elle &eacute;tait un &eacute;l&eacute;ment important de mon int&eacute;gration comme enfant tunisois, et un terrain de comp&eacute;tition dans le &lsquo;parcours&rsquo; des meilleurs &eacute;l&egrave;ves, qui d&rsquo;ailleurs &eacute;tait tr&egrave;s encourag&eacute;e par le syst&egrave;me &eacute;ducatif. La possibilit&eacute; d&rsquo;aider d&rsquo;autres enfants dans leurs devoirs m&rsquo;emplissait de satisfaction et am&eacute;liorait ma position sociale parmi les autres gosses.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\t\tL&rsquo;age moyen des &eacute;l&egrave;ves &eacute;tait un peu plus &eacute;lev&eacute; que la moyenne des autres &eacute;coles et se rapprochait du mien, peut &ecirc;tre parce que certains ont du redoubler.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\t\tIl y avait des familles tr&egrave;s pauvres &agrave; la Hara, mais il y avait aussi des familles ais&eacute;es qui habitaient une grande maison avec entr&eacute;e priv&eacute;e. Ceux qui habitaient les &lsquo;Immeubles de Recasement.&rsquo; n&rsquo;&eacute;taient pas riches mais n&rsquo;&eacute;taient pas des n&eacute;cessiteux non plus.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\t\tBeaucoup quittaient l&rsquo;&eacute;cole avant la classe du CEP, g&eacute;n&eacute;ralement ce n&rsquo;&eacute;tait gu&egrave;re pour raison de pauvret&eacute;, mais parce que l&rsquo;enfant n&rsquo;avait plus &lsquo;la t&ecirc;te &agrave; cela&rsquo; ou bien qu&rsquo;il devait aider dans la boutique familiale. Savoir lire, &eacute;crire et compter suffisait a certains parents, ou &eacute;taient-ils peut &ecirc;tre indiff&eacute;rents pour poursuivre des &eacute;tudes sup&eacute;rieures. C&rsquo;&eacute;tait, probablement, pour cette raison que la classe finale n&rsquo;&eacute;tait pas aussi peupl&eacute;e que les classes inf&eacute;rieures.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\t\t<strong>Les livres<\/strong><\/p>\n<p>\n\t\t\t\t\tLes &eacute;tudes &agrave; la Hafsia &eacute;taient exactement les m&egrave;mes que dans toute autre &eacute;cole de Tunis. On utilisait les m&egrave;mes livres. Qui peut oublier les livres de lectures de &lsquo;Souchet&rsquo; d&rsquo;ou on nous faisait lire a chaque fois, un seul chapitre d&rsquo;un des classiques de la litt&eacute;rature francaise, comme &lsquo;Cosette et le seau d&rsquo;eau&rsquo;, &lsquo;Les moutons de Panurge&rsquo;, &lsquo;Le grand Maulne&rsquo; et autres. Il n&rsquo;y avait pas de biblioth&egrave;que publique au Ghetto, et je ne me rappelle pas que l&rsquo;&eacute;cole en poss&eacute;dait une. Ce sont ces textes qui serviront plus tard de base a notre &eacute;ducation autodidacte quand on vint choisir ses premiers livres de lecture. Nous r&eacute;citions par c&oelig;ur des po&egrave;mes (Oceano nox de V. Hugo) ou des fables (le corbeau et le renard de La Fontaine). Les livres d&rsquo;Histoire de &lsquo;Jules Isaac&rsquo; avec (si je me rappelle bien) la t&ecirc;te de P&eacute;ricl&egrave;s sur la couverture, d&rsquo;ou on nous apprenait &laquo;Autrefois notre pays s&rsquo;appelait La Gaule et ces habitants les Gaulois&raquo;<\/p>\n<p>\n\t\t\t\t\t&nbsp;<\/p>\n<h2>\n\t\t\t\t\tLe personnel enseignant<\/h2>\n<p>\n\t\t\t\t\tA tout seigneur tout honneur, le directeur M. Danon, que tout le monde craignait, les professeurs et les &eacute;l&egrave;ves. Il donnait quelques le&ccedil;ons dans les grandes classes. Avec lui il ne fallait jamais laisser tra&icirc;ner un plumier ou une r&egrave;gle sur la table, parce qu&rsquo;il s&rsquo;en servirait sans raison pour vous l&rsquo;abattre, d&rsquo;une fa&ccedil;on quasi paternelle, sur la t&ecirc;te. Je me rappelle de son illustration didactique du mot &lsquo;clairsem&eacute;&rsquo; quand il nous montra son crane chauve comme exemple.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\t\tMme L&eacute;vy, une femme tr&egrave;s imposante par ses dimensions, je n&rsquo;ai jamais &eacute;t&eacute; son &eacute;l&egrave;ve, mais tous se rappellent s&ucirc;rement d&rsquo;elle.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\t\tM. Fiorentino, qui &eacute;tait mon premier professeur &agrave; l&rsquo;Alliance, il devait &ecirc;tre une personne tr&egrave;s agr&eacute;able et tr&egrave;s aim&eacute; des &eacute;l&egrave;ves. Ce dont je me rappelle le plus de lui, c&rsquo;est qu&rsquo;il nous invita un soir &agrave; la maison o&ugrave; il nous montra sa collection de Cartes-postales, de plusieurs places &agrave; travers le monde. Je crois que cette visite inoubliable avait r&eacute;veill&eacute; ma curiosit&eacute; et plant&eacute; le grain qui a fait pousser chez moi une grande passion des voyages.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\t\tDu professeur qui nous a conduits aux grands examens je n&rsquo;ai retenu que le nom, c&rsquo;&eacute;tait M. El-Haiik.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\t\t&nbsp;<\/p>\n<h2>\n\t\t\t\t\tLes &ldquo;Poulains&rdquo;<\/h2>\n<p>\n\t\t\t\t\tNos professeurs &eacute;taient tr&egrave;s contents quand ils avaient un bon &eacute;l&egrave;ve dans leur classe et ils devaient s&ucirc;rement s&rsquo;en vanter un peu. Je me rappelle qu&rsquo;un jour je fus appel&eacute; hors de ma classe et je me trouvai en face de 2 professeurs et d&rsquo;un &eacute;l&egrave;ve de la classe parall&egrave;le. On nous expliqua que nous allions passer un petit examen qui devait d&eacute;cider qui de nos ma&icirc;tres poss&eacute;dait le meilleur &eacute;l&egrave;ve. Notre vanit&eacute; gonfl&eacute;e &agrave; bloc, nous jou&acirc;mes le jeu. Depuis cet &eacute;l&egrave;ve est devenu mon ami et il l&rsquo;est encore aujourd&rsquo;hui.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\t\t&nbsp;<\/p>\n<h2>\n\t\t\t\t\tL&rsquo;&eacute;cole des filles<\/h2>\n<p>\n\t\t\t\t\tL&rsquo;&eacute;cole, parall&egrave;le, des filles se trouvait &agrave; l&rsquo;autre extr&eacute;mit&eacute; du ghetto, &agrave; la rue de la Mechnaka (la potence). J&rsquo;habitais pas loin de cette &eacute;cole mais je n&rsquo;y ai mis les pieds que lors de mon voyage en Tunisie en l&rsquo;an 2000.<\/p>\n<p align=\"center\">\n\t\t\t\t\t<img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" height=\"299\" src=\"http:\/\/harissa.com\/D_Souvenirs\/images\/clip_image006.jpg\" style=\"border-width: initial; border-color: initial; \" width=\"383\" \/><\/p>\n<p>\n\t\t\t\t\tIl n&rsquo;y avait plus de cour mais seulement le b&acirc;timent des classes et de la direction, qui &eacute;tait devenu un hotel-bon-march&eacute;, mais les anciennes c&eacute;ramiques au sol et aux murs restaient toujours tr&egrave;s impressionnantes.<\/p>\n<p class=\"rtecenter\" style=\"\">\n\t\t\t\t\t<img decoding=\"async\" alt=\"\" src=\"http:\/\/harissa.com\/images\/Mechn.jpg\" style=\"width: 500px; height: 363px;\" \/><\/p>\n<h2>\n\t\t\t\t\tR&eacute;compenses, Prix et Tableaux d&rsquo;Honneur<\/h2>\n<p>\n\t\t\t\t\tL &eacute;ducation &eacute;tait tr&egrave;s comp&eacute;titive, &agrave; chaque &eacute;preuve ou examen, l&rsquo;&eacute;l&egrave;ve recevait en plus de sa note, le classement de cette note par rapport aux autres. Cela cr&eacute;ait des &eacute;mulations chez les bons &eacute;l&egrave;ves mais d&eacute;courageait les autres. Il y avait les Bons Points et les Tableaux d&rsquo;Honneur hebdomadaires et mensuels pour les encouragements &agrave; court terme. A la fin de l&rsquo;ann&eacute;e il y avait la grande c&eacute;r&eacute;monie de la distribution des prix. Il y avait un Prix pour le premier dans chaque mati&egrave;re, un Prix de bonne conduite et un Prix de bonne camaraderie. Mais les prix les plus convoit&eacute;s &eacute;taient le Prix d&rsquo;Excellence et le Prix d&rsquo;Honneur qui &eacute;taient d&eacute;cern&eacute;s au premier et au 2&egrave;me &eacute;l&egrave;ve de chaque classe. Cette c&eacute;r&eacute;monie &eacute;tait la grande f&ecirc;te pour certains parents qui &eacute;taient tr&egrave;s fiers du succ&egrave;s de leur enfant et de l&rsquo;avenir qu&rsquo;il repr&eacute;sentait pour eux.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\t\t&nbsp;<\/p>\n<h2>\n\t\t\t\t\tPunitions<\/h2>\n<p>\n\t\t\t\t\tLes punitions corporelles n&rsquo;&eacute;taient pas rares. Les plus utilis&eacute;es &eacute;taient les coups, avec une r&egrave;gle carr&eacute;e, sur les bouts des 5 doigts rassembl&eacute;s, ou bien les coups de r&egrave;gle plate sur la paume de la main.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\t\tBien sur il y avait aussi les billets aux parents et les exclusions de quelques jours de l&rsquo;&eacute;cole. Mais le plus humiliant &eacute;tait &ldquo;le bonnet d&rsquo;&acirc;ne&rdquo; qu&rsquo;on posait sur la t&ecirc;te du &lsquo;criminel&rsquo;. On lui &eacute;pinglait son mauvais cahier sur le dos et on le promenait d&rsquo;une classe &agrave; l&rsquo;autre pour montrer l&rsquo;exemple aux autres, et &agrave; bon entendeur salut.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t\t\t\t&nbsp;<\/p>\n<h2>\n\t\t\t\t\tEncriers<\/h2>\n<p>\n\t\t\t\t\tOn &eacute;crivait avec des porte-plume qu&rsquo;on trempait dans un encrier qui &eacute;tait incrust&eacute;, dans un trou perc&eacute; de la table, entre les 2 &eacute;l&egrave;ves. On employait les buvards pour s&eacute;cher les lignes humides d&rsquo;encre.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\t\tLes plus chanceux utilisaient des stylos &agrave; encre et des bouteilles d&rsquo;encre Waterman. Les stylos &agrave; bille, qui &eacute;taient une nouveaut&eacute;, donc tr&egrave;s chers, n&rsquo;&eacute;taient pas admis en classe, parce qu&rsquo;ils ne donnaient pas les pleins et le d&eacute;li&eacute;s exig&eacute;s et parce qu&rsquo;ils d&eacute;formaient la page du cahier.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\t\t&nbsp;<\/p>\n<h2>\n\t\t\t\t\tLe Tablier<\/h2>\n<p>\n\t\t\t\t\tLes &eacute;l&egrave;ves portaient un uniforme &agrave; l&rsquo;&eacute;cole, un tablier bleu-fonc&eacute; qui se fermait de cot&eacute; comme une chemise russe. Ce tablier qui nous &eacute;tait fourni par l&rsquo;&eacute;cole et qui nous servait pour couvrir nos pauvres habits, devenait &agrave; la sortie des classes une sorte de &lsquo;cape&rsquo;, qui nous permettait d&rsquo;imiter les h&eacute;ros des films de Corsaires. Nos petits b&acirc;tons de bois rempla&ccedil;aient alors les &eacute;p&eacute;es des Mousquetaires. On le portait sur le dos comme un Burnous, sans enfiler les manches, attach&eacute; autour du cou par le premier bouton seulement.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t\t\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t\t\t\t&nbsp;<\/p>\n<h2>\n\t\t\t\t\tExamens<\/h2>\n<p>\n\t\t\t\t\tL&rsquo;&eacute;cole de la Hafsia &eacute;tait une &eacute;cole primaire pour gar&ccedil;ons, qui pr&eacute;parait au CEP et aux examens d&rsquo;entr&eacute;e en 6&egrave;me. Ceux qui passaient avec succ&egrave;s cet examen continuaient leurs &eacute;tudes &agrave; l&rsquo;&eacute;cole de l&rsquo;Alliance de Malta Srira. Le CEP &eacute;tait le grand dipl&ocirc;me qui pouvait ouvrir certaines portes de l&rsquo;administration locale ou celles de la Communaut&eacute;, ou encore une carri&egrave;re d&rsquo;aide employ&eacute; chez certains avocats Juifs.<\/p>\n<p align=\"center\">\n\t\t\t\t\t<img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" height=\"317\" src=\"http:\/\/harissa.com\/D_Souvenirs\/images\/clip_image008.jpg\" style=\"border-width: initial; border-color: initial; \" width=\"445\" \/><\/p>\n<p>\n\t\t\t\t\t&nbsp;<\/p>\n<h2>\n\t\t\t\t\tTremblement de terre<\/h2>\n<p>\n\t\t\t\t\tUn jour, tandis qu&rsquo;on &eacute;tait en pleine &lsquo;dict&eacute;e&rsquo;, les bancs se mirent &agrave; bouger et nos responsables ont vite compris que c&rsquo;&eacute;tait un tremblement de terre et nous firent &eacute;vacuer les classes . On a attendu, une demie-heure peut-&ecirc;tre, dans la cour, et quand tout s&rsquo;apaisa nous repr&icirc;mes nos le&ccedil;ons.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\t\t&nbsp;<\/p>\n<h2>\n\t\t\t\t\tCoca-Cola<\/h2>\n<p>\n\t\t\t\t\tUn jour, on nous rassembla en doubles rang&eacute;es et par classes, pour nous faire une surprise. Apr&egrave;s quelques instants on vit des hommes amener une grosse caisse rouge. On nous expliqua que c&rsquo;&eacute;tait une nouvelle boisson qui s&rsquo;appelle Coca Cola et que durant 2 semaines on allait nous en offrir, chaque jour, une bouteille au go&ucirc;ter.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\t\t&nbsp;<\/p>\n<h2>\n\t\t\t\t\tHygi&egrave;ne<\/h2>\n<p>\n\t\t\t\t\tA part les maladies enfantines courantes qui se transmettaient facilement &agrave; cause des conditions hygi&eacute;niques et du nombre de personnes qui vivaient dans la m&ecirc;me chambre, il y avait des maladies qui frappaient certains &eacute;l&egrave;ves.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\t\tLes poux, on voyait souvent des gar&ccedil;ons qui se grattaient la t&ecirc;te. La contagion n&rsquo;&eacute;tait pas difficile vue la proximit&eacute; des enfants. On entendait des fois parler de la gale, cette maladie qui faisait qu&rsquo;on se grattait tout le corps, il fallait vite aller &agrave; l&rsquo;infirmerie et se faire d&eacute;sinfecter &agrave; plusieurs reprises. Mais la pire des maladies &eacute;tait la teigne, une maladie du cuir chevelu. Un jour des infirmi&egrave;res de l&rsquo;OSE ont pass&eacute; tous les &eacute;l&egrave;ves du quartier, gar&ccedil;ons et filles, &agrave; l&rsquo;inspection de la teigne. Tous ceux qui furent d&eacute;sign&eacute;s devaient d&rsquo;abord avoir la t&ecirc;te compl&egrave;tement ras&eacute;e. Ensuite ils devaient aller plusieurs fois &agrave; l&rsquo;H&ocirc;pital pour subir une radiation qui &eacute;tait sens&eacute;e les &lsquo;gu&eacute;rir&rsquo; de la maladie. Entre ces traitements, on leur induisait la t&ecirc;te d&rsquo;une pommade noire qui &eacute;tait d&rsquo;une odeur insupportable. Les filles se couvraient d&rsquo;un foulard et les gar&ccedil;ons portaient alors le grand b&eacute;ret. Dieu merci, je fus &eacute;pargn&eacute; de cette torture.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\t\tApr&egrave;s plus de 40 ans, ces radiations ce sont av&eacute;r&eacute;es fatales pour plusieurs de ceux qui les avaient re&ccedil;ues. J&rsquo;ai entendu qu&rsquo;en Isra&euml;l, aussi, les enfants des nouveaux immigrants du d&eacute;but des ann&eacute;es 50&rsquo;s avaient &eacute;t&eacute; soumis aux m&ecirc;mes traitements. Plusieurs de ceux qui en ont souffert plus tard ont &eacute;t&eacute; indemnis&eacute;s, suite &agrave; des plaintes d&eacute;pos&eacute;es.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\t\tLa tuberculose &eacute;tait une maladie qui planait dans l&rsquo;air et on nous envoyait une fois par an nous faire radiographier. Ceux qui en montraient des signes, m&ecirc;me les plus faibles &eacute;taient imm&eacute;diatement envoy&eacute;s au Sanatorium de l&rsquo;Ariana pour quelques semaines.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\t\tTout cela &eacute;tait organis&eacute; par l&rsquo;OSE, ses infirmi&egrave;res et ses m&eacute;decins<\/p>\n<p>\n\t\t\t\t\t&nbsp;<\/p>\n<h2>\n\t\t\t\t\tAide communautaire<\/h2>\n<p>\n\t\t\t\t\tJe ne me rappelle pas si l&rsquo;&eacute;cole nous fournissait tous les livres de classe, mais je me souviens qu&rsquo;on se les achetait aussi de nos a&icirc;n&eacute;s. Ainsi sur la plupart des bancs il n&rsquo;y avait souvent qu&rsquo;un seul livre pour 2 &eacute;l&egrave;ves. Probablement chacun achetait un livre a son tour. Pour les cahiers, je me rappelle qu&rsquo;on allait des fois au march&eacute; aux puces (Sabatt Edbabez, rue de la semoule) o&ugrave; on achetait des vieux cahiers &agrave; moiti&eacute; vide pour pouvoir nous en servir.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\t\tLa communaut&eacute; aidait s&ucirc;rement les plus n&eacute;cessiteux. Les plus importantes institutions d&rsquo;aide, dont je me rappelle, &eacute;taient: La Garderie, l&rsquo;Ose, Nos Petits, Dar-Etkia, Le Halouk. Les 3 premi&egrave;res sont assez connues.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t\t\t\t<em>Dar-Atqyia<\/em>(la maison du secours) &eacute;tait une sorte de cantine gratuite pour enfants pauvres. Les d&eacute;jeuners &eacute;taient gratuits, et on y amenait tous ses petits fr&egrave;res avec soi.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\t\t<em>Le H&rsquo;alouk<\/em>(une petite somme hebdomadaire) que la communaut&eacute; distribuait aux plus d&eacute;munis.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\t\tA Pourim, une fois l&rsquo;ann&eacute;e on distribuait des chaussures.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t\t\t\tIl y avait aussi les&nbsp;<em>colonies de vacances<\/em>&nbsp;gratuites qui duraient 2 semaines et qui nous permettaient de sortir du ghetto et vivre un peu loin de la famille.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t\t\t\tJ&rsquo;ai toujours &eacute;t&eacute; myope comme une taupe. Je me mettais toujours au premier rang et me d&eacute;pla&ccedil;ait des fois pour approcher le tableau. Quelques mois apr&egrave;s mon arriv&eacute;e &agrave; Tunis le professeur m&rsquo;expliqua qu&rsquo;il me fallait des lunettes. A mon age, personne ne portait de lunettes au ghetto et ma m&egrave;re ne pouvait me les payer. Je crois que ma premi&egrave;re paire de lunettes me fut offerte par un opticien Juif de bonne volont&eacute;, en face de la Porte de France, et je profite ici pour le remercier.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\t\t&nbsp;<\/p>\n<h2>\n\t\t\t\t\tLes enfant qui quittaient l&rsquo;&eacute;cole<\/h2>\n<p>\n\t\t\t\t\tPour diverses raisons, plusieurs &eacute;l&egrave;ves quittaient l&rsquo;&eacute;cole bien avant la classe du CEP. Ils &eacute;taient alors plac&eacute;s comme apprentis chez des artisans du ghetto: coiffeur, ciseleur de cuivre, marbrier, cordonnier, tailleur, tapissier, boucher ou autre.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\t\tCeux qui tenaient jusqu&rsquo;au bout se trouvaient alors devant une p&eacute;riode d&rsquo;examens intenses.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\t\tTous les candidats de la ville &eacute;taient rassembl&eacute;s dans une &eacute;cole au centre de Tunis, pour passer les examens officiels de CEP. Je me rappelle encore d&rsquo;un &eacute;l&egrave;ve b&eacute;douin, &acirc;g&eacute; de pr&egrave;s de 20 ans, qui tentait pour la ni&egrave;me fois sa chance. Il m&rsquo;expliqua que sans ce dipl&ocirc;me il serait oblig&eacute; de s&rsquo;engager &agrave; l&rsquo;arm&eacute;e fran&ccedil;aise.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\t\tEnsuite pour ceux qui voulaient continuer leurs &eacute;tudes secondaires, il y avait les examens de passage en 6&egrave;me. Les &eacute;l&egrave;ves qui venaient du ghetto devaient marcher jusqu&rsquo;&agrave; l&rsquo;&eacute;cole de Malta- Srira.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\t\t&nbsp;<\/p>\n<p align=\"center\">\n\t\t\t\t\t<img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" height=\"203\" src=\"http:\/\/harissa.com\/D_Souvenirs\/images\/clip_image011.jpg\" style=\"border-width: initial; border-color: initial; \" width=\"232\" \/>&nbsp;<img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" height=\"269\" src=\"http:\/\/harissa.com\/D_Souvenirs\/images\/clip_image012.jpg\" style=\"border-width: initial; border-color: initial; \" width=\"312\" \/><\/p>\n<p>\n\t\t\t\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t\t\t\tJ&rsquo;ai pass&eacute; ces 2 &eacute;preuves, je crois que la joie de ma m&egrave;re &eacute;tait plus forte &agrave; ce moment que celle qu&rsquo;elle ressentit quand je re&ccedil;us plus tard, mon dipl&ocirc;me d&rsquo;ing&eacute;nieur, au Technion de Ha&iuml;fa. Elle avait tenu la promesse donn&eacute;e &agrave; son mari, qui l&rsquo;a faite jurer; qu&rsquo;elle fasse tout pour que j&rsquo;aie mon CEP, dipl&ocirc;me qu&rsquo;il n&rsquo;a pu avoir dans sa jeunesse.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\t\tMe voila donc &agrave; l&rsquo;&eacute;cole des grands et des enfants qui &eacute;taient plus ais&eacute;s que ceux de la Hafsia.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\t\tMa m&egrave;re encourag&eacute;e par mon succ&egrave;s et mes professeurs, a d&eacute;cid&eacute; de renoncer &agrave; l&rsquo;aide que je pouvais apporter et de tout sacrifier afin que je puisse &lsquo;devenir un m&eacute;decin&rsquo;, pas moins que cela ! Elle &eacute;tait analphab&egrave;te, mais elle &eacute;tait dou&eacute;e d&rsquo;un grand esprit de sacrifice et d&rsquo;une tr&egrave;s haute intelligence; elle avait une admiration infinie pour l&rsquo;instruction (la H&rsquo;okhma). Fille de Rabbin et cousine germaine du grand rabbin de Djerba, elle avait &eacute;pous&eacute; un homme qui, sans avoir fini l&rsquo;&eacute;cole primaire ni la Yeshiva, &eacute;tait un autodidacte accompli. Il avait appris l&rsquo;Arabe &agrave; tel point que je revois aujourd&rsquo;hui comment il r&eacute;digeait des lettres &agrave; des marchands arabes qui le sollicitaient. Il lisait des livres en Fran&ccedil;ais et le parlait couramment. Il lisait surtout la litt&eacute;rature Jud&eacute;o-arabe traduite du fran&ccedil;ais et le journal El-Nejma chaque semaine.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\t\tApr&egrave;s trois mois &agrave; Malta Sghira, en 6<sup>&egrave;me&nbsp;<\/sup>, j&rsquo;ai quitte l&rsquo;Alliance pour l&rsquo;&eacute;cole de l&rsquo;ORT qui venait d&rsquo;ouvrir ses portes. Cette d&eacute;cision, que je ne regrette point, avait compl&egrave;tement chang&eacute; le cours de ma vie. Ce qui est arriv&eacute; apr&egrave;s janvier 1951 est &eacute;crit dans un article, publi&eacute; sur ce site Harissa, dont voici le lien :<\/p>\n<p>\n\t\t\t\t\t<a href=\"http:\/\/www.harissa.com\/D_Ecoles\/lespremieresanneesdelort.htm\">http:\/\/www.harissa.com\/D_Ecoles\/lespremieresanneesdelort.htm<\/a><\/p>\n<p>\n\t\t\t\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t\t\t\tAvraham Bar-Shay (Benattia)<\/p>\n<p>\n\t\t\t\t\t<a href=\"mailto:absf@netvision.net.il\">absf@netvision.net.il<\/a><\/p>\n<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&nbsp; &nbsp; Parler de l&rsquo;Alliance et de mon passage l&agrave;-bas entre f&eacute;vrier 48 et d&eacute;cembre 50, ne peut &ecirc;tre enti&egrave;rement objectif, vue l&rsquo;importance de ces ann&eacute;es dans l&rsquo;&eacute;volution de ma vie. Je venais d&rsquo;arriver du Sud (Gab&egrave;s) vers la Capitale, et tout &eacute;tait nouveau pour moi, m&ecirc;me l&rsquo;accent et une partie du langage. A Tunis,&hellip;&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":16775,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"neve_meta_sidebar":"","neve_meta_container":"","neve_meta_enable_content_width":"","neve_meta_content_width":0,"neve_meta_title_alignment":"","neve_meta_author_avatar":"","neve_post_elements_order":"","neve_meta_disable_header":"","neve_meta_disable_footer":"","neve_meta_disable_title":"","_themeisle_gutenberg_block_has_review":false,"footnotes":""},"categories":[296,20,17,13,1],"tags":[],"class_list":["post-3916","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-avraham-bar-shay","category-juif","category-souvenirs","category-tunis","category-uncategorized"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3916","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=3916"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3916\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/media\/16775"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=3916"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=3916"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=3916"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}