{"id":409,"date":"2016-07-01T04:12:49","date_gmt":"2016-07-01T04:12:49","guid":{"rendered":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/?p=409"},"modified":"2016-07-01T06:13:11","modified_gmt":"2016-07-01T06:13:11","slug":"daniel-iffla-oisiris-juif-et-mecene-qui-l-doit-la-grande-synagogue-de-tunis","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/daniel-iffla-oisiris-juif-et-mecene-qui-l-doit-la-grande-synagogue-de-tunis\/","title":{"rendered":"Daniel Iffla Oisiris, juif et m\u00e9c\u00e8ne a qui l\u2019on doit la grande synagogue de Tunis"},"content":{"rendered":"<p>\n\tDaniel Iffla Oisiris, juif et m&eacute;c&egrave;ne a qui l&rsquo;on doit la grande synagogue de Tunis<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tOSIRIS, de son vrai nom Daniel Iffla, est n&eacute; le 23 juillet 1825, &agrave; Bordeaux, dans une famille de modestes commer&ccedil;ants juifs.<\/p>\n<div>\n<p>\n\t\tTranscription de l&rsquo;acte de naissance de Daniel Iffla<\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>\n\tDaniel Iffla Oisiris, juif et m&eacute;c&egrave;ne a qui l&rsquo;on doit la grande synagogue de Tunis<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tOSIRIS, de son vrai nom Daniel Iffla, est n&eacute; le 23 juillet 1825, &agrave; Bordeaux, dans une famille de modestes commer&ccedil;ants juifs.<\/p>\n<div>\n<p>\n\t\tTranscription de l&rsquo;acte de naissance de Daniel Iffla<\/p>\n<p>\n\t\t&nbsp;&laquo;&nbsp;Le vingt-cinq juillet mil huit cent vingt cinq &agrave; midi, par devant nous, Maire de la ville de Bordeaux, est comparu le sieur Isaac IFFLA, &acirc;g&eacute; de vingt-cinq ans, commis marchand, demeurant rue Rouhaut n&deg;25, lequel nous a pr&eacute;sent&eacute; un enfant du sexe masculin, n&eacute; avant-hier, au soir, &agrave; six heures, de lui d&eacute;clarant et de Lea CARDOZO D&rsquo;HOURBINO, &acirc;g&eacute;e de vingt-cinq ans, son &eacute;pouse&nbsp;; et auquel il donne le pr&eacute;nom de Daniel. Fait en pr&eacute;sence des sieurs F&eacute;lix LANGE fils, &acirc;g&eacute; de trente ans, commis n&eacute;gociant, rue Rouhaut n&deg;18 et Isaac IFFLA, cousin de l&rsquo;enfant, &acirc;g&eacute; de 22 ans, marchand drapier, foss&eacute;s de l&rsquo;h&ocirc;tel de ville n&deg;11, lecture faite du pr&eacute;sent le p&egrave;re et les t&eacute;moins ont sign&eacute; avec nous.&nbsp;&raquo;<\/p>\n<p>\n\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t<strong>Mention marginale&nbsp;<\/strong><\/p>\n<p>\n\t\t&laquo;&nbsp;Par jugement du dix sept novembre 1863, transcrit le huit d&eacute;cembre suivant sur les registres des actes de naissance, le tribunal de premi&egrave;re instance de Bordeaux &agrave; ordonn&eacute; que mention serait faite en marge du pr&eacute;sent acte, du d&eacute;cret imp&eacute;rial du 24 ao&ucirc;t 1861 qui a autoris&eacute; le sieur Daniel Iffla, &agrave; s&rsquo;appeler &agrave; l&rsquo;avenir&nbsp; IFFLA OSIRIS.&nbsp;&raquo;<\/p>\n<p>\n\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t<strong>1. Daniel IFFLA, le financier<\/strong><\/p>\n<p>\n\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\tDaniel Iffla fr&eacute;quente l&rsquo;&eacute;cole isra&eacute;lite de Bordeaux jusqu&rsquo;&agrave; l&rsquo;&acirc;ge de 14 ans. Fascin&eacute; par la r&eacute;ussite parisienne de quelques financiers aux racines marranes, comme lui, il d&eacute;cide de &laquo;&nbsp;monter&nbsp;&raquo; dans la capitale. L&rsquo;actuel lyc&eacute;e Turgot, cr&eacute;&eacute; en 1839, conserve une trace de son passage, dans sa rubrique r&eacute;trospective des &laquo;&nbsp;turgotins c&eacute;l&egrave;bres&nbsp;&raquo;. http:\/\/lyc-turgot.scola.ac-paris.fr\/personnalites.php<\/p>\n<p>\n\t\tScolarit&eacute; de courte dur&eacute;e, puisqu&rsquo;en 1842, &agrave; l&rsquo;&acirc;ge de 17 ans, Daniel Iffla entame sa vie professionnelle en qualit&eacute; de grouillot, aupr&egrave;s de l&rsquo;agent de change Moreau. S&rsquo;initiant aux r&egrave;gles et subtilit&eacute;s de la Bourse, il int&egrave;gre tr&egrave;s rapidement le cercle ferm&eacute; des financiers d&rsquo;origine s&eacute;farade (Mo&iuml;se Milliaud, Jules Mires, F&eacute;lix Solar, Emile et Isaac Pereire, etc&hellip;). D&egrave;s lors, son ascension professionnelle&nbsp; et sociale sera fulgurante. Cependant, dot&eacute; d&rsquo;un solide bon sens, il conserve en affaires une grande autonomie, s&rsquo;inspirant de l&rsquo;exp&eacute;rience de ses pairs sans tomber dans leurs travers &#8211; qui en conduiront plus d&rsquo;un &agrave; des op&eacute;rations risqu&eacute;es ou parfois douteuses, g&eacute;n&eacute;ratrices de scandales et de faillites retentissantes. Daniel Iffla peut &ecirc;tre qualifi&eacute; de financier solitaire. Autodidacte prudent et observateur &eacute;clair&eacute;, il construira son immense fortune discr&egrave;tement, par des op&eacute;rations boursi&egrave;res et des investissements immobiliers, sans cr&eacute;er d&rsquo;&eacute;tablissements bancaires ou tout autre soci&eacute;t&eacute; ayant pignon sur rue.<\/p>\n<p>\n\t\tTr&egrave;s attach&eacute; au juda&iuml;sme, bien qu&rsquo;en perp&eacute;tuel d&eacute;saccord avec la hi&eacute;rarchie religieuse, Daniel Iffla tombe &eacute;perdument amoureux d&rsquo;une jeune fille catholique de riche famille, L&eacute;onie CARLIER&nbsp;, qu&rsquo;il &eacute;pouse le 24 juin 1854. Ce mariage allog&egrave;ne ne diminue en rien son attachement aux valeurs du juda&iuml;sme, mais amplifie consid&eacute;rablement les difficiles relations et l&rsquo;incompr&eacute;hension qu&rsquo;il entretient d&eacute;j&agrave; avec les autorit&eacute;s juives de l&rsquo;&eacute;poque.<\/p>\n<p>\n\t\tQuinze mois plus tard, son &eacute;pouse L&eacute;onie meurt ainsi que les deux enfants qu&rsquo;elle venait de mettre au monde. C&rsquo;est le drame absolu de la vie de Daniel Iffla qui ne se remariera jamais et conservera intacte, sa vie durant, la chambre de son &eacute;pouse, lui vouant un v&eacute;ritable culte. Ce tragique &eacute;v&egrave;nement, probable d&eacute;clencheur d&rsquo;une nouvelle philosophie de vie, s&rsquo;inscrira d&eacute;sormais en filigrane dans tout le futur de Daniel Iffla.<\/p>\n<p>\n\t\tL&rsquo;indiff&eacute;rence manifest&eacute;e par les tenants des institutions religieuses lors de son deuil cruel est pour lui une seconde &eacute;preuve dont il gardera un fort ressentiment.<\/p>\n<p>\n\t\tOn ne sait que peu de choses concernant les relations de Daniel avec le reste de sa famille, ses fr&egrave;res et s&oelig;urs en particulier, probablement parce que ces relations &eacute;taient r&eacute;duites au strict minimum. Dans son testament, Daniel reproche &agrave; ses fr&egrave;res d&rsquo;avoir contrecarr&eacute; un projet qui lui tenait &agrave; coeur, sans pr&eacute;ciser lequel&nbsp;: &laquo;&nbsp;une grande faute commise, sans qu&rsquo;il leur en co&ucirc;t&acirc;t un sou&nbsp;&raquo;. De plus, Daniel Iffla n&rsquo;appr&eacute;cie gu&egrave;re la vie parisienne et tumultueuse de ses ni&egrave;ces, dont l&rsquo;une &eacute;pousa le compositeur Claude Debussy et l&rsquo;autre fut l&rsquo;une des nombreuses &eacute;pouses du com&eacute;dien Sacha Guitry.<\/p>\n<p>\n\t\tD&egrave;s 1860, fortune faite (en partie avec la dot de son &eacute;pouse diront les envieux), Daniel Iffla prend ses distances avec le palais Brogniart et le monde financier, leur pr&eacute;f&eacute;rant les milieux artistiques, litt&eacute;raires et scientifiques.<\/p>\n<p>\n\t\tC&rsquo;est &eacute;galement &agrave; cette &eacute;poque que pour des motifs demeur&eacute;s &eacute;nigmatiques, il d&eacute;cide d&rsquo;accoler &agrave; son patronyme, le nom d&rsquo;OSIRIS, gr&acirc;ce qui lui fut accord&eacute;e par d&eacute;cret imp&eacute;rial du 24 ao&ucirc;t 1861.<\/p>\n<p>\n\t\tCertains biographes pensent pouvoir affirmer que la m&egrave;re de Daniel (L&eacute;a Cardozo) aurait fait v&oelig;u de surnommer ainsi l&rsquo;un de ses enfants, en souvenir d&rsquo;un fr&egrave;re embarqu&eacute; dangereusement sur un navire du nom d&rsquo;Osiris. Daniel aurait ainsi honor&eacute; la m&eacute;moire de sa m&egrave;re.<\/p>\n<p>\n\t\tR&eacute;alit&eacute; ou l&eacute;gende&nbsp;? L&rsquo;explication para&icirc;t quelque peu alambiqu&eacute;e. Pour notre part, nous avan&ccedil;ons l&rsquo;hypoth&egrave;se que cette modification d&rsquo;identit&eacute;, intervenant &agrave; une p&eacute;riode charni&egrave;re de la vie de Daniel Iffla, est en fait un &eacute;mouvant et symbolique hommage rendu &agrave; son &eacute;pouse L&eacute;onie. En effet, dans la mythologie &eacute;gyptienne, Osiris,&nbsp;ramen&eacute; &agrave; la vie par son &eacute;pouse Isis, est &agrave; la fois le symbole d&rsquo;une vie nouvelle et le garant de la survie des d&eacute;funts dans l&rsquo;au-del&agrave;. L&eacute;onie identifi&eacute;e &agrave; Isis sugg&egrave;re cette nouvelle vie &agrave; Daniel, lequel, par&eacute; des attributs d&rsquo;Osiris, veille sur son &acirc;me et sur celle de ses enfants.<\/p>\n<p>\n\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t<strong>2. OSIRIS, le fid&egrave;le bienfaiteur<\/strong><\/p>\n<p>\n\t\tTr&egrave;s rapidement le patronyme d&rsquo;IFFLA ou d&rsquo;IFFLA-OSIRIS, fera place &agrave; celui d&rsquo;OSIRIS tout court, raill&eacute; par les antis&eacute;mites (Drumont en t&ecirc;te)&nbsp; qui voient l&agrave; une man&oelig;uvre destin&eacute;e &agrave; dissimuler ses origines juives. Sa fortune est estim&eacute;e , au minimum, &agrave; 50 millions de francs soit l&rsquo;&eacute;quivalent d&rsquo;environ 200 millions d&rsquo;euros. Le chiffre cr&eacute;dible et probablement en de&ccedil;&agrave; de la r&eacute;alit&eacute;, lui procure un revenu annuel estim&eacute; &agrave; plus de deux millions de francs (environ 7 millions d&rsquo;euros).&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\tSes contemporains le d&eacute;crivent parfois comme &eacute;tant &laquo;&nbsp;pingre&nbsp;&raquo;, ce qui constitue une grossi&egrave;re erreur d&rsquo;appr&eacute;ciation. C&rsquo;est un homme qui par ses origines modestes, conna&icirc;t la valeur de l&rsquo;argent et ne l&rsquo;utilise qu&rsquo;&agrave; bon escient. Il vit simplement dans son h&ocirc;tel particulier de la rue de La Bruy&egrave;re, refusant un temps l&rsquo;installation de l&rsquo;&eacute;lectricit&eacute; jug&eacute;e trop co&ucirc;teuse. On le rencontre parfois dans les petits restaurants de quartier, mais jamais dans les &eacute;tablissements de grand renom.<\/p>\n<p>\n\t\tIl est exact qu&rsquo;il pratiquait le culte de la personnalit&eacute;, chacune de ses r&eacute;alisations les plus spectaculaires portant, selon son exigence, sa signature tr&egrave;s apparente.<\/p>\n<p>\n\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\tMais qui &eacute;tait vraiment cet homme hors du commun&nbsp;? Patriote juif ou nationaliste forcen&eacute;&nbsp;?<\/p>\n<p>\n\t\t<strong>Juif de cour ou philanthrope d&eacute;sint&eacute;ress&eacute;&nbsp;?&nbsp; G&eacute;nial m&eacute;c&egrave;ne ou risible m&eacute;galomane&nbsp;?<\/strong><\/p>\n<p>\n\t\tLa personnalit&eacute; de cet individualiste est difficile &agrave; cerner. Il se d&eacute;gage cependant de son action multiple, une ind&eacute;niable qualit&eacute;&nbsp;: LA FID&Eacute;LIT&Eacute;.<\/p>\n<p>\n\t\tFid&eacute;lit&eacute; &agrave; ses origines modestes et &agrave; sa juda&iuml;cit&eacute;, fid&eacute;lit&eacute; &agrave; la R&eacute;publique fran&ccedil;aise, fid&eacute;lit&eacute; &agrave; sa r&eacute;gion natale et, enfin, fid&eacute;lit&eacute; &agrave; sa d&eacute;funte &eacute;pouse. Il n&rsquo;existe aucune hi&eacute;rarchie entre ces diff&eacute;rentes valeurs qu&rsquo;il place d&rsquo;embl&eacute;e sur le m&ecirc;me plan et qui se retrouvent bien souvent &eacute;troitement m&ecirc;l&eacute;es dans ses choix.<\/p>\n<p>\n\t\tIl serait vain de tenter de dresser une liste exhaustive de ses innombrables bienfaits, qui s&rsquo;acc&eacute;l&egrave;reront au cours du temps, pour atteindre leur paroxysme avec ses volont&eacute;s testamentaires. Certains bienfaits seront r&eacute;alis&eacute;s avec &eacute;clat, d&rsquo;autres &#8211; aussi nombreux &#8211; dans la plus grande discr&eacute;tion.<\/p>\n<p>\n\t\tCeux que nous rappelons, ci-apr&egrave;s, nous paraissent les plus repr&eacute;sentatifs de la complexit&eacute; du personnage et des valeurs auxquelles il est attach&eacute;.<\/p>\n<p>\n\t\t&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t<strong>Fid&eacute;lit&eacute; &agrave; la R&eacute;publique<\/strong><\/p>\n<p>\n\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\tOsiris, de tous temps, voue une admiration sans bornes, aux personnages c&eacute;l&egrave;bres de l&rsquo;histoire de France. Cette passion qui confine parfois &agrave; l&rsquo;id&ocirc;latrerie est exacerb&eacute;e par un go&ucirc;t immod&eacute;r&eacute; pour la sculpture et la statuaire.<\/p>\n<p>\n\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t1870 &#8211; Dans son h&ocirc;tel parisien, Osiris poss&egrave;de l&rsquo;une des plus belles collections de souvenirs napol&eacute;oniens. Avec Jeanne d&rsquo;Arc, le premier consul figure en-t&ecirc;te de ses h&eacute;ros de pr&eacute;dilection. Par la suite, il fera &eacute;riger &agrave; Waterloo, sur un vaste terrain qu&rsquo;il avait acquis face &agrave; &laquo;&nbsp;La Butte du Lion&nbsp;&raquo;, un m&eacute;morial &laquo;&nbsp;L&rsquo;Aigle bless&eacute;&nbsp;&raquo;, &agrave; la gloire des grenadiers de la garde imp&eacute;riale. Cette attention n&rsquo;est pas sans rapport avec le souvenir de son grand-p&egrave;re, dont il porte le pr&eacute;nom (Daniel Iffla &deg;1769),&nbsp; qui fut un fid&egrave;le lieutenant de Bonaparte et qui se distingua aux si&egrave;ges de Toulon et du Boulou.<\/p>\n<p>\n\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t1889 &#8211; N&rsquo;ayant pu acqu&eacute;rir la maison natale de Jeanne d&rsquo;Arc &agrave; Domr&eacute;my (le clerg&eacute; s&rsquo;y &eacute;tant oppos&eacute;), il commande au sculpteur Emmanuel Fr&eacute;miet, deux statues &eacute;questres de &laquo;&nbsp;La Pucelle&nbsp;&raquo;. La premi&egrave;re est &eacute;rig&eacute;e en 1889, place des pyramides &agrave; Paris, la seconde est offerte &agrave; la ville de Nancy en 1890. Le choix de la ville de Nancy n&rsquo;est pas innocent, Osiris voulait ainsi, aux portes de l&rsquo;Alsace Lorraine annex&eacute;e, exprimer son profond patriotisme, mais aussi sa solidarit&eacute; avec les juifs ashk&eacute;nazes tenus sous le joug prussien.<\/p>\n<p>\n\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t1889 &#8211; Osiris cr&eacute;e tr&egrave;s officiellement, &agrave; l&rsquo;occasion de l&rsquo;exposition universelle, un prix de 100&nbsp;000 francs (350&nbsp;000 euros) destin&eacute; &agrave; r&eacute;compenser une action publique remarquable. Parmi les laur&eacute;ats d&eacute;sign&eacute;s par un jury de journalistes dans les ann&eacute;es qui suivirent, citons Louis Bl&eacute;riot, le mar&eacute;chal Lyautey ou encore le docteur Roux de l&rsquo;Institut Pasteur. La co&iuml;ncidence de l&rsquo;&eacute;v&egrave;nement avec le centenaire de l&rsquo;&eacute;mancipation des juifs s&eacute;pharades, ne doit assur&eacute;ment rien au hasard, comme le confirmera Osiris lui-m&ecirc;me.<\/p>\n<p>\n\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t1896 &#8211; Osiris se porte acqu&eacute;reur du ch&acirc;teau de Malmaison, durement endommag&eacute;, mais convoit&eacute; par un richissime Anglais. Aux yeux d&rsquo;Osiris, la demeure de Napol&eacute;on et de Jos&eacute;phine, ne peut et ne doit pas quitter le patrimoine national. Il y entreprend une restauration gigantesque et rach&egrave;te partout o&ugrave; il le peut, les meubles authentiques, que l&rsquo;action du temps avait dispers&eacute;s.<\/p>\n<p>\n\t\tSon &oelig;uvre achev&eacute;e, Osiris offrira cette perle ressuscit&eacute;e &agrave; l&rsquo;Etat fran&ccedil;ais.&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t1902 &#8211; Il offre &agrave; la ville de Lausanne, une magnifique statue de Guillaume Tell, en remerciement, pr&eacute;cise-t-il, du refuge accord&eacute;, en 1871, par la Suisse, &agrave; l&rsquo;arm&eacute;e fran&ccedil;aise du g&eacute;n&eacute;ral Bourbaki, en pleine d&eacute;route. L&rsquo;&oelig;uvre est r&eacute;alis&eacute;e par son ami sculpteur : Antonin Merci&eacute;. Par testament, Osiris fera plusieurs legs &agrave; la ville de Lausanne, en particulier les fonds n&eacute;cessaires &agrave; la construction d&rsquo;une chapelle d&eacute;di&eacute;e &agrave; Guillaume Tell et la somme de 50&nbsp;000 francs (160&nbsp;000 euros) destin&eacute;e &agrave; la communaut&eacute; juive de la ville qui envisage la construction d&rsquo;une synagogue.<\/p>\n<p>\n\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t<strong>Fid&eacute;lit&eacute; au juda&iuml;sme<\/strong><\/p>\n<p>\n\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\tL&rsquo;animosit&eacute; d&rsquo;Osiris envers les institutions juives n&rsquo;affecte en rien son attachement aux valeurs du juda&iuml;sme. Adorateur des &laquo;&nbsp;illustres enfants d&rsquo;Isra&euml;l&nbsp;&raquo; &#8211; comme il aime &agrave; le rappeler et &agrave; le faire graver dans le marbre de ses r&eacute;alisations &#8211; ses pr&eacute;f&eacute;rences englobent tout &agrave; la fois les patriarches bibliques, Mo&iuml;se en t&ecirc;te, mais aussi des personnages aussi divers que Rachi, Adolphe Cr&eacute;mieux, des rabbins prestigieux tel Jacob Athias ou encore la trag&eacute;dienne Rachel. Son panth&eacute;on confessionnel est logiquement &agrave; forte impr&eacute;gnation s&eacute;pharade. Ainsi lorsqu&rsquo;il honore les &laquo;&nbsp;grands citoyens fran&ccedil;ais, d&eacute;fenseurs du juda&iuml;sme&nbsp;&raquo;, Mirabeau ou l&rsquo;abb&eacute; Gr&eacute;goire, fait-il r&eacute;f&eacute;rence &agrave; la s&eacute;ance de l&rsquo;Assembl&eacute;e nationale du 28 janvier 1790 qui &eacute;mancipa les juifs du sud de la France, alors que les juifs ashk&eacute;nazes durent patienter jusqu&rsquo;au 28 septembre 1791.<\/p>\n<p>\n\t\tSa contribution aux valeurs du juda&iuml;sme se traduit exclusivement par des initiatives personnelles, et sciemment, en dehors de toute concertation avec les instances religieuses ad&eacute;quates&hellip;.<\/p>\n<p>\n\t\tFinancier-b&acirc;tisseur de synagogues, dans chacune d&rsquo;entre-elles, il impose comme pr&eacute;alable, que son nom figure ostensiblement en bonne place et que soient honor&eacute;s son panth&eacute;on personnel ou ses amis banquiers (Solar, P&eacute;reire, etc..).<\/p>\n<p>\n\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\tAu minimum, huit synagogues, sont le r&eacute;sultat de la volont&eacute; d&rsquo; Osiris, de son vivant ou par legs posthumes&nbsp;:<\/p>\n<p>\n\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t&#8211; synagogue d&rsquo; Arcachon,<\/p>\n<p>\n\t\t&#8211; synagogue de Bordeaux (en partie).<\/p>\n<p>\n\t\t&#8211; synagogue de Bruy&egrave;res,<\/p>\n<p>\n\t\t&#8211; synagogue de Lausanne,<\/p>\n<p>\n\t\t&#8211; synagogue de Tours,<\/p>\n<p>\n\t\t&#8211; synagogue de Tunis,<\/p>\n<p>\n\t\t&#8211; synagogue de Vincennes,<\/p>\n<p>\n\t\t&#8211; synagogue de la rue Buffault, &agrave; Paris.<\/p>\n<p>\n\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t1873 &#8211; La synagogue de Bordeaux est an&eacute;antie par un incendie. Osiris propose d&rsquo;en financer la reconstruction estim&eacute;e &agrave; 700&nbsp;000 francs (plus de 2 millions d&rsquo;euros), mais les conditions qu&rsquo;il y attache et que l&rsquo;on devine (multiples plaques &agrave; son nom et &agrave; la gloire de ses idoles&hellip;), posent probl&egrave;me et le brouillent d&eacute;finitivement avec le consistoire r&eacute;gional. Il participera cependant au financement de l&rsquo;&eacute;difice, aux c&ocirc;t&eacute;s des fr&egrave;res Pereire et de la famille de Rothschild.<\/p>\n<p>\n\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t1874 &#8211; Le consistoire isra&eacute;lite de Paris ach&egrave;ve la construction de la synagogue de la rue de la Victoire, dans l&rsquo;espoir qu&rsquo;elle puisse fusionner les rites s&eacute;pharade et ashk&eacute;naze. Osiris l&rsquo;ind&eacute;pendant, qui refuse l&rsquo;all&eacute;geance au consistoire, constitue avec ses amis marranes, une soci&eacute;t&eacute; civile dont l&rsquo;objectif est la construction de la synagogue de la rue Buffault. Principal pourvoyeur de fonds &agrave; hauteur de 200&nbsp;000 francs (environ 700&nbsp;000 euros), Osiris impose son architecte et ses conditions&nbsp;: une plaque ext&eacute;rieure &agrave; son nom, une plaque int&eacute;rieure avec ses h&eacute;ros, parents et amis. Pour obtenir satisfaction face &agrave; ses partenaires, oppos&eacute;s &agrave; ces exigences, il n&rsquo;h&eacute;site pas &agrave; intenter un proc&egrave;s qui lui donnera gain de cause. La synagogue est inaugur&eacute;e en septembre 1877.<\/p>\n<p>\n\t\tCependant, la brouille occasionn&eacute;e l&rsquo;incitera &agrave; poursuivre sa g&eacute;n&eacute;rosit&eacute; confessionnelle en dehors de la capitale.<\/p>\n<p>\n\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t1903 &#8211; Le cas de la synagogue de Bruy&egrave;res, &agrave; l&rsquo;origine de notre enqu&ecirc;te, est repr&eacute;sentative de l&rsquo;&eacute;tat d&rsquo;esprit de son m&eacute;c&egrave;ne.<\/p>\n<p>\n\t\tLa petite communaut&eacute; juive de Bruy&egrave;res, compos&eacute;e essentiellement de juifs alsaciens comprend, en cette fin du 19e si&egrave;cle, une centaine de personnes.<\/p>\n<p>\n\t\tDepuis des ann&eacute;es, ses membres avaient pour projet l&rsquo;&eacute;tablissement d&rsquo;un lieu de culte digne de ce nom et &eacute;conomisaient &agrave; cette fin. Le devis d&rsquo;un architecte local pour une construction a minima, se montait &agrave; 10&nbsp;000 francs, une somme sans commune mesure avec les 200 francs r&eacute;unis &agrave; grand&rsquo; peine.<\/p>\n<p>\n\t\tC&rsquo;est alors que Mo&iuml;se Schuhl, grand rabbin des Vosges et de Haute-Sa&ocirc;ne e&ucirc;t l&rsquo;heureuse id&eacute;e de prendre contact avec Osiris dont la g&eacute;n&eacute;rosit&eacute; et les actions isol&eacute;es, &eacute;taient devenues l&eacute;gendaires.<\/p>\n<p>\n\t\tOsiris, qui probablement ignorait jusqu&rsquo;&agrave; l&rsquo;existence de la ville de Bruy&egrave;res, s&eacute;duit par l&rsquo;acharnement de cette petite communaut&eacute; &agrave; vouloir b&acirc;tir son propre temple et peut-&ecirc;tre aussi par le fait que tous ces alsaciens avaient fuit la province annex&eacute;e, se laissa convaincre par les arguments du rabbin.<\/p>\n<p>\n\t\tComme pour les autres synagogues qu&rsquo;il fait &eacute;riger, il impose son architecte, ses plans et ses conditions habituelles (plaques &agrave; son nom et &agrave; la gloire de ses h&eacute;ros). Le co&ucirc;t de l&rsquo;op&eacute;ration, d&rsquo;un montant de 15&nbsp;000 francs, n&rsquo;a rien de comparable avec celui de la rue Buffault.<\/p>\n<p>\n\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t<strong>Fid&eacute;lit&eacute; &agrave; Bordeaux<\/strong><\/p>\n<p>\n\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t1860 &#8211; Osiris rach&egrave;te &agrave; Bommes (33210) le prestigieux domaine de &laquo;&nbsp;La Tour Blanche&nbsp;&raquo;, grand vin de Sauternes, concurrent du fameux &laquo;&nbsp;Ch&acirc;teau Yquem&nbsp;&raquo;. L&rsquo;immense domaine viticole de 65 hectares, symbole de la culture fran&ccedil;aise et bordelaise, mena&ccedil;ait de tomber en des mains &eacute;trang&egrave;res, perspective qui lui est insupportable. Il faut &eacute;galement remarquer que financiers s&eacute;pharades et ashk&eacute;nazes qui constituent deux entit&eacute;s &laquo;&nbsp;&eacute;conomico-juda&iuml;ques&nbsp;&raquo; distinctes, se livrent &agrave; d&rsquo;aimables joutes, en mati&egrave;re d&rsquo;acquisitions et de m&eacute;c&eacute;nat. Sous le second empire, plus que jamais, un juif ais&eacute;, fut-il fran&ccedil;ais depuis des lustres, doit affirmer et m&ecirc;me prouver aux yeux de la collectivit&eacute;, son int&eacute;gration et son attachement aux valeurs communes. Osiris, le gamin de Bordeaux, l&rsquo;ex petit grouillot de chez Moreau, devient par cette acquisition, dans le vignoble de son enfance, l&rsquo;&eacute;gal de la puissante dynastie des Rothschild qui avait elle-m&ecirc;me investit dans plusieurs crus c&eacute;l&egrave;bres de la r&eacute;gion. Lui, qui ne consomme que tr&egrave;s peu de vin, se passionne pour ce domaine, faisant appel &agrave; Louis Pasteur pour en am&eacute;liorer la vinification et mieux appr&eacute;hender les subtilit&eacute;s du r&ocirc;le des micro-organismes.<\/p>\n<p>\n\t\tA sa mort, Osiris l&egrave;gue la totalit&eacute; du vaste domaine &agrave; l&rsquo;Etat, sous condition que celui-ci y cr&eacute;e une &eacute;cole &laquo;&nbsp;populaire et gratuite&nbsp;&raquo; de viticulture et de vinification, ce qui fut fait.<\/p>\n<p>\n\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t1873 &#8211; En 1870, au sortir du si&egrave;ge de Paris, l&rsquo;alimentation en eau potable fait d&eacute;faut dans la capitale, &agrave; tel point qu&rsquo;il parait plus ais&eacute; de se procurer du vin. C&rsquo;est alors qu&rsquo;un riche et g&eacute;n&eacute;reux anglais, sir Richard Wallace offre &agrave; la ville de Paris, 50 fontaines publiques monumentales. L&rsquo;id&eacute;e de cette eau &agrave; la discr&eacute;tion des plus humbles s&eacute;duit Osiris qui commande six fontaines pour la ville de Bordeaux. Il y joint une condition&nbsp;: que l&rsquo;une de ces fontaines soit install&eacute;e place du g&eacute;n&eacute;ral S&eacute;rail, quartier qui l&rsquo;a vu na&icirc;tre. Au cours de la derni&egrave;re guerre, trois de ces fontaines, v&eacute;ritables &oelig;uvres d&rsquo;art, ont disparu, probablement vol&eacute;es par l&rsquo;occupant. A la fin de l&rsquo;ann&eacute;e 2003, une &acirc;pre pol&eacute;mique &eacute;clata entre le maire Alain Jupp&eacute; qui fit d&eacute;placer la fontaine de la place du g&eacute;n&eacute;ral S&eacute;rail et Richard Z&eacute;boulon, membre la communaut&eacute; juive de Bordeaux qui entendait faire respecter le v&oelig;u et la m&eacute;moire de l&rsquo;illustre bordelais. L&rsquo;ent&ecirc;t&eacute; Richard Z&eacute;boulon, non sans difficult&eacute;s, obtint finalement gain de cause.<\/p>\n<p>\n\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t1907 &#8211; Par testament, Osiris l&egrave;gue &agrave; la ville de Bordeaux, la somme de deux millions de francs (7 millions d&rsquo;euros), afin que soit cr&eacute;&eacute; un bateau-asile amarr&eacute; sur la Gironde et destin&eacute; &agrave; recevoir les indigents de la ville. &laquo;&nbsp;Le bateau-soupe&nbsp;&raquo; amarr&eacute; quai Sainte Croix et baptis&eacute; &laquo;&nbsp;Osiris&nbsp;&raquo; selon le v&oelig;u du g&eacute;n&eacute;reux donateur, fonctionnera de 1912 &agrave; 1940. Malades, ch&ocirc;meurs, infirmes, femmes enceintes et orphelins recevront plus de 14&nbsp;000 repas et collations par mois, ainsi qu&rsquo;un soutien&nbsp; m&eacute;dical dont l&rsquo;impact positif sur la mortalit&eacute; infantile fut incontestable.&nbsp; R&eacute;quisitionn&eacute; par le commandement allemand pour y install&eacute; une batterie de DCA, &laquo;&nbsp;l&rsquo;Osiris&nbsp;&raquo; sera sabord&eacute; et sombrera dans la Gironde en 1944.<\/p>\n<p>\n\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t<strong>Fid&eacute;lit&eacute; au souvenir de son &eacute;pouse<\/strong><\/p>\n<p>\n\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\tOsiris soutient de nombreuses &oelig;uvres destin&eacute;es &agrave; venir en aide aux femmes, aux femmes enceintes plus particuli&egrave;rement, ainsi qu&rsquo;aux orphelins.<\/p>\n<p>\n\t\tA Paris, il finance &agrave; l&rsquo;h&ocirc;pital de la Salp&eacute;tri&egrave;re, deux pavillons destin&eacute;s aux femmes. Il apporte &eacute;galement son concours &agrave; de multiples &oelig;uvres dont&nbsp; la Soci&eacute;t&eacute; d&rsquo;Allaitement maternel, l&rsquo;Ouvroir pour femmes enceintes, la Protection de l&rsquo;Enfance et l&rsquo;Orphelinat de Belleville.<\/p>\n<p>\n\t\tA Nancy, il est &agrave; l&rsquo;origine de la cr&egrave;che municipale et de l&rsquo;Institut de S&eacute;roth&eacute;rapie.<\/p>\n<p>\n\t\tVolont&eacute; posthume, c&rsquo;est &eacute;galement en hommage aux &eacute;pouses &laquo;&nbsp;raisonnables&nbsp;&raquo;, comme l&rsquo;eut sans doute &eacute;t&eacute; L&eacute;onie et par opposition &agrave; ses ni&egrave;ces dispendieuses, qu&rsquo;il l&egrave;gue &agrave; la ville de Paris, la somme n&eacute;cessaire &agrave; l &eacute;dification d&rsquo; un monument &agrave; la gloire de deux veuves charitables&nbsp;: madame Boucicaut et la baronne de Hirsch, qui avaient en commun d&rsquo;avoir offert &agrave; la science et &agrave; l&rsquo;institut Pasteur, en particulier, des sommes consid&eacute;rables.<\/p>\n<p>\n\t\tPlus modestes et discrets, sont les cours de st&eacute;nodactylographie qu&rsquo;il fait dispenser aux veuves et aux orphelines.<\/p>\n<p>\n\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\tFid&eacute;lit&eacute; &agrave; ses origines modestes<\/p>\n<p>\n\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t1860 &#8211; L&rsquo;une des premi&egrave;res contributions d&rsquo;Osiris est destin&eacute;e &agrave; venir en aide aux mis&eacute;reux. Dans la plus grande discr&eacute;tion, il apporte son concours financier au &laquo;&nbsp;Pain pour tous&nbsp;&raquo;, &oelig;uvre qui distribue des repas aux plus d&eacute;munis, dans les diff&eacute;rents quartiers de Paris.<\/p>\n<p>\n\t\tC&rsquo;est aussi lui, pr&eacute;curseur de g&eacute;nie, qui invente le &laquo;&nbsp;micro-pr&ecirc;t d&rsquo;argent&nbsp;&raquo;, sans int&eacute;r&ecirc;t, dont les b&eacute;n&eacute;ficiaires seront les marchands des quatre saisons et autres petits commer&ccedil;ants et artisans des rues de la capitale. Le pr&ecirc;t de 50 francs (160 euros) est remboursable apr&egrave;s vente, pour &ecirc;tre &agrave; nouveau recycl&eacute;. 200 pr&ecirc;ts sont ainsi consentis en permanence.<\/p>\n<p>\n\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t<strong>3. Le testament d&rsquo;OSIRIS<\/strong><\/p>\n<p>\n\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\tDaniel Iffla, plus connu sous le nom d&rsquo;Osiris, s&rsquo;&eacute;teint &agrave; Paris le 4 f&eacute;vrier 1907, solitaire, comme il avait presque toujours v&eacute;cu. Malgr&eacute; une vie consacr&eacute;e au m&eacute;c&eacute;nat, sa fortune est encore immense, certaines de ses acquisitions, comme le domaine de &laquo;&nbsp;La Tour Blanche&nbsp;&raquo; ou des villas &agrave; Arcachon, s&rsquo;&eacute;tant r&eacute;v&eacute;l&eacute;es avec le temps, d&rsquo;astucieux placements.<\/p>\n<p>\n\t\tDepuis des ann&eacute;es, il peaufinait son testament, document impressionnant de plusieurs dizaines de pages.<\/p>\n<p>\n\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\tNous ne reviendrons pas sur les legs cit&eacute;s pr&eacute;c&eacute;demment, tels le bateau &laquo;&nbsp;Osiris&nbsp;&raquo;, le domaine de &laquo;&nbsp;La Tour Blanche&nbsp;&raquo; ou la chapelle de Guillaume Tell.<\/p>\n<p>\n\t\tQuelques legs mineurs sont d&eacute;volus &agrave; sa famille, qui intentera un proc&egrave;s au l&eacute;gataire universel.<\/p>\n<p>\n\t\tDes dons substantiels vont &agrave; des &oelig;uvres humanitaires ou de bienfaisance, aussi vari&eacute;es que l&rsquo;Orphelinat des H&ocirc;pitaux marins ou la Soci&eacute;t&eacute; de Protection des Engag&eacute;s volontaires.<\/p>\n<p>\n\t\tOsiris l&egrave;gue une rente perp&eacute;tuelle aux villes d&rsquo;Arcachon, Berne, Bordeaux, Gen&egrave;ve, Lausanne, Lyon, Marseille, et Nancy. Selon sa volont&eacute;, cette rente annuelle de 1 000 francs, est destin&eacute;e &agrave; r&eacute;compenser les &eacute;l&egrave;ves des &eacute;coles communales, les plus dignes et les plus m&eacute;ritants, sans distinction de culte.<\/p>\n<p>\n\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\tPour l&rsquo;essentiel de sa fortune, il d&eacute;signe l&rsquo;Institut Pasteur l&eacute;gataire universel et ex&eacute;cuteur testamentaire&nbsp;:<\/p>\n<p>\n\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t&laquo;&nbsp;Ayant toujours eu l&rsquo;ardent d&eacute;sir de favoriser les d&eacute;couvertes scientifiques qui peuvent contribuer au soulagement de l&rsquo;humanit&eacute;, je place mon legs universel et son ex&eacute;cution sous l&rsquo;invocation de la m&eacute;moire du grand Pasteur, une des gloires les plus belles de mon pays&nbsp;&raquo;.<\/p>\n<p>\n\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\tS&rsquo;acquittant scrupuleusement de ses obligations testamentaires et morales, en particulier d&rsquo;une promesse faite de son vivant par Osiris &agrave; la communaut&eacute; de Tunis, l&rsquo;Institut Pasteur finance la synagogue de cette ville et se retrouve n&eacute;anmoins &agrave; la t&ecirc;te d&rsquo;un &laquo;&nbsp;tr&eacute;sor&nbsp;&raquo; de pr&egrave;s de 40 millions de francs (130 millions d&rsquo;euros).<\/p>\n<p>\n\t\tLe legs &laquo;&nbsp;Osiris&nbsp;&raquo; constitue, encore aujourd&rsquo;hui, le legs le plus important jamais re&ccedil;u par l&rsquo;Institut. Selon l&rsquo;avis des sp&eacute;cialistes, il intervenait &agrave; un moment crucial de son histoire, lui donnant les moyens de sa p&eacute;rennit&eacute; et de son d&eacute;veloppement. C&rsquo;est aussi, gr&acirc;ce &agrave; ce legs opportun, que fut cr&eacute;&eacute;, en 1908, l&rsquo;Institut du Radium de Marie Curie, dont les d&eacute;couvertes ont r&eacute;volutionn&eacute; la science moderne.<\/p>\n<p>\n\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t<strong>Le dernier &laquo;&nbsp;coup&nbsp;&raquo; d&rsquo;Osiris<\/strong><\/p>\n<p>\n\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\tOSIRIS repose au cimeti&egrave;re Montmartre. Fid&egrave;le &agrave; ses valeurs, sa tombe est orn&eacute;e d&rsquo;une imposante statue de Mo&iuml;se, &oelig;uvre de son sculpteur f&eacute;tiche Antonin Merci&eacute; et reproduction du chef d&rsquo;&oelig;uvre de Michel-Ange. Ce n&rsquo;est pas par hasard que ce caveau monumental se dresse en limite des parcelles chr&eacute;tiennes et isra&eacute;lites. En effet, &agrave; quelques pas de l&agrave;, se trouve la tombe de L&eacute;onie Carlier, amour ind&eacute;fectible au-del&agrave; de la mort. Jadis, un mur s&eacute;parait les deux parcelles, mais la volont&eacute;, l&rsquo;intelligence et&hellip; l&rsquo;argent, ont eu raison de cette muraille.<\/p>\n<p>\n\t\tVous qui passez par l&agrave;, n&rsquo;oubliez pas de saluer ISIS, la malheureuse, et OSIRIS, le gamin de Bordeaux&hellip;<\/p>\n<p>\n\t\t<img decoding=\"async\" alt=\"\" src=\"http:\/\/harissa.com\/harissa\/synapa3.jpg\" \/><\/p>\n<p>\n\t\t&nbsp;<\/p>\n<div>\n\t\tPS: LA&nbsp;&nbsp; GRANDE&nbsp; SYNAGOGUE DE TUNIS&nbsp;&nbsp; FUT ACHEVEE LE 23 DECEMBRE 1938&#8230;<\/div>\n<div>\n\t\tL&#39;INITIATIVE DE LA CONSTRUCTION REVIENT AU BARON GIACOMO CASTELNUOVO,&nbsp;UN PHILANTROPE JUIF FRANCAIS .<\/div>\n<div>\n\t\t&nbsp;<\/div>\n<div>\n\t\tDANIEL OSIRIS&nbsp; ,&nbsp; PROMET ALORS DE FINANCER LES TRAVAUX MAIS MEURT AVANT D&#39;AVOIR TENU PAROLE.<\/div>\n<div>\n\t\tIL FAUT ALORS TOUTE LA PERSUASION DE MARDOCHE RACCAH POUR CONVAINCRE L&#39; INSTITUT PASTEUR DE PARIS , HERITIER DE OSIRIS DE PRELEVER SUR L&#39;HERITAGE LA SOMME PROMISE.<\/div>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Daniel Iffla Oisiris, juif et m&eacute;c&egrave;ne a qui l&rsquo;on doit la grande synagogue de Tunis &nbsp; &nbsp; OSIRIS, de son vrai nom Daniel Iffla, est n&eacute; le 23 juillet 1825, &agrave; Bordeaux, dans une famille de modestes commer&ccedil;ants juifs. 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