{"id":3958,"date":"2012-02-28T06:37:56","date_gmt":"2012-02-28T06:37:56","guid":{"rendered":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/?p=3958"},"modified":"2012-02-28T06:38:46","modified_gmt":"2012-02-28T06:38:46","slug":"tunisie-ennahdha-blocage-a-tous-les-etages","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/tunisie-ennahdha-blocage-a-tous-les-etages\/","title":{"rendered":"Tunisie : Ennahdha, blocage \u00e0 tous les \u00e9tages"},"content":{"rendered":"<p>\n\tTunisie : Ennahdha, blocage &agrave; tous les &eacute;tages<\/p>\n<div class=\"conteneurBoiteOutil\">\n<div class=\"motscles\">\n\t\t&nbsp;<\/div>\n<div class=\"motscles\">\n\t\tPar Frida Dahmani, &agrave; Tunis<\/div>\n<div class=\"motscles\">\n\t\t&nbsp;<\/div>\n<div class=\"motscles\">\n\t\t&nbsp;<\/div>\n<\/div>\n<div class=\"texteModifiable\" id=\"texte\">\n<p class=\"chapo\">\n\t\tTout semblait sourire au parti islamiste, pass&eacute; de la clandestinit&eacute; au gouvernement tunisien en moins d&#39;un an. Mais depuis son arriv&eacute;e au pouvoir, dissensions internes et contradictions criantes, notamment sur l&#39;attitude &agrave; adopter &agrave; l&#39;&eacute;gard des salafistes, le plongent dans le doute.<\/p>\n<p>\n\t\tAvec 89 si&egrave;ges sur 217 &agrave; la Constituante, Ennahdha p&egrave;se de tout son poids sur la pr&eacute;paration de la nouvelle Constitution <a href=\"http:\/\/www.jeuneafrique.com\/pays\/tunisie\/tunisie.asp\" target=\"_blank\">tunisienne<\/a> et sur les orientations du gouvernement de coalition. &Eacute;lu sur un programme en 365 points qui mettait en avant une intention d&eacute;mocratique attach&eacute;e au respect des libert&eacute;s, le parti, &agrave; travers son projet de Constitution, a chang&eacute; son fusil d&#39;&eacute;paule en proposant la charia comme premi&egrave;re source l&eacute;gislative et en conditionnant les libert&eacute;s au respect de toutes les formes du sacr&eacute;.<\/p>\n<p>\n\t\tAbdelaziz, sympathisant islamiste, note que, &laquo; au fond, il n&#39;y a pas de quoi s&#39;&eacute;tonner ; Hamadi Jebali, alors secr&eacute;taire g&eacute;n&eacute;ral du parti, avait annonc&eacute; en mars dernier que l&#39;application de la charia serait progressive et incontournable. Pour les &eacute;lections, Ennahdha a voulu s&eacute;duire en affichant une image d&#39;ouverture &agrave; la turque, mais elle montre aujourd&#39;hui un tout autre visage et fait face &agrave; des divergences internes &raquo;. L&#39;ancien Premier ministre, B&eacute;ji Ca&iuml;d Essebsi, a d&eacute;clar&eacute; que &laquo; lors des derni&egrave;res &eacute;lections, Ennahdha a fait le plein d&#39;&eacute;lecteurs. Maintenant, <a href=\"http:\/\/www.jeuneafrique.com\/Article\/ARTJAJA2657p040-045.xml4\/tunisie-islamistes-islam-niqabtunisie-la-mauvaise-foi-des-integristes.html\" target=\"_blank\">il lui faut &eacute;largir son champ en s&#39;alliant &agrave; d&#39;autres tendances islamistes<\/a> &raquo;.<\/p>\n<p>\n\t\tDe fait, le parti ne parle pas d&#39;une seule voix et donne aujourd&#39;hui l&#39;impression d&#39;&ecirc;tre &eacute;cartel&eacute; entre ses engagements &eacute;lectoraux et le souci de ne pas s&#39;ali&eacute;ner sa branche la plus extr&ecirc;me, le mouvement salafiste. Il doit en outre accorder ses violons avec le gouvernement et la Constituante.<\/p>\n<p>\n\t\tApr&egrave;s le double langage, le temps est &agrave; la double gouvernance. &Agrave; la manoeuvre, Rached Ghannouchi, chef de file d&#39;Ennahdha, qui entretient une confusion entre les positions du parti et les pr&eacute;rogatives du gouvernement, prenant la parole au nom de la Tunisie sur la sc&egrave;ne internationale apr&egrave;s avoir plac&eacute; au sein de l&#39;ex&eacute;cutif des proches, tels que son gendre Rafik Abdessalem, ministre des Affaires &eacute;trang&egrave;res, ou un fid&egrave;le compagnon de route, Lotfi Zitoun, ministre conseiller charg&eacute; des Affaires politiques, ou encore son neveu, Habib Khedher, rapporteur &agrave; la Constituante. Tout aussi troublant est son refus de condamner clairement les actes de violence des salafistes.<\/p>\n<p>\n\t\t<strong>Diversion<\/strong><\/p>\n<p>\n\t\tSi Samir Dilou, ministre des Droits de l&#39;homme et de la Justice transitionnelle et porte-parole du gouvernement, d&eacute;clare qu&#39;il &laquo; pr&eacute;f&egrave;re que le gouvernement soit accus&eacute; d&#39;&ecirc;tre faible plut&ocirc;t que r&eacute;pressif &raquo;, il confie aussi qu&#39;au sein du parti &laquo; le ton monte, mais on ne le dit pas &raquo;. L&#39;affrontement entre faucons et colombes est latent, tant et si bien que le parti a report&eacute; sine die son congr&egrave;s. Ennahdha a d&#39;ailleurs par trois fois affich&eacute; ses divisions ; sur le port du niqab, sur les d&eacute;clarations de&nbsp;Sadok Chourou (lire ci-contre) et sur l&#39;inscription de la charia dans la future Constitution. Alors que le ministre de l&#39;Enseignement sup&eacute;rieur, Moncef Ben Salem, <a href=\"http:\/\/www.jeuneafrique.com\/Article\/ARTJAWEB20120125095708\/tunisie-manifestation-laicite-democratietunisie-des-salafistes-evacues-de-l-universite-de-la-manouba-pres-de-tunis.html\" target=\"_blank\">tergiverse sur l&#39;interdiction du port du niqab &agrave; l&#39;universit&eacute;,<\/a> Ali Larayedh, ministre de l&#39;Int&eacute;rieur, d&eacute;clare &laquo; &ecirc;tre personnellement oppos&eacute; au <a href=\"http:\/\/www.jeuneafrique.com\/Article\/JA2666p039-044.xml2\/tunisie-islamisme-islam-niqabtunisie-l-impossible-dialogue-avec-les-salafistes-de-la-manouba.html\" target=\"_blank\">port du niqab,<\/a> qui est sans aucun fondement religieux &raquo;, mais dit respecter &laquo; celles qui ont fait ce choix &raquo;. Sur la question de la charia, Habib Khedher affirme &laquo; qu&#39;elle va de soi dans un pays musulman et que le futur pouvoir l&eacute;gislatif &eacute;laborera les lois en fonction de l&#39;interpr&eacute;tation qu&#39;il fera de la charia &raquo;, tandis qu&#39;Ajmi Lourimi, membre du bureau ex&eacute;cutif d&#39;Ennahdha, souligne que l&#39;application de la charia n&#39;est pas au programme.<\/p>\n<p>\n\t\tNombreux sont ceux qui s&#39;alarment de tous les d&eacute;bats st&eacute;riles. &laquo; Polygamie, califat, charia, identit&eacute; arabo-musulmane, tout &ccedil;a est destin&eacute; &agrave; faire diversion, &agrave; escamoter l&#39;incapacit&eacute; d&#39;Ennahdha <a href=\"http:\/\/www.jeuneafrique.com\/Article\/JA2665p106-108.xml0\/tunisie-investissement-fmi-christine-lagardetunisie-une-economie-en-panne.html\" target=\"_blank\">&agrave; redresser l&#39;&eacute;conomie,<\/a> tout en lan&ccedil;ant un signal dangereux pour d&eacute;truire l&#39;&Eacute;tat moderne &raquo;, analyse un chef d&#39;entreprise. Au nombre de ces diversions, les tourn&eacute;es de pr&ecirc;cheurs extr&eacute;mistes du Moyen-Orient venus conforter les salafistes en vantant &laquo; un retour aux sources de l&#39;islam, salvateur pour la soci&eacute;t&eacute; &raquo;. Ripostant aux proc&egrave;s intent&eacute;s par ces cheikhs ultrar&eacute;actionnaires contre l&#39;identit&eacute; tunisienne (lire encadr&eacute;), Abdelfattah Mourou, ancien membre d&#39;Ennahdha, a d&eacute;clar&eacute; : &laquo; Nous avons une tradition musulmane ancr&eacute;e depuis des si&egrave;cles. Nul ne peut pr&eacute;tendre nous donner des le&ccedil;ons. Quant &agrave; la d&eacute;mocratie, elle ne peut &ecirc;tre contre l&#39;islam, car elle n&#39;est pas une religion mais un syst&egrave;me. &raquo;<\/p>\n<p>\n\t\t<strong>Pas de ligne claire<\/strong><\/p>\n<p>\n\t\tSur la question des salafistes, les dirigeants du parti refusent de trancher. &laquo; Ils sont aussi les fils de ce pays &raquo;, se justifie Ghannouchi. Sahbi Atig, chef du groupe Ennahdha &agrave; la Constituante, explique m&ecirc;me que &laquo; le salafisme est aux origines du mouvement Ennahdha, lequel a ensuite eu un parcours politique fond&eacute; sur la d&eacute;mocratie &raquo;. Sadok Chourou joue d&#39;ailleurs aujourd&#39;hui le r&ocirc;le d&#39;interface avec les diff&eacute;rents courants salafistes. Mais, selon Slaheddine Jourchi, analyste politique, &laquo; le r&eacute;cent accrochage entre forces de l&#39;ordre et salafistes pr&egrave;s de Sfax [12 djihadistes ont &eacute;t&eacute; interpell&eacute;s &agrave; l&#39;issue de l&#39;enqu&ecirc;te, NDLR] montre une rupture entre Ennahdha et une partie d&#39;entre eux. En tirant sur les repr&eacute;sentants d&#39;un gouvernement d&#39;Ennahdha, ils ont signifi&eacute; leur rejet de la ligne du parti islamiste &raquo;. Il en va de m&ecirc;me avec les wahhabites du Hizb Ettahrir, non autoris&eacute;, qui critiquent ouvertement un gouvernement jug&eacute; &laquo; non islamiste &raquo;.<\/p>\n<p>\n\t\tSur fond de conflit id&eacute;ologique au sein du parti, certains militants confient que &laquo; la situation est grave. Nous ne savons pas gouverner et, faute de ligne claire, nous avons du mal &agrave; tenir notre base &raquo;. Raoudha Gharbi, de la Ligue tunisienne des droits de l&#39;homme (LTDH), note pour sa part que &laquo; les salafistes font leurs tests pour s&#39;installer au pouvoir &raquo;. D&#39;aucuns pensent qu&#39;Ennahdha cherche &agrave; gagner du temps et &agrave; imprimer des changements de comportement dans la soci&eacute;t&eacute; &agrave; travers, entre autres, le tissu associatif en vue des prochaines &eacute;lections. Mais les relations entre Ennahdha et le pouvoir sont tellement intriqu&eacute;es que les dissensions du parti sont devenues une faiblesse de l&#39;&Eacute;tat.<\/p>\n<p><!-- ENCADRE SUR TOUTE LA LARGEUR -->\t<\/p>\n<div class=\"encart full\">\n<p>\n\t\t\t<strong>Un &quot;salafou&quot; nomm&eacute; Wajdi Ghanim<\/strong><\/p>\n<p>\n\t\t\tOn savait les cha&icirc;nes satellitaires religieuses influentes. Aujourd&#39;hui, en Tunisie, on en mesure l&#39;impact. Apr&egrave;s la visite du pr&eacute;dicateur &eacute;gyptien Amr Khaled, <a href=\"http:\/\/www.jeuneafrique.com\/Article\/ARTJAWEB20120216091636\/justice-tunisie-islam-ennahdhatunisie-colere-apres-les-declarations-du-precheur-egyptien-wajdi-ghanim.html\" target=\"_blank\">ce fut au tour de son compatriote Wajdi Ghanim de porter la &laquo; bonne parole &raquo;.<\/a> Bard&eacute; de dipl&ocirc;mes, ce th&eacute;ologien de 66 ans, figure de la propagande salafiste, est adul&eacute; dans de nombreux pays arabes, notamment en raison de ses harangues antisionistes. S&#39;appuyant sur une lecture tr&egrave;s personnelle des textes sacr&eacute;s, il a litt&eacute;ralement enflamm&eacute; la coupole d&#39;El-Menzah, le 11 f&eacute;vrier, &agrave; Tunis. L&agrave;, il s&#39;est content&eacute; de stigmatiser la la&iuml;cit&eacute; et l&#39;ind&eacute;cence des sportives. Mais &agrave; Sousse, il a abord&eacute; l&#39;un de ses th&egrave;mes favoris &#8211; pourtant totalement &eacute;tranger &agrave; l&#39;islam -, l&#39;excision, qui ne serait pas une mutilation mais une banale op&eacute;ration esth&eacute;tique, tandis qu&#39;&agrave; Mahdia il a ass&eacute;n&eacute;, sous les ovations, que &laquo; la d&eacute;mocratie est faite par des m&eacute;cr&eacute;ants et qu&#39;il faut s&#39;en remettre &agrave; la choura &raquo;. Ses outrances ont suscit&eacute; un tel &eacute;moi dans le pays qu&#39;une plainte a &eacute;t&eacute; d&eacute;pos&eacute;e contre lui et les associations qui l&#39;ont invit&eacute;.<\/p>\n<\/p><\/div>\n<\/div>\n<p>\n\tLire l&#39;article sur Jeuneafrique.com : <a href=\"http:\/\/www.jeuneafrique.com\/Article\/JA2667p047-049.xml0\/#ixzz1neijqxCB\">Tunisie : Ennahdha, blocage &agrave; tous les &eacute;tages |&nbsp;<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Tunisie : Ennahdha, blocage &agrave; tous les &eacute;tages &nbsp; Par Frida Dahmani, &agrave; Tunis &nbsp; &nbsp; Tout semblait sourire au parti islamiste, pass&eacute; de la clandestinit&eacute; au gouvernement tunisien en moins d&#39;un an. 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