{"id":3982,"date":"2016-03-17T01:04:19","date_gmt":"2016-03-17T01:04:19","guid":{"rendered":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/?p=3982"},"modified":"2016-03-17T00:21:07","modified_gmt":"2016-03-17T00:21:07","slug":"les-autres-pourim","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/les-autres-pourim\/","title":{"rendered":"Les \u00a0\u00bbautres\u00a0\u00bb Pourim"},"content":{"rendered":"<p>\n\t<span class=\"headline\">Les &#39;&#39; autres&#39;&#39; Pourim<\/span><\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t<br \/>\n\t<span class=\"introblue\">&laquo; Et ce fut au temps d&#39;Assu&eacute;rus, cet Assu&eacute;rus qui r&eacute;gnait de l&#39;Inde &agrave; l&#39;Ethiopie&#8230; &raquo; : ce r&eacute;cit du Pourim de Suze (Chouchan), tout le monde le conna&icirc;t. Mais au cours de l&#39;histoire du peuple juif, d&#39;autres communaut&eacute;s juives &agrave; travers le monde ont d&eacute;cid&eacute; d&#39;instaurer leur propre &#39;&#39; Pourim &#39;&#39; pour c&eacute;l&eacute;brer des sauvetages miraculeux qui se sont produits &agrave; diff&eacute;rentes &eacute;poques.<\/span><\/p>\n<p>\n\t<br \/>\n\t<span class=\"text\">Pourim d&#39;Oran<br \/>\n\tNous sommes &agrave; Oran, en juillet 1830, au d&eacute;but du mois d&#39;av 5590. Quelques semaines auparavant, les Fran&ccedil;ais ont conquis Alger et ils se dirigent vers Oran, o&ugrave; la communaut&eacute; juive est sous la menace d&#39;une attaque imminente de ses voisins musulmans. Car s&#39;il est un fait immuable dans l&#39;histoire de l&#39;humanit&eacute;, c&#39;est que lorsque les non-Juifs se sentent menac&eacute;s, ce sont imm&eacute;diatement les Juifs qui paient les pots cass&eacute;s. Et quand le Bey d&#39;Oran d&eacute;cide de quitter la ville, s&#39;estimant dans l&#39;impossibilit&eacute; de la d&eacute;fendre, Oran et ses Juifs sont livr&eacute;s &agrave; eux-m&ecirc;mes.<br \/>\n\tLes Juifs sentent la tension et l&#39;animosit&eacute; de la population musulmane monte crescendo. Ils ont vent de projets de pillage et d&#39;attaques de la part de leurs voisins. R&eacute;action immuable elle aussi, face aux menaces, et au danger : la communaut&eacute; juive se r&eacute;fugie dans la pri&egrave;re. Durant toute une nuit, le 6 av, les Juifs d&#39;Oran prient, supplient et r&eacute;clament l&#39;aide d&#39;Hachem.<br \/>\n\tLe matin arrive, et l&agrave;, c&#39;est le silence total dans les rues d&#39;Oran. Pas un Musulman dans les rues.<br \/>\n\tIl n&#39;y aura pas de pogrom &agrave; Oran parce que ceux qui, hier encore, appelaient au massacre, se sont enfuis pr&eacute;cipitamment lorsqu&#39;ils ont entendu que l&#39;arm&eacute;e fran&ccedil;aise avait d&eacute;barqu&eacute; &agrave; Mers-El-K&eacute;bir le 29 juillet 1830, bien plus t&ocirc;t que pr&eacute;vu.<br \/>\n\tPour comm&eacute;morer cet &eacute;v&eacute;nement miraculeux, les milliers de Juifs d&#39;Oran d&eacute;cident alors de c&eacute;l&eacute;brer leur propre Pourim, dont la date est donc fix&eacute;e au 6 Av. &Agrave; cette occasion, chaque rabbin d&#39;Oran composa un po&egrave;me et les dirigeants spirituels de la communaut&eacute; d&eacute;cr&eacute;t&egrave;rent que d&eacute;sormais, on ne lirait pas Ta&#39;hanoun ce jour-l&agrave; et que l&#39;on instaurerait une c&eacute;r&eacute;monie de Pidyon N&eacute;fech (rachat de l&#39;&acirc;me). Le Dayan rav Messaoud Darmon r&eacute;digea &agrave; cette occasion un po&egrave;me, le &#39;&#39; Mi Kamo&#39;ha &#39;&#39;, dont la structure rappelle un des plus c&eacute;l&egrave;bres chants liturgiques de Rabbi Y&eacute;houda Hal&eacute;vy. Ce po&egrave;me est lu jusqu&#39;&agrave; aujourd&#39;hui dans les synagogues de rite oranais le Chabbat qui pr&eacute;c&egrave;de le 6 av. Il est imprim&eacute; dans le Sidour Bet M&eacute;nou&#39;ha.<br \/>\n\tPourim d&#39;Alger<br \/>\n\tLe Pourim d&#39;Alger est &eacute;galement appel&eacute; Pourim chr&eacute;tien ou Pourim Edom. En 1492, les Juifs sont expuls&eacute;s d&#39;Espagne. Certains trouvent refuge en Afrique du Nord mais voici que la menace de nouvelles pers&eacute;cutions p&egrave;se &agrave; nouveau sur la communaut&eacute;. Le roi d&#39;Espagne et repr&eacute;sentant de la chr&eacute;tient&eacute; Charles-Quint, lui-m&ecirc;me petit-fils d&#39;Isabelle la Catholique et de Ferdinand II d&#39;Aragon, d&eacute;cide de mener une lutte sans merci contre l&#39;Empire Ottoman.<br \/>\n\tEn 1535, il s&#39;empare de Tunis et la livre au pillage durant 3 jours. On d&eacute;nombre 70 000 victimes, parmi lesquels de nombreux Juifs. D&#39;autres sont captur&eacute;s pour &ecirc;tre vendus comme esclaves. La m&ecirc;me ann&eacute;e, les Juifs de Tripoli fuient la ville, chass&eacute;s eux aussi par l&#39;arm&eacute;e espagnole. Et lorsqu&#39;en octobre 1541, la flotte de Charles-Quint se pr&eacute;sente devant Alger, les Juifs de la ville craignent le pire. Ils se r&eacute;unissent dans les synagogues et s&#39;imposent un je&ucirc;ne. Mais alors que le d&eacute;barquement de l&#39;arm&eacute;e de Charles Quint semble imminent, durant la nuit du 23 octobre 1541 se d&eacute;clenche une &eacute;norme temp&ecirc;te. La flotte du roi d&#39;Espagne perd plus de 150 bateaux.<br \/>\n\tCette issue miraculeuse a &eacute;t&eacute; f&ecirc;t&eacute;e durant des si&egrave;cles, les 3 et 4 &lsquo;Hechvan, par un jour de je&ucirc;ne &agrave; l&#39;image du je&ucirc;ne d&#39;Esther, suivi d&#39;un jour de joie et de f&ecirc;te. De nombreux po&egrave;mes ont &eacute;t&eacute; &eacute;crits pour c&eacute;l&eacute;brer cette occasion. Ils font partie du rituel alg&eacute;rois et sont lus &agrave; chaque anniversaire de cette d&eacute;livrance.<br \/>\n\tUne des synagogues de la ville, la synagogue Abentoua, poss&eacute;dait une t&eacute;ba (pupitre de l&#39;officiant) bien particuli&egrave;re, puisqu&#39;elle &eacute;tait faite du bois des &eacute;paves de ces bateaux.<\/p>\n<p>\n\tPourim de Narbonne<br \/>\n\tNous sommes en 4996 (1236). Une rixe &eacute;clate entre un Juif et un Chr&eacute;tien, qui se conclut par la mort de ce dernier. De terribles repr&eacute;sailles sont organis&eacute;es contre la communaut&eacute; juive toute enti&egrave;re.<br \/>\n\tDes milliers de Chr&eacute;tiens font interruption dans le quartier juif, connu sous le nom de Ville-Neuve, y mettent le feu et saccagent les biens des Juifs. L&#39;une des maisons attaqu&eacute;es par la foule est celle de Rabbi M&eacute;&iuml;r ben Its&#39;hak. Tous ses pr&eacute;cieux manuscrits sont br&ucirc;l&eacute;s. Il ne reste plus rien. Mais au plus fort du pogrom, arrive Don Aymeric, le gouverneur de la ville, &agrave; la t&ecirc;te d&#39;un grand nombre de soldats arm&eacute;s. Il r&eacute;tablit l&#39;ordre, disperse les assaillants et les contraint m&ecirc;me &agrave; restituer tout ce qu&#39;ils avaient d&eacute;rob&eacute;s. Depuis, le 21 Adar est c&eacute;l&eacute;br&eacute; chaque ann&eacute;e par les Juifs de la ville sous le nom de Pourim de Narbonne.<\/p>\n<p>\tPourim de Tunis<br \/>\n\tL&#39;histoire que nous allons raconter ne parle pas de m&eacute;chants vizirs ni de pogroms sanglants. C&#39;est l&#39;histoire d&#39;une temp&ecirc;te de neige, qui s&#39;est abattue sur la ville de Tunis le 19 janvier 1891, soit le 24 T&eacute;vet du calendrier juif. De tr&egrave;s lourds d&eacute;g&acirc;ts sont enregistr&eacute;s dans toute la ville. &Agrave; l&#39;instar des dix plaies qui touch&egrave;rent les &Eacute;gyptiens mais pas le peuple d&#39;Isra&euml;l, l&#39;histoire raconte que le quartier juif, la &#39;Hara, fut &eacute;pargn&eacute;, et que les Juifs n&rsquo;eurent pas &agrave; souffrir de ces intemp&eacute;ries. C&#39;est pour remercier Hachem de ce &laquo; miracle m&eacute;t&eacute;orologique &raquo; que la communaut&eacute; de Tunis d&eacute;cida de f&ecirc;ter ce Pourim un peu sp&eacute;cial&#8230;<\/p>\n<p>\tPourim de Basrah<br \/>\n\tLa ville de Basrah (Bassore) est situ&eacute;e en Perse antique &agrave; 120 kilom&egrave;tres au nord du Golfe Persique, et &agrave; environ 160 km au sud de l&#39;ancienne ville de Suze.<br \/>\n\tL&#39;histoire du Pourim de Basrah se conclut par une d&eacute;livrance si miraculeuse que les Juifs institu&egrave;rent une journ&eacute;e sp&eacute;ciale, un Pourim qu&#39;ils observent chaque ann&eacute;e, le second jour du mois de Nissan, l&#39;appelant &laquo; le Jour du Miracle &raquo;. Une M&eacute;guila sp&eacute;ciale (la M&eacute;guilat Parass) compos&eacute;e en l&#39;honneur de ce jour en fait le r&eacute;cit.<br \/>\n\tL&#39;histoire se d&eacute;roule &agrave; l&#39;&eacute;poque de Soliman Pacha, le gouverneur de Basrah, connu pour son honn&ecirc;tet&eacute; et sa droiture, qui aimait les Juifs et qui lui rendaient bien cet amour. Le chef spirituel de la communaut&eacute; juive de la ville &eacute;tait le Nassi Rabbi Yaakov ben Aharon.<br \/>\n\tMais, un jour du mois de Nissan 5531, tout s&#39;effondre. Karim Khan, vizir du Chah de Perse, &agrave; la t&ecirc;te d&#39;une puissante arm&eacute;e, impose un si&egrave;ge &agrave; la ville de Basrah. Soliman Pacha tente bien de r&eacute;sister mais la famine a raison de ses soldats et de ses habitants et le 27 Nissan, la ville tombe aux mains du vizir. Les pires abus sont commis et le premier jour du mois d&rsquo;Iyar, Basrah se rend officiellement. Le vizir r&eacute;clame des sommes &eacute;normes aux habitants de la ville et plus particuli&egrave;rement &agrave; la communaut&eacute; juive. Pour s&#39;assurer que ses ordres sont ex&eacute;cut&eacute;s, Karim Khan prend Rabbi Yaakov ben Aharon, sa femme et ses enfants en otage ; ils sont emprisonn&eacute;s dans les ge&ocirc;les du Chah &agrave; Chiraz, en m&ecirc;me temps que Soliman et sa famille. Et pendant que Karim Khan et ses hommes c&eacute;l&egrave;brent leur victoire, les Juifs de la ville se rassemblent dans la synagogue et proclament un je&ucirc;ne de repentance. Mais rien ne change et la famille du rav Ben Aharon reste derri&egrave;re les barreaux.<br \/>\n\tQuelques ann&eacute;es plus tard, Karim Khan d&eacute;cide que la conqu&ecirc;te de Basrah ne lui suffit pas. Il lui faut davantage de gloire. Il s&#39;en va combattre les tribus arabes voisines, mais essuie une sanglante d&eacute;faite. Il bat en retraite, tente une nouvelle approche mais est &agrave; nouveau vaincu. Et alors qu&#39;il projette de retourner sur le champ de bataille une troisi&egrave;me fois, ses soldats le trahissent et le tuent, le 27 Adar. Quelques jours apr&egrave;s, le 2 Nissan 5535, les troupes du Chah quittent la ville, la famille Ben Aharon est lib&eacute;r&eacute;e et les Juifs d&eacute;cident de rendre gr&acirc;ce &agrave; Hachem en c&eacute;l&eacute;brant chaque ann&eacute;e ce jour comme &laquo; le Jour du Miracle &raquo;.<\/p>\n<p>\tLe Pourim de S&eacute;bastien<br \/>\n\tTout au long de l&#39;histoire juive, nous avons appris que l&#39;alli&eacute; d&#39;hier pouvait se transformer en l&#39;ennemi de demain. C&#39;est un peu cette histoire que vient raconter le Pourim de S&eacute;bastien ou Pourim de Los Cristianos. <span class=\"goog_qs-tidbit goog_qs-tidbit-0\">En 1415, la communaut&eacute; juive de Ceuta (Maroc) institua un Pourim pour comm&eacute;morer la conqu&ecirc;te de la ville par les Portugais. Mais, un si&egrave;cle<\/span> et demi plus tard, les festivit&eacute;s ne sont plus de mise. Car, d&egrave;s 1497, le Portugal suit l&#39;exemple de son voisin espagnol et d&eacute;cide de chasser les Juifs de son territoire ou de les convertir par la force. Aussi, lorsque les troupes portugaises d&eacute;barquent &agrave; Tanger en 1578 sous la conduite du roi Don S&eacute;bastien, les Juifs craignent de devoir &agrave; nouveau tout quitter. Mais la d&eacute;route des Portugais pr&egrave;s d&#39;El Ksar au cours de la c&eacute;l&egrave;bre bataille des Trois Rois est accueillie comme un miracle. On institue donc le 6 du mois d&rsquo;Eloul comme journ&eacute;e de r&eacute;jouissances, qui fut appel&eacute;e &laquo; le Pourim de Los Cristianos &raquo; (des Chr&eacute;tiens) ou &laquo; Pourim de S&eacute;bastien &raquo;.<br \/>\n\t&Agrave; cette date, les Juifs de T&eacute;touan et Tanger lisent une M&eacute;guila &eacute;crite comme il se doit sur parchemin en ces termes : &laquo; Un grand miracle s&#39;est produit en l&#39;an 5338 au b&eacute;n&eacute;fice des Juifs qui habitaient les diverses contr&eacute;es du Maroc. La grandeur de ce miracle vient de ce que le Roi du Portugal, dont le nom &eacute;tait S&eacute;bastien, que son nom et sa m&eacute;moire soient effac&eacute;s, arriva plein d&#39;arrogance, apr&egrave;s de sournoises machinations et pr&eacute;tendit conqu&eacute;rir le territoire du Maroc. Et alors ce fut un grand moment d&#39;angoisse pour Yaacov parce que le m&eacute;chant avait fait le v&oelig;u dans la maison de son dieu de bois et de pierre, de faire administrer l&#39;eau baptismale &agrave; tous ceux qui s&#39;appelleraient du nom d&#39;Isra&euml;l et de faire passer par le fil de l&#39;&eacute;p&eacute;e tous les r&eacute;calcitrants&#8230; Et nous pri&acirc;mes le Saint b&eacute;ni soit-Il et Il se souvint de nous. Louange &agrave; D.ieu, b&eacute;ni soit-Il, qui fit cette journ&eacute;e, &eacute;gayons-nous et r&eacute;jouissons nous en elle&#8230; &raquo;.<\/span><br \/>\n\t&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les &#39;&#39; autres&#39;&#39; Pourim &nbsp; &laquo; Et ce fut au temps d&#39;Assu&eacute;rus, cet Assu&eacute;rus qui r&eacute;gnait de l&#39;Inde &agrave; l&#39;Ethiopie&#8230; &raquo; : ce r&eacute;cit du Pourim de Suze (Chouchan), tout le monde le conna&icirc;t. 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