{"id":419,"date":"2016-06-21T00:44:03","date_gmt":"2016-06-21T00:44:03","guid":{"rendered":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/?p=419"},"modified":"2016-06-21T16:27:24","modified_gmt":"2016-06-21T16:27:24","slug":"lhistoire-de-la-ceramique-des-chemla","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/lhistoire-de-la-ceramique-des-chemla\/","title":{"rendered":"L\u2019HISTOIRE DE LA C\u00c9RAMIQUE DES CHEMLA"},"content":{"rendered":"<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p align=\"center\">\n\t<b><font size=\"6\">L&#39;HISTOIRE DE LA C&Eacute;RAMIQUE DES CHEMLA<\/font><\/b><\/p>\n<p align=\"center\">\n\t<font size=\"4\">R&eacute;dig&eacute;e par Andr&eacute; Chemla, c&eacute;ramiste<\/font><\/p>\n<p>\n\t<b><font face=\"Bell MT,Times New Roman\" size=\"4\">&nbsp;<\/font><\/b><\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p align=\"center\">\n\t<b><font size=\"6\">L&#39;HISTOIRE DE LA C&Eacute;RAMIQUE DES CHEMLA<\/font><\/b><\/p>\n<p align=\"center\">\n\t<font size=\"4\">R&eacute;dig&eacute;e par Andr&eacute; Chemla, c&eacute;ramiste<\/font><\/p>\n<p>\n\t<b><font face=\"Bell MT,Times New Roman\" size=\"4\">&nbsp;<\/font><\/b><\/p>\n<p>\n\t<b><font face=\"Bell MT,Times New Roman\" size=\"4\">A mon Grand P&egrave;re Jacob Chemla<br \/>\n\tHomme tenace &agrave; la volont&eacute; de fer, allant jusqu&#39;au bout de ses projets quelque peu insens&eacute;s, et qui, relevant ce d&eacute;fi, arriva apr&egrave;s bien des vicissitudes &agrave; r&eacute;nover l&#39;art de la c&eacute;ramique Tunisienne.<\/font><\/b><\/p>\n<p>\n\t<b><font face=\"Bell MT,Times New Roman\" size=\"4\">A mon P&egrave;re Victor Chemla<br \/>\n\tQui a &eacute;t&eacute; mon ma&icirc;tre, qui a su m&#39;initier &agrave; cet art si difficile mais tellement passionnant, travailleur acharn&eacute;, technicien incomparable tant sur le plan professionnel que sur le plan artistique, d&#39;un humanisme et d&#39;une gentillesse l&eacute;gendaire.<\/font><\/b><\/p>\n<p>\n\t<b><font face=\"Bell MT,Times New Roman\" size=\"4\">A mes Oncles Albert &amp; Mo&iuml;se Chemla<br \/>\n\tQui ont pris part &agrave; cette Aventure &eacute;tonnante avec la volont&eacute; et la rage qui ont fait l&#39;apanage de tous les Chemla, et le don hors du commun de d&eacute;corateur de l&#39;Oncle &quot;&nbsp;Mouche&nbsp;&quot; qui a cr&eacute;&eacute; la plupart des dessins et d&eacute;cors de la &quot;&nbsp;Poterie d&#39;Art&nbsp;&quot;.<\/font><\/b><\/p>\n<p>\n\t<b><font face=\"Bell MT,Times New Roman\" size=\"4\">Je le d&eacute;die &eacute;galement &agrave; mes Enfants&nbsp;: Franck Ha&iuml; Victor Robin et Delphine Elise, &agrave; mes Petits-Enfants&nbsp;: Ruben, Pinhas, Benyamin, Elodie et Pauline et mon Arri&egrave;re Petit-Fils Yeouda, afin qu&#39;ils ne puissent m&eacute;conna&icirc;tre l&#39;Histoire et l&#39;Aventure de trois g&eacute;n&eacute;rations de c&eacute;ramistes passionn&eacute;s qui se sont totalement investis dans ce m&eacute;tier plein d&#39;emb&ucirc;ches, de tracas et de soucis, mais qui leur aura aussi apport&eacute; des moments d&#39;excitation et de satisfaction incomparables.<\/font><\/b><\/p>\n<p>\n\t<b><font face=\"Bell MT,Times New Roman\" size=\"4\">Cet ouvrage n&#39;est ni un livre, ni un roman, mais plut&ocirc;t un compte- rendu le plus objectif possible sur la c&eacute;ramique des Chemla.<\/font><\/b><\/p>\n<p>\n\t<b><font face=\"Bell MT,Times New Roman\" size=\"4\">Il m&#39;a &eacute;t&eacute; difficile de d&eacute;velopper la partie relative &agrave; la p&eacute;riode de Tunis et de l&#39;avant-guerre par manque de documentation, mais j&#39;esp&egrave;re avoir fourni l&#39;essentiel de notre Histoire.<\/font><\/b><\/p>\n<p>\n\t<b><font face=\"Bell MT,Times New Roman\" size=\"4\">Paris Octobre 2002.<\/font><\/b><\/p>\n<p>\n\t<b><font face=\"Bell MT,Times New Roman\" size=\"4\">Andr&eacute; Chemla<\/font><\/b><\/p>\n<p>\n\t<b><font face=\"Bell MT,Times New Roman\" size=\"4\">&nbsp;<\/font><\/b><\/p>\n<p align=\"center\">\n\t<font size=\"4\">&nbsp;<\/font><\/p>\n<p align=\"center\">\n\t&nbsp;<\/p>\n<p align=\"justify\">\n\t<font size=\"4\">Le pr&eacute;curseur fut JACOB (fils de HAI CHEMLA et de HANAH COHEN BOULAKIA) n&eacute; en 1857 et d&eacute;c&eacute;d&eacute; en 1938 &agrave; l&#39;age de 81 ans.<\/font><\/p>\n<p align=\"justify\">\n\t<font size=\"4\">Il se maria avec RACHEL NATAF et ils eurent quatre enfants&nbsp;: JULIE (d&eacute;c&eacute;d&eacute;e en 1912 &agrave; l&#39;age de 21 ans ), VICTOR (1892&ndash;1954), ALBERT (1894-1963 ) et MOISE dit MOUCHE (1897-1978).<\/font><\/p>\n<p align=\"justify\">\n\t<font size=\"4\">A l&#39;arriv&eacute;e des fran&ccedil;ais en 1881, lorsque le Protectorat se mit en place, il s&#39;agissait pour le gouvernement fran&ccedil;ais de cr&eacute;er une administration &agrave; l&#39;image de celle existant dans la m&eacute;tropole. Plusieurs architectes furent sollicit&eacute;s pour construire les diff&eacute;rents minist&egrave;res (Palais de justice, Minist&egrave;re des finances, Minist&egrave;re de l&#39;agriculture, etc&hellip;).<\/font><\/p>\n<p align=\"justify\">\n\t<font size=\"4\">Ces grands architectes ont voulu donner &agrave; ces r&eacute;alisations un cachet oriental avec des rev&ecirc;tements de carreaux et de panneaux semblables &agrave; ceux qui d&eacute;corent le Palais du Bardo, la mosqu&eacute;e de Kairouan et plusieurs belles demeures Tunisiennes.<\/font><\/p>\n<p align=\"justify\">\n\t<font size=\"4\">Malheureusement, il n&#39;existait plus alors en Tunisie aucune entreprise artisanale, ni d&#39;artisans capables de recr&eacute;er les superbes c&eacute;ramiques de Qallaline du 17<sup>&egrave;me<\/sup> et 18<sup>&egrave;me<\/sup> si&egrave;cle de l&#39;&eacute;poque Ottomane.<\/font><\/p>\n<p align=\"justify\">\n\t<font size=\"4\">En 1881, M. Saladin, architecte de l&#39;Office Postal, charg&eacute; de la restauration du Palais du Bardo, dut la mort dans l&#39;&acirc;me&nbsp;faire appel &agrave; la fabrication europ&eacute;enne pour couvrir des surfaces murales qu&#39;il e&ucirc;t souhait&eacute; voir rev&ecirc;tues d&#39;authentiques carreaux arabes<\/font><\/p>\n<p align=\"justify\">\n\t<font size=\"4\">Jacob Chemla &eacute;tait un homme s&eacute;v&egrave;re, &eacute;rudit et conscient du prix de la r&eacute;ussite. Ouvert &agrave; tout et &agrave; tous, il touchait avec bonheur &agrave; toutes les formes d&#39;art et de cr&eacute;ation, oukil (avocat aupr&egrave;s du tribunal Rabbinique de Tunis), &eacute;crivain de talent (il avait &eacute;crit des pi&egrave;ces de th&eacute;&acirc;tre dont&nbsp;&quot;&nbsp;Amour et Malice&nbsp;&quot;, journaliste (il avait traduit de l&#39;italien, qu&#39;il ma&icirc;trisait parfaitement, &quot;&nbsp;Le Comte de Monte-Cristo&nbsp;&quot;, qu&#39;il faisait para&icirc;tre sous forme de feuilleton dans une revue en jud&eacute;o-arabe), il traduisit aussi en jud&eacute;o-arabe Cervant&egrave;s et s&#39;essayait &eacute;galement aux traductions de textes fran&ccedil;ais en arabe et en jud&eacute;o-arabe. Toujours &agrave; l&#39;aff&ucirc;t d&#39;informations et d&#39;innovations, curieux de tout, il se prit d&#39;amiti&eacute; avec les architectes Saladin, Roy, Blondel, Sadoux et surtout Rapha&euml;l Guy qui lui firent part de leur d&eacute;sarroi et de leur d&eacute;ception de ne pouvoir d&eacute;corer toutes ces nouvelles administrations. <\/font><\/p>\n<p align=\"justify\">\n\t<font size=\"4\">Jacob Chemla, sans jamais avoir fait le moindre m&eacute;tier de potier ou de c&eacute;ramique, promit &agrave; ses nouveaux amis de r&eacute;soudre leur probl&egrave;me.<\/font><\/p>\n<p align=\"justify\">\n\t<font size=\"4\">Il installa Place des Potiers &agrave; Tunis un atelier, il y construisit un four arabe &agrave; flamme directe suivant des plans archa&iuml;ques qu&#39;il releva dans des livres tr&egrave;s anciens, et les cascades d&#39;ennuis, de probl&egrave;mes et de catastrophes se succ&eacute;d&egrave;rent &agrave; un rythme acc&eacute;l&eacute;r&eacute;. Apr&egrave;s bien des t&acirc;tonnements, car la t&acirc;che &eacute;tait ardue, il obtint quelques r&eacute;sultats.<\/font><\/p>\n<p align=\"justify\">\n\t<font size=\"4\">Plus les difficult&eacute;s apparaissaient, plus Jacob s&#39;obstinait, et plus sa fortune fondait comme neige au soleil. Des fourn&eacute;es enti&egrave;res &eacute;taient br&ucirc;l&eacute;es ou sous-cuites, les &eacute;maux et les couleurs ne r&eacute;ussissaient gu&egrave;re, parfois elles boursouflaient ou alors elles coulaient ou se d&eacute;lavaient.<\/font><\/p>\n<p align=\"justify\">\n\t<font size=\"4\">Apr&egrave;s un travail acharn&eacute; et avec une obstination rare, Jacob trouva enfin ce qu&#39;il avait tellement cherch&eacute;&nbsp;: de magnifiques carreaux aux couleurs chatoyantes lui apparurent enfin. Ils &eacute;taient tr&egrave;s proches des anciens &eacute;maux, car, comme les anciens, Jacob n&#39;avait utilis&eacute; que des produits locaux (sable de M&eacute;grine pour la silice, cuivre, &eacute;tain et plomb &eacute;taient oxyd&eacute;s et broy&eacute;s sur place).<\/font><\/p>\n<p align=\"justify\">\n\t<font size=\"4\">Donc, Jacob Chemla &eacute;tant compl&egrave;tement ruin&eacute;, son fils a&icirc;n&eacute; Victor d&ucirc;t quitter l&#39;&eacute;cole &agrave; l&#39;&acirc;ge de 13 ans pour aider la famille qui traversait une p&eacute;riode tr&egrave;s dure&nbsp;: sa fille Julie tomba malade et contracta la tuberculose, les frais m&eacute;dicaux tr&egrave;s on&eacute;reux absorb&egrave;rent les derniers francs de Jacob.<\/font><\/p>\n<p align=\"justify\">\n\t<font size=\"4\">Il faut dire que ce choix fut la perte du bien-&ecirc;tre mat&eacute;riel de cet homme passionn&eacute; et de celui de sa famille. <\/font><\/p>\n<p align=\"justify\">\n\t<font size=\"4\">Victor &eacute;tait le chimiste et technicien c&#39;est lui qui d&#39;une mani&egrave;re plus moderne et plus rationnelle parvint un jour avec son p&egrave;re &agrave; ma&icirc;triser la fabrication des &eacute;maux, &agrave; r&eacute;ussir les cuissons et &agrave; am&eacute;liorer la technique, il &eacute;tait &eacute;galement un bon d&eacute;corateur et signait ses pi&egrave;ces par une fleur .<\/font><\/p>\n<p align=\"justify\">\n\t<font size=\"4\">Les pi&egrave;ces artistiques de cette &eacute;poque firent rapidement l&#39;admiration des tunisiens, puis celle de leurs voisins des pays frontaliers&nbsp;: Alg&eacute;rie, &Eacute;gypte, Libye. <\/font><\/p>\n<p align=\"justify\">\n\t<font size=\"4\">Jacob ne pouvant plus assurer les &eacute;tudes de ses deux autres fils, il les fit participer &agrave; ses projets.<\/font><\/p>\n<p align=\"justify\">\n\t<font size=\"4\">Albert, son deuxi&egrave;me fils, &eacute;tait dou&eacute; pour le commerce&nbsp;; homme de contact, il suivait la derni&egrave;re mode occidentale. C&#39;&eacute;tait le &quot;&nbsp;public-relations&nbsp;&quot;&nbsp;de la famille (il quitta plus tard l&#39;entreprise familiale pour s&#39;&eacute;tablir &agrave; Alger, o&ugrave; il s&#39;engagea avec succ&egrave;s dans diverses importantes affaires commerciales )&nbsp;; il participa aussi &agrave; la d&eacute;coration de nombreuses pi&egrave;ces de poteries, de panneaux et de carreaux, il signait ses pi&egrave;ces d&#39;un petit chat &agrave; l&#39;allure humoristique.<\/font><\/p>\n<p align=\"justify\">\n\t<font size=\"4\">Le troisi&egrave;me fils de Jacob Chemla, Mo&iuml;se (dit Mouche), &eacute;tait un d&eacute;corateur hors pair&nbsp;; il excellait de fa&ccedil;on remarquable dans tous les genres de d&eacute;cors&nbsp;: panneaux muraux, grandes jarres d&eacute;cor&eacute;es, calligraphie arabe, mais il y ajouta son talent pour transformer l&#39;esprit et l&#39;influence du r&eacute;pertoire turc, persan et tunisien ce qui fait qu&#39;il &eacute;tait ais&eacute; de reconna&icirc;tre facilement le style Chemla (Mouche signait d&#39;un petit poisson stylis&eacute;). <\/font><\/p>\n<p align=\"justify\">\n\t<font size=\"4\">Mais la situation financi&egrave;re devenant de plus en plus catastrophique, on &eacute;tait tr&egrave;s loin des r&ecirc;ves grandioses qu&#39;avait caress&eacute;s Jacob. Il quitta la place des potiers pour cr&eacute;er une association &agrave; Nabeul (ville situ&eacute;e &agrave; 50 kilom&egrave;tres de Tunis) o&ugrave; il existait de nombreux potiers, fabriquant des c&eacute;ramiques grossi&egrave;res et ordinaires, utilitaires&nbsp;; il voulait y faire participer des artisans et apprentis &agrave; la cr&eacute;ation de c&eacute;ramiques artistiques de qualit&eacute;.<\/font><\/p>\n<p align=\"justify\">\n\t<font size=\"4\">Il n&#39;arrivera pas &agrave; mener &agrave; bien ce nouveau projet car la subvention promise par le gouvernement ne fut jamais vers&eacute;e. Ce fut provisoirement la fin de l&#39;aventure, il &eacute;tait question que les enfants reviennent &agrave; leurs &eacute;tudes ou entrent dans la vie active sous d&#39;autres horizons. Ce furent des heures de doute et de d&eacute;sespoir, o&ugrave; la mis&egrave;re s&#39;&eacute;tait install&eacute;e dans le foyer.<\/font><\/p>\n<p align=\"justify\">\n\t<font size=\"4\">Heureusement, Monsieur Guy vint au secours&nbsp;; connaissant le talent des Chemla, et ayant la certitude de la r&eacute;ussite de l&#39;entreprise, il tenta de nouveaux efforts aupr&egrave;s du gouvernement, sans r&eacute;sultats. Et c&#39;est sur ses propres deniers qu&#39;il permit finalement &agrave; Jacob de subsister.<\/font><\/p>\n<p align=\"justify\">\n\t<font size=\"4\">C&#39;est alors que quelques industriels de Tunis, amis de Jacob, l&#39;aid&egrave;rent &agrave; s&#39;installer Route de la Goulette.<\/font><\/p>\n<p align=\"justify\">\n\t<font size=\"4\">Puis sept ann&eacute;es pass&egrave;rent, sept longues ann&eacute;es durant lesquelles aucune personnalit&eacute; gouvernementale ne fit la moindre visite et n&#39;apporta une aide quelconque. De son c&ocirc;t&eacute;, Monsieur Guy en fut r&eacute;duit &agrave; obliger des clients personnels &agrave; utiliser les c&eacute;ramiques de Jacob&nbsp;: et, gr&acirc;ce &agrave; son obstination, la Gare de Bizerte fut d&eacute;cor&eacute;e par des carrelages Chemla, mais le rel&egrave;vement permis par ce travail fut &agrave; peine sensible.<\/font><\/p>\n<p align=\"justify\">\n\t<font size=\"4\">Le R&eacute;sident G&eacute;n&eacute;ral de France semblait s&#39;int&eacute;resser &agrave; l&#39;art de la c&eacute;ramique tunisienne, mais apr&egrave;s bien des discours et des promesses verbales, &eacute;ph&eacute;m&egrave;res, il n&#39;y eut aucune concr&eacute;tisation, jamais, jamais.<\/font><\/p>\n<p align=\"justify\">\n\t<font size=\"4\">Durant ces ann&eacute;es si difficiles, Jacob, aid&eacute; de son fils a&icirc;n&eacute; Victor, poussait de plus en plus son art, la technique s&#39;am&eacute;liorait de jour en jour et gagnait en certitude, les choses &eacute;taient enfin au point.<\/font><\/p>\n<p align=\"justify\">\n\t<font size=\"4\">H&eacute;las&nbsp;! trois fois H&eacute;las&nbsp;! La grande guerre de 1914 survint&#8230;<\/font><\/p>\n<p align=\"justify\">\n\t<font size=\"4\">Avec la Guerre, in&eacute;vitablement, les rares commandes cessent. Les associ&eacute;s de Jacob d&#39;alors ne veulent plus entendre parler de nouveaux frais. Ils ont en mains le meilleur de l&#39;&oelig;uvre des Chemla , mais se soucient peu du caract&egrave;re sentimental de cette affaire. Ils licencient la presque totalit&eacute; des ouvriers, bien qu&#39;ils soient tous excellents et form&eacute;s apr&egrave;s tant d&#39;efforts, et engagent Jacob et Cie &agrave; chercher d&#39;autres emplois.<\/font><\/p>\n<p align=\"justify\">\n\t<font size=\"4\">Cette fois encore, la fatalit&eacute; les prenait &agrave; la gorge.<\/font><\/p>\n<p align=\"justify\">\n\t<font size=\"4\">Et une fois de plus, M. Guy s&#39;obstina. A aucun prix, il ne voulut consentir &agrave; un arr&ecirc;t de la fabrication des c&eacute;ramiques Chemla&nbsp;; il recommen&ccedil;a en son nom des d&eacute;marches aupr&egrave;s de Gouvernement qui lui promit une fois de plus son aide, mais une aide qui serait efficace. <\/font><\/p>\n<p align=\"justify\">\n\t<font size=\"4\">M. Guy revint tout confiant, Jacob quitta ses associ&eacute;s, leur abandonnant tout&nbsp;: actif, passif, et inventaire de toute garantie.<\/font><\/p>\n<p align=\"justify\">\n\t<font size=\"4\">Quelles &eacute;taient les promesses du Gouvernement, et que valaient-elles&nbsp;?<\/font><\/p>\n<p align=\"justify\">\n\t<font size=\"4\">Elles &eacute;taient&nbsp;:<\/font><\/p>\n<p align=\"justify\">\n\t<font size=\"4\">1&deg; Payer le loyer d&#39;une usine artisanale pour la fabrication des produits Chemla.<\/font><\/p>\n<p align=\"justify\">\n\t<font size=\"4\">2&deg; Aider l&#39;usine p&eacute;cuniairement, par une large subvention .<\/font><\/p>\n<p align=\"justify\">\n\t<font size=\"4\">Que valaient-elles&nbsp;??<\/font><\/p>\n<p align=\"justify\">\n\t<font size=\"4\">Rien, moins que rien, puisque aucune promesse ne fut tenue.<\/font><\/p>\n<p align=\"justify\">\n\t<font size=\"4\">C&#39;est &agrave; ce moment qu&#39;un grand malheur frappa la famille Chemla&nbsp;: la fille a&icirc;n&eacute;e de Jacob, Julie qui souffrait de la tuberculose vint &agrave; mourir. Jacob, d&eacute;sesp&eacute;r&eacute;, se culpabilisa en pensant qu&#39;il n&#39;avait pas toujours eu les moyens de nourrir sa fille pour la fortifier et l&#39;aider &agrave; lutter contre cette redoutable maladie. Toute la famille fut constern&eacute;e. Jacob ne voulait plus rien entreprendre, ce deuil qui le frappait si durement lui enleva toute volont&eacute;.&nbsp;Son &eacute;pouse Rachel sombra dans une profonde d&eacute;pression dont elle ne se releva jamais. Elle mourut quelques ann&eacute;es plus tard de chagrin et de d&eacute;sespoir. <\/font><\/p>\n<p align=\"justify\">\n\t<font size=\"4\">Jacob devint veuf. Il engagea une femme, Ma&iuml;cha, avec ses deux filles, Rachel et Aim&eacute;e&nbsp;; celle-ci devint une tr&egrave;s grande d&eacute;coratrice en travaillant &agrave; la Poterie.<\/font><\/p>\n<p align=\"justify\">\n\t<font size=\"4\">C&#39;&eacute;tait de braves gens, qui s&#39;occup&egrave;rent de Jacob avec d&eacute;vouement et affection jusqu&#39;&agrave; sa mort. Ma&iuml;cha s&#39;&eacute;teignit &agrave; l&#39;&acirc;ge de 95 ans &agrave; Bercheva en Isra&euml;l. Un jour Andr&eacute; rencontra &agrave; l&#39;occasion d&#39;une f&ecirc;te familiale la fille de Aim&eacute;e, Michoue Bellilis&nbsp;; il fut frapp&eacute; par sa ressemblance avec sa m&egrave;re, ils &eacute;chang&egrave;rent des histoires sur leurs familles et depuis ils ont gard&eacute;s d&#39;excellentes relations. Ce fut d&#39;ailleurs Michoue, conseill&egrave;re juridique et fiscale, qui s&#39;occupa de la vente du fond d&#39;Andr&eacute; quand il prit sa retraite.<\/font><\/p>\n<p align=\"justify\">\n\t<font size=\"4\">Ce fut alors Victor qui releva le d&eacute;fi&nbsp;; il remua ciel et terre&nbsp;; et confiant, il avait trouv&eacute; la disponibilit&eacute; d&#39;une Usine (celle d&#39;ailleurs o&ugrave; ils exerc&egrave;rent leur art jusqu&#39;&agrave; la fin des ann&eacute;es 58, o&ugrave; l&#39;activit&eacute; s&#39;&eacute;teignit d&eacute;finitivement).<\/font><\/p>\n<p align=\"justify\">\n\t<font size=\"4\">Le propri&eacute;taire de cette nouvelle usine exigea un loyer d&#39;avance, soit 3000 francs. ainsi qu&#39;une caution de plusieurs milliers de francs. C&#39;&eacute;tait beaucoup trop lourd et &agrave; nouveau les beaux r&ecirc;ves allaient s&#39;envoler.<\/font><\/p>\n<p align=\"justify\">\n\t<font size=\"4\">Tout de m&ecirc;me, M. Guy s&#39;obstina vers la r&eacute;ussite, et s&#39;entourant de l&#39;appui d&#39;un ancien Tr&eacute;sorier G&eacute;n&eacute;ral, et du Colonel Flick, ancien Pr&eacute;sident du conseil de Guerre, M. Guy avec son beau courage habituel r&eacute;clama &agrave; plusieurs instances, aux Services Economiques et Indig&egrave;nes et &agrave; la Direction de l&#39;Enseignement l&#39;aide promise, et non r&eacute;alis&eacute;e.<\/font><\/p>\n<p align=\"justify\">\n\t<font size=\"4\">Pour toute r&eacute;ponse, il entendit&nbsp;: nous ne pouvons tenir aucun engagement, c&#39;est la guerre. Le seul moyen de soutenir les Chemla est de leur accorder une subvention annuelle de 500 francs.<\/font><\/p>\n<p align=\"justify\">\n\t<font size=\"4\">D&eacute;cid&eacute; &agrave; ne pas &eacute;chouer si pr&egrave;s du but, Monsieur Guy, toujours en avant, t&eacute;l&eacute;graphia donc &agrave; une de ses connaissances am&eacute;ricaines, Miss B.B. Hooker, &agrave; laquelle il demanda d&#39;entrer en relations commerciales avec les Chemla, la priant de prendre des commandes aupr&egrave;s d&#39;architectes am&eacute;ricains de la c&ocirc;te ouest des Etats-Unis, friands de carreaux d&eacute;coratifs de style Hispano-Mauresque. Il demanda aussi &agrave; Miss Hooker de verser une avance sur l&#39;ex&eacute;cution des commandes.<\/font><\/p>\n<p align=\"justify\">\n\t<font size=\"4\">Miss Hooker consentit en avan&ccedil;ant la somme de 5.000 francs.<\/font><\/p>\n<p align=\"justify\">\n\t<font size=\"4\">Il fallait, pour en finir, indemniser les ouvriers cong&eacute;di&eacute;s par les ex associ&eacute;s&nbsp;; Miss Hooker exp&eacute;dia donc trois mille autres francs.<\/font><\/p>\n<p align=\"justify\">\n\t<font size=\"4\">Avec ces premi&egrave;res sommes, ils purent payer au propri&eacute;taire de l&#39;usine 6 mois de loyer d&#39;avance, et ils commenc&egrave;rent la construction d&#39;un premier four .<\/font><\/p>\n<p align=\"justify\">\n\t<font size=\"4\">Cependant un malheur plus grand, plus irr&eacute;parable que nul autre devait les accabler cette ann&eacute;e l&agrave;. Monsieur Guy, leur Ange Gardien, leur soutien, leur R&eacute;chauffeur d&#39;enthousiasme (comme ils disent) tomba malade et s&#39;alita pour ne plus se relever. Lui qui, le premier, fut le partisan acharn&eacute; de la r&eacute;novation des Arts Indig&egrave;nes, il disparut en pleine maturit&eacute;, &agrave; la force de l&#39;&acirc;ge, sans avoir eu le bonheur de voir la r&eacute;ussite d&#39;un art auquel il avait donn&eacute; sa foi toute enti&egrave;re.<\/font><\/p>\n<p align=\"justify\">\n\t<font size=\"4\">Quelques jours avant sa mort, il leur disait &quot;&nbsp;Je vais mourir, avec le regret de vous avoir pouss&eacute; vers un art ingrat, et mourir, trop t&ocirc;t, sans avoir vu votre r&eacute;ussite, dont je suis certain, r&eacute;ussite fille de mes conceptions et de mes certitudes. Je l&#39;ai pourtant promis &agrave; votre P&egrave;re, cette r&eacute;ussite. H&eacute;las&nbsp;! la mort ne me permettra pas d&#39;atteindre le but, celui que je vous avais destin&eacute;. Mon plus grand regret sera qu&#39;apr&egrave;s ma mort le Gouvernement restera toujours le Gouvernement, c&#39;est-&agrave;-dire qu&#39;il continuera de promettre sans jamais tenir&nbsp;; si cela vous est possible, continuez votre &oelig;uvre jusqu&#39;&agrave; la fin de vos moyens, je suis certain de votre r&eacute;ussite, et souvenez-vous de moi&nbsp;&quot;.<\/font><\/p>\n<p align=\"justify\">\n\t<font size=\"4\">Quelques jours plus tard, Monsieur Guy succombait, sa mort laissa la famille Chemla d&eacute;sempar&eacute;e et sans courage. Mais tout de m&ecirc;me, le m&ecirc;me jour un nouveau four &eacute;tait cuit et pleinement r&eacute;ussi, mais toutes leurs ressources &eacute;taient &eacute;puis&eacute;es.<\/font><\/p>\n<p align=\"justify\">\n\t<font size=\"4\">La famille Chemla n&#39;oublia jamais les bienfaits de Monsieur Guy, ils fleurirent sa tombe chaque ann&eacute;e lors des f&ecirc;tes de la Toussaint. <\/font><\/p>\n<p align=\"justify\">\n\t<font size=\"4\">C&#39;est &agrave; ce moment-l&agrave; qu&#39;arriv&egrave;rent les 3.000 F de Miss Hooker&nbsp;; presque en m&ecirc;me temps, Madame Guy, fid&egrave;le aux aspirations de son cher &eacute;poux d&eacute;funt, pr&eacute;leva sur sa modeste fortune un millier de francs qu&#39;elle leur pr&ecirc;ta au nom de leur ami regrett&eacute;.<\/font><\/p>\n<p align=\"justify\">\n\t<font size=\"4\">Ces sommes leur permettaient de continuer leurs efforts et de poursuivre leur marche vers une r&eacute;alisation plus compl&egrave;te de l&#39;art de la c&eacute;ramique et de la poterie tunisienne.<\/font><\/p>\n<p align=\"justify\">\n\t<font size=\"4\">Jusqu&#39;&agrave; pr&eacute;sent, on peut dire que si, parfois, le hasard s&#39;est montr&eacute; un tant soit peu favorable et propice, jamais la chance ne leur a souri avec continuit&eacute;. Pour quelques rayons d&#39;espoir ensoleill&eacute;s, que d&#39;orages et que de jours sans entrain et d&#39;heures de doute et d&#39;angoisse. <\/font><\/p>\n<p align=\"justify\">\n\t<font size=\"4\">Tout comme l&#39;avait pr&eacute;dit M. Guy, les commandes commenc&egrave;rent &agrave; affluer, Miss Hooker, affect&eacute;e par le d&eacute;c&egrave;s de son Grand Ami jura la pleine r&eacute;ussite de l&#39;entreprise et commen&ccedil;a &agrave; envoyer des ordres de commandes de plus en plus nombreux. Ce fut le d&eacute;but de la grande Aventure Am&eacute;ricaine.<\/font><\/p>\n<p align=\"justify\">\n\t<font size=\"4\">De grosses entreprises de n&eacute;goce de New-York commenc&egrave;rent &agrave; importer des carrelages d&eacute;cor&eacute;s main, des panneaux de diff&eacute;rentes dimensions et diverses poteries.<\/font><\/p>\n<p align=\"justify\">\n\t<font size=\"4\">Ces articles firent fureur et furent de plus en plus demand&eacute;s. Il fallait faire de gros investissements pour r&eacute;pondre &agrave; ce flot de commandes, les Chemla furent oblig&eacute;s de prendre de nouveaux associ&eacute;s, dont la briqueterie des Fr&egrave;res Bella&iuml;che et Gozlan, et l&#39;entreprise s&#39;appela d&eacute;sormais Bella&iuml;che et Chemla&nbsp;(on peut encore de nos jours voir &agrave; l&#39;Ambassade du Royaume Uni, Porte de France &agrave; Tunis, dont toute la d&eacute;coration int&eacute;rieure et ext&eacute;rieure fut r&eacute;alis&eacute;e &agrave; cette &eacute;poque, une plaque sur laquelle est port&eacute;e la signature &quot; Bella&iuml;che et Chemla&nbsp;&quot;).<\/font><\/p>\n<p align=\"justify\">\n\t<font size=\"4\">Au niveau local, il y eut la d&eacute;coration, lors de sa r&eacute;novation, de la Grande Synagogue de la Hara de Tunis, o&ugrave; l&#39;on pouvait admirer de magnifiques panneaux Chemla (malheureusement apr&egrave;s l&#39;ind&eacute;pendance de la Tunisie, une d&eacute;cision stupide et criminel ordonna la destruction de cet &eacute;difice, patrimoine des Juifs de Tunis). On peut &eacute;galement admirer encore &agrave; Djerba une petite Synagogue d&eacute;cor&eacute;e avec go&ucirc;t et amour par Jacob Chemla, le b&acirc;timent a &eacute;t&eacute; class&eacute; au patrimoine mondial de l&#39;humanit&eacute; par l&#39;UNESCO. Il a &eacute;t&eacute; demand&eacute; &agrave; Andr&eacute; Chemla (c&eacute;ramiste et petit-fils de Jacob) de r&eacute;nover de nombreux carrelages manquants.<\/font><\/p>\n<p align=\"justify\">\n\t<font size=\"4\">Pour en revenir &agrave; l&#39;Aventure Am&eacute;ricaine, Miss Hooker refusa l&#39;association avec les Bella&iuml;che, elle passa de tr&egrave;s grosses commandes en faisant des avances importantes pour apporter de l&#39;oxyg&egrave;ne dans la tr&eacute;sorerie des Chemla. Les Bella&iuml;che quitt&egrave;rent la soci&eacute;t&eacute; qui s&#39;appellera d&eacute;sormais &quot; La Poterie D&#39;art, Les FILS DE J. CHEMLA&nbsp;&quot;, sise au 32 route du Bardo (pr&egrave;s Tunis). Il fut d&eacute;cid&eacute; de construire deux autres fours et l&#39;usine compta jusqu&#39;&agrave; 72 d&eacute;corateurs.<\/font><\/p>\n<p align=\"justify\">\n\t<font size=\"4\">D&#39;Afrique du Nord aussi les commandes arriv&egrave;rent en masse, il y eut la d&eacute;coration de la Gare de Philippeville, de l&#39;H&ocirc;tel Saint-Georges et du Palais du Gouverneur &agrave; Alger. <\/font><\/p>\n<p align=\"justify\">\n\t<font size=\"4\">Ils firent de nombreuses Expositions&nbsp;: &agrave; Marseille en 1922 o&ugrave; ils eurent le Grand Prix de l&#39;Exposition Coloniale, &eacute;galement le Grand Prix des &quot;&nbsp;Arts D&eacute;coratifs&nbsp;&quot;&nbsp;de Paris 1925, et ils furent membres du jury &agrave; l&#39;Exposition Internationale de Paris en 1931 .<\/font><\/p>\n<p align=\"justify\">\n\t<font size=\"4\">Les am&eacute;ricains demand&egrave;rent de plus en plus de produits Chemla, les villas de nombreuses grandes stars de Hollywood furent d&eacute;cor&eacute;es, ainsi que le palais de justice de Santa-Barbara et le th&eacute;atre d&#39;Arlygton en Californie. Certains commer&ccedil;ants de la c&ocirc;te Ouest des Etats-Unis se d&eacute;plac&egrave;rent jusqu&#39;&agrave; Tunis pour obtenir des c&eacute;ramiques Chemla&nbsp;; il faut s&#39;imaginer ce qu&#39;&eacute;tait un voyage pareil dans les ann&eacute;es 1927&nbsp;: il fallait traverser le pays d&#39;ouest en est par le train, puis prendre ensuite un paquebot Transatlantique New-York-Le Havre, faire le Havre-Marseille en chemin de fer et enfin la travers&eacute;e Marseille-Tunis en bateau. Tout cela &eacute;tait tr&egrave;s long et tr&egrave;s co&ucirc;teux, et lorsque le malheureux commer&ccedil;ant au terme de ce dur voyage s&#39;entendait dire qu&#39;il ne pouvait pas lui &ecirc;tre livr&eacute; plus de trois &agrave; quatre mille carreaux par mois, il disait souvent avec son inimitable accent am&eacute;ricain &quot;&nbsp;Mais, Messieurs les Fr&egrave;res Chemla, cela ne paye m&ecirc;me pas le prix de mon voyage&nbsp;!&quot;.<\/font><\/p>\n<p align=\"justify\">\n\t<font size=\"4\">Donc, ce succ&egrave;s fut immense, mais malheureusement comme toujours dans l&#39;histoire de cette famille, ce ne fut que de courte dur&eacute;e, car la grande crise de 1929 et le Crash de Wall Street mirent fin d&eacute;finitivement au commerce avec l&#39;Am&eacute;rique. Il y eut une modeste reprise apr&egrave;s la guerre dans les ann&eacute;es 46-47, mais qui ne donna pas grand chose. Par la suite, Miss Hooker mourut, apr&egrave;s avoir tenu la promesse faite &agrave; son ami M. Guy, non sans avoir gagn&eacute; beaucoup d&#39;argent et r&eacute;cup&eacute;r&eacute; largement sa mise de fond chez les Chemla, qui lui t&eacute;moign&egrave;rent une reconnaissance profonde.<\/font><\/p>\n<p align=\"justify\">\n\t<font size=\"4\">Gr&acirc;ce au commerce avec les am&eacute;ricains, les Chemla purent enfin devenir propri&eacute;taires de l&#39;Usine et des terrains attenants. Ils avaient consolid&eacute; leur situation et les diff&eacute;rentes Expositions Internationales o&ugrave; ils furent prim&eacute;s leur donn&egrave;rent une notori&eacute;t&eacute; tr&egrave;s large. L&#39;Exposition Internationale de Paris en 1931 fut un &eacute;norme succ&egrave;s, les visiteurs s&#39;arrachaient les pi&egrave;ces Chemla, leur stand &eacute;tait devenu l&#39;une des curiosit&eacute;s. Il faut dire que le jeune B&eacute;chir, tourneur de 13 ans, &eacute;patait par sa virtuosit&eacute; en r&eacute;alisant &agrave; toute allure toutes sortes de poteries, devant une foule admirant sa dext&eacute;rit&eacute;&nbsp;; de plus on d&eacute;corait de petites pi&egrave;ces en biscuit (brutes non &eacute;maill&eacute;es) devant les visiteurs avec le jus de caroubes, qui est une technique tr&egrave;s employ&eacute;e en Afrique du Nord.<\/font><\/p>\n<p align=\"justify\">\n\t<font size=\"4\">D&#39;autres expositions furent moins satisfaisantes, comme celle de 1937 &agrave; Paris. En effet au lieu de placer les Souks Tunisiens, Alg&eacute;riens et Marocains au sein de l&#39;Exposition, ils furent inclus dans le Parc des Attractions, qui &eacute;tait &agrave; l&#39;ext&eacute;rieur du complexe. Les c&eacute;ramistes Chemla eurent quand m&ecirc;me la m&eacute;daille d&#39;Or et furent class&eacute;s Hors Concours. <\/font><\/p>\n<p align=\"justify\">\n\t<font size=\"4\">Vers les ann&eacute;es 1928 &agrave; 1930, de nombreuses commandes furent r&eacute;alis&eacute;es&nbsp;: &quot;&nbsp;La Villa Persane&nbsp;&quot; ou Dar Merrion, sur la Route de Bizerte, pr&egrave;s du Bardo&nbsp;: une somptueuse demeure con&ccedil;ue par le grand Architecte Victor Valensi (&eacute;galement auteur de la Grande Synagogue de Tunis de L&#39;Avenue de Paris). La Villa Persane avait &eacute;t&eacute; construite pour M. Merrion, consul des Etats-Unis et milliardaire&nbsp;; il y donna de grandioses soir&eacute;es dans ses magnifiques jardins d&eacute;cor&eacute;s de bassins, de jets d&#39;eau, de bancs recouverts de tr&egrave;s beaux carrelages d&eacute;cor&eacute;s. La biblioth&egrave;que &eacute;tait un vrai chef d&#39;&oelig;uvre, tous les murs &eacute;taient recouverts de superbes boiseries sculpt&eacute;es, en &eacute;b&egrave;ne, dans le plus pur style oriental.<\/font><\/p>\n<p align=\"justify\">\n\t<font size=\"4\">Il y eut &eacute;galement, &agrave; Sidi Bou-Sa&iuml;d, la d&eacute;coration des superbes villas des propri&eacute;taires des Magasins Monoprix, grandioses avec leurs jardins des Mille et Une Nuits tr&ocirc;nant au dessus du Golfe de Tunis. &Eacute;galement, toujours &agrave; Sidi Bou-Sa&iuml;d, il y eut la d&eacute;coration du Restaurant &quot;&nbsp;Dar Zarouk&nbsp;&quot;,&nbsp;ainsi que quelques rev&ecirc;tements muraux dans la villa du baron d&#39;Erlanger.<\/font><\/p>\n<p align=\"justify\">\n\t<font size=\"4\">La presque totalit&eacute; des mosqu&eacute;es construites en Tunisie &eacute;taient d&eacute;cor&eacute;es par des carreaux et panneaux Chemla. Il en fut de m&ecirc;me pour plusieurs demeures de la Famille Beylicale et de familles bourgeoises dans tout le pays.<\/font><\/p>\n<p align=\"justify\">\n\t<font size=\"4\">C&#39;est vers les ann&eacute;es 1930 qu&#39;Albert, le second fils de Jacob, d&eacute;cida de s&#39;installer &agrave; Alger en abandonnant la poterie pour se lancer dans le n&eacute;goce&nbsp;; il fonda La Pharm&eacute;dy ainsi que de nombreuses autres affaires, ce qui fit de Victor et Mouche, avec le vieux Jacob, les seuls prestataires de l&#39;affaire, Albert restant toujours propri&eacute;taire des terrains en indivis.<\/font><\/p>\n<p align=\"justify\">\n\t<font size=\"4\">Victor, souffrant du saturnisme qu&#39;il avait contract&eacute; dans son jeune &acirc;ge en manipulant constamment pour ses recherches plusieurs produits plombeux et toxiques, fut souvent oblig&eacute; de faire des cures en France, tant &agrave; Vittel qu&#39;&agrave; Royat pour soigner son insuffisance r&eacute;nale et sa tension art&eacute;rielle. A 21 ans, il &eacute;tait oblig&eacute; de marcher avec une canne. Il mit constamment en garde son fils Andr&eacute;, c&eacute;ramiste comme lui, contre les dangers du saturnisme.<\/font><\/p>\n<p align=\"justify\">\n\t<font size=\"4\">C&#39;est en ao&ucirc;t 1938 que mourut Jacob Chemla, homme exceptionnel, r&eacute;novateur de la C&eacute;ramique Tunisienne. Il avait eu la r&eacute;compense de son labeur infatigable et de sa t&eacute;nacit&eacute;, en recevant plusieurs d&eacute;corations prestigieuses, car le Gouvernement du Protectorat le fit Chevalier de la L&eacute;gion d&#39;Honneur, il fut promu grand commandeur du Nichard Iftihkar par sa Majest&eacute; Le Bey de Tunis, il fut d&eacute;cor&eacute; Officier d&#39;Acad&eacute;mie, il a &eacute;t&eacute; membre fondateur de la Soci&eacute;t&eacute; de l&#39;ancien H&ocirc;pital Isra&eacute;lite&nbsp;; il &eacute;tait ancien secr&eacute;taire de la Soci&eacute;t&eacute; de Secours Matrimoniaux et de la Soci&eacute;t&eacute; de l&#39;Assistance Fraternelle&nbsp;; il &eacute;tait cr&eacute;ateur de la Soci&eacute;t&eacute; Musicale El Allal. Il fut l&#39;auteur de plusieurs ouvrages &agrave; partir de 1887, et membre actif de la Soci&eacute;t&eacute; d&#39;entraide des membres de la L&eacute;gion d&#39;Honneur. Toutes ces d&eacute;corations furent vol&eacute;es par un des ouvriers tunisiens pendant la guerre, au cours de pillage par les occupants allemands de l&#39;usine et de la tr&egrave;s belle villa attenante, habit&eacute;e par Victor et sa famille. <\/font><\/p>\n<p align=\"justify\">\n\t<font size=\"4\">La situation des Chemla s&#39;&eacute;tait &agrave; pr&eacute;sent bien am&eacute;lior&eacute;e, mais h&eacute;las&nbsp;! survint la guerre, avec la d&eacute;b&acirc;cle de 1940, les restrictions. Sous Vichy arriva le statut des juifs et son cort&egrave;ge de vexations. Une grande partie des ouvriers de l&#39;usine &eacute;taient des Italiens qui habitaient &agrave; l&#39;usine et qui visaient la confiscation des biens des juifs. Le personnel tunisien marquait &eacute;galement son hostilit&eacute; par les id&eacute;es nationalistes que lui inculquait le N&eacute;o-Destour et la propagande des r&eacute;gimes nazis. Il y r&eacute;gnait un tr&egrave;s mauvais esprit et l&#39;antis&eacute;mitisme battait son plein. Les nouvelles sur le sort des juifs dans les pays occup&eacute;s par les nazis devenaient de plus en plus mauvaises, et les Chemla, se souvenant de leurs relations Am&eacute;ricaines, se mirent en rapport avec leurs anciens clients. Ceux-ci r&eacute;pondirent positivement, et propos&egrave;rent de monter une unit&eacute; de c&eacute;ramique d&#39;art en Caroline du Nord, r&eacute;gion temp&eacute;r&eacute;e qui eut convenu parfaitement aux Chemla. Les d&eacute;marches allaient bon train, et c&#39;est alors encore une fois que le destin vint troubler ces projets&nbsp;: l&#39;Am&eacute;rique entre en guerre &agrave; la suite de l&#39;attaque surprise des Japonais sur Pearl Harbour. Et tous ces beaux projets tomb&egrave;rent &agrave; l&#39;eau.<\/font><\/p>\n<p align=\"justify\">\n\t<font size=\"4\">Le G&eacute;n&eacute;ral De Lattre de Tassigny, alors Commandant en Chef des troupes de Tunisie, &eacute;tait un grand amateur de c&eacute;ramiques et de l&#39;artisanat d&#39;art en g&eacute;n&eacute;ral, il se rendit &agrave; plusieurs reprise &agrave; la Poterie o&ugrave; il aimait admirer la dext&eacute;rit&eacute; d&#39;un tourneur ou celle d&#39;un d&eacute;corateur, &agrave; la grande joie de ces derniers &agrave; qui il distribuait de biens g&eacute;n&eacute;reux pourboires&nbsp;; il acheta plusieurs poteries, plats et vases d&eacute;cor&eacute;s.<\/font><\/p>\n<p align=\"justify\">\n\t<font size=\"4\">Les nouvelles d&#39;Albert qui se trouvait &agrave; Alger &eacute;taient alarmantes&nbsp;: le statut des juifs y &eacute;tait appliqu&eacute; avec z&egrave;le et exag&eacute;ration, et bient&ocirc;t sa situation devint intenable. Il faut dire que gr&acirc;ce au Bey de Tunis et de l&#39;Amiral Esteva, R&eacute;sident G&eacute;n&eacute;ral, les juifs de Tunisie &eacute;taient relativement mieux trait&eacute;s que leurs coreligionnaires de France et d&#39;Alg&eacute;rie. Il fut donc convenu de faire revenir &agrave; Tunis Albert et sa famille. Quelques semaines seulement apr&egrave;s son installation, au d&eacute;but du mois de novembre 1942, les Alli&eacute;s d&eacute;barquaient en Alg&eacute;rie et au Maroc. Ce pauvre Albert se sentit pi&eacute;g&eacute; et dut subir pendant six mois l&#39;occupation allemande en Tunisie.<\/font><\/p>\n<p align=\"justify\">\n\t<font size=\"4\">Cette occupation a &eacute;t&eacute; durement ressentie par la population juive de Tunisie&nbsp;: prise d&#39;otages parmi les &eacute;lites, travail obligatoire (STO) pour tous les juifs de 18 &agrave; 50 ans, r&eacute;quisition de biens, d&#39;usines et de villas, versement de vingt millions aux troupes d&#39;occupations Italo-Allemandes, couvre-feu, et obligation faite &agrave; la communaut&eacute; juive d&#39;&eacute;quiper et de financer les travailleurs juifs&nbsp;; il y eut &eacute;galement la d&eacute;portation de plusieurs dizaines de personnes de la Communaut&eacute; vers les camps de la mort, d&#39;o&ugrave; certains ne revinrent jamais.<\/font><\/p>\n<p align=\"justify\">\n\t<font size=\"4\">Tunis subissait presque journellement de s&eacute;rieux bombardements des Alli&eacute;s, et il y eut de nombreuses victimes parmi la population civile.<\/font><\/p>\n<p align=\"justify\">\n\t<font size=\"4\">Or que se passait-il chez les Chemla&nbsp;? Victor et sa famille furent chass&eacute;s de leur villa et les Allemands l&#39;occup&egrave;rent ainsi que l&#39;usine. Ils durent attendre la lib&eacute;ration pour reprendre une semi-activit&eacute;, car alors les troupes fran&ccedil;aises prirent le relais en continuant &agrave; occuper une partie importante de la fabrique. <\/font><\/p>\n<p align=\"justify\">\n\t<font size=\"4\">Ici, je veux raconter l&#39;anecdote qui nous d&eacute;barrassa de cette r&eacute;quisition abusive, qui aurait pu durer, comme &agrave; l&#39;usine voisine de G.B.C., jusqu&#39;&agrave; la fin de la guerre. Le commandant Fayeux, grand ami des Chemla, qui rentrait d&#39;Alg&eacute;rie avec le grade de Lieutenant-Colonel apr&egrave;s avoir combattu les troupes de l&#39;Axe au c&ocirc;t&eacute; des Alli&eacute;s, vint s&#39;inqui&eacute;ter pour savoir ce qu&#39;il en &eacute;tait advenu de ses chers amis. Quelle ne fut pas sa stupeur quand il vit ces soldats fran&ccedil;ais dans l&#39;usine. Il demanda aussit&ocirc;t &agrave; leur chef, effray&eacute; de se trouver tout d&#39;un coup face &agrave; cet Officier Sup&eacute;rieur&nbsp;: &quot;&nbsp;Que faites-vous en ces lieux&nbsp;? vous les occupez&nbsp;? en emp&ecirc;chant une fabuleuse famille d&#39;artistes d&#39;exercer son art et en la faisant mourir de faim&nbsp;? Je vous donne 24 heures pour d&eacute;guerpir&nbsp;&quot;. Ce fut chose faite, gr&acirc;ce &agrave; ce brave Lieutenant-Colonel Fayeux.<\/font><\/p>\n<p align=\"justify\">\n\t<font size=\"4\">L&#39;arm&eacute;e am&eacute;ricaine avait demand&eacute; aux Chemla s&#39;il &eacute;tait possible d&#39;aller dans quelques h&ocirc;pitaux faire une d&eacute;monstration de c&eacute;ramique, afin de remonter un peu le moral aux nombreux grands bless&eacute;s. Ils le firent, on emporta par camions deux tours &agrave; potier &agrave; pieds, ainsi que des poteries brutes en biscuit non &eacute;maill&eacute;, et sous les yeux admiratifs de ces pauvres jeunes gens, nos deux tourneurs faisaient surgir de leurs doigts si agiles toutes sortes de poteries, vases et autres objets. Quant aux d&eacute;corateurs, ils marquaient sur les pi&egrave;ces dessin&eacute;es (au d&eacute;cor de jus de caroubes) les noms et pr&eacute;noms de ces braves soldats. Nous &eacute;tions contents d&#39;avoir fait une bonne action, mais surtout d&#39;aller ensuite dans les immenses d&eacute;p&ocirc;ts r&eacute;serv&eacute;s &agrave; l&#39;Arm&eacute;e Am&eacute;ricaine pour y choisir gracieusement toutes sortes de friandises et nourritures rares, dont nous &eacute;tions tellement priv&eacute;s.<\/font><\/p>\n<p align=\"justify\">\n\t<font size=\"4\">Apr&egrave;s avoir pans&eacute; toutes ses plaies, l&#39;usine tenta de red&eacute;marrer, le manque de mati&egrave;res premi&egrave;res et le pillage d&ucirc; &agrave; l&#39;occupation freina nettement la reprise.<\/font><\/p>\n<p align=\"justify\">\n\t<font size=\"4\">Albert retourna &agrave; ses affaires &agrave; Alger, et il fut question de moderniser l&#39;usine. Un soit-disant ing&eacute;nieur de S&egrave;vres, Monsieur Rondeau, voulut monter une unit&eacute; de fabrication de vaisselle utilitaire, qui faisait d&eacute;faut en Tunisie. Mais ce monsieur n&#39;&eacute;tait nullement press&eacute;, des mois et des mois pass&egrave;rent avant qu&#39;on ne voit la moindre pi&egrave;ce sortir de toutes les machines fabriqu&eacute;es suivant ses plans, tant et si bien que ce gouffre financier engloutit rapidement une tr&eacute;sorerie d&eacute;j&agrave; affaiblie par l&#39;occupation allemande . <\/font><\/p>\n<p align=\"justify\">\n\t<font size=\"4\">Par contre, il y avait une forte demande en carrelages, tuiles demies rondes verniss&eacute;es vertes, et poteries d&eacute;cor&eacute;es, car il y avait une p&eacute;nurie de cadeaux de tout genre. Ce Monsieur Rondeau resta plus de 2 ans &agrave; l&#39;usine et lorsque les premi&egrave;res pi&egrave;ces de vaisselle ont enfin commenc&eacute; &agrave; &ecirc;tre fabriqu&eacute;es, ce fut la fin de la guerre et il y eut une importation massive, de France, de tous les produits divers qui avaient tant manqu&eacute; en Tunisie.<\/font><\/p>\n<p align=\"justify\">\n\t<font size=\"4\">L&#39;erreur fut fatale, alors que la demande de produits traditionnels Chemla &eacute;taient toujours tr&egrave;s forte, tous ces investissements s&#39;av&eacute;raient inutiles. C&#39;&eacute;tait Victor qui avait eu raison, il aurait voulu plut&ocirc;t moderniser le mode de cuisson, en passant des vieux fours arabes trop grands, d&#39;un co&ucirc;t &eacute;lev&eacute; en personnel (un four au bois demandait 3 jours et 2 nuits pour cuire, avec 3 ouvriers pour charrier les fagots d&#39;olivier) pour un r&eacute;sultat pas toujours satisfaisant, aux fours &eacute;lectriques modernes &eacute;quip&eacute;s d&#39;une pyrom&eacute;trie et d&#39;une r&eacute;gulation automatique avec 100 pour 100 de rendement.<\/font><\/p>\n<p align=\"justify\">\n\t<font size=\"4\">Andr&eacute; &eacute;tait le second fils de Victor, dou&eacute; en dessin et passionn&eacute; de c&eacute;ramique (&agrave; 15 ans et pendant la guerre il composa et r&eacute;alisa tout seul la d&eacute;coration du Restaurant &quot;&nbsp;Le Bagdad&nbsp;&quot;&nbsp;sous la conduite de l&#39;architecte Victor Valensi, pour le compte de l&#39;impr&eacute;sario M. Maruani, qui s&#39;&eacute;tait r&eacute;fugi&eacute; en Tunisie pour &eacute;chapper &agrave; l&#39;occupation en France&nbsp;; on peut encore voir &agrave; Tunis, sur l&#39;ancienne avenue Jules Ferry, un grand panneau ext&eacute;rieur repr&eacute;sentant une caravane, et qui est devenu une des curiosit&eacute;s touristiques de la ville).<\/font><\/p>\n<p align=\"justify\">\n\t<font size=\"4\">Il aurait voulu faire des &eacute;tudes d&#39;ing&eacute;nieur des travaux publics, mais en 1948 il arr&ecirc;ta ses &eacute;tudes pour entrer en qualit&eacute; de g&eacute;om&egrave;tre-topographe au Minist&egrave;re de l&#39;Agriculture, et plus tard aux Travaux Publics au service des Grands Travaux.<\/font><\/p>\n<p align=\"justify\">\n\t<font size=\"4\">Il participa &agrave; quelques salons&nbsp;: Salon Tunisien de 1950 et 51, XVIII<sup>&egrave;me<\/sup> exposition de l&#39;Afrique Fran&ccedil;aise en 1950. <\/font><\/p>\n<p align=\"justify\">\n\t<font size=\"4\">Monsieur Victor Boublil, qui avait une superbe boutique au Colis&eacute;e, au 55 avenue Jules Ferry&nbsp;: &quot;&nbsp;Aux tapis d&#39;Orient&nbsp;&quot;, proposa &agrave; Andr&eacute; de faire une exposition dans ses locaux. Ce qui fut fait au mois d&#39;avril 1951. L&#39;exposition eut beaucoup de succ&egrave;s, Monsieur Mzali, Ministre du commerce et de l&#39;industrie &eacute;tait pr&eacute;sent au vernissage, ainsi que le Repr&eacute;sentant de Son Altesse le Bey de Tunis, de nombreux journalistes et un public admiratif.<\/font><\/p>\n<p align=\"justify\">\n\t<font size=\"4\">Cela encouragea Andr&eacute; qui d&eacute;cida de tenter sa chance &agrave; Paris, il exp&eacute;dia toutes ses &oelig;uvres et r&eacute;ussit &agrave; organiser une exposition aux arcades du Lido sur les Champs-Elys&eacute;es, au mois de d&eacute;cembre 1952, au &quot; Palais de L&#39;Orient&nbsp;&quot;.<\/font><\/p>\n<p align=\"justify\">\n\t<font size=\"4\">Il y eut quelques articles &eacute;logieux sur diff&eacute;rentes revues, et il fut interview&eacute; par Pierre Dumayet sur la radio de l&#39;O.R.T.F. ce qui fit venir pas mal de monde. <\/font><\/p>\n<p align=\"justify\">\n\t<font size=\"4\">Il participa &eacute;galement &agrave; la troisi&egrave;me exposition d&#39;Arts Plastiques en avril 1953, &agrave; la galerie &quot;&nbsp;Rom&eacute;o et Juliette&nbsp;&quot;, avenue Georges V. Mais Andr&eacute; n&#39;avait qu&#39;un but, celui d&#39;ouvrir un jour son propre atelier. Les grosses charges de sa famille ne lui permirent pas durant toutes ces ann&eacute;es de faire les &eacute;conomies n&eacute;cessaires &agrave; son installation.<\/font><\/p>\n<p align=\"justify\">\n\t<font size=\"4\">Il a fallu attendre ao&ucirc;t 1954 pour que ce beau r&ecirc;ve devienne r&eacute;alit&eacute;. En empruntant, en se serrant la ceinture, et en r&eacute;unissant les derni&egrave;res maigres &eacute;conomies de son p&egrave;re, il commanda en France un four &eacute;lectrique et loua une petite boutique au 55 Bis rue Kl&eacute;ber. Il remit sa d&eacute;mission aux Travaux Publics et se lan&ccedil;a &agrave; son compte pour enfin faire le m&eacute;tier de c&eacute;ramiste. <\/font><\/p>\n<p align=\"justify\">\n\t<font size=\"4\">Sa premi&egrave;re commande fut la d&eacute;coration de panneaux et de carrelages pour le Palais de La Beya (&eacute;pouse du Bey) &agrave; Carthage. C&#39;&eacute;tait la grande joie, mais h&eacute;las, un mois &agrave; peine apr&egrave;s son installation, le 20 octobre, le 23 tichri le jour de Simha Torah pour les Juifs (un jour de grande f&ecirc;te, car c&#39;est la f&ecirc;te de la Torah), son mod&egrave;le, son ma&icirc;tre, son conseiller, son tr&egrave;s cher P&egrave;re Victor, mourut en quelques heures dans les bras des siens, emport&eacute; par une h&eacute;morragie c&eacute;r&eacute;brale &agrave; l&#39;&acirc;ge de 62 ans, apr&egrave;s un coma de quelques heures. Peine immense, consternation, et retour en catastrophe de Paris, de Jacques son fils, &eacute;tudiant en m&eacute;decine, pour assister &agrave; l&#39;enterrement. <\/font><\/p>\n<p align=\"justify\">\n\t<font size=\"4\">Les hommes de loi mirent plus de deux ans pour r&eacute;gler cette difficile succession.<\/font><\/p>\n<p align=\"justify\">\n\t<font size=\"4\">Et que devint Andr&eacute; pendant tout ce temps&nbsp;? <\/font><\/p>\n<p align=\"justify\">\n\t<font size=\"4\">Il mena son petit bonhomme de chemin, malgr&eacute; les probl&egrave;mes et la situation politique instable de la Tunisie&nbsp;; il d&eacute;cora plusieurs villas ainsi qu&#39;un h&ocirc;tel &agrave; La Marsa, il avait des clients tant &agrave; Tunis qu&#39;en province qui lui achetaient une partie de sa production, qui &eacute;tait diversifi&eacute;e car il excellait aussi bien dans le style oriental (Tunisien, Persan et autres ) que dans un style moderne figuratif ou abstrait.<\/font><\/p>\n<p align=\"justify\">\n\t<font size=\"4\">Il organisa plusieurs expositions&nbsp;: l&#39;une, en mars 1955 dans le hall du Journal &quot;&nbsp;La Presse&nbsp;&quot;, eut un r&eacute;el succ&egrave;s et un tr&egrave;s grand retentissement. En mai 1956, il exposa &agrave; la Galerie &quot;&nbsp;L&#39;Art Pictural&nbsp;&quot;&nbsp;toujours avec le m&ecirc;me succ&egrave;s, et enfin en mai 1957 &agrave; la Galerie &quot;&nbsp;L&#39;Atelier&nbsp;&quot;. Il exposa &eacute;galement &agrave; Ferryville (pr&egrave;s de Bizerte). <\/font><\/p>\n<p align=\"justify\">\n\t<font size=\"4\">La situation se d&eacute;gradait de plus en plus, et apr&egrave;s l&#39;ind&eacute;pendance de la Tunisie les europ&eacute;ens commenc&egrave;rent &agrave; quitter le pays en masse. Andr&eacute; &eacute;tait le seul membre de sa famille encore &agrave; Tunis, ils s&#39;&eacute;taient tous install&eacute;s &agrave; Paris.<\/font><\/p>\n<p align=\"justify\">\n\t<font size=\"4\">Voyant tous ses parents, clients et amis d&eacute;serter Tunis, Andr&eacute; d&eacute;cida d&#39;aller lui aussi s&#39;installer en France&nbsp;; il aurait bien choisi le midi, vers la C&ocirc;te d&#39;Azur, mais sa famille le pria de rester pr&egrave;s d&#39;eux &agrave; Paris. L&eacute;o lui trouva un tout petit atelier au premier &eacute;tage, dans une cour au Passage De Dantzig, dans le XV&egrave;me arrondissement de Paris, pr&egrave;s de &quot;&nbsp;La Ruche&nbsp;&quot;, lieu c&eacute;l&egrave;bre o&ugrave; v&eacute;curent Modigliani, Soutine, Chagall et autres c&eacute;l&eacute;brit&eacute;s. Il se d&eacute;pla&ccedil;a &agrave; Paris au mois de juin pour signer l&#39;achat de cet atelier et retourna &agrave; Tunis pour r&eacute;gler ses affaires.<\/font><\/p>\n<p align=\"justify\">\n\t<font size=\"4\">Compte tenu de la situation, la vente de la villa &eacute;tait devenue impossible, car les Tunisiens se donnaient le mot pour ne plus rien acheter aux gens qui partaient, afin de faire chuter les cours au plus bas. Ne pouvant attendre ind&eacute;finiment un client &eacute;ventuel qui ne se pr&eacute;sentait d&#39;ailleurs pas, ils d&eacute;cid&egrave;rent de louer la villa en attendant des jours meilleurs. Le locataire, un membre de la Famille Beylicale, ne r&eacute;gla qu&#39;un premier mois, puis refusa de payer le loyer. Il fallu le faire expulser, ce qui ne fut pas facile et prit un temps tr&egrave;s long&nbsp;; finalement on trouva un acqu&eacute;reur en 1958.<\/font><\/p>\n<p align=\"justify\">\n\t<font size=\"4\">Il faut ici parler de la l&eacute;gende de cette villa, que l&#39;on appelait &quot; La Villa des Jasmins&nbsp;&quot;&nbsp;: aux dires de plusieurs personnes de bonne foi, on y sentait le jasmin car les propri&eacute;taires, qui &eacute;taient de grands artistes, avaient vers&eacute; du parfum de cette fleur dans l&#39;eau qui avait servi &agrave; couler le ciment. &Eacute;videmment, ce n&#39;&eacute;tait qu&#39;une l&eacute;gende&hellip;.<\/font><\/p>\n<p align=\"justify\">\n\t<font size=\"4\">Pour en revenir &agrave; l&#39;usine, Mouche continua encore pendant quelques ann&eacute;es &agrave; y travailler. Puis il s&#39;installa en France, dans une ancienne chapelle d&eacute;saffect&eacute;e, &agrave; La Garde-Freinet dans le Var, o&ugrave; il continua son activit&eacute; artistique jusqu&#39;&agrave; sa mort en 1978. <\/font><\/p>\n<p align=\"justify\">\n\t<font size=\"4\">C&#39;&eacute;tait un tr&egrave;s grand artiste et il contribua beaucoup &agrave; la renomm&eacute;e de la Poterie d&#39;Art. Mais aucune des trois filles de Mouche (Simone, Lucette et Monique) ne prit sa succession dans le m&eacute;tier de la c&eacute;ramique.<\/font><\/p>\n<p align=\"justify\">\n\t<font size=\"4\">Quant &agrave; Albert, apr&egrave;s avoir subi pendant plusieurs ann&eacute;es les probl&egrave;mes tr&egrave;s graves li&eacute;s &agrave; la guerre d&#39;ind&eacute;pendance de l&#39;Alg&eacute;rie, c&#39;est au cours d&#39;un de ses voyages &agrave; Paris qu&#39;il mour&ucirc;t en quelques heures d&#39;une crise cardiaque en 1963. Ce fut Andr&eacute;, &agrave; 3 heures du matin &agrave; l&#39;h&ocirc;pital, qui r&eacute;cita pour lui le &quot;&nbsp;Ch&eacute;ma Isra&euml;l&nbsp;&quot;.<\/font><\/p>\n<p align=\"justify\">\n\t<font size=\"4\">Aucun des Chemla ne sait ce qu&#39;est devenue aujourd&#39;hui &quot;&nbsp;La Poterie d&#39;Art&nbsp;&quot; sur la route du Bardo, &agrave; l&#39;entr&eacute;e de laquelle on pouvait lire, sur une arche&nbsp;: &quot;&nbsp;Poterie Chemla&nbsp;&quot;.<\/font><\/p>\n<p align=\"justify\">\n\t<font size=\"4\">Ainsi s&#39;&eacute;teignit la deuxi&egrave;me g&eacute;n&eacute;ration des Chemla. <\/font><\/p>\n<p align=\"justify\">\n\t<font size=\"4\">Andr&eacute;, s&#39;&eacute;tant donc install&eacute; &agrave; Paris en ao&ucirc;t 1957, y poursuivit la tradition familiale en repr&eacute;sentant la troisi&egrave;me g&eacute;n&eacute;ration de cette prestigieuse famille de c&eacute;ramistes d&#39;Art.<\/font><\/p>\n<p align=\"justify\">\n\t<font size=\"4\">Ses d&eacute;buts &agrave; Paris ne furent pas faciles, il d&eacute;barqua en plein mois d&#39;ao&ucirc;t o&ugrave; tout &eacute;tait ferm&eacute; et il lui fallut attendre le d&eacute;but du mois de septembre pour r&eacute;cup&eacute;rer les cl&eacute;s de son atelier.<\/font><\/p>\n<p align=\"justify\">\n\t<font size=\"4\">Il contacta quelques fournisseurs, et commen&ccedil;a &agrave; produire quelques &eacute;chantillons de c&eacute;ramique. Il fit une tourn&eacute;e aupr&egrave;s de quelques commer&ccedil;ants, sans trop de succ&egrave;s, car il n&#39;&eacute;tait pas dans la tendance de l&#39;&eacute;poque&nbsp;; de plus il avait utilis&eacute; ses derniers francs. Il envisageait son retour &agrave; Tunis o&ugrave; il avait gard&eacute;, par prudence, son atelier de la rue Kl&eacute;ber en continuant d&#39;en r&eacute;gler le loyer&nbsp;; c&#39;est alors que ce cher Monsieur Boublil, son grand ami de toujours, de passage &agrave; Paris, lui r&eacute;gla trois tableaux de Miniatures Persanes qu&#39;il avait vendu sur les &oelig;uvres laiss&eacute;es en consignation &agrave; Tunis. Cette manne tomb&eacute;e du ciel lui permit de tenir et lui remonta le moral, il pr&eacute;para une belle collection de dessus de table en c&eacute;ramique, qui &eacute;taient tr&egrave;s &agrave; la mode, et fit une tourn&eacute;e dans les belles boutiques et Grands Magasins de Paris. Le succ&egrave;s fut fulgurant, il eut de tr&egrave;s grosses commandes qu&#39;il fallait honorer de suite car c&#39;&eacute;tait la pleine saison des f&ecirc;tes. Andr&eacute; travaillait tout seul jusqu&#39;&agrave; 14 heures par jour, aid&eacute; parfois avec gentillesse par son fr&egrave;re L&eacute;o. Malgr&eacute; son acharnement il ne put honorer toutes ses commandes, mais il avait r&eacute;ussi en quelques semaines &agrave; s&#39;imposer et &agrave; se faire conna&icirc;tre &agrave; Paris, &agrave; redresser une situation d&eacute;sesp&eacute;r&eacute;e et surtout retrouver un moral d&#39;acier qui &eacute;tait l&#39;apanage des Chemla.<\/font><\/p>\n<p align=\"justify\">\n\t<font size=\"4\">Mais comme toujours dans le destin des Chemla, d&egrave;s que les choses s&#39;arrangent, il se passe des &eacute;v&egrave;nements graves. Au d&eacute;but 1958, la situation en Alg&eacute;rie se d&eacute;grada en cr&eacute;ant une crise politique sans pr&eacute;c&eacute;dent, les gouvernements de l&#39;&eacute;poque ne purent faire face &agrave; cette situation difficile, les affaires se mirent &agrave; stagner et il fallut attendre le retour du G&eacute;n&eacute;ral de Gaulle au Gouvernement en mai 58 pour esp&eacute;rer une reprise &eacute;ventuelle. <\/font><\/p>\n<p align=\"justify\">\n\t<font size=\"4\">Pendant tout ce temps, Andr&eacute; ne vendit pratiquement rien et dut attendre la fin des vacances pour voir ses gros clients se manifester &agrave; nouveau, ce qui entama lourdement sa tr&eacute;sorerie&nbsp;; mais pendant tout ce temps de crise, il ex&eacute;cuta les quelques rares commandes en cours, et il pr&eacute;para un stock important de marchandises et put ainsi faire face &agrave; la forte demande &agrave; l&#39;approche des F&ecirc;tes de fin d&#39;ann&eacute;e.<\/font><\/p>\n<p align=\"justify\">\n\t<font size=\"4\">La mode du dessus de table en c&eacute;ramique battait son plein et les commandes des Grands Magasins d&eacute;passaient souvent les huit cents pi&egrave;ces par mois. En 1962, Andr&eacute; quitta son atelier du Passage de Dantzig, pour un atelier et appartement situ&eacute;s Boulevard Mortier dans le XX&egrave;me arrondissement de Paris.<\/font><\/p>\n<p align=\"justify\">\n\t<font size=\"4\">Craignant de stagner dans cette routine monotone, et lass&eacute; de cette production surtout alimentaire, Andr&eacute; chercha d&#39;autres d&eacute;bouch&eacute;s aupr&egrave;s de d&eacute;corateurs et installateurs de magasins. Bient&ocirc;t il agen&ccedil;a un grand nombre de Boutiques, H&ocirc;tels et Restaurants. Sa parfaite ma&icirc;trise de la d&eacute;coration de laves de Volvic, mat&eacute;riau ing&eacute;lif et id&eacute;al surtout en fa&ccedil;ade lui apporta bient&ocirc;t de belles commandes Il d&eacute;cora plusieurs &eacute;difices tant publics que priv&eacute;s, de tr&egrave;s beaux halls, salles de bain, cuisines, piscines etc&hellip;pour de grandes personnalit&eacute;s et vedettes diverses. Il participa &eacute;galement &agrave; la restauration d&#39;h&ocirc;tels particuliers et de ch&acirc;teaux <\/font><\/p>\n<p align=\"justify\">\n\t<font size=\"4\">En 1966, il entreprit la d&eacute;coration du Restaurant Aron sur les grands boulevards dans le style oriental qu&#39;il aimait tant. Ce fut un retour aux sources, il put reprendre tous ses chers dessins familiaux, et pendant pr&egrave;s d&#39;une dizaine d&#39;ann&eacute;es collabora par d&#39;innombrables panneaux et des miniatures persanes &agrave; l&#39;embellissement de cet &eacute;tablissement. On a dit souvent que ce restaurant est un Mus&eacute;e Andr&eacute; Chemla. <\/font><\/p>\n<p align=\"justify\">\n\t<font size=\"4\">En mai 1967 il y eut la Guerre des Six jours entre Isra&euml;l et les Pays Arabes du moyen orient. Le c&ocirc;t&eacute; Sioniste d&#39;Andr&eacute; le poussa &agrave; envisager de s&#39;installer en Isra&euml;l pour y cr&eacute;er un style National Isra&eacute;lien comme l&#39;avait fait jadis son illustre Grand P&egrave;re Jacob en Tunisie. Il se pr&eacute;senta &agrave; l&#39;Agence Juive d&#39;immigration o&ugrave; il fut re&ccedil;u par des ricanements et une incompr&eacute;hension totale. Il rentra d&eacute;go&ucirc;t&eacute; de cette entrevue en ratant ce rendez-vous qui aurait chang&eacute; peut &ecirc;tre le cours de sa vie. Il y trouva une similitude avec celui aussi rat&eacute; par ses parents pour la Caroline du Nord.<\/font><\/p>\n<p align=\"justify\">\n\t<font size=\"4\">Il d&eacute;cora le Restaurant &quot;&nbsp;Le Djerba&nbsp;&quot; &agrave; Biarritz par une s&eacute;rie de panneaux et de tableaux de miniatures persanes en avril 1968. Il ex&eacute;cuta toute une s&eacute;rie de personnages japonais inspir&eacute;s d&#39;estampes anciennes pour le salon de coiffure de Jacques Dessange de la rue des Saints P&egrave;res &agrave; Paris, ainsi que plusieurs salons de coiffure avec l&#39;installateur &quot;&nbsp;Beautex&nbsp;&quot; rue de l&#39;&Eacute;chelle &agrave; Paris.<\/font><\/p>\n<p align=\"justify\">\n\t<font size=\"4\">Il fut contact&eacute; &agrave; cette p&eacute;riode par l&#39;un des plus important &eacute;tablissement de sanitaires et carrelages de France &quot;&nbsp;C.M.R.&nbsp;&quot; qui lui proposa d&#39;exposer dans leur show room ses diff&eacute;rentes productions.Ils firent de gros investissements de publicit&eacute;&nbsp;pour promouvoir et le faire conna&icirc;tre (il y eut dans le m&eacute;tro de grandes affiches avec des c&eacute;ramiques d&#39;Andr&eacute;), il faut dire que cela leur permettait de toucher une client&egrave;le &agrave; la recherche de carrelages originaux et haut de gamme. <\/font><\/p>\n<p align=\"justify\">\n\t<font size=\"4\">C&#39;est ainsi qu&#39;Andr&eacute; d&eacute;cora de tr&egrave;s belles demeures d&#39;artistes, de Ministres (dont des P.D.G. de tr&egrave;s grosses soci&eacute;t&eacute;s, des personnalit&eacute;s diverses, des princes &eacute;trangers ayant des biens en France, etc, etc..)<\/font><\/p>\n<p align=\"justify\">\n\t<font size=\"4\">Son ami Monsieur Manent, artiste peintre, lui proposa de partager sa salle d&#39;exposition dans une galerie &agrave; Troyes dans l&#39;Aube au printemps 1975&nbsp;; il pr&eacute;para pas mal de pi&egrave;ces et panneaux, ainsi que des tableaux de c&eacute;ramique et il vendit la presque totalit&eacute; des &oelig;uvres expos&eacute;es. Quant &agrave; ce pauvre monsieur Manent, il ne fit aucune vente, ce qui g&ecirc;na beaucoup Andr&eacute; qui voulut prendre &agrave; son compte tous les frais de l&#39;exposition, mais Monsieur Manent refusa obstin&eacute;ment de changer quoi que ce soit &agrave; ce qui avait &eacute;t&eacute; convenu .<\/font><\/p>\n<p align=\"justify\">\n\t<font size=\"4\">En 1976, il re&ccedil;u en son atelier la visite d&#39;un grand acteur, qui &agrave; cette &eacute;poque avait un succ&egrave;s fou au th&eacute;&acirc;tre, afin de lui commander pour sa salle de bain plus de quarante m2 de lave &eacute;maill&eacute;e dans les tons de bleus nuances, ainsi que la cr&eacute;dence et les murs de sa cuisine &agrave; Paris avec un tr&egrave;s joli d&eacute;cor de style anglais. La m&ecirc;me ann&eacute;e, il d&eacute;cora &eacute;galement la salle de bain et la cuisine d&#39;un tr&egrave;s grand chanteur. <\/font><\/p>\n<p align=\"justify\">\n\t<font size=\"4\">A partir des ann&eacute;es 75, il trouva son atelier trop petit pour pouvoir &eacute;voluer et se mit en qu&ecirc;te de chercher un atelier plus grand&nbsp;; il trouva un beau local en rez-de-chauss&eacute;e, avec un petit appartement (qu&#39;il transforma en bureau et salle d&#39;exposition) <\/font><\/p>\n<p align=\"justify\">\n\t<font size=\"4\">Il fit un emprunt aupr&egrave;s des banques pour y faire de gros travaux de remise en &eacute;tat.<\/font><\/p>\n<p align=\"justify\">\n\t<font size=\"4\">En 1978 les grands d&eacute;corateurs qu&#39;&eacute;taient les Fr&egrave;res Mercier du Faubourg Saint Antoine, qui d&eacute;cor&egrave;rent avant guerre le palais de L&#39;Empereur du Japon, d&eacute;couvrirent le travail d&#39;Andr&eacute; au Restaurant Aron&nbsp;; ils cherchaient un c&eacute;ramiste capable de d&eacute;corer le hall d&#39;un grand H&ocirc;tel qui accueilait de tr&egrave;s hautes personnalit&eacute;s &agrave; Ryad en Arabie Saoudite. C&#39;est ainsi que commen&ccedil;a la grande Aventure avec les &Eacute;mirats du Golfe .<\/font><\/p>\n<p align=\"justify\">\n\t<font size=\"4\">La premi&egrave;re commande d&#39;Andr&eacute; fut 12 grands panneaux qui orn&egrave;rent le hall de ce grand H&ocirc;tel (Andr&eacute; eut le plaisir un jour, de voir &agrave; la t&eacute;l&eacute;vision Le Pr&eacute;sident Chirac faire un discours, lors d&#39;un voyage en Arabie, avec en toile de fond un de ses panneaux&nbsp;; il r&eacute;ussit &agrave; l&#39;enregistrer avec son magn&eacute;toscope ) .<\/font><\/p>\n<p align=\"justify\">\n\t<font size=\"4\">A partir de ce jour, ce ne fut qu&#39;une suite de commandes importantes et toujours tr&egrave;s urgentes avec les Pays du Golfe (Palais, villas, h&ocirc;tels avec piscines, vasques et jets d&#39;eau). En I980 il d&eacute;cora d&#39; une grande fresque de pr&egrave;s de 10 m. de long le lyc&eacute;e Pablo Neruda par une des citations de ce po&egrave;te, dans la ville de Roncq dans le Nord.<\/font><\/p>\n<p align=\"justify\">\n\t<font size=\"4\">Il termina l&#39;embellissement du troisi&egrave;me &eacute;tage du restaurant Aron par un soubassement tout autour de la salle surmont&eacute; d&#39;une douzaine de tr&egrave;s belles miniatures persanes rehauss&eacute;es d&#39;or et de platine.<\/font><\/p>\n<p align=\"justify\">\n\t<font size=\"4\">Le 20 septembre 1981, Elise Chemla, celle que tout le monde appelait &quot;&nbsp;Maman Chemla&nbsp;&quot;, la veuve de Victor, s&#39;&eacute;teignait &agrave; l&#39;age de 81 ans, plongeant toute la famille dans une profonde tristesse. C&#39;&eacute;tait une femme exceptionnelle, tant par son d&eacute;vouement, sa gentillesse, sa d&eacute;licatesse, sa t&eacute;nacit&eacute;. Elle repose &agrave; Troyes, &agrave; deux pas du pavillon de son fils Jacques, ce qui permet &agrave; ses enfants et petits enfants de se rendre souvent sur sa tombe. Tous ceux qui l&#39;aimaient ne l&#39;oublieront jamais&hellip;<\/font><\/p>\n<p align=\"justify\">\n\t<font size=\"4\">En 1981 et 82, Andr&eacute; Chemla d&eacute;cora le grand salon de l&#39;H&ocirc;tel du Golfe &agrave; Qatar et eut une nouvelle commande pour le salon de coiffure de Jacques Dessange &agrave; Paris.<\/font><\/p>\n<p align=\"justify\">\n\t<font size=\"4\">Il ex&eacute;cuta toutes les fresques du complexe Emsalem &agrave; la Porte de la Villette, dont une vue repr&eacute;sentant la ville de J&eacute;rusalem, ainsi que des panneaux avec des animaux de la ferme. Il d&eacute;cora &eacute;galement un tr&egrave;s gros complexe de boucherie musulmane par de grandes fresques d&eacute;coratives et calligraphies diverses.<\/font><\/p>\n<p align=\"justify\">\n\t<font size=\"4\">En 1983, il fut contact&eacute; par les&nbsp;&quot;&nbsp;&Eacute;ditions de la Diff&eacute;rence&nbsp;&quot; pour reproduire, sur de la c&eacute;ramique en carreaux de gr&egrave;s c&eacute;rame de 5X5, deux tableaux de Jean-Michel Folon repr&eacute;sentant &quot;&nbsp;La Pens&eacute;e dans la Ville&nbsp;&quot; et &quot;&nbsp;La Fum&eacute;e&nbsp;&quot;&nbsp;en soixante exemplaires num&eacute;rot&eacute;s, il ex&eacute;cuta aussi un triptyque du peintre Andr&eacute; Masson sur carreaux de fa&iuml;ence. Il &eacute;tait &eacute;galement pr&eacute;vu de reproduire trois tableaux de Salvador Dali, mais de gros probl&egrave;mes de tr&eacute;sorerie de l&#39;&eacute;diteur ne permirent pas de poursuivre ce projet.<\/font><\/p>\n<p align=\"justify\">\n\t<font size=\"4\">Durant l&#39;ann&eacute;e 1984, les fr&egrave;res Mercier lui demand&egrave;rent de fournir des c&eacute;ramiques pour la Mosqu&eacute;e du Sultan d&#39;Oman, elle fut surnomm&eacute;e &quot;&nbsp;La Petite Mosqu&eacute;e Bleue&nbsp;&quot; par ses d&eacute;cors dans les tons de turquoises et de bleus intenses qui ornaient le Mirhab et le soubassement qui courait tout autours de la salle. En 84 et 85 il d&eacute;cora des Palais et des Villas en Arabie Saoudite. Il fit &eacute;galement &agrave; cette &eacute;poque une grande composition abstraite pour le hall d&#39;un bureau de poste en banlieue Sud de Paris. Il d&eacute;cora trois grandes boutiques dans la Ville Nouvelle d&#39;Evry . Dans cette m&ecirc;me ann&eacute;e le grand D&eacute;corateur Alfredo Pinto lui passa commande de toute une s&eacute;rie de panneaux et de calligraphies pour l&#39;&Eacute;mirat de Bahrein.<\/font><\/p>\n<p align=\"justify\">\n\t<font size=\"4\">Plus tard, pour un cin&eacute;ma de Charleville-M&eacute;zi&egrave;res, il reproduisit des panneaux de fa&iuml;ence d&#39;apr&egrave;s des affiches de l&#39;&eacute;poque de plusieurs films&nbsp;:&nbsp;Les Orgueilleux, Les Oiseaux d&#39;Alfred Hitchcock, Marius de Marcel Pagnol illustr&eacute; par Dubout, Mon Oncle de Jacques Tati, Sept Ans de R&eacute;flexion avec la c&eacute;l&egrave;bre photo de Marilyn Monroe sur la bouche de m&eacute;tro, etc&hellip;. <\/font><\/p>\n<p align=\"justify\">\n\t<font size=\"4\">Dans les ann&eacute;es 87 il &eacute;tudia et r&eacute;alisa &agrave; la demande d&#39;un grand d&eacute;corateur, rue Blanche &agrave; Paris, de grandes plaques de laves &eacute;maill&eacute;es dans le style &eacute;gyptien ancien avec des personnages et des hi&eacute;roglyphes pour habiller une tr&egrave;s grande salle de bain.<\/font><\/p>\n<p align=\"justify\">\n\t<font size=\"4\">Ici, il faut faire un retour vers les ann&eacute;es 1977 pour insister sur la passion et l&#39;admiration d&#39;Andr&eacute; pour les C&eacute;ramiques d&#39;&quot;&nbsp;Iznik&nbsp;&quot; de Turquie du XV&egrave;me Si&egrave;cle. Il &eacute;tait fascin&eacute; par leur magnifique couleur Rouge tomate, en relief, in&eacute;gal&eacute;e &agrave; ce jour. Sa visite au Palais de Topkapi &agrave; Istanbul fut un &eacute;merveillement, quand il se trouva enfin en pr&eacute;sence de ces merveilleux panneaux muraux avec leurs turquoises et bleus intenses et surtout ce fameux Rouge qui fit la gloire des poteries et carreaux &quot;&nbsp;Iznik&nbsp;&quot;. Comme son p&egrave;re Victor (qui s&#39;en &eacute;tait rapproch&eacute; un peu), Andr&eacute; r&ecirc;vait de retrouver un jour ce magnifique Rouge&nbsp;; il ne manquait pas, presque &agrave; chaque cuisson, de tester avec tous les colorants nouveaux la recherche de cette couleur. Et un jour&nbsp;! Oh miracle ..! quelle ne f&ucirc;t pas son &eacute;motion et sa stupeur, quand &agrave; la sortie du four il prit dans ses mains ce petit plat qui enfin, sur son d&eacute;cor insignifiant d&#39;&eacute;chantillon, refl&eacute;tait ce magnifique Rouge tant recherch&eacute;. Il eut alors une pens&eacute;e &eacute;mue pour son cher P&egrave;re, il aurait voulu le lui dire sur sa tombe, qu&#39;il avait enfin trouv&eacute; ce qu&#39;il avait tant cherch&eacute;, mais h&eacute;las Victor &eacute;tait enterr&eacute; &agrave; Tunis&nbsp;; mais il eut l&#39;occasion de le faire plusieurs ann&eacute;es apr&egrave;s lors d&#39;un de ses voyages en Tunisie. Pendant pr&egrave;s d&#39;une semaine, Andr&eacute; a admir&eacute; ce petit plat aussi bien depuis son r&eacute;veil qu&#39;&agrave; la fin du jour, car avant de dormir il le posait avec respect sur sa table de nuit, il ne le quittait ni pendant son petit d&eacute;jeuner ni toute la journ&eacute;e, et m&ecirc;me en travaillant sur sa table de dessin il y portait sans cesse son regard jusqu&#39;au soir. Bref&nbsp;! ce fut un moment de satisfaction intense.<\/font><\/p>\n<p align=\"justify\">\n\t<font size=\"4\">Tous les panneaux et carreaux &quot;&nbsp;Iznik&nbsp;&quot;&nbsp;qu&#39;il d&eacute;corait d&eacute;sormais &eacute;taient rehauss&eacute;s de cette magnifique couleur, et ressemblaient &agrave; s&#39;y m&eacute;prendre &agrave; ceux du XV&egrave;me si&egrave;cle. Les architectes et d&eacute;corateurs sp&eacute;cialistes de motifs orientaux en &eacute;taient demandeurs, et &eacute;tant en admiration devant ces coloris, ils firent des commandes de plus en plus importantes.&nbsp;<\/font><\/p>\n<p align=\"justify\">\n\t<font size=\"4\">En f&eacute;vrier 88, Andr&eacute; habilla le fond de la piscine d&#39;un palais de F&egrave;s au Maroc, par un magnifique tapis en carrelage de plus de 90 m2.<\/font><\/p>\n<p align=\"justify\">\n\t<font size=\"4\">Bruno Pittini, le premier coiffeur de Jacques Dessange, qui voulait ouvrir un salon de coiffure &agrave; New-York, lui commanda une fresque murale de pr&egrave;s de 20m&sup2;, repr&eacute;sentant des personnages japonais de pr&egrave;s de deux m&egrave;tres de haut, avec des kimonos tr&egrave;s travaill&eacute;s rehauss&eacute;s d&#39;or et de platine sur un fond jaune paille avec des paillettes d&#39;or et des lustres d&#39;or.<\/font><\/p>\n<p align=\"justify\">\n\t<font size=\"4\">Monsieur Didier Bariani, maire du Xx&egrave;me arrondissement de Paris, avait propos&eacute; &agrave; plusieurs reprises &agrave; Andr&eacute; de faire une exposition de c&eacute;ramique dans sa Mairie . Il se d&eacute;cida un jour de mener &agrave; bien ce projet et de pr&eacute;parer pour la circonstance toute une s&eacute;rie de vases, poteries, plats et coupes, ainsi que des tableaux et panneaux. L&#39;exposition ouvrit ses portes du 26 septembre au 9 octobre 1991. Ce fut un &eacute;norme succ&egrave;s, il y eut un nombre consid&eacute;rable de visiteurs et la presse s&#39;int&eacute;ressa &eacute;galement &agrave; cet &eacute;v&eacute;nement, qui eut de grandes r&eacute;percussions .<\/font><\/p>\n<p align=\"justify\">\n\t<font size=\"4\">Le succ&egrave;s fut tel qu&#39;il l&#39;encouragea &agrave; faire d&#39;autres expositions, c&#39;est ainsi qu&#39;il exposa au &quot;&nbsp;Centre des Arcades&nbsp;&quot; &agrave; Troyes en juin 93. C&#39;est &agrave; cette &eacute;poque &eacute;galement qu&#39;il r&eacute;alisa avec le grand peintre Olivier Debr&eacute; la d&eacute;coration d&#39;une station du m&eacute;tro de Toulouse. <\/font><\/p>\n<p align=\"justify\">\n\t<font size=\"4\">En d&eacute;cembre 1994 s&#39;ouvrait &agrave; l&#39;Institut du Monde Arabe &agrave; Paris une tr&egrave;s grande Exposition&nbsp;: &quot;&nbsp;Couleurs de Tunisie&nbsp;&quot; (25 Si&egrave;cles de C&eacute;ramique)&nbsp;; elle fut organis&eacute;e gr&acirc;ce &agrave; Madame Mouli&eacute;rac Secr&eacute;taire G&eacute;n&eacute;rale de l&#39;Institut et surtout par la volont&eacute; tenace de Alain Loviconi auteur du livre &quot;&nbsp;Fa&iuml;ences de Tunisie&nbsp;&quot; o&ugrave; il parle longuement des c&eacute;ramiques Chemla&nbsp;; mais o&ugrave; on y rel&egrave;ve malheureusement plusieurs erreurs dues &agrave; un manque de documentation .<\/font><\/p>\n<p align=\"justify\">\n\t<font size=\"4\">Cette exposition &agrave; l&#39;Institut du Monde Arabe rendit un grand hommage &agrave; Jacob Chemla et &agrave; ses descendants en exposant de nombreuses pi&egrave;ces historiques, une vitrine enti&egrave;re, et la majorit&eacute; des pi&egrave;ces du XIX et XX si&egrave;cle expos&eacute;es &eacute;taient pour la plupart des poteries et carreaux Chemla. A cette occasion, Madame Mouli&eacute;rac et Andr&eacute; Chemla furent interview&eacute;s par le journaliste Jos&eacute; Arthur pour la Radio &quot;&nbsp;France-Inter&nbsp;&quot;. <\/font><\/p>\n<p align=\"justify\">\n\t<font size=\"4\">Par la suite Andr&eacute; fut interview&eacute; &agrave; trois reprises par le journaliste Bernard Deutch pour &quot;&nbsp;Radio-Bleue&nbsp;&quot; .<\/font><\/p>\n<p align=\"justify\">\n\t<font size=\"4\">Il organisa encore deux autres expositions, &agrave; L&#39;Ermitage en d&eacute;cembre 94, &agrave; Rueil-Malmaison, sous le Patronage de monsieur Jacques Baumel, d&eacute;put&eacute;-maire&nbsp;; et au Mus&eacute;e Vera Jardin des Arts, &agrave; Saint-Germain-En-Laye en d&eacute;cembre 95, sous le haut patronage de monsieur Michel P&eacute;ricard, maire et d&eacute;put&eacute; des Yvelines. Il fut interview&eacute; pour ces deux expositions par le journaliste St&eacute;phane Calvo pour les Radios Juives&nbsp;:&nbsp;Radio J. et Radio Chalom.<\/font><\/p>\n<p align=\"justify\">\n\t<font size=\"4\">En cette m&ecirc;me ann&eacute;e, Monsieur Emsalem lui demanda une seconde fois de d&eacute;corer son nouveau grand local dans le XIX&egrave;me arrondissement. de Paris, ce fut un tr&egrave;s gros travail car il y avait une tr&egrave;s longue frise qui faisait le tour complet du complexe, ainsi qu&#39;une &eacute;norme enseigne portant le nom &quot;&nbsp;EMSALEM&nbsp;&quot; flanqu&eacute; de deux tr&egrave;s grandes M&eacute;noras. Les murs du long et large couloir de l&#39;entr&eacute;e &eacute;taient orn&eacute;s de motifs repr&eacute;sentant les grandes f&ecirc;tes juives&nbsp;; il d&eacute;cora &eacute;galement la boutique attenante, &quot;&nbsp;La M&eacute;nora&nbsp;&quot;. <\/font><\/p>\n<p align=\"justify\">\n\t<font size=\"4\">Le 30 juin 1996, Andr&eacute; Chemla d&eacute;cida enfin de prendre sa retraite apr&egrave;s 48 ans de travail continu.<\/font><\/p>\n<p align=\"justify\">\n\t<font size=\"4\">Il continua toutefois de faire de la c&eacute;ramique sous toutes ses formes, dans sa petite maison de campagne situ&eacute;e dans l&#39;Aisne, o&ugrave; il monta un petit atelier et fabriqua un four &agrave; gaz lui permettant ainsi de cuire ses &oelig;uvres.<\/font><\/p>\n<p align=\"justify\">\n\t<font size=\"4\">Il donna pendant plus de trois ans et b&eacute;n&eacute;volement deux fois par semaine &agrave; pr&egrave;s de dix &eacute;l&egrave;ves, des cours de c&eacute;ramique dans son ancien atelier qu&#39;il avait c&eacute;d&eacute; &agrave; Madame Amado. Plusieurs de ses &eacute;l&egrave;ves s&#39;install&egrave;rent &agrave; leur compte.<\/font><\/p>\n<p align=\"justify\">\n\t<font size=\"4\">En novembre 2000 et pendant tout le mois, il exposa ses c&eacute;ramiques avec Myriam Franck sculpteur, et Mariza Jonath artiste peintre, au &quot;&nbsp;Viaduc des Arts&nbsp;&quot;, au 55 Avenue Daumesnil, dans le XII&egrave;me arrondissement de Paris&nbsp;; il fut interview&eacute; par la Journaliste Fannia P&eacute;rez pour la radio Juive,&nbsp;Radio Juda&iuml;ca. Cette exposition eut un grand succ&egrave;s, on en parla sur plusieurs journaux, et nos trois artistes d&eacute;cid&egrave;rent de renouveler l&#39;exp&eacute;rience en mai 2002&nbsp;; le succ&egrave;s fut &agrave; nouveau au rendez-vous, malgr&eacute; l&#39;agitation d&ucirc; aux &eacute;lections pr&eacute;sidentielles et l&eacute;gislatives, ainsi que la situation tendue au Moyen-Orient.<\/font><\/p>\n<p align=\"justify\">\n\t<font size=\"4\">Les deux enfants d&#39;Andr&eacute; Chemla Franck Ha&iuml; et Delphine n&#39;ont pas pris la rel&egrave;ve&nbsp;: comme dans beaucoup de familles juives, le premier se dirigea vers la m&eacute;decine et la seconde vers le droit.<\/font><\/p>\n<p align=\"justify\">\n\t<font size=\"4\">Ici s&#39;arr&ecirc;te momentan&eacute;ment cette Histoire de la C&eacute;ramique des Chemla, mais ce n&#39;est pas un point final, car Andr&eacute; nous r&eacute;serve encore de nouvelles surprises, et qui sait&nbsp;? il y aura la cinqui&egrave;me g&eacute;n&eacute;ration, ou sixi&egrave;me (puisqu&#39;il vient d&#39;avoir un arri&egrave;re petit fils pr&eacute;nomm&eacute; Yeouda) qui prendront peut-&ecirc;tre la rel&egrave;ve&nbsp;??&hellip;.<\/font><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&nbsp; L&#39;HISTOIRE DE LA C&Eacute;RAMIQUE DES CHEMLA R&eacute;dig&eacute;e par Andr&eacute; Chemla, c&eacute;ramiste &nbsp;<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":15203,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"neve_meta_sidebar":"","neve_meta_container":"","neve_meta_enable_content_width":"","neve_meta_content_width":0,"neve_meta_title_alignment":"","neve_meta_author_avatar":"","neve_post_elements_order":"","neve_meta_disable_header":"","neve_meta_disable_footer":"","neve_meta_disable_title":"","_themeisle_gutenberg_block_has_review":false,"footnotes":""},"categories":[77,178,21,10,36,28,254,14,98,9,1],"tags":[],"class_list":["post-419","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-alger","category-bey","category-etats-unis","category-france","category-libye","category-maroc","category-new-york","category-paris","category-peinture","category-tunisie","category-uncategorized"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/419","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=419"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/419\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/media\/15203"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=419"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=419"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=419"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}